FRB243226101_P2_611_002.pdf
Médias
Fait partie de La Plume de Périgueux
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SOMMAIRE : Le saut du chevalier, légende péri
gourdine. — Carnet comique. — Pâtre et Pastourélo. — Coup de crayon. — Première lettre
d’amour d’un petit grillon à la libellule de ses
rêves. — Petits enfants. — En chemin de fer. —
Fable comique. — La Sérénade. — Amour d’en
fant. — A nos lecteurs, la sténographie. — Boite
aux lettres. — Echos. — Concours de jeux d’es
prit.
11 était parti, le chevalier au cœur
loyal, et depuis qu’il s’était éloigné, la
belle Isaure versait des larmes. Isaure,
fille de Tancrè’dé, fier seigneur d’un ma
noir de Guyenne, et Robert de Gourdon,
noble chevalier, s’aimaient depuis long
temps. Ils s’étaient aimés sans se le dire,
alors que Robert, aspirant à la chevalerie
n’était que l’écuyer du seigneur Tancrède ;
peu à peu ce sentiment avait grandi, et
jamais feu plus beau n’anima deux âmes
plus pures. Robert était preux, Isaure
était belle; il avait la force, elle avait la
grâce; il conquérait l’estime, elle atta
chait les cœurs; et, ils étaient faits l’un
pour l’autre, comme la fleur est faite pour
le rameau, le rameau pour la fleur; 1 un
est l’appui, l’autre est l’ornement.
Mais voilà qu’il était parti ! parti pour
prendre part à cette guerre de Cent ans,
si terrible, si désastreuse, parti au moment
où la bénédiction du ciel allait rendre
sacrés les liens qu’avait formés l’amour!
Un soir, ils s’étaient dit adieu; c’était
sur la rive droite de l’Isle, car le château
de Tancrède était situé non loin de la
cité de Vésone. Ployant la tige flexible
d’un liseron des champs, Robert en avait
formé un anneau, symbole de sa pro
messe, et l’avait remis à Isaure ; puis, lui
montrant sur son bouclier la fière devise
de ses ancêtres : « Fides et Libertas », il
avait ajouté : « Ma foi, elle est à Dieu, au
roi, à vous ! et je reviendrai, libre de
toutes chaînes, sauf de celles dont vous
m’avez chargé ». Baisant alors au front sa
noble fiancée, le chevalier s’était élancé
sur son intrépide coursier.
Depuis qu’il avait disparu à ses regards,
la triste Isaure ne connaissait plus aucune
joie. Chaque jour, dans la chapelle, où
sa prière se confondait avec ïe souvenir
de l’absent, ses larmes mouillaient les
froides dalles; c’était lui qui, le jour,
occupait sa pensée, lui que la nuit ramenait dans ses rêves inquiets.
Pendant ce temps, ivre de courage, le
chevalier se battait en héros; nul ne
l’égalait en vaillance. Mais, quand la retraite était faite, quand l’heure du repos
avait sonné, l’ombre sanglante de la
gloire s’effacait, et une vision souriante
et douce venait rafraîchir l’âme du soldat.
Elle se jouait dans son sommeil fiévreux
comme le soleil dans la goutte d’eau du
nuage, l’inondant de tendresse et de
paix. Pas plus qu’Isaure le vaillant Robert
n’oubliait
La bataille de Poitiers venait d’être
livrée, le roi Jean avait été conduit à
Bordeaux. Quelques soldats français, au
nombre desquels se trouvait Robert,
dormaient, au lendemain de la bataille,
sur le bord d’un chemin défoncé. Ils
étaient blessés pour la plupart, et sans
armes. Tout à coup, surpris par un détachement anglais, ils furent faits prisonniers et dirigés sur Périgueux. Robert
frémissait comme un léopard frappé d’un
dard aigu : mourir dans le combat eût été
beau, il l’eût voulu ; mais être pris ainsi
sans combattre lui paraissait presque
déshonorant! Cependant la loi leur était
faite; il fallait suivre ces lâches qui
osaient saisir des soldats désarmés.
Après plusieurs jours de marche on
aperçut la cité périgourdine, et, non loin,
Robert reconnut le donjon du château de
Tancrède. A cette vue, une pensée déso-
lante entre en son âme: Tancrède sert le
roi de France, il est peut-être prisonnier
de l’Anglais victorieux... Qui défendra la
belle Isaure de la vengeance et des injures
des vainqueurs? N’est-ce pas son rôle, à
lui?
