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Médias

Fait partie de La Stéréotypie perfectionnée et son véritable inventeur

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LA STEREOTYPIE
PERFECTIONNÉE,

SON VÉRITABLE INVENTEUR.

Chaque siècle pose un problème à résoudre et convoque
à cette œuvre les hommes observateurs, laborieux, patiens.
Grâce à leurs persévérantes investigations et à la puissance
de leur instinct divinateur, la solution ne se fait pas long­
temps attendre. Lorsqu’au quinzième siècle, l’esprit humain
élargissant de plus en plus le cercle de ses relations intel­
lectuelles , il fallut trouver un moyen plus prompt, moins
coûteux et moins fragile que l’écriture pour populariser
les trésors de science amassés pendant le moyen âge, l’im­
primerie naquit; mais , connue cette admirable découverte
qui suffit à elle seule pour illustrer un siècle, une ville et
un homme, ne fit que rendre plus rapides les progrès
de l’intelligence, l’art typographique exigea de nou-’
veaux perfectionnemens, de là les presses à la mécanique,
à la vapeur , de là la stéréotypie. Ce dernier procédé vient
rendre à notre époque les mêmes services qu’a rendus, il y
a quatre cents ans, l’art de l’imprimerie ; il procure une éco­
nomie de temps à l’ouvrier, d’argent à l’acheteur; enfin il
éternise ce qui a été composé une fois en caractères mo­
biles, de même que la composition typographique a pré­
servé de la destruction de précieux et fragiles manuscrits.

( 2)
L’inventeur de ce nouveau procédé de stéréotypage, au
moyen duquel on peut, en moins d’une demi-heure,
prendre l’empreinte d’une page et la couler, est M. DuroUchail. Malheureusement le mérite n’est pas toujours
récompensé de ses efforts, il ne peut échapper à la honteuse
cupidité du plagiat ; on lui vole impudemment sa gloire ache­
tée par tant de sueurs, par tant de laborieuses tentatives.
Obligé de s’adresser à un tiers pour utiliser sa découverte,
il n’est que trop souvent victime d’une indiscrétion, d’un
manque de bonne foi, d’un amour effréné de gain qui
s’exerce à ses propres dépens. Son secret est divulgué, chacun
s’en empare, l’exploite à son profit, et l’homme indus­
trieux qui a enrichi son pays de l’inestimable résultat de
ses longues et précieuses recherches se trouve cruellement
blessé dans ses intérêts, dans son honneur ; son nom est
oublié avec une noire ingratitude, ou passé sous silence
avec une coupable affectation ! et cela au mépris d’une sti­
pulation formelle et légale, par laquelle on s'engageait à
mettre le nom de l'inventeur sur tous les ouvrages impri­
més par son procédé.
Mais, dira-t-on, les tribunaux sont là pour faire exécu­
ter les conventions et les engagemens solennellement con­
tractés. Eh ! qui ne sait que l’homme laborieux et entière­
ment occupé de travaux utiles préfère avant tout le repos
qui lui permet d’acquérir de nouveaux titres à la reconnais­
sance de son pays ? Qui ne sait combien il répugne à un
esprit à peine remis des déceptions, des tentatives infruc­
tueuses, du découragement et des fatigues de toute espèce qu’il
lui a fallu surmonter avant d’arriver à la découverte de son
procédé, d’aller devant la justice en réclamer la possession,
lutter contre des adversaires souvent puissans et toujours

(3 )
prêts à prolonger et à compliquer l’enquête judiciaire ?
Aussi M. Durouchail dont le désintéressement n’a de
comparable que le mérite de son invention , a-t-il fait
bon marché des réclamations pécuniaires qu’il serait
en droit d’exiger; mais il est un point sur lequel il
n’aurait point dû céder aussi facilement. Pourquoi a-t-il dif­
féré si long-temps de rappeler ses droits et son souvenir à
ses concitoyens, et surtout aux hommes les plus capables de
l’apprécier ? Il fallait qu’il flétrît au tribunal de l’opinion
publique la flagrante usurpation dont il a été la victime; il
fallait que ceux qui n’ont pas craint de s’en rendre cou­
pables , ne trouvassent point dans son silence un brevet
d’impunité. C’est un devoir qu’un de ses parens indi­
gné du tort fait à sa réputation vient remplir pour
lui. Mais auparavant il a cru qu’il n’était pas inutile,
pour l’éclaircissement de la question, de rappeler suc­
cinctement les divers procédés de stéréotypage primi­
tivement employés par MM. Didot et Herhan, ainsi que
les tentatives d’Hoffman. C’est en appréciant avec jus­
tesse, et en constatant l’état de l’art stéréotypique avant
la découverte de M. Durouchail, que les lecteurs impar­
tiaux se trouveront en état de comprendre l’importance du
nouveau pas qu’il a fait faire à la stéréotypie.

ORIGINE DE LA STEREOTYPIE ET DU CLICHÉ.

