FRB243226101_PZ_2552.pdf
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Fait partie de Notice sur la vaccine et la variole ou petite vérole
- extracted text
-
SUR
LA VACCINE ET LA
ou
La défaveur toujours croissante (1) de la vaccine est d’au
tant plus affligeante, que le temps et l’expérience semblaient
avoir sanctionné les immenses avantages de cette précieuse
découverte ; et quand on voit les vives attaques renouvelées
contre elle, l’on est tenté de penser que l’homme n’admet un
moment les vérités les mieux démontrées, les plus utiles
que pour avoir le droit de les rejeter plus tard
gereux mensonges.
Depuis long-temps, ses plus ardents détracteurs, n’osant
contester son efficacité préventive, se bornaient à lui
/ /
(1) Les rapports du comité de vaccine sont unanimes sur ce <
alarmant, et notre département est malheureusement un de
ses progrès sont le plus inquiétants. En effet nos vaccinations,
vèrent en 1828 à près de i5,ooo, ont à peine dépassé 4}ooo en i832
nous fait craindre un chiffre inférieur pour i8330
6P2 *552.'
'
( 4 )
de s’opposer à la dépuration de nos humeurs; aujourd’hui, s’é
tayant de quelques faits exceptionnels, observés dans nos
dernières épidémies varioleuses, ils remettent en doute sa
facultéprèservative tout aussi bien que son innocuité.
Leurs objections, qui n’ont pas même le mérite de la nou
veauté, ont cependant porté de tristes fruits ; elles ont rani
mé les préventions mal éteintes de nos populations rurales,
d’ailleurs si opiniâtres dans leur fatale incurie ; des person
nes éclairées, des hommes recommandables ont été ébranlés
dans leurs convictions.; et, oubliant avec quelles difficultés et
par quelle persévérance la vérité triomphe de l’erreur, ils
nous ont retiré l’appui de leurs lumières et de leur influence,
et de nouveaux obstacles sont venus s’ajouter à ceux déjàpresqu’insurmontables que rencontrent les médecins qui se vouent
à la propagation de cette pratique bienfaisante.
Chargé de diriger la vaccination de ce département, nous
croyons devoir appeler encore l’attention sur ces questions
importantes qui paraissaient irrévocablement jugées; nous
l’essaierons avec la confiance que l’on appréciera au moins
les intentions qui nous déterminent.
Voyons donc si les expériences irréfragables, répétées de
puis plus de trente ans, dans toutes les contrées du globe, et
sur des millions d’individus, peuvent être infirmées par de
très-rares exceptions, par quelques faits exagérés ou mal
t observés, et si les parents peuvent y trouver la justification
de leur éloignement pour la vaccine et de leur funeste sécu
rité ?
Résumons les objections principales; leur énergie ne per
dra rien à la simplicité des termes.
Si la vaccine, nous dit-on, préservait de la petite vérole,
ce serait un malheur, puisqu’elle retiendrait en nous des
humeurs malfaisantes (la matière de la suppuration variolique)
et rendrait ainsi nos maladies plus fréquentes et plus graves
.
(5)
ou même nous en occasionnerait de nouvelles : heureusement
des faits irrécusables prouvent qu’on peut être atteint de la va
riole après une bonne vaccination; donc, le vaccin n’est pas le
préservatif de la petite vérole, ou tout au plus il ne l’est que
pour un temps limité, et nous devons nous en féliciter.
Interrogeons les faits à notre tour et répondons par ceux
sur lesquels les médecins sont en général d’accord, faits que
nous trouvons consignés dans les auteurs les plus justement
estimés (1) et que confirme chaque jour la pratique des plus
humbles vaccinateurs.
Et d’abord la petite vérole est-elle, comme on le soutient,
une maladie utile, nécessaire, inévitable? Peu de mots suffi?
ront à la solution négative de cette question.
La variole, ce fléau destructeur, n’a point existé de tous
temps. En effet, Hippocrate, Celse, Galien, Arétée, Aëtius
n’en font aucune mention (2), et certes l’affreux aspect de
cette hideuse éruption les eûtvivement frappés s’ils en avaient
rencontré un seul exemple. Il faut arriver jusqu’à Rhazès, au
9.' siècle, pour en trouver une description authentique.
Inconnue aux Grecs et aux Romains, il y a quelques con
trées où cette cruelle maladie n’a point encore pénétré. Ori
ginaire d’Arabie ,où elle apparut vers la fin du 6.' siècle, elle
envahit l’Egypte dans le suivant, et passa, avec les Sarra
sins, en Espagne, en France, etc. Les Européens la portèrent
en Amérique.
(1) Jenner ; Husson, que les immenses services qu’il a rendus comme
propagateur de la vaccine en France, placent au second rang; Woodville, Simons, Pew, Pearson, Sacco, Bousquet, etc., etc. Les rapports
à l’Institut, à l’Académie de Médecine, les journaux scientifiques,en par
ticulier le Journal Général, les transactions médicales.
(2) C’est pourtant un espace de 8i4 années, car Hippocrate vivait 43»
ans avant Jésus-Christ, et Aëtius en 384 de notre ère»
\
Bien que la petite vérole affecte la presque généralité des
individus, elle est loin cependant de les atteindre tous Quel
ques-uns même n’en sont attaqués qu’au terme d’une longue
et heureuse carrière (1). Comment, dans ces deux cas, si la
dépuration varioleuse était indispensable, comment la vie, la
santé, se seraient-elles conservées sans le bienfait de cette éli
mination salutaire ?
Les personnes les plus fortement gravées ne sont pas pour
cela moins sujettes aux maladies.
Le grand nombre de boutons (leur confluence) dépend de
la violence du mal , produite elle-même par l’intensité des
causes ; et cette abondance d’éruption est un grave danger.