II ressaisira sa liberté volée ; fidèle à sa parole il redeviendra libre vers sa fiancée ! L’instant est
propice: ses gardiens, accablés par la
fatigue sommeillent à demi. Robert a la
fièvre ; l’aspect du château découpant
hardiment 1 azui 1 excite au-dela de toute
expression: plus piompt que 1 éclair, il
biise ses liens, et, sautant derrière le
cavalier qui marche à côté du char des
prisonnieis, il le saisit à L improviste, le
foule aux pieds de son cheval, puis éperonnant les flancs de ce derniei, s élance
comme une flèche dans la plaine riante
°ù
rou^e ses vagues bleues. L étonnement paralyse un instant les Anglais
et ’e chevalier a déjà gagné du terrain
quand on songe à le poursuivre.
Isaure, la triste fiancée, par hasard est
debout sur la terrasse qui domine la
plaine et ses regards distraits errent
autour d’elle, tandis que sa pensée l’emporte ailleurs. Mais sa pensée, tout à
coup, a pris un corps : ce cavalier qui
accourt vers le château, n’est-ce point
Robert? Elle le devine plutôt qu’elle ne
le reconnaît : sa tête est nue, ses cheveux
agités par le vent dans une course folle;
le cavalier serait-il poursuivi??... Sans
doute ces hommes qu’elle aperçoit sont
des ennemis... ils vont l’atteindre, car
son cheval secouant une écume sanglante
vient de s’arrêter essoufflé 11...
Les Anglais poussent un cri de joie :
leur prisonnier est à eux! Prenant sur lui
une avance considérable ils viennent lui
couper le chemin du gué, derrière lequel
se trouvent Isaure et la liberté,
Robert jette autour de lui un regard
d’angoisse : derrière lui l’ennemi ; à
droite, l’ennemi ; en face, encore l’en-
2
nemi ; à gauche, un monticule rocheux,
couvert d'une terre légère, et dont le
sommet, couronné de maigres arbustes,
au-dessus des eaux. D’un coup
d*œ$\jl en a mesuré l’importance, et,
ant les flancs de sa monture, il la
'•for^fi gravir le rocher; les Anglais
pô.p^Z'nt un hurlement de rage et gravis£<s«fît à leur tour, mais Robert, lançant
aux échos un cri de triomphe se précipite
au-dessus de l’abîme et va tomber sur
l’autre rive, à quelques pas de sa fiancée,
libre comme il l’avait promis. Le malheu
reux coursier pousse des hennissements
de douleur qui se mêlent aux vociféra
tions des Anglais.
Isaure s’élance vers son fiancé, projeté
par la chûte à quelque distance et essaye
vainement de soulever son corps inani
mé; alors, vaincue par la douleur, elle
tombe sans vie à ses côtés, sa chevelure
dénouée couvrant d’un suaire mouvant
et doré la tête meurtrie du chevalier.
Lui Sietèm-nous qui — notre gento pastouro,
Dissèt, un jour, un jouno pastourèu.
Elle Nou! nou ! dissi, trove qu’ei trop d’abouro,
Trop rousadous à l’oumbro de l’ourrnèu.
Dillaye. — Le Cirque Zoulof, relié..
5 fr.
Dillaye. — Les Emigrants de l’Hirondelle
rouge, relié....................................... 5 fr.
Barbe-Bleue, par Oscar Méténier, un vol.
in-18 jésus............. 3 fr. 50, net 2 fr. 95
Etudes de paysages, par E. Hareux, un vol.
in-18 jésus............. 3 fr. 50 net 2 fr. 95
Histoire d’une Conscience, par Etienne
Enault, un vol. in-32 colombier... O fr. 60
La vieille France, par A. Robida.
1. Normandie;
2. Bretagne;
3. Touraine;
4. Provence.
Le volume broché. 25 fr.: net 2f> fr.
III
A l’endroit où s’élevait jadis le manoir
féodal on voit aujourd’hui une construc
tion rustique : c’est le moulin de Salgourde dont le nom vient du latin « Saltus
Gordonis » qui signifie « Saut de Gourdon ».
Sur cette même rive de l’Isle se trouve
un bouquet de chênes, dont l’ombre, au
soleil couchant, verdit la transparence de
l’eau; sous leurs rameaux est un tertre de
verdure. Nulle trace de monument, nuis
vestiges d’architecture, seules les colon
nes symboliques des troncs où s’enroule
le lierre; c’est là que reposent les héros
de la légende ; le même gazon les pro
tège, le même feuillage les abrite ; ils
dorment dans le même tombeau.
