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Fait partie de Ban et arrière-ban de la sénéchaussée de Périgord en 1557, ou la Noblesse du Périgord au XVIe siècle
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BAN ET ARRIÈRE-BAN
LA SÉNÉCHAUSSÉE DE PÉRIGORD
EN 1557,
OU
LA NOBLESSE DE CETTE PROVINCE AU XVIe SIÈCLE,
Par M. l’abbé AUDIERNE
Chevalier de la Légion-d’Honneur,
Inspecteur des monuments historiques du département de la Dordogne,
correspondant de Son Exc. le ministre d’Etat,
membre de la société d’agriculture, sciences et arts de la Dordogne, et de plusieurs
sociétés savantes, etc.
PERIGUEUX,
BIBLIOTHEQUE
OE LA VILLE
DE PÉRIGUEUX ,
IMPRIMERIE DUPONT ET Ce, RUE TAILLEFER.
Juillet 1837.
'
BAN ET ARRIÈRE-BAN
LA NOBLESSE DE CETTE PROVINCE AU XVP SIÈCLE,
Par M. l’abbé AUDIERNE,
Chevalier de la Légion-d’Honneur,
Inspecteur des monuments historiques du département de la Dordogne,
correspondant de Son Exc. le ministre d’Etat,
membre de la société d’agriculture, sciences et arts de la Dordogne, et de plusieurs
sociétés savantes, etc.
PÉRIGUEUX
IMPRIMERIE DUPONT et Ce, RUE TAILLEFER
1857
BAN ET ARRIÈRE-BAN
DE
LA SÉNÉCHAUSSÉE DE PÉRIGORD EN 1557
OU
LA NOBLESSE DE CETTE PROVINCE AU XVI® SIÈCLE.
CHAPITRE Ier.
DU BAN ET ARRIÈRE-BAN.
Très anciennement, le roi assignait quelquefois le
ban sans appeler l’arrière-ban.
Par la publication du ban, il convoquait tous les
nobles d’une province pour le servir dans ses armées,
comme vassaux immédiats de la couronne.
En appelant l’arrière-ban, le prince ne convoquait
que ceux qui tenaient médiatement de lui et relevaient
de ses vassaux immédiats.
Dans le xvIe siècle, on confondit ces deux mots, de
sorte que ban et arrière-ban ne furent plus qu’un
mandement du prince à tous gentilshommes et autres
tenant fiefs et arrière-fiefs, de venir à la guerre pour
son service.
Les ecclésiastiques possédant des fiefs étaient obli
-4gés, comme les seigneurs laïques, d’aller ou d’envoyer
au ban et arrière-ban. Lorsqu’ils y allaient euxmêmes, ils combattaient en personne, témoin ce que
Monstrelet raconte de Pierre de Montaigu, archevêque
de Sens; de Mathieu Paris et de Philippe de Dreux,
évêque de Beauvais, qui portaient la cuirasse et com
battaient, à l’instar des seigneurs et barons, à la tête
de leurs vassaux. Il est probable que le métier de la
guerre leur plaisait peu, puisqu’ils créèrent des vidâ
mes et des avoués pour la défense des évêchés, des
abbayes, des chapitres, et que nous voyons souvent
ces avoués conduire, en temps de guerre, les vassaux
des églises ou des abbayes à la place des seigneurs
ecclésiastiques.
Dans la suite, les ecclésiastiques furent dispensés
du ban et arrière-ban par diverses lettres-patentes,
et Louis XIII les affranchit définitivement par un acte
du 29 avril 1636, moyennant certaines subventions
qui lui seraient payées dans les besoins les plus pres
sants de l’État.
CHAPITRE II.
DE LA NOBLESSE EN GÉNÉRAL.
La noblesse est aussi ancienne que le monde, car
il n’y a jamais eu sur la terre seulement quatre
— 5 —
hommes réunis ensemble, qu’ils n’aient mis à leur tête
l’un d’entr’eux pour les diriger, les protéger ou les
instruire. Ce sont, en effet, les talents, la vaillance ou
la sagesse qui ont fait la noblesse. Voilà pourquoi
Cicéron disait que la noblesse n’était autre chose
qu’une vertu connue : nobilis quasi noscibilis.
Plusieurs historiens ont avancé que les Gaules ren
fermaient plus de trois cents peuples. Or, ces peuples
avaient des chefs dont le pouvoir devenait héréditaire
dans leurs familles. Ces familles, élevées sur le pavoi,
supérieures au reste de la nation, devenaient nobles,
et le temps ne faisait qu’améliorer leur noblesse. De
là notre première noblesse dans les Gaules.
Chez les Romains, il fallait avoir passé par les
charges curules, c’est-à-dire avoir été consul, préteur,
censeur ou édile pour être noble et avoir le privilège
de pouvoir laisser à ses enfants son portrait ou sa
statue. Aussi, parmi les citoyens romains, les uns
avaient les portraits de leurs ancêtres, les autres
n’avaient que les leurs, et le reste n’en avait aucun.