Or, les causes de la petite vérole sont sans nul doute dans
j’action des agents extérieurs,.dans des conditions atmosphé
riques spéciales, tout comme ce|les de la rougeole, delà scar
latine, de lamiliairé, que l’on ne regarde pourtant pas com
me essentiellement dépuratoires.
Enfin, nous.n’en portons pas plus le germe (2) en naissant,
que celui de la teigne, de la gale, de la syphilis, du cho
léra (3), Cet autre fléau d’Asie.
Concluons de tout ce qui précède, que la variole n’a pas
existé de tous temps parmi nous ; qu’elle n’est point une ma
ladie indispensable, nécessaire, utile; qu’elle est au contraire
(1) Le célèbre naturaliste Lacépède mourut (1825)de la petite vérole,
À 69ans, Louis XV à 67. j-...
(2) Si l’on a vu des enfants naître avec la variole, on en voit aussi qui
présentent des tubercules dans les poumons, des lésions dufoie, du cer
veau , et l’on n’oserait avancer que le germe de ces maladies est inné chez
tous les hommes.
(5) L’apparition de cette effroyable maladie peut faire concevoir com
ment , sous l’influence de causes spécifiques, insaisissables à nos moyens
d’investigation, la petite vérole a pu surgir un jour pour désoler le monde.
( 7) .
une horrible calamité, et que nous devons redoubler d’efforts
■pour lui arracher ses victimes (1).
Parmi les moyens d’arriver à ce but désirable, nous trou
vons d’abord l’inoculation. Connue fort anciennement en
Asie fa), elle fut apportée de Constantinople à Londres par
lady Montaigue, et ne parvint que tard en France, où elle
éprouva long-temps aussi la plus vive opposition.
Cette méthode était destinée à régler les mouvements mor
bides, à diminuer l’éruption, par conséquent les dangers de
la variole, en préparant les individus et en les plaçant dans les
Circonstances les plus favorables possible. Mais la petite vérole
'inôàuléè devenait assez souvent funeste (3), et cette pratique
avait'd’ailleurs l’inconvénient d’entretenir et démultiplier les
foyers d’infection varioleuse.
La vaccine (4) (cow-pox, picottedes vaches), au contraire,
n’offre que des avantages, et est sous tous les rapports pre.
férable à l’inoculation variolique. Si l’idée première de cette
importante découverte peut être revendiquée en faveur d’un
Français (M. Rabaud, de Montpellier), Jenner, en la fécon
dant, en la propageant, n’en a pas moins mérité d’être pro.clamé l’un des plus grands bienfaiteurs de l’humanité .-.pajlj^.
(1) La variole enlevait, avant Jenner, le îo.'dc la population, et le
quart de ceux qu’eHe attaquait ; elle fit périr à Marseille (1828) 1M71
personnes en trois mois.
/
(2) C’est par ce moyen que l’on conservait la beauté des Géorgiennes
et des Circassiennes.
(3) On perdait au moins deux inoculés sur cent : Letson, Sims, Dimsdale, Valentin et Désotenx.
(4) Ce fut en 1775 que l’immortel Jenner, inoculant la variole, reconnut
qu’elle ne pouvait se développer chez ceux qui avaient gagné le cow-pox
en trayant les vaches. On dit que la vaccine était connue fort ancienne
ment dans l’Inde et en Perse , et d’après M. de Humbold, les,habitants
des Andes en jouissaient avant les Européens.
/Q
-
( 8 )
que la vaccination est une opération aussi simple que sûre
et toujours sans dangers.
Mais, nous dit-on, si l’action du vaccin sur l’économie
ne compromet pas actuellement le sujet qui y est soumis, ne
le dispose-t-elle pas à des maladies et plus fréquentes et plus
intenses, ou même à des infirmités nouvelles?
Examinons' si un reproche aussi grave ne repose pas uni
quement sur des préventions, sur des erreurs manifestes.
Commençons par une réflexion générale applicable à tou
tes les récriminations du même genre. On ne peut nier que
dans ces derniers temps la connaissance du siège de nos ma
ladies n’ait fait d’immenses progrès, et que par suite leur no
menclature ne soit devenue plus précise ; de là aussi la répé
tition plus fréquente de noms mieux appropriés, et la croyance
'•^ui en résulte, pourbeaucoup de gens, que les affections qu’ils
'—“ffésignent sont quatre à cinq, fois plus communes que lorsque
chacune d’elles portait quatre ou cinq noms differents (i).
Parcourons rapidement celles sur lesquelles frappe plus par
ticulièrement l’accusation précitée : les dates seront ici déci-
Le croup (mal de gorge malin, esquinancie suffocante) dont
le nom seul est étranger, n’est point une affection nouvelle ;
il a été signalé parBaillou, dès 1676; Ghisi nous a transmis
l’histoire des épidémies meurtrières de 174? , 1748, etc.
■La coqueluche, aperçue bien avant, a été décrite dès le
»4-e siècle, et l’on en a observé depuis de fréquentes épidé
mies.
L’hydrocéphale (hyAropisie de cerveau, fièvre-cérébrale,
fièvre maligne des enfants), connue Iong-tempsavant Jenner,
•(t) L’apoplexie, par exemple, se nommait coup de sang, mort subite
a £(»««« de paralysie, «te-.
(9)
et observée sous diverses dénominations, avait déjà, par sa
fréquente gravité , attiré l’attention de plusieurs sociétés sa
vantes.
L’angine gangreneuse (esquinancie putride , mal de gorge
gangreneux), entrevue par Arétée, décrite de 1610 à 1620,
a été souvent observée depuis cette époque.
Les fièvres muqueuses (les diverses sortes de diphthérites)
avaient régné épidémiquement bien avant 1775.
