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Fait partie de Les Troubadours Renaud et Geoffroy de Pons

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LES

TROUBADOURS

RENAUD & GEOFFROY DE PONS
PAR

CAMILLE

CHABANEAU

PARIS
MAISONNEUVE &
25,

Q.UAI VOLTAIRE, 2)

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Z

ÉDITEURS

4

IMPRIMERIE NOËL TEXIER
a

Pons (charente-inférieure)

LES

TROUBADOURS

RENAUD & GEOFFROY DE PONS
PAR

CAMILLE

CHABANEAU

MAISONNEUVE & C% ÉDITEURS
25, QUAI VOLTAIRE, 25

l88l

P2

-s

Extrait du Courrier littéraire de l’Ouest,
livraisons de .Novembre et Décembre 1880

_

LES TROUBADOURS

RENAUD & GEOFFROY DE PONS

On sait qu’à l'époque la plus brillante du moyen-âge français
(XIIe-XIIIe s.), le provençal, ou, pour parler plus exactement, le
limousin fut, en Saintonge comme en Poitou, la seule langue
cultivée par les poètes de cour. Guillaume IX, duc d’Aquitaine et
comte de Poitiers, le plus ancien des troubadours connus, avait
lui-même, dès la fin du XIe siècle, donné, en l’adoptant, un
exemple qui ne pouvait manquer d’être suivi. L’idiome local ne
servit que pour la prose ou pour la poésie purement populaire,
soit d’origine, soit de destination, comme les légendes pieuses et
les mystères.
Après Guillaume IX, les seuls troubadours de ces provinces,
dont le nom et en partie les œuvres nous aient été conservés, sont
Geoffroy Rudel, prince de Blaye, de la maison d’Angoulême,
Richard de Barbezieux, Jordan Bonel, Savary de Mauléon, et
enfin Renaud et Geoffroy de Pons, de qui seulement nous vou­
lons ici nous occuper.
La pièce unique qui nous reste d’eux (c’est une tenson, plus
précisément un partiment, autrement dit
est précédée,

— 6

dans deux manuscrits, les nos 854 et 12473 de la Bibliothèque
nationale, de la courte notice que voici :
Rainantz de Pon si fo gentils castellans de Saintonge, de la
marca de Peitieu, e senher del castel de Pon, que sabia trobar.
En Jaufres de Pon si era uns cavalliers del castel e que sabia
asi trobar, enfafa tensos con Rainaut de Pon (1).
A quelle époque vivaient nos deux troubadours et quelle peut
être la date approximative de la tenson qui nous reste d’eux ?
Cette pièce ne renferme aucune allusion historique qui puisse
servir à notre recherche. Mais nous savons qu’elle se trouve dans
les manuscrits les plus anciens que nous possédions, nommément
dans celui d’Est, exécuté en Italie en 1254, et qui dérive, comme
les nos 854 et 12473 de Paris, qui sont aussi d’origine italienne
et du XIIIe siècle, de manuscrits plus anciens encore, et probablèment du premier quart du même siècle.
Ces données, combinées avec celles que fournit l’Histoire, nous
autorisent à placer aux environs de l’an 1200, et plutôt avant
qu’après, la date probable, de notre tenson.
A cette époque, en effet, était seigneur de Pons un Renaud
(lelPtdu nom, selon Courcelles) (2), qui ne pouvait avoir alors
guère moins de trente ans et qui mourut, d’après le même auteur,
en 1252. C’est en lui vraisemblablement qu’il faut voir le prin­
cipal interlocuteur de la tenson.
Je dirais : assurément, si nous ne trouvions à la même époque
un autre Renaud,oncle du précédent,qui futpeut-êtreaussi seigneur
ou, du moins, co-seigneur de Pons (3), ou qui put passer, de loin,
aux yeux d’un biographe insuffisamment informé, pour l’avoir
été. La notice qu’on vient de lire parle, en effet, des auteurs de la
tenson comme de personnes toutes deux défuntes. Or cette notice

(1) « Renaud de Pons fut un gentil châtelain de Saintonge,de la marche de
Poitou, et seigneur du château de Pons, qui savait trouver. Et sire Geof­
froy de Pons était un chevalier du même château, qui savait aussi trouver,
et il faisait des tensons avec Renaud de Pons. »
(2) Histoire des Pairs de France, etc., t. IV, Pons, p. 12.

(3) Les puînés de la maison de Pons, et c’était le cas de Renaud l’oncle,
avaient le titre et les avantages de parager. Voy. Du Cange, sous paragium
(associatio in dominium). Renaud avait pu dès lors partager le titre de
seigneur de Pons avec son frère et son neveu, de même que son père Pons
l’avait partagé lui-même, comme on le verra»tout à l’heure, avec Chalon.

1

et, en général, les premières biographies des troubadours furent
certainement écrites avant 125o. Ce serait là une raison sérieuse
de douter, si réellement Renaud II a vécu jusqu’en 1252, qu’il ait
été notre troubadour. La même raison n’existerait pas pour son
oncle, qui mourut, à ce qu’il paraît, peu après 1228. N’osant pas
toutefois trancher la question en faveur de l’un ni de l’autre, nous
relèverons dans le précis suivant ce que nous avons rencontré de
relatif à tous les deux.
Renaud, l’oncle, fut le second fils de Pons, et de Germasie (de
Bourgogne, d’après Rainguet) (1). L’existence de Pons est cons­
tatée en 1157 par une charte de Guillaume [Taillefer IV],
comte d’Angoulême, du 28 janvier de cette année, dans laquelle
il figure comme témoin en compagnie de Chalon (son frère, son
oncle ou son neveu?) et où l’un et l’autre sont qualifiés de sei­
gneurs de Pons (2). Nous ne savons s’il vivait encore en 1178,
époque où le château de Pons fut pris et détruit par Richard
Cœur-de-Lion (3) et quel âge Renaud avait alors. Ce n’est que
dix ou douze ans plus tard que nous commençons à trouver
trace de lui dans les chartes. En 1189, il confirme, avec Geoffroy,
son frère aîné, seul qualifié, dans l’acte, de seigneur de Pons,
mais, à ce qu’il semble, au même titre, les dons faits par leurs
prédécesseurs à l’abbaye de St-Florent (4). En 1190, il souscrit,
avec le même Geoffroy, l’acte par lequel Richard Cœur-de-Lion
approuve les privilèges de l’abbaye de la Sauve Majeure (Sylva
Major) (5). Geoffroy meurt en 1191. Son fils aîné, Renaud II,
prend la croix cette année même et confirme les donations faites

( 1)Rainguet,Biographie Saintongeaise, p. 458. Cfr. la note ci-après (Notum
sif) concernant Geoffroy, frère de Renaud.

(2) Archives historiques de la Saintonge et del’Aunis,\.,ÏN, p. 71 : «.... Pontium et Calonem dominos Pontensis castri. »
(3) Chronica Rogeri de Hovedene (London, 1869), t. II, p. 170: « Deinde
cepit Genzac... et Tailleburc et Ponz et omniaista castella in terrain dejecit.')
(4) Arch. hist. de la Saint., t. IV, p. 65 : « Ego G. Dominus de Ponte.....
et Reginaldum fratrem meum qui hoc ipsum concessit. »

(5) Histoire de la Grande-Sauve (citée par Rainguet, Biogr. saintongeaise,
p. 458), pp. 117-119. La même année Gaufridus de Ponte, sans qualification
cette fois, figure aussi comme témoin dans une autre charte de Richard,
datee de Cognac, 8 mai (Gallia Christ. II. Instrumenta, 388).

