FRB243226101PZ-379.pdf

FRB243226101PZ-379.pdf

Médias

Fait partie de Note sur l'emploi de l'éther mercuriel dans le traitement de la syphilis

extracted text
NOTE
SUR L’ EMPLOI DE L’ ÉTHER MERCURIEL
DANS LE TRAITEMENT

DE LA SYPHILIS,
©<>coôooooo<>ooooooo
PAR P. N .J. CHÈRON,

Chirurgien aide major au cinquième régiment d'Infanterie
Légere? Auteur d’un mémoire sur la Topographie physique et
médicale de Phalsbourg, ( Meurthe) &c.



vx.".
BILBAO

De 1 ' imprimerie de P. A. APRAIZ & G»
1824.

‘d ; h'ÇJL*

Mon intention, en traçant cette note sur V emploi de V éther
mercuriel dans le traitement de la Syphilis, est, non de définir
cette maladie, mais d'énumérer quelques uns de ses symptômes
primitifs et consécutifs, traités et guéris à V aide d’ une prépa­
ration simple déjà conseillée. Les avantages en général que l' on
retire de ce traitement rationel et curatif, md ont seuls engagé
à réunir et à coordonner les matériaux qui composent ce pe­
tit manuel de syphilixie, dont l'utilité sera sans doute recon­
nue par ceux appelés à traiter la Syphilis, et par ceux atteints
de ce terrible fléau.

3

La Syphilis, maladie dont P origine remonte à une époque recu­
lée, a été 1’ objet de nombreuses discussions médicales, Parmi les
maladies qui affectent tous les tissus* il en est peu qui comme elle
entraine sous tous les rapports autant de conséquences.
La Syphilis ( Lues Venerea ), est cette affection organique par­
ticulière et générale qui se caractérise par une nombreuse 'série de
symptômes variés, surtout chez ceux où elle est héréditaire.
Ses causes sont le contact immédiat de parties affectées de virus
syphilitique avec toutes celles saines ou malades du corps humain,
principalement celles revêtues de membranes muqueuses, de vais­
seaux absorhans, &c.
Ses symptômes primitifs sont l’irritation des parties affectées, les
pustules, les chancres, les engorgemens glanduleux ( P adénite ai­
gue ), dont 1’ amygdalite et les bubons; la blépharite ou bîépharophtalmie, 1’ urêthiite ou blennorrhagie.
Ses symptômes consécutifs, ou secondaires, sont les dartres eC
leurs variétés, les éphéîides ou tâches de la peau, les ulcères, les
abcès, les rhumatismes et leurs variété», les arthritis, les êxostosesî
enfin les névroses, dont 1’ odontaîgie, souvent opiniâtre, ee 1’ otalgie font partie.
Les moyens spécifiques employé» ont été prèsque de tout tems
le metcure diversement préparé et administré. Peu de substances
dans la nature ont été comme lui P objet de tant de recherches.
Toujours avec lui on a été constamment guéri de la Syphilis, com­
me aussi ou a vu son emploi mal dirigé occasionner des maladies
plus ou moins graves, que P on désigne sous les noms de phlogose,
de pemphygus, de phlyetèues, de psydracie, de phlegmon, d'œdè­
me, de gingivite, de parulie, d’aphtes, d' angine, de bronchite, de
gastro-entérite, de colite, de cystite, de glossite, de céphalalgie,
&c, les quelles souvent sont suivies d’ accidens funestes.
Le sublimé corrosif, muriate suroxigéné de mercure, deuto-ehîorure de mercure, &c, dont les vertus spécifiques antisyphilhiques
sont depuis long tems constatées et reconnues, a eu ses détracteurs
et $es enthousiastes. Aussi puis-je croire qne cette substance chinai-

que, préparée et administrée méthodiquement n’ a pas les suites
fâcheuses qu’ on lui reproche; surtout lorsqu’ elle a pour dissol­
vant des liquides diffusibles, et pour excipient d’autres qui ne peu­
vent neutraliser son action.
...
...
. ..
Les corps diffusibles liquides les plus surs sont certainement les
éthers; et d’ après de nombreuses observations sur la décompositi­
on du mercure dans certaines compositions pharmaceutiques ou
chimiques, peu «ont anssi bons qu’ eux; principalement celui dit
sulfurique pour la dissolution du deuto-chîorure de mercure.
Z

Ether Mercuriel.
Prenez, Muriate suroxigéné de mercure.. ..seize grains.
Ether sulfurique .............. ... une once.
dissolvez selon 1’ art.
Cette préparation s administre à l’ intérieur le matin à jeun, ou
le soir en se couchant, à la dose de six à douze gouttes dans une
tasse d’eau sucrée, d’ eau gommeuse ou de lait ( ces liquides étant
froids ). Elle s’ emploie aussi à 1' extérieur en frictions au voisinage
des parties malades, même sur toute la périphérie du corps, à la do«
se de deux gros à une demie once. Il est plus convenable de n’ en
faire usage qnue le soir en se mettant au lit.