Les ouvrages ne s’écoulent pas toujours rapidement ; il
en est, et ce sont en général les meilleurs, dont le débit,
quoique assuré , ne s’opère qu’avec lenteur ; il fallait donc

(4)

chercher les moyens d’éviter la multiplicité des éditions. La
première pensée qui vint à l’esprit fut de conserver les
planches toutes composées; mais alors le plomb demeurant
sans emploi et par conséquent improductif, l’imprimeur ré­
clamait une forte indemnité. Quelques établissemens possé­
dant des fonds considérables et une grande quantité de ca­
ractères, pouvaient seuls en laisser une partie oisive. Jordan
assure dans son Voyage littéraire que cela se pratiquait à
Halle dans la typographie des Orphelins; mais d'autres mai­
sons ayant voulu faire la même tentative s’y ruinèrent. De
nos jours, M. Firmin Didot étant à la fois fondeur, impri­
meur et éditeur, a pu imprimer des tables de logarithmes
avec des caractères mobiles qu’il a soudés ensemble , et qui
lui ont fait l’usage d’une forme stéréotype. C’était là tourner
la difficulté et non la vaincre.
L’invention de la stéréotypie attribuée à l’Ecossais Ged
appartient réellement à la France, et remonte, selon Lottin,
à la fin du dix-septième siècle. Toujours est-il qu’avant 1735,
l’imprimeur Valleyre imprima, par un procédé stéréotype,
le calendrier d’un livre d’heures. Voici quel était ce procédé:
La page une fois composée en caractères mobiles, on l’en­
fonçait du côté de l’œil de la lettre dans une masse d’argile
ou de cuivre sur laquelle on coulait du cuivre. Mais cet
essai est fort imparfait, les arêtes des caractères ne sont
pas vives, la surface de la plupart est arrondie, quelques
uns même sont cassés. De 1725 à 1739, un orfèvre écossais,
nommé Ged, imprima par le même procédé un petit
Salluste : l’exécution est fort ordinaire. En Allemagne on
fit aussi quelques tentatives, mais plus compliquées et moins
heureuses encore.
En 1783, Hoffman, Alsacien, se prévalant des essais de

( 5 )

Ged et d’une observation faite par Darcet en 1770 sur
quelques alliages métalliques qui ont la propriété de se ra­
mollir et même de fondre et de couler dans l’eau bouil­
lante , cherche à étendre le domaine de la stéréotypie. Voici
comment il décrit la réunion de ses procédés ( Mém. mss.
de 1792 ) : « Une planche composée en lettres mobiles par
la méthode des imprimeries ordinaires me servait à faire
une empreinte dans une terre grasse, ramollie, mêlée de
plâtre* et apprêtée avec une colle gélatineuse formée de si­
rop de gomme et de fécule de pomme de terre. Cette em­
preinte devenait une matrice dans laquelle une composition
de plomb, d’étain et de bismuth , pressée dans le moment
du refroidissement, donnait des tables qui exprimaient en
relief les caractères de l’imprimerie qui avaient servi à faire
la matrice. »
Hoffman imprima par ce procédé les Recherches histo­
riques sur les Mau res, par de Chenier, qui ont paruen 1787,
3 vol. in-8° Cette impression, presque aussi défectueuse
que celle de Valleyre, a l’inconvénient d’être extrêmement
coûteuse et très longue. Le moule formé de terre grasse,
mêlée de plâtre et apprêtée avec une colle gélatineuse , se
brisait le plus souvent au moment de la pression ; aussi
était-il obligé de faire plusieurs moules pour la même page.
Les tentatives d’Hoffman, quoique leur succès fût mé­
diocre , excitèrent cependant une émulation générale.
Pierres, imprimeur à Versailles, essaya, sans pouvoir y
réussir, à couler de la matière de caractères dans des moules
de sable; Prugeron, habile mécanicien , proposa pour ser­
vir d’empreinte une composition de talc, plâtre, argile,
tripoli de Venise, sable des fondeurs (voir le Manuel de
l'imprimerie par Momoro ). Nous arrivons maintenant aux

4

( 6 )

divers procédés qui ont reçu le nom de clichés (i). Quelques
cahiers du journal polytype d’Hoffman étant tombés entre
les mains de M. Carez, imprimeur à Tord, il conçut le
projet de perfectionner cet art nouveau. En conséquence, il
remplaça les moules en argile par du métal chaud, et essaya
successivement de se servir de plomb, d’étain et de différens
alliages ; mais tantôt la matière trop chaude attaquait les ca­
ractères , tantôt elle ne se détachait qu’avec peine des boîtes
où on l’avait versée ; souvent les caractères étaient mal for­
més, et toujours on éprouvait une peine extrême à séparer
la planche des caractères mobiles de celle qui recevait l’em­
preinte en creux. Enfin, après de longs tâtonnemens, Carez
imagina de frapper un coup vif à l’aide d’un bloc de bois
attaché à une bascule qu’il laissait tomber sur le métal en
fusion ; mais il fallait trouver le point convenable de la fu­
sion pour que l’empreinte fut reçue, conservée, et que le
métal pût se détacher de la planche-matrice. En résumé ce
procédé était encore plus long et plus coûteux que celui
d’Hoffman. Mais ce fut surtout lors de la fabrication des
assignats que les essais se multiplièrent. On obtint assez
facilement un polytypage satisfaisant, mais il n’en fut pas
de même du stéréotypage. Le moulage d’Hoffman ne don­
nait plus une impression assez nette : on eut recours aux
matrices de métal et à l’action du clichoir qui fut inventé
par Passai.
Le peu de succès obtenu par le moulage porta Lavoisier à
proclamer publiquement que, quelques tentatives que l’on
fît pour se procurer des pages avec des pâtes, mastics ou
(1) Ce mot est d’origine allemande : la vient du verbe abklaschen ,
donner une claque.