— 8 —
par son père à l’aumosnerie de Chansac que celui-ci avait bâtie (1).
On ne peut guère lui supposer alors moins de vingt ans.
Revenu de la croisade, Renaud II épousa, à une date qui n’est
pas connue, mais qu’il faut placer, paraît-il, vers 1200, Margue­
rite, dame de Montignac, qu’on croit, dit Courcelles — ou plutôt
Lespine, véritable auteur de cette partie de l'Histoire des pairs
de France, — fille unique et héritière de Taleyrand, seigneur de
Montignac et frère de Hélie V, comte de Périgord (2). ,
Vers 1202, le château de Cognac, avec ses dépendances, est
remis en garde par Robert de Torneham, sénéchal du roi d’Angle­
terre, à Renaud de Pons (le jeune) et à Pons de Mirebeau, son

(1) « Notum sit præsentibus et futuris quod anno ab incarnatione Domini
MCXCI..... nono kal. mart. factum fuit et constructum, in nomine Dei
summi, cimisterium domus novæ helemosinariæ supra Chansac, juxta Pontem, post diem qua sepultus est in eadem domo dominus Gaufridus de
Ponte filius Poncii et Garmasiæ, qui Gaufridus jam dictam domum,.,. fundavit et statuit, terramque in qua jam dicta domus sita est dédit deo et pauperibus et fratribus domus.... Hanc etiam donationem Reginaldus de Ponte,
filius prædicti G. cruce signatus, volens ire super Berrucos, approbavit et
prout dominus pater suus dederat, concessit, et ut ratius habeatur, sigillum
suum apposuit. » (Exposé des preuves relatives à l’origine et aux droits
honorifiques de la maison des seigneurs d’Asnières en Saintonge et marquis
de la Chataigneraye, branche puînée des princes ou sires de Pons. (Paris,
in-4, 1827), p. 66-67.) — Au lieu de Berrucos, peut-être faudrait-il lire
Merrucos. Il s’agirait alors des gens du Maroc (en espagnol Maruecos'), et c’est
en Espagne, et non en T.erre-Sainte que Renaud serait allé combattre les
infidèles. On se croisait également pour l’un et pour l’autre de ces deux
pays.
(2) Rainguet {Biographie Saintongeaise, p. 458), nous ne savons d’après
quelles autorités, fait épouser à Renaud Ier (qui est le Renaud II de Cour­
celles) Marthe de Barbezieux, et non pas Marguerite de Montignac. Il est
possible que Lespine ait confondu Renaud avec Raimond, son second fils.
D’après le Gallia christiana, (II, i5io) c’est de ce dernier que Marguerite de
Montignac aurait été l’épouse. Mais la confusion a pu être commise aussi
bien par les auteurs de ce dernier ouvrage qui auront peut-être, dans la
charte dont ils s’appuient, sans la reproduire, et qui est la même sur laquelle
Lespine se fonde, interprété à tort Raimond le sigle R. — Remarquons en
passant que Marguerite de Montignac, si elle était fille en effet de Talleyrand,
frère du comte de Périgord Hélie V, était née probablement de la belle Maeuz,
aimée et chantée par Bertrand de Born, qui fut l’épouse de ce Talleyrand.

— 9 —
frère utérin (1), qui ensuite se l’approprient et le détiennent long­
temps. Mais Boson de Matha,d’accord avec plusieurs des habitants,
leur enlève cette place et la remet, moyennant finances, à Hubert
du Bourg, sénéchal du roi anglais Jean-sans-Terre. La veuve de
ce dernier, Isabelle d’Angoulême, la transmet à son tour, comme
étant de son fief propre, à son second mari Hugue de Lusignan,
comte de la Marche. Renaud et Pons ne cessent dans l’intervalle
de guerroyer contre Cognac (2) ; et c’est peut-être à raison de ces
hostilités que nous voyons Isabelle attaquer Renaud dès son retour
d’Angleterre. « La roine, dit l’auteur anonyme de l'Histoire des
ducs de Normandie et des rois d'Angleterre publiée par Fr.
Michel en 1840, p. 206, la roine passa en Poitou, si vint a Engoliesmesa cite qui ses iretages estoit, si prist les homages delatierre
et fupuis moult dame d’Engumois. Elle guerroia moult durement
a .I. haut baron de la tierre ke on apieloit Renaut de Pons, qui
bien se desfendi de li par fors castiaus qu’il avoit; mais as plains
cans n’avoit il mie pooir a li. »

(1) Geoffroy [IIIJ de Pons, père de Renaud II, avait épousé Agnès, dame
d’Oleron et de Viroul, fille de Geoffroy Martel, qu’on croit être le même que
Geoffroy d’Angoulême, surnommé Martel, fils de Vulgrin Taillefer II, et
veuve d’Aichard de Clermont ou de Mirabel (Mirebeau), dont elle avait eu
trois enfants, savoir : Pons de Clermont ou de Mirabel (c’est celui dont il est
question ci-dessus), Artaud de Clermont et Mabirie. (Courcelles, Pons, 12 et
63.)

(2) Ces laits, dont nous ne trouvons aucune mention dans les Etudes his­
toriques sur Cognac, de Marvaud, résultent d’une enquête faite vers 1240 par
les agents d’Alfonse de Poitiers, frère de saint Louis, dans le but d’établir
que Cognac relevait du comté de Poitou et non de celui d’Angoulême.
Comme la pièce est intéressante pour l’histoire de la Province en général, et
pour celle des villes de Pons et de Cognac en particulier, on nous saura gré de
la reproduire ici in extenso :
« Tempore domini comitis Pictavensis Henrici, qui fuit rex Anglie, quittavit Pater comitis Audomaris Engolismensis, in aulâ Pictavensi, Bardon,
dominum Coignyaci, de homagio quod petebat ab ipso de Coygnyaco, et eo
præsente et concedente, fecit bomagium dominus Coygnyaci domino comiti
Pictavensi, de Cognyaco et pertinentiis ; et credo quod adhuc vivunt multi
qui hoc viderunt. Filius dicti domini Cognyaci fecit similiter homagium
comiti Richardo pictavensi, de Coygnyaco et pertinentiis; quo domino Co­
gnyaci mortuo, dédit rex Richardus cornes Pictavensis dominant Amellyam
unicam heredem Coygnyaci, quam habebat in ballo, ratione comitatus pic-