Ces glorieuses et honorables distinctions rendaient les
nobles naturellement jaloux de multiplier par des
tableaux et des statues les portraits de famille, et
c’est ce qui a contribué si puissamment à cette profu
sion de statues qui ornaient tant de villas, et qui
aujourd’hui, chaque jour retrouvées, font l’admiration
du monde savant et artistique.
— 6 —
Ceux qui avaient les portraits de leurs ancêtres
s’appelaient nobles.; ceux qui n’avaient que les leurs
étaient appelés hommes nouveaux, et ceux qui n’en
avaient aucun, gens ignobles; mais cette qualification
dernière n’avait pas alors le sens que nous y attachons:
elle signifiait simplement personne non noble. Plus
tard, les empereurs du Bas-Empire donnèrent à leur
fils aîné, l’héritier présomptif de leur couronne, le
titre de Nobilissime César.
Le titre de noble est donc beaucoup plus ancien
que ceux d’écuyer, de gentilhomme et de chevalier,
dont on se servait avant 1789 pour exprimer la
noblesse.
La haute noblesse était divisée en trois classes :
dans la première, les princes; dans la seconde, les
ducs, comtes, marquis et barons; dans la troisième,
les simples chevaliers.
Les nobles ayant droit de porter bannière devaient
soudoyer cinquante hommes d’armes.
Anciennement, presque tous les nobles portaient les
armes et ne servaient qu’à cheval. Eux seuls, par
cette raison, pouvaient porter des éperons. Les che
valiers en avaient d’or, les écuyers d’argent. Les
roturiers servaient à pied. C’est de là qu’on disait :
« Vilain ne sait ce que valent éperons. »
La noblesse d’extraction se prouvait par titres ou
par témoins; il fallait établir que depuis cent ans les
ascendants paternels avaient pris la qualité de nobles
ou d’écuyers, selon l’usage du pays, et prouver
ensuite la filiation légitime.
CHAPITRE III.
DE LA NOBLESSE DU PÉRIGORD.
Le Périgord a possédé dans tous les temps beau
coup et d’excellente noblesse. Plus de soixante familles
florissaienl dans cette province sous le règne de saint
Louis. Les plus connues sont celles-ci, que nous
donnons par ordre alphabétique :
D’Abzac de Ladouze, Mayac, etc., — Achards de
Léger, — d’Alloigny, — d’Aydie de Ribérac et de
Betoulens, — Bardon de Segonzac, — Beyly de
Razac, — de Beaumont du Repaire, de La Roque,
etc., — de Beauroire de Villac, — de Beynac, — de
Boisseuil, — de Bourdeille, — de Brie, — de Carbonnières, — de Chabans, — de Chapt de Raslignac, etc., — de Caumont Laforce, —de Comarque,
— de Conan de Connezac, —de Cothet du Peuch,
— de Coustin, — de Cugnac, — Dulau, — Durfort
de Piles, — de Fayolle, — de Lafaye, — de Fars,
— deFeleix, — de Flamenc, — de Foucauld de
Lardimalie, etc., — de Galard de Bearn, — Du
Garric d’Uzech, — de Gonlaut de Biron et Hautefort.
— 8 —
— de Grailli,— de Grimoard de la Loge, — d’Hautefort
Vaudre, — de Jaubert, — de La Cropte, — de
Lagarde Saint-Angel, — de Lagut, — de Lambertie,
— de Lamberterie, — de Laporte Grignols, — de
Lestrade, — de Lostanges Saint-Alvère, — de Larmandie, — de Mellet de Neuvic, — de Monferrand,
— de Marqueyssac, — de Pons Saint-Maurice, —
de Ribeyreix, — de La Rocheaymond, — de Roux,
— de Royère de Peyraux, etc., — de Saint-Astier,
— de Saint-Aulaire Beaupoil, — de Salignac Féne
lon, etc., — de Sanzillon Mensignac, — de Ségur
Monlazeau, etc., — de Solminiac de Bellet, — de
Taillefer, — de Talleyrand Périgord , etc., — de
Toucbebœuf, — de Vassal, — de Vaucocourt.
De ces nobles familles plusieurs sont éteintes, d’au
tres n’habitent plus le Périgord : mais toutes sont
nobles de race et d’ancienne extraction.
CHAPITRE IV.
LE BAN ET ARRIÈRE-BAN DE LA SÉNÉCHAUSSÉE DE PÉRIGORD
AU XVIe SIÈCLE.
Nous ne faisons que copier, en maintenant autant
que possible l’orthographe du temps.
« Extrait du rolle du ban et arrière-ban de la sé
néchaussée de Périgort et procès-verbal faict en l’as
— 9
semblée et assignation bailhée suivent (suivant) les let
tres patentes du roi aux nobles et aultres subjects audit
ban et arrière-ban, au premier jour du mois de may
an mil cinq cent cinquante-sept. Au quel jour ne
aultre ne c’est présenté, aulcun commissaire contrerolleur des guerres ne aultre pour faire faire le ser
vice, la monstre en robe contenue par les dictes lettres,
lequel rolle a été clos et arresté par nous Jacques
André, chevalier seigneur du Repaire, son sénéchal
en Périgort et commissaire en cette partye, députés
présens et assistens mestre François Pasquier et Do
minique Bordes, avocat et procureur du roi en la
dicte sénéchaussée, et y celluy extrait délivré à Guil
laume Chambeur, escuyer, pour porter à monsieur de
Fontanges, seigneur deLassalle, capitaine des arrièrebans, suivent les lettres de monseigneur le conestable
en la ville de Périgueux, le 3e jour du mois de juin,
l’an mil cinq cent cinquante-sept.
