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Médias

Fait partie de Paul Dupont aux élections législatives de 1869

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ÉLECTIONS LÉGISLATIVES DE 1869.
(lre Circonscription électorale de la Dordogne.)

M. PAUL DUPONT,
CANDIDAT OFFICIEL.

M, Paul Dupont est député au corps législatif depuis dix-huit ans. Elu en 185à, il fut
désigné tout d’abord aux suffrages des électeurs par sa notoriété, par la grarlffiT s/lattfion
qu'il avait b Paris et par ses qualités personnelles, qui continuaient les traditions’d’hon­
neur et de dévouement de son frère Auguste Dupont, représentant du peuple a l’assemblée
constituante, tué fatalement en duel par M. Chavoix, dans des circonstances dont le sou­
venir né s’est pas encore effacé.
A peine-a la chambre, M. Paul Dupont ne tarda pas a acquérir la situation que lui
assignaient son expérience et sa connaissance approfondie des affaires. 11 a pris part à la
discussion des lois les plus importantes, et ses observations ont été constamment inspi­
rées par les sentiments d’un sage libéralisme. Nous ne saurions énumérer ici tous les dis­
cours qu’il a prononcés, soit en séance publique, soit dans les comités. Bornons-nous à
rappeler son intervention très active et toujours appréciée dans la discussion des projets
de loi : sur l’organisation des conseils de prud’hommes, — sur la caisse des retraites
pour la vieillesse, — sur les pensions civiles, — sur le libre écoulement des eaux prove­
nant dii drainage, — sur les livrets d’ouvriers, — sur le transport par la poste des im­
primés et papiers d’affaires et de commerce, — sur le code de justice militaire pour
l’armée de mer,— sur les patentes, — sur le transport par la poste des valeurs déclarées,
— sur lés crédits supplémentaires, — sur la dotation de l’armée, sur la modification -du—personnel des cours et tribunaux de l’Empire, — sur l’exemption des droits de timbre et
de poste en-Sjtyeur des suppléments de journaux consacrés a la publication des débats lé­
gislatifs, — sur la prohibition de sortie des drilles ou chiffons destinés à la fabrication du
papier, —sur la modification de la loi des pensions de l’armée de mer, — sur les modifi­
cations à introduire dans les conditions de la corréspondance télégraphique privée, — sur
la création d’une cinquième chambre civile à la cour impériale de Paris, — sur les droits
dés héritiers et des ayant-cause des auteurs, — sur le régime de la presse, — sur ren­
seignement primaire, — sur la création de deux caisses d’assurances en cas de décèsfit
en cas d’accidents résultant des travaux agricoles et industriels, etc., etc.
Plusieurs fois membre de la commission du budget, il a pris part chaque année li'Iâ
discussion des lois de finances, et toujours pour recommander l’ordre et l’économie dans
les dépenses. Ecoutons les- paroles qu’il prononçait dans la séance du iO juillet 1860 pour
démontrer la nécessité d’un contrôle efficace des chambres : « C’est un principe financier
» absolu, disait M. Paul Dupont à la tribune, qu’il n’existe pas de contrôle réel et efficace
» là où ce contrôle ne s’exerce que sur l’ensemble des opérations et non sur les détails.
» Alors même que des-dépenses ou des entreprises seraient justifiées et lie mériteraient que
» des élogès, faut-il encore que l'on nous consulte, qu’elles soient autorisées et que nous
» puissions ainsi nous assurer qu’on est resté dans la limite des crédits ouverts. Ce résul» tat, on ne l’atteindra jamais tant que les budgets spéciaux ne nous seront pas présentés
»'au même titre que'les autres budgets des ministères, tant qu’il n’y aura pas votepréa» labié et contrôle des chambres. »
Et M. Paul Dupont, développant sa pensée et continuant son raisonnement, ajoutait
ceci : « Notre système de comptabilité est admirable ; niais on dépense trop. Si notre
» budget va grossissant chaque année au-delà de toutes les prévisions, c’est à la faveur
»des crédits supplémentaires et extraordinaires qui surviennent en dehors des sessions,
» et absorbent, pour des dépenses extra-budgétaires et à l’avance, tous les excédants de
» recette. La faculté de virement d’un chapitre II un autre, le vote du budget par mi« nistère sont également des obstacles insurmontables aux réductions et aux économies.
» Si les doléances de la chambre à ce sujet iront point encore été écoutées, j’ai la con» fiance qu’elles le seront, et que tot ou tard une sage modification h l’article 12
» du sénatus-consulte du -M janvier I8i>2 viendra donner satisfaction h ceux qui se
» préoccupent avant tout d’équilibrer nos budgets, »
C'est ainsi que s’exprimait M. Paul Dupont avec une conviction prophétique. Cette ré­
formé qu'il appelait de tous ses vœux, et qu’il avait l’espoir de voir réaliser tôt ou ta--’
devait émaner bientôt de l’initiative impériale. Seize mois s’étaient à peine écoulés

