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Fait partie de Travaux du Conseil d'Hygiène. Procès-verbaux et rapports
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-
DÉPARTEMENT DE LA DORDOGNE.
TRAVAUX DU CONSEIL D’HYGIÈNE.
PROCÈS-VERBAUX
ET
RAPPORTS
PÉRIGUEUX
CASSARD FRÈRES, IMPRIMEURS DE LA PRÉFECTURE,
RUE GAMBETTA,
13 ET 15.
1886.
SSii
a •.
.
TRAVAUX DU CONSEIL D'HYGIÈNE.
PROCÈS-VERBAUX
KT
RAPPORTS
PÉRIGUEUX
CASSARD FRÈRES, IMPRIMEURS DE LA PRÉFECTURE,
HUE GAMBETTA,
13 ET 15.
1885.
CONSEIL D’HYGIÈNE DE LA DORDOGNE.
PROCÈS-VERBAUX ET RAPPORTS.
Séance du 3 avril 1882.
Le Conseil d’hygiène et de salubrité publique de l’arron
dissement de Périgueux s’est réuni à l’hôtel de la préfecture
le 3 avril 1882, à 2 heures.
Etaient présents: MM. Lapeyre, conseiller de préfecture,
président ; docteur Parrot, Bontemps, Kintzel, Mourié, Peynaud, docteurLacombe,docteur Jaubert, secrétaire.
Le procès-verbal de la dernière séance est lu et adopté.
M. le docteur Jaubert fait partà ses collègues de la remar
que suivante : Depuis quelque temps la ville de Périgueux
fait exécuter dans la rue de la Tuilière, au Toulon, des tra
vaux qui paraissent avoir pour objet l’assainissement de cette
voie et la conservation delà nouvelle école communale. 11 se
demande s’il n’y aurait pas moyen de remettre en question,
à cette occasion, le problème posé depuis si longtemps da
l’assainissement de la plaine du Toulon. Ce quartier si déshé
rité se peuple tous les jours de plus en plus, les constructions
s’y multiplient ; mais les lois les plus élémentaires de l’hy
giène y sont constamment méconnues. Il n’y a dans les rues
ni pentes, ni pavés, ni caniveaux, ni trottoirs, et il résulte de
cet état de choses une cause permanente d’insalubrité notoire.
Le conseil peut-il et doit-il, au nom des intérêts qu’il est
chargé de sauvegarder, tenter une nouvelle intervention en
faveur de la population si intéressante de ce malheureux
quartier. La réponse n’est pas douteuse.
En conséquence, M.le docteur Jaubert propose que le con
seil adopte la résolution suivante:
La conseil d’hygiène et de salubrité publique de l’arron
dissement de Périgueux.
Considérant l’état permanent d’insalubrité dans lequel
vit la population du Toulon faute de travaux appropriés à
l’assainissement de ce quartier ;
Considérant qu’on vient d’y construireune école communale
et que la persistance de l’état de choses actuel, déjà si funeste
2 —
à ceux qui habitent le Toulon, serait préjudiciable au premier
chef à la santé des enfants appelés à fréquenter cette école ;
Considérant que la ville de Périgueux s’est imposé déjà
quelques sacrifices pour assainir les abords de cet établisse
ment et que l’occasion semble ainsi favorable pour lui de
mander de faire en faveur des autres rues ce qu’elle a fait
pour la rue de la Tuilière.
Emet l’avis que la question si souvent agitée dans son
sein de l’assainissement de la plaine du Toulon soit posée de
nouveau et que l’autorité compétente prenne le plus tôt possi
ble les mesures nécessaires pour donner satisfaction aux
vœux réitérés du conseil, en faveur de la population de cette
partie de Périgueux. Cette proposition est adoptée à l’unani
mité.
Il est en outre décidé que copie de la présente délibération
sera transmise à M. le Préfet de la Dordogne, avec prière
d’en saisir l’autorité municipale, afin que cette dernière puisse
étudier d’urgence les moyens de faire cesser au plutôt une
situation si préjudiciable à la santé publique.
L’ordre du jour étant épuisé, la séance est levée.
Le secrétaire du conseil,
.
Docteur J AUBERT.
Séance du 12 avril 1882.
Le Conseil d’hygiène et de salubrité publique de l’arron
dissement de Périgueux s’est réuni à l’hôtel de la préfec
ture le 12 avril 1882, à quatre heures, sous la présidence de
M. Desprats, conseiller de préfecture délégué.
Etaient présents : MM. Parrot, Fourgeaud, Gadaud, Bontemps, Mourié, Peynaud, Kintzel et Jaubert, secrétaire.
M. le Dr Gadaud expose la situation anormale qui est faite
au département de la Dordogne, par suite de la non-exécu
tion de la loi du 21 germinal an XI et du décret du 23 mars
1859, relativement à l’inspection annuelle des pharmacies et
magasins de drogueries du département. Ces établissements,
contrairement aux prescriptions les plus formelles des lois,
décrets et règlements en vigueur, ne sont visités que-tous
les deux ans. Préoccupé de cette situation, qui constitue un
péril permanent pour la santé publique, M. Gadaud a voulu
connaître la cause de cette grave infraction à la loi,, et il s’est
livré, dans ce but, à une enquête dont il expose les résultats
au Conseil.
Avant le décret de mars 1859, les conseils généraux votaient
les fonds nécessaires au service de l’inspection et le produit
des taxes (6 fr. par pharmacie et 4 fr. par droguerie ou épi
cerie) était versé à la caisse départementale, qui consacrait
cet argent à la rétribution des inspecteurs.
A cette époque déjà reculée, les établissements sujets à la
visite étaient peu nombreux, et les frais de déplacement
beaucoup moins onéreux qu’aujourd’hui. Depuis, le trésor
a pris à sa charge les frais nécessités par le service de
l’inspection et, en retour, il a fait percevoir à son profit le pro
duit des taxes. Les choses sont restées en l’état, pendant
plusieurs années ; mais, en 1875, pour les causes signalées
plus haut, augmentation considérable du personnel sujet
au contrôle, et par conséquent, augmentation proportion
nelle des frais de déplacement ; le crédit étant demeuré sen
siblement le môme, il a été impossible, pour ne pas le dépas
ser, de faire inspecter tout le département. Quel que soit le zèle
des agents de l’administration, on ne peut cependant pas leur
demander de servir l’Etat à leurs frais, et c’est justement ce qui
serait arrivé, si on eût continué à leur imposer une tâche
hors de proportion avec le crédit qui leur était alloué. Il fut
donc décidé qu’on ne ferait inspecter, chaque année, que la
moitié du département. Il en résulte que le môme établisse
ment n’est visité que tous les deux ans, contrairement au
vœu formel du législateur de l’an XI. Si un pharmacien
change de résidence, comme le fait se produit souvent, ainsi
que cela résulte d’un document que M. Gadaud met sous les
yeux du Conseil, il échappe plus ou moins longtemps au
contrôle règlementaire.
Les inspecteurs ont pour mission non-seulement de véri
fier la qualité des drogues ou poisons mis en vente ; mais
encore ils doivent veiller scrupuleusement à l’accomplisse
ment des formalités tutélaires dont la loi entoure l’exercice
de la profession de pharmacien. Or, il est arrivé souvent aux
inspecteurs de la Dordogne de rencontrer des officines gérées
par des veuves ou des élèves qui n’étaient ni autorisés ni
reçus, faits regrettables et dangereux, essentiellement impu
tables au relâchement de la surveillance. Enfin, quelque
soucieux que soit-un pharmacien de la bonne gestion de son
établissement, il est bon qu'il soit toujours tenu en haleine
par la perspective d’un contrôle inattendu.
L’enquête de M. le Dr Gadaud a porté sur un certain nom
bre de départements circonvoisins. Il résulte de cette
enquête que la Dordogne serait, au point de vue du traite
ment de ses agents, dans un état d’infériorité choquante si
on devait faire exécuter la loi avec le faible crédit ouvert à cet
elTet. De documents émanant de la Société pharmaceutique
de Lyon, il résulte que quatorze départements qui se trou
vaient dans le même cas que le nôtre ont reçu des fonds
suffisants pour l’inspection. Il est donc regrettable que la
Dordogne n’ait reçu qu’une somme insignifiante dans la
répartition du crédit qui, en 1880, a été porté, pour toute la
France, de 200,000 à 270,000 francs.
11 est urgent, dit M. Gadaud, d'appeler sur ce fâcheux état
de choses la bienveillante attention des pouvoirs publics, de
réclamer énergiquement, dans l’intérêt de la santé publique,
la rigoureuse application de la loi et de demander à M. le
Ministre compétent de vouloir bien comprendre dans le
projet de budget supplémentaire de 1882 qui va être soumis
au Parlement, le département de la Dordogne pour une
somme double de celle qui est allouée tous les ans.
Cette mesure est d’autant plus urgente que les crédits
seront votés au mois de mai et que M. le Préfet ne tardera
pas à nommer les commissaires-inspecteurs. On pourrait
donc, dès cette année, faire procéder à l’inspection de tout le
département.
En conséquence, M. le Dr Gadaud émet le vœu que, si le
Conseil croit devoir s’associer à sa réclamation et prendre
une délibération conforme, le procès-verbal de cette séance
soit immédiatement adressé à M. le Préfet de la Dordogne,
avec prière de vouloir bien en référer d’urgence à M. le
Ministre de l’agriculture et du commerce.