La rougeole, la scarlatine (pourpre, chalampion), la miliai
re (millet), n’étaient ni moins fréquentes, ni moins graves,
avant l’importation de la vaccine. Nous pouvons en dire au
tant des maladies cutanées chroniques (1), la teigne, les dar
tres, les croûtes de lait, etc.
Enfin, les scrophules (écrouelles, humeurs froides), sont
si loin d’être plus répandues, que partout l’on remarque une
heureuse influence du vaccin sur cette fâcheuse maladie.
Faudra-t-il, après tout, chaque fois qu’il surviendra quel
que dérangement de la santé après la vaccination, l’accuser
d’en être la cause, comme si avant elle les enfants n’en
éprouvaient jamais aucun (2)?
Comment la vacciné poiArait-elle déterminer 4ês accidents
en introduisant en nous de9 principes delétgtes, quand nous
voyons ce virus exister simultanément sur le même individu ,
avec la variole, la varioloïde, les exanthèmes, la gale, les
fièvres de toute espèce , sans éprouver aucune altération,
aucun mélange dans ses éléments constitutifs, puisqu’il peut
dans tous ces cas être transmis isolément, ayant pour ainsi
dire parcouru son chemin à part soi?
Ainsi, du vaccin pris sur un varioleux ne développe qu’une
vaccine franche, tandis qu’en puisant dans les pustules va-
(1) La vaccine au contraire les modifie avantageusement.
(a) La mortalité a cependant diminué depuis son introduction.
rioliques du même sujet, l’on ne transmet que la vraie petite
vérole. Du germe vaccinal recueilli sur des galeux, sur des.
donne que des boutons légitimes, sans aucune complication ,.
sans aucune autre espèce d’éruption. Comment enfin la vac
cination déterminerait-elle des affections dont la plupart
sont reconnues n’être transmissibles , ni par contagion, ni par
inoculation?
Non-seulement le vaccin se transmet pur de toute humeur
que soit d’ailleurs l’intégrité des fonctions de l’individu qui
le fournit, mais encore dans heauooup de circonstances il agit
favorablement sur l’économie, et peut atténuer ôu même gué
rir certaines dispositions pathologiques. Les vaccinateurs ci
tent dés coqueluches, des affections chroniques des articu
lations, des dartres rebelles, des ophthalmies invétérées, des
engorgements, gla/idulaires, des irritations gastro-intestina
les (a), le carreau, etc., etc., qui ont été guéris par l’inocu
lation jennerienne.
Quelques maladies nerveuses, l’épilepsie, la danse de St.Gui, en ont quelquefois éprouvé une modification avanta-
Enfin, la rougeole, la scarlatine, la variole, ont paru s’a,
raender sous son heureuse influence.
La vaccine, qui, comme on vient de le voir. n’entraîne après
elle aucun accident, qui parfois améliore l’état maladif de la
Tiennes sur des enfants de l’hospice. (Rapports au préfet, i8a8, W13o.j
(a) J’ai, par nne insertion de huit boutons sur l’abdomen, guéri deux
entérites fort rebelles, ainsi qu’une artbritis et plusieurs ophthalnties
chroniques. (Rapport, 1829,)
(11)
constitution, ou guérit certaines lésions morbides, la vac
cine préserve-t-elle sûrement et pour toujours de la petite vé
role ?
Ici les faits se pressent pour témoigner de l’efficacité de eu
précieux antidote, et pour s’en convaincre chacun n’a qu’à
regarder autour de soi. Les épreuves de tout genre, les con
tre-épreuves incontestables répétées dans tous les climats, sur
des sujets placés dans les conditions les plus opposées, ne
laissent aucun doute sur ses effets préventifs. Si, dans quel
ques cas infiniment rares, on. a vu la variole attaquer des
personnes précédemment bien vaccinées, une variole antérieure
n’a pas toujours non plus préservé d’une petite vérole se
condaire. Toutefois, dans ces circonstances même tout ex
ceptionnelles, l’avantage est encore du côté de la vaccine,
qur, relativement, est un préservatif plus puissant (i)que la
variole elle-même.
Pendant les dernières et grandes épidémies, varioleuses qui
•ont régné en France et dans presque toutes les parties du
monde, les médecins ont pu mieux observer les éruptions
varioliformes qui se rencontrent toujours quand la petite vé
role frappe ainsi les populations en masse. On sait aujour
d’hui que la varicelle ou petite vérole volante s’offre commu
nément sous un aspect et avec des symptômes bien plus gra
ves qu’on ne le croyait autrefois. Cette croyance et la légè
reté, nous dirons même„Ia mauvaise foi de quelques obser
vateurs, ont fait croire à de véritables varioles consécutives,
quand on n’avait à faire qu’à des varicelles confluentes ou
plutôt à des varioloides ou petites véroles modifiées. Ces vario-
(1) Thompson rapporte que , dans l'épidémie de 1S18 (en Ecosse),sur
77 variolés (picottés) qui furent atteints de petite vérole secondaire
de varioloïde, 3 moururent ; et sur 484 vaccinés qui en furent égale,
affectés, un seul périt.
(
)
12
loïdes, au reste, bien distinctes de la vraie petite vérole, avaient
par leur bénignité (1) frappé même les personnes étrangères
à la médecine, qui les regardaient comme des picottes miti
gées par l’action préalable de la vaccine (a).
C’est à la confusion que l’on s’obstine à mettre entre ces
deux maladies éruptives (variole et varioloïde) que sont dues
les attaques dirigées contre la découverte de Jenner. Il est
impossible cependant, avec de la bonne foi et de l’attention,
de ne pas les distinguer; car il y a entre elles autant de dif
férence au moins, qu’entre la rougeole et la scarlatine. Es
sayons de retracer ici leurs caractères distinctifs les plus
saillants.