ministre d’état, le 12 novembre 1861 , la lettre mémorable que chacun connaît : « De» puis longtemps, disait-il, ma préoccupation était de renfermer le budget dans des
» limites invariables. Le seul moyen d’y parvenir est d’abandonner résolument la faculté
# qui m’appartient d’ouvrir, en l’absence des chambres, des crédits nouveaux. Je viens
» donc vous prévenir de mes intentions de réunir le sénat pour lui faire connaître ma
» détermination de renoncer au pouvoir d’ouvrir, dans l’intervalle des sessions, des
» crédits supplémentaires ou extraordinaires. En renonçant au droit qui était également
» celui des souverains même constitutionnels, je pense faire une chose utile à la bonne
» gestion de nos finances. »
Chaque année, la discussion du budget a fourni à M. Paul Dupont l’occasion de signa­
ler les améliorations qui lui paraissaient réalisables et de prendre en main la défense d'in­
térêts en souffrance. On n’a pas oublié ses observations sur l'exécution de la loi des caisses
d’épargne, sur le service des inspecteurs primaires, sur les mesures h prendre pour faci­
liter aux sociétés coopératives l’acquisition de parcelles de bois de l’Etat, sur l’organi­
sation de notre système financier, sur la nécessité de réduire les droits de poste et de
timbre pour les brochures et imprimés. On n’a pas oublié non plus sa campagne en fa­
veur de l’augmentation de traitement des petits employés des administrations, campagne
fructueuse et dont les résultats profitent en ce moment à des milliers d’employés, recon­
naissants envers celui qui s’est constitué leur généreux défenseur.
-C’est en 1853, il y a déjà seize ans, que M. Paul Dupont a pris en main la cause de
cette classe intéressante de la société. « L’humanité et la justice, disait-il, veulent que
s tout homme qui consacre a l’Etat son intelligence et son temps puisse vivre honorable» ment. Les administrations publiques, sous peine d’être mal Servies et de ne pouvoir se
» recruter d’une façon convenable, doivent aux fonctionnaires qui les servent des avanit tages qui se rapprochent de ceux que leur offrirait l’industrie privée. » Depuis, JL Paul
Dupont n’a' cessé de plaider annuellement devant la chambre cette cause de justice et
d’humanité. En 1864, à la suite d’un discours qui eut du retentissement et dans lequel
M. Paul Dupont avait exposé en termes chaleureux la situation des employés, si mal
payés lorsqu’ils travaillent, plus mal traités encore quand on liquide leur pension, il reçut
de S. Exc. M. le ministre présidant le conseil d’Etat cette réponse satisfaisante : « Je
» remercie l’honorable Jl. Paul Dupont des observations qu il vient de présenter il la
a chambre, dans l’intérêt des nombreux employés de nos administrations. La bienveil» lance qu’il leur porte, le gouvernement la partage, et il fait aujourd’hui tous ses efforts
» pour arriver au but signalé, à la chambre. Le gouvernement marche, et il marche heu» reusement, vers les améliorations indiquées par JL Paul Dupont. »
Au surplus, Jl. Paul Dupont ne s’est pas borné il plaider la cause des employés et des
fonctionnaires devant le corps législatif ; il a fait appel à l’opinion publique par plusieurs
brochures exposant l’insuffisance des traitements et la nécessité d’une réorganisation des
administrations centrales ; l'opinion publique a répondu ; la cause est désormais gagnée.
La sollicitude de M. Paul Dupont, comme député, s’est également portée sur la classe
ouvrière. En 1860, on le voit demander a la chambre que les sommes remboursées sur
le prêt de 3 millions fait aux associations ouvrières soient appliquées à la dotation spé­
ciale des caissés de secours organisées dans les établissements industriels qui auront
associé leurs ouvriers aux bénéfices. A propos de la loi sur la caisse des retraites pour
la vieillesse, il fait entendre ces sages paroles aux adversaires de la loi : « Il y a aujour• d’hui en France trois grandes institutions populaires : la caisse d’épargne, les sociétés
» de secours mutuels, la caissedes retraites pour la vieillesse. On doit se garder de
» toucher à cet admirable ensemble d’institutions philanthropiques, destinées ’a donner à
t la société une force qu’elle n’a jamais eue encore, et à éteindre peut-être à jamais ces
a vieux ressentiments du pauvre contre le riche, qui se retrouvent au fond de toutes les
» révolutions. »
A la chambre, JL Paul Dupont s’est toujours fait remarquer par l’indépendance de sa
parole et de ses votes. Sincèrement dévoué au gouvernement, et fidèle aux sentiments de
la grande majorité conservatrice dont il est l’élu, il a conservé entière sa liberté d'appré­
ciation. On a vu plus haut le jugement qu’il portait ’a la tribune sur les crédits supplé­
mentaires. Dans la discussion de la loi des patentes, il a, en homme autorisé, signalé
les imperfections de cette loi, et l'expérience n’a que trop justifié ses prévisions. Sur la
grave question du pouvoir temporel du pape, qui a mis dans un juste émoi les conscien­
ces catholiques, JL Paul Dupont n’a pas hésité a appuyer de son vote une politique con­
forme à la dignité nationale et aux traditions de notre vieille France.
On se rappelle son attitude lors de la mémorable discussion qui eut lieu l'année der­
nière au sujet des interpellations de JIM. Pouyer-Quertier, Jules Drame, Kolb-Bernard et
plusieurs de leurs collègues, sur les conséquences du régime économique de la France.
M. Paul Dupont, dévoué avant tout aux intérêts de la circonscription qu’il représente au
corps législatif, fut au nombre des quatre-vingts députés qui défendirent par leur vote le
cause du travail national. Le journal spécial de la métallurgie, Y Ancre de Saint-Dizier, a
signalé ce vote en termes pleins de reconnaissance : « Nous savons, disait cette feuille