En suyt premièrement ceulx qui se sont présentés
pour faire le service.
1° Le seigneur et baron de Beynac, chargé de faire
le service d’ung cheval légier.
A présenté pour faire le service Pierre La Pradelle,
escuyer seigneur du Repaire de La Bertranies, paroisse
du Castel, en la terre de La Rocque.
2° Messire Gilles de La Tour, chevalier seigneur de
Lymeil, chargé faire le service de deux chevaulx
2’
— 10 —
légiers, le quel seigneur a offert le service en per
sonne.
3° François Nompar de Caumont, seigneur et baron
du dict lieu et Castelnau en Périgort, chargé faire le
service d’ung cheval légier pour les fiefs qu’il tient en
Périgort. Pour faire le dict service est comparu Gabriel
de Lobrerie, escuyer seigneur de Laval en Quercy,
habitant aux Mirandes.
4° Le seigneur de Ribérac, chargé faire le service
de quatre chevaulx légiers.
Jean Noël, escuyer seigneur de Labrerie, vassal
du dit seigneur deRibérac; Àrnauld Patronier, escuyer
conseigneur de Tenailhé, et Pierre Mercier, escuyer
seigneur de Puymye , tous vassals du dit seigneur de
Ribérac et hestant en la dicte chatellenve, ont offert
et se sont présentés pour faire le service en personne.
5° Àrnauld de Gontaud de Biron, seigneur de la
cliastellenye de Saleignac et seigneur de Cassefons,
chargé faire le service d’ung cheval légier.
C’est présenté Bardin de.......... (illisible), escuyer
habitant du repaire noble de Bourilh, paroisse de
Bronac, qui a offert faire le dict service en personne.
6° Julien de Taleran, escuyer seigneur de Grinhols
et prince de Chaloys, chargé faire le service d’ung che
val légier.
Lequel a offert et s’est présenté pour faire le dict
service en personne.
7° François de Caumont, escuyer seigneur de
Deyme, deLaforce, Mas Durand, de Monboyer, tant
de son chef que de dame Philippe deBeaupoil, dame
de Laforce el de Monboyer, son épouse, chargé faire
le service d’ung cheval légier.
8° François Flamenc, escuyer seigneur de Bruzac,
chargé avec ses aydes faire le service d’ung cheval
légier.
C’est présenté en personne et a dict qu’il fera ou
présentera homme capable pour faire le dict service.
9° Le seigneur de la Marthonnie, chargé avec ses
aydes faire le service de deux chevaulx légiers.
C’est présenté pour faire le dict service Jean de La
Romaguière, escuyer seigneur de Rousseril et de La
Filholie, demeurant présentement en la dicte jurisdiction.
10°François de Bordeilhe, escuyer seigneur deMotançoys, chargé avec ses aydes faire le service d’ung
cheval légier, lequel s’est présenté en personne et par
la indisposition de sa personne dict ne pouvoir faire
le dict service : luy a été enjoinct présenter homme
capable à peine de main mise, et le faire tenir prest.
11° François de Caumont, escuyer seigneur de
Berbiguyère et de Roffignac, chargé avec ses aydes
faire le service d’ung cheval légier.
C’est présenté en personne Arnaud de Serdera,
escuyer seigneur de Boyha, pour faire le dict service,
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DE LA VILLE
DE PÉRIGUEUX
— 12 —
et pareillement s’est présenté en personne Pierre de
Ferrières, escuyer seigneur de La Tour, de La Salamonie, demeurant en sa terre deRoffignac, qui a dict
estre prest pour faire le dict service en personne, ou le
dict sieur de la Boysse ne le fera.
12° Le seigneur de Neufvic et de Sainct-Perdoulx,
chargé faire le service d’ung cheval légier.
C’est présenté Jean de Moles le jeune, escuyer
seigneur de Arras, habitant au château de Neufvic en
Périgort, a offert de faire le dict service en personne.
13° Arnauld de Salignac, seigneur de La MotheFénelon, chargé avec ses aydes faire le service d’ung
cheval légier, le quel c’est présenté en personne et
offert faire le dict service ou présenter homme ca
pable.
14° Le seigneur de Longua, chargé avec ses aydes
faire le service d’ung cheval légier.
C’est présenté Bertrand de Lur, escuyer, demeurant
au château de Longua, lequel a offert faire le dict
service en personne.
15° Le seigneur de Badefol et de Peyraux, chargé
avec ses aydes faire le service d’un cheval légier.