Le Conseil d’hygiène et de salubrité publique de l’arron
dissement de Périgueux, après en avoir délibéré, remercie
M. le Dr Gadaud de son intéressante communication, déclare
à l’unanimité s’associer sans réserve à sa réclamation ten
dant à ce que le crédit alloué pour l’inspection des pharma
cies et magasins de droguerie du département de la Dordogue soit doublé, afin que l’administration puisse faire inspec-
ter le département tout entier, suivant les prescriptions for
melles de la loi du 21 germinal an XI et du décret du 23
mars 1859. et décide que, par les soins du secrétaire, copie
delà présente délibération sera transmise, sans retard, à
M. le Préfet de la Dordogne, avec prière de vouloir bien en
référer d’urgence à M. le ministre de l’agriculture et du
commerce.
L’ordre du jour étant épuisé, la séance est levée.
Le secrétaire du Conseil,
Dr H. Jaubert.
Séance du 8 novembre 1882.
Le 8 novembre 1882, les membres du Conseil départemen
tal d’hygiène et de salubrité publique se sont réunis à l’hôtel
de la préfecture de la Dordogne pour donner leur avis sur la
salubrité des nouvelles écoles.
Etaient présents :
MM. le Préfet, président ; Dr Parrot, vice-président; Dr
Fourgeaud, médecin-major en retraite ; Gaillard, professeur
d’agriculture ; Peynaud, médecin-vétérinaire; Mourié, ancien
conseiller de cour d’appel ; Dr Gadaud, Kintzel, pharmacien ;
Dr Jaubert, secrétaire.
M. le Préfet expose que les Frères de la doctrine chré
tienne ont demandé l’autorisation d’ouvrir leur nouvelle
école, située rue delà Faïencerie, à Périgueux. L’administra
tion désire, avant de faire droit à cette demande, consulter
le Conseil d’hygiène sur l’état de salubrité de cette école.
M. le Dr Gadaud rappelle alors que pareille demande lui
avait été déjà adressée depuis quelque temps et qu’il avait dé
légué M. Aymard, adjoint, pour lui faire un rapport à ce
sujet. M. Aymard, après vérification, écrivit que les cons
tructions n’étant pas même achevées, il y avait lieu de re
pousser cette demande. Les Frères, alors, firent terminer
promptement une partie du bâtiment, et c’est cette partie
qu’ils demandent aujourd’hui l’autorisation d’ouvrir. M. Ga
daud termine son exposé en donnant au Conseil lecture de
YInstruction spéciale pour la construction des écoles pri
maires élémentaires adoptée par le comité des bâtiments
scolaires, faisant suite au décret du 2 août 1881, instruction
contenant l’énumération des conditions que doivent remplir
les nouvelles écoles aux différents points de vue de l’hygiène.
Le Conseil, ayant ensuite décidé qu’il y avait lieu de, se
rendre compte de visu de l’état des nouvelles écoles, se
transporte rue de la Faïencerie.
M. Dubet, architecte, que ses occupations avaient empêché
de se rendreàla convocation, rejoint ses collègues en route.
La visite ayant été faite en détail, avec l’assistance des
Frères, le conseil s’est réuni de nouveau pour délibérer. M.
Mourié était absent.
M. le Dr Parrot prend la parole et déclare que, d’après lui,
le principal motif à invoquer pour repousser l’autorisation
demandée consiste dans l’état d’humidité des constructions.
« Quelle responsabilité, dit-il, n’encourrions-nous pas si nous
donnions un avis favorable, et qu’il survînt une épidémie
imputable à une dessication insuffisante! ».
M. Parrot développe ensuite cette considération :
Qu’au point de vue strict de la plus sévère hygiène il y au
rait lieu de ne pas accorder d’autorisation avant six mois,
mais, qu’à l’heure actuelle, puisqu’il s’agit des Frères de la
doctrine chrétienne, pour lesquels du reste il n’a que
des sympathies, la mesure pourrait paraître excessive, et
il conclut en proposant de remettre l’ouverture de l’école à
trois mois.
M. Dubet, répondant à M. Parrot, rappelle que quand il
s’agit d’écoles communales ou départementales, le Conseil
d’hygiène n’est pas consulté et que les élèves sont admis dans
des bâtiments dans lesquels les ouvriers travaillent encore.
11 propose donc de n’imposer aux Frères que le délai né
cessaire pour mettre leur immeuble dans l’état prescrit par
l’instruction dont les termes ont été en partie rappelés pen
dant la visite, et, estimant que ces modifications peuvent
largement être terminées pour le l8r janvier, il émet l’avis de
proposer cette date pour l’ouverture.
M. le Dr Jaubert demande à M. Dubet s’il pense que dans
rhiver un mois de plus ou de moins ferait beaucoup pour
la dessication des murs. Sur la réponse négative qui lui est
faite, M. Jaubert déclare adhérer à la proposition de M.
Dubet.
M. Parrot maintient sa manière de voir, se fondant sur ce
fait, qu’en tout état de cause, trois mois offrent plus de ga
rantie que deux.
Il est ensuite procédé au vote, et, à la majorité de 6 voix
contre 2, la proposition de M. Parrot est adoptée.
En conséquence, le Conseil, sur la demande de M. Jaubert,
arrête en ces termes l’avis qui sera transmis à M. le Préfet de
la Dordogne :
Le 8 novembre 1882, le Conseil d’hygiène et de salubrité
publique, consulté par M. le Préfet de la Dordogne, sur la
question de savoir siles bâtiments destinés par les Frères de
la doctrine chrétienne à l’établissement d’une école libre;
rue de la Faïencerie, à Périgueux, présentent les garanties
d’hygiène que l’autorité a le droit d’exiger, s’est transporté
dans les bâtiments en question et a fait les constatations sui
vantes : L’accès de la future école est encore peu praticable ;
le préau, dont le sol n’est pas suffisamment tassé, n’olïre au
cun abri. La partie des bâtiments que les Frères demandent à
affecter immédiatement aux classes paraît remplir toutes les
conditions désirables d’une bonne installation pour 150 élè
ves ; l’aération et l’éclairage ne laissent rien à désirer ; seuls
les appareils de chauffage manquent encore. L’unique critique
que le conseil ait cru devoir formuler sur les constructions
dont il vient d’être parlé, c’est qu’elles sont d’une date beau
coup trop récente, et, par cela même, trop humides pour pou
voir être occupées sur le champ sans danger.
L’installation des cabinets d’aisance est très défectueuse
et devrait subir de profondes modifications ; on a employé,
en effet, le système dit à la turque formellement prohibé par
le comité des bâtiments scolaires.
En conséquence de ce qui précède; lé Conseil d’hygiène
émet l’avis qu’il y auraitdanger pour la santé des enfants à
autoriser l’ouverture de cette écol avant un délai de trois
mois, à dater de ce jour.
Lé secrétaire rapporteur,
Dr Jaubert.
Séance du 27 janvier 1883.
Le Conseil d’hygiène et de salubrité publique de la Dor
dogne s'est réuni à l’hôtel de la préfecture, le 27 janvier
1883, à l'efi’et de délibérer sur la fixation du jour de l’ou
verture de l’école libre de la rue de la Faïencerie.
Etaient présents : MM. Moyrand, conseiller de préfecture,
président ; D1' Parrot, vice-président ; Dr Lacombe, Dr Four
geaud, Dubet, Bontemps, Peynaud.
M. Moyrand donne lecture du procès-verbal de la séance
du 8 novembre 1882 ; aucune observation n’étant présentée,
il est adopté à l’unanimité.
M. Moyrand donne ensuite lecture de la lettre adressée à
M. le Préfet, par le directeur de l’école, demandant l’autori
sation d’ouvrir le 10 février 1883.
Après quelques observations présentées par MM. Moyrand,
Parrot, Lacombe, le Conseil,maintenant son vote du 8 novem
bre 1882, fixant l’ouverture au 10 février 1883, décide, à l’una
nimité des membres présents, qu’il ne s’oppose pas à l’ou
verture de l’école libre de la rue de la Faïencerie pour le
10 février 1883 ; il décide, en outre, que cette autorisation ne
peut être donnée que pour l’aile droite du bâtiment, l’ameu
blement de l’aile gauche n’étant pas encore fait.
M. Moyrand communique ensuite au Conseil une circu
laire ministérielle ayant pour but de demander aux Conseils
d’hygiène et de salubrité leurs avis sur les inconvénients
que peut avoir l’emploi des hydrocarbures dans certaines
industries et s’il ne conviendrait pas de placer les établisse
ments qui emploient ces matières dans la 3e catégorie des
établissements insalubres.
Le département de la Dordogne ne possédant aucune
industrie employant ces matières, le Conseil décide qu’il
n’est pas en mesure de donner des renseignements précis.
L’ordre du jour étant épuisé, la séance est levée.
Fait et délibéré à Périgueux, le vingt-sept janvier 1883.
Le secrétaire cle la séance,
Peynaud.
4
Séance du 9 mars 1883.
Le Conseil d’hygiène et de salubrité publique de l’arron
dissement de Périgueux s’est réuni à l’hôtel de la préfec
ture de la Dordogne, le 9 mars 1883, à deux heures du soir.
Etaient présents : MM. Parrot, président ; Fourgeaud,
Dubet, Gaillard, Bontemps, Kintzel, Gadaud, Lacombe, Pey
naud et Jaubert.
M. Pouyadou, chef de division, soumet au Conseil un dos
sier sur une enquête faite à l’occasion d’une demande d’é
tablissement de fours à chaux à proximité d’un chemin de
grande communication. Les résultats, au point de vue admi
nistratif, ayant été favorables à la demande, M. le Préfet prie
le Conseil de formuler son avis au point de vue de l’hygiène.
