FRB243226101_PZ_2114.pdf
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Fait partie de Essai de statistique communale : Saint-Lazare, département de la Dordogne, arrondissement de Sarlat, canton de Terrasson
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-
STATISTIQUE
COMMUNALE.
SAINT-LAZARE
DEPARTEMENT DE LA DORDOGNE , ARRONDISSEMENT
•DE SARLAT, CANTON DE TERRASSON.
A PERIGUEUX
CHEZ F. DUPONT, PÈRE, IMPRIMEUR
DE LA PRÉFECTURE.
ESSAI
DE
STATISTIQUE
COMMUNALE.
ESSAI
DF.
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STATISTIQUE
COMMUNALE.
SAINT-LAZARE,
DÉPARTEMENT DE LA DORDOGNE, ARRÔND1SSE7AENT
DE SARLAT, CANTON DE TERRASSON.
A PÉRIGUEUX,
CHEZ F. DUPONT, PÈRE, IMPRIMEUR
DE LA PRÉFECTURE»
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ESSAI
DE
STATISTIQUE COMMUNALE.
SAINT-LAZARE,
DÉPARTEMENT DE LA DORDOGNE, ARRONDISSEMENT
DE SARLAT, CANTON DE TERRASSON (*).
Le département de la Dordogne renferme un grand
nombre de communes plus importantes que celle dont
j’essaie aujourd’hui la statistique; et Saint-Lazare, où
l’on ne voit ni beaux édifices, ni grands monuméns, ni
antiquités remarquables, enfin presque rien de ce qui
pique ordinairement le plus la curiosité des lecteurs,
semble d’abord peu digne d’attention. J’en conviens;
mais cette petite commune, reculée à l’extrémité nord
du département, bien qu’éloignée des grands centres de
civilisation, sans revenus publics, et pour ainsi dire
(1) Cel Essai et les deux petites Notices qui le suivent sont extraits
de l’Annuaire de la Dordogne, année i834. -
2
ESSAI DE STATISTIQUE
réduite à elle-même, n’en présente pas moins un frap
pant exemple d’amélioration et de progrès, soit agri
coles, soit industriels. Cette prospérité étant le fruit de
la sagesse de son administration, des conseils, des exem
ples et de l’excellent esprit de quelques hommes, j’ai pu
croire que mon travail sur Saint-Lazare ne serait pas
tout-à-fait dénué d’intérêt.
Limites de la-commune t sa configuration, son aspect.
La commune/ait partie de l’arrondissement de Sarlat
et du canton de Terrasson. Elle est bornée au nord par
le chemin de Lacombe à Marcouat et par le petit ruis
seau de rElle(i); à l’est, par la commune de Lavilledieu; au sud, par la Vézère; à l’ouest, parla commune
de Beauregard. Sa figure est celle d’un polygone irrégu
lier, étroit au nord et au sud, s’étendant à l’ouest, et
dont la limite orientale, presque droite, ne présente
que des angles peu prononcés. Sa plus grande longueur
est du nord au sud. Une ligne tirée du point on le ruis(j) VElle prend sa source dans le déparlement de la Corrcze,
reçoit plusieurs petits ruisseaux, passe à Villiac et se jette dans la
Vézère au-dessous de Terrasson. Son nom paraît être d’origine cel
tique, ainsi que ccjix de Marcouat cl- de la Douch. II est à remarquer
que sur les confins des communes de Saint-Lazarc cl de Beauregard,
il existe une grotte où les Gaulois fabriquèrent jadis des armes .en
pierre. Nous parlerons ailleurs de celte grot,te.
COMMUNALE.
•
3\
seau de l’Elle coupe le chemin de Marcouat jusqu’au
coude que forme la Vézère à la jonction des communes
de Condat et de Terrasson aurait 3,400 mètres. Sa plus
grande largeur est de l’est à l’ouest, et la ligne que l’on
tirerait dans celte direction , de l’angle saillant sous la
Doueh à la limite orientale, serait de 2,000 mètres.
La grande route de Périgueux à Lyon traverse la com
mune de l’est à l’ouest et la divise en deux parties Lien
distinctes, la plaine et le pays de coteau. La plaine est
au sud, dans la vallée de la Vézère; le pays de coteau
est au nord, et s’élève de plus en plus dans cette direc
tion. La plus haute sommité de la commune porte le noni;
de Poujoulou (1). C’est une petite montagne conique,
arrondie, dont la tète, couronnée d’un taillis de chêne,
se fai,t remarquer au loin, contrastant en toute saison ,
ou par son vert particulier, ou par sa 1 vu te plus sojnbre, avec les vignobles répandus sur les pentes qu’elle
domine.
Du haut du Poujoulouon découvre toute la commune,
et l’œil plongeant dans la vallée peut y suivre les nom
breuses sinuosités de la Vézère, dont le cours capricieux
semble, en multipliant les tableaux, agrandir les plaines
qu’elle arrose. En face du Poujoulour sur l’agtrc. rive?.
(1) Poujoulou : pui, montagne au loup.
fl
ESSAI DE STATISTIQUE
s’élève brusquement un coteau escarpé dont la pente
abrupte, couverte de délitemens calcaires mille et mille
fois brisés, ne présente aux regards qu’un rideau nu,
blanchâtre, sans traces de verdure, véritable image d’un
désert pour jamais frappé de stérilité(r). On dirait que
le ciel l’a dressé là, et comme un terme de comparaison
propre à rendre plus chers à l’habitant de Saint-Lazare
les champs heureux qu’il cultive, et comme une leçon
destinée à l’avertir de ne pas défricher tous les bois de
ses coteaux. Celui-ci dont la nudité l’afflige a connu
de meilleurs jours : on y distingue encore des vestiges
de culture, et aujourd’hui les plantes les moins exigean
tes refusent d’y végéter!... L’imprévoyance commença
l’ouvrage, les météores l’ont achevé.
Au pied de cette côte désolée, et de la rive gauche de
la Vézère, le taWeau que présente Saint-Lazare peut don
ner de cette commune une idée plus exacte. L’observa(i) Pour justifier ce que je dis plus bas des causes présumées qui
ont totalement dénudé ce malheureux coteau, je dois remarquer
que, vers le nord, il est encore couvert d’un taillis végétant assez
vigoureusement sur un sol en tout semblable à celui dont il est la
suite. Que l’on défriche ce taillis, avant peu d’années le roc se déli
tera par feuillets; ces feuillets, entraînés par les eaux pluviales, glis
seront les uns sur les autres, se diviseront encore; le peu de terre
qui les couvre descendra avec eux au pied de l’escarpement, et tout
le coteau ne présentera plus que l’image uniforme d’une complète
stérilité.
COMMUNALE.
5
teur a devant soi la rivière qui tantôt fuit en bouillon
nant dans certains endroits brisée par des bancs de grès
houiller, tantôt serpente entre de petits îlots verdoyans
peuplés de lapins et d’oiseaux. Sur l’autre rive s’étend
la plaine. Elle est un peu nue, mais fertile. Quelques
châtaigniers séculaires qui s’y montrent de loin en loin,
et surtout la variété des cultures rompent l’uniformité
du tableau. On y voit de vertes prairies entremêlées à
des terres labourées que se partagent les céréales, les
fourrages, les légumes, le lin, tous les genres de pro
duits agricoles. Plus loin, au nord, entre des lignes de
peupliers, de chênes, d’ormeaux, de châtaigniers et de
noyers qui marquent par endroits le trajet de la grande
route, on distingue au pied des coteaux deux petits vil
lages, quelques maisons isolées, et au-dessus d’elles, le
long des pentes jusqu’aux sommités, dés vignobles, des
terres à blé, beaucoup de petites propriétés entourées
d’arbres, partout des terrains soigneusement cultivés,
agrestes images qui donnent une idée avantageuse'du
sol et de l’habitant.
Constitution géologique. — Nature du sol.
Pour faire connaître la constitution géologique de îa
commune de Saint-Lazare, il me suffira de présenter ici
en peu de mots le résultat des observations de M. Brard,
6
ESSAI DE STATISTIQUE
savant minéralogiste qui a fait une étude particulière de
ces terrains. Voici leur ordre de superposition, en des
cendant du sommet du Poujoulou jusqu’au bord de la
Vézère.
Formation calcaire.— i.° Au sommet du Poujoulou,
calcaire jaune lamellaire, contenant ça et là quelques
bélemnites.
2. ° Grès composé de grains de quartz hyalin, agglu
tinés par un ciment calcaire. Ce singulier grès ne forme
qu’une couche très mince, difficile à trouver, à moins
qu’on ne la cherche avec beaucoup d’attention.
3. ° Calcaire blanc, lavé de rose, très finement ooliti-
que, en bancs assez épais, et susceptible d’être em
ployé en pierres de taille (i).
4. ° Calcaire marneux, blanc, très friable.
5. -° Calcaire caverneux, riche eu magnésie. Il repose
immédiatement sur le premier banc de grès houiller, et
cette superposition est évidente sur plusieurs points,
particulièrement dans le chemin creux dn village delà
Doueh et à Saint-Lazare même, qui est bâti sur le grès
nommé aragne dans le pays (2).
(1) La verrerie de Saint-Lazare est bâtie avec ce calcaire; on l’a
employé aussi à la construction du canal.
(?) Celle superposition du calcaire caverneux s’étend au-delà de
COMMUNALE.