VARIOLE.
VARIOLOÏDE.
T
Causes. —Elles sont sans doute les mômes pour ces deux maladies, com
me pour les autres sortes de phlegmasies cutanées, aussi les observe-ton dans le même temps , dans les mêmes circonstances (3),et sous les
mêmes influences atmosphériques.
Symptômes précurseurs—Ce sont ceux —Souvent ils sont plus intenses
de toutes les fièvres éruptives; envies dans celle-ci.
de vomir, vomissements, diarrhées,
délire, mouvements convulsifs, fièvre
vive, etc.
(1) M. Parer, des Pyrénées-Orientales, a vu la mortalitéde la varioloïde
n’être que d’un sur 4i » et celle de la variole de 8 sur 4o individus atteints.
(Rapports à l’Académie, i83o).
(2) Cette opinion fut bientôt générale à Bergerac, pendant la cruelle
épidémie de 1828 que j’eus l’occasion d’observer avec mon excellent con
frère M. le docteur Vizerie, etoù noasavons pu nous convaincre de la spé
cialité nosologique de la varioloïde, qui a été trop long-temps contes
tée. (Rapports au préfet, 1828.)
(3) Ces agents épidémiques échappent à nos sens ; c’est le quid divinujn
d’Hippocrate»
( 13 )
VARIOLE.
Éruption. — Elle a licu.au plus tôt du
5.® au 4«e jour de l’invasion.
VARIOLO1DE.
— Au plus tard le second ; sou
vent dans les premières 24 heu-
Sa marche. — Il apparaît de petites ta — Elles se montrent simultané
ches rouges comme des piqûres de pu ment sur tout le corps, et ordice , d’abord aux lèvres , puis au men nairement plutôt sur les mem
ton , à la face, et successivement au bres qu’ailleurs, quelquefois
cou , à la poitrine, au tronc, aux mem$- par plaques rouges assez éten
dues,
bres.
Développement. — Du i er au 2.me jour, — Le 2.e au plus tard, les bou
elles présentent à leur centre une lé tons nésau centre des rougeurs,
gère élévation, dure, résistant sous le sont élevés, cèdent à la pres
doigt et co^me enfoncée dans l’épais sion , et l’on y aperçoit déjà un
peu de lymphe transparente
seur de la pèauv
(vésicules).
Les boutons croissent régulièrement et — Ils se développent rapide
successivement. La peau se tuméfie ment-; les uns sont à leur ma
considérablement autour et dans leurs turité que d’autres commen
intervalles (surtout à la face) ; elle est cent à poindre. Quelques-uns
tendue, douloureuse: c’est une sorte se montrent encore quand la
d’inflammation œdémato - phlegmo- maladie est déjà terminée.
neuse.
Il n’y a jamais cette bouffis
sure, ce travail inflammatoire,
même quand elle est con
fluente.
Période de suppuration.,— Au 8.e jour, — Au 5.‘jour, la vésicule a at
l’accioissement des boutons est com teint son plus grand dévelop
plet ; ils blanchissent ; un bourrelet pu pement, et elle ne contient
rulent les entoure (pustules) ; leur cen qu’une sérosité épaissie.
tre est comme enfoncé, déprimé (om Sou siège étant plus superficiel,
biliqué); et dans l’espèce dite con elle présente rarement au cen
fluente, la face n’est qu’une énorme tre une dépression marquée;
vessie gonflée de pus.
elle est au contrait e ordinaire
ment semispherique.
Cette période de suppuration
manquant ici complètement,
larfriréede la maladie est beau
coup plus courte.
Fièvre de suppuration. — La fièvre qui — Elle s’est prolongée après et
cesse ordinairement après l’éruption, malgré l’éruption , et ne cesse
reparaîUalors avec intensité, et s’ac quelquefois entièrement qu’acompagne souvent de phlegmasies vis- près la dessiccation complète--.
( 14 )
VARIOLE.
VARIOLOÏDE.
cérales très-graves et même mortel
les (1).
Dessiccation.— Du i2.eau i5.ejour, lès — La lymphe jaune, mêléed’up
pustules se déchirent ; le pus qui en peu de pus qui s’écoule des vé
découle se dessèche , forme une croûte sicules qui se déchirent bien
épaisse, une sorte de masque, et le plus hâtivement, produit des
malade répand une odeur repoussante « croûtes moins épaisses qui ont
une odeur fade peu marquée.
nauséabonde, spécifique.
y-?..:
'
-
./
1
Chute des croûtes, cicatrices. — Ce — Elles tombent du io.°au 12.0
n’est que du i8.e au 20.e, jour, dans jour, quelquefois un peu plus
les cas où elle est bénigne, discrète tard , et ne laissent point après
(Pinel), que les crôûles se détachent, ellesde cicatrices prononcées,
etl’on trouveau-dessous la peau cicatri à moins que les vésicules n’aient
sée , déchirée, couturée: ces stigm été irritées, déchirées; car alors
elles suppurent; il s’est formé
ates sont indélébiles.
des pustules secondaires. Par 4^^
fois, les boutons se dessèchent
en relief, et la peau paraît lube/efuleuse.
Convalescbnce. — Très-lentëet souvent —Ordinairement prompteet fa
très-difficile ; il reste pendant long- cile ; le visage ne retient point
temps un peu de bouffissure à la face, de bouffissure et la rougeur dis
et la rougeur de la peau persiste pen paraît vite.
dant plusieurs mois.
Dangers. — Elle est très-souvent mor — Les résultats fâcheux sont au
telle, puisqu’elle enlève le quart de contraire tres-rares.
ceux qu'elle attaque.