Sirop Mercuriel.
Prenez, Sucre blanc purifié.... une livre et demie. ( * )
Eau distillée................. une livre.
dissolvez à une douce chaleur, et après entier refroidissement,
ajoutez,
t
Ether mercuriel........... une once.
Ce sirop se donne à froid à la dose de deux gros (une cuillerée
à café ), à une demie once ( une cuillerée à bouche ordinaire ), le
matin à jeun ou le soir en se couchant.
Nous observerons, que 1’ on ne doit prendre régulièrement à 1’
intérieur qu ' une dose le matin; huit jours après une meme dose le
soir; au bout de quinze jours, une autre vers le milieu de la jour(* ) Il est à observer que la livre médicinale d' Espagne est de douze onces,
et qu ’ ici nous entendons celle de France qui est de seize onces.

5
née, évitant de faire usage des alimens, surtout des boissons exci­
tantes, deux heures avant ou après. Les frictions faites le soir n’
exigent aucune indication particulière, si ce n’ est, que lorsqu’ el­
les seront faites sur toute la périphérie du corps, il serait avanta­
geux de les faire précéder d’une friction sèche, Au Ht on facilitera
autant que possible la transpiration à 1’ aide des couvertures de
laine. On devra en toutes circonstances éviter le froid (celui hu­
mide), la réfrigération subite des extrémités, surtout de celles in­
ferieures.
Potion anti-BlennorrHagIque.
Prenez, Baume de Copahu,
ou Essence de thérébentine.. .deux onces.
Gomme adragante.................. douze grains,
ou Gomme arabique................ un gros.
Sirop de sucre .................. deux onces,
Éther sulfurique..................... une demie once.
préparez selon 1’ art.
Cette potion s' emploie, depuis la dose de deux gros jusqu’ à
celle d’une demie once, le matin à jeun ou le soir en se couchant,
&e., lorsque la blennorrhagie n’ est pas inflammatoire.
Lorsque la blennorrhagie est très ancienne, on peut ajouter en
outre à cette potion,
Ether mercuriel..................... un gros.
Les précautions dans son administration sont celles mêmes de
1’ éther et du sirop mercuriels.
Dans ces diverses préparations, les doses faibles sont considérées
celles convenables à l’ âge adulte ou aux femmes, et celles plus for­
tes aux hommes; ayant cependant égard à des dispositions ou à
des circonstances particulières pour l’ un et 1’ autre sexe.

Maladies traitées avec succès par l'usage de l'éther mercuriel
PREMIERE CLASSE.

Maladies du tissu cutané.
1. Pustules.
Ce sont des vésicules remplies d’un fluide sanguinolent ou puru­
lent, dures et rouges vers leurs bases, &c.
L’ emploi de L éther mercuriel a lieu par la méthode iatralepti»