7
Formation houillère. — Elle succèdç immédiatement
à la formation calcaire, et descend jnsqnc dans le lit de
la Vézère. Elle est composée, comme partout ailleurs,
de bancs et de lits successifs de grès et de schistes, mi
cacés , au milieu desquels on trouve des afflenremens
de bouille , dont les six principaux se montrent au jour
dans le périmètre de la commune de Saint-Lazare. L’un
de ces six afflenremens, qui paraissait à découvert dans
un profond ravin maintenant tout-à-fait comblé par
la route, est celui que depuis cinquante ans l’on a
successivement attaqué et abandonné à plusieurs repri
ses. Enfin, en 1816, soumis à une exploitation régu
lière , il a donné naissance aux mines et à la verrerie du
Lard in.
Cette formation houillère est très riche en belles em
preintes de pteris et de calamites, ci tés pour la plupart
dans le bel ouvrage de M. Brougniart fils sur les vé
gétaux fossiles; elle renferme accidentellement du fer
carbonate litboïde plus ou moins riche.
Alluvions. — Le terrain houiller se cache sous les
cultures de la plaine ; et si l’on examine les berges de
Saint-Lazare; la grotte de Badegol-, dans Bcaurcgard, en offre un
exemple, cl l’on pourrait probablement citer d’autres exemples de
ce genre si le pays >e'taib exploré.
8
ESSAI DE STATISTIQUE
la rivière, on reconnaît qu’il est recouvert d’une cou
che de galets et de sable, qui ne peut être que l’ancien
lit de la Vézère, soit qu’elle ait occupé toute la vallée,
soit que, par des changemens de cours, elle l’ait succes
sivement parcourne. Cette couche alluvionnelle a cela
de remarquable , qu’elle est pénétrée d’une quantité
d’eau si considérable, qu’il suffit de la percer pour
donner naissance à une fontaine inépuisable.
La terre végétale de la plaine est généralement lé
gère, sablonneuse et micacée; mais dans quelques parties
le sol est gras et très argileux. Ces deux natures de
terre appartiennent évidemment au vieux lit de la Vé
zère: elles jouissent à un assez haut degré de la fertilité
des fonds alluvionnels.
Sur les coteaux, la couche végétale, modifiée par les
deux formations qu’elle recouvre, est en général une
terre forte, divisée tantôt par des fragmens calcaires ,
tantôt par de gros cailloux, des grès désagrégés ou
brisés : elle est d’nne fertilité moyenne.
Dans les vallons, l’argile domine : ils renferment des
prairies meilleures que celles de la plaine.
La commune de Saint-Lazare, entourée du nord à
l’est par le ruisseau de l’Elle, et du nord-est à l’ouest
par la Vézère, n’est arrosée à l’intérieur que par un
petit ruisseau qui porte le nom de la commune, des-
COMMUNALE.
9
cend du nord au sud, traverse la grande route au
lieu dit le Rien, et se rend à la Vézère. Ce cours d’eau,
formé par la réunion de plusieurs sources qui se trou
vent au village de l’Age et sortent du grès houiller,
entretient une fraîcheur délicieuse dans le joli vallon
qu’il arrose.
Saint-Lazare renferme encore d’autres fontaines,
dont la principale est celle qui coule au village de la
Doueh. Elle prend naissance dans le calcaire caver
neux, ne tarit jamais, et son volume est assez souvent
d’un pouce fontainier. Un petit arceau à plein ceintre
permet aux femmes d’y laver le linge à couvert; mais
avec une faible dépense, il serait possible d’y établir
un grand lavoir public.
Antiquités. — Population. — Mœurs.
Quelques noms de lieu qui paraissent avoir une origine
celtique, et une petite fabrique d’armes en silex, établie,
jadis aux limites memes de Saint-Lazare (i), semblent
indiquer que l’endroit fut habité dès la plus haute an
tiquité; mais d’un temps si reculé il ne reste que ces
faibles vestiges. Les Romains, qui vinrent après les
Gaulois, n’ont aussi laissé dans le pays que la trace dé
(i) Nous indiquons encore ici la grotte de Badcgol; bientôt nous
la ferons connaître.
à
TO
ESSAI DE STATISTIQUE
l'ëhr passage. En ouvrant la route de Lyon à Bordeaux,
on découvrit plusieurs amas de tuiles à rebords d’nne
grande épaisseur, et un four à chaux creusé en terre
suivant l’usage antique : il renfermait de la chaux enité
dOrlt les entrepreneurs firent usage. Ce four est ëncore
visible au bord de la route, tout près du pont de SaintLazare. Ou connaît d’autres traces romaines dans la
commune, au-dessus du château de Peyraut, sur la
limite de la commune de Beauregard : ce sont plusieurs
assises de béton , parfaitement lissées, qni paraissent
avoir fait partie de quelque fontaine on bassin. Ce
béton est Composé de chaux grasse et de fragmens de
tuiles. Au village de la Boissière, siir la limite de La
commune, M. le comte d’Abzac a découvert dans ses
vignes des tuiles à rebord et des carreaux d’un calcaire
blanc oolitique .qui, à en juger d’après les constructions
romaines reconnues jusqu’à ce jour dans tout le canton,
remplaçait alors le marbre pour le carrelage des édifi
ces un peu iinportans (i). Enfin, on peut ajouter à ces
(i) Ce calcaire est 1res joli, très agréable a l’œil. Non'.séulement
les Romains l'employèrent ici an carrelage de.leurs habitations, mais
ils s’en servirent aussi en pierres de grand échantillon pour certaines
constructions. Au pied dê la montagne d’Issandon, j’ai vu les restes
d’une fontaine antique, bâtie avec ce joli calcaire.il est probable
qu’on le tirait alors des environs de Nazareth près Brivcs, départe
ment de la Corrèze, où il est encore exploité. Celte année, j'ai rc-
COMMUNALE.
I‘I
témoignages de l’antique séjour des Romains à SaintLazare, quelques médailles trouvées sur différens points
de la commune. La plus remarquable de toutes est un
ïlonorius en or de la plus belle conservation : elle a
été recueillie par M. le comte d’Abzac.
Ces rencontres fortuites ne nous apprennent rien sur
l’état de la population du pays à l’époque romaine , et
les temps de barbarie qui lui succédèrent ont tout en
veloppé de ténèbres encore plus épaisses : il fant des
cendre jusqu’au douzième siècle pour découvrir que
Saint-Lazare contenait alors assez d’habitans pour for
mer une paroisse. Sa petite église paraît en effet dater
de cette époque ou du commencement du treizième
siècle; et bien qu’elle n’offre aucun détail fort remar
quable, cependant nous avons cru reconnaître dans sa
modeste architecture quelque chose de cette époque de
transition. Mais quel était alors le nombre dés trahi*
tans? Les plus anciens pouillés du diocèse n’en parlent
pas, et le premier document que nous ayons pu re
cueillir nous a été fourni par d’Expilly. Dans son dic
tionnaire géographique, publié en 1769, il porte à
connu un calcaire oolitique, aussi blanc, aussi beau, à pen près du
ïnemegrAin, dans la commune de Trclissac, âu bord de la rivière de
l’ïslc, près dn ipouîin : les àfilcurcmens sont au pied du cpleau , et
se font aussitôt remarquer par leur grande blancheur.
12
ESSAI DE STATISTIQUE
cent quatre le nombre des feux de Saint-Lazare qn’il
nomme Saint-Lazer, ce qui suppose au moins quatre
cents individus. Mais comment concilier pareille don
née avec le recensement officiel de i8o3 , dont voici le
chiffre ?
Saint-Lazare, maisons, 120.
Nombre des hommes mariés ou veufs. ...
97
des femmes mariées ou veuves. . . 111
des garçons de tout âge................. 10 r
des filles de tout âge........................
91
des hommes aux armées.................
18
Total: ....
418
La population, de 1769 à i8o3, serait-elle donc
restée presque stationnaire , ou faut-il accuser d’inexac
titude, soit le chiffre d’Expilly, soit celui du recense
ment de i8o3? Depuis cette dernière date, la popula
tion de Saint-Lazare a reçu progressivement un ac
croissement très remarquable. Elle était en 1813 de
quatre cent quarante-trois; en 1823, de quatre cent
soixante-dix-neuf : elle est en 1833 de cinq cent qua
tre (1). Dans cette dernière période décennale se trouve
(1) Ces calculs sont basés sur les états de population publiés dans
les annuaires, et le dernier chiffre sur les documcns fournis par le
gouvernement.
i3
COMMUNALE.
l’année i83i , année funeste où la dyssenterie emporta
près du vingtième de la population. La table suivante,
insuffisante pour fournir un résultat exact sur la durée
moyenne de la vie, peut du moins présenter quelques
données intéressantes. On y trouvera , cumulés par
âges, les décès qui ont eu lieu dans la commune pen
dant les vingt dernières années. Ce tableau a été relevé
avec soin sur les registres de l’état civil.
Dans cette période vicésimale il est mort :
De i à 2 ans...
2 à io ans.
io à 3o ans.
3o à 5o ans.
25 individus.
16
25
16
5o à 6o ans.
26
6o à 8 o ans.
54
So à ioo ans
8
170
Ainsi, plus de la moitié des individus morts dans
cette période avaient vécu au-delà de 5o ans, et plus
du tiers au-delà de 60, proportion qu’on ne trouve
que dans les cantons où le climat, l’air et le régime
sont très sains.