Anatomie.’—La pustule variolique, vraie — La vésicule affecte peu le der
phlegmon de. la peau, est creusée me; elle est uniquement sousn’a qu’une V
dans l’épaisseur du derme; elle offre épidë/mique
cz
plusieurs cavités (multiloculaire) rem seûle^ cavité (uniloculaire) et
plies de pus, et ne se vide point par se vide par une seule piqûre de
la matière melliforme qu’elle
une seule piqûre.
contient.
/
(1) C’est contre ces redoutables phl^gmasies que le médecin doit diri-
'P
ger des moyens thérapeutiques énergiques : les antiphlogistiques, et par
fois les révulsifs , sont en première ligne. Dominés par ces complications
organiques, les symptômes éruptifs dépendent, dans leurs nombreuses
variétés, de l’énergie plus ou moins intense de cette réaction viscérale (de
là peut-être les variétés confluente, hémorragique, ombiliquée , ataxique); j
et conséquemment d’un traitement rationnel et opportun. Il faigtpros-^
crire les boissons excitantes , ne pas tenir les malades trop énferjné^ (Sy-**A^
, et les observer attentivement jusqu’à leur entière convalescence.
Voyez les Mémoires si intéressants de M. Gendrin, — (|) C’est le
fi,
St
CA’
• V
tes/
M. ' !
J
-K 7-)
VU/’
!
VARIOLE.
VARIOLOÏDE.
Récidive. —L’on ne croit plus aujour Les exemples de récidives, mô
d’hui qu’elle ne puisse affecter qu’une me pendant le cours d’une épi
seule fois le même individu, les ob démie, ne sont point du tout
servations contraires étant fréquentes îares.
et incontestables, (i)
Reproduction. — L’inoculation la re — Elle réussit ici très-rarement
produit constamment avec tous les ca (2), et la varioloïde ne se chan
ractères qui lui sont propres.
ge point en variole par les trans
missions successives.
Préservation. — Dans la très-grande — Ni la vaccine, ni la variole,
majorité de cas, la vaccine en est le ni la varioloïde elle-même, ne
préservatif assuré.
préservent de la varioloïde.
Des différences si tranchées, si nombreuses, ne permetr
tent plus de confondre ces deux maladies éruptives, elles ob
servations devenant plus précises, l’on ne croira plus à ces
exemples fréquents de petites véroles consécutives à la vacci
ne, quand on saura surtout que les cas de ce genre bien avé
rés, sont tellement rares qu’ils pourraient être comptés (3).
L’on ne pourra davantage faire de confusion .avec la vari
celle proprement dite ou petite vérole volante, puisque tous ses
symptômes offrent une intensité infiniment moins grande que
ceux-de Itt varioloïde; sa durée n’est d’ailleurs que de cinq
hom-poas, petite vérole cornée des Anglais, la varicelle vert uqueuse : un
séminariste de Bergerac nous en a présenté un exemple remarquable.
{1828).
(1) Méad l’a observée trois fois snr le même sujet ; et Dehaën a vu une
femme en mourir à sa 7.* attaque.
(2) L’estimable M. Vizerie et moi avons vainement tenté des épreu
ves de ce genre. (Rapport au préfet, 1828).
(5) La commission de vaccine de la Société de Médecine de Paris s’est
transportée partout où l'on disait la vaccine en défaut, et etii825
elle n’a trouvé qu’un seul cas de variole chez un individu dont onvavait
fait suppurer les pustules vaccinales.
à six jours, et lé plus souvent elle permet à ceux qu’elle at
taque de continuer leurs habitudes de santé.
Ajoutons enfin, que la varioloïde n’est point une petite vé
role modifiée par l’action préalable de la vaccine, puisqu’elle
affecte non-seulement les vaccinés, mais encore ceux qui ont
eu la variole ou même la varioloïde et qu’on la voit chez des
sujets vierges de toute éruption. D’ailleurs, cette maladie qui
a des caractères qui lui sont propres avait été entrevue bien
long-temps avant la vaccination (i).
De la possibilité d’une petite Vérole après une vaccine fran
che, l’on a conclu que sa puissance préventive n’était que
temporaire, en un mot que le virus avait dégénéré, et qu’il
fallait renouveler les vaccinations et retremper pour ainsi
dire ce germe à sa source. Les opposants sont encore ici dans
le plagiat; car déjà en 1804, Goldson éleva des doutes sur la
permanence des heureux effets de ce préservatif, et Jenner
lui-même inocula vainement la variole à trois individus qui
a'vaient eu le cow-pox 20, 27, 5o ans auparavant. Cette ob
jection qu’on renouvelle, en accordant cependant une plus
longue durée à la modification anti-varioleuse produite par
le vaccin, a été réfutée en outre par les petites véroles épi
démiques, qui ont respecté les nouveaux vaccinés comme
ceux qui l’avaient été il y a t5, 20, 25 ans. Les partisans de
l’affaiblissement de la préservation vaccinale ne sont d’ailleurs
pas d’accord entr’eux sur l’époque où un individu vacciné
cesserait d’être inhabile à contracter la variole ; ils ne le
sont pas davantage non plus sur le moment opportun pour
(1) A ma tus, en i55i, à Ancône, observa une épidémie varioleuse qui
fit croire que les enfants qui avaient eu la petite vérole l’éprouvaient
tous une seconde fois; Frascator, en i555 ; Wan-Swieten (variolœ-spuriœl l’ancien comité de vaccine; Gendrin.
( 17 )
les secondes vaccinations, qui, pour le dire en passant, ne
réussissent que très-rarement (t).
