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Médias
Fait partie de Notice sur Bassillac
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-
Chanoine de Saint-Front,
1903 .
Bassillac est un petit bourg situé sur la
rive gauche de l’Isle, à huit kilomètres à
l’Est de Périgueux. La commune compte en
viron de 750 à 800 habitants. Un quart à
peu près de son territoire s’étend dans la
plaine sur les bords gracieux de l’isle et de
l’Auvézère, et les trois autres quarts sont
sur les coteaux qui séparent Bassillac des
communes voisines, Boulazac, Saint Laurent-sur-Manoire, Eyliac.
La paroisse de Bassillac comprenait autre
fois celle d’Escoire, située dans la plaine.
Escoire avait été érigée en vicairie en 153A,
sous l’épiscopat de Foucaut de Boaneval.
Mgr Guillaume le Boux l’érigea en pa
roisse, par une ordonnance datée du 2 dé
cembre 1677. Les habitants d’Escoire, pour
obtenir cette faveur, avaient fait valoir de
très bons motifs auprès de l’illustre évêque.
Pour venir à l’église de Bassillac, il leur
fallait passer deux fois la rivière qui, en
cet endroit, fait un long détour pour aller
à la rencontre de son confluent l’Auvézère.
Ce passage était rendu très difficile et très
périlleux l’hiver, à cause de l’accroissement
des eaux.Le baptême des enfants, la visite
des malades, ia sépulture des morts étaient
£.fi
f?.
2
singulièrement contrariées par cette double
traversée à faire.
Le premier curé d’Escoire fut M. Gatignol, prêtre venu du diocèse de Gahors. Jus
que-là un vicaire de Bassillac avait exercé
le saint ministère dans cette église voi
sine.
Dans son ordonnance du 2 décembre 1677,
Mgr Le Boux s’était servi de cette expres
sion : « Considérant que nous sommes curés
primitifs de ladite paroisse de Bassillac (1) »
En effet, cette paroisse faisait partie depuis
le moyen âge de la mense épiscopale. Elle
lui fut unie par le chapitre de Saint-Front
en 1276. Les évêques de Périgueux exerçaient
donc comme un droit seigneurial sur ce
lieu. Nous savons que Frotaire de Gourdon,
celui-là même qui construisit le premier la
splendide basilique de Saint-Front et qui
mourut en 991, avait élevé le château des
Roches ou de la Roche-Bassillac, sur les co
teaux élevés formant promontoire sur les
bords de l’Isle. Ce château fort était destiné
à arrêter les nouvelles invasions des Nor
mands dans cette contrée voisine de Péri
gueux.
Il n’y a pas longtemps, en faisant des
fouilles , on a trouvé à l’entrée du bourg
de Bassillac, les traces d’un ancien prieure.
Celui-ci devait dépendre du chapitre de StEtienne de la Cité de Périgueux (2). Car l’é (1) La copie de cette ordonnance est dans les
notes mss. de M. le chanoine Brugière, tome VII.
(2) L’emplacement de ce prieuré serait Jifficile à
bien déterminer. Nous croyons qu’il devait être du
côté du chevet de l’église et se développer sous les
dépendances de la maison actuelle de M. Laroche.
— 3 —
glise de Bassillac, fille de la cathédrale pri
mitive de Périgueux, porte toujours le nom
de St-Etienne que lui donna jadis sa mère.
C’est sans doute pour cela, aussi, qu’au xvii"
siècle, en 1675, un des chanoines de Péri
gueux, Pierre de Méredieu, remplissait les
fonctions de curé de Bassillac.
Eglise
L’église de Bassillac était toutd’abori pu
rement byzantine. Il reste encore une cou
pole sous le clocher qui s’élève au milieu du
transept. Un simple coup d’œil jeté à l’inté
rieur de l’édifice suffit pour reconnaître la
place occupée jadis par deux autres coupo
les au- dessus des énormes piliers qui forment
les deux travées jusqu’à la porte d’entrée.