C’est présenté Pierre de Frayssinet, escuyer, fils du
co-seigneur de Fraissinet, habitant à Badefold, lequel
a dict le dict seigneur de Badefol estre malade et ou
il ne fera le service offre le faire pour luy.
16° Bertrand de Lostanges, escuyer seigneur de
— 13 —
Sainct-Alvère, chargé avec ses aydes faire le service
d’ung cheval légier.
C’est présenté Jehan Campnhac, fils de feu Françoys
Campnhac, escuyer en son vivant, seigneur de Ro
main, habitant au château de Romain en Périgort,
lequel a offert faire le dict service en personne.
17° François de Crevans, seigneur de Suige et coseigneur de Jumilhac, chargé avec ses aydes faire le
service d’ung cheval légier.
C’est présenté et comparu en personne Guillaume
de Latour, escuyer, fils de Jehan de Latour, seigneur
d’Eygonie, habitant au dit repaire d’Eygonie, le quel
a offert faire ce dict service en personne.
18° Jehan de La Cassaigne, escuyer seigneur du
dict lieu et de Thonnay-Bouthonne, chargé avec ses
aydes faire le service d’ung cheval légier.
Est comparu Louis Dayc/y, escuyer seigneur de
Meymy, de La Folhade et de La Chapelle-Faulcher,
l’un des aydes du dict de La Cassaigne, qui a dict estre
prest faire le dict service en personne ou présenter
homme capable.
19° Jehan d’Aubusson, escuyer seigneur de Beauregard, chargé faire le service d’ung cheval légier.
C’est présenté le dict seigneur pour faire le dict ser
vice en personne.
20° Anthoine de Sainct-Astier, escuyer seigneur do
— -14 —
Sauveterre et de Sermet, chargé avec ses aydes faire
le service d’ung cheval légier.
À présenté pour faire le dict service, Olivier
d’Azac, dict Berguade, escuyer seigneur du dict lieu,
vassal du dict de Sauveterre, le quel a dict estrc
prest faire le dict service en personne.
210 Pierre de Sainct-Aulaire, escuyer seigneur de
Coutures et de Lanmarie, chargé faire le service avec
ses aydes d’ung cheval légier.
C’est présenté en personne et offert faire le dict
service ou présenter homme capable.
22° Nicolas de Gruilhan, escuyer seigneur de Montmege, chargé avec ses aydes faire le service d’ung
cheval légier.
C’est présenté Arnauld de La Mothe, escuyer, sei
gneur deBosyedou, habitant au dict lieu, paroisse de
Thenon, pour faire le dict service en personne.
23° François de Boffignac, escuyer seigneur de
Cruzaiges, chargé et enrôlé avec ses aydes faire le ser
vice d’ung cheval légier.
C’est présenté Anthoine d’Aubusson, escuyer sei
gneur de Coupsant, habitant en la ville de Sarlat, le
quel a offert faire le service en personne, ou le dict
seigneur de Cruzaiges, ou faire faire le dict service
par autre homme capable et despuis s’est présenté le
dict de Boffignac, le quel a offert faire le dict service
en personne.
— -15 —
24° Bertrand d’Abzac, escuyer seigneur de Belleguarde, chargé avec ses aydes faire le service d’ung
cheval légier.
C’est présenté le dict sieur de Belleguarde, qui a
dict que fera le dict service ou bailhera homme capa
ble pour y celluy faire.
25° Gabriel de Beynac, escuyer seigneur de La
Rocque et de Tayac, chargé avec ses aydes faire le
service d’ung cheval légier.
C’est présenté Ramond de Bosredon, escuyer sei
gneur de Bayac et Flamarage, le quel a dict que fera le
dict service en personne ou le fera faire à ung de ses
aydes.
26° Le seigneur de Sainct-Marlial, de Sineyrols et
Boeilhe, chargé avec ses aydes faire le service d’ung
cheval légier.
C’est présenté Jehan de Brianson , escuyer, fds de
Jehan de Brianson, aussi escuyer seigneur du dict lieu,
demeurant en la paroisse de Verteilhac, le quel a of
fert faire le dict service en personne.
27° Anthoine de Paleyrac, escuyer seigneur du dict
lieu, chargé et enrobé avec ses aydes faire le service
d’ung cheval légier.
Lequel s’est présenté en personne pour faire le dict
service, et ou il ne le fera, le faire faire à ung de ses
aydes capable et suffisant.
28° Arnauld de Fayolle, fils de feu François de
— 16 —
Fayolle, escuyer seigneur du dict lieu, chargé et
enrollé avec ses aydes faire le service d’ung cheval
légier.
C’est présenté Helyes Chassarel, escuyer seigneur
de Grésinhac, le quel a dict estre prest faire le dict
service en personne ou le fera faire par personne ca
pable au cas ou le dict de Fayolle ne le puisse faire.
29° Guy Joubert, escuyer seigneur d’Alemans et de
Montagrier, chargé avec ses aydes faire le service
d’ung cheval légier.
Lequel pour raison de sa vieilhesse a présenté pour
faire le dict service Jehan Juillot, escuyer seigneur de
La Mothe et co-seigneur de Fraisse, jurisdiction de
Ribérac, qui a offert faire le dict service.
