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Fait partie de Discours adressé au collège électoral de l'arrondissement de Ribérac

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Un an 's’ést à peine-Jcoulé, depuis que-, réunis dans celle enceinte, vous
avez exercé le plus précieux , le plus sacré de tous vos- droits. ■— Appelés de
nouveau à désigner le Député de votre choix, le Mandataire de votre patrio­
tisme , le Dépositaire de vos plus chers intérêts , votre pensée se reporto
d’elle-méme vers ces évènemens mémorahles qui ont changé la face du pays,
et réservé à notre avenir d’autres destinées. Une dynastie de huit siècles ren­
versée; un sceptre longtems respecté, brisé tout-à-coup par la vengeance
populaire , lorsque les libertés publiques ne compilèrent plus sur son appui ;
sur les débris amoncelés par une révolution de trois jours , un nouveau trône
de venu le fondement d’un nouvelordre politique ; la Charte constitutionnelle
épurée par des modifications importantes ; un prince dévoué à sa pallie , sa­
crifiant les charmes et l’indépendance de la vie privée pour les faligues elles
sollicitudes du pouvoir , et. soldat de la liberté dans les premiers temps do
nos discordes civiles , acceptant aujourd'hui le litre de noi citoyen, pour la
défendre encore contre l’Anarchie , son ennemie la plus redoutable ; le dra­
peau de 89 dotant victorieux dans les airs , à la place de celle Lanière, au­
trefois glorieuse , et maintenant siinhôle éclipsé d’une monarchie qui n’est
plus ;...... tel est le spectacle imposant qui s’offre à vos regards , et qui , en
vous révélant les besoins et les nécessités politiques de la France , vous fait
assez comprendre toute la hauteur, toute l’importance de votre mission.
Après ces grandes crises qui bouleversent les empires, et qui changent la
forme des gouvernemens , l’ordre social ébranlé par d’aussi profondes secous­
ses, éprouve encore quelques commotions avant de s’ètre compleltement raf­
fermi. De sourds murmures s’échappent encore du sein du volcan , lorsque
son .cratère refroidi ne lance plus de flammes , lorsqu’il a cessé.de vômir des
torreris de lave embrasée.— Ne soyons pas étonnés que.des émeutes fréquem­
ment reuouvellées aient troublé la paix de la Capitale et de quelques villes

du royaume. Ces mouvemens inquiets, que l'admirable dévouement des gar­
des nationales a partout nlaitrise’s et vaincus, étaient l’incvitable conséquence
delà lutte héroïque qui a produitlarévùlulion de juillet. Ces agitations partiel­
les , aujourd’hui sans motifs légitimes , ont alarmé le commerce, effrayé l’in­
dustrie , intimide ses spéculations j toutes les sources de la fortune publique
ont été momentanément desséchées : pour rendre à la. Fiance sa prospérité
première , pour que la confiance renaisse, pôur que les transactions commer­
ciales reprenncntlcur activité , leur essor , il devient nécessaire rie consolider
par tous les moyens le système de gouvernement que nous avons adopté. C’est
vers ce but que doivent tendre nos efforts. Avec l’indépendance de la presse,
avec une double tribune politique , organe de nos vœux , interprète de nos
besoins, de nos intérêts , nous n’avons rien à craindre pour la liberté. Que le
respect des lois, que la force rendue à l’autorité chargée de leur exécution ,
nous laisse désormais sans inquiétude sur la conservation de l’ordre, sans le­
quel la liberté elle-même serait impossible.
Ces résultats heureux, ces inappréciables bienfaits , nous les devrons aux
élections générales qui vont manifester hautement la volonté de la Françé ,
et faire taire la voix des partis qui osent s’arroger le droit de parler en sou
liom. La nation ne demande que le maintien deses institutions ; elle n’aspire,
à l’ombre du troue populaire que ses mains ont fondé , qu’à jouir en paix de
la richesse de son sol , de la beauté de son ciel, de l’active intelligence de ses
citoyens, et-des avantages progressifs'd’une civilisation qui lui assigne' le pre­
mier rang parmi les puissances européennes. Si elle rencontre des députés
dignes d’elle , des mandataires sages et désintéressés, qui sachent allier lé
dévouement à la prudence, la modération aux idées les plus généreuses, à l’àniour sacré de la patrie , il n’est pas de prospérités qu’elle ne puisse atteindre,
il n’est pas de peuples qui ne deviennent jaloux de son bonheur et de sa li­
berté , comme ils le sont depuis longtems de sa gloire.
Il est des hommes impatients , dont l’imagination ardente, préocupée de
séduisantes théories , voudrait asservir les nations à de vains systèmes, et in­
troduire violemment dans leurs institutions une perfection idéale , impossi­
ble à réaliser. Imprudents ! Ils Voudraient, pour éclairer le monde , com­
mencer par organiser le cabos. Ma>s , il leur manque cette Voix puissante et
féconde qui, tirant tlu néant tous les élémens confondus , créa d’un seul mot
l’univers. La forme politique des sociétés humaines à ses époques et ses pé­
riodes comme la nature , dont tous les ouvrages sont soumis à des développcinens sagement gradués. Ne demandons pas au Printemps les riches mois­
sons de l’Eté ou les utiles productions de l’Automne. N’espérons pas «ne la
jeunesse , franchissant sans efforts l’àge des passions et des erreurs , se pare
tout-à-coup des vertus et de la sagesse de l’àge mûr. N’oublions pas enfin que
les ouvrages des hommes, pour être durables, ont besoin de deux élémens -