I

( 7 )

autres compositions dont on s’était servi pour faire des
matrices, on ne pourrait jamais y parvenir d’une manière sa
tisfaisante ; qu’il fallait trouver un moyen de faire des ma­
trices en métal, qui, seules, pouvaient reproduire la pureté
et le vif de l’œil de la lettre, M. Firmin Didot fut invité à
tenter un pareil essai ; en conséquence il composa une
forme de caractères mobiles dont le métal avait été préparé
pour acquérir la force de densité nécessaire : il obtint ainsi
une planche-matrice de plomb propre à imprimer.
Nous ferons ici une remarque sur la marche de l’esprit
humain dans le champ des découvertes. Le phénomène que
nous allons signaler s’est reproduit dans presque toutes les
investigations scientifiques ; les procédés les plus importans
sont en général simples et naturels. En stéréotypie, le pro­
cédé du moulage semble au premier abord le seul qui
puisse être employé. Effectivement les premiers essais de
stéréotypage furent dirigés dans ce sens ; cependant, comme
on ne put obtenir immédiatement aucun résultat satisfaisant
de cette méthode si simple, on chercha un système plus com­
pliqué, plus difficile , jusqu’à ce qu’enfin un homme de ta­
lent retournât à la première inspiration, découvrît ce qui
avait manqué à ses prédécesseurs , et méritât véritablement
le nom d’inventeur d’un art qu’on n’avait fait qu’ébaucher
avant lui. Le secret du génie est de trouver aisément ce que
la foule s’étonne de n’avoir pas deviné elle-même. Encore
une fois les procédés les plus utiles et les plus importans
sont toujours les moins compliqués et cependant les plus
difficiles à atteindre.
Un examen succinct de l’ancien mode de clichage prou­
vera combien était long, pénible, dispendieux et borné dans
ses effets ce procédé délaissé aujourd’hui par tous les impri-

(8)

meurs qui emploient sans le savoir ou du moins sans le
dire le stéréotypage inventé par M. Duroucliail.
Avant cette grande invention, M. Didot composait des
pages de caractères formés de quatre-vingt-seize parties de
métal d’imprimerie et de quatre parties de cuivre rosette,
ce qui suffisait pour leur donner une grande dureté ; cette
page était enfoncée par le moyen d’une forte pression dans
une surface de plomb épais retenu dans un châssis de fer.
Cette matrice de plomb bien vérifiée servait à former des
clichés au mouton.
M. Herhan qui était employé à la fabrication des assi­
gnats , se trouva à même d’apprécier les efforts faits à cette
époque, et tenta de les appliquer à la stéréotypie habituelle.
D’après son procédé, qui a servi à imprimer la page d’assi­
gnats déposée au Conservatoire des arts et métiers, il fallait
premièrement avoir un assortiment complet de tous les
poinçons d’acier propres à former un alphabet, prendre un
carré de cuivre rosette tiré à la filière de l’épaisseur de
chaque lettre, introduire le morceau de cuivre dans un
carré d’acier entre deux réglettes , adapter un second carré
d’acier sur celui qui tenait le cuivre serré, et enfoncer avec
un coup de marteau le poinçon sur lequel était gravée la
lettre en relief. On renouvelait la même opération pour
chaque lettre.
On justifiait ensuite avec le plus grand soin toutes les
petites matrices de cuivre qui n’étaient plus considérées que
comme des caractères creux et mobiles qu’on assemblait
pour en former des pages. Chaque page était enfermée dans
un châssis de fer et pouvait donner’ des clichés au mouton.
Les clichés obtenus par ces pages-matrices étaient sans
contredit plus nets et plus purs et bien supérieurs à ceux

1

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produits par la matrice en plomb de M. Didot ; mais ce
procédé borné, comme celui de M. Didot, au format inoctavo , était pour ainsi dire impraticable, chaque corps de
lettres coûtant avec ses accessoires une somme énorme, et
quarante années pouvant suffire à peiné pour former tous
les types en acier propres à poinçonner une à une les pe­
tites matrices creusées en cuivre qui étant réunies devaient
produire une page solide par le moyen du cliché.
Examinons maintenant ce qu’avait de long et de pénible
cette opération du cliché.
La première opération consistait à adapter la matrice au
bout d’un mouton dit clichoir ; ensuite on levait le clichoir
à la hauteur d’une détente que donnaient les lois de la pe­
santeur.
Le métal des caractères se composait de quatre-vingtcinq livres de plomb et de quinze de régule d’antimoine ;
on en mettait quelquefois jusqu'à vingt bien fondues et
amalgamées par la fusion. Lorsque l’on voulait se servir dé
ce métal, on le faisait fondre de nouveau dans une mar­
mite de fer ; on y puisait avec une cuillère de fer la quan tité que l’on jugeait nécessaire pour le cliché, et l’on ver­
sait le métal dans une petite caisse de papier collé et fort
pour qu’elle eût du soutien ; puis on le berçait en tous sens
pour le peloter, ayant soin de ramasser toujours les bords
pour les ramener vers le centre. Lorsque la matière était prête
à se figer, on plaçait promptement la petite caisse qui la conte­
nait sous le milieu de la matrice adaptée au mouton ; on lâ ­
chait la détente, le mouton tombait rapidement sur le mé­
tal qui recevait l’empreinte en relief des caractères de la
matrice, de même que le coin de la monnaie produit une
médaille sous le balancier.

