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Médias

Fait partie de Le "Rac" déchainé organe réservé à l'usage interne Brigade RAC F.F.I.

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EDITORIAL...
oici donc le premier numéro du «Rac Déchaîné»
organe exclusivement réservé à l'usage inter­
ne, si I on ose ainsi dire.
Il est pour l’instant, mensuel.
Cette périodicité apparaîtra peut-être comme un
aveu d’impuissance.
Mais, dès que nous le pourrons, le “ Rac Déchaî­
né ” deviendra bi-mensuel.
Puis, sans doute, hebdomadaire.
Si jamais, il parvient à être quotidien, il n’aura tout
de même qu’une édition par jour: il faut se ménager.
Pour que le «Rac Déchaîné» ait du chien, il est
indispensable que tous les lecteurs y collaborent.
Sous peine d'être tondus.
Chaque groupe, chaque section, chaque compa­
gnie doit nous envoyer des articles, des échos, des
dessins, des histoires, des suggestions.
Ce journal e»t celui des « Rac». Il faut qu'il soit
écrit par eux.
Sinon, nous tomberons sur un os.
Que chacun se presse le front — le front de Royan.
bien entendu— à la recherche d’idées pour noutrir
notre « Rac ».
C est à cette seule condition qu’il vivra. Et qu’il
aboiera fort, sans préoccupation d'aucune censure.
Parce que R A C ça veut dire : Rien A Cacher.
Ah ! mais.
Ceux de la Brigade Rac ont ici leur journal.
Qu’ils s'en servent, qu'ils en profitent,
qu’ils y écrivent.
Nous attendons leurs lettres. En frétil­
lant de ta queue. Comme il se doit.
« Le Rac Déchaîné »

Les interviews imaginaires

Une heure sans...

LE CAPITAINE DORNE
Je trouve le Capitaine
Dorne dans son bureau, le
4e, qui est, en réalité, le 6e
à gauche à partir de l’escalier.
Au mentent où j’entre, le
capitaine effeuille énergi­
que ment une marguerite. Le
sol est jonché de pétales.
Tandis que je m’immobi­
lise dans un garde-à-vous
respectueux, le capitaine s’­
arrête sur «Passionnément».
Et il ajoute, se tournant
vers son fidèle adjoint, le
Sous-Lieutenant Garraud :
— Comme toujours.
— Voui , mon capitai­
ne, dit Garraud.
— Alors, mon capitaine,
et ces véhicules ? dentandéje d’abord.
— Quels véhicules ? s’é­
crie le capitaine, faites une
demande par écrit, en rem­
plissant exactement les 31
colonnes prévues selon les
prescriptions de ma note de
service n° 729. 848. 557. 129.
C’est très important.
Bien entendu,quand vous
aurez établi cette demande
en bonne et dûe forme, vous

La protection des rac(e)s supérieures...

D’importantes mesures vont être prises
On nous accuse, paraît-il,
de «racsisme».Certains nous
conservent un chien de leur
chienne, parce que ça les
gêne de voir partout noire
« Rac ».
Ils sont aux abois. Ça les
rend enragés.
Il faut toutefois reconnaî­
tre que lorsqu’on nous sus­
pecte de racsisme, on ne croit
pas si bien dire.

En effet, à l’E. M. de la
Brigade, on prépare tout un
train de sérieuses mesures
racsiales.
Un vrai coup de chien
pour ceux qui ne pourraient
prouver leur appartenance
à la Brigade.
Il ne s’agit pas, comme de
juste, de mélanger les ser­
viettes avec les torchons.
On a donc envisagé de

faire porter un insigne spé­
cial aux individus suspects
de non racsisme et qui se
trouveraient encore s> r les
territoires occupés par la
Brigade.
Un eétoile jaune, par exem­
ple.
Mais comme l’opération
s’avérait d’une portée enco­
re insuffisante, on s’est dé(Ruite page 3).