L’habitant, particulièrement sur les coteaux, jouit
d’une constitution robuste. Très rarement atteint d’af2
?
l/|
ESSAI UE STATISTIQUE
feetions chroniques, il est plus exposé aux inflamma
tions de poitrine et de l’abdomen, suite naturelle d’un
air plus vif, plus froid , qui le saisit quelquefois encore
tout échauffé par le travail. En général, des impruden
ces, des écarts de régime, et chez la classe pauvre
des habitations basses, humides, peu aérées, sont ici
presque les seules causes de maladie. La petite vérole
n’y exerce plus ses ravages, grâce à la vaccine, que
l’honorable médecin de l’endroit pratique avec un soin
digne des plus grands éloges. Enfin Saint-Lazare, sous
le rapport de la salubrité, est une des meilleures com
munes du département. Cependant les vallons et la
vallée, où il règne plus d’humidité, offrent quelques af
fections chroniques, des goitres, des scrofules, mais
en très petit nombre. On ne compte pas dix goitreux
dans toute la commune; et depuis l’établissement de la
conscription, à peine cite-t-on quelques réformes parmi
les jeunes gens de l’endroit : le vice scrofuleux en était
le motif.
Le régime de l’habitant est fort sain : il se nourrit
habituellement de bon pain, de légumes, de châtaignes
dans la saison, et rarement de viande ; mais l’usage mo
déré du vin tempère ce que ce régime végétal aurait de
débilitant. Le pauvre seul, faute de ce stimulant, en est
plus exposé à voir s’altérer sa santé. Heureusement
COMMUNALE.
l5
cette classe malheureuse et souffrante est pen nom
breuse. Autrefois Saint-Lazare comptait plusieurs fa
milles qui ne vivaient que d’aumônes; aujourd’hui, au
cune n’est réduite à cette déplorable extrémité. S’il y
a encore quelque misère, elle ne va plus au-devant des
secours; les secours vont la trouver.
La grande division des biens, qui fait qu’aujour-
d’hui chaque famille de paysan a sa petite propriété,
en doublant la valeur du fonds, ses produits et l’ai
sance générale , n’a point corrompu les, mœurs ; on
remarque , au contraire, que depuis trente ans elles se
sont singulièrement améliorées. L’habitant, naturelle
ment bon , sobre et religieux sans mélange de supers
tition, est devenu plus intelligent, plus laborieux,
plus attentif aux leçons de l’expérience et aux exem
ples que lui donnent des hommes plus éclairés que lui;
ses qualités sociales se sont développées à mesure qu’il
a obtenu une meilleure part dans les avantages de la
société. Il y a trente ans, que vous auriez eu de la
peine à découvrir parmi les habitans de Saint-Lazare
un homme qui sût lire ; aujourd’hui, sur vingt-cinq
hommes au-dessus de quarante ans , il en est au moins
un qui possède ce premier degré d’instruction ; et chez
les jeunes gens, sur vingt individus, vous en trouvez
au moins deux qui savent lire et écrire. Je me rappelle
1
'if)
ESSAI DE STATISTIQUE
encore avoir vu en i825,dafts la grande cour de la
verrerie du Lardin , de vieux papas assister grave
ment aux leçons que leur donnait un moniteur de dix
à douze ans, petit savant improvisé qui était quel
quefois leur propre fils(r). Depuis dix ans, les enfans
de la commune n’ont pas cessé de suivre avec assi
duité ou l’école gratuite ou l’école communale. Pareille
disposition d’esprit, ce vif désir de s’instruire, doit
donner bonne idée du peuple de Saint-Lazare. Ce qui
me semble aussi devoir l’honorer, c’est que de tous
les militaires que la commune avait fournis aux armées,
et qui ont eu le bonheur de rentrer dans leurs foyers,
il n’en est pas un qui n’ait repris avec plaisir la char
rue, le costume et la vie agricoles. À la vérité, ils ont
eu sous les yeux pour exemples deux officiers retraités,
deux de ces braves dont madame S. disait (2) : « Hoin« mes étonnans qui, après avoir si souvent désolé la
« terre ennemie, sont venus fertiliser la leur, et donner
» des leçons d’agriculture à ceux pour lesquels ils ex« posèrent tant de fois leur vie ! »
(1) Voyez pour plus de détails l’Annuaire de 1826 , dans lequel,
•sous le nom de deux Anglais, j’ai parle du Lardin et de son école.
(2) Voyez les Lettres de madame S...,. (Annuaire de i83o) : là au$si
j’ai dit deux mots du Lardin.
COMMUNALE.
17
Habitations , 'villages, hameaux, etc.
Saint-Lazare se compose d’nn bourg, de quatre vil
lages, de trois hameaux et de plusieurs maisons iso
lées. Je dois remarquer que les mots bourgs, 'villages,
hameaux, n’ont qu’une valeur relative, et désignent
souvent, dans le département, des groupes d’habita
tions qui recevraient ailleurs un nom plus modeste.
Le bourg de Saint-Lazare, dans une position assez
centrale, n’offre rien de remarquable : sa petite église,
dont nous avons déjà parlé, et la maison du maire,
sont les seuls édifices à citer. Cette maison appartint
à la famille de Salles et de Bourdeilles : elle prenait
alors le titre de château , suivant l’usage. On veut meme
que ce manoir ait autrefois essuyé un siège de la part
des Templiers de Condat; mais la tradition très dou
teuse qui nous a transmis ce fait d’armes, ne nous en a
point donné fa date.
Lés villages de XAgc, au nord , et de la Doueh, à.l’O.
S. O. du bourg, sont les plus considérables de la com
mune; ceux du Lardin et de la Galibe ont l’avantage
d’étre placés au bord de la grande route. Le hameau
de Péchanguil, qui touche aux limites de la commune
de Beanregard; celui de Langle, qui semble devoir sou
nom-à sa position; et celui de Mùjnbrier, presque an
l8
ESSAI DE STATISTIQUE
bord de la Vézère, à l’extrémité snd de la commune,
n’ont que très peu d’importance. Parmi les habitations
isolées, une seule mérite d’être remarquée : c’est le châ
teau de Peyraut, situé dans un frais vallon, à l’ouest
du Poujoulou. Sa construction remonte, dit-on, au
règne de Charles VII. Rien dans ses murs et sa distribu
tion irrégulière n’est en contradiction avec cette date.
Il appartient aujourd’hui à madame de Royère, veuve
de ce comte de Royère qui contribua plus que personne
à l’achèvement de la grande route de Périgueux à Lyon
et aux travaux de la canalisation de la Vézère. Nul ha
bitant de Saint-Lazare ne saurait passer sous les om
brages qui entourent Peyraut ni traverser les belles
prairies qu’il domine sans se rappeler avec reconnais
sance le nom de M. de Royère (i).
Les villages de l’Age et de la Doueh ne renferment
rien de plus intéressant que les fontaines dont nous
avons déjà parlé; mais celui du Lardin, quoiqu’il compte
moins de maisons et d’habitans, mérite pourtant d’ar
rêter un moment l’attention, comme étant de création
toute moderne. En r8i5/, il n’existait encore dans cet
endroit qu’une mauvaise baraque, connue dans les cam(i) C’est un de ses ancêtres, Olivierde Royère, qui, à son retour
des croisades, où il commandait cent hommes, importa des étalons
arabes cl créa la race des chevaux limousins.
COMMUNALE.
ig
pagnes voisines sons le nom de maison du diable, nom
qui lui était resté en mémoire d’un chevalier de.... (1) ,
dont elle avait long-temps été la deihenre habituelle.
Le sinistre caractère de cet homme,,la singularité de
son gîte et de sa vie avaient fait de lui un objet de ter
reur dans le pays; on l’appelait le chevalier du diable :
de là le nom donné à sûn asile. On n’aurait osé passer
près de là au déclin du jour; on parlait meme de cri
mes commis en cet endroit; et aujourd’hui la maièon
du diable est devenue l’école communale de Saint-La
zare. Ces lieux , autrefois si redoutés, sont traversés par
une route très belle et très fréquentée ; la solitude a
fait place à un petit village composé de douze maisons ,
y compris trois auberges de rouliers ; et la Vézère , qui
passe au pied des houillères du Lardin, y touche
aussi (2) à une verrerie dont les bâtimens occupent,
au bord meme de la grande route, une superficie de
i5o pieds sur 60. Des circonstances déplorables firent
abandonner cet établissement au moment même où il
venait d’ètre achevé; mais il. vient d’être repris avec
(1) Je ne le nommerai pas. Son nom, connu dans le pays, a été
porté depuis par des. hommes si éminens en vertus, qu’en le répé
tant à propos du chevalier du diable, je croirais le profaner.
(2) Voyez le Voyage des deux Anglais (Annuaire 182G), vous y trou
verez des détails qii’il est inutile de répéter ici.
20
ESSAI DE STATISTIQUE
snccès, et les travaux sont en activité. Cette fatale in
terruption a causé la perte de l’école gratuite et mutuelle
que M. Brard avait fondée; mais l’école communale l’a
remplacée, et, sous la direction du fondateur de la
première, celle-ci ne peut que prospérer.
Les habitations de Saint-Lazare sont en pierres et
couvertes en tuiles ou en ardoises. La pierre calcaire
et les grès se tirent des coteaux de la commune ; les
tuiles se fabriquent sur les lieux ; l’ardoise vient de
Vilbac, commune limitrophe, et an Lardin on fabrique
d’excellente chaux hydraulique. Il est fâcheux d’avoir à
remarquer qu’en général les habitations du paysan sont
mal tenues, et que l’usage où il est d’entasser presqu’à
sa porte les fumiers qu’il destine à ses terres non-seu
lement ajoute aux désagrémens de sa demeure, mais en
core en altère la salubrité.