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Cette première opération terminée, on dégageait le cliché
de la matrice par les côtés avec un outil fait exprès ; on
le vérifiait pour voir s’il n’était pas défectueux, ce qui arri­
vait fréquemment dans les lettres fermées. S’il y en avait peu,
dans ce cas, on les enlevait avec un emporte-pièce ; mais
il valait mieux remettre le cliché à la fonte et en refaire
un autre.
Si l’on jugeait que le cliché méritait d’être gardé , on en­
levait les inégalités causées par l’action du clichoir à l’aide
d’un outil en forme de burin adapté à un support à cha­
riot qu’on faisait promener le long de la page par le moyen
d’une vis de rappel. Pour que les pages fussent toutes de
la même épaisseur , on plaçait à la vis de rappel un cadran
qui indiquait au juste l’épaisseur que l’outil devait enlever.
Quand on avait ainsi tourné le dos de toutes les pages, on
les adaptait entre deux coulisseaux et au moyen de deux
rabots , l’un pour ébaucher et l’autre pour finir , on fai­
sait les biseaux en chanfrein aux deux côtés de la planche; la
page ainsi tournée et biseautée , on en tirait une épreuve.
Alors avec des aiguilles aiguisées exprès on évidait les
lettres engorgées, et avec de petites échoppes on enlevait les
aspérités qui pouvaient trop approcher la lettre et marquer
à l’impression. Lorsqu’une lettre était défectueuse on sou­
dait à sa place une lettre de caractère mobile. Il serait
trop long d’énumérer les soins minutieux qu’exigeaient la
correction, l’ajustage et le tirage des pages ainsi clichées.
Après avoir fait cet examen rapide des différens pro­
cédés employés avant celui qui a été découvert par M. Durouchail, après avoir essayé de démontrer ce qu’ils avaient
de défectueux , de pénible et de coûteux , résumons-nous.
Nous trouvons deux périodes dans l’histoire de la stéréo-

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typie. Dans la première, Valleyre, Ged , Rochon, Hoffman,
emploient le procédé du moulage. Les deux premiers n’ob­
tiennent que des résultats fort incomplets, le dernier ar­
rive à des résultats plus satisfaisans, mais en sacrifiant beau­
coup d’argent à la composition de ses alliages et en étant
obligé de faire plusieurs empreintes pour chaque page.
Seconde période.— MM. Carez , Hoffmann, Didot, Herhan se servent d’empreintes de métal et de l’action du
clichoir. Dans ce second procédé il est nécessaire de fon­
dre des caractères plus durs que les caractères ordi­
naires. Notamment Herhan emploie de petites matrices
de cuivre rosette. Enfin on ne peut obtenir qu’à grand
peine le format in-octavo. Ces deux procédés ne pouvaient
donc atteindre d’aucune façon le but que se propose la
stéréotypie, le premier à cause de sa défectuosité, le se­
cond par suite d’innombrables difficultés d’exécution. Quel
service n’a donc pas rendu à l’imprimerie M. Durouchail
qui, à force de patience et d’essais , découvrit le pro­
cédé en usage aujourd’hui et qu’il nous suffit de rappeler
pour en montrer l’incontestable supériorité.

ncuDfrtu prorrûr îïr ill, 5)tireur
Les obstacles qu’avait à surmonter M. Durouchail étaient
nombreux. Comment pouvait-il espérer obtenir par le mou­
lage après les grossiers et inutiles essais qui en avaient été
faits auparavant des planches solides et parfaitement iden­
tiques à celles des caractères mobiles? comment empêcher les
soufflures et remplacer les alliages si coûteux d’Hoffman ?

( 12 )

il fallait de plus trouver une matière plus dure que celle
des clichés ordinaires, enfin obtenir de la manipulation des
métaux et de la main d’œuvre et des apprêts du travail une
exécution facile, prompte et capable de prociîrer cent pages
par jour.
Résolu d’atteindre un résultat si important pour l’avenir
de l’art typographique et prêt à lutter contre les obstacles
que n’avaient pu vaincre ses prédécesseurs, M. Durouchail
s’associa d’abord avec le marquis de Paroy, qui ne crai­
gnit pas de faire le sacrifice d’une belle fortune à sa pas­
sion pour les arts ■ et après plus de quatre ans d’efforts et
de tentatives il put enfin obtenir le format in-folio. Au lieu
des alliages employés si péniblement autrefois pour prendre
l’empreinte des caractères mobiles, M. Durouchail se ser­
vit de plâtre qui à beaucoup moins de frais donne un ré­
sultat beaucoup plus satisfaisant. Pour obtenir un métal
tout à la fois dur et fusible , il mêla au plomb vingt li­
vres de régule d’antimoine. Enfin pour prévenir les soufiures , il inventa un instrument nommé scipion dans le­
quel on verse le métal en fusion et qui chasse l’air en
même temps que le plomb se répand dans les cavités du
moule.
Une aussi heureuse découverte ne pouvait échapper
long-temps à l’attention du gouvernement et du public.
En 1820 une commission fut nommée par le ministre de
l’intérieur pour examiner l’invention de M. Durouchail.
M. Firmin Didot, membre de la commission, fit composer
dans son imprimerie une page grand in-quarto où il réunit
ce qu’il y avait de plus difficile pour la stéréotypie. M. Du­
rouchail sortit vainqueur de cette épreuve, et plus de vingt
notables imprimeurs et fondeurs de la capitale attestèrent la