n’aurez pas de véhicule, puis­
que je n’en ai pas !
Nous
n’ avons
rien.
N’est-ce pas Garraud ?
— Voui, mon capitaine,
dit Garraud.
— La situation est som­
bre, reprend le capitaine
Dorne. Elle est sombre, Gar­
raud ?
— Voui, mon capitaine,
dit Garraud.
— Avez - vous quelque
espoir d’améliorer les cho­
ses, mon capitaine ?
— Oui , j’ai décidé de
faire peindre les véhicules
en.vert. Vous voyez que nous
nous attaquons résolument
au problème ; le vert est la
couleur de l’espérance, ce
qui autorise tous les espoirs.
De plus, c’est une'teinte
qui convient parfaitement à
tous nos cadavres de voitu­
res laissés sur le bord des
routes : elle s’harmonise avec
l'herbe des fossés...
Garraud !
Demandezmoi La Coquille, tout de
suite ! En priorité !
— Voui, mon capitaine,
dit Garraud.
— Mon capitaine, demandè-je, ces voitures qui
se désagrègent et rouillent
sur le bord des routes, petit
à petit, exposées au vent,
au gel, à l’eau...
— Allô ! s’exclame le
capitaine comme électrisé,
allô, ici Dorne !
— Mais non, mon capi­
taine, je disais : exposées à
l’eau, à la pluie...
— C’est plus fort que
moi, avoue le capitaine,
quand j’entend dire «allô»,
je réponds toujours : ici ,
Dorne.
(Suite page 21.

Une heure sans...

LE CAPITAINE DORNE
(Suite de la page 1)

N’est-ce pas, Garraud ?
— Voui, mon capitaine,
dit Garraud.
— Donc, ces voitures
abandonnées, vous n'allez
pas les laissez là ?.

Si, au contraire...
Garraud ! Vous m’avez de­
mandé La Coquille ?
— Voui, mon capitaine
dit Garraud.
— Oui, qu’est-ce que je
disais ? Garraud ! Ou’est-ce
que je disais ? vous vous en
rappelez ?
— Voui, mon capitaine
dit Garraud.
— Bien. Aloi aussi, du
reste. Je disais qu’au con­
traire, nous laisserons les
cadavres des voitures sur le
bord des routes: l’érosion les
transformera en tourbe et
peut-être en charbon de gazo. On ne sait jamais.
Le téléphone sonne :
— Ici, Dorne! La Coquil­
le? Ici, Capitaine Dorne !
Le Capitaine se tourne
vers Garraud :
— Qu’est-ce que je de­
vais lui dire, à La Coquille?
Le S/Lt Garraud fait un
geste d’ignorance.
Le capitaine reprend :
— Bon. Ça ne fait rien. Je
vais les engueuler de toute
façon !..
— Voui, mon capitaine
dit Garraud.
Le capitaine Dorne me
parle ensuite de la marche
du service :
La question du carbu­
rant se présente favorable­
ment. Nous attendons la do­
tation mensuelle de lfi litres
et demi pour l’ensemble de
la brigade — dotation accor­
dée par le4eBureau de l’E. M.
Adeline — j’allais presque
dire Ade-pipe-line !...
D’autre part, je compte
compléter mon échelonne­
ment en profondeur des ate­
liers de réparations : j’en
prévois un à Tombouctou et
un autre à Pointe en pitre.
Ce sontlesmécaniciens noirs
qui répareront les gazos ;
c’est logique...
Avant que je ne reparte,
le capitaine Dorne me dit :
—Neparlezpasseult ment
de moi. dites aussi combien
je suis heureux d’avoir des
adjoints qui n’ont pas peur
de laisser voir leur forte per­
sonnalité...
— Voui, mon capitaine,
dit Garraud.

UN COURS POUR LES
OFFICIERS SUPÉRIEURS
Au moment où tout le monde, à la
Brigade, se met à l’instruction, on ne
voit pas pourquoi les officiers supé­
rieurs échapperaient à la règle com­
mune.
C’est pourquoi nous publions à leur
intention ce cours, pour leur bonne

Nme CONFERENCE
L’ARMÉE
/re partie-. Définition.
2e partie : Principes généraux à
toutes les armes.
3e partie : Mode d’action des
différentes armes.
4'' partie : Conclusions.

1re Paitie :

Définitions

A - Les Armes et Services

1° L’Etat-Major
'
Le breveté prend tout au
sérieux et court dans les
couloirs. Il peut à la riguetn
portera pied un ordre écrit.
2° - Une Arme : Le Sapeur
Rustique, pet: exigeant,
mais âpre à défendre sa
mangeoire, il esl comme le
mulet, doux, entêté, pru­
dent, stérile ; il joint à la
saletéinherenledeson arme,
la méfiance du fantassin,

gouverne.
Ils y trouveront les définitions, tex­
tes et règlements nécessaires aux
examens prévus à l’issue de ce cours.
Les épreuves seront corrigées par
les gradés non homologués de la
Brigade.