6
que au voisinage des parties malades. Il est presque toujours né­
cessaire de recourir à son administration intérieure pendant un
laps de tems de six semaines à peu près.
a. Dartres.
Ce sont des irritations cutanées laissant suinter un liquide qui se
convertit en écaillés ou croûtes, alors avec rougeur et prurit. Elles
sont ordinairement symptômes consécutifs de 1 * affection désignée.,
La dartre furfuracée nécessite 1’ emploi local de 1’ éther mer­
curiel jusqu' à la d»3parution complétée qui ne tarde pas à avoir
lieu.
Celle dite squammeuse exige le meme mode de traitement.
Observation i.re Monsieur N employé était atteint depuis plusi­
eurs années de dartres furfuracées au front et sur les côtés de la
figure. Indépendamment des cosmétiques dont il avait fait usage,
M r avait employé beaucoup de préparations pharmaceutiques ex­
ternes qui lui avaient été conseillées et qui n’ avaient apporté au­
cune amélioration. M.r N m' apprit ces diverses circonstances, et
me lit part des affections syphilitiques aux quelles il fut sujet, et
dont il fut légèrement traité. Attribuant cette phlegmasie chronique cutanée au virus vénérien, je lui conseillai L emploi de
1’éther mercuriel sur les parties malades. Cinq semaines de trai­
tement régulièrement suivi ont complcttcxnent guéri cette affection
souvent héréditaire.
Observation 2. e Monsieur N officier de l'armée avait eu plusi­
eurs affections vénériennes traitées palliativement. De retour
chez lui, en 1816; il-eut aux parties intérieures des mains des
dartres squammeuscs les quelles étaient plus prononcées à certai­
nes époques que l’on aurait pu considérer périodiques. Mr N
if avait encore rien fait pour cette affection secondaire qu’ il con­
sidérait comme légère, lorsqu’ il me consulta en m’ énumérant les
circonstances antérieures. L’ usage local de P éther mercuriel lui
fut conseillé, et au bout de sept semaine» il fut guéri deson affec­
tion ancienne.
La dartre crustacée, prèsque toujours inflammatoire, nécessite à
l'extérieur des lotions aqueuses tièdes, alors émollientes; et à
l' intérieur l'éther ou le sirop mercuriel, 1’ usage extérieur du
premier nJ étant pas convenable.
[
Ladartre pustuleuse exige la même méthode d.' administration

7
de la préparation présente pour la dartre crustacée.
3 Ephélides.
Ces tâches lenticulaires delà peau, sont ordinairement d’unjaune fauve, quelques fois elles sont un peu rouges. Elles sont con­
sécutives de la syphilis et souvent héréditaires.
i
Observation. M.r N employé avait eu plusieurs maladies syphi­
litiques mal guéries. A la suite de divers traitemens faits, M.r N
avait non seulement éprouvé dJ autres symptômes loeaux très in­
tenses, mais aussi des éphélides aux parties latérales et postérieure
du corps. M r N fit usage localement du moyen précité et les tâ­
ches disparurent au bout dJ un laps de teins très court.
4 Uicères.
Les chancre» primitifs, les ulcères consécutifs dus à la syphilis,
êxigent un traitemeut iatraleptique à leur voisinage. Leur panse-,
ment doit être simple et rationel. L' administration intérieure de
P éther mercuriel ou du sirop vient facilement terminer la cure.
Les ulcères atoniques sont excités avec avantage à 1’ aide de cet-,
te préparation.
Dépuis trois ans de nombreuses observations receuillies vie»nent à 1J appui de ce traitement.
Seconde classe.
Maladies des tissus cellulaire et sous cutané.
Abcès.
Ceux chauds ou froids dus à la présence du virus syphilitique
non seulement nécessitent selon leur dégrè les moyens chirurgi­
caux ordinaires, mais celui ci à V extérieur et dans quelques cir­
constances à P intérieur, surtout dans celle dernière les abcès froids,

A

Troisième classe.
Maladies des tissus glandulaires.
i. Adénite aigue.
Dans des cas d’adénite aigue due à la syphilis, il est prudent de
ne faire usage de i’ éther et du sirop mercuriels que lorsque l’in­
flammation locale est passée.
i. Amygdalite.
» Cette affection souvent seule ou concomitante d’autres symptô­
mes vénériens, exige comme la précédente que les moyens anti-

8
pblogistiques soient mis en usage avant d’ employer I» éther
mercuriel, &c.
3. Bubon.
Lorsque ces tuméfactions glanduleuses sont inflammatoires, il
convient de combattre les symptômes concomitants, et dJ admi­
nistrer à 1 intérieur P étlier ou le sirop mercuriel. Dans lés autres
cas, où le bubon est indolent, les frictions locales le résolvent prom­
ptement, &c.
Observation. M.n N, et N N eurent à P aîné gauche chacun un
bubcn. Le premier avait parcouru une partie de sa période inflam­
matoire, et la collection purulente était formée, lorsque je fus con­
sulté. Je lui conseillai P emploi des émolliens sur la tumeur que
j ouvris; et pui9 à son voisinage des frictions d'éther mercuriel
furent faites, et à P intérieur le sirop fut administré, pansant à
plat la plaie. Strict et éxact dans son régime, et dans I ’ emploi des
préparations prescrites, M.r N a vu son bubon être résolu et cica­
trisé dans P espace, de trois semaines. Le traitement intérieur a
été continué quinze jours de plus. Le second était un bubon indo­
lent que je fis disparaître promptement à P aide de P éther mer­
curiel employé en frictions locales; ayant cependant conseillé et
employé le sirop à P intérieur. Trois semaines suffirent pour la
euro de ce dernier.
QUATRIEME CLASSE.

