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Fait partie de Le simple bon sens. A Messieurs les électeurs de la Dordogne

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À

MESSIEURS

n’avez pas mis d'exactitude à répondre à notre première
circulaire. Nous vous demandions les noms des faux électeurs.
Donnez de suite les renseignemens nécessaires aux comités cantonnaux , pour que nous puissions mettre harro sur les votes de ces
faussaires, et les poursuivre devant les tribunaux»
oüs

Les jésuites ont mis leur tactique en évidence ? La voici : M.
Verneilh - Puyrazeau ne paie pas mille francs de contributions.
C’est un mensonge : M. Verneilb paie dans là Dordogne et dans
la Haute-Vienne. 11 les payait à la législative, lorsqu’au péril de
sa vie il défendait les principes monarchiques; il les payait sous
l’Empire, lorsque Napoléon le trouvait trop honnête homme ; il les
payait de 1817a 1821 , puisqu’il était votre député! Or, il n’est
pas homme à manger son patrimoine. 11 l’aurait grossi ce patri­
moine, lorsque l’Empereur lui offrant la direction des droits réunis
de la Mayenne. 11 répondit à ce monarque: Sire, je ne connais
pas les chiffres.
■ EîtBt lOTHEPliF
i

DE LA. ViLLE

i DE PERLGUEt.'

Les jésuites ne parlent pas encoVe de M. Dureclus ; c’est tin
homme neuf pour la grande scène politique ; mais il est probe,
riche, éclairé et indépendant: ces qualités suffisent pour faire un
député.
Lorsque les jésuites parlent de M. de Beaumont à la noblesse,
ils lui disent : c’est un jacobin. On ne répond pas à de telles tur­
pitudes. Un soldat de l’armée de Condé, jacobin !..

Lorsqu’ils parlent aux électeurs du tiers-état : M. de Beaumont
est un aristocrate.
Oui, M. de Beaumont est né aristocrate, et doit mourir aristocrate.
Entendons-nous.

Le tiers - état, l’aristocratie et te clergé sont dans la Charte.
L’aristocratie est une portion intégrante et nécessaire d’une mo­
narchie bien constituée.
La noblesse sait très-bien qu’elle n’est qu’une puissance morale,
que tous les Français sont égaux devant la loi. Elle a compris
que le fleuve des peuples descend et ne remonte pas.

Ce qui n’est pas dans la Charte , c’est le jésuitisme f C’est une
fraction du clergé ! C’est une faction.

La noblesse Périgourdine a toujours eu de Pâme, de la fierté ï
Touchons cette corde.
Nommera-t-elle des apprentis-nobles, qui ont des dettes à payer
et des enfans à produire ? Nommera-t-elle des présidens forains ,
qui courent les colleges électoraux pour se mettre en évidence?
Non : elle nommera de bons propriétaires, d’honnêtes gens, de
ces hommes qui ont l’amour du Périgord, et qui préfèrent vieillir
et mourir sous leurs châtaigniers , que de passer leur vie à lécher
l’écuelle d’un ministre ou d’un liquidateur. Elle évitera surtout
ces sauteurs impériaux qui courent aux honneurs, en criant la
clôture l

Jt

Quoi! les rejetons de vingt vieilles souches Périgourdines, dont
les noms brillent sur l'oriflamme du Saint-Roi , s’abaisseraient de­
vant le froc d’un jésuite. Saint-Louis était pieux, il honorait le
clergé ; mais voilà tout. Un jésuite n’est pas un prêtre ! c’est un
forban !