30° Jehan de Montardit, escuyer seigneur de Lascousts, chargé avec ses aydes faire le service d’ung
cheval légier.
C’est présenté Guyon Malcres, seigneur du repaire
Brunes, en la paroisse de Sainct-Prival, le quel a of
fert faire le dict service en personne.
31° Jehan de Lionccl , escuyer co-seigneur de
Lysla, chargé avec ses aydes faire le service d’ung
cheval légier.
C’est présenté François de Montferrand, escuyer,
fils du seigneur de Beaulieu, demeurant en la paroisse
de Touselne, le quel a offert faire le service en per sonne
— 47 —
32° Thomas d’Aulteffort, escuyer seigneur de Gabilhou, chargé avec ses aydes faire le service d’ung
cheval légier.
C’est présenté Jehan de la Foucondie, escuyer sei
gneur de la Robertye-de-Milhac en la jurisdiction
d’Auberoche, le quel a offert faire le service en per
sonne.
33° François de Carbonyères, escuyer seigneur de
Faulx et de Polanze, chargé avec ses aydes faire le
service d’ung cheval légier, le quel s’est présenté pour
faire le dict service en personne ou présentera homme
capable.
34° François Texier, escuyer seigneur de JavarIhac, chargé avec ses aydes faire le service d’ung
cheval légier.
C’est présenté Helyes de la Vcrnhe, escuyer seigneur
du dict lieu, paroisse de Sainct-Paul-sur-Lysonne, le
quel a dict estre prest pour faire le dict service en
personne.
35° François de Broulhac, escuyer seigneur de
Mazières, chargé avec ses aydes faire le service d’ung
cheval légier.
A remontré estre si vieulx que ne pourroyt faire le
service et fornyra homme capable.
36° Jehan de Pelegonie, escuyer seigneur de Razac,
chargé avec ses aydes faire le service d’ung cheval
légier.
— 18 —
A remonslré estre si vieulx que ne pourroyt faire
le service et fornÿra homme capable.
37° Jehan Gouvyer, escuyer seigneur de Pleyssac,
chargé et enrobé avec ses aydes faire le service d’ung
cheval légier.
C’est présenté Helyes Saunyer, escuyer seigneur
de la Barde, de Creyssac, l’ung des aydes, le quel a
offert faire le dict service en personne ou le dict sei
gneur de Pleyssac ne le fera ou fera faire par per
sonne capable.
38° Georges de Tardieu, escuyer seigneur de
Sainct-Martin, chargé avec ses aydes faire le service
d’ung cheval légier.
C’est présenté Guilhonnes de Monferrand, escuyer
seigneur de La Salle, ung des dicts aydes, le quel a
offert faire le dict service en personne.
39° Les forgerons par delà la rivière de Dourdoigne,
chargés pour raison des forges qu’ils tiennent en Pé
rigort, suivant les anciens rolles, faire le service d’ung
cheval légier.
Ce sont présentés Pierre Aymeric, maître de la
forge des Tanares; Pierre de La Bordarie, maître de
la forge du Bugue, scindicls des dicts forgerons, les
quels ont offert faire le dict service en personne ou
fornir de gens capables pour y celluy faire.
Ënsuyt ceulx que cy devant aux rolles précédons
et convocation faite cy devant du ban et arrière-ban
— 49 —
de Périgort ont estés déclarés exempt du service et
contribution au dit ban et arrière-ban.
1° Le comte de Périgort, exempt.
2° M. le vicomte de Turenne se dict estre exempt
pour ce qu’il est capitaine de cens gentilshommes de
la maison du roy.
3° M. le vicomte de Gurson se dict estre exempt
pour ce qu’il est gentilhomme de la chambre du roy.
4° Le seigneur de Byron se dict estre exempt pour
ce qu’il est lieutenant de la compagnie de Mgr le mareschal de Sainct-André.
5° Le seigneur et baron de Mareuilh se dict exempt
pour ce qu’il est gentilhomme de la chambre du roi.
6° Le seigneur baron de Bordeilhe se dict estre
exempt pour ce qu’il est de la maison du roy.
7° M. l’archevesque de Bordeaux se dict estre
exempt pour ce qu’il a amourty ses fiefs.
8° M. l’évesque de Périgueux se dict estre exempt
pour ce qu’il a amourty ses fiefs.
9° Le seigneur d’Eslyssac se dict estre exempt pour
ce qu’il est de la maison du roy et lieutenant pour
le dict seigneur à La Bochelle.
4 0° Le seigneur et dame de Mussidan, dame de
Grandmont, se disent exempts en vertu des lettres
d’exemption par eulx cy-devant obtenues du roy.
14° Le seigneur de La Vaulguyon se dict estre
exempt pour ce qu’il dict estre lieutenant de la coin-
— 20 —
pagnie du prince de Salerne, capitaine de cinquante
hommes d’armes.
12° Le seigneur de Saint-Génies et de Badefol-surDourdoigne se dict estre exempt suivent les lettres
patentes du roy à nous présentées à la dicte convoca
tion.
