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Médias

Fait partie de Des dartres et de leur traitement par absorption cutanée

extracted text
ET

DE LEUR TRAITEMENT
PAR ABSORPTION CUTANÉE;

CHIRURGIEN AIDE-MAJOR, BREVETE, AU 5.' RÉGIMENT D’iNFANTERIE LEGERE, AUTEUR DK

PLUSIEURS MÉMOIRES DK MEDECINE, DE CHIRURGIE ET DE PHARMACIE MILITAIRE.

Miseris suceurrerc disco.

Quoiqu’un célèbre médecin (1) ait récemment en-'

riclii le domaine médical par ses savantes recherches
sur les maladies de la peau, particulièrement sur les
dartres, beaucoup d’auteurs (2) ont écrit depuis sur le
traitement de ces mêmes maladies. Parmi ces derniers ,
quelques-uns, étayant leur mode thérapeutique particu­
lier de nombreuses observations, se sont seuls réservé
l’emploi ou l’application des moyens qu’ils préconi­
sent (3). C’est en regrettant, dans l’intérêt de l’huma­
nité , que ces moyens dits curatifs et efficaces ne soient
pas connus, et dans l’intention de remplir cette lacune
qui lui est défavorable, que j’ai entrepris l’essai suivant.
Les maladies de la peau en général ont été observées
-

'

f

(1) Aubert. Description des maladies de la peau, etc.
1
-"iLLE
Idem. Précis historique et pratique sur les maladies de la peau,j eter p p p ; qjj p 5
(2) Dufresnoy. Des caractères, traitement et de la cure des dartres, etc. —- --------Lagrésie. Essai sur le traitement des dartres, etc.
(3) Bidou. Réflexions pratiques sur les maladies appelées dartres, etc.

dès la plus haute antiquité (1). Un grand nombre d’écri­
vains sacrés et profanes en font mention (2). Il est
même peu d’auteurs récens en médecine qui, dans leurs
Ouvrages, n’aient consacré quelques pages à la descrip­
tion, aux causes et au traitement de ces affections par­
ticulières de la peau (3).
Les dartres ( herpes, impétigo, serpigo ), sont, parmi
les phlegmasies cutanées, celles les plus communes,
Elles ont leur siège dans le tissu même de la peau.
On en distingue sept espèces (4) :
1,° La dartre furfuracée ( herpes furfuraceus ) est
une exfoliation de l’épiderme qui ressemble à du son ;
2.0 La dartre squammeuse (herpes squammosus) dif­
fère de la précédente, parce qu’elle forme des écailles
d’un diamètre plus grand ;
3.° La dartre crustacée (herpes crustaceus) consiste
en des croûtes jaunes, verdâtres, grises où blanchâtres ;
4-° La dartre rongeante (herpes eæedens) consiste
aussi en des boutons ou des ulcères qui fournissent un
pus fétide et ichoreux, qui attaquent tous les tissus ;
5.° La dartre pustuleuse (herpes pustulosus) s’offre
sous forme de pustules rapprochées , auxquelles suc­
cèdent des tâches rouges;
(1) Hippocrate. Prorrhetic., lib. 2.
AvicennA. Canon. , lib.4 ,fen. 3, cap. 1.
Aretæus. De causis diuturnorum morborum , etc., lib. 2., cap. i3.
A. C. Gelsus. Dere medica, lib. 5, cap. 2 , sect. i/p, 17, 18 et 19
(2) Léviticus Cap. 13 et 14.
Fr. SpanIiemius. Historia Jobi, etc.
Lucretius. lib. 6., V. 1112.
Justinus. Histor., lib. 36, cap. 2.
Tacitus. Histor., lib. 5.
(3) J. Manardus. Epist. medicin., lib. 7 , epist.2. La plupart des traités ex
professo de médecine et de chirurgie. Les articles dartres des dictionnaires
complet et abrégé des sciences médicales.
(4) Aubert, déjà cité.

( 3 )
6.° La dartre plilycténoïde ( herpes phlyctenoides ),
varie de la précédente par les espèces d’écailles qui re­
couvrent les tâches rougeâtres qu’elle laisse;
7.0 La dartre érythémoïde (herpes erythemoïdes) est
presque toujours inflammatoire; elle consiste dans un gon­
flement de la peau , qui se termine par des exfoliations.
On doit joindre à ce cadre de nosologie des dartres,
l’éphélide hépatique (lenligo hepatica) (1), qui se pré­
sente sous la forme de tâches jaunes, rousses, quelque­
fois brunâtres de la peau, pour le traitement de laquelle
le moyen que je propose pour celles-ci, en général, est
convenable.
Toutes ces maladies sont très - variables et mobiles.
L’une souvent remplace l’autre; aussi voit-on la dartre
furfuracée faire place à celle squammeuse, comme la
dartre crustacée précéder celle rongeante, etc.
Ces dernières, souvent symptomatiques, offrent des
cas compliqués, dont les conséquences sont non-seule­
ment graves, mais souvent funestes.
Les causes des dartres sont nombreuses. Elles varient
selon l’âge, le sexe , le tempérament, les habitudes et
les maladies du sujet.
Il convient de les distinguer en causes physiques et
occasionnelles , et en causes efficientes. Parmi les pre­
mières sont : toutes les diverses périodes de la vie, chez
les individus des deux sexes, doués particulièrement d’un
tempérament lymphatique (2). Les secondes sont : i.°
l’action d’une chaleur vive, soit celle solaire ou : née; le
(1) Alibert , déjà cité.
(2) Les caractères de ce tempérament sont une chair lâcher r?iae couleur
blanche, les cheveux blonds, des formes arrondies, un penchant à 1 inac­
tion , etc. Quoique celui sanguin prédispose aussi à quelques? unes, nous
omettrons d’en parler ici, nous réservant de le faire à l’article du traitement.