Maladies des tissus musculaires et fibreux.
2. Rhumatisme musculaire.
Les douleurs aigues et périodiques, que P on éprouve da«9 le
tissu musculaire, tiennent souvent à la métastase syphilitique que
1’ on doit encore redouter. Cette affection variable par son siège
est aussi oonnue sous d'autres noms. Nous citerons celles désigné­
es sous ceux de rhumatisme pectoral, lombaire, fémoral, brachial
et jambaire, les quelles ont toutes été traitées avec succès à P aide
de l’ éther mercuriel eu frictions locales. Un seul cas m’ a nécessité
1’ emploi du sirop mercuriel.
Observation. M.e N avait depuis long tems des douleurs dans
les muscles massetters; elle les attribuait à la métastase citée. Je lui
conseillai, dJ après son narré sur les accidents et traitements faits,
p usage externe de P éther mercuriel, qui lui réussit parfaitement,
conjointe ment avec le sirop à P intérieur.

V
.
,
J
2. Arthritis ou inflammation des tissus fibreux, ligamenteux, ap6
névrotiques, tendineux.
Le gonflement cl’ une articulation malade à la suite de sym­
ptômes vénériens anciens, et les douleurs déchirantes que 1’ on
éprouve, ont cédé à 1’ aide des frictions d’ éther mercuriel et
du sirop'. Comme aussi il devient nécessaire avant leur emploi de
combattre les symptômes locaux, et souvent l’irritation des viscères.
Observation. M,eNvétait atteinte depuis plusieurs années de
gonflement articulaire douloureux aux doigts, aux genoux et aux
pieds, au point de ne pouvoir, supporter le plus léger mouvement
dans ces parties. Tous les moyens, depuis long tems connus et pré­
conisés, avaient été mis en usage et sans effet. Je conseillai P em­
ploi de P éther et du sirop mercuriels qui rendirent à cette femme
P usage des membres malades, pour ainsi dire paralisés,
CINQUIEME CLASSE. •

,

Maladies du tissu osseux.
Exostose.
Ce gonflement, plus ou moins volumineux, des surfaces os­
seuses,avec ou sans douleur, a cédé à P emploi externe et interne
des moyens signalés. On doit suivre P indication lorsqu’ il y a in*
flammation locale.
SIXIEME CLASSE.

Maladies des tissus muqueux,
a. Blépharite ou blépharophthalmie.
Cette inflammation du bord interne des paupières, est souvent
due et entretenue par la syphilis. Des frictions d’ éther mercuriel
aux tempes ont suffi pour la guérir; comme dans une affection
chronique Je sirop conviendrait également.
Observation. M.r N officier avait une blépharite très ancienne,
suite de plusieurs blennorrhagies non traitées méthodiquement.
Je lui conseillai 1’ emploi de P éther mercuriel en friction aux
tempes, même sur les paupières oloses, le soir en se mettant au lit.
On ne tarda pas à s’ appercevoir du mieux curatif qui lie «c hi pas
attendre. M.r N jouit maintenant d’ une vue saine, 8cc.
a. Urèthrite au bltnno’ rhagie.
Cotte phlegmasie de la membrane muqueuse de P urèthre çsë

ÏO
souvent très intense. L’ écoulement est une matière blanche sou­
vent jaunâtre. Lorsque cette maladie est inflammatoire, il convient
de mettre le malade au régime antiphlogistique, de combattre les
symptômes locaux; et lorsque la blennorrhagie est bénigne, il faut
employer la potion anti-blennorrhagique. Dans le cas, souvent très
commun, lorsque cette maladie est chronique et vénérienne, il con­
vient dJ ajouter a la potion l’éther mercuriel désigné.
De nombreuses observations, qu’ il est je crois inutile de signaler
ici, viennent à 1’ avantage de cette médication.
SEPTIEME CLASSE.