Le bourg est lié avec tous les groupes d’habitation
de la commune et avec les communes voisines par nom
bre de chemins vicinaux en assez bon état : une grande
partie vient même d’être. réparée à neuf. Les lumières,
le zèle et le dévouement suppléent ici aux revenus com
munaux. Parmi ces chemins, il en est un que sa direc
tion et, si je ne me trompe, son antiquité rendent assez
remarquable : il part de la Doueli et remonte vers le
nord, en suivant exactement le périmètre de la corn-
Communale.
21
mune jusqu’au point où le ruisseau de l’EUc sort de la
commune de Beauregard. Ce chemin, que je crois peu
fréquente, peut-être même abandonné en partie, se rend
de la Doueh à la Combe-Souillac, et de là se dirige vers
Marcouat, dans le département de la Corrèze. Je donne
ces noms tels que je les lis'snr un ancien plan de la com
mune. Tous peuvent sans effort se dériver de la langue
celtique : la Doueh, de 2?orzr,.eau courante ; l’endroit a
une fontaine assez importante : la Combe, de Kombau ,
vallon ; le chemin suit le vallon : ïïïarcouat, de Marcfliat*
marché. Serait-ce quelque ancienne voie qui conduisait
à un marché public maintenant oublié ? Je ne sais ; mais
j’ai cru que cette direction périmétriqne et ces noms
n’étaient pas indignes d’être remarqués. On m’excüscra
du moins d’en avoir dit un mot.
Agriculture.
Il n’y a pas quarante ans que l’agriculture était en
core dans son enfance à Saint-Lazare. Partie des terres
était soumise au funeste système des jachères, d’autres
restaient en friche : on ne demandait au sol que des
grains. La culture des pommes de terre, des plantes four
ragères, du trèfle, du sainfoin, de la luzerne, était in
connue; les bœufs manquaient au labourage, les fu
miers à l’amendement ; le paysan, qui cultivait pour.
22
ESSAI DE STATISTIQUE
»
\*
autrui, suivait machinalement une rontine héréditaire ,
ne soupçonnant meme pas qu’on pût mieux faire. La ré
volution est venue tout changer. Les progrès ont d’abord
été assez lents ; mais depuis vingt ans la marche des amé
liorations est devenue rapide. 11 y en a sans doute en
core à obtenir; mais l’habitant a sous les.yeux d’excel-
lens modèles; il s’éclaire de plus en plus, et ces exem
ples auront des imitateurs.
La commune a de superficie 5ga arp. 3/t p. 3'o-in. ainsi
distribués : /
Terres labourables......................................i55 08 4°
46
52
»>
Vignes........................................................... 220
3o
»
Prés...........................................................
Bois..............................................................
80 33 60
Bruyères et friches...................................
35 89 70
Propriétés bâties imposables.................
29 98 ro
Chemins et ruisseaux.............................
24 22 5o
592 34 3o
Note de l’Éditeur. — ( C’est par erreur que dans
cette meme Notice, imprimée dans le Calendrier de la
Dordogne, on a supposé que l’arpent est le double de
l’hectare; Varpent et l'hectare sont identiques, et le
premier n'exprime que le 710m ‘vulgaire du second. Ainsi
COMMUNALE.
23
toute la conséquence que Vauteur avait tirée cle ce faux
principe se trouve comme non avenue.')
9
La commune de Saint-Lazare est un pays de petile
t
culture; aucun bien n’y est en fermage, tous sont ex
ploités par colonage à moitié fruits. Il faut distinguer
deux sortes de colonages, l’nn dit partiaire, l’autre à
métairies. Pour le premier, les conventions sont ver
bales et n’engagent que pour un an; l’année révolue,
on les renouvelle ou elles cessent de lier les parties ,
si l’une d’elles est mécontente. Pour le colonage à mé
tairies, les conventions sont écrites.
Dans ces deux modes de colonage, les frais de cul
ture sont tous à la charge du colon, moins les fumiers :
le propriétaire doit les fournir. Le produit se partage
par moitié entre le colon et le propriétaire; mais celui-
ci prélève sur la masse du produit le onzième pour les
impositions. Quant au colonage à métairies, le mé
tayer est logé, et les bâtimens qu’il occupe se com
posent d’une petite maison, d'une grange et d’un four. Le
propriétaire fournit le cheptel, dont la valeur, variable
de sa nature, est estimée 5oo francs, terme moyen. Le
croit ou la perte entre dans, le partage. Il n’y a point
de cheptel poür le colon partiaire.
Une métairie bien agencée a de contenance six ou
ajiycUMHiaMitfflinBMHHHHi
a4
ESSAI DE STATISTIQUE
sept hectares ainsi distribués : la moitié aux céréales,
i/G aux prés, i/3 à la vigne. On s’étonnera peut-être
de ne pas voir figurer les bois dans cette distribution
de fonds; mais il faut se rappeler que presque toutes les
pièces ont leur bordure en ebênes, châtaigniers, or
meaux, etc. Le travail de deux hommes, d’une femme
et de ses enfans , suffit à l’exploitation d’une semblable
métairie.
Les instrumens aratoires sont l’araire à oreille, le
boyau à deux branches de o,3o de long, une bêche
armée de fer, une charrette à boeufs : la berse n’est point
usitée dans le pays; on y supplée par un travail à la
bêche. Un seul instrument a été nouvellement intro
duit dans la commune : c’est la tournée. On le doit au
maire de la commune, M. le colonel Lapeyre, dont
l’exemple et les conseils ont si puissamment contribué
ii l’amélioration de l’agriculture locale.
Saint-Lazare compte peu de métairies, attendu la
grande division des propriétés. Les petits biens de
paysans y sont en général de deux à trois hectares au
plus : mais travaillés ordinairement à lii bêche , et tou
jours avec un soin extrême, ils sont proportionnelle
ment plus productifs.
Assolement. — Fumiers. — A l’exception d’un tics
petit nombre d’arpens privilégiés, assez fertiles pour
I
COMMUNALE.
se passer de fumier, les fonds de la commune ont be
soin d’être fumés tous les deux ans. La terre à blé re
çoit alors de trente-cinq à trente-six charretées de fu
mier, équivalant chacune à un mètre cube, dont la va
leur moyenne est de 4 fr. Dans l’état actuel des choses,
Saint-Lazare n’a pas besoin, pour cet objet, de recou
rir aux communes voisines : ses écuries, ses étables, scs
parcs et le curage des chemins, lui fournissent le né
cessaire. Mais ces précieuses ressources s’amélioreraient
encore si au lieu d’entasser presqu’à sa porte les fu
miers qu’il recueille, le cultivateur les rassemblait dans
des fosses creusées exprès : il obtiendrait par là plus de
propreté, plus de salubrité dans son habitation; les
pluies ne lui enlèveraient plus ce qu’elles entraînent
avec elles de sucs fertilisans; enfin le fumier lui-même
serait plus tôt et mieux consommé au point désirable.
L’aménagement des fumiers est susceptible ici de beau
coup d’améliorations. Il est à souhaiter aussi que l’u
sage de certains amendemens, tels que la chaux, la
cendre , l’enfouissement en vert de quelques fourrages,
se répandent davantage parmi les cultivateurs de Saint-
Lazare. A la vérité, M. le colonel Lapeyre a donné à
cet égard d’utiles exemples. Quelques propriétaires en
ont proiité; mais on voudrait lui voir encore plus d’i
mitateurs.
26
ESSAI DE STATISTIQUE
C’est aussi le colonel qui le premier dans SaintLazare a pratiqué l’assolement triennal, le plus conve
nable peut-être au sol de la commune. Il sème la pre
mière année du froment; la seconde, du trèfle; la
troisième, du mais. J’ai reconnu la même rotation sur
quelques fonds de la plaine, particulièrement sur le
bien de M. Brard; mais les autres propriétaires de la
commune suivent encore l’assolement si usité dans
le département de la Dordogne, l’assolement bisan
nuel. Première année, du blé; seconde année, maïs,
pommes de terre on orge. Ils ne conçoivent pas qu’en
semant moins on puisse recueillir plus, ou plutôt ils
ne se rendent pas compte de l’augmentation en fourra« •
ges, en bestiaux, en fumier, que procure an proprié
taire l’assolement triennal pratiqué sur un fonds sage
ment divisé en trois mains. Quoi qu’il en soit, et bien
que l’agriculture locale, déjà sur la voie du progrès,
ait encore de grands pas à faire , cependant les amélio
rations opérées ont eu dès à présent pour résultat la
suppression complète des jachères.
Culture des grains. — Presque toutes les céréales
sont cultivées dans la commune, particulièrement le
blé, le seigle et le mais, à peu près par égales portions;
l’orge et l’avoine le sont beaucoup moins. On n’est
Z
'TF
COMMUNALE.
’
27
point ici dans l’usage de renouveler la semence; elle
est prise sur le produit meme du bien, mais choisie et
triée avec le plus grand soin. Celle du blé seulement est
ensuite soumise à un cbaulage dont les procédés varient.
Il parait, d’après dps observations comparatives faites
scrupuleusement sur les lieux, que le cbaulage au vitriol mériterait la préférence, et qu’il n’expose à aucun
inconvénient.
Les labours se font à la charrue dans les biens d’une
certaine étendue, et à la bêche dans la plupart des pe
tites propriétés. La terre à Lié ne reçoit qu’un labour,
et cela en octobre; on donne deux labours aux fonds
destinés au seigle, le premier en août, le second en sep
tembre, au moment de semer. Les labours pour le mais
se donnnent de novembre en mars.
