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Salut a toi, Botrel!... Entre en pays conquis !
Tu n'es plus Vétranger qu'un hasard nous apporte,
‘Puisque a te voir franchir souriant cette porle,
Nos cers ont tressailli comme des ceeurs damis...
Tu wes plus le pole a la voix inconnue
Dont on vient, curieux, analyser les chants ;
Tous ceux que tu charmas par tes beaux vers touchants
Toffrent dans leur sourire un mot de bienvenue.
Nous Vaimons !... Nous avons gardé ton souvenir
Avec Pélan jailli de tes refrains de flamme ;
Pour respirer encor le meilleur de ton dine,
En foule, aulour de toi, nous voilons revenir.
Vois!... Ton atlente en nous fait naitre mille fievres,
O Botrel !... Jette-nous encor le long frisson
Que donnent ta voix chaude ct ta indle chanson,
Parle !... Nos sommes tous suspendus a tes lévres...
Chante-nous ta patrie!... En un vers fais-nous voir
Les bateaux lout petits qui vont sur la mer grande,
Les villages perdus aux confins de la lande
Et le clocher tout .rose en la pourpre du soir...
Eparpille sur nous, dans tes rimes légéres,
L’odeur des ajoncs d’or et des genéts fleuris,
Les vols de goélands, Pécume des flots gris
Et la plainte du vent a travers les bruyéres...
Dis-nous tous les parfuis, les réves, les sanglots
Epars sur les sillons et les vagues menteuses,
Le poéme si doux des chaumiéres heureuses,
La legende qui plane au-dessus des lits-clos...
Sonne aussi le clairon des haines centenaires,
De la sainte vaillance et du sublime effort,
Dis-nous que tes ‘Bretons, tétus jusqwa la mort,
Out garde leur courage en gardant leurs priéres.
‘De tes refrains vengeurs cingle devant nos yeux
Tous ceux qui, bannissant le Celte de l éelise,
Chassent par les chemins, dolente mais soumise,
La bonne Seur pleurant ses enfants et ses vieux.
‘Pousse lon cri vibrant de révolle heroique,
Dénonce les forfaits des laches proscripleurs,
Que ta plainte, cveillant son écho dans nos curs,
Sacre le Limousin frére de ? Armorique.
Et @entendre exprimer en ton vers male et doux
Ce quest une province et ce guest une race,
Nous sentirons en nous frémir la vieille audace,
L'amour du sol natal, le culte du chez nous...
"Et lous nos ceurs battront d'une noble espérance,
Et comme des Bretons nous saurons tapplaudir,
Car si, dans ta chanson, l Arvor semble frémir,
‘Dans ta voix, 6 Botrel, chante ame de France |
UN TROUBADOUR.
Limoges, 8 Février 1903.
Impressions de Luxe, P, Dumont, Limoges.
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LIMOGES
ORGANISEE
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DU BARDE BRETON
LE CONCOURS DE :
Mme BOTREL
Mile Jeanne COLOMBIER
M. A. COLOMB,) Pianiste-Compositeur
MM. Auguste& Mareei COLOMBIER
MM. ARLET, BARDON & X**
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DIMANCHE 8 FEVRIER, A 8 HEURES 1/4 PRECISES DU SOIR >
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SALLE ANTIGNAC, 6, Boulevard Victor-Hugo