(4)
passage subit du froid au chaud, comme le séjour pro­
longé dans les habitations malsaines et humides.
2.° L’action des corps appliqués sur la peau , telle
que la poussière pendant la marche et la chaleur ; les
frictions irritantes, celles produites par les vêtemens,
par ceux de laine surtout ; la malpropreté de ceux-ci
particulièrement, etc.
5.° Les alimens salés , épicés , rances et fumés j les li­
quides fermentés, acides ou alcoholiques, bus avec excès.
4-° La stagnation de la transpiration à la superficie
de la peau, la masturbation, la suppression des hémor­
ragies en général, comme la disparition subite des tu­
meurs hémorroïdales.
5. ° Les fatigues excessives, surtout après un repos
presque absolu.
6. ° Les affections tristes, l’oisiveté, le dégoût d’une
profession a laquelle on est voué par devoir, etc.
Les dernières sont les maladies particulières ou gé­
nérales qui leur donnent lieu après leur disparition
subite , soit par une disposition propre au sujet, ou par
l’emploi des moyens intempestifs ; telles sont diverses
affections , entre autres les fièvres intermittentes, les psoriases, et d’autres phlegmasies cutanées, les rhumatismes,
la goutte, la syphilis, etc. Fréquemment on les voit pro­
duites par des phlegmasies chroniques de tous les systè­
mes , ou par la lésion organique de quelque viscère.
Ainsi, d’après les diverses causes des phlegmasies cu­
tanées , désignées sous le nom de dartres, on doit dis­
tinguer ces maladies en dartre idiopathique ou primi­
tive, et en dartre symptomatique ou consécutive. Nous
considérons les causes physiques et occasionnelles, celles
des premières ; les causes efficientes, celles des dernières.

( 5 )
Le traitement de ces maladies, par rapport à leurs
causes comme à leurs symptômes , et les conséquences
à craindre, doit sans doute varier beaucoup. Notre but
cependant est de les soumettre à un même mode thé­
rapeutique, déduisant nos motifs de l’observation et du
résultat avantageux et curatif de l’emploi du moyen
pharmaceutique et chimique que nous conseillons.
Quelques dartres doivent être considérées comme des
maladies idiopathiques et primitives, quoique cependant
on les observe assez souvent comme symptomatiques.
Ce sont celles furfuracée, squammeuse et érythémoïde,
que nous ne pensons pas héréditaires , ni susceptibles
d’être communiquées, mais presque spontanées. D’au­
tres , telles que les dartres crustacée, rongeante, pus­
tuleuse et phlycténoïde, doivent être considérées comme
consécutives et symptomatiques, de même que l’éphélide hépatique , dont les conséquences sont moindres
ou presque nulles comparativement (1).
Le mode thérapeutique que nous proposons pour les
diverses dartres énumérées , a lieu par absorption cu­
tanée. Tous les autres remèdes ou préparations phar­
maceutiques réputées dépuratives, diaphorétiques, antidartreuses, etc., en sont bannies. Les seules règles de
l’hygiène lui sont associées.
Ainsi, lorsque par les causes désignées un sujet est
affecté de dartre, et que l’on se propose de le soumet­
tre a notre traitement, on doit lui prescrire ce qui suit :
( Circumfusa ). I.° Eviter de se soumettre à l’in(i) Les conséquences en général sont à craindre, lorsque pour le traitement
de ces maladies on emploie des médicamens, ou qu’on fait usage de moyens qui,
conjointement avec les dispositions morbides du sujet, occasionent des mé­
tastases souvent mortelles. Notre but n’est pas de traiter cette matière qui
se rattache à la maladie produite par la disparition subite de l’exanthème,etc.

(6)

fluence des variations atmosphériques, comme à l’action
alternée du cliaud et du froid (vice versa).

(.Applicata). 2.° Les vétemens de quelle nature qu’ils
soient, ne doivent pas exécuter de frottement sur les
parties malades ; ceux de laine et de coton sont pros­
crits, appliqués directement sur la peau. La transpira­
tion peut être facilitée la nuit. Le froid des pieds, celui
humide, est à éviter constamment, comme il devient
important de ne pas conserver sur soi des vétemens hu­
mides ou mouillés accidentellement.