L’église ayant été ruinée eu grande partie, à
l’époque des guerres de religion, fut restau
rée et agrandie. Un y ajouta quatre chapel
les latérales occupant la largeur des travées.
De cette façon, la nef principale est devenue
plus spacieuse mais presque carrée: elle me
sure en effet dix-sept mètres sur quinze,tan
dis que le transept et le sanctuaire ont 12m50
de longueur sur 6m50 de largeur. Sa lon
gueur totale, en y comprenant l’épaisseur
des murs, dépasse 30 mètres. Elle a une su
perficie de 336 mètres carrés, et pourrait
contenir au moins un millier de personnes.
Les quatre chapelles étaient dédiées à la
Sainte Vierge, à Saint Joseph, à Saint Etien
ne, et à Saint Jean-Baptiste. Il existait aussi
une chapelle en l’honneur de Saint Michel,
appartenant à la famille Eyraud. Sur le côté
Nord de l’église on aperçoit les traces d’un
4 —
édifice détruit : c’était là probablement la
place de la chapelle Saint-Michel.
Les fenêtresouvertes dans les chapelles laté
rales sont grandes et répandent une lumière
abondante dans l’édifice. Chacune est divi
sée par un meneau soutenant deux arcs à
plein cintre et terminé par un œil-debœuf. Les fenêtres du transsept et du sanc
tuaire sont au contraire longues, étroites et
irrégulièrement situées sous les grands arcs
de la coupole, comme aux XIe et xiie siè
cles.
Le maître-autel en bois sculpté est un
autel de la Renaissance. Il vient d’être re
doré avec soin par M. l’abbé Pourteyrou lui-même, curé actuel de Bas
siilac, et qui emploie une partie notable de
son temps à orner et décorer son antique
église.
Malheureusement, ce maître-autel n’avait
pas été fait pour Bassillac : il a été acheté
par M. Gironella pendant son ministère dans
cette paroisse. Cet autel aurait, dit-on, ap
partenu à l’église de Chantérac. Les sculp
tures du retable représentent la décollation
de St-Jean et le baptême de Notre-Seigneur.
Il eût été à désirer que le sujet principal se
rapportât à St-Etienne.
La façade de l’église n’offre rien de bien
remarquable. Elle a été remaniée plusieurs
fois. La voussure de la porte est formée par
plusieurs archivoltes sans aucun ornement :
c’est la partie de cette façade la plus an
cienne. Le reste est du style de la Renais
sance. Une rosace sans aucun rayon est au
milieu du mur. Outre la porte principale à
l’ouest, il y a, à l’intérieur, une porte dans le
mur du midi donnant accès dans une petite
tour par laquelle on monte jusqu’au clocher.
La vieille cloche de Bassiilac avait été
fondue en 1688. Elle pesait 400 livres.
Son inscription était la suivante :
Maria, sancte Stéphane, ora pro nobis.
Fr. de Montrone, parin ; Morili Hieras demoiielle, marene (1).
Elle a été refondue tout récemment. Une
deuxième cloche, beaucoup plus volumi
neuse, a été acquise par la population en
1895. Les sons de ces deux cloches, l’un
grave, l’autre plus aigu, plus argentin,
s’harmonisent d’une façon très agréable à
l’oreille.
La petite cloche actuelle pèse 1.100 livres.
Elle porte l’inscription qui suit :
Je m’appelle Marie-Louise,
Sa Sainteté Léon XIII pape,
Nicolas-Joseph Dabert, évêque de Périgueux,
A. Gironella, curé de Bassiilac,
G. Laroche, maire,
Parrain : G. Courtey,
Marraine : M. Mazière,
Emile Vauthier, tondeur à St-Emilion (Gironde),
L’an 1895.
Les ornements qui la décorent sont : une
Vierge en buste, un Sacré-Cœur, une croix
latine.
La grosse cloche a un poids de 1.800 li
vres, Elle porte sur son revêtement exté
rieur une Vierge, les images de saint Pierre,
de saint Paul et une croix. Il est à regretter
que saint Etienne, titulaire de l’église, ne
(1) Notes mss de M. le chan. Brugière.