10

Ces derniers événements devaient se passer en 1217. Onze ans
auparavant, en 1206, nous voyons le même Renaud, qualifié, dans
Pacte même, de Renaud le jeune (Reginaldius junior), figurer au

tavensis, in uxorem cuidam filio suo notho, scilicet Philippo de Coygnyaco.
Qua defuncta sine liberis, tenuitdictus cornes Richardus dictum castrum et
eum tradidit Roberto de Torniant senescallo suo Pictavensi. Rege Richardo
mortuo, tenebat dictus R. de Torniant dictum castrum, tanquam proprium
comitis Pictavensis, pro rege Johanne, et magnis guerris emergentibus
postea, quia dictus rex Johannes duxerat in uxorem istam reginam, filiam
comitis Engolismensis, quam abstulerat comiti Marchiæ, patri istius comitis,
cum dictus Robertus de Torniant non bene posset defendere terram Pictavensem pro domino suo, qui erat in guerra Normannie contra regem Philippum,dictus R. de Torniant ista(//s.isto?)Renaudo dePonteetPoncyodeMirebellis, fratri suo, castrum Cognyaci cum pertinentiis tradidit custodiendum et
defendendum contra comitem Marchie,patrem istius,qui occupaverat undique
totam terram et guerrabat Coygnyacum ratione uxoris sue sibi ablate. —•
Dictus Renaudus de Ponte et frater suus postea per longum tempus tenuerunt castrum, dicentes esse suum, ratione consanguinitatis dicte Amellye, et
non attingebant ei in aliquo gradu consanguinitatis usque ad decimum.—
Bos de Mastaccio postea furtim abstulit dictum castrum cum auxilio comitis
Augi patris istius, et cum consensu aliquorum dicti castri, Renaudo de
Ponte et fratri suo. Quod castrum, pecunia mediante, habuit pro rege
Johanne, tanquam proprium <$omini comitis pictavensis, Imbertus de Burgo,
senescallus in Pictavi, et tenuit per longum tempus. — Postea dictus rex
Johannes tradidit eum Bartholonmeo de Podio, senescallo terre uxoris,
scilicet Engolismensis; qui Bartholomeus appropriavit Cognyacum quia
esset de ballivia et comitatu Engol. — Rege Johanne mortuo, recedens uxor
sua de Anglia venit Burdegalas, et dictus Bartholomeus de Podio tradidit
ei Coygnyacum et comitatum suum, hominibus ville hec volentibus, ut eos
defenderet de Regnaudo de Ponte et fratre suo qui eos impugnabant, volentes
habere dominium dicti castri, et credebant homines Coygnyaci illam conservare dictum castrum ad opus istius regis Anglie, filii sui, ratione comitatus Pictavensis. Quod castrum ilia sibi aproprians et dicens illud esse de
comitatu Engolismensi, quod omnes de terra ilia contradicunt, tradidit isti
comiti Marchie, marito suo, qui illud postea tenuit et adhuctenet. — Hugo
de Montibus miles, Ayemericus de Rupe, dominus de Blanzac, Drogo de
Monte Augerii, P. Brunet, senior deGernac ». {Archives historiques du Poitou,
IV, 21-22.)— Istius, aux lignes 16 et 21 de cet extrait, doit s’entendre du
comte de la Marche qui vivait au temps des enquêteurs, c’est à dire de
Hugues X. Pareillement, isto appliqué, 1. ig, à Renaud de Pons, signifierait
qu’il s’agit du Renaud qui vivait en ce même temps. — Remarque analogue
à. faire, 1. 15, pour Isabelle d’Angoulême, qui conserva toujours, comme on
sait, le titre de reine; 1. 27 pour le comte d’Eu; 1. 38, pour le roi d’Angle­
terre Henri III.

11

nombre de ceux qui jurèrent pour le roi Jean la trêve de deux ans
conclue cette année-là entre ce prince et Philippe-Auguste (1). En
1212, après le 6 avril (2), il part pour l’Espagne afin de combattre,
avecles princeschrétiensdece pays, contre les musulmans d’Afrique
qui venaient de l’envahir, et assiste probablement à la glorieuse
bataille de las Navas de Tolosa (16 juillet 1212). La même année,
selon M. Léopold Delisle, nous trouvons Renaud de Pons, sans
autre désignation, mentionné dans un acte de Philippe-Auguste,
parmi les barons de Saintonge et de Poitou avec lesquels ce prince
s’engagea ne pas faire la paix, sans y comprendre Savary de Mau­
léon (3). Renaud de Pons est encore nommé, avec Guy de Dampierre, Aimeri de Rochefort, etc., au rôle des barons de France
que Philippe-Auguste convoqua vers la fin de 1213 (4), après que
l’empereur Othon de Brunswick lui eut déclaré la guerre. Tout
indique que Renaud n’obéit pas, et que ce fut so.us la bannière de
Jean-sans-Terre qu’il vint au contraire se ranger, avec les autres
barons de l’Ouest et Savary de Mauléon lui-même, dès que le

(1) Historiens de France, XVII, 61.
(2) Cela résulte d’un acte passé à Cognac, à cette date, par lequel Renaud
s’oblige à payer à l’abbé et aux religieux de Saint-Jean-d’Angély 20,000 sous
de monnaie poitevine, en indemnité des pertes qu’il leur a causées en occu­
pant de force leur église et terre de Pérignac. L’acte débute ainsi: « Ego
Reinaldus de Ponte, junior, Sarracenis Hispaniæ terram intrantibus volens
occurrere pro defensione fidei christianæ... » Prévoyant le cas où il viendrait
à mourir dans cette expédition, il charge Geoffroy, son frère, et les adminis­
trateurs de ses domaines, de remplir ses engagements. (Courcelles, Pons, i5
et 16.)
(3) Léopold Delisle, Catalogue des actes de Philippe-Auguste, p. 3i3 : « N°
1391 (1212 juillet ?) Apud sanctum Germanum in Laya. Philippe-Auguste
fait connaître le traité conclu entre lui et Savary de Mauléon : avant la pro­
chaine fête de Noël, Savary doit se déclarer l’homme-lige de Philippe-Auguste,
le servir fidèlement et l’aider contre Jean-sans-Terre. Depuis la prochaine
fête de la décollation de saint Jean (29 août) jusqu’à la saint Martin (11 no­
vembre) Philippe-Auguste fournira à Savary la solde de cent chevaliers et de
cent sergents à cheval. Si on peut prendre la Rochelle et Cognac, Savary
tiendra ces villes du roi de France. Philippe-Auguste ne fera pas la paix avec
Jean-sans-Terre, le vicomte de Thouars, Hugues de Thouars ou Renaud de
Pons, sans y comprendre Savary.»