( 13 )
supériorité de cette précieuse découverte sur toutes les
tentatives accomplies auparavant.
En effet ce nouveau procédé est applicable à tous les
formats connus et reproduit également tous les caractères de
la typographie sans que dans aucun cas la pureté du type
original soit altérée. Enfin, sous le rapport de la prompti­
tude de l’exécution, il fournit cent pages et plus par jour
qui peuvent donner autant de pages solides et occuper au­
tant de presses que l’on désire.
Le public put bientôt apprécier le mérité de la découverte
de M. Durouchail, notamment dans deux dictionnaires
français anglais et anglais français, caractère mignonne à
deux colonnes de 14oo pages chacun imprimé pour MM. Ni­
cole et compagnie, et un nouveau testament et autres li­
vres de dévotion en caractère petit-romain imprimé chez
M. Cosson.
En 1826 l’imprimerie royale qui apprécia toute l’impor­
tance de la découvertede M. Durouchail en acheta le secret
et le droit de l’exploiter au prix de la somme de 3,000 francs.
Le traité signé des parties respectives est du 26 août (1).
Il est inutile de faire remarquer combien est honorable pour
l’inventeur du procédé dont nous regrettons de ne pouvoir
décrire tous les détails, l’adoption qui en est faite par le pre­
mier établissement typographique de la France. Dans ce traité
M. de Villebois, qui était alors administrateur de l’Imprimerie
royale, s’engageait pour lui et ses successeurs à ne commu­
niquer le secret des procédés de M. Durouchail pour le
polytypage que sur la foi du serment de ceux qu’il emploie­
rait de ne pas révéler ni de s’en servir pour leur profit par(D Voir les pièces justificatives n° I.

( 14 )

ticulier. M. l’administrateur s’engageait en conséquence à
poursuivre par les voies de droit ceux des employés ou ou­
vriers qui, en abusant de la connaissance qui leur en au­
rait été donnée pour le service et dans l’intérêt de l’éta­
blissement, s’en serviraient d’une manière directe ou in* directe dans un autre intérêt.
D’autre part, tout en les communiquant à l’Imprimerie
royale, M. Durouchail se réservait le droit de former pour
son compte ou celui de tout autre un établissement pour
l’exploitation directe de ses procédés de polytypage et de
plus d’en donner communication à titre gratuit ou onéreux
à qui bon lui semblerait.
Ainsi se trouvait formellement établie la propriété de
l’inventeur. Il avait conservé la faculté d’en disposer à son
gré, et nous voyons qu’il en profita dès le 27 septembre
1826. M. Durouchail s’obligeait d’honneur à faire connaî­
tre à M. Duverger (1) dans toutes ses parties et sans au­
cune réserve pour une somme de 3,000 francs : i° un nou­
veau procédé de polytypage par le moyen duquel il n’est
plus besoin de tourner ni de biseauter les pages ; 20 le mas­
tic pour fondre sur le champ et la matière dure propre à
être enfoncée dans le plomb ; 3° et toutes les améliorations
quelconques qu’il pourrait y faire par la suite aussitôt qu’ils
auraient lieu.
M. Durouchail a rempli constamment toutes ces obliga­
tions avec une loyauté que M. Duverger lui-même n’a ja­
mais pu lui contester. Voyons maintenant s’il en est de
même de son côté.
Une des clauses principales du traité conclu entre lui et
----------------------------------------------------------------------- -- r
(1) Voir les Pièces justificatives, n” II.

( 15 )

M. Duroucliail l’obligeait à mettre sur une des pages de
chaque livré qui serait stéréotypé par le procédé dont il
avait acheté la communication, ces mots: diaprés un nou­
veau procédé de stéréotypie de M. Durouchail, De plus un
exemplaire de chacun de ses ouvrages devait être remis par
M. Duverger à M. Durouchail lors de la publication de la
première édition.
Nous trouvons dans le traité une autre clause non moins
formelle et non moins importante.
Le droit d’exploiter le procédé de M. Durouchail pou­
vait bien être transmis aux femmes, enfans , gendres ainsi
qu’aux successeurs de M. Duverger, soit par succession ,
soit à titre gratuit ou onéreux ; mais il ne pouvait en don-ner connaissance ni le céder à titre gratuit ou onéreux à
d’autres personnes qu’à celles indiquées ci-dessus à peine
de 10,000 francs de dommages et intérêts envers M. Du­
rouchail , si celui-ci avait confié son secret à d’autres.
Ces deux stipulations étaient formelles. Quoi d’ailleurs de
plus simple et de plus légitime ? l’une constituait la propriété
matérielle de M. Durouchail, l’autre sa propriété intellec­
tuelle, si nous pouvons nous exprimer ainsi: toutes deux ce­
pendant ont été scandaleusement méconnues par M. Duver­
ger. Le nom de M. Durouchail a été peu à peu puis défi­
nitivement supprimé de tous les ouvrages stéréotypés par son
procédé. Ce tort immense causé à sa réputation d’inven­
teur lui a été naturellement le plus sensible ; il aurait
pu garder le silence s’il se fût agi d’une question d’intérêt
ou d’argent, mais on se résigne avec peine à se voir frustré
de la gloire légitime qui est la plus douce récompense d’un
travail opiniâtre. Mais M. Duverger de son côté a pensé
sans doute que le mérite de l’exploitateur était égal à celui