13° François de Caumont, chevalier seigneur de
Lauzun, se dict estre exempt pour ce qu’il est gentil
homme ordinaire de la maison du roy et a deux de
se9 enfants au service du dict seigneur.
14° Le seigneur de Montrealh et du Chapdoielh se
dict estre exempt pour ce qu’il est gouverneur de
Lymosin.
15° Le seigneur de Vertheillac se dict estre exempt
pour ce qu’il est commissaire de l’artillerie.
16° Jehan de La Roche, escuyer seigneur de Soubran et co-seigneur de Montagrier, chargé de faire le
service d’ung cheval légier, a dict estre exempt pour
ce qu’il est enseigne de la compagnie du seigneur de
Gosmort, capitaine de cinquante hommes d’armes.
17° Le seigneur de Losse dict estre exempt pour
ce qu’il est à Mariambourg pour le service du roy.
18° Helyes de La Porte, chevalier seigneur du PuySainct-Astier et con-seigneur de Chanterac, dict estre
exempt pour ce qu’il est commissaire de l’artillerie.
19° Jehan de Ferrières, escuyer seigneur de Salvebeuf, dict estre exempt pour ce qu’il est gentilhomme
21
servant de la maison du roy, et suivant les lettres
d’exemption qu’il a cy-devant présentées.
20° Le seigneur des Bories dict estre exempt [tour
ce qu’il est retenu de la maison du roy de Navarre ;
toutefois dict qu’il fera son debvoir.
21° Louis de Salignac, escuyer seigneur de FonsPitou, dict estre exempt pour ce qu’il est de la com
pagnie de monseigneur le mareschal de Sainct-André.
22° Poncet Serval, escuyer seigneur de Belon, se
dict exempt pour ce qu’il est archier de la guarde du
corps du roy.
23° François d’Escodeca, escuyer de Noelhac, se
dict exempt pour ce qu’il est archier de la guarde du
corps du roy.
24° Guillaume de La Mifrenye, escuyer seigneur
du dict lieu, se dict exempt pour ce qu’il est archier
de la guarde du corps du roy.
23° Jehan de Soulhac, escuyer seigneur du lieu,
dict estre exempt pour ce qu’il est archier de la com
pagnie du seigneur de Tavanes.
26° Jehan de Rogière, escuyer seigneur de la mai
son noble de Monnaye, dict estre exempt pour ce
qu’il est un des cens gentilshommes de la maison du
roy.
27° Joachim de Montluc, chevalier seigneur du
lieu, comme mary de l’héritière et dame de Fages,
— 22 —
se dict estre exempt pour ce qu’il est capitaine et
gouverneur d’Albe en Piedrnont.
28° Le seigneur de La Rocque de Martin se dict
estre exempt pour ce qu’est homme d’armes de la
compagnie de monseigneur le mareschal SainctAndré.
29° Le seigneur de Terrouse (peut-être Terraube)
se dict estre exempt pour ce qu’il est commissaire
ordinaire des guerres.
30° Guy Jourdain, escuyer seigneur d’Ambleville
(Normandie) et de La Ferrière (Périgort), se dict
exempt pour ce qu’il est homme d’armes de la com
pagnie du mareschal Sainct-André.
31° François de La Coieldre, seigneur de Levinans,
se dict estre exempt pour ce qu’est homme d’armes
de la compagnie du mareschal Sainct-André.
32° Jehan de Roux, escuyer seigneur de PuyLaffons, se dict exempt pour ce qu’il est homme d’ar
mes de la compagnie du seigneur de Jarnac.
33° Jehan de Cugnac., escuyer con-seigneur de
Sainct-Pompong, dict estre exempt pour ce qu’est
lieutenant de la compagnie du sieur de Monpezat.
34° Messire Christophe de Roffignac, chevalier sei
gneur de Marzac, second président en la court de
parlement de Rourdeaux, se dict estre exempt en
vertu du privilège octroyé par le roy à messieurs des
cours de parlement.
— 23 —
35° Messire Pierre de Laplace, chevalier co-seigneur
de Javerlhac et de Sallebeuf, premier président en la
cour des aydes de Parys.
36° Monsieur maistre Jehan de Belcier, conseiller du
roy en son grand conseil, seigneur de Sainct-Germain.
37° La vefve et héritière de feu messire Jehan de
Calanvent, en son vivant conseiller du roy et second
président en la court de parlement à Bourdeaux, sei
gneur de Sainct-Paul.
38° Monsieur maistre Léonard de Ameiin, conseiller
du roy en sa court de parlement de Bourdeaux, sei
gneur de Roche-Maury.
39° Monsieur maistre Léonard de La Gearan, séneschal d’Angoulmoys, seigneur de Chaumard.
40° Monsieur maistre Joseph de La Chassaigne,
conseiller du roy en sa court de parlement à Bour
deaux, seigneur deJourlhac.
41° Monsieur maistre Jehan de Calvimont, conseiller
du roy en la dicte court de parlement à Bourdeaux,
seigneur du Cros.