M. le D1' Lacombe fait observer que cet établissement devant
être rangé dans la 2e catégorie des établissements insalubres,
il y a lieu de se préoccuper des dangers dont il peut devenir
la source par les dégagements d’acide sulfureux, de vapeur
d’eau, de matières organiques, de poussière de chaux. Il rap
pelle qu’en 1789 -défense fut faite par le comité de salubrité
de Paris d’installer cette industrie à proximité des habitations.
M. le D1' Parrot fait observer que l’expression « à proximité
des habitations •> est bien élastique. En dehors d’une limite
précise que les lois et règlements en vigueur ne lixent pas,
il serait utile que le Conseil en donnât une, et il propose une
limite minima de 200 mètres. L’inspection du plan lui sug
gère en outre une autre observation. Laboucbe des fours fait
face au chemin. Il préférerait une orientation opposée.
M. le Dr Gadaud trouve très justes les observations de M. Par
rot, et il déclare, ainsi que les autres membres du Conseil,
y adhérer sans réserve.
En conséquence, sous le bénéfice des observations qui vien
nent d’être faites, l’assemblée est d’avis qu’il y a lieu d'ac
cueillir favorablement la demande dont l’administration pré
fectorale a été saisie. Il en est de même de l’autorisation à
accorder au sieur Fressengeas, dont la requête donne lieu aux
mêmes observations.
L'ordre du jour étant épuisé, la séance est levée.
Le secrétaire du Conseil,
Dr H. Jaubeut.
2
— 40 —
Séance, du 21 mai 1883.
Le Conseil d’hygiène et de salubrité publique de l’arron
dissement de Périgueux s’est réuni à l’hôtel de la préfecture,
le 21 mai 1883, à 2 heures.
Etaient présents : MM. Drouin, secrétaire général, prési
dent ; Dr Parrot, Dr Fourgeaud, Dr Lacombe, Peynaud, Gail
lard, D1' Jaubert, secrétaire.
Le procès-verbal de la dernière séance est lu et adopté.
M. le président expose que de nombreuses plaintes ont été
adressées à M. le Ministre et à M. le Préfet de la Dordogne
par les habitants du Toulon, au sujet de l’état d’insalubrité
de ce faubourg. Il rappelle que cette question, souvent sou
levée, n’a jamais reçu de solution satisfaisante. Il commu
nique la correspondance échangée entre M. le Préfet et M. le
maire de Périgueux, la délibération prise par le Conseil mu
nicipal , qui conclut à l’allocation d'une subvention de
600 fr., le rapport de M. l’ingénieur en chef des ponts et
chaussées, qui évalue à 28.000 fr. environ le montant des
travaux à exécuter. Cette somme devrait être payée tant par
les intéressés que par la compagnie d’Orléans , l’Etat et la
commune de Périgueux, dont la part contributive devrait
être de 19.000 fr. au lieu de 600 fr. qu’elle offre, ce qui équi
vaut à un refus.
M. le président, après avoir terminé son exposé, demande
au Conseil quelles seraient les mesures hygiéniques à pren
dre d’urgence, pour faire cesser cet état de choses, qui devient
une vraie calamité publique pour les habitants de ce fau
bourg.
M. le docteur Parrot, prenant la parole, déclare.que, sui
vant lui, il n’y a d’autre remède au mal que l’exécution des
travaux proposés par le service des ponts et chaussées. Il ne
voit pas de moyen immédiat propre à écarter la redoutable
éventualité d’une épidémie de fièvres pernicieuses paludéen
nes. Il rappelle que, dès 1869, l’administration préfectorale
a saisi de cette importante question la Société Médicale de la
Dordogne, et que cette Société a émis le vœu que la plaine
du Toulon fût assainie par le reboisement ou par des tra
vaux d’art de la compétence de l'ingénieur en chef des ponts
et chaussées. A maintes reprises, dit M. Parrot, cette ques-
— 11
tion est revenue devant le Conseil et, malgré toutes les dé
libérations prises, elle est toujours demeurée sans solution;
le moment, continue M. Parrot, n’est peut-être pas très op
portun pour la résoudre ; il faut attendre que la question
des eaux de la ville de Périgueux soit tranchée, car si la
source de l’Abîme était utilisée, il se pourrait que les grands
travaux d’art, nécessités par cet aménagement, modifias
sent, en les améliorant, les conditions actuelles d'insalu
brité de la plaine du Toulon.
MM. Peynaud et Jaubert, après avoir entendu la lecture
de la pétition du sieur Ghautru, croient qu'il y aurait une
utilité secondaire cependant, mais immédiate, à faire
creuser à une profondeur de 0®, 50e à 0®, 60* environ, les
fossés qui bordent la route d’Angoulême, en face du bu
reau de l’octroi. De cette façon, une pente suffisante étant
établie, les eaux s’écouleraient plus librement.
La discussion générale étant close, M. le président for
mule de nouveau et précise sa demande en ces termes:
« L’Administration prie le Conseil de lui indiquer quels
» sont les moyens préventifs à employer pour éviter les épi» démies que peut engendrer l’action des rayons solaires
» sur les eaux croupissantes. »
Le Conseil, à l’unanimité, maintient les conclusions qu'il
a formulées souvent, tendant à l’exécution d’un projet com
plet d’assainissement qui lui'a été soumis, et exprime le re
gret que ces conclusions n’aient pas été suivies d’effet. Il ne
voit pas de moyen efficace, immédiat, en dehors des travaux
d’art projetés. Il est d’avis de surseoir à ces travaux jusqu’à
ce qu’ait été définitivement tranchée la question encore
pendante de l’alimentation des eaux de la ville ; il verrait
cependant un certain avantage à augmenter de 0™, 50° à
0™, 60° environ la profondeur des fossés qui bordent la route
d’Angoulême, en face du bureau de l’octroi. La pente de
vrait être calculée, en outre, de façon à éviter toute stagna
tion des eaux.
Il est décidé que copie du présent procès-verbal sera trans
mise sur le champ, par les soins du secrétaire, àM. le Préfet
de la Dordogne.
L’ordre du jour étant épuisé, la séance est levée.
Le secrétaire du Conseil.
Docteur Jaehert?
12 —
Séance du 30 octobre 1883.
Le Conseil d’hygiène et de salubrité publique de l’arron
dissement de Périgueux s’est réuni à l’hôtel de la préfecture,
le 30 octobre 1883, à 2 heures.
Etaient présents : MM. le Préfet de la Dordogne, prési
dent ; docteur Parrot, docteur Lacombe, Gaillard, Meunier,
docteur Mirabel, Bontemps, Peynaud, Sicard, docteur Gadaud, Thévenet, docteur Jaubert, secrétaire.
Le procès-verbal de la dernière séance est lu et adopté.
M. le président expose en ces termes l’objet principal de
la réunion : Il existe aux alentours de Périgueux vingt-deux
établissements de tuerie non autorisés, placés, par la loi,
dans la deuxième catégorie des établissements insalubres, et
soumis, par ce classement même, à la formalité de l’autorisa
tion préalable. 11 peut résulter de cet état de choses deux
genres de péril pour la santé publique : 1° Les viandes livrées
à la consommation peuvent provenir d’animaux' malades ;
2° ces établissements peuvent ne pas réunir les conditions de
salubrité voulue, ils peuvent ne pas être situés à une distance
raisonnable des habitations voisines et devenir, par le fait
de la corruption des viandes ou des débris d’animaux, un
foyer d’infection très préjudiciable à la santé publique.
Avant d’en ordonner la fermeture, par mesure administra
tive, M. le Préfet désire prendre Lavis du Conseil d’hygiène.
11 s’engage immédiatement, sur l’exposé qui vient d’être
fait, une discussion à laquelle prennent part plusieurs mem
bres du Conseil. Il résulte des observations échangées que la
situation, telle qu’elle vient d’être dépeinte, offre, pour l’ali
mentation publique spécialement, de graves dangers, l’ab
sence de contrôle des viandes exposant les habitants à con
sommer une nourriture essentiellement défectueuse.
La fermeture de ces établissements paraît donc être, quant
à présent, le meilleur remède à opposer au mal.
M. Meunier se demande si la fermeture en masse de tou
tes ces tueries ne poussera pas les bouchers à créer en de
hors de l’octroi un ou plusieurs abattoirs réunissant les con-
— 13 —
ditions d’hygiène prescrites par la loi ; il en résulterait, dit-il,
un grave préjudice pour les recettes de la ville. Abordant cet
ordre d’idées, M. le Préfet répond qu’il ne se préoccupera
nullement des conséquences financières des mesures qu’il
croira devoir prendre d’après l’avis du Conseil ; il n’est ja
mais entré dans sa pensée, dit-il, d’entraver en quoi que ce
soit la liberté du commerce de la boucherie ; il veillera pu
rement et simplement, en sa qualité d’administrateur, à la
stricte observation des lois et règlements en vigueur.
La discussion étant close, le Conseil d’hygiène prend la
délibération suivante :
Considérant qu’il existe des tueries non autorisées, à Pé
rigueux et dans les communes suburbaines, que ces tueries
sont, à deux points de vue principaux, un danger permanent
pour la santé publique, le Conseil émet l’avis qu'il y a lieu
de prier M. le Préfet de prononcer la fermeture de ces éta
blissements ;
En ce qui concerne l'administration municipale,
Considérant que depuis la création de tueries non autori
sées à Périgueux et aux environs, les viandes livrées à la
consommation ne sont pas soumises à une surveillance suf
fisante, le Conseil invite M. le maire de Périgueux à prendre
d’urgence les mesures nécessaires pour assurer dans l’abat
toir municipal un contrôle efficace sur toutes les viandes in
troduites dans le périmètre de l’octroi.
