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Fait partie de Compte-rendu des opérations de la Caisse d'épargne de Périgueux pendant l'année 1841
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COMPTE-RENDU
DES OPÉRATIONS
DE LA CAISSE D’ÉPARGNE
PENDANT L’ANNÉE 1841,
PRÉSENTÉ A L'ASSEMBLÉE GÉNÉRALE DES FONDATEURS LE 13 MARS 1842,
par iw. niYiÆ ni: i inR ixci:,
messieurs,
Nous venons, pour la seconde fois, vous rendre compte
des opérations de la caisse d’épargne de Périgueux, et vous
présenter le résumé de sa situation au 31 décembre 1841.
Il serait superflu de rappeler ce que nous avons dit l’an
passé des avantages que doivent procurer les caisses d’épar-
sne-
f BÏËijbTHÊoTin
j
L'L PÉRIGUEUX!
Cl
la ville
— 2 —
Ce n’est pas à ceux qui, par leurs sacrifices, ont con
tribué à la fondation de celle de Périgueux ; ce n’est pas
aux membres du conseil municipal, qui la dotent d’une
allocation annuelle de 300 fr. ; ce n’est pas, enfin, au chef
de l’administration, qui, par son zèle et sa persévérance,
a surmonté les obstacles qui s’opposaient à sa fondation,
qu’il est nécessaire d’en démontrer l’utilité.
L’institution est jugée souverainement, messieurs. Elle
est considérée comme un bienfait, non-seulement par tous
les hommes éclairés, mais encore par ceux qui, dans les
rangs inférieurs de la population, manifestaient les préven
tions et les craintes dont nous vous entretenions dans le
compte-rendu de l’an passé.
La régularité, l’exactitude de nos opérations, la fran
chise de nos rapports avec le public, ont rassuré les esprits
les plus ombrageux ; et si un trop grand nombre d’indivi
dus, appartenant à la classe ouvrière, refusent encore de
nous confier ce qu’ils pourraient économiser sur leurs sa
laires , c’est par- de tout autres motifs que ceux puisés dans
la crainte de compromettre leurs fonds ou de ne pas en
obtenir le remboursement à volonté.
Nous aurons occasion de revenir sur ce chapitre en vous
présentant les réflexions auxquelles donnera lieu l’examen
des diverses catégories de déposans.
Passons à la situation de la caisse au 31 décembre 1841.
Cet aperçu contiendra non-seulement les opérations effec
tuées dans l’année qui vient de s’écouler, mais encore celles
qui se rapportent aux huit mois antérieurs; c’est-à-dire que
notre travail embrasse les vingt mois d’existence de la caisse,
depuis le 1.» mai 1840 jusqu’au 31 décembre 184Ï.
— 4 —
Vous voyez, messieurs, que , parmi les diverses classes
particulièrement appelées à jouir des avantages de la caisse
d’épargne, les militaires sont ceux qui en profitent le plus.
Vous avez même dû remarquer qu’en 1841 le nombre
des livrets des militaires et les sommes déposées par eux
ont pris un accroissement hors de toute proportion. Il est
nécessaire d’expliquer à quoi lient celte circonstance, ne
fût-ce que pour dissiper des illusions et faire connaître no
tre situation réelle.
Vers la fin de 1841, aux mois d’octobre et de novem
bre, deux rëgimens , le 2.' et le 28.' de ligne, reçurent
successivement l’ordre de se rendre à Périgueux pour y tenir
garnison. Avant de quitter Lorient et Lille, où ils rési
daient, le conseil d’administration de chacun de ces corps
fit auprès de nous les démarches nécessaires pour que les
sommes qu’ils avaient déposées dans les caisses d’épargne
de ces deux villes fussent transférées immédiatement à celle
de Périgueux. Nous nous empressâmes de faire droit à leur
demande.
Cependant, par une décision ultérieure du ministre de
la guerre, dont il leur fut donné connaissance en route,
ces deux corps changèrent de destination : l’un se rendit
à Laval, l’autre à Toulouse et à Cahors. Parvenus à leurs
garnisons respectives, ils réclamèrent un nouveau transfert,
qui eut lieu vers la fin de janvier.
La première de ces opérations eut pour effet d’augmen
ter de 1G2 le nombre des livrets militaires , et de 196
mille 777 fr. la masse des fonds versés par celte catégorie
de déposans : elle est comprise dans le compte que nous
vous rendons aujourd’hui.
La seconde fil disparaître ces deux chiffres, qui n’ont
— 6 —
figuré que momentanément dans nos écritures, et rétablit
les choses dans leur état normal.