— 6 —
«oit mentionné dans aucune des deux. La
deuxième inscription est ainsi conçue:
Je
m’appelle
Mabie-Madeleine,
Sa Sainteté Léon XIII pape,
Nicolas-Joseph Dabert, évêque de Périgueux,
A. Gironella, curé de Bassillac,
G. Laroche, maire,
Parrain : M. Mazière,
Marraine : M. Loubet,
Etaient conseillers de la Fabrique :
MM. G. Courtey, J. Bouchard, M. Guy,
M. Mazière et G. Conte,
Em. Vauthier, fondeur à St-Emilion,
L'an 1895.
Sur le mur du nord, à l’extérieur de l’é
glise , on aperçoit une ancienne porte à
moitié enforcée sous le sol. Elle est ornée d’un
simple tore qui entoure les montants. On
l’appelle encore la porte de Roynac. Les sei
gneurs de Rognac avaient, en effet, leur
château dans la plaine ; quand ils venaient
à l’église de Bassillac, ils devaient entrer par
cette porte à laquelle leur nom est resté atta
ché.
Presbytère.
L’ancien presbytère de Bassillac fut vendu
à l’époque de la Révolution. L’acte de vente
est conservé aux archives départementales à
Périgueux : il est daté du 16 Messidor, an
IV. L’adjudicataire fut Pierre Tronche, qui
l’acheta neuf cents livres. Le nouveau pres
bytère situé à la droite de l’église, quand on
regarde sa façade, est adossé au terrain mon
tant d’un coteau : il fut bâti en 1852.
Curés de Bassillac.
Les curés qui ont desservi l’église de SaintEtienne de Bassillac sont nombreux. Ils sont
— 7 —
loin d’être tous connus.Leplusancien dontle
nom nous est resté est de la fin du xv® siècle.
Etienne Eyxandi, capellanus seu rector de Bacilhaco, 1498.
Voici les noms retrouvés dans les registres
paroissiaux, à partir delafin duXVIIe siècle :
Babiard, 1610-75.
Pouyaud, vicaire, 1672.
Pierre de Méredieu, 1675.
Pierre Eyraud, prêtre, 1675.
Spinouze, vicaire perpétuel, 1676.
Elie Nadal, v. p., 1688.
Pierre Malhier de C., 1703-1728.
M. Chabannes, curé de Bassillac lorsque
survint la Révolution, fut un des prêtres as
sermentés ; il émigra et mourut en Espagne.
Pierre Bellac, ex-vicaire (Antonne), 1803.
Rudeau, ex-religieux, 1803.
Lassaigne, 1812-1814.
Gilles-Lagrange, 1814-1819.
Pertus, 1824-1825.
Roux, 1831-1832.
Berger, 1836-1840.
Bousquet, 1854-1857.
Dussutour, 1857-1858.
Gironella, 1853-1899.
Pourteyrou, 1899.
Nous l’avons dit déjà, M. de Méredieu était
chanoine de Saint-Front et en même temps
recteur de l’église de Bassillac.
M Berger était veuf lorsqu’il entra dans
les saints ordres. Il laissa les plus précieux
souvenirs dans la paroisse et mourut le 12
novembre 1850.
M. Dussutour avait été professeur au petit
séminaire de Bergerac ; il ne fit que passer
à BasJdacfct fut bientôt après curé de Chautérac.
— 8 —
M. Gironella était venu de l’Espagne: il
fut quelques années aumônier de la famille
de Damas, au château d’Hautefort. Il resta
curé de Bassiilac quarante-un ans. Par ses
soins, grâce au dévouement du Conseil de
Fabrique, qui souscrivit la somme de mille
francs, grâce à la générosité de la popula
tion, le clocher, en 1876, commença à s’éle
ver plus haut, plus hardi dans les airs.
Maires de Bassillac
Voici les noms des maires de la commune
depuis le commencement du xix® siècle :
Dauriac (Victor-François), 1803.