L’ordre du jour comprend ensuite l’examen d'une de
mande formulée par M.Lannet, tendant à l’autorisation d’un
dépôt de vidanges au lieu dit Lagarenne, commune de Boulazac.
M. l’ingénieur en chef Thévenet, ayant dépouillé le dossier,
déclare qu’il n’a été donné que des avis défavorables et pro
pose le rejet de la demande. Après en avoir délibéré, le Con
seil, adoptant les conclusions qui viennent de lui être présen
tées, est d’avis qu’il y a lieu de refuser l’autorisation sollici
tée par M. Lannet.
L’ordre du jour étant épuisé, la séance est levée.
Le secrétaire du Conseil,
Dr H. Jaubert.
U —
Séance du 6 décembre 1883.
Le six décembre 1883, le Conseil départemental d’hygiène
et de salubrité publique s’est réuni, sur la convocation de M.
le Préfet de la Dordogne, sous la présidence de M. le docteur
Parrot, vice-président. Cette convocation avait été provoquée
par M. le maire de Périgueux.
Etaient présents: MM. Dr Parrot, vice-président; Dr La
combe, Dr Gadaud, D1' Fourgeaud, médecin majoren retraite ;
Bontemps et Kintzel, pharmaciens ; Peynaud, vétérinaire ;
Meunier et Lagrange, architectes ; Dr Mirabel, secrétaire de
la séance.
Au moment de la délibération, M. le docteur Gadaud,
maire, s’est retiré, ne voulant prendre part ni à la discussion
ni au vote.
M. le docteur Parrot expose que la réunion a pour but
d’examiner les classes récemment construites au Lycée et
de décider si, sans danger, les élèves peuvent immédiate
ment entrer dans le nouveau local.
Le Conseil s’est transporté tout entier dans le bâtiment et
l’a examiné dans tous ses détails avec la plus grande atten
tion, accompagné de M. le maire, de M.l’architecte du Lycée
et de M. le censeur.
Après cet examen, le Conseil s’est réuni de nouveau pour
délibérer.
M. le docteur Parrot pose la question de savoir si, en
présence des conditions actuelles de température, en présence
de l’épidémie de fièvre typhoïde qui vient de sévir sur l’un
des établissements scolaires de Périgueux, en présence sur
tout de la dessication incomplète des plâtres, des plafonds
et des enduits des murs, il est prudent de donner aux élèves
l’accès immédiat de ces nouvelles classes.
M. l’Architecte du Lycée déclare que pour lui les murs et les
enduits sont suffisamment secs, et que le nouveau bâtiment,
sauf les dortoirs, peut sans inconvénient recevoir le person
nel auquel il est destiné.
M. le docteur Parrot déclare avec insistance que le point
de vue de l’architecte et celui de l’hygiéniste sont parfaite-
— 15 —
ment différents, que, quant à la responsabilité, la différence
est encore plus marquée, et que, pour lui, il redouterait le
danger d’une entrée trop précipitée.
Après ce débat, où chacun des membres du Conseil a fait
valoir ses arguments avec la sincérité la plus courtoise, M. le
docteur Parrot recueille les suffrages, et à l’unanimité, moins
deux voix extra-médicales, le Conseil décide que le local
qu’il vient d’examiner ne réunit pas encore les conditions
nécessaires de salubrité et qu’il est sage d’en ajourner l’occu
pation jusqu’au mois de mars 1884.
En conséquence, le Conseil d’hygiène arrête en ces termes
l’avis qui sera transmis à M. le Préfet de la Dordogne :
Les nouveaux bâtiments du Lycée de Périgueux que l’on
demande à occuper immédiatement ne réunissent pas encore
toutes les conditions nécessaires d’hygiène et de salubrité ;
ils ne peuvent encore être livrés sans inconvénients graves,
et il est sage d’en ajourner l’occupation au mois de mars
1884,
Le secrétaire de la séance,
Dr Mirabel.
Séance du 27 mars 1884.
Le 27 mars 1884, le Conseil départemental d’hygiène et de
salubrité publique s’est réuni, sur la convocation de M. le Pré
fet delà Dordogne, sous la présidence de M. le Dr Parrot,
vice-président.
Etaient présents : MM. Dr Parrot, vice-président; Thévenet,
ingénieur en chef des ponts et chaussées ; Gaillard, profes
seur d’agriculture ; Dr Fourgeaud, médecin major en retrai
te ; Kintzel, pharmacien ; Meunier, inspecteur des enfants
assistés, et le Dr Mirabel, secrétaire de la séance.
M. le Dr Parrot expose que la réunion a pour but d’exami
ner la question des égoûts projetés par la ville de Périgueux
et de décider si, sans danger, les travaux peuvent être exécu
tés dans les conditions proposées par M. le maire.
Le Conseil a pris connaissance de tous les plans que M.
— 16 —
l’ingénieur en chef des ponts-et-chaussées lui a soumis, et
après avoir examiné la question :
Considérant que le volume total des matières organiques
entraînées dans l’Isle par l’égoût collecteur ne sera jamais
qu’une fraction très minime du débit d’étiage de la rivière ;
Considérant que dans l’état actuel tous les débris organi
ques de la ville sont, ou entraînés à la rivière ou décomposés
spontanément sur le sol même des rues, que, par conséquent,
le projet qui aura pour résultat de les entraîner rapidement
en aval de la ville constitue une amélioration notable sur
l’état actuel ;
Considérant, d’ailleurs, que si l’admission dans l’avenir, des
matières fécales et ménagères dans le réseau d’égoûts devait
être un jour décidée, il serait facile de mettre à exécution le
système dit tout à l'égoût à peu de frais, par l’envoi des eaux
du collecteur dans la plaine de Salegourde, où elles seraient
facilement épurées et même utilisées pour l’agriculture,
Emet un avis favorable au projet.
Après l’avis donné, la commission observe en outre que
l’établissement de l’égoût collecteur dans la traverse princi
pale du Toulon réalise en grande partie l’assainissement de
ce quartier, qui pourra être ultérieurement complété par l’a
baissement du plan d’eau de l’abîme, ce qui donnera sa
tisfaction à toute la population de celte partie de la ville.
Le secrétaire de la séance,
Dr Mirabel.
Séance du 29 mai 1884.
Le Conseil d’hygiène et de salubrité publique de l’arron
dissement de Périgueux s’est réuni à l’hôtel de la préfecture,
le 29 mai, à 2 heures du soir.
Étaient présents : MM. Drouin, secrétaire général de la
préfecture, président; docteur Parrot, Thévenet, Lagrange,
docteur Gadaud, maire de Périgueux ; docteur Lacombe,
Kintzel, Meunier, Peynaud, docteur Jaubert.
M. le maire expose que la presse locale s’est faite l’écho de
bruits tendant à faire croire que les terrassements exécutés
par la ville de Périgueux, par suite des grands travaux de
canalisation et de construction d’égoûts seront, une cause
d’insalubrité et produiront des lièvres pernicieuses. Pour
couper court à l’agitation que pourraient produire parmi les
habitants de pareilles allégations, il a prié M. le Préfet de
vouloir bien consulter le Conseil d'hygiène à ce sujet.
La discussion s’engage sur-le-champ, et après échange de
quelques observations, le Conseil formule son opinion en
ces termes :
Considérant que les terres actuellement remuées pour
l’exécution des travaux de canalisation sont sèches, siliceuses
pour la plupart, et entièrement dépourvues de détritus pro
venant de la stagnation des eaux ou de dépôts de matières
organiques,
Considérant que, d'après le cahier des charges, l’entrepre
neur est tenu de remblayer toute tranchée ouverte dans le
délai maximum de quatre jours, et que de ce chef se trouve
supprimé l’inconvénient qui résulterait de travaux exécutés
sur une très vaste surface à la fois,
Le Conseil, à l’unanimité, émet l’avis que ces travaux, du
reste rendus nécessaires par l’état actuel de la canalisation,
ne constituent aucun danger pour la santé publique.
M. le président communique ensuite au Conseil, avec
prière de vouloir bien donner son avis, trois demandes ten
dant à autoriser: la première, M. Rouchard, à établir une
tuerie d’animaux à l’Arsault, sur le territoire de la commune
de Trélissac, mais aux portes de Périgueux ; la seconde,
M. Lannet, à établir un dépôt de vidanges à Champcevinel, à
2,500 mètres de la ville environ ; la troisième, M. Brachet, à
monter à Brantôme un atelier d’équarrissage.
Ces trois demandes ont été instruites conformément à la
loi ; aucune réclamation ne s’est produite.
Après examen des devis et pièces, avis favorable est donné
pour les demandes des sieurs Lannet et Brachet.
Quant à la demande de M. Rouchard, M. le maire fait
remarquer que si on ne doit pas empêcher un industriel
d’établir une tuerie dans une commune qui n’a pas d’abat
toir public, toujours est-il qu’il est du devoir de l’adminis
tration de savoir dans quelles conditions d’hygiène cet
établissement pourra fonctionner. M. Rouchard se propose
3
— 18 —
d’établir sa tuerie sur le territoire de Trélissac, il est vrai,
mais à l’Arsault, c’est-à-dire aux portes de Périgueux. En
conséquence, M. le Maire appelle sur ce point particulier
l’attention du Conseil.
Il est alors décidé qu’une commission de trois membres,
composée de MM. Meunier, architecte ; Mirabel, médecin, et
Kintzel, pharmacien, procédera à la visite des lieux et fera un
rapport sur cette question.
M. le président donne au Conseil lecture d’une lettre par
laquelle M. le Ministre du commerce, rappelant sa circulaire
du 31 juillet 1882, demande où en est l’étude de la règlemen
tation à imposer aux puisards.