«dans son numéro du 23 juin 1868, que nous avons sur les banés du corps législatif
» quatre-vingts défenseurs ; notre devoir est de leur continuer le mandat qu’ils tiennent
» de nous. 11 est bon que tout le monde sache que, sur quatre députés qu’a le département
» de la Dordogne, un seul, M. Paul Dupont, s’est prononcé au vote du 20 mai. Nous
s saurons l’en remercier h l'occasion ! »
Comme député, M. Paul Dupont s’est associé b tout ce qui peut contribuer au dévelop­
pement de la prospérité de notre département. 11 a été le rapporteur de presque tous les
projets de loi d’intérêt local qui ont aidé à ce développement, tels que projets d'emprunts
et d'impositions extraordinaires votés par le conseil général de la Dordogne, projets
d’embellissements votés par la ville de Périgueux, délimitation de communes, etc. On a
gardé le souvenir de son remarquable rapport sur le projet de loi tendant b accorder une
pension, b titre de récompense nationale, à la veuve de l'illustre maréchal Bugeaud
duc d’Isly.
M. Paul Dupont a présenté b la chambre plusieurs amendements, qu'il a développés.
On sait avec quelle sollicitude il s’est occupé du sort des officiers en retraite, de la situa­
tion des desservants et de celle des instituteurs primaires. Un des derniers amendements
que nous avons sous les yeux est celui qu’il a présenté et développé le 10. juillet 1868,
lequel avait pour but d’augmenter de 200,000 fr. le crédit des pensions, afin de faire
face , dès l’année 1869, aux excédants de dépense qu'amènera la loi des pensions civiles
soumise au conseil d’état, et qui est si impatiemment attendue, disait Jl. Paul Dupont,
par tous les fonctionnaires et employés de nos diverses administrations.
Un journal d'opposition, la Presse, a dit, avec raison, que Jl. Paul Dupont, doué
d’une activité prodigieuse, est un des députés les plus assidus aux séances. Dans la der­
nière législature, il a été nommé membre de soixante-une commissions ; il a fait quatre
rapports et prononcé neuf discours.
Avant que les suffrages des électeurs de l’arrondissement de Périgueux, ses conci­
toyens, ne l’eussent appelé au corps législatif, Jl, Paul Dupont occupait un rang élevé
dans l'industrie parisienne. Fort jeune, il avait quitté Périgueux, sa ville natale, pour
fonder b Paris, en 1817,.un établissement d’imprimerie qui devait atteindre, en peu
d’années, le plus haut degré de prospérité. Actuellement, sa maison de Paris et son an­
nexe de Clichy occupent environ quinze cents personnes. Jl. Paul Dupont est le chef
bienveillant de cette vaste famille. C’est là qu’il met en pratique, au profit de ses ou­
vriers, quelques-unes des idées philanthropiques et sainement socialistes qu’il a plusieurs
fois émises dans le sein du corps législatif. Les ouvriers sont associés aux bénéfices de la
maison, b raison de 10 0/0, et les fonds provenant de ces bénéfices sont inscrits sur des