L’on ne peut donc contester l’intégrité du virus vaccin, sa
constante identité avec lui-même. En effet, comme aux pre
miers temps de son importation, nous observons même faci
lité d’insertion, même temps d’incubation, même mode de déve
loppement ; levolame et la forme de la pustule (2), sa marche,
sa durée, sa terminaison, sont toujours les mêmes : si rien n’est
changé dans ses qualités appréciables aux sens, comment
ses propriétés intimes, sa faculté préservatrice seraient-elles
seules changées ? Le vaccin n’a donc pas dégénéré ?
Les heureux effets, les immenses avantages, etla constan
te inocuité de la vaccine étant démontrés, tout bon citoyen,
tout ami de ses semblables, doit concourir de tous ses moyens
à en répandre le bienfait. Nos efforts doivent être d’autant plus
soutenus, que, par des vaccinations générales, nous arrive
rons à faire disparaître (3) l’une des plus effroyables mala
dies qui affligent l’espèce humaine.
Ajoutons, malgré la longueur de cette Notice, quelques
observations pratiques sur l’âge et la saison les plus convena-
(1) J'ai tenté de revacciner plus de deux cents individus, et quelques-uns
jusqu’à six fuis, sans autre résultat que quelques fausses vaccines. Je me
suis vacciné moi-même bien plus de cent fois, et toujours j’obtiens de
faux boutons d’une tr|s-courte durée.
(2) A leur i,7oo.e transmission les pustules étaient parfaitement sem
blables à elles-mêmes : les boutons n’étaient pas plus gros du temps de
Jenner, mais il avait décrit les plus prononcés.
(3) A Manille, la petite vérole n’existe plus; et en mémoire d’un si
grand bienfait, on y a élevé une statue à Charles IV, qui fit faire un
voyage autour du monde, dans le but de répandre la vaccine dans ses
possessions les plus lointaines. Dans plusieurs communes de notre dé
partement où ce préservatif est très-répandu, l’on n’a pas vu de variole
depuis plus de vingt ans.
( 18)
blés à l’inoculation vaccinale, sur le procédé le plus facile,
sur le meilleur moyen de conserver un germe si précieux,
et les anomalies que présente parfois son développement.
La petite' Vérole attaquant surtout les enfants, l’on ne sau
rait trop tôt, dans la crainte d’un tel danger, les soumettre à
cette opération salutaire. M. Husson qu’on peut appeler le
Jenner Français, a vacciné dès les premiers jours de la nais
sance, et les vaccinateurs sont tous d’accord que les premiers
mois de la vie sont l’époque la plus opportune ; plus tard, le
travail de la dentition, les diarrhées, les éruptions laiteu
ses, etc., etc., sont autant d’obstacles qu’on oppose opiniâ
trement aux médecins. S’il est très-convenable, dansîés temps
ordinaires, de ne vacciner que des enfants bien-portants,
l’on ne devrait point être arrêté par quelque indisposition
même assez prononcée, si la petite vérole était imminente (1);
car une affection si grave doit être surtout l’effroi des famil
les. Enfin, un âge avancé n’est point un empêchement au
succès de la vaccination (a).
Toutes les saisons sont également favorables; toutefois, les
chaleurs qui hâtent ordinairement le développement du vac
cin, peuvent, quand elles sont très-grandes, le retarder, ou
même le neutraliser complètement, sans doute par l’effet de
l’action exagérée des exhalants de la jieau.
La méthode par piqûres mérite et obtient partout la pré
férence. En la pratiquant, il importe de tenir la pointe delà
lancette dirigée en bas (la lancette ordinaire est très-bonne,
on peut aussi se servir d’une aiguille), de la laisser un mo
ment dans la petite plaie, pour que le virus puisse s’y écou(i ) De nombreuses vaccinations ont constamment arrêté les progrès des
plus graves épidémies.
(2) Les médecins citent des septuagénaires chez qui la vaccine a offert
sa marche régulière. L’honorable M. Vidal m’en a rapporté un exemple,
et j’en ai moi-même observé un autre.
( 19 )
1er; puis, retirant l’instrument et lâchant la peau qu’on doit
toujours tendre fortement, les bords de la piqûre reviennent
sur eux7mêmes et enferment ainsi le germe vaccinal. Ces
précautions sont surtout indispensables quand on opère avec
du vaccin conservé sous verres. Enfin , l’on doit éviter de
donner lieu à un écoulement de sang trop abondant, bien
qu’il n’y ait point d’inconvénient réel.
Les enfants n’ont besoin d’être soumis à aucune prépara
tion avant la vaccination, et après elle il n’y a de précautions
à prendre que celles qui sont dans tous les temps recomman
dées pour la conservation de la santé.
Il faut, autant que possible, choisir un sujet fort et bienportant, pour fournir le germe qu’on veut transmettre, tout
en combattant avec ménagement les craintes mal fondées
des parents à cet égard. Il importe aussi de puiser le virus
dans des pustules qui ne soient pas trop avancées dans leur
développement (trop mûres'). C’est ordinairement du 7.' àu-8.'
jour qu’il a toutes les qualités (visqueux, filant) pour une
vaccination fructueuse, (t)
■
■
Quoiqu’un seul bouton soit suffisant pour préservèr de la
petite vérole, puisqu’il est le produit de la réaction intérieure
qui atteste l’absorption du vaccin, d’où résulte la modification
organique anti-variolique, quoique, disons-nous, un bouton
puisse suffire, il convient de faire au moins deux piqûres
à chaque bras.
On doit, autant que possible, vacciner de bras à bras, et
l’on peut puiser, sans inconvénient, même dans une pus.tule unique. Il ne faut jamais manquer de revoir ou de se
faire représenter les enfants, vers le 8.' ou 9/ jour de leur
(1) J’ai vacciné un enfant jusqu’à dix fois avant d'obtenir une vaccine
franche.