D’Abzac de Ladouze (Louis), 1812.
Deshélies Lajobertie, 1816.
Cbabrier de Lajobertie, 1820.
Laroche (Jean Baptiste), 1851.
Laroche (Georges), 188Â. .
Châteaux
Les châteaux de Bassiilac sont ceux des
Roches, de Rognac et de Goudeau.
1° Le château des Roches, ou de la RooheBassillac, est aujourd’hui entièrement dé
truit. On n’en voit plus aucune trace sur
son ancien emplacement. Il avait été bâti
par l’évêque de Périgueux Frotaire de Gourdon : « Revenons à l’Evêque Froterius, dit le
P. Dupuv, qui craignant les ordinaires inon
dations des Normans sur le Périgord, s’a
visa de faire bâtir plusieurs fortes places
dans son diocèse et domaines de son évêché,
pour être des lieux de refuge et assurance
pour les siens, et d’obstacle aux étrangers ;
ce sont les cinq châteaux d’Agonac, de Croniac, d’Auberoche, la Roche-Saint-Christofle, et la Roche de Basillac. De là nous con-
— 9 —
cluons comme sans répugnance il jouissait
du grand revenu de son évêché. Le Roy favo
risant son zèle pour arracher dela noblesse le
bien auparavant usurpé.» (L’Etat de l’église
du Périgord. Edition 1716, t. 1, p. Sll).
On voit quelques maisons en retrait sur
le plateau des Roches : c’était là que devaient
être les dépendances de ce château-fort.
Celui-ci était admirablement situé sur
un point stratégique, à l’extrémité d’un
côteau s’avançant dans la plaine, à un kilo
mètre de Bassillac. Il dominait de grands
rochers descendant à pic dans la rivière de
l'Isle. En cheminant sur le plateau des Ro
ches, le touriste a devant lui un superbe
panorama. Il découvre d’un seul regard une
foule d’objets qui l’intéressent. A sa gauche,
il entrevoit la ville de Périgueux, les dômes
majestueux de Saint-Front ; devant lui, la
rivière décrit, dans la plaine, de longs cir
cuits ; au-delà du lit de la rivière, il voit les
limites des communes de Trélissac, d’An«
tonne et d’Escoire.Sur ces territoires voisins,
il distingue aisément le grand château mo
derne de Trélissac, où habite la famille Ma
gne; Cavillac, cù Mgr Dabert, évêque de
Périgueux, avait fixé ea résidence d’été;
Murat, qui appartenait jadis à Hélie de Biran. A sa droite, il reconnaît aisément le
château de Trigonac, le château des Bories,
où habitait naguère le marquis de SaintAstier ; Charriéras, Antonne avee son clo
cher tout neuf.
2° Près du château des Roches, se dressait
jadis le château de Goudeau. Celui-ci avait
la même origine que le premier : il n’était
séparé du château des Roches que par un
- 10 vallonnet en entonnoir, qui descend en
pente rapide vers l’Isle. Sur ses ruines, M.
Gabriel Courtey, ancien banquier à Péri
gueux, acquéreur de cette jolie propriété
depuis 1873, a fait élever une superbe habi
tation, d’où la vue s’étend au loin vers Excideuil et Thiviers. Goudeau fut longtemps le
manoir d’une branche de la famille d’Abzac
de La Douze.
3° Enfin dans un ilôt, sur le bord de la
rivière, est encore debout Je vieux château
de Rognac. La porte fortifiée est entre deux
tours encore assez bien conservées. Les eaux
de l’Isle continuent à circuler autour des
vieilles murailles à moitié restaurées. Il ne
faut pas le confondre avec le château de
Croniac, bâti par Frotaire de Gourdon en
980, non loin de Saint-Astier, à l’ouest de
Périgueux (1). Roenac appartint longtemps
à la famille de Tricard : il passa, par con
trats de mariages, aux familles Cugnac
et de Bayly. Cette dernière le possédait
encore à la Révolution. L’acte de vente
est aux archives de Ja Dordogne (série R. 51)7
n° 42). La vente des Liens de Rognac et de
Trigonan fut faite le 21 pluviôse an II. Le
dernier propriétaire était Henri Bayly. L’ad
judicataire fut Pierre Dauriac, dit Benony,
qui acheta ce domaine pour 40,300 livres.