l’arrogance du cavalier, la
suffisance de l’artilleur.
3° - Un Service : L'Intendant
I
Un « Monsieur» qui s’engagejuste assez pour obliger
les autres à s’engagera fond.
B - Les Grades

Les Capitaines :
des camarades
Les Commandants :
des collègues
Les Colonels :
des concurrents
Les Généraux :
des adversa ires
C - Les Forces Morales

être discipliné : avoir en
présenced’unsupérieur l’air
plus stupide que lui.
la tenue : première quali­
té d’un ofucier, est souvent
la seule ; elle suffit.
le grade: confère la scien­
ce.
la compétence : est fonc­
tion du grade, elle se Jeter-

UN LARGE APPEL
aux spécialistes
Un vent de réforme secoue
les cadres traditionnels de
la vieille armée française.
La Brigade « Rac » donne
l’exemple.
On connaît déjà le service
d’informations, remaïquable organisme dont on ne
proclamera jamais assez
liant les mérites...
On envisage, incessement
et peut être même avant,
d’adjoindre au 3e Bureau
(qui est le bureau des opé­
rations) une seelion spécia­
le de voyantes extra lucides
pour renseigner le comman­
dement sur les intentions
de l’ennemi.
Les cartomanciennes se­
ront rattachées, bien enten­

du, au service cartogr, phi
que.
Un corps de charpentiers
est également prévu pour
la fabrication et la pose des
piquets d'incendie, en mê­
me temps qu’il veillera à
l’entretien des échelons de
solde — dont on a pu re
marquer qu’ils avaient, ces
temps derniers, une forte
tendance à I instabilité: c’est
le hois qui joue
Le bois dont on fait les
flûtes.
Des unijambistes seront
convoqués individuelle­
ment pour épuiser l’impor­
tante dotation en chaussu­
res dépareillées dont dispose
le service du matériel.

mine en partant de la droite
et se reconnail aisément sur
la manche.
2e Partie :

Principes Généraux
communs à toutes
les Armes.
A - La Hiérarchie

Le Lieutenant :
fait tout et 11e sait rien
Le Capitaine :
sait loul et ne fait rien
Le Commandant :
ne sait et ne la I rien
Le Lieutenant-Colonel :
croit tout savoir, il esl tou­
jours de l’avis du Colonel
Le Cokmel :
ne veut rien savoir, il signe,
tout en s’étonnant
Le Capitaine décide
Le Commandant remarque
Le Colonel rappelle
Le Général s’étonne
L’Avancement consiste à
être traité de sot par un nom­
bre de plus en plus grand de
subordonnés.
B- Des ordresctdes idées

— Un ordre bien rédigé
ne doit engager que celui
qui le reçoit
— Avantd’exéciderun or­
dre attendre le contre-ordi e
— Rester vague pour être
plus précis
— L’exécutionconfirmeet
précise l’ordre
-- Si vousvoulezavancer,
encourager vos inférieurs à
exécuter les ordres dange­
reux et, si possible, qui vous
seront utiles
— Ns donnez jamais à un
supérieur une bonne idée, il
ne peut l’exploiter qu’à vo­
tre détriment
— Ne vous occupez que
de ce qui vous regarde... et
encore
— Ne rien faire et rendre
compte.
(A suivre).

Un •wfi»il«Iï* 10 !

PETITES
IGNOBLES ANNONCES

DES TRAITEMENTS
infligés à des innocents
D’horribles détails nous parviennent
aujourd’hui sur les sévices incroyables
infligés à de malheureux innocents,
d’abord dans une petite commune de
la Charente-Maritime, à St-G. des
C., puis à N.
Le comble du sadisme

Arrachés aux leurs, ces victimes — et
le fait est d’autant plus révoltant qu’il
s’agit, en majeure partie, de jeunes
gens de vingt ans — sont soumises,
chaque après-midi,à tour de Roi,à des
tortures qui dépassent l'imagination.

lations rurales.Déjà,la folie
semble ravager les jeunes
gens, dont les cris inarticu­
lés — tels que « Hennavanmarche ! » , pour n’en
reproduire qu’un — n’ont
plus aucune signification.
On ose à peine imaginer les
procédés qui ont mené les
malheureux à une telle mi­
sère physiologique.