Après une discussion à laquelle prennent part successive
ment MM. Parrot, Gadaud et Kintzel, le Conseil est d’avis
qu’il y a lieu de supprimer complètement les puisards et de
conduire les eaux dans les égoûts directement toutes les fois
que la chose sera possible. Il se fonde sur ces principales
raisons : 1° Le plus souvent les puisards s’engorgent ; 2° Les
eaux de ces récipients peuvent s’infiltrer dans les puits avoi
sinants et corrompre ainsi l’eau potable ; 3° Enfin, ils devien
nent à la longue une source d’émanations putrides.
L’ordre du jour étant épuisé, la séance est levée.
Le secrétaire du Conseil :
Dr Jaubert.
Séance du 5 juillet 1884.
Le Conseil d’hygiène et de salubrité publique de l’arron
dissement de Périgueux s’est réuui à l’hôtel de la préfec
ture, le 5 juillet 1884, à 5 heures du soir.
Etaient présents : MM. le Préfet de la Dordogne,président ;
Gaillard, Mirabel, Meunier, Parrot, Peynaud, Sicard, La
combe, Kintzel, Thévenet, Fourgeaud, Bontemps, Gadaud et
Jaubert, secrétaire.
Le procès-verbal de la dernière séance est lu et adopté.
M. le Dr Mirabel donne lecture du rapport de la commis-
sion nommée pour examiner la demande du sieur Rouchard.
Le rapport est conçu en ces termes :
14 juin 1884.
La commission nommée par le Conseil d’hygiène, dans sa
séance du 29 mai 1884, à l’effet de visiter la tuerie de porcs
du sieur Rouchard, boucher à l’Arsault, commune de Tré
lissac, et composée de MM. Meunier, inspecteur des enfants
assistés ; Kintzel, pharmacien, et Mirabel, docteur-médecin,
s'est transportée sur les lieux le premier juin courant. Après
un examen très minutieux des lieux, voici le résultat de sa
visite :
L’installation de la tuerie, par elle-même, est suffisante; l’eau
y arrive en assez grande abondance par un caniveau mal
construit qui communique avec une pompe de fort calibre.
Le bâtiment, quoique exigü est aéré ; les trois porcheries
qui y sont adjointes sont construites dans de bonnes condi
tions. Ce qui nous a le plus frappé, c’est le voisinage des
habitations. L’enquête de commodo et incommodo a bien
établi qu’aucun voisin n’a déposé de plainte pendant que
l’enquête a été ouverte à Trélissac. Mais il ne suffit pas à
l’hygiéniste qu’il y ait des plaintes contre un mal pour y re
médier et nous croyons que les habitants du quartier ne se
sont pas rendu un compte exact du danger qu’il y aurait à
laisser établir une tuerie à leur porte.
Le sieur Rouchard demande uniquement à ouvrir une
tuerie de porcs, mais M"18 Rouchard, qui, en l’absence de son
mari, nous a fait visiter les lieux, nous a dit qu’il s’y abat
trait journellement des bœufs, des veaux, des moutons et
des porcs, selon les exigences de leur industrie. Il est donc
évident que c’est un véritale abattoir que l’on établira en cet
endroit et qu’il n'est pas possible de fixer son importance,
qui peut devenir très grande dans l’avenir.
Cette première considération est déjà très grande, mais
nous pourrions passer outre si les conditions d’hygiène et de
salubrité étaient remplies d’ailleurs.
La condition essentielle pour une tuerie c’est d’être établie
dans le voisinage d’une eau courante qui enlève rapidement
tous les détritus et surtout le sang, qui ne doit stagner ni
dans l’établissement, ni dans ses abords.
C'est alors que nous avons songé à examiner le ruisseau
20 —
qui se trouve derrière la tuerie et que le plan nous repré
sente comme étant largement en communication avec la
rivière. Ce ruisseau, qui n’est qu’un fossé, n’est alimenté que
par le trop plein de l’Isle, ce qui n’arrive que très rarement
en temps de débordement, et de plus, il n’est pas dans
les conditions à permettre l’écoulement des eaux ; il est, du
reste, très malpropre et déjà imprégné de matières putrides.
En conséquence, pour tous ces motifs, la commission est
d’avis que cette tuerie de porcs ne peut être autorisée que
si elle était établie sur un ruisseau, mis en communication
directe avec la rivière, toujours tenu en parfait éiat de pro
preté, et qu’il y ait un écoulement continuel suffisant aux
eaux et aux immondices qui y seront projetées.
Cette tuerie, dans les conditions actuelles, serait un foyer
permanent d’épidémie au milieu d’un faubourg populeux,
qui prend tous les jours de l’extension.
Signé : Les membres de la commission,
Meunier, Kintzel et Mirabel.
Les conclusions de ce rapport sont adoptées.
M. le Préfet donne ensuite, dans les termes suivants, com
munication au Conseil des instructions qu’il a adressées aux
sous-préfets du département relativement aux mesures pro
phylactiques qu’il y a lieu de prendre pour prévenir dans la
mesure du possible la propagation du fléau qui ravage en ce
moment le midi de la France.
« Périgueux, le 4 juillet 1884.
» Messieurs les membres du Conseil d’hygiène publique et de
salubrité de l’arrondiseement de Périgueux.
» J’ai l’honneur de soumettre à votre examen les instruc
tions que, dès l’apparition du choléra à Toulon, l’administration
a cru devoir donner dans l’intérêt de la santé publique.
» Le 24 juin, M. le Ministre de l’intérieur m’a informé que
le commissaire spécial de police de Toulon m’aviserait direc
tement du nombre des voyageurs quittant cette ville et se ren
dant dans la Dordogne. Le même jour je me suis concerté
avec M. le Maire de Périgueux sur les mesures qu’il conve
nait de prendre et nous avons pensé qu’il suffirait, pour le
21
moment, défaire observer très sévèrement les prescriptions des
arrêtés municipaux concernant la propreté des voies publi
ques et la salubrité des habitations. J’ai ensuite adressé à MM.
les sous-préfets du département une circulaire dont voici le
texte :
« Au cas où des voyageurs quitteraient Toulon ou la région
» dans laquelle le choléra a fait son apparition pour se ren« dre dans la Dordogne, je serais avisé directement par MM^
» les commissaires spéciaux de police.
» Je ne manquerais pas de vous transmettre les informa» tions qui intéresseraient votre arrondissement, afin que
» vous puissiez, s’il y avait lieu, vous concerter avec l’autorité
» locale sur les mesures prophylactiques qu’il conviendrait
» de prendre.
» De votre côté, vous auriez à me faire connaître les nou» velles destinations des personnes qui, provenant d’une ré» gion contaminée, n’auraient séjourné que peu de jours dans
» votre arrondissement.
» Les appréhensions des habitants de la Dordogne ne se
» se sont pas manifestées au point qu’il soit nécessaire de
» rassurer l’opinion publique ; il importe néanmoins à l’ad» ministration de se préoccuper des prescriptions qu’elle
» pourrait avoir à édicter pour préserver le département des
» atteintes de l’épidémie.
» Je vous prie, en conséquence, de vouloir bien inviter MM.
» les maires des principales localités de votre arrondisse» ment à rappeler leurs administrés à l’observance rigou» reuse des arrêtés municipaux concernant la salubrité pu» blique.
» Vous voudrez bien aussi demander à M. le médecin des
» épidémies de votre arrondissement, avec qui je vous engage
» à avoir de fréquents rapports, de vous confier toute les ré» flexions que lui suggéreraient ses observations sur l’état de
» la santé publique et sur les moyens de préservation qu’il
» lui paraîtrait utile d’employer. Rien ne s’oppose d’ailleurs
» à ce que vous fassiez appel, dans le même but, aux lumières
» et au dévouement de plusieurs autres médecins.
» Cependant, votre action officielle devra se borner, quant
» à présent, aux démarches indiquées ci-dessus. Il est pru» dent, en effet, de ne pas alarmer les esprits.
» Si la réunion des Conseils d’hygiène en vue d’une régie-
22 —
» mentation exceptionnelle, vous paraissait utile, vous vou» driez bien m’en aviser d’urgence et m’adresser en même
» temps un rapport spécial et détaillé. J’examinerais les avis
» des Conseils d’hygiène et vos propositions, et je m’empres» serais de prescrire,avec le concours d’hommes compétents,
» toutes les mesures que réclamerait l’état sanitaire, soit de
» l’ensemble, soit d’une partie seulement du département. »
. » En outre, tous les arrêtés municipaux sur la salubrité
publique sont recueillis et j’examinerai s’ils répondent à tou
tes les éventualités.
» Cinq personnes venant de Toulon et une venant de Mar
seille sont arrivées dans le département. Leur santé n’a pas
cessé d’être excellente ; si ces personnes devenaient malades,
leur isolement serait immédiatement demandé et, au besoin,
ordonné.
» Les voyageurs qui traversent Périgueux sont attentive
ment examinés par MM. les commissaires de surveillance
des chemins de fer, et ceux qui s’y arrêteraient, venant des
localités contaminées, seraient signalés à M. le Commissaire
de police, qui les obligerait à un traitement de désinfection.
<» A titre de renseignement, je dois vous faire connaître
aussi que la gendarmerie exerce une surveillance active sur
tous les points du département et qu’elle signalerait les loca
lités dans lesquelles les habitants, par leur incurie, compro
mettraient la salubrité publique.
» Enfin, Messieurs, j’ai reçu hier de M. le Ministre du com
merce une instruction rédigée par le Comité consultatif
d’hygiène de France, et concernant les précautions à prendre
en temps de choléra., En m’adressant ces instructions, M. le
Ministre déclare qu’il ne doute pas que les autorités locales
ne soient, le cas échéant, à la hauteur de la mission qui leur
est confiée par les lois sur l'organisation municipale. Il sait
qu’il peut compter aussi sur le concours dévoué des membres
du Conseil d’hygiène et sur celui du corps médical.
