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QUELQUES MOTS
SUR
UN OUVRAGE
D’UN PÉRIGOURDIN
Couronné par l'Institut dans sa Séance du 25 Octobre 1854,
ET QUELQUES MOTS
SUR L’HISTOIRE DU PÉRIGORD.
PÉRIGUEUX,
IMPRIMERIE DUPONT ET C«, RUE TAILLEFER.
1854.
G. P
J3/)S
^2
Extrait du journal l’Écho de Vésone du 13 novembre 1834,
augmenté d’une rectification.
QUELQUES MOTS
SUR
UN OUVRAGE
D’EN PÉRIGOURDIN
Couronné par l’Institut dans sa séance du 25 octobre 1854,
ET QUELQUES MOTS
SUR L’HISTOIRE DU PERIGORD.
Le Périgord a toujours fourni son contingent d’hommes
remarquables; il n’a rien à envier aux autres provinces
sous ce rapport. Guerriers, diplomates, ministres d’état,
philosophes, littérateurs, savants, artistes, rien ne lui man
que. En 1803, l’œuvre d’un de ses enfants, Maine de Biran,
philosophe spiritualiste et profond métaphysicien, fut cou
ronnée par l’Institut. Aujourd’hui, en 1854, l'Institut, dans
sa séance du 25 octobre, vient aussi de couronner l’ouvrage
d’un autre enfant du Périgord, ayant pour titre : Etudes sur
l’origine et là formation du Roman (idiome du midi de la
France) et de l’ancien français (idiome du nord), par M. L.
Dessalles ; manuscrit in-folio de 300 pages. Le nouveau lau
réat, M. Léon Dessalles (du Bugue), employé à la section his
torique des Archives générales de l’Empire, à Paris, depuis
1832, est un dé ces hommes laborieux qui, en remplissant
avec zèle et exactitude les devoirs de leur état, consacrent
— 4 —
entièrement les moments qui leur restent à la littérature et
à des recherches pénibles sur l’histoire de leur patrie ; un de
ces hommes studieux qu’animent à la fois l’amour de la
science historique et l’amour de la contrée natale.
Tel est, en deux mots, l’écrivain périgourdin qui, déjà
depuis long-temps, occupe un rang distingué dans le monde
savant.
Plusieurs journaux, notamment celui des Débats, s’étant
occupés du nouvel ouvrage de notre compatriote qui vient
d’obtenir le prix de l’Institut, nous allons essayer, à noire
tour, d’en parler aussi, en nous aidant des renseignements
qui ont été publiés et de ceux que nous avons pu recueillir
nous-même. Préalablement, nous entrerons dans quelques
détails qui, bien que décousus, seront peut-être vus avec
plaisir par ceux de nos lecteurs Périgourdins qui ne les con
naissent pas encore.
Et d’abord, nous venons de dire nouvel ouvrage, parce
que déjà, en 1852, un autre travail de M. Dessalles, dont
nous parlerons plus bas, avait été couronné par une des
principales académies de province.
Guidé par le désir d’être utile, qui fut le mobile de toute sa
vie, le savant Volney (membre de l’Académie française et
mort en 1820), partant de cette vérité, que les différents
signes du langage doivent représenter les différents sons,
avait conçu le projet d’un alphabet unique. L’idée de rap
procher des nations séparées par des distances immenses et
par des idiomes si divers, dit un de ses biographes, n’avait
pas cessé de l’occuper pendant vingt-cinq ans. (Voyez la Bio
graphie universelle, t. 49, article Volney.) Ses nombreux et
importants travaux sur l’étude des langues, une de ses études
chéries, sont connus de tous les savants. On y voit que la
pensée de toute sa vie était d’être utile aux hommes par les
progrès de la science. Aussi a-t-il craint môme que ses essais,
dont il avait entrevu l’utilité, ne fussent interrompus après
lui ; et, dit encore le même biographe, de la main glacée
dont il corrigeait son dernier ouvrage, il a tracé le testament
par lequel il fondait un prix annuel de douze cents francs pour
la continuation de ses travaux.
C’est ce prix de linguistique, fondé par Volney, que l’Insti
tut vient de décerner à M. Dessalles.