Après la révolution, le château de Rognac a
été successivement possédé par MM. de Bellisle, Amont, Lalande, Grellety. Cette der
nière famille l’occupe encore.
(1) Semaine Religieuse, année 1893, SI. René
Bernaret. Tournées pastorales, article Agonac<
/
/ô
Curiosités ou antiquités
de Bassillac
On montre dans la plaine de l'Isle ; entre
Rognac et l’embouchure de l’Auvézère, l’em
placement d’une ville gauloise appelée la
ville de Boulogne. On y a trouvé ça et là des
tuiles à rebord, des médailles, des monnaies
romaines. Il y a même des vestiges d’un
pont de pierre, semblable à ceux qu’on
rencontre de distance en distance sur les
bords de l’Isle, à Périgueux et ailleurs et qui
rappellent le passage des troupes romaines
dans les Gaules.
Au-dessous du château de Goudeau, sur
les bords de l’Isle, se trouve une curiosité
historique d’un autre genre.
Dans l'épaisseur des rochers qui longent
la rivière, on voit une série de loges creu
sées de main d’homme, dans lesquelles on
aperçoit des cavités bizarres ressemblant,
mais de très loin, à des auges, à des pla
cards. Il y a même quelques ouvertures
creusées en forme d’anneau dans le rocher
qui auraient pu servir à attacher des ani
maux. « On croit, dit M. Maurice Féaux (1),
que ces chambres datent de l’époque des in
vasions anglaises : dansla partie encore exis
tante on voit des auges, des cloisons, des fenê
tres; elles rappellentcelles qui existentsurles
bords de la Vézère, en face de Tayac,d»ns les
grands rocs appelés autrefois Sous-le-Fort. »
Nous acceptons volontiers cette date, la
préférant de beaucoup à celle du prétendu
homme préhistorique.
(1) La station néolithique des roches de Goudaud, p. 5 note.
— 12 —
Sur !e plateau des Roches et de Goudeau,
M. Raymond Courtey découvrit naguère une
station asssz curieuse de silex. semblable à
la station d’E:ornebœuf, de Taboury, dont
les nombreux spécimens sont allés enrichir
les musées de nos amateurs et de nos villes.
Dans cette station récemment exploitée on a
trouvé, d’après M. Féaux, « des haches pré
parées peur le polissage, des haches et ha
chettes polies, des grattoirs de types divers,
des poinçons, forets eu tarauds, des scies, des
ciseaux, des retouchoirs,... des percuteurs,
des pointes de flèches en forme de feuille...
enfin de trop rares pointes de lances (1) ».
Toutes ces curiosités donneraient raison,
nous semble-t-il, à M. de Taillefer qui vou
lait que Bassiilac dût son nom à la langue
grecque (2). Nous ne discuterons pas ici sur
l’étymologie de ce nom de lieu ; acceptons
celle qui nous est proposée et disons que cette
localité est bien digne de son nom : maison
du roi, maison seigneuriale.
Villages de Bassillac
Il y aurait encore plusieurs choses intéres
santes à dire sur les villages groupés autour
du bourg de Bassiilac pour former avec lui
une même commune. Donnons-en au moins
les noms dans l’ordre alphabétique. Inutile
d’avertir que ces noms ont souvent changé
d’orthographe. Les voici : 1 Les Granges,
2 La Bleynie, 3 Les Bordes, 4 Boulogne, 5
Chabane 6 Caillauguet, 7 Chabroulie, 8 Combaloux, 9 Crouzen (grand et petit), 10 Dangoût, 11 Faucheries, 12 Fonduzerche, 13 Fos(1) Ibid. p. G.