(. 16 )
de l’inventeur et, malgré les conditions expresses du traité,
il n’a pas craint de substituer son nom à celui de M. Duroucliail et de chercher ainsi à lui enlever l’estime et la
reconnaissance de tous les amis des arts.
Si nous passons maintenant de la question de bonne foi
à la question de propriété matérielle, nous ne trouvons pas
M. Duverger plus irréprochable. Nous voulons bien admet­
tre qu’il n’ait pas poussé l’indélicatesse et la déloyauté
jusqu’à vendre lui-même le secret de M.. Durouchail pour
en tirer un gain illicite ; mais on ne divulgue pas seulement
un secret par soi-même, on peut le divulguer encore par les
personnes que l’on emploie et dont on a la responsabilité
morale. Aussi l’imprimerie royale , dans son traité avec
M. Durouchail, et M. Duverger dans le sien, s’engageaient
à poursuivre par les voies de droit ceux des employés et
ouvriers qui, en abusant de la connaissance qui leur avait
été donnée pour le service, ou de l'intérêt de Vétablissement,
s’en serviraient d’une manière directe ou indirecte dans un
autre intérêt. Or, à la connaissance de M. Duverger, des
ouvriers de son imprimerie, initiés au secret de M. Durou■chail, ont exploité dans leur intérêt le nouveau procédé de
stéréotypie et en ont répandu la connaissance. En effet, il
est employé aujourd’hui par un grand nombre de maisons
qui sont entièrement inconnues à M. Durouchail et qui
n’ont pu profiter de sa découverte que par la négligence
impardonnable de M. Duverger. Cette divulgation si nui­
sible aux intérêts de l’inventeur, le mettra dans le droit, aux
termes mêmes du traité, de provoquer une action judiciaire ;
mais M. Durouchail a dédaigné d’avoir recours à ce moyen:
il a mieux aimé en appeler à la justice des hommes d’art.
Si sa conscience lui faisait un devoir de dévoiler de coupables

( 17 )

manœuvres qui l’atteignaient dans ce qu’il avait de plus cher
et de plus sacré, sa réputation, elle ne lui imposait pas l’obli­
gation toujours pénible de poursuivre leurs auteurs devant
les tribunaux. M. Durouchail trouvera un ample dédomma­
gement dans l’opinion publique, maintenant mieux éclairée,
et une douce consolation dans les nouveaux titres que des
travaux hou moins utiles vont lui créer à la reconnaissance
de son pays.

PIÈCES JUSTIFICATIVES.
N* I. — Traité conclu entre l'imprimerie royale et M. Durouchail, au sujet

de la découverte d'un nouveau procédé de stéréotypie.
ARTICLE PREMIER.

Le soussigné , Pierre Durouchail, demeurant à Paris , rue des GrandsAugustins, n° 27,
Inventeur d’un nouveau procédé de stéréotypage, an moyen duquel
les pages sont fondues à la cuillère, sans qu’il soit besoin d’employer
une vaste chaudière pour y plonger la matière renfermée dans une
boîte en fonte , et sans qu’il soit nécessaire de tourner ou biseauter les
pages, s’oblige formellement d’honneur à faire connaître à l’administra­
tion de l’Imprimerie royale ;
1“ La composition des pâtes pour prendre les empreintes des carac­
tères et recevoir la fonte, notamment celle du mastic au moyen duquel
on peut en moins d'une demi-heure prendre l’empreinte d’une page et
la couler;
2° Les procédés qu’il emploie pour les diverses opérations du mou­
lage, soit avec la composition ordinaire, soit avec le mastic, et de la
fonte et coulage des pages sans y mettre aucune réserve, et s’engageant
à répéter les opérations devant les personnes à ce commises jusqu’à ce
qu’elles aient bien saisi ses procédés, et puissent les exécuter sans
difficulté ;
3° Toutes les améliorations quelconques qu’il pourrait y faire par la
suite aussitôt qu elles auraient eu lieu ;
4° La composition d’un métal d’imprimerie, extrêmement dur, aisé­
ment fusible, qui s’écoule dans le mastic, et avec lequel on obtient des
clichés que l’on peut au besoin enfoncer dans le plomb pour faire des
matrices ; le tout pour être par l’Imprimerie royale exploité dans l'inté­
rêt dudit établissement seulement.
art.

II.

L’établissement de tous les ustensiles et inslrumcns nécessaires sera
fait aux frais de l’Imprimerie royale; ledit sieur Durouchail ne s’en­
gageant qu'à indiquer ses procédés et les moyens de les mettre en
œuvre.

( 19 )
art.

III.

La participation aux procédés indiqués ci-dessus est donnée aux
conditions et avec les réserves suivantes :
1°Le sieur Durouchail remettra à Monsieur l’administrateur de l’Im­
primerie royale , écrit et signé par lui, l’exposé de ses procédés pour la
composition des pâtes et mastics, de la matière dure, du moulage des
pages et enfin de leur coulage-,
2° Le droit d'exploiter lesdits procédés appartiendra à toujours à
l’Imprimerie royale. En conséquence le secret en pourra être transmis
successivement à toutes les personnes de l’établissement auxquelles il
deviendrait nécessaire de le communiquer.
Monsieur- le maître des requêtes , administrateur actuel de l’Imprime­
rie royale, s’engage pour lui et ses successeurs à ne communiquer le
secret des procédés de M. Durouchail, pour le polytypage, tels qu’il
les aura indiqués par écrit, que sur la foi du serment de ceux qu’il em­
ploiera de ne pas le révéler, ni s’en servir à leur profit particulier. 11 s’en­
gage en conséquence à faire poursuivre parles voies de droit, tant que
ses procédés ne seront pas rendus publics, ceux des employés ou ou­
vriers qui en abusant de la connaissance qui leur en aurait été donnée
pour le service et dans l’intérêt de l’établissement, s’en serviraient d’une
manière directe ou indirecte dans un autre intérêt-,
3° Le sieur Durouchail conservera, nonobstant le présent traité,
1° le droit de former pour son compte, ou celui de tout autre , un éta­
blissement pour l’exploitation directe de ses procédés dé polytypage;
2° d’en donner communication à titre onéreux ou gratuit à qui bon lui
semblera.
ART.