Tous les grains se sèment à la volée , excepté le maïs,
que l’on sème par rangée à la distance de o,33. On
voit, par ce simple exposé, combien les agriculteurs
de Saint-Lazare gagneraient à l’introduction des semoirs
nouvellement inventés ; mais dans un pays de colonage où les propriétés sont si divisées, et où les zt'-
serves (i) ne sont point usitées, il faut attendre que de
(i) On appelle réserve dans le département de la Dordogne ce
qu’ailleurs on nomme bien sous la main. Ce sont des portions de ter
rain «pie le propriétaire fait exploiter lui-même à son gré. Là,
28
ESSAI DE STATISTIQUE
nouveaux perfectionnemens aient simplifié ces utiles
inventions, et qu’ils en aient rendu les instrumens d’un
prix plus accessible à toutes les fortunes.
L’époque des semailles, des sarclages, des récoltes, et
la manière d’y procéder étant les memes que dans le
reste du département, il nous suffira de les indiquer
-sommairement.
Le blé se seine en octobre; il est sarclé en mars et
avril ; on moissonne en juillet.
Le seigle se sème en septembre; point de sarclage; la
récolte se fait en juin et juillet.
Le maïs se sème en avril et mai, reçoit deux ou trois
façons au boyau, et à la dernière on sème des haricots
dans les intervalles. La tige dn maïs sert de rame. On
récolte' ce grain en octobre.
Les semailles de l’orge se font en septembre; celles de
l’avoine, en mai. Ces deux cultures ont très peu d’im
portance dans la commune.
La constance des pluies en été, et des sécheresses trop
prolongées pendant les derniers mois du printemps sont
n’ayant point à lutter contre les méthodes routinières du colon, il
peut tenter des expériences, chose que raisonnablement on ne doit
pas attendre ni du colon partiaire ni du métayer. Le pauvre n’est pas
encore assez éclairé pour reconnaître aussitôt le mieux ; il se défie
des nouveautés : l’exemple est la seule leçon à sa portée, la seule
dont il puisse profiter.
COMMUNALE.
29
les causes météoriques les plus funestes aux grains dans
la commune. Voisine du Sarladais, elle est cependant
rarement frappée de ces grêles meurtrières qui désolent
si souvent les environs de Sarlat. Ces terribles orages,
qni viennent ordinairement de la région de l’ouest,
semblent appelés de préférence snr les coteaux des deux
rives de la Dordogne. Depuis trente ans., deux années
surtout ont été funestes à la commune de Saint-Lazare
par leur intempérie : ce sont les années 1816 et i83o.
Parmi les plantes qui nuisent ici le plus aux cultures
des céréales, on remarque surtout une espece de petile
rave sauvage connue sous le nom local de rioubène. La
limace agreste et divers limaçons causent aussi des dé
gâts quand le printemps est chaud et humide.
Le battage des grains se fait au fléau, et suit immé
diatement la récolte. On partage aussitôt. C’est la suite
nécessaire du système d’exploitation par colonage. Le
maïs ne pouvant se dépiquer sur-le-champ, on partage
par sacs d’épis.
La commune de Saint-Lazare produit assez de grains
pour sa consommation; mais elle n’a ni moulins à eau
ni moulins à vent : elle fait moudre ses grains aux mou
lins du Sern. Dans les années de disette, l’habitant s’ap
provisionne au marché de Terrasson. Lesmercuriales de
cette petite ville sont aussi celles de Saint-Lazare.
3û
ESSAI DE STATISTIQUE
Le terme moyen (lu nombre dé fois que la terre rend
la semence dans les cultures de la commune est de six
pour un en blé et seigle, et de vingt à peu près en maïs.
Quelques fonds privilégiés ou mieux cultivés rendent
davantage : ce sont des exceptions. Il est difficile de se
rendre un compte exact des frais de culture; mais d’a
près les calculs les plus approximatifs, et supputant tous
ces frais en argent, on peut les estimer à 5o fr. par bec-
• tare.
Le prix moyen de la journée de travail est de 5.5 cent,
et nourri.
La journée d’un bouvier et de ses bœufs est de 3 fr.
Un valet gagne par an ioo fr. et nourri
Une servante a de gages annuels, outre la nourriture,
6 o fr.
Un petit pâtre est nourri et entretenu.
Culture de la ■vigne. — On cultive très peu la vigne
dans la plaine de Saint-Lazare ; mais cette culture est la
principale sur les coteaux : c’est racme sur les pentes les
plus élevées, sur celles du Poujoulou s que mûrissent les
meilleurs vins de la commune. Tous les vignobles sont
en plein ; les jouales ne sont point usitées. Seulement
dans les vignes nouvellement plantées il est d’usage, la
première et la seconde année, de semer du maïs entre
COMMUNALE.
3ï
les rangs, on d’y planter des poinraes de terre. Les façons
données à ces deux genres de produit servent de binage
à la jeune vigne. Ensuite, on donne trois façons par an.
La première, en hiver: on appelle celte façon curer la
raze\ la seconde, en avril : c’est ce qu’on nomme dons
le’paysfossoyer; la troisième, qui se donne en juin,
n’est qu’un simple binage.
En général, cette culture est bien entendue, l’expo
sition choisie avec soin du couchant au midi, le pro
vignage pratiqué de la manière la plus convenable, les
plans toujours espacés à un mètre en tout sens, les deux
premières façons données au hoyau et la dernière à la
pioche, la taille pratiquée tard, en février ou même en
mars, pour prévenir les dangers des gelées printanières
et mieux conserver la vigne, enfin l’épamprement fait
en juin et juillet, dans la saison la plus utile. A la
vérité, il n’y a que quelques jeunes vignes qui soient
échalassées; on laisse les autres marier leurs branches:
mais il est des frais de culture que défend toujours à un
sage agriculteur la valeur commerciale du produit.
Quant aux procédés de vinification, ils sont des plus
simples. Après avoir rempli la cuve , on y foule le raisin
avec les pieds; on laisse ensuite cuver pendant quinze ou
vingt jours, puis on écoule , et le vin est logé dans de
vieux tonneaux contenant de douze à trente-six hecto-
32
ESSAI DE STATISTIQUE
litres : il est houille et bondé avant le ro novembre. On
soutire une fois, en général à la pleine lune de mars. Le
meilleur cultivateur de Saint-Lazare ne soutire qu’à la
pleine lune de juin.
On n’approuverait peut-être pas quelques-uns de
ces procédés, si l’on en jugeait par comparaison avec
ceux qui sont en usage dans les grands crûs de Ber
gerac, des graves de Bordeaux ou du Médoc; mais il
n’y a rien d’absolu en agriculture. La différence des
climats, du sol, des usages locaux eux-mêmes; les
goûts capricieux du consommateur, et avant tout la
nécessité de proportionner les frais d’exploitation à
la valeur commerciale du produit, parlent plus haut
que les meilleures théories. Comment tenter des amé
liorations dispendieuses, quand le mieux obtenu par
elles ne saurait jamais élever dans la même propor
tion les prix de vente? Si la durée du cuvage est lon
gue à Saint-Lazare, c’est qu’il fant plaire au consom
mateur qui attache la plus grande importance à la
couleur; si le vin est logé dans de vieux tonneaux,
c’est parce que l’économie en fait une loi nécessaire :
d’ailleurs, ici l’opinion générale donne au bois aviné
la préférence sur le bois neuf.
Le vignoble de la commune de Saint-Lazare rend,
année commune, par hectare, 2,56o litres, à peu près
COMMUNALE.
33
vingt-cinq hectolitres. Les frais de culture égalent ceux
des terres à blé, cinquante francs par hectare. Les vins
obtenus s’exportent dans les départemens de la Cor
rèze, de la Creuse et de la Haute-Vienne, les uns par
la voie du roulage, les autres à dos de mulet dans des
outres, selon que les chemins sont ou non accessibles
aux voitures.
Légumes. — Les seuls légumes que l’agriculteur al
terne ici avec les céréales sont la pomme de. terre
le haricot blanc et la fève noire. La pomme de terre
surtout, grâce aux labours qui précèdent sa plantation
et aux binages qu’elle reçoit avant sa floraison, ameu
blit, nettoie la terre, et la prépare au mieux pour la
culture du blé. On plante en avril ou en mai, quand,
les gelées ne sont plus à craindre; la récolte se fait à
la pioche au mois d’octobre. On estime la valeur de
cette récolte , par hectare , à la.moitié du produit d’un
hectare en blé. Quelques cultivateurs intercalent le
trèfle incarnat entre le blé et la pomme de terre, dans
l’ordre suivant : r.° blé ou seigle, récolté en juillet; 2.°
trèfle incarnat, semé en août et récolté en mai; 3.° la
pomme de terre : le blé la remplace.
A Saint-Lazare, la terre destinée aux haricots est
travaillée à la boche; on sème par rangs au mois de
3/>
ESSAI DE STATISTIQUE
mai ; on bine une ou deux fois, et l’on rame avant la
floraison : la récolte se fait au mois de septembre ou
d’octobre. Aux haricots succède le blé. Plusieurs
agriculteurs de la commune associent cette culture à
celle du maïs, en semant le haricot an pied du mars,
dont la tige sert de rame. Cet usage est commun à
quelques cantons de l’Italie; mais on doute encore
qu’il soit véritablement avantageux.
La fève demande des labours à la charrue. Du reste,
les époques pour semer et récolter sont les mêmes que
celles des deux autres plantes légumineuses; elle y rem
plit aussi le même rôle dans la rotation bisannuelle des
cultivateurs de l’endroit.
