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Fait partie de Inscription tumulaire : XIIe siècle : Eglise de Saint-Amand-de-Coly
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INSCRIPTION
TUMULAIRE '
(2CII0
SIÈCLE)
ÉGLISE DE SAINT-AMAND-DE-COLY (Dordogne)
PAR
L'Abbé J. CARRIER,
Membre titulaire de la Société Historique
et Archéologique du
Périgord
Extrait du Bulletin de la Société Scientifique, Historique
et Archéologique de la Corrèze (siège à Brive).
BRIVE
IMPRIMERIE
MARCEL
1881
ROCHE
-t
»
INSCRIPTION TUMULAIRE
de
GUILLAUME, Abbé de Saint-Amand-de-Coly (Dordogne)
(xne siècle)
INSCRIPTION TUMULAIRE
XIIe SIÈCLE
ÉGLISE DE SAINT-AMAND-DE-COLY
(dordogne) (*)
« Dans une chapelle de l’église de Saint» Amand-de-Coly, dans l’aile gauche en en» trant, appelée de Notre-Dame, sur le mur de
» cette chapelle du côté de l’évangile, à quatre
» pieds environ de hauteur, on voit une pierre
» encadrée, d’un pied et demi de long sur un
(*) Nous devons à l’obligeance de M. l’abbé Carrier, curé de
Saint-Amand-de-Coly, de pouvoir donner la reproduction d’une
inscription fort curieuse, qui date du xn° siècle, et. qui est
d autant plus intéressante pour nous qu’elle offre une grande
analogie avec celle qu’on lit sur le mur extérieur de l’église de
Laguenne.
Non-seulement M. l’abbé Carrier a bien voulu accorder toutes
les facilités nécessaires pour dessiner ce précieux monument,
mais il a poussé l’amabilité jusqu’à nous adresser une note sur
ce sujet, note que nous sommes heureux de reproduire et qui
intéressera, nous en avons la certitude, plus d’un lecteur de
notre Bulletin. Que M. l’abbé Carrier veuille bien nous per
mettre de lui adresser ici l’expression de toute notre gratitude(Le Comité de rédaction du Bulletin.)
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» demi-pied de large (1) », sur laquelle on lit
l’inscription suivante, dont nous donnons le
fac-similé ; les lettres sont gravées en creux et
ont trois centimètres de hauteur :
DISCAT QuI NESCIT VIR NOBILis HIc REQuIESCIT
QuI RACHEL OE LIA QuI MARTA FuIT ATQue MARIA
PSALmOS CANTATE FRatres CHRistuM Que ROGATE
SALVET UT ABATEM Willelmum Per PIETATEM(2).
>i< Qu’il apprenne celui qui l’ignore qu’ici repose un
homme illustre
Dont la vie fut semblable à celle de Rachel et de
Lia, de Marthe et de Marie ;
Frères, chantez les psaumes et priez le Christ
Qu’il sauve l’abbé Guillaume à cause de sa piété.
Rachel et Lia étant données pour modèles de
la vie contemplative et de la vie active dans
l’Ancien Testament, et Marthe et Marie dans le
Nouveau, cette inscription est le plus bel éloge
qui pût être fait du défunt, en disant : qu’il
était pieux comme Rachel et Marie, et vaillant
comme Marthe et Lia.
Cette épitaphe relate le décès de Guillaume,
abbé de Saint-Amand-de-Coly, qui vivait sous
le pontificat d’Honorius II (1124-1130), ainsi
qu’en fait foi une charte de l’église de Sarlat.
(1) Abbé Leydet, M’s Lespine.
(2) Les lettres imprimées en caractère italique remplacent les
abréviations qui sont dans l’original.
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En outre, le catalogue copié par l’abbé Leydet,
chanceladais, en février 1771, sur les archives
du château de Coly, qui dépendait du monas
tère, catalogue qui se trouve dans le manuscrit
Lespine (1), porte comme premier abbé de
Saint-Amand :
« I. W. (Guillaume) sous Honorius II, entre
1124 et 1130. »
Le Gallia Christiana, qui a inexactement
reproduit l’inscription qui nous occupe, a aussi
gratuitement insinué qu’elle pourrait bien être
l’épitaphe d'un autre abbé Guillaume, qui ne
vient que le quatrième sur le catalogue pré
cité, et où il est ainsi désigné :
« 4. V. en 1214 et peut-être en 1217. »
C’est-à-dire près de cent ans plus tard.
Il est évident que d’après la date et la ma
nière dont est écrit le nom de Guillaume, W
sur la pierre et sur le catalogue, l’inscrip
tion de notre église ne peut se rapporter qu’au
premier abbé qui fut supérieur du couvent
vers 1124-1130.
Cette date, dit M. Galy, est confirmée même
« par le style et le caractère de l’inscription.
» Cette inscription est gravée en capitales caro» lingiennes, et fourmille d’abréviations, de
» sigles composés de lettres mixtes et inter(I) Mss dont je possède une importante copie que je dois à la
consciencieuse et savante plume de M. Ph. de Bosredon.
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» calées; les c sont carrés, mais les g tendent
» à s’arrondir en passant de l'oncial an gothi» que. Le mot christum garde encore le x et
» le p du chrisme antique. Elle est écrite en
» vers léonins (1) » et peut être regardée à
juste titre comme un type remarquable de
l’épigraphie murale du xIIe siècle.
J. Carrier, curé,
Membre titulaire de la Société historique et
archéologique du Périgord.
Saint-Amand-de-Coly, 28 avril 1880.
(1) Dr E. Galy. L'Eglise de Saint-Amand-de-Coly. Périgueux,
Dupont, impr., 1865.
Brive, imprimerie Marcel ROCHE. — 281