Mais comme celle-ci n’a eu lieu qu’en 1842, ses résul
tats n’ont pu faire partie du compte actuel ; et seront men
tionnés dans celui de l’an prochain.
Nous avons cru, messieurs, ces éclaircissemens indis
pensables pour faire connaître la cause du prodigieux ac
croissement des livrets militaires en 1841, et pour préve
nir tout jugement erroné sur le degré de prospérité auquel
nous sommes parvenus.
Ainsi, déduction faite des 162 livrets dont il s’agit et des
196,777 fr. qui s’y rapportent, le nombre des militaires
déposans s’est élevé, en 1841, de 62 à 112, et leur avoir
de 74,000 fr. à 120,000 fr.
Vous voyez, d’après cela, messieurs, que ces hommes
recommandables ne perdent pas de vue qu’après avoir payé
à la patrie par d’honorables services le tribut imposé par
la loi, ils sont destinés à rentrer dans leurs familles, ap
partenant presque toutes à l’agriculture et à l’industrie, pour
y former des établissemens auxquels l’aisance assurera le
bonheur.
Le nombre des domestiques inscrits à la caisse, qui, le
1." janvier 1841, était de 29, s’est élevé à 73.
Ceux-ci, éclairés par une sage prévoyance et soucieux
de l’avenir, cherchent à mettre la fin de leur carrière à
l’abri des tristes effets de la vieillesse et des infirmités.
Les mineurs, pendant le cours de l’année qui vient de
s’écouler, sont parvenus du chiffre de 24 à celui de 58.
Ces derniers, qui ont devant eux une longue perspective,
et qu’on accoutume de bonne heure à l’-ordre et à l’éco
nomie, trouveront dans les sacrifices multipliés, mais lé
gers, qu’ils s'imposent, l’un le moyeu de pourvoir au rem-
— T—
placement militaire, l’autre celui de fournir le cautionne
ment d’un emploi auquel il ne pourrait prétendre sans cela;
la jeune fille une dot qui lui permettra de se marier selon
son goût, sans être inquiète sur les moyens d’existence de
sa famille future.
Le nombre des ouvriers, qui était de 7 au 31 décembre
1840, s'est élevé à 38 dans le cours de l’année 1841.
4 oilà, messieurs, un progrès dont nous devons nous féli
citer. Cependant, le chiffre de 38 est bien faible et, pour
ainsi dire, insignifiant, comparé à une population ouvrière
qui dépasse 1,300 individus.
A quoi tient une insouciance si générale ’ Pourquoi les lois
de la prudence , qui dirigent les catégories dont nous venons
de parler, n’onl-elles presque aucune influence sur les ou
vriers?
C’est que le soldat trouve dans son chef, le domestique
dans son maître, l’enfant dans son père ou dans son tuteur,
un guide, un conseil, dont les avis et l’autorité le conduisent
dans une carrière où il ne serait peut-être pas entré de lui—
mèrne.
Tandis que l’ouvrier, isolé, sans appui, abandonné à son
inexpérience, et d’ailleurs plus indépendant, se livre avec
toute la vivacité de son âge à la dissipation et aux plaisirs.
C’est que les chefs d’ateliers, les maîtres ouvriers, les en
trepreneurs, qui, en vertu dn patronage qu’ils exercent sur
leurs subordonnés, devraient être leurs tuteurs officieux, ab
diquent celte noble mission et négligent de les éclairer sur
leurs véritables intérêts.
Et cependant, dans notre dernier compte-rendu , nous leur
avions adressé de pressantes instances pour les engager à foire
sentir aux ouvriers les avantages qu’ils pourraient retirer de
l insliiuüon de la caisse d'épargne.
— 8 —
Sont-ils restés sourds à notre voix , ou la leur a-t-elle été
méconnue?.... Quoi qu’il en soit, nous devons redoubler de
zèle et d’activité pour obtenir de l’établissement auquel nous
donnons nos soins tout le b'ien qu’il est susceptible de pro
duire.
Cependant, messieurs, il est quelques exceptions à l’indifférence dont nous nous plaignons. Permettez-nous de vous
en entretenir un moment, et de signaler ici deux hommes qui
ont acquis des droits à la reconnaissance de leurs conci
toyens.