Nous observerons ici que, d’après l’intention de l’illustre
fondateur, le but de ce prix était primitivement la recherche
d’un Alphabet universel. Mais cette question n’ayant pas été
traitée pendant plusieurs années, l’Institut prit le parti de
la modifier, et crut rentrer dans les idées du fondateur en
faisant appel à tous les travaux de linguistique, pourvu qu’ils
eussent au moins pour objet le rapprochement de deux
langues. II est d’ailleurs permis aux auteurs de choisir euxmêmes leur sujet et de le traiter comme ils l’entendent. Les
ouvrages imprimés ou manuscrits sont également admis au
concours; mais une fois seulement.
Cette année, huit ouvrages avaient pris part au concours.
Pour compléter ces détails, nous ajouterons que la com
mission qui juge le concours se compose de sept membres :
trois de l’Académie des inscriptions et belles-lettres, trois de
l’Académie française, et un (le secrétaire perpétuel) de l’Aca
démie des sciences.
L’ouvrage de M. Dessalles, qu’il avait bien voulu nous
communiquer pendant notre dernier séjour à Paris, et quel
ques jours avant de le déposer à l’Institut, se divise en deux
parties. Dans la première, qui remonte pour ainsi dire jus
qu’à l’occupation des Gaules par les Romains, il examine la
marche dégénérescente du latin et sa décomposition pro
gressive jusqu’au vin0 siècle. II pose en fait que tous les
mots qui ont concouru à la formation de nos deux idiomes,
quelle que soit leur origine, ont commencé par revêtir une
forme latine, plus ou moins régulière, avant de passer dans
ces idiomes.
La seconde partie a pour objet la transformation du latin,
le dégagement en commun des nouveaux idiomes, leur déve
loppement progressif et simultané, leurs tendances respectives
à l’individualité, leur séparation complète et leur constitution
définitive au xie siècle.
Dans cette partie, la plus importante de son travail, notre
savant compatriote analyse à fond tous les anciens textes
connus : les serments de 842 d’abord, et puis pour le nord,
la Prose de Ste-Eulalie et le fragment de Valenciennes ; pour
le midi, plus particulièrement, le Fragment de poème sur
Boèce, et pour le centre, le Poème de la Passion de J.-C. (Tous
ces documents ne dépassent pas la fin du xe siècle.) Il les
décompose minutieusement, et explique, avec le plus grand
soin, la nature des éléments dont ils se composent. Il a
constaté, de la sorte, que tous ces textes sont mixtes et
participent plus ou moins du Roman ou de l’ancien français,
suivant le pays d’où ils proviennent. Selon lui, les textes
purs de l’un ou de l’autre idiome ne remontent pas au-delà
du xi’ siècle.
Pour compléter la démonstration qu’il a faite du dégage
ment en commun des deux idiomes et de leur solidarité
d’élaboration, notre auteur fournit une série de tableaux où
les différentes parties du discours, dans l’un et l’autre idiome,
apparaissent successivement avec leurs formes de transition
et leurs modifications progressives jusqu’à leur entier déve
loppement. Cette partie de son ouvrage est sans doute la
plus remarquable, la plus saisissante, et celle qui a le plus
de valeur, suivant le rapport de la commission de l’Institut.
— 7 —
Ce travail, qui atteste une grande connaissance des textes
et une véritable sagacité grammaticale, ainsi que l’a pro
clamé le même rapport de l’Institut, va être incessamment
livré à l’impression. Il forme, à lui seul, la valeur d’un fort
volume in-8°, lequel sera suivi d’un second volume qui com
prendra le mémoire couronné en 1852, par l’académie des
sciences, inscriptions et belles-lettres de Toulouse, sur cette
question : quelle, a été l'influence de la littérature française
sur la littérature romane *, précédé de recherches destinées
à faire connaître l'influence des événements politiques et re
ligieux sur les deux littératures, et sur la manière dont se
produisirent les Chansons de Geste ou épopées chevaleres
ques, qui depuis long-temps sont l’objet de controverses
très animées entre les érudits.