Par rangs de quatreon les
fait piétiner pendant des
heures, sous les injonctions
brutales de gardes-chiour­
mes qui scandent : «Hun,
deux ! »
Ce détail révèle assez, du
reste, la sombre origine teu
tonne des tortionnaires.
On force les malheureux
jeunesgens à tenir «le lourds Le châtiment des bourreaux
bàlons de fer dans des posi­
Quoiqu'il en soit — et ations particulièrement sadiquestsurl’épauledroite, par vant qu’il ne soit Irop lard —
il faut que cesse ci 1 abomiexemple.
Et sous la menace répétée i nable scandale.
de la « tôle » — instrument
Nous avons des renseigne­
secret de torture que notre ments sur les affreux tor­
plu me se refit se à décrire- les
tionnaires, animateurs si­
jeunes victimes sont con- nistres de ce camp, qu’ils
irainte&„de ramper, de cou­ appellent, Dieu sait pour­
rir, de s’approcher d'explo­ quoi « peloton d ’ élèvessifs dangereux.
gradés», et où se poursuit
une œuvre systématique de
Vers la folie...
dégradation de l’individu.
Leshurlemenlsdedouleur
Citons le pire d'entre eux,
de ces infortunés sont en­ surnommé Couturier, pseu­
tendus à travers toule la donyme cousu de fil blanc,
campagne environnante , âme damnée du I rop fameux
terrorisant les calmes popu­ Baconnet, dont '<• nom. à

La crise du papier

lui seul dit assez la cruauté...
Nous réclamons solennel­
lement l’impitoyable châti­
ment de ces brutes.
Qu’elles connaissent, à
leur tour, le peloton.
Le peloton d’exécution.

Causerie
médicale

Pour manque de carburant,
échangerais voiture torpédo
modèle 1900, état neuf, contre
bonne jument -sachant nager
brasse papillon.
Ecrire au Journal.

Sous-Lieutenant, Rédacteur à
« Forces Françaises » offre
Service d’Information bon état
de marche contre abonnement
à un quotidien bien informé.
Jeur.e aumônier détaché à la
Bi igade « Rac », troquerait
volontiers calice à l’état neuf,
contre timbale très grand mo­
dèle (contenance 75 centilit l es). S’adresser : Çolonel Ch...,
C'*1' Ilides
* transmissions.

Le coin de la voyante

PAR
le Médecin-Lieutenant W...

Radiologue de la Brigade

Entièrement censurée
pour insanités.

La protecticn des racessupérieures
D’importantes mesures
vont être prises

Le numéro 69. de « Forces
Fr a n ça ises», décou vertdansla
botte gauche d’un milicien
arbonnt la croix delorraine,
j actuellement dans la place de
I Royan, gaulliste notoire,
\ ma s contraint de suivre le
« Roche vdanssa retraitevictorieus°. et venant de se conver­
tir au culte de Roudha. en vue
i de son prochain départ chez
les Fils du Ciel.
Ou une violette.
Les COURS

(Suite de la première page)

de la BOURSE

D’ IM PORTANTES
Des bruits alarmistes ont
couru dans la grande pri ss«*
sur la crise du papier. On
s’est étonné de voir le pa-

R ÉVÉL AVIONS

pier d'sparaître aussi vite
du marché national.
Renseignements pris, on
déplore d’importantes con­
sommations de papier de la
part de certains organismes
Une nouvelle arme secrète qui,
sous le lallacieux pré­
de l’ennemi ?
texte de " notes de servit es »
Ou signale qu'au groupe indispensables, poursuivent
Roland, à la suite de leur sé- j une politique ténébreuse
jour à Marennes. beaucoup d’assèchement systématique
îles combattants oui contrac­ du marché du papier.
té une mystérieuse maladie.
La preuve en est l’aspect
Il s’agirait d'une a 'fection particulier des auteurs de
dont on a pu remarquer ces notes, à minuit passé:
qu’elle ne touchait pas les une vraie mine de papier
amateurs de' solitude.
mâché.
On se perd en conjectures...
Ce qui en dit long.