livrets individuels, formant ainsi une réserve qui s'élève déjà à 68,500 fr. Une caisse
commune, au capital de 100,000 fr., surveillée par les ouvriers eux-mêmes, leur fournit,
a titre de prêt-d’honneur, l’argent qui leur est nécessaire pour des besoins légitimes.
Une caisse de secours vient en aide, par des dons, aux ouvriers infirmes de la maison.
Une société de secours mutuels , organisée depuis peu d’années entre les ouvriers et les
employés, possède déjà un capital de 13,950 fr. Une caisse pour pensions de retraites,
alimentée suffisamment, et dont le capital dépassera cette année 23,000 fr., permet de
constituer des pensions de retraites b ceux qui, ayant soixante ans d’âge, sont empêchés de
travailler par suite d’infirmités. Les soins du médecin et les médicaments sont gratuits
pour tous les travailleurs. Les objets de consommation, bois, charbon, légumes, vin,
leur sont délivrés au prix coûtant, sous la surveillance d’une commission d’ouvriers,
choisie par les ouvriers eux-mêmes. Une école primaire, une école de filles pour les ap­
prenties, un cours d'instruction religieuse, un cours de chant, une bibliothèque sont an­
nexés b la maison. Un ouvroir ou atelier destiné à la confection de vêtements pour les
pauvres est installé dans une partie de l’établissement, et les étoffes en sont fournies gra­
tuitement par la maison. Une combinaison financière permet a chaque ouvrier de devenir
propriétaire d’une maison et de se libérer complètement dans un délai de 12 ans, sans
avoir b supporter une charge sensible. On peut dire que toutes les institutions utiles,
éparses dans d’autres établissements, se trouvent réunies dans l’imprimerie Paul Dupont.
C’est à M. Paul Dupont que revient l’honneur d’avoir le premier occupé les femmes aux
travaux typographiques, pour lesquels elles ont une aptitude prononcée et qui leur créent
une existence heureuse et libre. Elles sont déjb au nombre d’une centaine. On sait toutes
les difficultés qui ont été suscitées b l’auteur <le cette philanthropique et généreuse initia­
tive. Grâce au ciel, elle a réussi, et, à l’heure qu’il est, cent familles bénissent le nom
de leur bienfaiteur.
Au surplus, l’étude des questions sociales est depuis longtemps familière à JL Paul
Dupont. En 1830, il publiait une brochure ayant pour titre : Deux mois sur l’Assistance
et le Socialisme, a propos d’une association de bienfaisance qu’il proposait de fonder
entre tous les gardes nationaux et habitants de la rue de Grenellc-Saint-Honoré. Dans
cette brochure, il démontrait la nécessité d'organiser sur de nouvelles bases l’assistance
publique et les bureaux de bienfaisance. « La mendicité, qui est une honte pour le pays,
» disait-il, doit disparaître. Le plus sûr moyen de combattre le socialisme est de lui
t prendrg ee qu’il a de bon. »

