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Fait partie de Discours adressé le 21 Juin 1834 aux électeurs de l'arrondissement de Ribérac
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Arrivés an terme de leur mission législative, les dé
putés de la France attendent avec anxiété sur tous les
points du royaume l’arrêt solennel qui doit sortir de
l’urne électorale , pour sanctionner ou condamnei
leurs actes, pour les ramener dans la chambre élective
ou pour les en exclure.
Le renouvellement de l’un de nospouvoirspolitiques,
de celui qui, dans le mécanisme du gouvernement re
présentatif , exerce l’action la plus forte etlapluséner
gique, fut toujours un évènement grave et digne d(
la plus sérieuse attention : il n’a rien perdu de son im
portance au milieu des circonstances qui nous environ
nent ; nul citoyen ne saurait le contempler d’un œil
Indifférent ; son influence shr notre avenir est trop
puissante , pour ne pas exciter dans tous les esprits une
vive sollicitude, une inquiète préoccupation. Que d’in
térêts divers , en effet, que, d’opinions hostiles, que
d’ambitions rivales , Vont se trouver eit présence dans
la lutte qui se prépare ! si, d’un côté, le patriotisme ,
lè zèle du bien public , l’amour de l’ordre et de la liber
té répondent à l’appel fait du haut du troue à lr'"
électeurs, des passions moins nobles ètmoins géoerewscs se précipiteront aussi dans l’arène ou les partis vont
se mesurer sous les veux du pays, et où la vieto'âre,
quejs que soient Jes principes et les drôits défendus
parla. minorité , se rangera toujours du côté du nom
bre. Dans cette espèce de tournois politique , ôù elfa4cun aspire à faire triompher ses opinions, et quelque
fois aussi ses intérêts persônnels et seS affections par
ticulières , si la lutte est vive et passionnée, elle a
duinôins l’avantage de ne pas sortir des limites eonstitutionnelles tracées par la charte ; elle n’a rien d’illégal
et d’irrégulier ; elle n’a pas le caractère de ces collisi
ons fatales qui ont ensanglanté tant de fois le sol de la
patrie, et qui récemment encore viennent de troubler
la capitale, et de' semer dans Lyon le deuil, la dévasta
tion et la mort. Guerre impie, combats désastreux, où
les vainqueurs n’ont que des cyprès pour couronne , et
où le succès presque aussi douloureux que la défaite ,
est comme elle un sujet de regrets et de larmes.
Puissent les factions qui nous divisent, éclairées par
nue cruelleexpériénce, déposer enfin leur fureur et leurs
armes! Puissent-elles renoncer à eès agressions sanglan
tes, toujours suivies de violentes représailles, etrentrer
dans les voies paisibles, mais plus sûres, que leur
ouvre nos lois , pôuf défendre- leurs principes, leurs
convictions et leurs intérêts ! C’est là , c’est sur ce ter
rain , qd’elles peuvent lutter sans crime , et non pas
sàùs espoir, pourvû que des pensées de trouble et
d’anarchie ne se cachent pas sous les motifs qu’elles
proclament, et qu’elles n’aient réellement pour mobi
le que des vues d’amélioration, de progrès et (l’avenir.
Ce vœu , Messieurs, pourrait aisément s’accomplir,
si les partis , plus calmes , se dégageaient de leurs pré
ventions et de l’irritation qui les anime ; s'ils se jugeaint réciproquement avec plus de modératiou et
d’équité.
Dans des rangs opposés , la France compte avec
orgueil des citoyens illustres, des hommes dont la
génie, lés talents, les services ont rehaussé sa gloire,
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étendu ses prospérités , et fourni de nobles appnis à
la cause des libertés publiques. Que les citoyens d’opi
nions diverses, à la tète desquels brillent d’honorables
chefs , se rapprochent pour.mieux se connaître , pour
s’éclairer et se convaincre ; et bientôt des concessions
réciproques feront disparaître ce qu’il peut y avoir
d’exagéré dans leurs doctrines, pour les diriger vers
un but d’utilité publique , et les faire tourner au pro
fit du-pays.
Si ces pensées de concorde et de conciliation domi
nent dans nos assemblées ; si les hommes éminents
de tous les partis oublient les idées trop exclusi
ves qu’ils affectionnent, pour ne s’occuper qne des
intérêts et des besoins de la patrie, la chambre qui
naîtra de cette heureuse coalition, de ce rapprochement
si désirable, sera digne de sa haute mission , et réa
lisera toutes nos espérances. Le trône de juillet, ap
puyé sur les institutions qui seules peuvent faire sa
force et garantir sa durée , n’aura plus à redouter au
cune secousse ; le pouvoir rencontrera dans nos dépu
tés des auxiliaires indépendants et éclairés prêts à le
secouder dans toutes les mesures nécessaires au déve
loppement progressif de nos libertés et de notre pros
périté matérielle, mais qui sauront aussi, lorsque sa
marche s’éloignera de ce but, lui faire entendre le
langage mesuré d’une opposition amie et conscien
cieuse. La diminution des impôts, la réduction de
notre armée dont l’agrandissement excessif pèse sur
nos finances, et accroît chaque année le fardeau de
la dette publique , l’essor rapide et brillant de l’a
griculture, du commerce et de l’industrie ; tels sont
les biens qui s’épencheront à grands flots de Puîné
électorale , si des votes intelligents et patriotiques,
comme autant d’élémens de fécondité, sont dépo
sés dans son sein- — C’est alors que la France, libre
et paisible à l’intérieur , puissante et respectée au de
hors, s’avencera d’un pas ferme et assuré vers l’ac
complissement de ses glorieuses destinées.
À RIBÉRAC , Chez Bounet , Imprimeur-Libraire.
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