( 20 )
inoculation (t), pour s’assurer de la qualité des boutons qui
en ont été la suite ; car il y a une vraie et une fausse vaccine,
et la vraie seule préserve de la variole. Il est donc de la plus
grande importance de les,distinguer l’une et l’autre, aussi rap
pellerons nous les traits principaux qui les différencient.
VRAIE VACCINE.
FAUSSE VACCINE. (2)
Incubation. —Il s’écoule au moins trois — Le travail commence le len
jours après l’insertion, avant l’appari demain , quelquefois le jour
tion des boutons. Pendant ce temps on même de la vaccination , et
ne voit rien sur le lieu des piqûres.
s’accompagne de démangeai
sons.
Apparition dbs boutons— Du 3.e au 4-e — Il se forme aux piqûres une
jour, un peu plus tôt en été qu’en hi légère dureté qui se montre
ver, on aperçoit un petit point rouge, parfois dès qu’elles sont faites.
plus sensible au toucher qu’à la vue.
Elle s’affaisse en s’étendant, et
offre une rougeur pâle et ver
getée.
Développement. —Le5.e jour de la vac — Du a.e au auV jour ,il paraît
cination , ou le. a.® de l’éruption, les un bouton à sommet pointu,
boutons sont un peu plus prononcés. d’une grosseur variable, d’une
Dès le 6.e jour, ils cessent de s’éle couleur jaunâtre, et qui prend
ver en pointe; ils s’élargissent, s'ap- en se désséchant l’aspect de la
p ladssent, se dépriment au centre, gomme.
prennent un aspect blanchâtre qui of
fre le reflet de l’argent, de la nacre.
0 -
„ La base s’entoure d’un petit cercle rou- — L’aréole vaccinale (le cercle
Ç
ge qui s’étend chaque jour davantage. rouge) n’existe pas, mais une
Au 8.e jour les boutons sont dans tout inflammation passagère, et
leur développement; ils ont de deux à comme érysipélateuse, peut ac
trois lignes ; leurs bords durs et sail compagner le bouton.
lants, plus élevés que leur centre, et
entourés d’une aréole inflammatoire
plds ou moins étendue.
(1) Si l’on n’avait jamais négligé cette précaution , l’on n’eût pas cru
bien vaccinés des enfants qui n’avaient été que piqués ou qui n’avaient eu
qu’une fausse vaccine, et l’on se serait épargné bien d’injustes atta
ques.
(a) M. Husson a décrit deux variétés de fausse vaccine, mais nous
suivrons ici l’instruction de l’Académie de Médecine pour i83o, comme
suffisante et plus simple.
( 21 )
vraie vaccine.
FAUSSE VACCINE, (i)
Suppuration. —Du 9.«au 10.e, les sym — Cette période manque com
ptômes sont plus prononcés, l’aréole plètement, à moins qu’on ait
prend une couleur vive vermeille, elle écorché, irrité les boutons.
a de 8 à 9 lignes de circonférence ; l‘en
gorgement des parties sous-jacentes est
considérable , et parfois il y a un peu
de tuméfaction aux glandes axillaires.
C’est àcetteépoqufe qu’il y a aussi quel
quefois un peu de fièvre (2)
Ces symptômes, proportionnés à l’irrita
tion locale, sont toujours sans dangers.
Dessiccation, chute des croûtes. —Le — La dessiccation est prompte et
1 i.e jour , l’aréole se rétrécit, pâlit, le la croûte tombe au plus tard au
bouton se flétrit, son reflet s’altère, et g.c jour, ordinairement beau
du 12.c au i3.c il se change en une coup plus tôt. L’impression
croûte noirâtre, dure, qui tombe du 20.0 qu’elle laisse est peu pronon
au 25.e jour, laissant une marque in cée, souvent elle n’existe pas
.du tout.
délébile.
Cicatrice. — Elle est ronde, profonde, — Si les boutons irrités ont sup
gaufrée (déchirée), rayonnée, devient puré* ils peuvent laisser un stig
avec le temps de moins en moins mar mate , mais qui est toujours
quée, mais ne s’efface jamais.
moins prononcé, moins gau
fré.
:
' •
Reproduction. — Se reproduit par l’ino — Jamais cela n’arrive.
culation.
Anatomib. —La pustule vaccinale nor — Beaucoup plus superficiel, le
male est creusée dans l’épaisseur mê bouton de la fausse-vaccine n’a
me du tissu de la peau et offre plu qu’une seule cavité et se vide
sieurs cavités, aussi faut-il faire un as par une seule piqûre.
sez grand nombre, de piqûres pour
ouvrir toutes ces cellules et vider com
plètement le fluide qu’elle contient.
(1) La fausse vaccine se voit chez les sujets déjà vaccinés ou variolés,
et peut être produite chez tous les autres par une irritation quelconque
des piqûres, par un virus tiop avancé, etc..
(2) Elle n’est pas plus rare que du temps de Jenner; lui-même avait
reconnu qu’elle était bien moins fréquente qu’il n’avait cru dans les pre
miers temps.
/
1
/
( 22)
Ces différences marquées suffiront, avec un peu d’atten- •
tion, pour faire éviter des erreurs qui seraient si préjudi
ciables.
La vaccine peut offrir en outre des irrégularités dans sa
marche, sa forme, et quelquefois de la précocité ou du re
tard dans son développement; dans ce dernier cas, elle est
toujours vraie. Souvent les pustules retardées (1) chez les
sujets faibles, sont moins volumineuses, moins profondes
dans la peau, moins inflammatoires, et les cicatrices moins
prononcées. La forme ombiliquée (l’applatissement, l’enfon
cement central qui est caractéristique), n’existe pas dans tous
les boutons d’une manière bietr marquée, et cependant ils
fournissent, dans ce cas même, un germe transmissible et pré
servatif. Parfois aussi, parmi des pustules normales, l’on trou
ve des boutons de fausse vaccine, et l’on doit se tenir en
garde d’une méprise, si l’on recueillait du virus dès le 6.'
jour de la vaccination.