cidé pourdegrands moyens.
Désormais, ceux qui n’ap­
Dividonrac : 0.00C02.
partiennent pas la Brigade
50
e R. I. :.... .350.
Bac seront obligatoirement
Raritaude : non cotée.
porteurs d’un vêtement spé­
Carburants :.. 1 1, 1/2
cial : le costume civil.
Gazobois
....... 4.
Ils n’auronl pas le droit à
Du Crêté :....... 2.
la libre résidence : ainsi,
Saint-André : 75.
leur sera t-il inlerdil, de la
Ricou :. .. 15 (pour moi)
façon la plus formelle, de
Plastic :. .22 !
s’insialler dansdes gourbis,
Palu :........ 1.787.50.
sur la ligne de feu.
Spaak. Fiji, Fred, etc... :
Il leur est d'ores et déjà re­
— 10° fia nuit)
mis une carte spéciale : la
carte d’alimentation qui per- Il convient de noter surtout
la baisse des actions « Dimettra un contrôle rigou­
visionrac. » et la brus ne
reux à leur égard.
montée de l'action « 50”
Seuls, les combattants de
R. I. ».
la Brigade Rac échapperont
à celle mesure vexatoire des A part ça, rien de neuf.
plus méritées.

Pour le musée de l’armée

DES PIÈCES RARES el des SOUVENIRS
concernant les F. F. I.
Le Ministère de la Guerre el le Musée de l’Armée ré­
clament des documents sensationnels et des souvenirs
concernant le Maquis el l’aclion des F.F.I., pour les
mettre dans une travée spéciale.
Dans la Brigade les documents sensationnels ne
manqueraient certes pas.
A toutes fins utiles, ils
nous a paru intéressant d’a­
dresser une liste purement
indicative :
On sait que la Cie des
— Un bidule
Transmissions de la Briga­
— Un toutime
de installe actuellement un
— Un état-major
— Lasoldedenovembrel944 poste d'émissions radiopho­
niques.
— Une voiture intacte
Nous avons le plaisir de
— Un vrai Rac en peau de
publier quelques extraits du
toutou
— Un disque enregistré programme pour la semaine
d’une déclaration du Cdt. à venir :
Dupuy à ses commandants MUSIQUE CLASSIQUE :
de Compagnie ( 488 tours à
« Hèradiade » (Massenet )
la minute — Disrjue en ma­ — « Guillaume Tell égratière plastie, fourni par les phe » (Verdi) — « Le Cré­
S. S. S.) etc...
puscule des Mèresdieux »
Et pour ce qui estdessou- (Wagner) — «Ange pur, an­
venirs, on pourrait peut-être ge radio », |p grand E. R.de
envoyer le faux authentique «Faust» (Gounod). — « Mid’un vrai faux bonde réqui­ croppélia » (Léo Delibes).
sition signé Poussin, non FESTIVAL DEBUSSY :
signé de sa main d’ailleurs
« Pélléas el Mélisondes
— et unebouteillede Cognac. courtes » — « Prélude à l'a­
Vide, naturellement.
près-midi d’un lèlél’aune »
Il y a bien un lieutenant
qui nous a suggéré, comme LES INTERVIEWS :
«Avec Jean couranl»(élecpièce vraiment très rare, un
soldat de deuxième classe trique).
F. T. P.
LECTURES (au son)
Mais il s’agit sûrement TABLEAUX CÉLÈBRES :
d’un farceur de mauvaise
« Léonidas aux P. T. Therfoi.
Inopv les (sèches)» - (David).

LA RADIO

Le Gérant: S/Lt. SAINDEHICHIX

LES PETITES RECETTES

de la vie pratique
par le Capitaine TOM
Comme chacun sait, le capitaine Tom est le meil­
leur spécialiste de la récupération qu’on puisse
trouver dans toute la Brigade.
Connu de tous,c’est, en quelque sorte, un grand Totrt.
C’est pourquoi nous lui avons demandé de tenir
notre rubrique de la débrouillardise. Nul doute qu’il
ne s’en débrouille fort bien.

COMMENT TRANSFORMER
UN CUIRASSÉ EN CANON DE 75
On prend un cuirassé en
n’importe quel état — usagé
de préférence — On enlève
d'abord les cheminées el les
machines, en prenant bien
soin de mettre de côté les
ressorts.
Puis, on pile l’ensemble
sous un marteau-pilon.
Après quoi, on coupe en
menus morceaux le bastin­
gage, et on rassemble les
hublots.
A coups de bâche d’abor­
dage, on dégage les tourel­
les. bien avoir soin dépasser
un aspirateurpourramasser
la limaille. On jette le reste
dans l’eau.
Puis on va chercher un
canon de75, à Ruelle, qu’on
fixe sur l’épave ainsi obte­
nue — non sans avoir peint
« Tom » sur le canon

Pour transformer un ca­
non de 75 en cuirassé, pro­
céder aux opérations exac­
tement inverses.