(4) Exposé des preuves, etc., p. 26. (Rôle publié par Laroque, Traité du
Ban.)
r BIBLIOTHEQUE^
lL L A VILLE
CL DE H IG UE IL

12

roi d’Angleterre eut débarqué, au commencement de 1214, à La
Rochelle (1).
Jean-sans - Terre, aussitôt après son arrivée, conclut avec
Hugue de Lusignan, comte de la Marche, son mortel ennemi de
la veille, un traité d’alliance parmi les souscripteurs duquel nous
trouvons Renaud de Pons le vieux {senior} (2). Nous rencontrons
encore ce dernier mentionné comme témoin au bas d’une charte
de Jean, datée d’Angers, 17 juin 1214 (3), et nous le voyons enfin
figurer, comme négociateur à la fois et comme garant, cette fois
en compagnie de son neveu, dans l’instrument de la trêve de cinq
ans conclue à Parthenay, en septembre 1214, entre PhilippeAuguste et Jean-sans-Terre (4).
La part si importante prise, comme on vientde le voir, en 1214,
par les deux Renaud de Pons aux affaires du roi Jean, prouve avec
évidence qu’il ne devait y avoir alors entre eux et ce prince aucune
hostilité, et que, par conséquent, c’est seulement après cette date,
bien peu de temps peut-être avant la mort de Jean, arrivée, comme
on sait, en 1216 ( 18 octobre), que le seigneur de Pons se vit enlever
le château de Cognac.
Renaud senior était à cette époque sénéchal de Gascogne pour
le roi d’Angleterre, et il fut chargé à ce titre, par lettres du 20
novembre 1214 (5), d'extirper les hérétiques (sans doute des albi-

(1) Voy. Henri Martin, IV, 75-76.
(2) Historiens de France, XVII, 91.
(3) Ibid., 74. C’est une obligation de 22,000 marcs consentie à l’archevê­
que de Cantorbery.
(4) Ibid., 104. — Teulet, Layettes du trésor des chartes, I, 405 (n" io83.) —
Parmi les autres négociateurs du roi Jean est mentionné Hubertus de Burgo
(de Bore),sénéchal de Poitou, le même que celui qui est appelé Imbertus,
peut-être par suite d’une faute de lecture, dans le document reproduit ci-des­
sus, et à qui le château de Cognac, enlevé à Renaud et à son trère, fut remis
par Boson de Matha.
(5) « R. de Pontibus, senescallo Wasconiæ, salulem.— Audivimus quod de
novo in terras nostræ cepit in partibus Wasconiæ detestanda hæreticorum
quorumdam pullulare perfidia ; quæ cum fidelibus sit omnibus odibilis et
inimica, nobis tamen ad præsens restât a finibus nostris et nostrorum præ
ceteris extirpanda.
Vobis igitur... mandamus... quatenus cum omni posse vestro, qualibet
occasione et dilatione postpositis, qui sint vel per quos hujusmodi malitia
fuerit de novo suborta efficaciter et diligentissime inquiratis, eosque cum
ipsorumdetestabili nequitiafunditusconfundendo, penitus extirpare curetis».
Rymer, Acta, etc., 3e édit., I, 64.)

— 13 —
geois) qui s’étaient répandus et multipliés dans cette partie des
états de son souverain. Il paraît que ses rigueurs ne s’exercèrent
pas seulement contre les hérétiques et qu’il traita fort durement
la province dont l’administration lui était confiée. Un écho des
plaintes que ses exactions soulevèrent nous est parvenu dans une
lettre écrite longtemps après, par l’archevêque de Bordeaux, au
roi Henri III (1).
Ce dernier n’eut pas non plus personnellement à se louer de
Renaud senior bien qu’il l’eût maintenu dans sa charge de séné­
chal (2). C’est ce qui résulte d’une lettre du pape Honorius III à
l’évêque d’Angoulême, datée de la troisième année de son ponti­
ficat (1219 ou 1220), par laquelle il est enjoint à ce prélat de con­
traindre Renaud de Pons, senior, à remettre au roi d’Angleterre
le château de Merpins, dont Jean sans Terre lui avait confié la garde
et qu’il retenait contre tout droit, grâce à la connivence de l’évê­
que de Saintes, Pons de Pons, son frère (3). Renaud, cependant,

(1) Gallia christiana, II, Instrum., 291-292 (ann. 1235): «..... Tandem idem
rex constitué senescallum Reginaldum de Ponte dictum Palmarium (on ap­
pelait ainsi les pèlerins ou les croisés revenus de la Terre-Sainte, parce qu’ils en
rapportaient des branches de palmier), retentis sibi terræ redditibus ad eos
recipiendos templariis constituas; et ideo idem Reginaldus, paupertate compulsus, exercuit albergagias, questas et alias exactiones indebitas quas ruptarii exercuerant ; et ad instar ipsius hoc fecerunt fere omnes' qui ei postea
successerunt. »
(2) Rymer, p. 72, 28 décembre 1216 : Henri III écrit à Renaud de Pons,
« sénéchal de Gascogne et de Poitou » (Renaud ne devait avoir reçu cette der­
nière partie de sa charge que depuis fort peu de temps), pour le remercier
des bons services rendus à son père et lui demander de persévérer à son égard
dans la même fidélité.
(3) Rymer, I, 78: «... Johannes pater ejus castrum suum de Merpiis custodiæ nobilis viri R. de Pontibus senioris, germani episcopi supradicti (scil.
Xantonensis),fiducialiter commiserat. Nunc, prænominato Johanneviam universæ carnis ingresso, prædictus R. castrum ipsum et obsides eidem régi
reddere denegavit, pluries requisitus.
Quin etiam ad suæ infidelitatis nequitiam palliandum, ad partes transma­
rinas (vel potius, ut dicitur, in Hispaniam) simulata devotione se transferens, dolose intendit prædictos obsides liberare, tanquam per ipsius affectatam negligentiam, quæ utique aperta est malitia, evasuros.
Et ut qualem fidelitatis affectum erga regem habebat, exhibebat in effectu,
taies in ipso càstro dimisit qui non solum præfato régi castrum et obsides
reddere aspernantur, verum etiam proditorie rebellantes, ipsius homines
hostiliter persequuntur, et (quod vix credere possumus), hoc perpétrant non
sine ipsius Episcopi consilio et consensu, cum a prædicto fratre suo disposi­
tion! ejusdem credantur esse commissi. »

14 —

faisait le voyage d’outremer. Il était parti en 1217, après le 28
mai, laissant, par ordre du roi, l’office de sénéchal de Gascogne et
de Poitou à l’archevêque de Bordeaux (1). Peut être était-ce pour
prendre part à la 5e croisade, qui fut précisément entreprise cette
année-là. Le fait est que nous trouvons un Renaud de Pons men­
tionné par Mathieu Paris parmi les croisés qui, à Damiette, le
29 août 1219, opposèrent la résistance la plus vive à l’armée
victorieuse des Sarrazins (2).
Toute trace de Renaud senior se perd pour nous jusqu’à l’année
1228, où nous rencontrons pour la dernière fois son nom dans
deux chartes de son neveu, dont la dernière fut scellée de son
sceau, en même temps que de celui de Renaud junior, ou plutôt
peut-être d’un sceau commun à l’un et à l’autre (3). Tout porte à
croire qu’il mourut peu de temps après.
Quant à Renaud le jeune, son rôle historique paraît s’effacer
durant les années qui suivirent immédiatement le traité de 1214.
Il dut prendre part à la guerre entre Henri III et Louis VIII,
qui se termina par la reddition de La Rochelle (3 août 1224) et la
soumission de la Saintonge au roi de France. Mais nous ne con­
naissons pas de document qui permette de l’affirmer.