Cet autre travail de M. Dessalles, pour lequel il obtint
le grand prix de littérature (médaille d’or de 500 fr. 2), ser
vira de continuation à celui qui vient d’être couronné par
l’Institut. 11 commence au xie siècle et s’étend jusqu’à la fin
du xve. Los deux ouvrages réunis auront un titre général que
nous ne connaissons pas encore.
Nous terminerons ici ce que nous avions à dire de ce tra
vail sur les langues du moyen-âge, fruit d’une profonde éru
dition et de longues et patientes recherches. On verra un peu
plus bas les motifs qui le firent entreprendre.
« Trente-sept départements, dit un contemporain, parlent
» une langue inconnue à première audition, barbare même,
1 Telle est la rédaction primitive de cette question. Elle parait
étrange au premier coup-d’œil ; mais elle ne Test pas autant qu’on
pourrait le croire. C’est donc par erreur qu’elle a été ainsi rapportée
dans Y Echo île Vésone : Quelle a été l’influence de la littérature ro
mane sur la littérature française?
- Voyez YEcho de Vésone du 13 juin 1832.
— 8 —
» et que les masses, qui s’arrêtent toujours aux impres» sions superficielles, ont flétrie depuis des siècles du nom
» de patois. » D’innombrables dialectes sont aujourd’hui ce
qui nous reste de la langue romane ou du Roman, à jamais
illustrée par les troubadours, que nos pères ont parlée pen
dant plus de huit siècles, et qn’on doit regarder comme
le passage de la langue de Virgile à celle de Racine et de
Fénelon. Bien que corrompu, ce langage national du midi de
la France s’est, pour ainsi dire, plus ou moins perpétué jus
qu’à nos jours ; et, à cet égard, nous rapporterons ici ce
qu’écrivait, en 1841, un homme dont la modestie égale le
savoir, un homme que la ville de Périgueux est orgueilleuse
de compter au nombre de ses citoyens, et que l’histoire
pourra surnommer un jour le Du Cange du Périgord : « En
» Périgord, il y a un siècle, on ne parlait généralement que
» patois ; seulement, les personnes un peu instruites savaient
» le français, et s’en servaient au besoin. » Nous croyons pou
voir ajouter qu’il en était de même dans presque tout le
midi de la France.
De très nombreux documents écrits en langue romane exis
tent encore ; conservés avec le plus grand soin, ils sont aujour
d’hui de précieux matériaux littéraires et historiques.
Ecrivain sérieux, d’une profonde instruction, et animé
du patriotisme le plus pur, M. Dessalles, depuis longues an
nées, travaille à une histoire générale de l’ancienne pro
vince de Périgord, aujourd’hui département de la Dordogne.
Beaucoup de nos lecteurs connaissent sans doute le remar
quable rapport qu’il adressa au préfet de ce département, en
1842, sur les archives de l’ancien comté de Périgord, con
servées à Pau, chef-lieu du département des Basses-Pyrénées.
Dans cette brochure de 84 pages, notre savant paléographe
— 9 —
nous donne d’intéressants détails sur ses travaux relatifs à
l’histoire de notre pays. Mais il est aussi une autre pièce, non
moins intéressante et plus ancienne, car il y aura bientôt
dix-huit ans qu’elle a été écrite, qui nous apprend, de la ma
nière la plus distinguée, l’origine de la noble et glorieuse
entreprise de notre laborieux compatriote.
Bien qu’imprimé, ce document est aujourd’hui peu connu.
Mais nous, et d’autres aussi sans doute, nous ne l’avons pas
oublié. 11 y a quelques années, en dépouillant la collection
volumineuse du journal l'Echo de Vésone, pour un travail
auquel nous consacrons tous nos instants, nous le transcrivî
mes textuellement. En le reproduisant, nous espérons être
agréable à nos lecteurs et à tous nos compatriotes.
Voici cette pièce :
« A Monsieur le rédacteur de YEcho de Vésone.
» Paris, 9 janvier 1857.