Trois ans plus tard, en 1833, M. Paul Dupont fondait à Saint-Astier cette admirable
institution du prêt-d’honneur, ayant, pour but de venir en aide aux habitants de la com­
mune, en leur prêtant pour un temps déterminé, à un modique intérêt de 2 1/2 0/0,
sans autre engagement que celui d'une parole d’honneur, les sommes dont ils peuvent
avoir besoin pour dépenses légitimes et utiles à leur famille. Cette institution a surtout
en vue, dans la pensée du fondateur, de conserver la propriété, d’empêcher le morcelle­
ment des petits héritages, de combattre l’usure et de seconder l’ouvrier laborieux. Depuis
seize ans qu’elle existe , on n'a pas eu l’exemple d’un seul débiteur insolvable ou d’un
mauvais payeur, tant est profond le sentiment de l’honneur dans nos campagnes. Mgr Baudry, évêque de Périgueux, de vénérée et sainte mémoire, exprimait en ces termes, dans
une lettre adressée d’Amélie-les-Bains, le 18 décembre 1861, à M. le curé de Saint-As­
tier, sa reconnaissance envers M. Paul Dupont : « Qu’il soit béni cet. homme dévoué aux
» intérêts industriels, moraux et religieux de nos contrées, qui dota Saint-Astier de la
» belle institution du prêt-d’honneur! »
' Dans les rares loisirs que lui laisse une vie si bien remplie, M. Paul Dupont a pu écrire
plusieurs ouvrages de législation fort estimés, une Histoire de l’imprimerie, en 2 volumes,
diverses brochures sur l'insuffisance des traitements des employés de l’Etat, et sur la
nécessité de réorganiser les administrations centrales; et en dernier lieu un fort volume
illustré ayant pour titre : Une imprimerie en 4867.
M. Paul Dupont, nommé chevalier de la Légion-d’Honneur, comme industriel, a la suite
de l’exposition universelle de 1852, sur la proposition du jury, a été promu au grade
d’officier, toujours comme industriel, et sur la proposition du jury, ’a la suite de P exposi­
tion universelle de 1867. C’est b l’occasion de ces deux récompenses que, par deux fois ,
les ouvriers de M. Paul Dupont ont sollicité et obtenu l'honneur de remercier le chef de
l’Etat, la première fois a Saint-Cloud comme president de la République, et, plus récem­
ment aux Tuileries. Touchante preuve d’attachement qu’il n’a peut-être jamais été donné
a un autre patron de recevoir.
Les journaux ont raconté cette dernière manifestation, et ont donné des détails pleins
d'enseignement et d’intérêt. La demande d’audience adressée a M. le duc de Bassano
portait ce qui suit : « Les ouvriers de M. Paul Dupont sollicitent l’honneur d’être admis
«S'inscrire leurs noms aux Tuileries, afin de témoigner à l'Empereur la joie que leur
» cause la nomination de leur patron au grade d’officier de la Légion-d’Honneur, et les
» sentiments de profonde reconnaissance que leur inspire cet acte de haute bienveillance,
s Ils seraient heureux en outre que Sa Majesté daignât recevoir près d’elle, non pas la
» totalité des ouvriers, car ils sont au nombre de douze cents, mais quelques-uns de leurs.
» délégués qui ont été chargés de lui remettre une adresse. »
L’audience ayant été accordée, les délégués se rendirent aux Tuileries le 12 janvier
1868, pour présenter h l’Empereur l’adresse votée par eux la veille et revêtue de douze
cents signatures. Après avoir écouté bienveillamment la lecture de l'adresse , l’Empereur
répondit « qu’il était heureux de la manifestation dont la nomination de M. Paul Dupont
était l'objet; qu’en élevant cet imprimeur au grade d’officier de la Légion-d’Honneur, il
avait voulu récompenser l’industriel éminent dont les pioduits avaient été si justement
reinarqués a l’exposition universelle. » Sa Majesté ajouta : « Je vous remercie, niessieurs,
» -de la démarche que vous faites près de njoi ; elle honore autant M. Paul Dupont que
» -vous-mêmes, car la distinction qui lui a été conférée Ta été surtout au .patron qui a
» introduit chez lui le principe de la solidarité des intérêts du maître et de l’ouvrier, et
-i elle me prouve que vous appréciez sainement les bienfaits qui doivent résulter pour
- la classe ouvrière de ce'nouveau principe introduit dans l’industrie. »
Nous n’avons plus qu'un mot à dire, et nous terminons.
Au lendemain d’une de ses élections, M. Paul Dupont, reconnaissant des suffrages
qu’il venait de recevoir, adressa à tous les électeurs de la première circonscription une
lettre de remercîments dans laquelle on lisait le passage suivant : « Les électeurs qui,
» par des motifs que je respecte, m’ont refusé leurs suffrages, n’en doivent pas moins me
» considérer comme leur mandataire, et être bien persuadés qu’ils trouveront toujours en
- moi un député disposé a appuyer leurs demandes légitimes. Après le combat, il. n’y a
» plus d’adversaires. »
Le département de la Dordogne tout entier.est Ta pour attester que M. Paul Dupont a
tenu parole ! Amis ou ennemis, partisans ou adversaires, lui rendront le témoignage que
son influence a été constamment au service de ceux qui se sont adressés à lui, sans dis­
tinction d’opinions ni de parti. Sa réputation d’homme serviable est solidement établie.
Les Périgourdins que leurs intérêts appellent à Paris trouvent chez lui un accueil toujours
bienveillant et empressé. Les services qu'il a rendus comme député pendant ses dix-huit
années de législature ne sauraient se compter. Aussi désintéressé euvers lui-même que
dévoué à ses commettants, il n'a jamais rien sollicité ni pour lui ni pour les siens. Indus­
triel il est entré au corps législatif en 1832 ; — industriel il est sorti en 1869.