(1) Rymer I, p. 72, 28 mai 1217 : « Rex dilecto et fideli suo Reginaldo de
Pontibus senescallo Pictaviæ et Gasconiæ, salutem. — Grates vobis referimus multipliées de bono et fideli servitio vestro, domino régi patri nostro
et nobis exhibito, unde cum velitis, sicut nobis significastis, votum peregrinationis vestræ instanter executioni dare, nos, nolentes illud impedire, de
communi omnium fidelium nostrorum consilio, terram nostram Pictaviæ et
Gasconiæ commisimus venerabili patri nostro domino W. Burdegalensi
archiepiscopo quamdiu nobis placuerit custodiendam. — Et ideo tibi præcipimus quod terram prædictam cum omnibus pertinentiis suis ipsi archiepis­
copo liberetis. » — Cf. la note précédente.
(2) Hist. de France, XVII, 749 : « Rex vero Hierusalem cum templariis et
domo Teutonicorum... cumque Waltero Bertoldi, Reginaldo de Ponte, francigenis, pisanis et militibus ex natione diversis, impetum sustinuerunt paganorum etpromuro fueruntfugientibus,quoties illas suas faciès ostendebant. »
— Est-ce bien Pons en Saintonge qu’il faut voir dans le Ponte du chroniqueur ?
Nous ne trouvons le nom de Renaud de Pons (ou de Pont) dans aucun autre
récit de la cinquième croisade.
(3) « Præsentes litteras dedimus sigilli nostri et domini R. de Ponte, Palmerii, patrui nostri, munimine roboratas. » (Courcelles, Pons, p. 9). — Cette
circonstance semblerait de nature à corroborer l’opinion que Renaud l’oncle
était bien, comme nous l’avons supposé, co-seigneur de Pons.

— 15 —

En 1226, immédiatement après l’avènement de St Louis, il fit
hommage à ce prince, pour ce qu’il possédait dans la mouvance
des comtés delà Marche et d’Angoulême, et l’année suivante, pour
son château de Montignac et pour le fief que Constantin dit le
Gras avait eu à Pons, et dont le roi, paraît-il, lui avait fait don, en
considération de ses services (1).
Nous ne savons quels étaient ces services. Renaud de Pons ne
devait pas être, dans tous les cas, attaché très solidement alors à la
cause du roi de France, car il suivait encore celle du roi d’An­
gleterre quelques années plus tard. Le 22 novembre 1234 et
de nouveau le 3 février 1236, il fut nommé par Henri III, en
compagnie de Neudrad de la Ramade, dictateur des trêves con­
clues avec Louis IX (2). En 1241, il entra dans la coalition
que le comte de la Marche, à l’instigation de l’altière Isabelle, sa
femme, ourdit contre le roi de France et le comte de Poitiers, et
il en fut même l’un des principaux agents (3). Mais immédiate­
ment après la reddition de Saintes (28 juillet 1242), il se soumit
à Saint Louis et fit hommage de sa châtellenie à Alfonse, comte
de Poitiers, sous les murs mêmes de Pons, où les deux princes

(1) Courcelles, Pons, 13 (fragment ms, provenant du cabinet de Clairambault, d’après le cartulaire de Philippe-AugusteJ.

(2) Rymer, pp. ii5 et 121.
(3) Le propre fils de Renaud, Pons, depuis évêque de Saintes, fut envoyé
en Angleterre, sans doute pour presser Henri III de se joindre aux conjurés.
A son retour, ce fut à Pons que ceux-ci s’abouchèrent avec le sénéchal de
Gascogne et autres officiers et vassaux de Henri III et qu’un traité d’alliance
fut conclu par eux avec l’Angleterre. (Lettre d’un habitant de la Rochelle à
la reine Blanche, mère de saint Louis, publiée par M. Léopold Delisle, dans la
Bibl. de l’Ecole des Chartes, XVII, 527). Ce fut aussi à Pons que Henri III,
qui était descendu à Royan, se rendit d’abord et que le comte de la Marche
vint le rejoindre : « Inde venit ad Pontes, nobilem civitatem, occurente do­
mino civitatis ejusdem, scilicet Reginaldo de Pontibus, cum aliis magnatibus Xantongiæ». Matliœi Parisiènsis Chronica majora, t. IV, 194 (London,
1877). « Quant li quens de la Marce vit que li rois ouvroit ensi, si le douta
moult, car il vit bien qu’il estoit sages. Si se traist vers Saintes et le fit
garnir de siergens, pui s’en ala à Pons ou li rois anglois se tenoit. » (Récits
d'un ménestrel de Reims, p. 187). Henri III passa à Pons au moins huit jours
(14-3o mai). Le 8 juin, il était à Saintes. Voyez Rymer, p. 140 et 141.

— 16 —
étaient venus camper (1). Sûr désormais de sa fidélité, le roi de
France nomma Renaud de Pons l’un des garants et dictateurs de
la trêve de cinq ans qu’il conclut à Bordeaux, le 7 avril 1243,
avec le roi d’Angleterre (2).
Renaud devait être alors septuagénaire. Il prit part néanmoins,
six ans plus tard, d’après Courcelles, à la première croisade de
Saint Louis et il mourut à la Terre-Sainte le 11 juin 1252, ayant
eu plusieurs fils, dont l’aîné s’appelait Geoffroi et le second
Renaud, comme lui (3). Peut-être cette homonymie a-t-elle
induit Courcelles en erreur, et est-ce le fils et non pas le père, qui
accompagna Alfonse de Poitiers outre-mer et qui y mourut (4).

(1) « Le mardi après la feste St-Jaque, Renaus, sire de Pons, qui avoit esté
en l’ayde au conte de la Marche fu tous espoventez de la force le roy et de la
grant victoire que Diex li avoit envoié, si vint à lui en la ville de Colonbiers
qui siet à une leue de Pons et fit son homage au conte de Poitiers, comunalment devant tous. Par ceste pais faite, retint a li li roys les hommages de Re­
naus, sire de Pons... Ces choses achevées, le jour de la feste Saint Pere, qui
est le premier jour d’aoust, li roys Loys jut es prés de Pons, outre la ville, et
la vindrent a li li sires de Mirabel et li sires de Mortaigne, en qui chatel li
roys d’Angleterre avoit séjourné lui et sa famé et sa gent en sa venue. Cil deu
seigneur firent homage au roy de France et au conte de Poitiers, son frère et
ensemen li autre seigneur du pays de ce que il tenoient jusques à la Gi­
ronde. » [Traducteur de Guillaume de Nangis, dans les Hist. des Gaules et
de France, XX, 341).
(2) Teulet, Layettes du Trésor des chartes, II, 5o5, n° 3o75.
(3) Ils scellèrent tous deux de leur sceau (en qualité de futurs co-seigneurs
de Pons?) un acte passé l’an 1238, par lequel Renaud, leur père, céda six
quarterons de forêt, près la maison des Lambert, à l’abbé et aux religieux de
la Frenade, près Cognac. (Courcelles, 14, d’après une copie conservée à la
B. N.). Dès l’année 1211, à la suite d’une querelle que des esprits malveil­
lants avaient suscitée entre ces mêmes religieux et Renaud II, celui-ci leur
avait fait généreusement une donation, en reconnaissance de laquelle l’abbé
de la Frenade lui accorda, ainsi qu’à sa femme et à ses filles, une part aux
prières publiques et aux suffrages de son monastère, pendant leur vie et
après leur mort. Ibid, i3, d’après id.).
(4) Voici les propres paroles de Courcelles : « Appelé à la croisade, avec
Alfonse comte de Poitiers, sur la fin de l’année 1248, le sire de Pons
[Renaud II], confia la régence de ses domaines et l’administration de ses af­
faires à son fils aîné [Geoffroi IV], et mourut à la Terre-Sainte avant la StBarnabé (11 juin) 1252. Dès l’octave de la fête des apôtres saint Pierre et saint
Paul 1249, il avait fait un testament dont l’exécution fut confiée à Constantin
Foucher et N. Lambert, et par lequel il partagea ses biens entre ses fils, dont
il ne nomme que trois; mais on sait d’ailleurs qu’il en avait d’autres. (Trésor
des Chartes, boite cotée : Chartes mélées). »