Maladies qui attaquent tous les tissus.
Syphilis.
Tous les symptômes primitifs et consécutifs énumérés ici, iso­
les ou réunis, constituent en grande partie la maladie vénérienne,
qui, acquise ou héréditaire, n' a souvent aucun symptôme apparent.
Des circonstances fortuites suffisent quelques fois pour la décla­
rer. L’observation suivante en fournit une preuve en faveur de
3' éther mercuriel.
Observation. IA.1' N lieutenant, avait eu de nombreux symptô­
mes vénériens traités comme on le fait aux a rmêes et même en
garnison, c’ est à dire, que ces premiers symptômes- étant passés
on se croit guéri radicalement de T affection principale. M.r N
reçut depuis un coup de feu à la partie supérieure et antérieure de
la poitrine; la plaie qui en résulta consécutivement, atteinte de
3’ affection generale, resta long tems sans guérir. M.*’ N d'un ca­
ractère vif, d’ un tempéramment sanguin, et par ses habitudes, loin
de favoriser la cicatrisation de L ulcère, I’ entretenait involontai­
rement. Fatigué de ses souffrances et enthousiasmé d^un remède
pronê, celui de Leroy, M r N voulut en faire usage, et les doses
fréquentes qu’ il prit, en établissant un point d’ irritation sur le
tube intestinal, firent cicatriser P ulcère et aussi naître une irrita­
tion éntero-mésentérique qui ne tarda pas à se propager aux orga­
nes pulmonaires. M.r N éprouvait alors à la fois des symptômes de
glossite, de laryngite, dypsnêe &c.; on remarquait aussi à la langue
plusieurs ulcérations. Le faciès était livide, l’epigastre douloureux
et les déjections frequentes. Malgré 1’ état apyrêxique du sujet, les
forces morales furent plus fortes que celles physiques. En avril

\


TT

1823, M.r N. me fit part de son étaf, et des moyens qu* il avait
employé pour guérir 1’ ulcère qiè il portait depuis long tems, n'
omettant pas de me citer les circonstances antérieures. Je 1’ enga­
geai à faire usage de 1’ éther mercuriel à l'extérieur, et ce fut
devant S. Sébastien, sous la tente, au milieu des variations at­
mosphériques continuelles, que le remède thérapeutique fut emplo­
yé. M.r N. ne tarda pas à en sentir les avantages; mais aussi ne
faut-il pas omettre, que le régime suivi était lacté. Une intermissi­
on de deux mois dans 1’ usage de 1’ éther mercuriel eut lieu, et ce
ne fut quz après la capitulation de Santona que M.1' N. fit usage à
1’ intérieur de la préparation désignée, pendant un mois. Mainte­
nant 1’ état du sujet est on ne peut plus satisfaisant sous tous les
rapports d’amélioration sanitaire.

HUITIEME CLASSE,
Névroses.
J. Odcntalgiç.
Les douleurs opiniâtres d® dent, nécessitent l’emploi de caïmans
opiacés qui quelques fois sont sans succès. L’extraction de la dent
douloureuse, ne procure souvent pas de guérison. Dans ces cas
l’éther mercuriel, en 'frictions sur les régions maxillaires, a ap­
porté de prompt soulagement; comme aussi on a vu son application
locale, dans certaines caries, être très éfficace.
a. Otalgic.
Les douleurs sourdes de 1’ oreille, ayant pour causes primitives
diverses circonstances, persistent par la présence de la syphilis; et
alors, cette particularité médicale, omise, laisse tous les traitemens
subséquens infructueux.
Observation. M.r N. d’une conduite très débauchée, éprou­
vait à la suite des symptômes vénériens qu’ il avait eu, et que l’on
avait traité, une douleur d’oreille très forte, qui souvent occasi­
onnait chez lui des convulsions, que 1’ on aurait pu considérer
comme préliminaires d’une affection épileptique. M. v N. fit usa­
ge avec succès de l'éther mercuriel en friction au voisinage de la
région auriculaire, et ne tarda pas à être délivré de son otalgie,
sans doute syphilitique.
Enfin cette note peu détaillée n’a eu pour but que de signaler
1’ éthejr mercuriel, et de citer quelques courtes observation» à l’ap-

! LP LA ville
: ÛL PÉRIGUEUX

12

pui de son emploi. Si, ayant essayé de remplir une tâche que je
crois favorable à 1'humanité, celle de décrire Ja plupart des
maux que peut produire la syphilis, d’ indiquer Je moyen de
combattre ses symptômes, et de prévenir les accidens qu’ une admi­
nistration vicieuse du mercure occasionne, &c, j’ aurai atteint le but
que je me suis proposé.
t
.
Ut desint vires, tamen laudanda voluntas.