42° Monsieur maistre Bertrand de Malzanam, gé
néral conseiller du roy en la court des aydes à Péri
gueux.
43° Monsieur maistre Jacques de Bruzac, seigneur
de Domœe, conseigneur de Champaignac, général
conseiller en la dicte court des aydes.
— 24 —
44° Monsieur maistre Jehan Barbarin, seigneur de
Vessac, général conseiller en la dicte court des aydes,
ci-devant enrobés au rolle dudit ban et arrière-ban
pour les fiefs qu’ils tiennent en Périgort.
45° Maistre Bertrand de Luziers, procureur du roy
en Guienne, dict estre exempt à cause de son état et
privilège octroyé par le roy aux habitants de la ville
de Bourdeaux, en laquelle il est habitant.
46° Maistre Helyes de Merle, escuyer seigneur de
Mont-Gaillard.
47° Helyes de Chabanes Vigier de Ciourac.
48° Les hoirs de maistre Guillaume de SainctAstier, escuyer seigneur du repaire de Versures.
49° Françoys Vigoreux, greffier pour le roi en sa
court des aydes à Périgueux.
50° Le seigneur de Lausinade.
51° Le seigneur de Crumiac.
52° Le seigneur de Ramihac.
53° Le seigneur de La Borie, se disent exempts en
vertu du privilège octroyé par le roy aux habitans
de la ville de Périgueux, en laquelle ils sont habi
tans.
54° Pareillement, les habitans de la ville de Sarlat,
se disent estre exempts par le moyen du privilège
octroyé par le roy aux habitans de la ville de Sarlat.
Sensuyt, signé André, sénéchal susdit; Pasques,
— 25 —
avocat du roy; de Bordes, procureur du roy; Girard,
greffier comys. »
CHAPITRE V.
DE L’ANOBLISSEMENT PAR LETTRES-PATENTES, ORDONNANCES
OU DÉCRETS DU PRINCE.
A toutes les époques et chez tous les peuples, quelle
qu’ait été la forme du gouvernement, les vertus, les
talents, la bravoure ont toujours commandé l’admi
ration, excité l’enthousiasme et imposé la reconnais
sance. Mais comme l’opinion est flottante, incertaine,
oublieuse, et qu’on peut, sous ce rapport, lui repro
cher d’avoir placé le Capitole à côté de la roche
Tarpeïenne, le souverain, juste appréciateur des
services rendus à la patrie, fixe ces sentiments que
l’ingratitude pourrait oublier, et de son auguste main
descendent, sur ces hommes éminents, des titres de
gloire dont pourront toujours se parer avec orgueil
leurs nobles descendants.
Il y eut sans doute quelques abus; mais, contraire
ment aux idées reçues, ce sont les meilleures choses
qui en produisent davantage.
Les premières lettres connues d’anoblissement furent
données par Philippe Ier à Eudes, le maire Pit-Chalo
Saint-Mars.
— 26 —
L’histoire nous a encore conservé le nom de Raoull’Orfèvre, qui reçut le môme honneur de Philippe-IeHardi.
Mais, à dater du xvie siècle, les anoblissements pri
rent des proportions gigantesques. Charles IX, par
édits de 1564 et 1568, créa quarante-deux nobles;
Henri III en créa mille en 1576 et d’autres encore en
1588, vers la fin de son règne.
Henri IV, par édits des 20 octobre et 23 novembre
1592 et de nouveaux édits d’octobre 1594 et de mars
1610, en créa une centaine.
A l’avènement de Louis XIV à la couronne, deux
anoblissements sont accordés à chaque généralité.
Cinquante nobles furent créés en Normandie le 4
décembre 1645, deux par généralité en 1660, et par
divers édits de 1696, 1702 et 1711, Louis XIV fit
huit cents nobles. Les lettres de noblesse étaient
payées deux mille écus : l’État était si obéré qu’il don
nait quelquefois des lettres patentes en blanc, ce qui
faisait une noblesse au porteur.
Sous Henri III, on avait vu quelque chose de plus
fort encore. Les besoins de l’État, étaient si grands,
qu’ils avaient réduit les ministres non-seulement à
chercher des ressources dans l’avidité même que les
hommes ont pour les honneurs, mais encore à obliger
des gens riches à prendre des lettres de noblesse
moyennant finances. De ce nombre fut Richard-
— 27 —
Graindorge, fameux marchand de bœufs du pays
d’Auge, en Normandie, qui fut contraint, en 1577,
d’accepter des lettres de noblesse, pour lesquelles on
lui fit payer trente mille livres.
Mais ces abus parurent à la fin si monstrueux, que
les princes voulurent y mettre eux-mêmes un terme.
Henri IV supprima tous les anoblissements faits à
prix d’argent. Louis XIII révoqua, par un édit de
novembre 1640, tous ceux qui avaient été faits depuis
trente ans, et enfin , Louis XIV, par un édit du mois
d’août 1715, supprima tous les anoblissements par
lettres et privilèges de noblesse, attribués depuis le
1er janvier 1689 aux offices soit militaires, de justice
ou de finances.