(2) Basileus, roi.
>
,
— 13 —
ses, 14 Guéraide 15 Goudeau, 16 Jarjalesse,
17 Lacpayaut, 18 Lavalade, 19 Lafarge, 20 La
Frontie, 21 La Boutonne, 22 Les Cabanne?,
23 La Clavelie; 2A La Plaine, 25 La Grave,
S6 Lesparay, 27 La Roquette, 28 Magrès, 29
Meycourby, 30 Merlhes, 31 Monferier, 32 Mevrinas, 33 Pradou, 3A Pianège, 35 Puysorbier,
36 Pinfac, 37 Pouyet, 38 Puyloriol, 39QuatreChemins, 40 Rognae, Al Petit-Rognac, 42 Sannars, A3 Singlou, 44 Le Tuquet, 45 Les Vicaries.
Le village de Meycourby était le lieu d’ori
gine de la famille du même nom.
Parmi tous ces noms, plusieurs commen
cent, comme pn beaucoup d’autres endroits
eu France, par les monosyllabes Pey, Pouy,
Mont. C’est là une désignation de lieux plus
ou moins élevés. Les noints les plus hauts
de la commune sont Monferrier, Merlhes, La
Bleynie, Puysorbier, Meycourby, Le Pouyet
(Poyetum, Petit puy, petite élévation). On
voit de très jolies maisons bourgeo'ses, des
chalets modernes, dans ces différents endroits : au Pouyet, la belle maison de la fa
mille Laronde : à Mouferrier la maison de
M. Rafaillac; à Boulogne,celle de M. Lacoste;
à Merlhes, celle de M. Arnal ; à Meycourby,
la gracieuse habitation de M. Bonnet ; à la
Boutonne, celle de Mlle Duvaleix ; enfla au
Crouzen, celle de M. Chapotel. Partout sites
variés, riants paysages, charmilles, bosquets
autour des maisons et bois un peu rares sur
la cime des collines.
Bassillac à l'époque de la guerre
des Croquants (1594)
Dans un extrait du Livre noir du Consulat
de Périgueux, copié par Leydet et Prunis
— 14 —
Bibl. nat., t. XIII) et reproduit dans le Bulle
tin de la Société historique et archéologique
du Périgord, par M. de Roumejoux (Tome
XI, p. 487-491), Bassillac est plusieurs fois
mentionné à propos de la révolte des Cro
quants. Pourquoi ne citerions-nous pas ici
les passages relatifs à cette localité, en
laissant au style la naïveté et ia saveur du
temps?
En ladite année (1594), le peuple du plat pays de
Limousin et de Périgord se leva et prit les armes,
disant qu’on l’avoit trop oppressé de subsides, de
façon qu’on avoit fait à Bergerac, à Grignols, Exideuil et autres lieux, plus de deux cents paysans
prisonniers pour les tailles. Les gentilshommes les
faisoient travailler à leurs héritages sans les payer,
ce qu’ils ne vouloient plus souffrir,et, pour l’empescher s’assemblent en plusieurs lieux du Périgord,
en diverses fois, au nombre de douze à quinze
mille hommes, et les paroisses qui étoient comman
dées qui ne se tenoient au lieu de l’assemblée, le
peuple alloit sur ce lieu les ravager, arracher les
vignes, les bleds, etc., et s’approchèrent de plu
sieurs maisons de gentilshommes pour les assiéger,
lesquels furent contraints de composer avec eux et
de leur octroyer une partie de ce qu’ils demandoient.
Le 15 may, une partie dudit peuple du plat pays
qu’on appeloit Crocquants ou Tard-advisés. s'as
sembla près d’Atur, au nombre de quinze mille
hommes ou environ, vinrent ce dit jour, jusque
près Saint-Georges, ou estant renvoyèrent en cette
ville (Périgueux) vers M. le Maire, un nommé Lavergne et un nommé Gelin de St-Sever, lesquels
disoient avoir charge dudit peuple, proposer ce qui
les avoit induits à s’eslever.