» Il ajoute que « jusqu’à présent les faits ne sont pas de
» nature à motiver des appréhensions exagérées. En édictant
» ces dispositions, le gouvernement de la République a
» voulu, comme c’était son devoir, parer à toutes les éven» tualités et prévenir tous les dangers possibles. »
» J’ai l’honneur de vous prier, Messieurs, d’émettre votre
avis sur les mesures prises pour le département et plus par-
— 23 ticulièrement pour la ville et l’arrondissement de Périgueux
et de m’indiquer les autres mesures d’hygiène qu’il vous
paraîtrait utile d'édicter, en l’état actuel, et dans le cas où
l’épidémie apparaîtrait dans le département et viendrait por
ter atteinte à l’excellent état sanitaire dont jouissent nos
populations.
» Vous voudrez bien, notamment, exprimer votre opinion
sur l’utilité de l’organisation d’urgence de Commissions des
logements insalubres qui n’existent, je crois, dans aucune
localité du département, ainsi que sur la création de Com
missions cantonales d’hygiène publique.
» Je vous remercie, Messieurs, de l’empressement que
vous avez mis à répondre à mon invitation et du concours
éclairé que vous avez déjà, dans maintes circonstances, prêté
à mon administration.
» Le Préfet de la Dordogne,
» Signé : Bargeton. »
Au nom des intérêts dont il a la garde et par l’organe de
son honorable vice-président, M. le Dr Parrot, le Conseil, à
l’unanimité, remercie M. le Préfet de la sollicitude dont il a
fait preuve envers ses administrés dans ces graves circons
tances et l’engage à ramener à exécution, dans le plus bref
délai possible, les décisions qu’il a arrêtées.
M. le maire, prenant à son tour la parole, expose qu'il s’est
aussi préoccupé de la redoutable éventualité de la propaga
tion du choléra à Périgueux. Il a pris en conséquence, et
d’urgence, les mesures suivantes : Par ses soins, tous les
bâtiments communaux ont été soumis à une désinfection
méthodique ; les ordres les plus rigoureux ont été donnés
au commissaire de police afin qu’il fût dressé procès-verbal
à tous ceux qui contreviendraient aux règlements ou arrêtés
municipaux concernant la police sanitaire. Il a fait procéder
à l’arrosage, au balayage et au nettoyage des rues dans les
quelles on a répandu, sur différents points, des matières
désinfectantes. Tous les lieux publics seront l'objet de visites
réitérées. Les maîtres d’hôtel ont été invités à signaler tous
les voyageurs qui viendraient des régions où le choléra
aurait été officiellement signalé et à prévenir l’administra
tion si une maladie suspecte, pouvant présenter quelque
analogie avec le choléra, venait à éclater dans leur établis-
sement, auquel cas les mesures sont déjà prises pour l’isole
ment ou le transport des malades à l’hôpital et pour les soins
à leur prodiguer. Il avise le Conseil qu’il a fait imprimer et
distribuer, dans tous les établissements communaux, une
instruction contenant les moyens préventifs contre le cho
léra, extraite des instructions de la Compagnie d’Orléans
qui lui ont paru les meilleures et dont il dépose un exem
plaire sur le bureau. Il donne ensuite lecture de son arrêté
du 30 juin, qui est ainsi conçu :
« Le Maire de la ville de Périgueux,
» Vu l’article 97 de la loi du 5 avril 1884 § 6 ,
» Arrête :
» Article 1er. — Tous les voyageurs et leurs bagages pro
venant des régions où le choléra aura été officiellement
constaté subiront à la gare, avant d’entrer à Périgueux, des
mesures de désinfection.
» Article 2. — Ces mesures consisteront en aspersion des
vêtements, lotions des mains et du visage, badigeonnages à
l’extérieur ainsi qu’aspersion à l’intérieur des colis au moyen
de solutions d’acide phénique, ou de sulfate de fer, ou de sul
fate de cuivre, ou de chlorure de chaux, ou de chlorure de
zinc.
» Article 3. — M. le chef des gares est invité à tenir à la
disposition des personnes et des objets sus-indiqués un
local où les désinfections prescrites seront exécutées.
» Article 4. — M. le commissaire de police est chargé de
l’exécution du présent arrêté.
» Périgueux, Hôtel-de-Ville, le 29 juin 1884.
» Le Maire : Gadaud.
» Vu et rendu exécutoire en vertu de l’article 95 de la loi
du 5 avril 1884.
» Périgueux, le 30 juin 1884.
» Le Préfet : Bargeton.
» Pour copie conforme :
» Le Maire : Gadaud. »
— 25 —
Enfin, M. le Maire annonce qu’il a provoqué la nomination
par le Conseil municipal d’une commission de 9 membres
dite commission des logements insalubres. Elle se compose
de MM. Dezon, médecin-major de lr° classe en retraite,
conseiller municipal, vice-président ; Le Roux , major en
retraite, conseiller municipal, secrétaire ; Colombet, conseil
ler municipal, membre ; Rougier, conseiller municipal, mem
bre ; Rarret, conseiller municipal, membre ; Bernard,
conseiller municipal, membre; Lagrange, architecte, membre;
Kintzel, pharmacien membre ; Cormier, président du Conseil
de Prudhomrqe, membre.
En terminant, M. le Maire prie le Conseil de vouloir bien •
formuler un avis tant sur son arrêté que sur les mesures
dont il a fait l’exposé succint.
A l’unanimité, le Conseil remercie M. le maire de sa vigi
lance et approuve sans restriction tout ce qui a été fait.
M. le docteur Parrot signale ensuite, comme cause puis
sante d’insalubrité, l’installation de la ménagerie Pezon sur
la place Bugeaud.
M. le maire répond qu’il a déjà prescrit la désinfection de
cet établissement et appuie la proposition de M. le Préfet,
tendant à ce qu’il soit nommé une commission qui devra
s’assurer de l’efficacité des mesures prises par l’administra
tion, qui visitera en même temps certains autres établisse
ments qui pourraient, échappant au contrôle d’une surveil
lance attentive, devenir une cause d’insalubrité. Déférant à
ce vœu, le Conseil décide que la commission qu’il va nom
mer visitera : 1° La ménagerie Pezon ; 2° Les dépôts d’os et
de vieux chiffons ; 3° Les tanneries ; 4° Les casernes ; 5° Le
canal.
Sont nommés commissaires : MM. Thévenet, ingénieur en
chef des ponts et chaussées ; Peynaud, vétérinaire ; Kintzel,
pharmacien ; Mirabel et Jaubert, médecins.
L’ordre du jour étant épuisé, la séance est levée.
Le secrétaire du Conseil,
Dr Jaubert.
— 26 —
Séance du 12 juillet 1884.
Le Conseil d'hygiène et de salubrité publique de l’arron
dissement de Périgueux s’est réuni à l’hôtel de la préfecture,
le 12 juillet 1884, à 5 heures du soir.
Etaient présent : MM. le Préfet de la Dordogne, président ;
Parrot, Mirabel, Peynaud,, Gadaud, maire de Périgueux ; Sicard, Kintzel, Thévenet, Fourgeaud et Jaubert, secrétaire.
Le procès-verbal de la dernière séance est lu et adopté.
M. le maire annonce au Gonseilque la commission des loge
ments insalubres a tenu sa première séance le 8 juillet courant,
et il donne lecture du procès-verbal de cette réunion. Ladite
commission ne pouvant de par la loi fonctionner qu’à la
suite de plaintes qui lui seraient transmises par l'administra
tion municipale, n’a pu que constater qu’aucune plainte ne
lui était parvenue malgré les avis publiés dans les journaux
et les affiches placardées en ville, invitant les habitants à for
muler leurs réclamations sur l’insalubrité de certains loge
ments.
Il expose ensuite les faits suivants :
La presse locale a vivement critiqué l’autorisation qu’il a
cru devoir donner à quelques établissements d’instruction
d’entretenir des porcs. Il lui a paru que la présence de ces
animaux, loin d’être un danger, constitue non seulement une
source d’économie bien entendue et de bien-être, mais
qu’elle est encore favorable à la santé publique.
En effet, ces animaux, en nombre limité, parqués dans des
étables convenablementaménagées,consommentjourparjour
tous les rebuts ou détritus de ménage au fur et à mesure de
leur production et deviennent par ce fait les puissants
auxiliaires d’une désinfection permanente. Une plainte s’est
produite dontM. le maire n'a pas été saisi et dans laquelle il
est dit que le couvent des sœurs de Sainte-Marthe entretient
jusqu’à douze ou quinze porcs, transformant ainsi un établis
sement d’instruction en un foyer pestilentiel et en une mai
son de commerce où l’on pratique en grand, dans un but de
lucre, l’élevage de ces animaux.
— 27 —
M. le maire ajoute que son autorisation n’a étédonnée que
pour l’entretien de trois porcs, c’est-à-dire le nombre stricte
ment proportionné aux besoins auquels ils répondent. Il de
mande au Conseil de donner un avis sur les appréciations
personnelles qu’il vient d’émettre et il se déclare prêt, si
l’opinion de ses collègues n’est pas conforme à la sienne, à
prendre un arrêté interdisant les porcheries chez les parti
culiers par voie de mesure générale.
Le Conseil, après un court débat, décide que M. le maire a
sagement agi en autorisant avec toutes les garanties voulues
la présence d’un certain nombre de porcs dans quelques
établissements d’instruction et l’invite à veiller, parl’intermédiaire de la commission des logements insalubres, à ce que
les personnes autorisées se conforment rigoureusement aux
conditions même de leur autorisation.