S. Castagnier.
Carnet Comique
Après avoir fait une leçon de sciences,
un de nos excellents professeurs de la
ville pose plusieurs questions pour s'as
surer que ses élèves ont bien compris.
Le Maître. — Quels sont les trois états
des corps et donne^ des exemples.
L’Elève. — Les corps peuvent se présen
ter sous trois aspects : liquide, solide,
gazeux. Exemples : la glace est solide,
l’eau est liquide, et la limonade', galeuse.
Sam.
Prenez un verre de Gauloise !
— Co ni faï ré — sur l’herbo ma belouso
Eicamparaï — ma chamiso si fàu.
— Nani! merci de ta vouas amistouso !
En atténdén —perméném-nous un pàu...
[lando...
Quittém lous boueis — alén, sggrem la
E culirém la flour que sin tant boun !
— Noun pas ! noun pas ! la distanço ei trop
Cgrando...
N’aime l'echo que de moun viei valoum.
—
— Aném alor, se volei, dins la prado
Eipià lou riou — que s’en vai en chantant...
— N’en parlei pas! i’ani, tristo journado!
Car, li perdis un téndre agnèu, autan.
— Iou sab’ un nid — dedins lou cros d’un
Si zou voulias, l’aniriam afoulà
[àubre,
—■ Nou! li fàu pas passa la mà, moun pàubre,
Diou zou vàu pas — e ne fàu pus parlà.
—
Au foud d’au plài — tout près d’uno founNous dansarém, e chantaro l’àusère [této.
— E perque fà roundejà sus l’herbéto ?
Nani ! vàau mai aardà notre troupêu.
— Coumo lou vént que passo éntetu passés...
Iou le segrai pertout en t’aniras...
— Ma ! de segur! que disés ou que fasses,
Coumo lou vént — én tèr eitullaras.
lar Itinéraire
i'e Classe 86 francs. — 2”>a classe 63 francs
Durée ■■ 30 jours
Paris — Orléans — Blois — Amboise
— Tours — Chenonceaux, et retour à
Tours — Loches, et retour à Tours —
Langeais — Saumur — Angers — Nan
tes — Saint-Nazaire — Le Croisic —
Guérande, et retour à Paris, via Blois ou
Vendôme ou par Angers,
Chartres,
sans arrêt sur le réseau de l’Ouest.
NOTA. — Le trajet entre Nantes et SaintNazaire peut-être elfectué, sans supplément de
prix, soit à l’aller, soit au retour, dans les bâ
teaux de la Compagnie de la Basse-Loire.
La durée de validité de ces billets peut être
prolongée une, deux ou trois fois de 10 jours,
moyennant paiement, pour chaque période, d'un
supplément de 10 0/q du prix du billei.
2“" Itinéraire
lr“ classe 54 francs. — 2“» classe 41 francs
Durée ; 15 jours
Paris — Orléans — Blois — Amboise
— Tours — Chenonceaux, et retour à
Tours — Loches, et retour à Tours —
Langeais, et retour à Paris, via Blois ou
Vendôme.
En outre il est délivré à toutes les gares du
réseau d’Orléans, des billets aller et retour com
portant les réductions prévues au tarif G. V.
n- 2 pour des points situés sur l’itinéraire à par
courir et vice versa
Ces billets sont délivrés toute l’année à Paris,
à la gare d’Orléans (quai d’Austerlitz), et aux
bureaux-succursales de la Compagnie et à toutes
les gares et stations du réseau d’Orléans, pourvu
que la demande en soit faite au moins trois jours
à l’avance.
ta\
— Iou sèi be doune, coum’ un mort jous la
Per qui digun ne gard’ un souveni ! [terro,
— Counsoulo-té ! l’àmo toujour eipèro,
. Tout se séparo — e tout se réuni.
Mas! t’aimarai toujour jusqu’à la toumbo,
Coumo la rano aimo lou bord d’un riù.
— E iou souleto, au found de notre coumbo,
De cœur, per tu, préjarài lou boun Diù !
—
Benjamin Buisson.
3
sont ! Ils l’ont ensevelie sous leurs en
vois de fleurs, paraît-il, à l’occasion du
jour de l’an. Aussi sa coquetterie, son
La scène représente un salon élégant amour du luxe, ne connaissent-ils plus de
et brillamment éclairé. Beaucoup de bi bornes ! Il fallait voir tantôt les merveil
belots et de fleurs.
