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Fait partie de Discours prononcé par M. de Belleyme

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PRONONCÉ

PAR M. DE BELLE YME,
PRÉSIDENT

Ce n’est pas une ambitieuse espérance qui m’amène en ce moment
au milieu de vous : un sentiment plus noble m’a fait rechercher
l’honneur de présider votre Collège Electoral. Ma famille , d’une ori­
gine modeste, mais d’une conduite irréprochable, appartient tout
entière à ce département, et lorsqu’il y a peu de mois je visitai
le toit paternel et l’asile religieux où reposent les cendres de mes
parens, enfant du Périgord , j’ai salué la Patrie. Ma famille compte
dans ce département des magistrats intègres et d’estimables fonc­
tionnaires. Mon père n’a-t-il pas consacré les plus belles années de
sa vie à des travaux utiles à cette province , et la carte topogra, ïptAVlLLÙ



j op PERIGUEUX

(

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2

)

pliique de la Guyenne ne peut-elle pas y perpétuer son souvenir? Ap­
pelé , par son état, dans la capitale du Royaume, il a prouvé, par
de nouveaux services, qu’il n’avait oublié ni son pays, ni ses com­
patriotes. Il m’a transmis son attachement pour le sol natal, et ma
condition autant que ses sages conseils m’ont appris à chercher la
considération dans des fonctions utiles à mes concitoyens. Voilà,
Messieurs, les véritables sentimens qui m’ont fait solliciter la haute
faveur de présider ce Collège, comme la plus flatteuse récompense
de mes services. En obtenant cette grâce du Roi lui-mème, mes vœux
sont satisfaits d’offrir comme un hommage à la mémoire de mon
père, et dans son pays, l’honneur insigne que je reçois en ce jour.
L’objet de votre convocation peut sans doute faire naître de flat­
teuses espérances ; c’est à l’estime seule qu’il appartient de les réa­
liser. Lorsque le Roi, dans sa pensée généreuse, appelle les citoyens
à exercer le droit le plus cher de nos institutions publiques, vous
honorerez de vos suffrages celui dont l’éducation, la conduite et le
caractère garantiront l’exécution sage et éclairée de votre noble
mandat.
Votre Député sera fidèle au principe sacré de la légitimité, garan­
tie de tous nos droits et de la paix publique. Défenseur de la
Charte Constitutionnelle , il n’oubliera jamais que le dépôt précieux
de nos institutions et de nos libertés est confié à son honneur et à
sa loyauté. Plein de zèle et d’ardeur à soutenir les intérêts de ce dé­
partement , il en étudiera les besoins , en secondera les efforts et pla­
cera dans ce noble patronage la gloire de sa vie entière. Celui qui
reçoit la noble mission de défendre les droits de ses concitoyens ne
doit connaître ni les méprisables calculs de l’intérêt, ni les déplora­
bles résistances de la prévention, ni les coupables concessions de la
crainte. Grâces à nos institutions , ne disons plus en France : Si le Roi
le savait. Députés des départcmens, c’est à vous qu’il appartient de
porter la vérité aux pieds du Souverain , et de lui faire connaître les
besoins de son peuple. Parlez avec confiance à un Monarque dont le
cœur est ouvert à tous les sentimens élevés, à toutes les émotions
généreuses ; mais parlez sans passion comme sans faiblesse. N’ou-

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bliez pas que la vérité est simple dans sa marche , que la raison
est calme et sévère dans ses progrès. La violence n’enfante pas la
concorde, et la modération est la vertu de l’homme public. Les pas­
sions veulent en vain l’entraîner dans leurs égaremens ; elles subis­
sent elles-mêmes l’influence de la sagesse courageuse.
Tels sont les sentimens d’un compatriote élevé dans l’étude des
lois, dont la profession de foi est connue , et qui, dans toutes les
positions de la magistrature, n’approuvant que ce qui est légitime,
a conservé cette indépendance que l’honnête homme fait consister
dans l’accomplissement du devoir.
Messieurs, un Magistrat ne sacrifiera jamais à de vils sentimens la
gloire de transmettre un jour à ses enfans un nom chéri de ses com­
patriotes.
Les sentimens qui vous distinguent, Messieurs, l’amour du bien
public qui vous anime, rendent nos fonctions faciles et consolantes.
L’expérience cruelle de trente années de troubles politiques doit nous
ramener dans les voies de la sagesse. La royauté a réparé les maux du
passé ; c’est en elle qu’il faut placer les espérances de l’avenir. Que
les opinions se confondent dans un sentiment unanime de respect
pour le Trône, d’amour pour le Souverain , de zèle pour le bonheur
et la gloire des Français. Que toutes les bannières s’abaissent devant
le Trône de Saint-Louis, et que les mêmes acclamations, les mêmes
vœux attestent que l’abîme des révolutions est fermé, et que la France
répond en ce jour, par sa sagesse, à la noble confiance de son Roi.
UbÏBLIG THÈQUE 'i
!

DE LA VILLE

! DE PÉRIGUEUX

A PERIGUEUX,
CHEZ DUPONT, PÈRE ET FILS, IMPRIMEURS
DE IA PREFECTURE.

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