Il est, en outre, décidé que la commission désignée dans la
précédente séance sera chargée de visiter ces différentes ins
tallations, afin de savoir si elles n’ont pas pris, par leur im
portance, les proportions d’établissements insalubres ou in
commodes soumis par cela même à l’autorisation préfecto
rale.
M. le Préfet dépose ensuite sur le bureau du Conseil son
arrêté du 8 juillet, qui est ainsi conçu :
Arrêté :
Le Préfet du département de la Dordogne, chevalier de la
Légion-d'IIouneur,
Vu les lois des 16-24 août 1790, 3 août 1791, 28 pluviôse an
vin et l’article 99 de la loi du 5 avril 1884 ;
Vu les instructions de M. le Ministre de l’intérieur, en date
de ce jour ;
Considérant qu’il importe, en présence des subterfuges
employés par certains voyageurs pour dissimuler leur prove
nance des villes où sévit le choléra, de prendre toutes les
mesures de nature à renseigner l’administration sur le nom
bre de ces voyageurs et sur le lieu où ils se sont retirés,
Arrête :
Article 1er — Il est enjoint à toute personne logeant des
voyageurs venant de Toulon, Marseille ou toute autre ville
reconnue comme contaminée, d’en faire immédiatement la
déclaration à la mairie de sa commune.
— 28 —
Art. 2. — Les particuliers sont tenus, comme les aubergis
tes ou logeurs en garni, de faire la meme déclaration.
Art. 3. — Les contraventions au présent arrêté seront pu
nies conformément aux lois.
Art. 4. — MM. les s.ous-préfets, maires et adjoints, com
missaires de police, gendarmes, gardes-champêtres, sont te
nus, chacun en ce qui le concerne., d’assurer l’exécution du
présent arreté.
Fait à Périgueux, le 8 juillet 1884.
Le Préfet de la Dordogne,
E. Bargeton.
L’ordre du jour étant épuisé, la séance est levée.
Le secrétaire du Conseil,
Dr Jaubert.
Séance du 22 juillet 1884.
Le Conseil d’hygiène et de salubrité publique de l’arron
dissement de Périgueux s’est réuni à l’hôtel de la pré
fecture, le 22 juillet 1884, à cinq heures du soir.
Etaient présents : MM. le Préfet de la Dordogne, président ;
Parrot, Fourgeaud, Gadaud, maire de Périgueux ; Thévenet,
Laeomhe, Kintzel, Lagrange, Peynaud, Mirabel et Jaubert.
Le procès-verbal de la dernière séance est lu et adopté.
M. le D1' Mirabel donne lecture du rapport de la commis
sion qui avait été chargée, dans les deux précédentes séances,
de visiter les établissements insalubres. Le rapport est conçu
en ces termes :
Dans sa séance du 5 juillet courant, le Conseil d’hygiène
et de salubrité publique a nommé une commission de cinq
membres composée de : MM. le Dr Jaubert, président ; Thé
venet, ingénieur en chef des ponts-et-chaussées ; Kintzel,
pharmacien ; Peynaud, vétérinaire, et le Dr Mirabel, rappor
teur, à l’effet d.e visiter les établissements industriels de la
ville qui pourraient paraître insalubres et constituer des
foyers d’épidémie.
La commission s’est d’abord transportée sur la place
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1
Bugeaud, àla ménagerie Pezon, qui avait été signalée comme
étant un foyer pestilentiel. Après un examen minutieux,
elle a constaté sa bonne installation et sa propreté irréprocha
ble ; elle a constaté, en outre, que l’administration avait pris
antérieurement toutes les mesures nécessaires.
La commission s’est ensuite rendue à la caserne à l’effet
d’examiner le mode d’évacuation des eaux ménagères de cet
établissement. Elle a constaté que ces eaux, très chargées de
matières organiques, s’écoulent à ciel ouvert, sur un parcours
de plus de 500 mètres, par la rigole qui borde la rue du
Vieux-Cimetière. Cette rigole a une pente très irrégulière et
est encombrée de pierrailles et de détritus de toutes sortes
qui retardent l'écoulement des eaux. Il en résulte une stag
nation d’eau fétide qui constitue pour ce quartier un vérita
ble foyer d’infection.
La commission exprime à l’unanimité l’avis qu’il est né
cessaire de porter un remède immédiat à cette situation et
qu’il convient d’inviter la municipalité et l’autorité militaire,
chacune en ce qui leur incombe, à faire disparaître cette
cause de danger très sérieuse pour la santé publique.
Elle estime qu’on pourrait soit rejeter ces eaux par un fran
chement spécial passant sous le chemin de fer dans l’égoût
projeté au bas de la rue Romaine, soit leur laisser leur
direction actuelle, mais en plaçant dans le fossé d’écoule
ment des buses en ciment, constituant un conduit souter
rain qui amènerait les eaux à l’extrémité de la rue près du
canal, en traitant avec un propriétaire de cette région pour
recevoir les eaux sur un terrain de culture, et en assurer l’épuration.
Le canal a été visité par la commission, qui n’a pu que
constater sa tenue irréprochable. M. l’ingénieur en chef des
ponts-et-chaussées lui a du reste dit que des ordres formels
étaient donnés à son personnel pour le renouvellement de
l’eau deux fois par semaine.
Toutes les tanneries de la ville ont été visitées et deux
d’entr’elles seulement ont été reconnues défectueuses. Ce
sont celles de MM. Collinet et Charbonnier, rue des Tan
neries.
L’odeur des matières organiques en putréfaction se dégage
du sol sur certains points de ces deux établissements. La
commission est d’avis d’inviter l’autorité compétente à pren-
dre les mesures nécessaires à leur désinfection, dans l’intérêt
de la santé publique. Toutes les autres tanneries sont irré
prochablement tenues.
La commission s’est aussi transportée chez MM. Breton
frères, négociants en chiffons aux Barris, et n’a pu que cons
tater la bonne installation de leur établissement : beaucoup
d’air et de lumière, vastes locaux hors ville, entre cour et
jardin. Elle a constaté que les ordres donnés par l’autorité
municipale avaient reçu un commencement d’exécution pour
ce qui concerne l’enlèvement des os et des peaux de lapins ;
mais elle l’a invitée à fixer un délai à MM. Breton pour ache
ver ce travail et à ne plus laisser emmagasiner les marchan
dises jusqu’à nouvel ordre. Le bâtiment destiné au net
toyage des plumes et duvets a seul paru offrir quelques
inconvénients auxquels il sera facile de remédier. Les duvets
et les poussières s’échappent parfois à travers les ouvertures
et incommodent les voisins, qui s’en plaignent. La commis
sion est d’avis qu’il y a lieu d’inviter MM. Breton frères à faire
poser à chaque ouverture de la façade de leur magasin de
plumes et duvets de la toile métallique Une qui empêche la
sortie des duvets et poussières sur la voie publique.
La commission a, en même temps,visité les établissements
de chiffons de M. Fressingeas, situés rue du Niveau et ceux
d6 M. Dusoulier, rue Saint-Etienne.
Les locaux occupés par les chiffons sont mal aérés, il y a
peu d’espace et beaucoup de marchandises dans ces deux
maisons. Il est nécessaire que l’administration tienne la
main à ce que la plus grande propreté règne dans ces étalissements, à cause de leur situation au milieu de deux quartiers
populeux, le rez-de-chaussée étant occupé par des chiffons
et les étages supérieurs habités par des familles nombreuses.
Nous n’avons trouvé ni os ni peaux de lapins dans ces deux
établissements ; il est nécessaire que l’administration n’au
torise pas, jusqu’à nouvel ordre, comme chez MM. Breton, la
rentrée chez eux de ces deux sortes de marchandises qui sont
insalubres au premier chef.
La commission signale en outre à l’administration un dé
potoir de vidanges à la Fontaine Pinquet, sur le bord du che
min qui sépare le jardin de M. Mazy de l’usine de M. Coq.
Cette mare, pleine de vidanges, dans le jardin Mazy, est un
vaste foyer pestilentiel pour le quartier. La commission est
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d’avis que cette excavation doit être comblée immédiatement
après avoir été désinfectée par des moyens appropriés.
En dernier lieu, la commission a visité tous les établisse
ments publics susceptibles d’avoir des porcs pour consom
mer leurs détritus et les détruire sur place.
Elle s’est transportée à l’Hôpital, à la Mendicité, au Lycée,
au grand Séminaire, à la Visitation et à l’École Cléricale ;
mais aucun de ces établissements n’avait de porcs lors de
notre visite. Signalons cependant en passant que la commis
sion a été très désagréablement impressionnée à son arrivée
dans ce dernier établissement, l’École Cléricale.
M. le supérieur, qui l’a reçue, a manifesté son étonnement
de cette visite, en lui déclarant que depuis le mercredi précé
dent 9 juillet, ordre lui avait été signifié par un agent de po
lice d’avoir à faire disparaître dès le lendemain matin les
porcs qu’on élevait. S’étant conformé à cette injonction, il ne
comprenait pas le but de cette visite, car il avait tout lieu de
supposer que la commission devait avoir connaissance de
cette interdiction. Il a du reste offert de fournir à l’instant
la preuve de son allégation,en faisant visiter lesétables vides.
En conséquence, cette vérification a eu lieu immédiatement
et la commission n’a pu que constater que l’aménagement
était dans des conditions fort convenables.
Les seuls établissements ayant des porcs sont : SaintJoseph; les Petites Sœurs des pauvres; Sainte-Ursule, SainteMarthe.