Dès les premiers jours de la création de la caisse d’épargne,
le sieur Laubàrède, maître bottier, saisissant d’un coup
d’œil toute la portée de cette institution, exhorta ses ouvriers
à y verser les économies qu’ils pourraient faire , chaque se
maine , sur leur salaire ; et, pour dissiper les préventions ,
pour prouver que le nouvel établissement méritait la confian
ce , il prit un livret en son nom , déposa une petite somme,
qui s’accrut successivement par des versemens hebdomadai
res , faits presque toujours par quelqu’un des ouvriers qu’il
s’agissait de convertir.
Eh bien, messieurs, tout fut inutile, et les bonnes inten
tions d’un honorable citoyen , exécutées avec intelligence, de
meurèrent sans résultat : tant il est difficile de faire goûter
à des esprits insoucians et ombrageux des innovations qui ne
flattent ni leurs goûts ni leurs passions !
Mais le sieur Laubarède ne se découragea pas. Ayant
échoué dans le projet de faire prendre à ses ouvriers des li
vrets individuels, il leur persuada d’en demander un en nom
collectif, au moyen du sacrifice que ferait chacun d’eux de
la modique somme de 0,25 cent, sur les salaires de la se
maine.
Ce plan fut adopté, des réglcmens furent établis, et une
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véritable société de secours mutuels fut fondée entre les ou
vriers cordonniers. Le nombre des associés ne fut pas con
sidérable dans les premiers mois ; mais il s’est successivement
accru, et il a atteint le chiffre de 33, qu’il ne tardera pas à
dépasser.
La compagnie des pompiers de la garde nationale de Pé
rigueux , entièrement composée de charpentiers, menuisiers,
serruriers et maçons, au nombre de cinquante-trois en acti
vité et de dix-sept vétérans, a aussi formé une société de se
cours mutuels, par l’influence et sous la direction du sieur
Monreny, son capitaine.
Cet officier, qui jouit à juste titre de la confiance de sa
compagnie, l’a déterminée à créer un fonds commun des
tiné à subvenir aux besoins généraux de la compagnie et à
ceux que pourraient éprouver quelques-uns de ses membres.
A cet effet, -une somme, à laquelle chaque pompier con
tribue pour 0,25 cent, par mois, est déposée à la caisse
d’épargne.
Depuis la fondation de ces deux sociétés, qui, réunies,
comptent plus de cent membres, quelques associés sont
morts, plusieurs ont été malades. Il a été pourvu convena
blement aux obsèques des premiers, et les autres ont reçu ,
pendant une interruption de travail forcée, les secours qui
leur étaient nécessaires. Ils ont ainsi été affranchis de l’obli
gation de solliciter à l’hospice une admission souvent douteu
se , à raison de la grande quantité de malades et du petit nom
bre de places disponibles; et, ce qui est plus important en
core, ils ont été dispensés de recourir à la mendicité pour
assurer leur subsistance, en attendant que le retour de la san
té et des forces leur permît de reprendre le cours de leurs
occupations.
Voilà, messieurs, des résultats importans, et qui le devien
dront bien plus encore à mesure que l’esprit d’association se
— 10 —
généralisera parmi les ouvriers, et que, comprenant mieux
la caisse d’épargne, ils en feront l’application sur une échelle
moins restreinte. Alors, nous ne tarderons pas à voir l’aisan
ce succéder à la misère, et le nombre des pauvres qui affli
ge nos regards diminuera sensiblement.
Messieurs, le gouvernement, justement effrayé des pro
grès toujours croissans du paupérisme, a invité les som
mités de l’administration et les publicistes les plus éclairésà
s’occuper d’un problème jusqu’à présent resté insoluble, la
destruction de la mendicité. Certes, nous n’avons pas la pré
tention d’émettre ici une opinion sur les causes d’un mal
dont personne ne conteste la gravité, et bien moins encore
d’indiquer les remèdes qu’il convient d’y appliquer ; mais il
doit nous être permis de dire que de tous les moyens ten
dant à prévenir l’accroissement du nombre des pauvres et à
en obtenir la réduction dans un avenir prochain, la caisse
d’épargne est incontestablement le plus actif, le plus effi
cace.
Pour cela, messieurs, il faut faire connaître et populari
ser cette institution ; il faut donner à la classe ouvrière des
habitudes d’ordre et d’économie qu’elle n’a pas ; il faut com
battre son goût effréné pour le luxe et pour les plaisirs.
Que tous ceux qui, par- état ou par position, sont en rap
port avec elle et ont des droits à sa confiance travaillent, de
concert avec nous, à cette œuvre méritoire.
Nous adjurons particuliérement les maîtres ouvriers, les
entrepreneurs, les conducteurs de travaux d’user de toute
leur influence sur les ouvriers pour les déterminer à pren
dre des livrets.