I

nécessaires , l'expérience et le temps...... Le pouvoir naissant à qui nous aVons.confié notre avenir, le jeune trAne que nous avons élevé, les institutions
nouvelles que nous lui avons données pour appui , ne peuvent grandir et se
fortifier que sous un ciel pur et sans nuages ; conjurons les orages qui pour­
raient obscurcir notre horizon politique , et nous livrer à d’irréparables mal­
heurs.
La France que, dans cc moment Solennel, l’Europe contemple avec an­
xiété, avec un silence religieux, va prononcer sur son propre sort par la
voix de l’élite de ses citoyens. Il dépend d’elle de se frayer une roule vers le
plus brillant avenir, ou de s’élancer dans une carrière de révolutions sans
issue et sans terme. L’urne électorale est aujourd’hui pour elle lurne du des­
tin. De son sein vont bientôt s’échapper des jours séreins ou des tempêtes ,
l’anarchie ou la liberté , la paix ou la guerre , l’union des français ou les dis­
cordes civiles, des accents d’espérance et de joie ou les sinistres détonnations
de la foudre.
Celte épreuve redoutable n’aura rien que de rassurant, elle sera féconde
en bienfaits , s’il m’est permis de chercher dans l’esprit de modérolion et de
sagesse qui dictera votre choix, le présage de ceux qui émaneront des autres
colleges électoraux de la France. Toujours calme et soumis aux lois , cet ar­
rondissement s’est .signalé par une altitude paisible, lorsque une fermenta­
tion séditieuse agitait quelques départemens voisins. Scs élections porteront
l'empreinte du carraclcre particulier qui le distingues! avantageusement ; elles
attesteront votre amour pour l’ordre et pour les institutions protectrices de
nos libertés Réduits à vous-même, et séparés des auxiliaires étrangers que
l’ancienne loi électorale appelait à voler avec vous , votre opinion sera plus
indigène , si j’ose le dire , elle manifestera mieux les senlimeiis qui.vons di­
rigent. Déjà , d’estimables ccufcurrens se disputent l’honneur de vos suffrage/
Tous sont animes de la noble ambition de vous représentera la chambre élec­
tive. L’éclat qui s’attache à un tel mandat, est bien fait pour exciter leur zèle,
pour les pénétrer d’une vive émulation. Recommandables à divers titres ,
chacun d’eux à des droits particuliers à l’attention des Electeurs. Aussi, sans
essayer de prévoir quel est celui de ces généreux rivaux qui fixera votre pré­
férence , il est permis de proclamer d’avancé , qu’indépendant par son ca­
ractère plus encore que par sa fortune, il ne fera point de son litre de député
1 instrument mercenaire de son ambition personnelle ; qu’il se souviendra qu’il
est le représentant de l’arrondissement, et non le mandataire de quelques
intérêts privés ; que, sous un gouvernement ami des lumières, et qui ne peut
vivre que par elles , il dirigera les choix du pouvoir, pour les fonctions pu­
bliques, sur des hommes connus par leur dévouement et leur capacité'; qu’en­
nemi de toute innovation dangereuse , il portera dans l’examen de nos lois
politiques beaucoup de maturité et de prudence -, qti’il provoquera ou secon-

<lera toutes les mesures propres à renfermer les dépenses <le l’e’tat Jans les li­
mites d’une sévère économie; qu’enfin , il se consacrera sans réserve au bien
de son pays, sans négliger les besoins particuliers de la contrée qui l’a vu
naître.
Pour moi, Messieurs , chargé par le vœu de la loi de présider provisoire­
ment cette assemblée, je ne me (latte pas que le titre passager dont je suis
revêtu survive à l’organisation définitive de votre bureau. Ce fauteuil que
j’occupe va devenir la conquête de celui que vos suffrages y appelleront après moi. Peut-être les divers partis qui se groupent autour de chaque can­
didat } chercheront, dans le choix du président, à faire une première expé­
rience de leurs forces , et préluderont , par cet essai, à la lutte plus sérieuse
qui doit bientôt s’engager entr’eux. Qûèlqu’éphéméres que soient mes fonc­
tions, je m’applaudirai cependant deles avoir fugitivement exercées , si mon
impartialité , si mon attention scrupuleuse à protéger le secret et la liberté
des suffrages , peuvent obtenir votre approbation, et m’assurer le témoigna­
ge llalleur de votre Lienviellauce.

t'^i^.l’QlREOUL ■

j DC la ville > V-QE PÉRIGUEUX ;

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