j

I
f

Voilà, sauf quelques actes (donations à divers ou échanges) de
peu d’importance, tout ce que nous avons pu recueillir concer­
nant les deux Renaud de Pons, dont l’un ou l’autre fut l’interlocu­
teur du chevalier Geoffroy dans la tenson qu’on lira tout à l’heure.
Quant à ce dernier nous ne savons de lui rien de plus que ce que
nous en apprend la notice provençale reproduite ci-dessus. Une
charte de Richard Cœur-de-Lion, datée de 1186, mentionne,
entr’autres témoins, un Gaufridum de Ponte, qui y est qualifié
de miles (i). Il ne serait pas impossible que ce fût là notre
Geoffroy. Quant à voir en celui-ci, avec Millot, suivi par Courcelles
et Rainguet, le propre frère de Renaud, c’est à dire Geoffroy III,
fils aîné de Pons Ier et de Germasie,—ce qui trancherait la question
des deux Renaud en faveur de l’oncle, — la notice provençale
consacrée à nos deux troubadours, non plus que leur tenson ellemême, n’y autorise en aucune façon.
Cette notice ne se trouve, avons-nous déjà dit, que dans deux
manuscrits, lesquels sont la copie l’un de l'autre ou reproduisent
un même original, les nos 854 et 12473 de la bibliothèque natio­
nale. La tenson, au contraire, nous a été conservée dans un assez
grand nombre de manuscrits. En voici la liste :1 2 * * * * * * *
N° 854 de \a.Bibl. nat.
— 12473
id.
— I2474 id.
delà Bibl. Ambrosienne (Milan)
71
— 5232
de la Bibl. du Vatican.
— 32o5
id.
— 2909
de la Bibl. Riccardi, à Florence.
Ms. d’Est à Modène.
Ms. de sir Th. Phillips, à Cheltenham (2).

(1) Gallia christiana, II, Instrum., 286. On sait que miles, dans le latin du
moyen âge, désigne un chevalier.
(2) Les mss. 854 et 12478 de Paris, 5232 du Vatican, et ceux de Modène et
de Cheltenham sont les seuls où le nom des deux troubadours soit suivi de
leur surnom, qui est de Pon dans tous les cinq, et non de Pons ou de
Ponz (renvoyant par conséquent à de Ponte et non à de Pontibus.) Le
nom du deuxième interlocuteur, Jaufre, est partout le même. Mais les mss.
12474 de Paris et 32o5 du Vatican appellent le premier Raimbaut. C'est ce
que fait aussi le ms. de Milan, mais seulement en tête de la tenson. Il lui
restitue son vrai nom dans la pièce même.

2

— 18 —

Nous savons en outre que cette tenson se trouvait aussi dans
le ms., malheureusement perdu, de Bernard Amoros (i), dont le
n° 2814 de la Bibl. Riccardi renferme une copie partielle.
Elle devait figurer également dans l’un au moins des mss.
dont s’est servi Giammaria Barbiéri pour la composition de son
intéressant ouvrage Dell' origine della poesia rimata. Cet écri­
vain nomme, en effet, parmi les troubadours de condition noble,
un Rainaut de Ron (2), qui est probablement notre Renaud,
comme l’a déjà observé M. Mussafia (3).
La présence de la tenson de nos deux troubadours pontoisdans
un si grand nombre d’anthologies, — car les ms. provençaux (on
ne parle ici que des chansonniers) ne sont que des anthologiesplus
ou moins copieuses, —nous prouve qu’elle fut en son temps assez
goûtée. Il serait assurément téméraire de supposer qu’on l’ait ja­
mais considérée comme un modèle du genre. Mais elle conserve
à nos yeux assez de mérite pour que nous ne soyons pas surpris
qu’on l’ait admise en des recueils où tant d’autres pièces de moin­
dre valeur ont trouvé place. Le sujet, — opposition de l’amour
platonique et de celui..... qui ne l’est pas, — a été traité cent fois
dans les tensons des troubadours et des trouvères, et bien souvent
d’une façon plus originale et plus piquante qu’il ne l’est ici. Mais,
si l’œuvre de Renaud et de Geoffroy ne se distingue pas par des
qualités supérieures, elle se recommande tout au moins par un
style pur et clair, une versification facile et une retenue dans l’ex­
pression qui n’est pas très ordinaire en sujets pareils.
La biographie, — s’il faut donner ce nom aux deux ou trois
lignes qui précèdent la tenson de Renaud et de Geoffroy dans les
mss. B. N. 854 et 12473, —a déjà été publiée plusieurs fois : par
Raynouard, au tome V, p. 430 du Choix des poésies des Trouba­
dours, par Rochegude dans le Parnasse occitanien, p. 384, et
en dernier lieu par Mahn dans les Biographieen des Trouba­
dours, p. 37(2e éd., p. 64). Crescimbeni en a donné, dans le supplé­
ment de sa traduction de Nostradamus, une version italienne qui
a passé, peu modifiée, dans la Crusca provenzale de Bastero, p.

(1) Voy. Jahrbuch für romanische und englisclie Literatur, XI, 16, ligne 1.

(2) P. 133.
(3) Ueber die prov. Liederhandschriften des G. M. Barbiéri, p. 66.

~ 19 —

84, et dans la Storia e ragione d'ogni poesia de Quadrio, II, 129.
Enfin, Millot en a tiré, assez inexactement, la notice de quatre li­
gnes consacrée dans son livre (III, 433) à nos deux trouba­
dours (1).
Quant à la tenson, elle n’a encore été publiée qu’une fois, et
d’après un seul ms,, more diplomatico, c’est-à-dire à l’usage des
seuls philologues. Ce ms. est le n° 71 de l’Ambrosienne, et c’est
dans une revue allemande (Archiv für das studium der neueren
Sprachen, XXXII, 412), qu’a eu lieu la publication (2). Le texte
de Y Archiv nous a servi concurremment avec celui des mss. de
Paris, à établir le nôtre, qui s’appuie ainsi sur trois mss. Nous
les désignons dans nos notes par les mêmes lettres que M. Bartsch
(Grundriss pur Geschichte der provenzalischen Literatur (p. 273 o), savoir :
Bibl. ambros., n° 7 r, par G.
Bibl. nat., n° 85q, par I.
Id., n° 12474, par M.

Nous ne relevons parmi les variantes que celles qui intéressent
le sens. Il serait ici sans utilité de noter celles qui ne regardent
que l’orthographe ou la phonétique. Il suffit d’avertir que nous
donnons partout la préférence aux formes les plus anciennes et
les plus correctes. Quant à la traduction, nous avons cru devoir
la faire aussi littérale que possible, sans aucune préoccupation
littéraire, et uniquement dansle but de faciliter au lecteur l’intelli­
gence du texte. Les mots qu’il nous a paru utile d’ajouter, dans
l’intérêt de la clarté, sont enfermés entre crochets [ ].