PETITE
CORRESPONDANCE
Th. de V. : Ah 1 cézarlilleurs I
Coldebœuf: Pour la grève
des bouchers, il n'y a que
Paye qui m’aille.
Crapaud : Va donc, eh !
ràouleur I
X... : Non, ne croyez pas
que par mesure d’unifie»
tion, on ait exigé une allure
plus « Rac » pour tes noms
de famille. Dorne ne devien­
dra pas Médor-ne, ni Vieugeot Vieux Ghiol, ni La frie lie
La Niche.
Imprimerie H. VIKMOUNEIX
Thiviers (Dordogne)

lllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllillillllllllllItlIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIUIIIIIIIIlllllUIIIIIIIIIII'llllllllilllllllllllllllllt
Ce soir-là, il y avait bal a
niversaire battaient leur plein
Châteaumignard.
De
lourds
Le Comte Féodor était revenu
de
nuages, annonciateurs de tem­
à la charge, mais en vain.
pête, couraient, tels de fou­
— Je donnerai tout de même
Grand feuilleton d'amour et d’aventures
gueux coursiers, dans le ciel
le bal, avait-il éternué haineuse­
• 1
noir de jade de cette équinoxe
ment, en jetant à sa pupille un
------------------------ Par Ghislaine de Boudezan-------------finissante.
dernier regard glauque et gla­
— Hugh !... soupira la déli­
meure — loin de cette cage aux
sinon, je te claustrerais dans la
bre.
murs épais et suintants où son
Tour du Pendu et t’v laisserais
cieuse Yolande de GhateaumiYolande de Châteaumignard
gnard, tandis que ses doigts
cruel tuteur, le farouche Comte
mourir de faim !
ruminait ses tristes pensées tt
graciles effleuraient les cordes
Féodor de Chèkposto, de sou­
Yolande avait compris à de­
repassait les événements du
du luth qu’elle tenait à la main.
che balkanique et d’esprit re­
mi-mot ce que cette phrase
matin dont le fer l’avait si cruel­
tors, l'avait recluse le matin
Celle-ci était une ravissante
pouvait contenir de menaçant.
lement fustigée. Elle avait lon­
même.
jeune fille au teint de lys, aux
Elle avait pâli davantage en­
guement sangloté et, seule, la
yeux d’azur et aux bras d albâ­
— Que la peste bubonique
core et ses mains étaient deve­
musique lui avait apporté le.
tre. Ses traits étaient empreints
m’étoufie ! s'était-il écrié en
nues froides comme celles d’un
baume de l'apaisement.
de la plus exquise distinction,
roulant les «r» et une cigarette,
serpent. Mais elle était restée
Sa voix cristalline chantait de
en même temps que d’une mo­
car il proférait d’atroces blas­
ferme dans son refus.
main de maître une vieille ro_
deste réserve, alliée à un char­
phèmes et était un fumeur im­
— Ahahah ! s’était esclaffé le
mance dont l’avait souvent ber.
pénitent.
me indéfinissable que la plume
Comte de Chèkposto en balka­
cée sa nourrice, la fidèle Udoxie.
la plus habile serait impuissan­
— ..., s'était exclamée Yolan­
nique, car c’était là sa langue
L'amour est un oiseau
te à décrire. Aussi ne les décri­
de, en pâlissant.
maternelle.
Qui trouble les cervelles,
rons-nous pas davantage.
— Ce soir, tu auras dix-huit
Et, incontinant.il avait enfer­
L’amour est une oiselle
Présentement, elle était en­
ans, ma douce enfant. Et c'est
mé la douce Yolande et avait
Qui trouble les cerveaux !..
fermée, seule, dans la plus
maintenant que tu vas signer
dévalé les escaliers avec un rire
L'amour ?... Voilà longtemps
haute tour de Châteaumignard.
l’acte qui me reconnaîtra le
sardonique et quatre à quatre.
qu’elle l’attendait. Et, mainte-,:
Par bouffées indistinctes lui
régisseur définitif de l’héritage
Une longue et livide après-mi­
nant, elle allait mourir sans
parvenaient les rires et le tu­
de ton père. C’est ce soir que
di s’était appesantie goutte à
avoir connu sa douce étreinte...
multe du bal-—tout là-bas, dans
tu renonces à la fabuleuse for­
goutte sur la frêle enfant, tandis
la grande salle de la noble detune des Châteaumignard... ou.
que les préparatifs du bal d’an­
( A suivre).

YOLANDE

CHATEAUMIGNARD