Prairies naturelles et artificielles ; fourrages.— Les
prairies naturelles de Saint-Lazare sont généralement
assez productives, surtout dans les vallons, où elles
trouvent un sol gras et argilenx, plus favorable pour
elles que ne le sont les fonds sablonneux et légers
de la plaine alluvionnelle. On ne fume point ici les
prairies; rarement pratique-t-on quelques irrigations.
Cependant l’hectare rend, terme moyen, quatre cents
myriagrainmes de foin, regains compris. Le prix de ce
produit varie suivant les années. Quant aux frais qui
comprennent la fauche, le bottelage, le transport, les
COMMUNALE.
35
impositions, ils sont estimés à 25 p. O[O du produit.
Les prairies artificielles, dont l’introduction dans
la commune ne remonte pas^i plus de douze ans, ont
eu les plus heureux résultats. Cette amélioration,
qui ouvre pour ainsi dire la porte à tontes les autres,
a déjà influé de la manière la plus frappante sur la
prospérité du pays. Elle a décuplé le nombre des
«bestiaux et la masse des fumiers; elle a ouvert un
nouvel avenir aux hahitans de Saint-Lazare.
Les plantes cultivées en prairies artificielles, dans la
commune, sont la luzerne et le sainfoin.
La luzerne , qui trouve ici sur plusieurs points les
terrains gras et profonds qu’elle préfère, y est semée
ou en avril ou en septembre, par rangées. Il est inutile
de remarquer qu’au préalable la terre a été bien labou
rée et fumée,
Semée en avril, la première coupe se fait en sep
tembre; semée en septembre, cette première coupe a
lieu en juillet. Dès la troisième année , la luzernière est
dans toute sa force, et donne quatre coupes par an. On
ne peut encore déterminer la durée des luzernières dans
Saint-Lazare; mais il en est qui ont près de dix ans, et
dont rien n’annonce encore le dépérissement.
Le sainfoin trouve aussi sur différens points de la
commune des terrains convenables à son développe-
ESSAI DE STATISTIQUE
36
ment, soit clans quelques fonds de la plaine, soit sur
la zone calcaire des coteaux. On le sème à la volée au
mois d'août, avec un peu d’orge ou de seigle, afin que
leur ombre l’abrite. Il est coupé deux fois dès l’année
suivante.
Parmi les autres plantes fourragères dont l’introduc
tion remonte à peu près à la meme date que celle de
la luzerne et du sainfoin, nous avons remarqué dans
les cultures de Saint-Lazare :
1. °Le trèfle incarnat annuel, qui se sème en août
et se fauche en mai, après avoir dans cette seule coupe
donné par hectare de trois cents à sept cents myria-
grammes de fourrages : il est remplacé par la pomme
de terre ;
2. ° Le trèfle de Hollande, que l’on sème en mars
i
et que l’on fauche l’année snivante. Il donne alors deux
coupes, après lesquelles on le remplace par quelque
céréale. Il serait peut-être plus avantageux de renoncer
à cette seconde coupe et de l’enfouir; mais à SaintLazare , comme dans presque toutes les communes ru
rales du département, ce n’est encore que le petit nom
bre qui ose sacrifier pour rècneillir.
Pour apprécier le bien opéré dans Saint-Lazare par
l’introduction des plantes fourragères et des prairies
artificielles, nous allons donner ici l’état numérique
37
COMMUNALE.
actuel des bestiaux de la commune. Que l’on compare
cet état aux relevés officiels faits de r8o3 à 1820, et
l’on verra que la race bovine est aujourd’hui plus que
décuplée.
Bœufs propres aux labours................... 100
Elèves................................................... 40
Chevaux............................................... 10
Moutons.................................................. 3oo
Cochons tonquins et antres.................. 35o
Chèvres...............................................
10
Plantes textiles. — La culture du chanvre est très
peu de chose dans la commune; mais il n’en est pas
ainsi de la culture du lin : celle-ci a acquis beaucoup
d’importance. Malheureusement, nous n’avons pu nous
procurer , à l’égard de ce produit, des docuinens assez
positifs pour en établir le chiffre.
Bois. — Saint-Lazare ne renferme que quelques bou
quets isolés, dont la contenance s’élève à peine de 4 à
5 hectares. Si le relevé que nous avons présenté en
commençant notre notice évalue cette contenance à
plus de 80 arpens, c’est que l’on y aura sans doute
compris les arbres de bordure qui entourent les diffé
rentes parcelles des propriétés. Parmi ces arbres, le
38
ESSAI DE STATISTIQUE
plus important pour le pays, c’est le châtaignier, dont
le fruit nourrit pendant deux mois la classe agricole.
Il lui fournit meme au-delà de ses besoins : presque tous
les ans, l’habitant porte au marché de Terrasson quel
ques hectolitres de châtaignes. Les produits oléagineux
du noyer lui ménagent aussi quelques ressources. Mal
heureusement, l’hiver de 1829 a i83o a fait périr beau
coup de noyers et quelques châtaigniers; mais depuis
on a beaucoup planté, et du moins la prévoyance du
présent sera utile à l’avenir.
Industrie. — Commerce.
II n’y a . pas encore vingt ans que l’industrie et le
commerce de Saint-Lazare se bornaient presque ex
clusivement à la culture de la vigne et à la vente
de ses produits ; mais à l’époque même où la culture
des fourrages commençait à agrandir le cercle des opé
rations agricoles de l’endroit, un autre genre d’in
dustrie y vint aussi exercer son utile influence. À l’ar
rivée de M. Erard dans le pays, l’exploitation régu
lière des houilles du Lardin (1), la création d’une ver
rerie, l’établissement d’une école mutuelle, plus tard
(1) La galerie qui conduit aux travaux d’exploitation est près
de la Vézère ; un petit chemin de fer facilite le transport de la
bouille jusqu’au point d’embarquement.
COMMUNALE.
3^
les grands travaux nécessités soit par la construction
du pont de Terrasson, soit par la canalisation de la
Vézère, en utilisant les produits minéraux de la com
mune, apprirent à l’habitant qu’il pouvait en tirer parti
ponr son propre bien-être. Alors, chez ce peuple de
vignerons et de laboureurs, il se trouva quelques hom
mes qui s’adonnèrent, les uns au travail des mines, les
autres à l’exploitation des carrières, d’antres à la fabri
cation des tuiles et de la chaux (i) : l’instruction qu’ils
recevaient à l’école mutuelle, en développant leur in
telligence , rendait leur activité plus propre à tout.
Ainsi, dans Saint-Lazare, les occupations lucratives se
sont multipliées à mesure que la population s’est accrue.
On sentira mieux encore toute l’utilité de ce déve
loppement industriel, lorsque l’on aura fait disparaître
le seul et dernier obstacle qui gêne maintenant la libre
navigation de la Vézère entre le Lardin et la Dordogne.
Le barrage du moulin d’Aubas n’ayant pas été détruit
à l’époque où tous les autres forent coupés, il en résulte
aujourd’hui que les bateaux, soit en descendant, soit
en remontant, sont obligés de transborder leurs mar
chandises : de là des retards et une augmentation de
(1) La tuilerie de Saint-Lazare est maintenant sur les bords
de la Vézère , au hameau de Mazubricr. C’est un ancien officier
retraité qui l’a établie dans sa propriété.
40
ESSAI LE STATISTIQUE
frais. Nul doute que la sagesse de l'administration n’a
chève bientôt son ouvrage, en faisant disparaître cette
dernière entrave.
Quoiqne l’état actnel des choses, grâce à ce senl obs
tacle , ne soit pas de nature à encourager les riverains,
cependant tels sont toujours les avantages d’une navi
gation intérieure, qu’il s'est déjà formé au Lardin un
entrepôt qui tend de jour en jour à s’accroître. Non-
seulement ce petit port reçoit de l’intérieur, et expédie
déjà aux pays de vignobles, les différentes sortes de bois
que réclament la grande culture de la vigne et la fabri
cation des barriques; mais il reçoit en retour du sel,
du fer, du plâtre, des denrées coloniales.
L’intérêt que doit inspirer toute industrie naissante
nous engage à présenter ici l’état de mouvement de
l’entrepôt du Lardin pendant l’année i833. Nous nom
merons meme les négocians qui ont eu le bon esprit
d’ouvrir les premiers cette nouvelle voie à leurs spé
culations. Il est bon, d’ailleurs, de iîxer un point de
départ auquel on pourra, dans la suite, comparer les
dévelopuemeus futurs.
Mais avant tout, je dois nommer le fondateur, celui
qui le premier conçut l’idée de fonder au Lardin un
entrepôt de merrain ,de carrassonne et de feuillard, M.
JosephSchnegg. C’est lui qui, lorsque autour de lui tout
COMMUNALE.
41
était découragement, ne désespéra point du succès,
continua les travaux, autant qu’un seul individu pou
vait le faire, donna la plus grande extension à la fabri
cation de la chaux hydraulique (r), et trouva ainsi le
moyen d’occuper un grand nombre de bras. Joseph
Schnegg, ancien maître mineur, appelé par M. Brard
au Lardin, est nn Tyrolien naturalisé, maintenant fixé
dans le pays. Il y vint avec son marteau, sa lampe,
ses connaissances pratiques, son courage, son écono
mie, son bon esprit et sa probité. Ce fonds de vérita
bles richesses lui a suffi pour s’établir, pour prospé
rer, et, ce qu’il estime encore plus, pour être utile à
sa nouvelle patrie..En reconnaissance de ses services,
et comme témoignage de la considération publique, il
a été nommé adjoint de la commune de Saint-Lazare.