(1) « C’étaient, dit-il, deux frères, gentilshommes de Saintonge dans la marche
de Poitou. Ils sont interlocuteurs d’une tenson des plus mauvaises. » Juge­
ment un peu sommaire et assurément trop sévère. — Diez se borne à relever
leurs noms dans la table des Lehen und Werke,en. renvoyant à Raynouard.
L’Histoire littéraire de la France ne les nomme nulle part.
(2) Raynouard, à la suite de la biographie, en avait déjà donné six vers
(38-39, 41_42, 45-46), d’après un ms. que, selon son habitude, il n’a pas dési­
gné, mais qui n’est aucun de ceux qui nous ont servi. Nous le désignons par X
dans nos notes.

— 20 —

RAINAUTZ DE PON E SENHER JAUFRE

I

Senher Jaufre, respondetz me sius platz :
Quais amors val mais al vostre vejaire ?
De dos amies l’us es tant aut pujatz
Qu’ama domna valen de ric afaire,
5 Tal qu’a penas cuida s’amor aver ;
Mas honors l’es sol car lo fai doler,
E l’ama tant que no s’en pot estraire ;
E Vautres a de si dons son voler,
Si que de re nolh defen son plazer ;
1o Mas el non a en s’amor honor gaire.
II

15

Senher Rainautz, totz m’en soi cosselhatz :
Aital domna no volh vas mi atraire
Que de mon mal agues joi e solatz,
E de s’amor nom tengues com a fraire,
Que maint joi son perdut per lonc esper.

TRADUCTION

I. — Sire Geoffroy, répondez-moi, s’il vous plaît : — Quel amour vaut
mieux à votre avis ? — De deux amis l’un a placé le sien si haut — qu’il aime
une dame de grand prix et de grand état, — telle qu’à peine espère-t-il en
être aimé ; — mais souffrir par elle seulement lui est un honneur, — et il
l’aime tant qu’il ne s’en peut détacher. — L’autre a de sa dame tout ce qu’il
veut, — si bien qu’elle ne lui défend en rien son plaisir ; — mais il ne tire
pas de son amour beaucoup d’honneur,

II. — Sire Renaud, mon choix est tout fait: — Je ne veux point d’une
dame — qui de mon mal aurait joie et soulas, — et ne me traiterait pas en
amour comme un frère(1), — car maintes joies sont perdues par longue attente.

— 21

Aitals ricors don hom non a poder
Feram tostemps en perdo greu mal traire.
Mais volh celeis ben amar e temer
Quel gazardo no met a noncaler ;
20 E quis volha sia d’autra musaire !

Senher Jaufre, no son ges musador
Tuit cil qu’aman domnas de gran valensa,
Car qui plus vol aize que gran honor
Non a en se veraia conoissensa,
25 Que deu be hom per so gran mal sofrir
Don pot gratis bes e gratis honors venir,
E per ren als fin’ amors no m’agensa,
Mas per leis volh honor enavantir ;
E, car voletz tal raso mantenir
30 Que re non val, fazetz i gran falhensa.

III

Senher Rainautz, aquil sab mais d’amor,
Si voliatz aver bon’ entendensa,
Qu’a son amie fa so queil es melhor,
Que no fai cil que son joi li bistensa ;
3 5 Qu’eu no volh ges tos temps aital servir
Que non agues mas l’anar el venir,
E vos n’aiatz aquela contenensa
Qu’en amatz mais l’atendre quel jauzir.
Per so s’en fan li Breton escarnir,
40 Que fan d’Artus aquel’ eiss’ atendensa.

IV

— Une noble dame sur qui je n’aurais nul pouvoir — me ferait toujours
souffrir mille maux en vain ; — j’aime mieux aimer celle — qui ne met pas le
guerdon en nonchaloir, — et muse qui voudra avec l’autre !

III. — Sire Geoffroy, ils ne sont point museurs, — tous ceux qui aiment
dames de grand prix, — car celui qui préfère le plaisir à l’honneur — n’a pas
en soi vraie connaissance. — On doit volontiers souffrir un grand mal, __
quand un grand bien et un grand honneur en peuvent naître. — Ce n’est
pour rien autre que le parfait amour me plaît ; — par lui je veux mon hon­
neur exhausser ; — et vous qui soutenez une opinion — qui ne vaut rien
vous faites en cela une grande faute.

IV. — Sire Renaud, celle-là sait plus en amour, — si vous voulez y bien
penser, — qui accorde à son ami ce qui lui est meilleur, — que ne
fait celle qui toujours lui retarde sa joie. —Aussi ne veux-je point telle [dame]
servir — auprès de qui je n’aurais que l’aller et le venir. — A vous de vous
en contenter, —, qui aimez mieux attendre que jouir. — Les Bretons se font
moquer d’eux — qui attendent leur Artur de la même manière.

22

Senher Jaufre, Artus non atent eu,
Qu’a tal ai dat e mon cor e ma via
Que sembla be que il aucis a greu
Neguna res qu’agues en sa bailia ;
45 E si me fai mal ni pena endurar,
No m’en dei ges per so desesperar,
Qu’aprop lo mal n’aurai ben tota via,
S’eu n’ai l’onor sivals al comensar.
Per so dei eu lo gran joi esperar
50 Que Deus mel don aissi com eu volria.

V

Senher Rainautz, per la fe que dei Deu,
Dit m’o avetz aissi com eu queria,
Quel jauzimen d’amor sion tut meu
E li maltrait a la vostra partia ;
55 E, car vezetz que no podetz als far,
Sabetz vos en avinen conortar,
E quant 0 vei no pose mudar non ria.
Oimais laissem nostra tenson estar.
Que be sab hom quais es melher d’amar,
60 Aquel que pren o aquel ques fadia.

VI

VII Amies Jaufres, mal sabetz rasonar
E semblant be que pauc sabetz d’amar,
Que fatz d’onor e d’amor ntei partia.

V. — Sire Geoffroy, Artur n’attends-je point, — car j’ai donné mon cœur
et ma vie à une dame — qui ne laisserait mourir — aucune personne en son
pouvoir. — Et si elle me fait endurer mal et peine, — je ne dois pas pour
cela me désespérer, — car après le mal viendra le bien, — puisque même au
commencement j’ai l’honneur. — Aussi dois-je espérer la grande joie [d’amour],
— et que Dieu me la donnera comme je la souhaite.

VI. — Sire Renaud, par la foi que je dois à Dieu, — vous avez bien parlé
comme je le désirais : — que les jouissances d’amour soient toutes miennes,
— et que les souffrances soient pour vous. — Et parce que vous voyez que
vous ne pouvez faire autrement, — vous savez agréablement vous en consoler.
— Quant à moi, vous voyant faire, je ne puis m’empêcher de rire. — Laissons
là désormais notre tenson, — car on sait bien quel est le meilleur en amour,
— celui qui prend ou celui qui s’abstient.
VII. — Sire Geoffroy, vous raisonnez mal — et il me semble que vous savez
bien peu aimer — vous qui faites d’honneur et d’amour mi-partie.