Le travail vaccinal est sans nul doute le plus souvent local
(borné aux points d’insertion); cependant, chez quelques in
dividus, il est accompagné d’une éruption surnuméraire plus
ou moins nombreuse et plus ou moins analogue à la vacci
ne (2).
Les ulcérations observées par Jenner et Sacco, comme com-
(1) J’ai vu chez un enfant affaibli par une entérite chronique le vaccin
ne germer qu’au 27.e jour, quand les forces et l’embonpoint furent un peu
revenus.
(2) Pendant degrav.es épidémies varioleuses, on a vu, outre le travail
local (quelque fut la source où l’on puisait le vaccin), uneéruption géné
rale analogue à la vaccine ou plutôt à la varicelle, se reproduisant par
l’inoculation (Hallé , rapport à l’Institut, 1812), et l’on n’osa point dire
alors que la vaccine produisait la variole, car la même chose fut obser
vée dans un hôpital de variolés.
( 23 )
■
plication de la vaccine, sont infiniment rares (i) et n’ont
.été vues que chez des sujets très-lymphatiques. Dans quel
ques cas, l’aréole est très-large, une sorte de rougeur érysi
pélateuse s’étend au cou, à la poitrine (parfois elle est par
semée de petits boutons rouges qui sèchent sans suppurer....
Husson), et s’accompagne de fièvre et du gonflement des
glandes axillaires.
De simples applications émollientes suffisent pour combat
tre ces très-rares accidents, qui sont toujours au reste sans au
cune gravité. La vaccine peut se compliquer de rougeole, de scarlatine
et d’autres exanthèmes, de varicelle, de variole ou même
d’affections graves des organes essentiels, et son développe
ment et sa marche en être plus ou moins modifiés. Au reste,
on conçoit que c’est contre ces complications ou ces maladies
coexistantes que le traitement doit être dirigé, car elles seu
les sont un danger.
La vaccination, cette opération si simple et si sûre, peut
être pratiquée par tout le monde, mais ne serait-il pas à dé
sirer qu’elle ne fût confiée qu’à des hommes capables de re
connaître les qualités du vaccin et surtout son développement
normal et complet? Nous livrons cette réflexion aux person
nes intéressées an succès d’une inoculation préservatrice.
Le meilleur moyen, le plus commode pour conserver ce
germe précieux (2), est bien certainement celui que nous of
frent les plaques de verre qui se chargent avec tant de faci
lité, et sur lesquelles on le receuille si aisément. Ces pla-
(1) Je n’en ai pas vu un seul exemple sur le très-grand nombre de
sujets que j’ai vaccinés depuis 1 a ans.
j /aW J’ai réussi à développer du virus ainsi conservé au bout de 3 ans,
zjtiigàdvwi Jang tonipwi cherché à fixer les vaccinateurs sur les avantages de
Z ce mode de conservation. (Rapport au préfet, 1837, 29,3o, 3r).
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&L.
( 24 )
ques, superposées, doivent être soigneusement lutées avec
de la cire (la cire de cierge), de façon à empêcher tout accès
à l’air. Il faut avoir l’attention, quand on veut inoculer ce
virus ainsi hermétiquement enfermé, de le délayer avec la
plus petite quantité d’eau possible, ou en l’exposant à la va
peur de ce même liquide, de manière à lui laisser une cer
taine viscosité (la lancette doit prendre un peu sur la lame de
verre); car'si le véhicule est surabondant, le vaccin est noyé;
comme aussi s’il est trop sec, il s’écoule difficilement dans la
petite plaie;son absorption peut même ne pouvoir s’opérer.
Le succès dépend uniquement de la manière de procéder.
Ce mode de conservation se recommande À MM. les vacci
nateurs, qui doivent toujours, en terminant leur campagne
vaccinale, se munir de plaques chargées (on peut ainsi con
server du vaccin pris sur un enfant vigoureux, soit pour les
autres membres de sa famille, soit pour les étrangers), afin
d’être en mesure, si la petite vérole venait à surgir inopiné
ment.
La vaccine né“préserve de la variole qu’après sa matura
tion complète. Les expériences de Sacco et l’observation de
M. Parer ne laissent aucun doute à cet égard. Toutefois, après
5 ou 6 jours de Ijinocufation vaccinale , l’on ne peut dévelop
per de nouvelles pustules par une nouvelle insertion (î).
Terminons en faisant des vœux pour que le gouvernement,
frappé du discrédit de la vaccine, encourage déplus en plus
les hommes recommandables qui se vouent à sa propagation,
(i) J’ai revacciné un assez grand nombre d’enfants du 5 Zu 6.c jour de /cè
leur première inoculation , quand il n’y avait qu’un ou deux boutons,
sans nul succès. Cependant, chez un sujet qui, au i4.e jour d’une premiè
re insertion , n’offrait aucun travail local ,mes pustules des deux époques
apparurent ensemble-et marchèrent régulièrement.
(
)
qu’il recoure même s’il le faut, comme dans quelques pays
voisins, à des moyens coercitifs pour en imposer le bienfait.
Mais puissent plutôt les mères, bénissant le nom de Jenner,
s’empresser d’accepter son préservatif que leur reconnaissan
ce aurait dû proclamer déjà la plus belle conquête de la méde
cine.
Que les médecins ne se découragent pas dans l’accom»
plissement d’une tâche honorable, mais pénible, et nousJe^
rons disparaître la variole, en attendant l’antidote du
léra.