» Monsieur le rédacteur,
» Je lis peu les journaux, et ce n’est que par mon père,
» qui vient de me l’écrire, que je sais que vous avez eu la
» complaisance de faire connaître l’offrande que j’ai faite à
» la bibliothèque de Périgueux du Mystère de Saint-Crépin
» et de Saint-Crépinien. Vous ne trouverez donc pas éton» nant que je ne vous aie pas plus tôt offert mes remercî» ments. Mais pourôtre tardifs, ils n’en sont pas moins sin» cères. J’ose donc espérer que vous voudrez leur faire bon
» accueil ; comme aussi je compte sur votre obligeance pour
» rendre publiques quelques explications que j’ai cru devoir
» vous donner au sujet de ce que vous avez annoncé concer» nant mon travail sur l'Histoire du Périgord.
» Votre annonce bienveillante n’est pas tout-à-fail exacte.
» Je m’occupe, en effet, d’une histoire générale du Périgord,
» mais je suis loin de loucher à sa fin. Les circonstances qui
» se rattachent à ce dessein, et la manière dont je prétends
» l’exécuter, ne me permettent même pas encore de fixer
» d'une manière exacte l’époque précise où je pourrai sou» mettre au jugement de mes concitoyens le résultat de mes
» recherches et de mes études. Ce que je puis dire pour
» le moment, c’est que je veux faire un travail complet,
» ayant pour base tous les titres originaux existant encore,
» et le nombre en est grand. Telle est, en effet, la tâche
» que je me suis imposée, que, quoique j’aie déjà extrait ou
» copié en entier plus de 4,000 chartes, c’est à peine si j’en
» ai extrait ou copié le tiers. 11 est vrai toutefois de dire que
» les recherches préliminaires auxquelles j’ai dû me livrer
» sont à peu près terminées, ce qui avance de beaucoup le
» travail qui me reste à faire; mais j’aurai encore une foule
» de livres à dépouiller, et ce ne sera qu’après avoir réuni
» tous ces matériaux que je m’occuperai de la rédaction.
» Maintenant que vous connaissez ma manière de procé» der et l’état où en est mon travail, je pense qu’il convient
» que je vous fasse connaître quelles sont les circonstances
» qui m’ont conduit à m’imposer une tâche de celte impor» tance.
» En 1826, il s’établit entre M. Raynouard et moi des rap» ports de tous les instants ; j’eus le bonheur d’être appelé à
» travailler sous sa direction. Il s’occupait alors du classen ment des matériaux qu’il avait recueillis pour la com» position du Lexique Roman, dont le premier volume a
» paru dans les premiers mois de 1836. L’étude de la langue
» romane, indépendamment du charme quelle m’offrait par
» elle-même, me démontra son importance non-seulement
» pour acquérir une connaissance exacte des mœurs et des
» usages du ïnoyen-âge, mais encore pour apprécier et com» prendre les idiomes et les divers dialectes du midi de
» l’Europe, et surtout pour arrivera l’étymologie, sinon com» plète, du moins de la plus grande exactitude, pour une
» foule de noms de lieux dont on a jusqu’à ce moment
» cherché l’origine partout où elle ne pouvait pas se trouver.
» En 1832, sans interrompre mes relations avec M. Ray» nouard, j’obtins une place aux archives du royaume. Dès
» ce moment, le projet de m’occuper de l’histoire du Péri» gord, que j’avais déjà conçu en faisant connaissance avec
» nos troubadours, devint une idée fixe. À peine en fonctions,
» je vis une vaste carrière se développer devant moi, et j'y
» pénétrai sans hésitation. J’abordai franchement toutes les
» difficultés, et, au milieu des débris du passé, je distin» guai bientôt une foule de détails, de renseignements pré» cieux sur les événements accomplis de notre pays et sur
» les diverses localités auxquelles ces événements se ratta» chent. Là dormaient pêle-mêle, sans ordre et presque dans
» l’oubli, les vieux litres de nos municipalités, nos fran« chises, nos immunités, les chartes de fondation de nos
» bastilles, etc., etc. J’ai tout recueilli, j’ai tout classé.
» Simple employé, je ne dispose ni de beaucoup de temps
» ni de beaucoup de ressources ; j’ai la ferme volonté de faire.
» Du reste, ce travail ne sera jamais pour moi un objet de
» spéculation. Ce qui me guide, c’est le désir que j’ai de ven» ger mon pays de l’oubli où les historiens semblent s’être
» accordés à le laisser.