— 23 —
VIII Senher Rainautz, ja nous o quier triar ;
6 5 Mas quan vos platz que vos laissetz trufar,
Sin entendetz plus en filosofia.

VIII. — Sire Renaud, je ne vous les séparerai pas ; — mais puisqu’il vous
plaît de vous laisser tromper, — vous vous entendez mieux en philosophie
[qu’en amour].

NOTES ET VARIANTES

V. I. M. Seinhen (c.-à-d. Senher en) et de même 21, 41.
2. G. Qzze dos. — 5.1. E tal capenas.
10. G. en amor ; I. en lamor.
11. M. En Rambautz ; et de même 31. — mi soi.
14. Ni que samors mi t.
16-17 manquent dans M.
17. G.Jera.
18. M. ses leis.
19. M. Qe le garars lo met.
20. G. qui. M. quins... dautre.
21. M. Seinhen Jaufre (Artus non atent ieu.) son ges musador.
Le copiste, après s’être aperçu de son erreur et l’avoir corrigée, a
oublié d’effacer les mots que nous plaçons ici entre parenthèses.
Cf, v. 41.
22. M. donna.
23. M. de gran valor.
2 5. M. ben deu.
26. M. Qant en pot bes.
G. als mesura no.
28. M. sa honor enantir.
3o. G et I.fezes.
34. I. a cui sos j ois b. M. cui son joi li b.
35. I. que.
37. M. aquesta captenensa.
38. I et M. entendre. X. E rfamas.
39. M. si fan.

40. I et M. entendensa. Cf. ces vers de Bernard de Ventadour,
qui vont on ne peut mieux au propos de notre Geoffroy :
Servirs qu’om no gazardona
Et esperansa bretona
Fan de senhor escudier.

La littérature du moyen-âge abonde en allusions du même
genre à l’espérance que conservaient les Bretons de voir leur
Artur revenir un jour de l’île mystérieuse d’Avalon, où il avait
été transporté après sa dernière bataille et où la légende voulait
qu’il fût seulement endormi. Voy. là-dessus Du Gange sous Arturum expectare, et Raynouard Lexique roman, t. II, p. 129 et
25 5, aux mots Artus et Breto.
42. I. Caital.
43. I. aizis. M. (fane non traie nuilha ren desotz dieu.
44. I. que agues en b. M. Pos qe\ ella lavien sa b.
45. I. durar. M. ma pena endurar. X.mas riepena endurar.
47. G. aura.
50. M. lom don.
51-66. Manquent dans M.
51. G. dei eu.
52. I. querria.
53. I. son.
60. I. que fadia.
62. G. semblatz... sapchatz. I. semblan.
65. I. Mais ca. G. et I. laissatq, que peut-être il vaudrait
mieux conserver ; que, dans ce cas, serait le pronom relatif (fran­
çais qui). Cf. la note suivante.
66. G. en la folsifia. I. En folleteria. — Le sens de ces trois
derniers vers, bien qu’assez clair en gros, est un peu incertain
dans le détail. Aussi ne pouvons-nous donner notre traduction
comme assurée. Peut-être foïsifia, dans G, au lieu d’être un seul
mot, corruption de filosofia, est-il une phrase entière prise ici
substantivement, et faudrait-il écrire (en corrigeant lo ?) :
Sin entendetz plus en la (ou lo ?) fol[s] s’i fia.

Peut-être aussi folleteria de I devrait-il être préféré. Il est dif­
ficile de rien décider, dans l’ignorance où nous sommes des leçons
des autres manuscrits.

— 25 —

NOTE ADDITIONNELLE

Nous avons peut-être bien fait de ne pas accepter sans
réserves les assertions de Courcelles relativement à la longue vie
qu’il prête à Renaud de Pons junior. Un travail généalo­
gique publié en 1845 (1), dont nous n’avons eu connaissance
qu’après l’impression de la première feuille de notre notice, le fait
vivre seulement jusqu’en 1228 et lui donne pour fils aîné un autre
Renaud. C’est ce dernier, par conséquent, dans le système de l’au­
teur du travail en question, système plus vraisemblable que celui
de Courcelles, mais qui n’est malheureusement étayé d’aucunepreuve, c’est ce dernier, disons-nous, qui dut mourir en 1252 à la
Croisade. Si telle était bien la vérité, il n’y aurait plus aucun motif
de douter que Renaud junior n’ait été Renaud le troubadour, et ce
serait décidément en sa faveur qu’il faudrait faire pencher la ba­
lance que nous avions cru devoir tenir égale entre son oncle et lui.
Quoiqu'il en soit, voici, accru seulement de la ligne initiale, le
tableau dressé par le prince de Ponts-Asnières. On remarquera
que le Renaud Ier de ce dernier est le Renaud II de Courcelles,
celui-ci donnant le n° 1 à un Renaud de Pons qui vivait en
1067, et qui est pour lui en même temps le premier des sires de
Pons. Nous indiquons d’ailleurs en note les divers points sur
lesquels Courcelles diffère du prince de Ponts-Asnières.

(1) Document sur la question de savoir si les anciens sires de Pons défaillis
en ligne directe dans la personne d’Antoine ( 1586) étaient représentés alors
par quelques branches légitimes formées au XVIe s. par le prince de PontsAsnières, marquis de la Chataigneraye. Paris, Firmin Didot, 1845.

(1) D’après Courcelles, Geoffroy III, 5e sire de Pons, les précédents ayant
été Renaud Ier, Geoffroy Ier, Geoffroy II, et Pons 1er.
(2) Pons eut quatre autres fils d’après Courcelles. L’un d’eux fut Pons de
Pons, élu évêque de Saintes en 1216, le même que le pape Honorius III
accusait, dans sa lettre à l’évêque d’Angoulême dont on a lu plus haut un
extrait, d’être de connivence avec son frère Renaud dans l’affaire de Merpins.
(3) Le Renaud II de Courcelles. Rainguet lui donne, comme le prince de
Pons, le n" 1 (voir ci-dessus la note 2 de la page 8) et il fait aussi deux
personnages (Renaud Ier et Renaud II) de l’unique Renaud (II) de Courcelles.
(4) Courcelles en fait deux personnages distincts, donnant Pontus pour
successeur à Geoffroy. L’auteur de l' Exposé des preuves relatives à l’origine
et aux droits honorifiques de la maison des seigneurs d'Asnières (1827) fait de
Pontus de Asneriis (il ne parle pas de Geoffroy de Asneriis, ni comme person­
nage distinct de Pontus ni comme identique au même Pontus) le fils de
Renaud senior dit le Paumier, et conséquemment le cousin, et non, comme
le veut l’auteur du mémoire de 1845, le fils de Renaud junior.

(5) Absolument confondu par Courcelles (à tort ou à droit) avec le précé­
dent. Par suite, c’est ce dernier qui, chez lui, a pour fils Geoffroy II (chez lui
IV), Renaud, Raymond et Pons. Courcelles oublie Renaud dans son tableau,
mais il le nomme au cours de la notice, à propos de l’acte de 1238 concer­
nant l’abbaye de la Frenade que nous avons mentionné nous-même.

ERRATUM

Page 6, ligne 20, lire : le IIe du nom.

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