IV.

Ladite participation aux procédés de polytypage ci-dessus détaillés
est faite moyennant la somme de trois mille francs une fois payée.
art.

v.

Le présent traité ne sera obligatoire qu’après l’acceptation de mon­
sieur le maître des requêtes , administrateur de l’Imprimerie royale et
l’approbation de monseigneur le garde des sceaux.
Fait double à Paris, ce vingt-six août mil huit cent vingt-six.

( 20 )

Approuvé le traité ci-dessus, le maître des requêtes administrateur
de rimprimerie royale,
De Villebois.

DU ROUCIIAIL.
E. Duverger,

Chef de la partie d’art typographique, et chargé par M. l’admi­
nistrateur de suivre avec M. Durouchail la discussion du
présent traité.
Conformément à une convention subséquente relative à l’exécution de
l’article 4 ci-dessus, la somme de trois mille francs qui y est stipulée
sera payée sur les fonds du budget de 1827, lorsque ce budget aura été
approuvé par le Roi.
Fait double à Paris, le deux septembre mil huit cent vingt-six.
Approuvé le contenu ci-dessus ,
DU ROUCIIAIL.

Le maître des requêtes administrateur de l’Imprimerie royale,
De Villebois.

II. — Traite conclu entre M. Durouchail, inventeur d'un nouveau procédé

de stéréotypage et lil. Duverger, imprimeur-libraire.

Entre M, Pierre Durouchail, graveur, demeurant à Paris, rue des
Grands-Augustius, n° 27 ,
............................................................................. .
d’une part;
Et M. Eugène Duverger, imprimeur-libraire, demeurant à Paris,
rue de Verneuil, n° 4,
.................................................................................... d’autre part;
A été convenu ce qui suit :
ARTICLE PREMIER.

M. Durouchail, inventeur d’un nouveau procédé de fontéréolypage ou
polytypage, par le moyen duquel il n'est plus besoin de tourner ni de
biseauter les pages , s’oblige formellement d’honneur à faire connaître à
M. Duverger , 1° le procédé dont est ci-dessus parlé dans toutes ses par-

( 21 )

ties, et sans aucune réserve, aussitôt la signature du présent traité;
2° le mastic pour fondre sur-le-champ , et la matière dure propre à être
enfoncée dans le plomb ; 5’ et toutes les améliorations quelconques
qu’il pourrait y faire par la suite aussitôt quelles auraient lieu, et ce
pour M. Duverger avoir droit à l’exploitation dudit procédé-et de ses
améliorations de la manière et avec les restrictions déterminées sous les
articles ci-après.
art. II.

L’établissement qui sera formé par l’exploitation dudit procédé ap­
partiendra bien entendu exclusivement et en pleine propriété àM. Du­
verger, qui paiera seul tous les frais de formation, d’entretien et d'ex­
ploitation dudit établissement.
ART. III.

Il sera mis sur une des pages de chaque livre qui sera imprimé avec
le procédé ci-dessus ces mots :
D'apres tin nouveau procédé de

de

M. Durouchail.
Et un exemplaire de chacun des ouvrages qui seront imprimés par
ledit procédé sera remis par M. Duverger à M. Durouchail, lors de la
publication de sa première édition seulement, et nonlors des éditions
subséquentes.
art.

Iv._

Pour prix de l’indication dudit procédé, M. Duverger s’oblige à
payer, en bonnes espèces ayant cours, à M. Durouchail une somme
de trois mille francs,
art.

v.

Le droit d’exploiter le procédé ci-dessus est transmis aux femmes,
enfans, gendres, ainsi qu’aux successeurs de M. Duverger, soit par
succession, soit à titre gratuit ou onéreux ; mais il ne pourra donner
connaissance dudit procédé, ni le céder, à titre gratuit ou onéreux
à d’autres personnes qu’à celles indiquées ci-dessus, à peine de 'dix
mille francs de dommages-intérêts envers M. Durouchail, si celuici peut lui prouver que M. Duverger ou les personnes sus-indiquées
ont confié à d’autres le secret de M. Durouchail qui en reste tou­
jours propriétaire , sauf les droits confiés par ces présentes à M. Du­
verger.

«•

4

( 22 )
ART.

VI.

M. Durouchail, comme propriélaire dudit procédé, pourra, non­
obstant le présent traité, former pour son compte un établissement
pour l’exploitation dudit procédé, ou le faire connaître à qui bon lui
semblera , à titre gratuit ou onéreux, 8ans aucune indemnité envers
M. Duverger.
art. vII.
Dans le cas où M. Durouchail viendrait, dans le délai de deux an­
nées, à recevoir du gouvernement une indemnité ou récompense pour
l’invention du procédé qui fait l’objet de ce traité, M. Durouchail
promet de rendre à M. Duverger , soit ses billets s’ils ne sont pas en­
core échus, soit la valeur de ces mêmes billets , si M. Durouchail en a
reçu le montant. Pour que cette clause soit exécutable, M. Duverger
devra représenter les billets acquittés par M. Durouchail.
ART.