EUGÈNE MASSOUBRE.

Périgueux, Dupont et C.

»

Mes chers Electeurs et Amis,
Vous avez bien voulu, pendant quatre élections successives,
m’honorer de vos suffrages. Ils m’ont été d’autant nlus pré­
cieux que je ne les avais pas: sollicités.
Jeji’hésitè pas à tn’adrdsser directement à vous aujourd'hui,
où il sagit do consolider nos institutions libérales et d’assurer
le bonheur de notre pays.
~C K ' '4
Pour satisfaire aux vœux de la nation, l’Empereur, avec
une abnégation qu’on ne saurait trop admirer, s’est sponta­
nément démis de toutes les prérogatives qu’il tenait de la
constitution de 1852; malgré les attaques les plus injustes et
les plus passionnées, il a marché d’un pas résolu dans la voie
nouvelle qu’il s’était tracé. C’est ainsi que, depuis quelques
mois, il nous a donné :

La liberté de la presse,
Le droit de réunion ,

La libre tribune au corps législatif,

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tives il’assassinat se multiplient , l’émeute ensanglante la rue
et traîne a sa suite la république démocratique et sociale,
dont vous ne voulez pas.

Votre député s’adresse donc à vous en cette circonstance
solennelle. Au nom de la confiance dont vous l’avez honoré
jusqu’à ce jour, au nom du dévouement qu’il n’acessé, depuis
20 ans, de portera vos intérêts publics et privés, il vous
conjure de rester encore aujourd’hui en communauté de sen­
timents avec lui et de répondre par une adhésion unanime à
l’appel que vous fait l'Empereur.
Pail »UI*O.VI.

Députï au coi'fis léyislari

lmp Dupont et et —M. 7“