C’est sur le registre de ce bon et estimable homme que
j’ai relevé l’état suivant :
Etat des. marchandises qui ont remonté la Vézèrejusqu'au Lardin en i833.
Fer.— MM. Festugières orit expédié en fers provenant
de leur forge des Eysies, en janvier, mars, avril et
(i) La fabrique de chaux hydraulique est au Lardin , pris de
la rivière. La cuisson se fait en plein air, avec le charbon de
l’endroit.
43
COMMUNALE.
Report........................
4,34a
Garrassonne.— 287 milliers,à-23 q. le 1,000,
expédiés à Bordeaux par MM. Schnegg,
Damarsie et Marquès.....................................
6,4^7
Feuillard. — 793 milliers, a 6 q. le 1,000,
expédiés par MM. Lapouyade de Châtre,
Labuelle de Mcrat, Damarsie , Schnegg, à
G q. le 1,000...................................................
4>/5S
Total (quint, de 100 kil.). . . . 15,557
Récapitulation.
Fer..............................................
Sel.............................................
Plâtre de Montmartre..............
Verre cassé................................
Denrées coloniales et graines.
Avoine........................................
Houille ou charbon de terre. .
3o2 q. de 100 k.
b°79
3oo
35
75
100
2,417
Bois divers.................................. x3,2 i5
Total.............. 17,523 q. de 100 k.
Le mouvement du petit port du Lardin présente
donc, pour l’année i833, un transport de marchan
dises du poids de 17,823 quint, mét., ou de 3,5oo,ooo
livres, poids de marc. Gomme on ne saurait douter
7À-
t\k
ESSAI DE STATISTIQUE
aujourd’hui du complet achèvement de cette canalisa
tion de la Vézère, si long-temps controversée, il est
permis d’espérer que la commune de Saint-Lazare, avec
l’heureuse impulsion donnée à son agriculture, avec
ses mines, sa verrerie et son petit port, verra s’accroî
tre encore sa prospérité; fournissant ainsi un frappant
exemple des heureux résultats d’une bonne adminis
tration locale; de l’instruction primaire, répandue dans
les campagnes; du zèle et des lumières de quelques
hommes de bien; de diverses industries, s’exerçant sur
les produits naturels du pays; enfin d’une navigation
intérieure déjà en activité, mais dont un seul et der
nier obstacle entrave encore le développement. Le gou
vernement seul peut le faire disparaître.
45
COMMUNALE.
NOTES
Sur quelques Antiquités du département de la
Dordogne.
GROTTE DE BADEGOL.
La grotte de Badegol, située dans la commuue de
Beaüregard, canton de Terrasson, mérite d’être remar
quée non-seulement à cause de sa position géologique,
mais encore pour ses antiquités. Elle s’ouvre au midi
presqu’au sommet d’un brusque escarpement de calcaire
caverneux qui repose sur les sables et les grès supérieurs
du terrain honiller. Les deux terrains, ainsi superposés,
•forment un assez haut coteau dirigé de l’est à l’ouest,
parallèlement à la grande route qui passe au pied. L’en
trée de la grotte est évasée, et la hauteur du sol à la
voûte est au moins de sept pieds. Des éboulemens em
pêchent de pénétrer à plus de quinze pieds dans l’inté
rieur; mais l’étude de la partie accessible et des pentes
voisines suffit pour reconnaître que l’endroit fut habité,
sans doute à l’époque où, comme les sauvages de l’Océa
nie , les Gaulois n’employaient encore que la pierre à la
4
46
ESSAI DE STATISTIQUE
fabrication des armes et d’une foule d’onlils de première
nécessité. En effet, pour peu que l’on creuse à l’entrée
de la grotte, en dedans d’un bloc de rocher qui lui sert
comme de seuil, on trouve un amas d’ossemens, de char
bons et de fragmens de silex mêlés ensemble. Une cou
che d’ossemens brisés se montre hors de la grotte, à l’est,
au pied et le long de l’escarpement, sur une longueur
de près de trente mètres; d’autres ossemens, d’autres
éclats de silex, entraînés au loin par les eaux, sont dis
séminés sur les pentes inférieures. Or, en examinant ces
silex, on voit aussitôt qu’ils ont été brisés à dessein , et
taillés en traits, en dards, en instrumens divers. Rien
de semblable ne se montre sur le petit plateau qui cou
ronne le coteau. Seulement, on y indique l’emplacement
qu’occupa jadis un hameau qni portait le nom des Âi-
reaux, et plus anciennement celui de Cimetière du vil
lage ; noms et souvenirs qui paraissent ne dater que
d’hier, quand on reporte sa pensée au temps où la grotte
était habitée.
Une remarque plus importante à faire, c’est que les
silex de Badegol, étrangers à la localité, sont des silex
de la craie. Or, la craie la plus voisine ne se montre qu’à
deux lieues de là. Ainsi, nul doute qu’ils n’aient été trans
portés ici pour y être travaillés. Leurs fragmens sont
même en si grande quantité sur le sol, qu’on est nota-
COMMUNALE.
47
Tellement porté à croire que la fabrique de Badegol dut
être assez long-temps en activité. On le croira plus vo
lontiers encore si comme nous, sans donner à ce grand
mot de fabrique plus d’importance que nous n’en don
nons nous-méme, on ne voit dans ces débris que les der
niers vestiges des travaux d’un petit nombre d’individus,
d’une seule famille peut être. Quoi qu’il en soit, en
moins d’une heure de recherches sur le lien, nous y avons
recueilli plus de trente fragmens d’instrumens divers
très reconnaissables, et nous aurions pu en rassembler
dix fois plus, si nous eussions.été moins difficiles sur le
choix. Parmi ces objets, nous citerons entre autres de
longues pointes de javeline d’un joli silex blanc que l’on
reconnaît aussitôt pour un pseudomorphe de madrépore
oculé j des morceaux de lames de couteau à double tran
chant, plates en dessous et munies d’une vive arête en
dessus ; deux armures de javelot. Nous donnons ce nom
à de grands traits triangulaires dont la pointe aiguë
est assez finement dentelée ; les côtés sont plus grossiè
rement traités j la base décrit un arc opposé à la pointe.
Tons ces traits sont d’un silex gris ou noirâtre, commun
dans les craies de la Dordogne. Nous n’avons rencontré
à Badegol aucun débris de hache ; mais on nous a don-
/| 8
ESSAI DE STATISTIQUE
né (i) an de ces instrnmeus, tronvé près de la grotte. Il
est entier, presque assez dégrossi pour être livré au poli,
et sa matière est un grès très compacte, substance que
nous avons très rarement vue employée à pareil usage.
On voit, d’après les détails dans lesquels nous ve
nons d’entrer, que, sous le rapport des antiquités, la
grotte de Badëgol ressemble à celles du Pcy-de-l’Azcy
de Combe-Grenan, et de quelques autres dont nous
avons déjà parlé dans l’annuaire de la Dordogne, quand
nous avons eu à traiter des antiquités du Sarladais.
Toutes nous ont offert le même mélange d’ossemens,
de charbons, de silex taillés par la main de l’homme.
Ce mélange indiquerait-il un moyen de fabrication?
Faut-il y voir une réunion d’élémens nécessaires à quel
que espèce de cémentation, propre à rendre le silex
plus facile à refendre et à tailler? On ne le conçoit pas ;
mais peut-être y aurait-il quelque témérité à le nier
avant d’avoir tenté des expériences. Ce qu’il y a du
moins de certain, c’est que celte identité de mélange,
dans des circonstances semblables, avec les mêmes par
ticularités , ne saurait être l’effet du hasard. D’un au
tre côté, ni les repas de l’homme dans ces sauvages de(i) Nous tenons cette hache de M. l'abbé Audierne, au zèle et
aux lumières duquel l’archéologie du département a déjà de nom- <
breuses obligations.
COMMUNALE.
49
meures quand il y vivait, ni ceux des animaux carnas
siers qui, avant ou après le séjour de l’homme, habitè
rent peut-être ces repaires et y déchirèrent leurs proies,
ne sauraient expliquer d’une manière satisfaisante des
amas ainsi composés, aussi étendus , tels enlin que nous
les avons observés, particulièrement à Badëgol et au
Pey-de-FAze. Remarquons cependant que de tous les
ossemens observés dans ces différentes localités, nous
n’en avons vu aucun qui n’ait appartenu à des ani
maux de même race et de même espèce que ceux qui
vivent encore dans le pays, tels que moutons, bœufs,
chevaux, etc., Du reste, ils n’ont rien de commun,
pour l’âge, avec les os que renferment les cavités dé
signées par les géologues sous le nom de cavernes à
ossejncjis.
Nous terminerons par une observation qui n’est pas
sans importance. Les grottes ne sont pas les seuls en
droits où nous ayons trouvé un grand nombre d’armes
et d’outils en pierre ; le tertre d’Ecorne-Bœuf} près Pé
rigueux, un coteau de Montastruc, un vallon près du
Lanquais, quelques collines de l’arrondissement de Bi-
bérac y nous ont aussi présenté ce genre d’antiquités.