Le maire de Périgueux, Raymond Girard
de Langlade, ayant connu le but de ce sou
lèvement, refusa de prêter les canons de la
ville. Les troupes se dirigèrent sur Grignols,
15 —
et obtinrent la délivrance des prisonniers
enfermés dans le château.
Il y eut rassemblement de Croquants à
Excideuil, àTrélissac, Champcevinel. La ville
de Lisle fut prise ; les soldats, qui gar
daient le château, fuient chassés. D’après
Palma-Cayet (Chronologie novenaire, livre
VI), ces troupes victorieuses se rendirent
près de Bergerac, à la Boule, où se trouvè
rent rassemblés près de quarante mille hom
mes, les uns armés, les autres presque nus
et presque tous sans chausses ni souliers.
M. de Bourdeille fut en personne leur remontrer
leur faute et leur fit lever la main qu'ils n’entreprendroient rien contre le service et l’autorité du roy ;
mais ils ne durent guère leur promesse, car exci
tez par La Saigne, ils menaçoient de s’emparer de
Périgueux, de détruire la noblesse et d'être francs
de tout; les métayers mêmes levoient ia tète contre
leurs maîtres, surtout aux paroisses de Bassillac,
St-Laurent et autres près de la ville, où leur bru
talité fut telle qu’ils entreprirent plusieurs fois arrester les vivres qu’on portoit en la ville.
Un arrêt du parlement de Bordeaux enjoi
gnit à M. de Bourdeiile, sénéchal et gouver
neur du Périgord,de réprimer par force «ces
émotions ».
M. de Bourdeiile s’entendit avec le maire (de Pégueux) et les consuls pour aviser aux moyens de
taire cesser pacifiquement les troubles; il fut conve
nu avec les chefs insurgés, La Saigne (notaire de
Ladouze) et autres, qu’ils auroient pour s’entendre
une entrevue au château de Crognac (8 août); le
maire leur adressa des remontrances par lesquelles
il leur faisoit voir les dangers auxquels ils s’exposoient de se révolter ainsi contre le pouvoir du roy
et contre la sûreté de-la ville, que s'ils avoient à se
— 16 —
plaindre, ils n’avoiant qu’à envoyer des députés
vers le roy pour luy porter leurs plaintes.
Le mardi 19 août, un siège eut lieu à Négrondes, où 1,200 arquebusiers s'étaient bar
ricadés. M. de Bourdeille les attaqua avec
8 à 900 hommes de pied et 140 chevaux.
Les assiégés furent aisément pris ; ils ti
raient tous à la fois ; ils abandonnèrent leurs
barricades.
Il n’y eut pas de paysans tués, parce qu’à la foule
ils s’étoient retirés dans la ville et dans une vieille
tour carrée, dont le lendemain ils sortirent,
s’étant rendus à discrétion, qui fut celle qae—lous—
furent désarmés et deux chels pendus,
,
Le lendemain (2O août), M. de Bourdeilk séjourna
vers Sorges, de iâ vers Sarliac et Bassillac qui
avoient été abandonnés.
[ ü h I- b I
Un autre combat eu lieu, le 21 août, à StCrépin. Il mourut cent ou cent viugt pay
sans du côté des assiégés. Du côté du sieur
de Bourdeille mourut seulement le jeune
sieur de Longac de La Barrière, âgé de 18
ans, et un autre gentilhomme appelé La Filolie.
Le reste de ce peuple et ceux qui éloient dans le
bourg de Saint-Crépin, favorisés de la nuit, se re
tirèrent de ça et de là ; ce fut la fin de ce grand
soulèvement, qui avoit fait voir aux champs plus
de quinze mille hommes.
Ls lecteur a pu saisir le rôle que Bassil
lac joua dans cette guerre des Croquants.
Un autre soulèvement du même genre
eut lieu à partir de l’année 1636. Il se porta,
en Périgord, vers Bergerac et quelques
bourgs du Sarladais. Bassillac n’y eut au
cune part.