» Une chose surtout que j’éviterai dans cette histoire, ce
» sera d’adopter plutôt tel système que tel autre. Je racon» terai les faits, en les groupant selon le cours des événe» ments, et j’aurai soin de ne rien avancer sans preuve. Je
» n’admets et n’exclus rien, parce que je veux avoir la fa-
— 12 —
» culté de prendre partout où je trouverai qu’il y aura à
» prendre pour arriver à la connaissance de la vérité.
» Agréez, etc.
L. Dessalles. »
Celte lettre remarquable sous tant de rapports ne saurait
être séparée des réflexions, non moins remarquables, dont
la lit suivre le rédacteur de YEcho de Vésone, Auguste Du
pont, qui, lui aussi, aimait et savait honorer son pays. Les
voici :
« C’est avec une vive satisfaction que nous accueillons dans
» notre feuille la lettre, si rassurante pour l’intérêt liistori» que de notre pays, que notre jeune et savant concitoyen
« a bien voulu nous adresser. Tous nos lecteurs s’associc» ront à l’œuvre de conscience et de pénible labeur que s’est
» imposée l’auteur de l'Histoire générale du Périgord. A une
» époque où tant de jeunes littérateurs se donnent le mé» rite facile et toujours si attrayant d’exploiter les goûts et
» les caprices du moment par des peintures qui ne parlent
» qu’à l’imagination et au cœur, et qui passeront sans laisser
» de traces, comme les sujets éphémères qui les inspirent,
» il y a vraiment du mérite à se condamner à un travail long,
» ardu, solide, mais sans éclat, comme celui qu’a entre» pris M. Dessalles. Nous ne saurions que l’encourager dans
» l’accomplissement de sa tâche toute patriotique, et nous
» osons lui promettre d’avance un succès d’autant plus du» rable et digne de lui, que ses travaux reposeront sur des
» documents précis, et seront par conséquent dépouillés de
» la partie conjecturale qui domine dans la plupart des ouvra» ges publiés jusqu’ici sur le Périgord. »
(Extrait de YEcho de Vésone du 5 février 1837.)
Depuis celte époque, M. Dessalles s’est toujours occupé
de son histoire du Périgord; et, ainsi que nous le disions
— 13 —
dernièrement *, le nombre des pièces qu’il a recueillies ou
analysées pour ce grand et important travail s’élève aujour
d’hui à vingt-deux mille ! Toutefois, et comme chacun le
sait, notre savant compatriote ne s’est point borné à colliger
sur le Périgord et à son travail sur les langues du moyenâge. Parmi ses nombreuses publications littéraires et scien
tifiques, nous allons indiquer ici sommairement celles qui
sont relatives au Périgord, afin que nos jeunes compatriotes,
qui s’intéressent à l’histoire de leur patrie, puissent les trou
ver plus facilement. En voici la liste par ordre chronolo
gique :
1859.
1. Essais sur les troubadours Périgourdins , ou de la réputa
tion DES ÉCOLES DU PÉRIGORD AUX XIe, XIIe ET XIIIe SIÈCLES
(notice formant quatre feuilletons de l'Echo de Vésone).
1840.
2. Bertrand de Born (notice formant deux feuilletons de l'Echo de
Vésone).
3. De l’agriculture (notice de 16 pages, insérée dans les Annales
agricoles et littéraires de la Dordogne).
1841.
4. La confiscation du duché de Guienne (notice de 22 pages
insérée dans le même recueil).
1842.
3. Les pastoureaux de 1520 (notice de 22 pages insérée dans le
même recueil).
G. Le procès de Robert d’Artois et ses suites (notice de 21 pages
insérée dans le Calendrier administratif de la Dordogne).
1 Voyez, dans l’Echo de Vésone du 23 août 1834, notre article
bibliographique sur le Livre noir des archives de l’hôtel de ville
de Périgueux.
7. Rapport au préfet du département de la Dordogne sur les
archives de l’ancien comté de Périgord (brochure in-8 de 84
pages).
1843.
8. Seguin de Badefoi. (notice de 13 pages insérée dans les Annales
agricoles et littéraires de la Dordogne).
9. Un épisode de l’histoire de la ville de Périgueux (notice de
22 pages insérée dans le même recueil).