( Ingesta ). 3.° Les alimens pour être sains doivent
être préparés simplement. Les viandes de bœuf, de veau,
de mouton et les volailles, sont préférables aux gibiers.
Les légumes, tels que la carotte, le navet, les haricots,
la pomme de terre , etc., le sont aussi à ceux aroma­
tiques, comme le céléri, etc. Les fruits mûrs, ceux sur­
tout à semences froides , sans forte saveur ni odeur,
peuvent être employés. Les assaisonnemens sont géné­
ralement nuisibles. Le vin mêlé à l’eau est la seule bois­
son dont on doit faire usage lors des repas. Toutes les
autres, froides, chaudes , aqueuses, vineuses, alcoholiques et acides, ne peuvent être conseillées sans crain­
dre que leur action ne soit préjudiciable.
(Ecreta). 4° Les excès dans la transpiration et dans
les évacuations naturelles de tout genre, sont à éviter.
(Gesta). 5.° L’exercice modéré convient par le beau
temps, au milieu du jour, et non le matin et le soir,
pendant les saisons humides et froides surtout.

( Percepta). 6.° Il devient utile de ne pas s’affliger de
la maladie, comme de ne pas espérer la cure. Les af­
fections tristes jettent le corps dans un état de relâche-

(. 7 )
ment, altèrent encore plus la santé, et peuvent être la
cause de graves métastases.
Ces règles sont celles à suivre pendant le traitement.
Le malade doit, avant de faire usage du moyen spécifi­
que qui en fait la hase, s’y disposer par un Bain tiède
domestique, d’une demi-heure, ou, s’il le peut, par un
Bain de vapeurs aqueuses ; par une saignée du Bras, ou
l’application de quelques sangsues à l’anus, s’il est doué
d’un tempérament sanguin. ( On peut a des intervalles
éloignées faire usage de ces Bains, comme les rempla­
cer par des lotions aqueuses chaudes , mais sans excès ).
L’usage du moyen anti-herpétique a lieu par absorp­
tion cutanée, chaque soir en se mettant au lit. On oint
les parties malades ou leur voisinage, de la dose prescrite.
Les dartres furfuracées, celles squammeuses et les éphélides, réclament le premier emploi , comme les autres
le second (i). (On peut, lorsque ces dernières maladies
sont douloureuses , les recouvrir d’un cataplasme émol­
lient , sans pour cela suspendre l’emploi du médicament,
en onction, a leur voisinage).

POMMADE ANTI -DARTREUSE.
Prenez : Ether mercuriel....................... 1 once.
Axonge récent............... ...
4 onces.
Préparez selon l’art et conservez au frais.

La dose est de un à deux gros pour chaque onction
faite avec la main. Il est nécessaire après de ne pas es­
suyer la pommade , qui ne tarde pas à sécher.
Le seul moyen a lui adjoindre , le soir en se mettant
(1) Note sur l’emploi de l’éther mercuriel , etc., pag. 5

( 8 )
au lit, est l’usage du sirop d’orgeat étendu d’eau. On
doit considérer ce dernier moyen comme tempérant de
la circulation et de l’irritabilité des organes digestifs. Il
est nécessaire dans le traitement des dartres, par notre
préparation (1).
On craindra sans douté de faire usage de ce médica­
ment , parce qu’il contient du mercure, et que l’on ré­
pugne beaucoup à s’en servir. Que l’on sache que plu­
sieurs auteurs l’ont conseillé dans ces mêmes cas , et
qu’ils l’ont employé avec des succès non équivoques (2).
Répétons ici seulement ce que dit l’auteur des erreurs
populaires, relatives à la médecine (M. Riciierand ) :
« Le monde ignore que les diverses préparations iner­
te curielles sont un des plus puissans moyens de la méa decine. Ce n’est pas seulement contre l’affection syphi« litique qu’on l’emploie avec avantage , comme le vul« gaire le croit : des dartres rebelles, des engorgemens
« lymphatiques opiniâtres, ne cèdent souvent qu’à ce
« seul remède. Prudemment employé il est sans dan­
« ger. »
Je termine en disant que la multiplicité des guérisons
produites par l’emploi de ce médicament, suffit pour
en constater l’efficacité dans le traitement des maladies
chroniques de la peau, objet de ce Mémoire.
(1) La seule dartre rongeante réclame, conjointement avec le mode-théra­
peutique , l’emploi d’un séton éloigné du siège de la malad
(2) Bell.

Ce Mémoire doit être considéré comme un des appendices de ma
Note sur l’emploi de l’Ether Mercuriel, etc., publiée en 1824, à
Bilbao {Espagne}. — In-8.°
A PÉRIGUEUX, chez DUPONT, père et fils , imprimeurs
DE LA PRÉFECTURE.