L’institution St-Josepha quatre porcs dans des étables très
éloignées des habitations et en plein champ ; bonne installa
tion â laquelle il n’y a à reprocher que l'absence d’une fosse à
purin, qui sera faite sous peu, M. l’économe en ayant pris
l’engagement.
Les Petites-Sœurs des Pauvres ont trois porcs bien tenus,
la commission n’a eu qu’à conseiller un peu plus d’aération ;
les ordres ont été donnés immédiatement pour abattre des
cloisons qui gênaient la libre circulation de l’air.
Sainte-Ursule possèdeune annexe habitée par unjardinier,
dans laquelle on élève quatre porcs en moyenne. Ces ani
maux, nous a-t-on déclaré, sont destinés à consommer les
détritus du couvent, puis ils sont vendus au profit de la com
munauté et du jardinier.
Enfin, la commission a visité la porcherie des sœurs de
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Sainte-Marthe, qui contient huit porcs, dont l’installation a
paru très défectueuse. La fosse à purin n’a pas une pente
suffisante, il en résulte une stagnation d’immondices et de
débris qui constituent un foyer pestilentiel très préjudicia
ble à la santé publique. Si le couvent lui-même est à l’abri
de ces émanations,il n’en est pas de même des voisins, dont
les plaintes ont paru parfaitement justifiées. En conséquence,
la commission est d’avis qu’il y a lieu d’inviter les sœurs de
Sainte-Marthe soit à se débarrasser de leurs animaux, soit
à prendre immédiatement les mesures nécessaires pour faire
cesser cet état de choses.
Le rapporteur, Dr Mirabel.
Les conclusions de ce rapport, mises aux voix, sont adop
tées à l’unanimité.
M. le rapporteur fait remarquer qu’il est regrettable que la
commission n’ait pas été prévenue par l’autorité de la mesure
prise à l’égard de l’Ecole cléricale, dont les porcs avaient été
évacués par ordre antérieurement à la visite. En outre, avant
que la commission ait eu le temps d’achever sa tâche, M. le
maire de Périgueux avait pris un arrêté retirant, par mesure
générale, toutes les autorisations précédemment données. Il
y a eu dans la succession de ces faits une anomalie que M. le
rapporteur déplore, carelle a créé une situation très-fausse
à la commission du Conseil.
En réponse à ces observations de M. le docteur Mirabel,
M. le maire fait remarquer que des plaintes journalières lui
étaient, parvenues sur les désagréments occasionnés par la
présence des animaux en ville. Il a donc cru devoir, dans
l’intérêt de la santé publique, vu l’apparition possible à
Périgueux du fléau qui sévit en Provence, édicter une prohi
bition générale avant même la clôture des opérations.
M. le Préfet ajoute que de son côté, mû par les mêmes
craintes, il avait depuis quelques jours déjà donné à M. le
commissaire de police des instructions au terme desquelles
il était enjoint à ce magistrat de veiller à l’exécution rigou
reuse des règlements de police sanitaire.
M. le docteur Parrot demande quelle suite a été donnée à
l’affaire Breton. M. le Préfet répond qu’il a reçu la visite de
cet honorable industriel,qui a pris les engagements suivants :
1° Il fermera complètement son dépôt d’os ; 2° Il se confor-
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niera scrupuleusement aux instructions que la commission
lui a données touchant le système de fermeture des fenêtres
de ses ateliers de duvets donnant sur la voie publique ; 3° Il
demandera sans délai une autorisation régulière.
M. le Préfet ajoute que si M. Breton ne tient pas ses pro
messes il est résolu à faire fermer l’établissement par mesure
administrative.
M. le docteur Jaubert communique au conseil une lettre
qu’il vient de recevoir de M. de Génis, de Salegourde. Ce
propriétaire se plaint de ce que certains bouchers transpor
tent à proximité de son habitation des débris frais d’animaux,
lesquels débris sont destinés à être vendus comme engrais.
M. le Préfet promet de faire immédiatement procéder à
une enquête par la gendarmerie et de prendre d’urgence
toutes les mesures que comporte cette fâcheuse situation.
L’ordre du jour étant épuisé, la séance est levée.
Le secrétaire du Conseil,
Dr Jaubert.
Séance du 5 août 1884.
Le Conseil d’hygiène et de salubrité publique de l’arron
dissement de Périgueux s’est réuni à la préfecture de la Dor
dogne, le 5 août 1884, à 5 heures du soir.
Etaient présents : MM. Richard, Secrétaire général de la
préfecture, président; les docteurs Parrot, Mirabel, Lacombe,
Fourgeaud, Gadaud, maire de Périgueux ; Thévenet, ingé
nieur en chef des ponts et chaussées ; Bère, ingénieur en chef
des mines; D1' Jaubert, secrétaire.
Le procès-verbal de la dernière séance est lu et adopté.
M. le président donne lecture d’une circulaire ministé
rielle, en date du 1er août 1884, prescrivant, conformément
au décret de M. le Président de la République et à l’arrêté
du Ministre, en date du 30 juillet 1884, l’organisation d’un
service sanitaire à. la gare de Périgueux.
Pour se conformer à ces prescriptions, M. le Secrétaire gé
néral a fait chercher un local isolé, à proximité de la gare,
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et par les soins du commissaire de police, on en a trouvé un
situé rue des Deux-Ponts, numéro 12.
Le Conseil décide que cette maison sera visitée par une
commission composée de MM. les docteurs Mirabel, Jaubert
et M. Lagrange, architecte ; ladite commission ayant, par dé
légation spéciale du conseil, pleins pouvoirs pour indiquer
les modifications qu'il y aurait lieu de faire subir 'à l’im
meuble, en vue d’une installation hospitalière. M. le Secré
taire général déclare qu’il s’adjoindra à cette commission.
M. le président expose ensuite que, renseignement pris à
la gare, il arrive journellement huit trains par les lignes de
Brives et. d'Agen, en provenance directe des pays infestés
par le choléra. Il croit qu’il faut désigner plusieurs méde
cins au lieu d’un seul, et il demande au Conseil de formuler
son avis. Les médecins présents déclarent, en leur nom et au
nom de leurs confrères de Périgueux, qu’ils seront tous heu
reux de prêter en cette circonstance leur concours absolu à
l’administration, quelles que soient les charges que leur im
pose ce service. Sur la proposition de MM. Bôre, Thévenet et
Gadaud, le Conseil, considérant que c’est une question à dis
cuter dans une réunion exclusivement composée de méde
cins, prie M. le Secrétaire général de vouloir bien convoquer
d’urgence le corps médical de Périgueux tout entier, afin
qu’on puisse se concerter sur rétablissement et le fonction
nement de ce nouveau service.
M. le président remercie les médecins sur le concours des
quels il savait du reste, à l’avance, que l’administration pou
vait compter. Il fera la convocation demandée et prendra,
sans délai, les mesures que lui dictera la situation.
M. le docteur Jaubert transmet à M. le président une
plainte de M. Martineau, fabricant de bitume, à la Fontaine
Pinquet, relative à la stagnation d'eaux d’égoûts autour de son
habitation. M. le Maire déclare qu’il a reçu la même plainte
et, vu la situation du fossé qui longe un chemin public, en
propose le renvoi au service vicinal. Le Conseil adopte.
L’ordre du jour étant épuisé, la séance est levée.
Le secrétaire du conseil,
Dr H. Jaubert,
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Séance du 2 décembre 1884.
Le Conseil d’hygiène et de salubrité publique de l’arron
dissement de Périgueux s’est réuni à l’hôtel de la préfecture,
le 2 décembre 1884, à 2 h. du soir.
Étaient présents : MM. Parrot, vice-président ; Fourgeaud,
Meunier, Kintzel, Peynaud, Mirabel et Jaubert, secrétaire.
Le procès-verbal de la dernière séance est lu et adopté,
M. le président expose le but de la réunion : il s’agit, pour
le Conseil, de formuler son avis sur la demande de MM. Bre
ton frères, tendant à obtenir l’autorisation d’installer sur le
bord de l’Isle, au lieu dit La Garenne, commune de Boulazac,
un dépôt d’os frais, de peaux vertes et une fonderie de suif.
M. Parrot soumet au Conseil toutes les pièces du dossier,
les plans et devis du futur établissement, les résultats de
l’enquête ouverte dans les communes de Périgueux, Boula
zac, Chancelade, Champcevinel, Coulounieix, Trélissac>
Marsac, Notre-Dame de Sanilhac, et St-Laurent-sur-Manoire.
Ces résultats ont été favorables ; aucune observation ne s’est
produite de la part des intéressés.
Après avoir examiné en détail toutes les pièces qui lui sont
soumises, le Conseil décide qu'il y a lieu d’accorder l’autori
sation demandée et cela sous les conditions suivantes : 1° MM.
Breton frères seront tenus d’installer un aqueduc couvert,
avec une pente suffisante pour conduire à la rivière les eaux
et débris de toute nature provenant de leur exploitation ; 2°
Ils prendront toutes les précautions hygiéniques compati
bles avec l’exercice de leur industrie et de toutes autres si
milaires qu’ils pourraient dans l’avenir installer comme
complément de la première sur l’emplacement dont ils ont
fait choix et qui sont visées dans leur demande en date du 31
juilet 1884.
Avant de se séparer, le Conseil, à l’unanimité, émet le vœu
que tous les ans les procès-verbaux de ses séances soient
imprimés en brochure et envoyés à titre de réciprocité aux
différents Conseils d’hygiène qui expédient les leurs à la Pré
fecture de la Dordogne.
L’ordre du jour étant épuisé, la séance est levée.
Le secrétaire clu Conseil :
Dr Jaubert,