.Nous prions aussi MM. les curés d’unir leurs efforts aux
nôtres dans ce but. Ils ne sauraient considérer comme étran
gère à* leur ministère sacré la coopération que nous récla
mons], avec l’intime confiance qu’elle contribuera à nos suc-
* *
— Ï1 —
cès. Qui pourrait rester sourd à la voix de celui qui ne
refusa jamais un secours à l’indigence, une consolation au
malheur î
Le nombre des employés est demeuré stationnaire. Nous
regrettons que cette classe dé citoyens qui, par son édu
cation et ses connaissances, est en état, mieux que les
ouvriers, d’apprécier les avantages de la caisse d’épargne,
partage leur indifférence ou leurs préjugés à cet égard.
Les individus appartenant aux professions diverses, qui
n’étaient que 32 au 1." janvier 1841, ont atteint, dans
le cours de l’année, le chiffre de 58, et la masse des fonds
versés s’est accrue dans une plus forte proportion.
Tels sont, messieurs, les résultats généraux et particu
liers de nos opérations pendant l’année qui vient de s’é
couler : vous devez les trouver satisfaisans.
Il est désormais prouvé que la caisse d’épargne de Pé
rigueux, bien que resserrée encore dans des limites étroi
tes , est un immense bienfait pour cette ville. Elle est des
tinée à prendre un grand développement, et sa situation
actuelle est une garantie de sa prospérité future.
Il nous reste à vous rendre compte, en peu de mots,
de la situation, au 31 décembre 1841, de la dotation de
la caisse. — Elle se compose :
1. ° Du reliquat existant au 31 décembre 1840..................... 2,330f.73 c.
2. ° Des produits, pendant 1841, de la souscription ouverte
à l’époque de la fondation de la caisse.............................
113 »
3 ° De l’allocation annuelle faite par la ville....,................. 300 •
4.° Des intérêts de ces diverses sommes et du boni résul
tant de la différence des intérêts payés par le trésor avec
ceux servis aux déposans....... -.........................................
380 09
Total........................ .’............ 3,343 82
Déduisant de celte somme les frais de toute nature faits en
1811, montant à.................... t.......... ................................
643 43
Reste...........................
formant la dotation de la caisse au 31 décembre 1
2,702 37
— 12 —
Le développement progressif de nos opérations augmen
tera nécessairement les dépenses. Le matériel en registres,
livrets, etc., devra être successivement renouvelé.
Cependant, nous espérons pouvoir suffire à tout. S’il en
était autrement, nous recourrions avec confiance au con
seil municipal, qui ne laisserait pas en souffrance un éta
blissement digne de tout son intérêt.
Messieurs, ce que nous venons de dire de la modicité
de nos ressources nous conduit naturellement à exposer
les motifs qui nous ont empêché d’entrer dans les vues du
conseil général, en fondant à Sarlat et à Ribérac des suc
cursales de la caisse d’épargne de Périgueux.
Le conseil général, voulant favoriser l’établissement des
caisses d’épargne, alloua pour cet objet, en 1838, une
somme de 1,000 fr. à chacun des cinq chefs-lieux d’ar
rondissement de la Dordogne.
Les villes de Sarlat et de Ribérac n’ayant pas eu, sans
doute, les ressources nécessaires pour profiter de la libéra
lité du conseil général, les sommes votées pour elles de
meurèrent sans emploi.
Dans une de scs sessions subséquentes, le conseil général
attribua ces deux mille francs à la caisse d’épargne de Pé
rigueux , à la condition qu’elle établirait une succursale dans
chacune des villes de Sarlat et de Ribérac.
Avant d’accepter cette proposition, l’administration de la
caisse dut examiner avec attention l’étendue des engagemens qu’on lui imposait et les ressources qu’elle pouvait y
affecter.
II résulta de calculs bien simples, dont nous allons vous
donner le résumé, que nous ne pouvions, sans compro
mettre notre propre existence , déférer au vœu du conseil
général.
— 13 —
En effet, les frais de premier établissement ne peuvent
être évalués à moins de 100 fr. pour chaque succursale, en
semble......................................................... ................
200 fr.
Déduisant cette somme de celle de....................... 2,000
l’allocation du conseil général se trouve réduite à 1,800 fr.