10. L’Hôpital de Montpon (notice de 15 pages insérée dans le Calen
drier administratif de la Dordogne).
1844.
11. Notice historique sur le cardinal de Périgord (article de 51
pages inséré dans le Calendrier administratif de la Dordogne).
12. Les Arciiiprêtrés du Périgord (notice de 29 pages insérée
dans les Annales agricoles et littéraires de la Dordogne).
1845.
13. Notice sur Aimar de Ranconnet (article de 24 pages inséré
dans le Calendrier administratif de la Dordogne).
14. Notices historiques sur Périgueux, Brantôme, Bourdeili.e,
Excideuil, Bergerac, Sarlat, Terrasson, le Bugue, Monti
gnac , Nontron et Ribeyrac (article de 21 pages grand in-8
inséré dans le tome 2 de YHistoire des villes de France).
1846.
13. Notices biographiques sur Pierre Itier et Christophe de Rouffignac (article de 20 pages inséré dans le Calendrier admi
nistratif de la Dordogne).
16. Le Périgord et ses limites (notice de 20 pages insérée dans les
Annales agricoles et littéraires de la Dordogne).
1847.
17. Notice historique sur Jean de Ciiambrillac (article de 16 pa
ges inséré dans le Calendrier administratif de la Dordogne).
— 15 —
18. Périgueux et les deux derniers comtes de Périgord, ou Histoire
DES QUERELLES DE CETTE VILLE AVEC ARCHAMBAüD V ET ARCHAMbaud VI (volume in-8 de 493 pages, dont 349 pour le texte et
444 pour les preuves et la table).
1848.
19. Notice biographique sur Arnaud de Cervole, dit l’Archiprêtré
( article de 25 pages inséré dans le Calendrier administratif de
la Dordogne).
Tous ces ouvrages, dont nous parlerons plus au long dans
la Bibliographie historique du Périgord qui fera suite à notre
Histoire de la ville de Périgueux, sont précieux par l’exacti
tude des recherches et les détails curieux qu’ils renferment.
Voué au culte de la vérité, leur auteur est aussi distingué
par l’impartialité de ses jugements que par sa grande érudi
tion. Connu depuis long-temps dans le monde savant, M. Des
salles fut nommé membre de la Société royale des antiquaires
de France, à l’unanimité des suffrages, en mars 1842 h Au
jourd’hui, ses nombreux amis et ses compatriotes applaudis
sent au brillant triomphe qu’il vient d’obtenir, et dont l’hon
neur doit rejaillir sur le département de la Dordogne. Puisset-il bientôt accomplir la glorieuse tâche qu’il s’est imposée de
retracer les annales de son pays! Puisse-t-il, dans un avenir
rapproché, nous donner YHistoire générale du Périgord, qui
restera comme un monument de persévérance, de talent, de
savoir et de patriotisme ! Et puissions-nous enfin, pour l’hon
neur des enfants du Périgord, ne plus entendre dire qu’wn
pareil travail est impossible !
En terminant ces lignes, faibles de style, mais qui partent
du cœur, qu’il nous soit permis de dire ici qu’avant peu, si
Dieu nous prête vie et protège notre zèle patriotique, nous
1 Voyez YEcho de Vésone du 23 mars 1842.
— 16 —
parlerons en détail des hommes célèbres et des personnages
historiques que le Périgord a produits, et que nous n’avons
fait qu’énumérer sommairement en commençant cet article.
Nous dirons aussi quelques mots des vivants. Bien qu’il faille
attendre, comme dit un ancien axiome, la mort d’un homme
pour décider si sa vie fut honorable, à notre avis on a gran
dement tort d’attendre souvent la mort de cet homme pour
rendre hommage à ses talents et surtout à ses vertus. Aussi,
pénétré de ce sentiment de reconnaissance, nous croyons
qu’il est du devoir de l’historien, ou du chroniqueur qui s’oc
cupe de l’histoire d’une ville ou d’un pays, de s’occuper aussi
non-seulement des anciens hommes célèbres que cette ville
a produits, mais encore de ceux des glorieux contemporains
qui ont aussi reçu le jour dans son sein, et dont le nom doit
aller honorablement à la postérité.
Edouarb-Leymar
Périgueux, Dupont et C,