Mais, suivant les localités, il existe de grandes diffé
rences entre ces instrumens, et pour le faire, et pour la
matière employée. Ceux qui proviennent des grottes
5o
ESSAI DE STATISTIQUE
sont en silex de la craie (i), et d’une forme donnée pour
un premier coup, réparée ensuite par de légères percus
sions répétées jusqu’à l’infini. La chose est évidente
pour les traits qui ont une de leurs faces plate, natu
rellement unie et plus ou moins conchoïde : ce sont les
plus nombrenx. (2) Après la première division en éclats,
l’ouvrier réglait leur emploi en raison du résultat for
tuit de la fracture. A Ecorne-Bœuf\ au contraire , ainsi
que dans quelques autres localités , il y eut plus d’art ,
plus de variété dans les produits : ce n’est pas seulement
le silex qu’on y travailla, mais on y taillâ aussi le jaspe,
la pierre lydienne, le porphyre, le basalte, là serpen
tine dure ; on leur donna même souvent un poli aussi
vif, aussi brillant que pourraient aujourd’hui l’obtenir
nos meilleurs ouvriers. Les haches sont, je crois, les
seuls instrumens que les Gaulois aient polis, les seuls
aussi auxquels ils aient employé quelquefois d’autres pier-
(1) Lagrolte de Badcgol, du Pey-de-l’ Âze, et celles de la rive
droite du Ceoii, ne sont point dans la craie; mais elles en sont à
environ deux lieues.
(2) Nous avons déjà décrit cette espèce de traits dans notre No
tice sur des armes et autres instrumens en pierre. (Voyez le Musée
d’Aquitaine, tome 2 ; voyez aussi les Annuaires de la Dordogne )
COMMUNALE.
res que le silex (i); mais si l’on ne trouve qu’un très
petit nombre de ti'aits en jaspe et en porphyre, si pres
que tous ressemblent pour la matière à ceux des grottes,
ils en diffèrent ordinairement pour le fini du travail.
Cela est vrai, surtout de ces armures de fiècbe dont la
pointé, les ailes, le talon, toutes les parties enfin sont
traitées avec une perfection étonnante, qui demanda
plus de goût, d’intelligence et d’adresse que n’en exi
gèrent jamais les couteaux et les dards fabriqués dans
les grottes. Ceux-ci semblent, indiquer l’enfance d’un
art qui s’exercait sur des matières placées pour ainsi
dirfe sous la main; les autres, au contraire, mieux fa
briqués, et quelquefois d’une pierre venue de loin,
sembleraient appartenir à une époque de perfectionne
ment, indiquer même des communications sociales de
peuple à peuple, dès-lors un plus grand développement
de civilisation. Mais quel intervalle de temps sépara ces
deux époques ? Est-il même bien certain que nous ne
prenions pas pour différence d’époques ce qui ne serait
qu’une différence de destination d’instrumens? Je ne
sais ; mais le sauvage qui vend à nos navigateurs sa ha
che polie, leur offre aussi des armes en pierre brute (i).
(i) Voyez, pour la description des haches, les Annuaires cl le
Musée d'Aquitaine ; voyez aussi le Metallotlieca de Mich. Mtrcatus,
52
ESSAI DE STATISTIQUE
Avonons-le, tout est mystère pour nous dans cette pri
mitive industrie qui fut commune à tous les peuples
dans leur enfance : nous ne pouvons même pas en ju
ger par analogie, bien que cette industrie existe en
core chez quelques peuplades sauvages de l’Océanie. La
curiosité de nos voyageurs, prompte à se passionner
pour les travaux industriels de ces insulaires, n’est pas
encore allée jusqu’à s’informer de leurs procédés de fa
brication , et nous en sommes toujours à savoir comment
sans connaître aucun de nos moyens, ils peuvent ce
pendant tailler et polir les pierres les plus dures. En
core quelques années d’indifférence, et cette partie de
leur histoire sera pour nous ce qu’est, depuis des siè
cles , l’histoire de l’art chez les Gaulois, un problème
sans données suffisantes.
F. J.
DES FORGES DITES GAULOISES.
Souvent il a été question dans notre Annuaire de
ces forges, dites gauloises , dont les scories compactes,
impriméà Rome en 1719. Vous verrez dans cet ouvrage, pages de
24’'à 2.46, quelques détails curieux et. de bonnes gravures d’armes
en pierre , trouvées dans l’antique Latium. Elles n’y sont pas moins
communes que dans le département de la Dordogne; mais les ha
ches et les flèches sont loin d’y avoir été fabriquées avec autant de
perfection.
0
COMMUNALE.
53
je dirais mieux les minerais à moitié fondus se mon
trent amoncelés sur plusieurs points du département,
même sur des hauteurs escarpées , telles que la plaine
dcBorn, dans le Sarladais;le Pui-Saint-Front, dans Lalinde; la montage de Virtel, dans Allas-l’Evêque, et
autres sommités où l’on ne connaît aucun filet d’eau
qui ait pu servir de moteur à une exploitation quelcon
que. Cette dernière particularité a fait imaginer que les
forges en question remontaient à une époque antérieure
aux temps historiques, et que les Gaulois, qui ne con
naissaient point nos machines hydrauliques, durent y
suppléer par l’invention des moulins à vent. Ce sont,
à notre avis, autant d’erreurs. D’abord, la richesse des
scories dont il s’agit, richesse telle qu’on peut aujour
d’hui les exploiter avec plus d’avantage que beaucoup
de minérais, prouve assez qu’elles ne sont point le ré
sultat d’exploitations régulières conduites avec un art
déjà porté à un certain degré de perfection. La grande
quantité de fer qu’elles contiennent, l’absence de lai
tier véritable, leur surface à peine légèrement vitri
fiée, leur constant mélange avec des morceaux de mi-
nérai que le feu n’a presque pas attaqués, tout en elles
leur donne la plus grande ressemblance avec les sco
ries des forges africaines, de ces forges demi-bar
bares que le sauvage indigène établit encore de nos
54
ESSAI DE STATISTIQUE
jours dans le voisinage des minerais , établissemens
éphémères qu’il construit sans art, et qu’il abandonne
sans regret quand il. croit le gîte épuisé. Or, dans ces
exploitations, pour entretenir l’activité du feu, on ne
connaît d’autre moteur que de grossiers soufflets à
■ij
-
bras, dcuffe simples tuyaux animés par lo.soiwfle d’hom
mes qui se relaient dans ce pénible exercice. De la pa
rité des produits ne peut-on pas conclure à la parité des
moyens employés pour les obtenir ? Alors que devient
le liant savoir des Gaulois?.Comment voir en eux les
inventenrs des moulins à vent? Convenons plutôt que
l’art de fondre les métaux , et en particulier le fer,
était encore chez eux dans l’enfance.
Quelques découvertes modernes ne laissent plus de
doute à cet égard. En r83i, lorsqu’on ouvrit la route
de Libourne à Chenonceanx, arrivé sous le tertre du
Gibeaud, près du domaine de Font-BouiUant, on ex
ploita pour ferrer la nouvelle route un tumulus assez
élevé, composé de scories en tout pareilles à celles
qui nous occupent : elles couvraient aussi les champs
environnans. En enlevant ces matériaux, on finit par
reconnaître qu’ils cachaient nn ancien fourneau. Mal
heureusement l’entrepreneur et les ouvriers,plus pres
sés d’exploiter que de s’instruire, détruisirent cette fa
brique avant d’en avoir bien constaté les dimensions et
COMMUNALE.
55
les détails. Seulement, le propriétaire de Font-Bouillant,
prévenu du fait, arriva encore assez tôt pour recueil
lir lui-méme les données suivantes : Le fourneau était
cylindrique, et terminé en cône dans sa partie supé
rieure. Cette couverture conique était pleine , sans au
tre issue que six ouvertures ‘étroites, paralfl&tegrami-
ques, perpendiculaires à l’axe du fourneau, et prati
quées symétriquement autour du cône. Sur la sole, dans
l'intérieur, on avait trouvé des scories, des charbons et
quelques morceaux de minerais à moitié fondus. On ne
put rien apprendre des travailleurs sur l’issue qui dut
jadis être ouverte au métal fondu. En me communi
quant ces détails , on me fît parvenir l’échantillon des
parois du fourneau et des matières recueillies dans son
intérieur. J’ai déjà indiqué celles-ci. Quant au fourneau,
sa construction était en pierres et sables réfractaires.
Une rencontre à peu près semblable a eu lien, en i832,
dans le département même de la Dordogne, arrondisse
ment de Nontron, canton de Champagnac-de-Belair, sur
la grande route de Périgueux à Nontron. Quand les tra
vaux traversèrent la commune de Saint-Angel, localité
où l’on connaît un grand nombre de ces amoncelleraens
de scories , que l’on y désigne même sous le nom de
restes des forges à bras, on exploita un de ces dépôts
pour ferrer la route à laquelle il touchait. Dans l’exploi-
ESSAI DE STATISTIQUE
tation , on rencontra aussi un fourneau , mais déjà tout
en débris. J’ai visité les lieux, et recueilli plusieurs de
ces débris. J’y ai reconnu des matériaux de construc
tion, semblables à ceux du fourneau de Font-Bouillant,
et de plus, des morceaux que je crois de sa partie infé
rieure. On y voit encore plusieurs, évents ouverts en
différens sens, pour donner passage au métal fondu ; je
l’ai cru du moins en trouvant l’intérieur de ces évents
remplis d’une fonte imparfaite, qui s’y est exactement
moulée en longs cylindres.
Ces faits sont sans doute loin de nous révéler tous les
procédés employés à l’époque dans les forges en ques
tion; mais ils me semblent suffisans pour nous démon
trer qu’il ne faut plus prêter aux Gaulois des connais
sances qui paraissent leur avoir été complètement étran
gères. J’ajouterai que , dans les deux circonstances
mentionnées, des débris de tuiles romaines s’étant trou
vés mêlés aux autres matériaux, on est porté à croire
que l’usage de ces forges grossières s’est prolongé jusque
dans le moyen-âge.
F. J.
FIN.