En séparant sa cause de celle des jésuites, la noblesse Périgour­
dine sauvera la Couronne et la religion de ses pères. L'encensoir
du jésuitisme la brûle. Ce n’est pas nous, Plébéiens, qu’atteint l’in­
solence des robes courtes : tous leurs coups sont dirigés sur la
noblesse; c’est une puissance morale qu’il faut humilier. L’apostillé
d’une sœur grise est plus eflicace auprès du pouvoir, qu’une attes­
tation signée par toute la noblesse du Périgord.
Un bon prêtre gallican est un homme pieux, charitable, désin­
téressé , qui fait de la religion avec son âme. Un jésuite n’est
qu’une machine à grimaces. Jetez les yeux autour de vous, et
vous y verrez de vieux jacobins qui se sont fait jésuites, qui
servent , qui fréquentent le pouvoir , qui sont impies, et s’en
vantent.

Le malheur est que celte cabale insatiable soutient effrontément
que les poisons qu’elle inocule sont puisés dans l’Evangile. Misé­
rables profanateurs ! l’Evangile ordonne à l’homme de reconnaître
qu’il est vil et même abominable ? et il lui ordonne, eu même
temps, de vouloir être semblable à Dieu? Sans un tel contre-poids,
celte élévation le rendrait horriblement vain , ou cette obéissance
le rendrait humblement abject. C’est parce que la religion est le
plus bel attribut moral, que tant de gueux en prennent le masque.
Nul n’est heureux et honnête comme un vrai chrétien. Je ne
connais rien de plus laid au moral, qu’un jésuite. Sont-ils chré­
tiens, ceux qui dominent les rois, les maîtrisent, les tuent ? Sont-ils
chrétiens, ceux qui, depuis le plus simple village jusqu’.... au
pied de la Couronne, veulent exercer la terreur ecclésiastique?
Et ce qu’il y a de plus malheureux, c’est que, par le fait des
jésuites, le mal se perpétue; et qu’au sein de la religion la plus
pure et la plus sacrée, on voit les mêmes vices qu’au temps de

\
l'idolâtrie ! Que dis-je ? la force des passions corrompit autrefois
les hommes , et c’est aujourd’hui la îéllexion. Les jésuites ont réduit
le mal en système, et Ton est libertin par principe. Ce n’est pas
tout; il leur faut une obéissance muette, une aveugle soumission :
le dernier et le plus pénible de tous les sacrifices que l’homme puisse
faire à l’homme : celui de sa liberté (i) !

Électeurs Périgourdins ! vous nommerez pour députés , des
-Beaumont -, des d’Abzac des Ferneilh , des. Dureclus, des Froir
defond de Bellisle et d’autres Périgourdins du même caractère. Si
les jésuites ont quelques reproches moraux à leur adresser, qu’ils
prennent la plume: nous jouons cartes sur table.
Surtout, venez voter: c’est un devoir. Vous le devez au Roi,
à la patrie, à vos concitoyens que vous représentez ; vous le deve»
enfin , à vos enfans.

P. S. Nous sommes avertis qu’on se propose de jeter quelques pamphlets sur les
élections; ou y manifestera des principes anli-.monarcltiques , démagogiques , voire même
des sarcasmes contre l'autorité légitime. Électeurs, vous vouerez au mépris les auteurs
d'écrits aussi perlides. C’est la tactique ordinaire du jésuitisme, du jacobinisme, des
hommes vendus au- pouvoir. Soyez fermes dans vos résolutions, ne sortez pas du
.terrain de la Charte , et. vous triompherez.

(1) ta dernière partie de celle lettre, répond à un écrit imprimé qui circule mysti­
quement et mystérieusement à Périgueux , iet qui a pour litre:. Lettre,à,M, F»,';.. ,V.s.

Les jésuites, prennent doue' les Périgourdins' pour des grues. Désavouer, en" Périgord ,
l’existence des jésuites ! lorsque le ministre des affaires ecclésiastiques les a avoués l’année
■ dernière à la tribune.
Il est vrai de dire que ht. d’Hétmopciis s’ést conduit’, dans cetWcirconstance , com­
me un honnête homme qu’oit force d’introduire un ihauvais 'sujet dans une maisoji
respectable.
.
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A PÉRIGUEUX , CHE« J.-P. EÂÜREj' iMPRtMÉUÉ.