L’administration de succursales aussi éloignées de la cais
se centrale que le sont Sarlat et Ribérac, exige auprès de
chacune d’elles l’établissement d’un agent comptable, tenu
de fournir un cautionnement. Le traitement de ces employés
ne peut être fixé au-dessous de 300 fr., ce qui porte la
dépense pour les deux à............................................... 600 fr.
Les frais annuels d’entretien doivent s’élever, pour
l’une et l’autre succursale, au moins à..................... 100
Total................................... 700 fr.
Voilà, messieurs, le chiffre des dépenses annuelles, qu’on
ne taxera probablement pas d’exagération. Voyons quelles
ressources nous avons pour les balancer.
Elles consistent :
1. ° Dans les intérêts de l’allocation de 2,000 fr., réduite,
comme vous l’avez vu, par le prélèvement des frais de pre
mier établissement, à 1,800 fr.
.Cette somme, placée au trésor à 4 p. “p,, produit annuel
lement 72 fr.
2. ° Dans le boni résultant en faveur de la caisse, de la
différence entre les intérêts qu’elle paie et ceux qu’elle re
çoit , à raison de la retenue de deux semaines d’intérêt qu’elle
fait sur chaque versement.
Cet article, messieurs, ne doit figurer ici que pour mé-
— 14 —
moire ; et même, en y regardant de près, on le trouvera
plutôt onéreux que productif pour la caisse.
En effet, tous les fonds que nous recevons sont versés im
médiatement à la recette générale ; mais ils ne portent in
térêt qu'à dater du dernier jour de la dizaine pendant laquelle
les versemens ont été effectués. (Ordonnance du 3 juin 1829.)
Il suit de là que ces mêmes fonds sont plus ou moins pro
ductifs d’intérêts, selon que les versemens sont plus ou moins
rapprochés du dernier jour de la dizaine.
Ainsi, si nous déposons à la recette générale les 9, 19
ou 29 du mois, nous n’éprouvons qu’un jour de perle; mais
si le lundi, jour affecté à nos versemens, puisque nous rece
vons le dimanche, si le lundi correspond au l.cr, au 11 ou
au 21, nos fonds restent oisifs jusqu’au 10, au 20 ou au 30.
Ainsi, bien que nous fassions aux déposans la retenue de
quatorze jours d’intérêt, nous ne profitons réellement que
de huit jours, terme moyen.
S’il en est ainsi pour les fonds que nous versons à la re
cette générale le lendemain du jour où nous les avons re
çus, que sera-ce pour ceux déposés à Ribérac et à Sarlat,
villes situées l’une à neuf, l’autre à dix-huit lieues de dis
tance de Périgueux ?
Les succursales ne pouvant avoir de compte ouvert avec
le trésor, nous devrions pourvoir, à nos frais , au transport
des fonds; et si le receveur particulier consentait à s’en
charger, même à titre gratuit, comme il n’expédie les siens
que les 2, 12 et 22 de chaque mois, il arriverait que les
sommes déposées, après être restées plus ou moins long
temps improductives au lieu du versement, le seraient en
core , pendant huit ou neuf jours, à la recette générale ; en
sorte qu’il y a des cas où la caisse centrale perdrait dix-huit
— 15 —
jours d’intérêt, c’est-à-dire quatre de plus qu’elle n’en re
tient aux déposans.
Mais quand même la bonification d’intérêts dont il s’agit
pourrait avoir lieu à Sarlat et a Ribérac comme à Péri
gueux , vous vous ferez facilement une idée de la modicité
de cette ressource appliquée aux petites sommes versées dans
les succursales , lorsque vous saurez qu’à Périgueux un
mouvement de fonds d’environ 270,000 fr., abstraction faite
des résultats du double transfert opéré pour les deux régimens dont nous vous avons entretenus, n’a produit, en 184-1,
qu’un boni de 180 fr.
Vous voyez, messieurs, qu’ainsi que nous vous l’avons
dit, l’administration de la caisse d’épargne de Périgueux ne
pouvait sans péril prendre à sa charge, moyennant les
'2,000 fr. alloués par le conseil général, la création de deux
succursales à Sarlat et à Ribérac.
Nous ne pouvons que former des vœux pour que chacune
de ces villes trouve dans ses ressources municipales et dans
le dévouement patriotique de ses principaux habitans le
moyen d’organiser une caisse d’épargne, et d’utiliser ainsi
la prime accordée par le conseil général à la fondation de ces
élablissemens.
En terminant ce long rapport, messieurs, nous sommes
heureux de vous annoncer que les opérations de la caisse,
pendant les mois de janvier et février 1842, confirment les
espérances que nous vous avons données d’une prospérité
croissante.
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