VIII.

M. Durouchail reconnaît avoir reçu de M. Duverger les billetspour
solde de la somme stipulée'en l’article iv.
Fait double entre nous et de bonne foi.
Paris, le 27 septembre mil huit cent vingt-six.
Approuvé l’écriture ci-dessus ,
Duverger.

N° III. — Circulaire adressée par M. Durouchail aux imprimeurs, fondeurs

et graveurs, pour leur faire part de son invention.

J’ai l'avantage de vous faire part que je viens de trouver un nouveau
procédé de fontéréotypage, ou pantéolypie, qui n’a pas de rapport
avec celui que j’avais inventé en 1817, conjointement avec le marquis
de Paroy, que de plus il a l’avantage que dans un cas pressé on peut
mouler et fondre plusieurs pages en moins d’un quart-d’heure , en em­
ployant un mastic et un métal particuliers ( ce nouveau genre de travail
épargne aussile tournage et le biseautage : procédé unique qui a été tenté,
mais toujours en vain jusqu’à ce jour); et qu’à peu de frais on peut for­
mer un établissement dans une seule chambre ; ce procédé est en pleine
activité à l'Imprimerie royale , ainsi que chez MM. Demonville et E. Du­
verger, imprimeurs à Paris. Par les conventions faites entre nous, je

( 23 )'

reste toujours propriélaire de ma découverte et peux en disposer comme
bon me semble. Si donc vous pensiez à former un pareil établissement,
nous traiterions de gré à gré. Mon seul but , en rédigeant cette note , est
vis-à-vis des imprimeurs de leur offrir les avantages de ma découverte,
et pour moi de prendre titre d'invention aux yeux de l'Europe.
J’ai bien l’bouueur de vous saluer,
DU ROUCIIAIL.
N° IV. Attestations des principaux imprimeurs-libraires et fondeurs de Paris
qui ont signé la page stéréotypée par le nouveau procédé de MM. le marquis
de Paroy et Durouchail, présentée ù la commission nommée par son ex­
cellence le ministre de l’intérieur, laquelle a été produite sur la forme mobile
composée par m. Didot, qui l’a signée et imprimée chez lui, comme étant
' ce que l’imprimerie pouvait offrir de plus difficile en typographie.
L’original est déposé au Musée du Conservatoire des arts et métiers, rue S.-Martin.

Après avoir examiné le procédé de MM. le marquis de Paroy et Durouchail,
j e pense qu’il peut être d’une excellente application à l’impression des grands
ouvrages de fonds qui doivent se conserver,-cl que les caractères qui s’y em­
ploient sont parfaitement conformes aux premiers types communiqués.
Nauzoü.
6 juin 1820.

. Ce procédé, réunissant l’économie à l’avantage de donner tous les formats
possibles, me parait supérieur aux procédés employés jusqu'à ce jour, il a de
plus celui de rendre dans la perfection les types les plus délicats.
L. T. Cellot.

Le procédé inventé par 5151. le marquis de Paroy et Durouchail me parait
devoir présenter de grands avantages pour la multiplication des compositions
et la parfaite ressemblance des unes avec les autres.
Le Blanc.

Paris, 7 juin 1820.

Ayant vu et examiné le cliché ou polytypage de la page composée en diffé­

rens caractères très difficiles à reproduire, n’importe les moyens inventés par
5151. le marquis de Paroy et Durouchail, et ayant vu aussi l'épreuve signée
Didot, j’ai admiré cette découverte.
Gillet père, fondeur et imprimeur.
Paris, y juin 1820.

( 24 )
Le nouveau procédé dont j’ai examiné les détails et les résultats me pa­
rait devoir soutenir avec avantage la concurrence avec tous les procédés ty­
pographiques précédemment en usage.
Ballard.

Je crois le nouveau procédé très bon pour multiplier les compositions.
Fain.
/
f- •- ’
- - •
Je pense que ce procédé est le meilleur de ceux qui ont paru jusqu’à ce jour.
Cosson.

Je pense que ce procédé peut être très utile à l’imprimerie.
Mole.

Je reconnais que ce nouveau procédé donne l’avantage d’imprimer comme
sur les caractères mobiles.
ChansoN, imprimeur-libraire.
Je suis du même avis que M. Chanson.
Le Normant.

Je pense que ce nouveau procédé de stéréotypage est avantageux.
Crapelet.

Je pense que si le nouveau procédé de pankitotypage répond aux épreuves
qui m’ont été communiquées , il entrera en concurrence des stéréotypies avec

avantage pour un grand nombre de spéculations de librairie.
Demonville.

Je pense que ce nouveau procédé peut être très utile, et remplit la stéréotypie avee grande économie.
Hacqüard.

Je pense que ce nouveau procédé peut très bien soutenir la concurrence
avec ceux déjà connus.
Pillet aîné.

Je suis convaincu que le procédé ci-dessus sera lacs utile au commerce, et
pour mon compte je ne manquerai pas d'en faire usage.
Émery.

Procédé ingénieux et surtout économique.
,

ÀLGR1N.

12 juin 1821.

IXirUniElUE DE PAUL DUrONT, RUE DE

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