CHAPITRE VI.
L’USURPATION DE QUALIFICATIONS NOBILIAIRES ET DE TITRES
HONORIFIQUES EST UN TORT FAIT A LA NOBLESSE.
S’il n’y a plus un corps de noblesse, il y a encore
et il y aura toujours des individus nobles. C’est iné
vitable dans l’ordre social, comme il est impossible
dans l’ordre physique de ne pas rencontrer des chê
nes, des arbres séculaires, et, dans la région ar
tistique, des monuments, des statues antiques qui,
même involontairement, commandent notre admi-
28 —
ration, provoquent notre respect et nous font désirer
leur conservation.
Ce sentiment est inné chez tous les peuples : aussi
n’y a-t-il pas une contrée dans l’Univers où il n’y ait
une noblesse, au Pérou, au Mexique et jusque dans
les Indes orientales. Et avec quel sentiment de
dignité ces hommes, presque sauvages , tiennent-ils à
leurs prérogatives! Un gentilhomme japonnais ne
s’allierait pas, pour tout l’or du monde, à une femme
roturière, et les naires de la côte de Malabar sont si
jaloux de leur noblesse, qu’ils ne se laissent seule
ment pas toucher ni approcher de leurs inférieurs.
La noblesse est un état civil que l’on ne peut acqué
rir que par les voies admises et tracées par la loi.
Son existence, depuis l’empereur Napoléon Ier, n’a
cessé de faire partie de notre droit public, sauf une
interruption passagère, comme l’a très bien dit S. Exc.
le ministre de la justice. Mais un orage n’est pas de
durée, et après la tempête ont reparu l’ordre et le
calme. La noblesse est donc intéressée à maintenir sa
position, et il appartient à la loi d’atteindre et de frap
per tout usurpateur de qualifications nobiliaires.
Une noble et ancienne famille qui par la nature
s’est maintenue contre les orages des siècles, a pu
perdre beaucoup dans les orages politiques. Le pres
tige de son nom, ses titres honorifiques, l’illustration
de sa parenté ménagent à ses membres de riches et
— 29 —
honorables alliances capables de relever sa fortune
au niveau de sa naissance. Mais si le premier venu
peut à son gré s’affubler du titre de baron, de comte,
de marquis et môme de duc, où sera la distinction, et
comment juger entre l'usurpateur audacieux, fier, af
firmatif, présomptueux, insolent, et le noble d’autant
plus modeste qu’il se sent grand et fortement enra
ciné dans le passé? Mais quand ce motif n’existerait
pas, peut-on disconvenir qu’une chose devenue com
mune ne perde beaucoup de sa valeur?
L’usurpation de noblesse est donc un tort, une
perturbation sociale, j’ajouterai une confusion histo
rique. Les barons étaient, dans les xne et xme siè
cles, les premiers et les plus puissants seigneurs du
royaume. A cette époque, on quittait le titre de prince
pour prendre celui de baron ; c’est ce que fit le sire
de Bourbon en 1200. En France, il y avait quatre
hautes baronnies : Coucy, Craon, Sully et Beaujeu.
En Périgord, il n’y avait que quatre barons : Mareuil,
Bourdeilles, Biron et Beynac. Henri III, par son
ordonnance de 1579, « veut qu’une baronnie soit
» composée de trois châtellenies pour le moins, et
» qui seront unies et incorporées ensemble pour être
» tenues à un seul hommage du roi. »
L’empereur Auguste fut le premier qui donna nais
sance aux comtes, en prenant des sénateurs qui
étaient ses conseillers et ses compagnons de voyages :
— 30 —
Comiles. Depuis, chez les Romains, les comtes accom
pagnaient les proconsuls dans les provinces. Cons
tantin en fit trois classes : les illustres, les clarissimes,
les très parfaits, et les empereurs d’Orient donnaient
ce titre d’honneur aux personnages les plus illustres
par leur savoir.
Les marquis étaient anciennement les gouverneurs
des provinces ou des villes frontières.
Comment prendre alors arbitrairement de sembla
bles titres sans mentir à l’histoire?
Il est donc bien naturel que le gouvernement se
soit ému en voyant surgir du soir au lendemain une
nuée de noms obscurs, affublés de titres nobiliaires,
et qu’il songe, comme l’a dit encore le ministre de la
justice dans son rapport à l’Empereur, « à opposer,
» dans un intérêt politique et une nécessité sociale,
» une digue à ce débordement.
TABLE
DES MATIÈRES.
Chapitre I.
Du ban et arrière-ban.......................................
3
Chapitre II. De la noblesse en général.................................
4
Chapitre III. De la noblesse du Périgord..............................
7
Chapitre IV. Le ban et arrière-ban dela sénéchaussée de
Périgord au xvI siècle..................................
8
Chapitre V. De l’anoblissement par lettres-patentes, or
donnances ou décrets du prince.................
25
Chapitre VI. L’usurpation de qualifications nobiliaires et
de titres honorifiques est un tort fait à la
noblesse..........................................................
27