Madame est enfin seule!... sa toilette les qui enveloppaient sa petite personne
de réception est du chic le plus fin ; elle noiraude dont les yeux ressortaient allu
est à bout de forces depuis deux heures més par la joie d’étaler tout ce bagage.
de l’après-midi qu’elle pose en face des
(Elle laisse son ton plaintif pour haus
nombreux visiteurs du commencement
ser
subitement la voix, ce qui fait faire un
de l’année.
De sa main chargée de bagues, elle soubresaut à son mari) :
touche machinalement les frisettes ds son
— Et avec quoi paye-t-elle cela, je te
front devenu soucieux.
prie! (se reprenant)... je vous prie!... Ce
Monsieur (retour du Cercle entre, et
devant le coup d’œil élégant de cette ne sont pas les appointements d'un lieu
mise en scène, se sent pris d’un souve tenant qui pourraient y suffire.
rain respect au point d’en oublier le tu
Monsieur (résistant au sentiment de
toiement familial.)
jalousie qui commence à l’envahir) :
— Comment, vous êtes là, toute seule,
— Ce sont ces petites choses, ces mes
chère?
quineries qui vous troublent, ma chère
(Il tend une main que Madame touche Sybille, vous une femme supérieure ?
à peine et laisse retomber aussitôt. Il la
Madame (presque violente) :
regarde inquiet.)
— Non, mon ami ! mais à la fin c’est
— Ou’avez-vous à méditer ainsi?
agaçant de voir une femme insignifiante
Pourquoi ce pli à votre front? Quoi! pas
de visage et d’esprit, n’ayant ni fortune,
de visiteurs aujourd’hui?
ni naissance, rien pour elle, se croire
Madame (qui depuis l’enfance s’est ha
reine
partout, et être si entourée, il faut
bituée à déclamer d’une voix douce et
bien
le
reconnaître !
plaintive avec suavité) :
Après
tout, il y en a d’autres qu’elle,
— Que dites-vous donc, mon ami ! mais
et
qui
ne
s’en vantent pas !
au contraire ! toute la haute société, tous
Monsieur (la tête tout à fait montée) :
les gens qui ont une valeur quelconque
ici, se sont succédé avec un louable em
— Je pense Sybille, que vous ne vous
pressement sans me laisser pour ainsi avisez pas de faire la moindre comparai
dire de répit.
son entre vous et cette petite sotte : Vo
Monsieur :
tre situation de femme de colonel n’a
—• Racontez-moi cela bien vite ; rien à voir avec la sienne !
voyons, énumérez vos visiteurs, ce sera
Regardant sa femme avec attention et
trouvant que la mauvaise humeur la fane
fort intéressant.
et la vieillit) :
Madame (les yeux au ciel pour y re
— Votre vraie beauté bien connue et
trouver la mémoire) ;
admirée de tous laisse loin derrière elle,
D’abord les deux généraux de la garni
la beauté du diable de cette petite de la
son ainsi qu’un nombre d’officiers de
Piaffe. Allons, ma chère femme, ne vous
votre régiment et leurs femmes, le Prési
dent de la Cour, les substituts, les profes occupez pas de cette coquette et jouis
seurs du Lycée, du moins ceux qui savent sez tranquillement de vos propres avan
vivre, puis les de Rose-Fleurie, les^cf'e tages, réels ceux-là, et que personne ne
Pourçaillac, que sais-je encore ! et enfin, peut vous disputer.
Madame (dont le front se déride insen
tout à l’heure, pour clore la série, la pe
siblement,
affectueusement la
tite Mrae de la Piaffe, venue seule, son main de son prend
consolateur, et de sa voix
mari étant de service ; celle-là, par exem redevenue suave, les yeux au ciel) :
ple, m’a assommée du récit de ses succès
— Dieu ! que tu es sensé et excellent
mondains.
mon ami !
Monsieur (bas) :
L'ordonnance (entre, sa serviette sous
— Voilà le point noir ! (haut) :
le bras) :
— Bah ! elle a tant de succès que cela ?
Madame est servie.
Madame (de plus en plus plaintive et
Monsieur se lève, offre son bras à Ma
joignant les mains) :
dame
pour passer dans la salle à manger
— Ah ! certes ! Tous les hommes de
notre monde en raffolent et l’entourent où ils dînent avec gaieté, visiblement
soulagés par ce beaume souverain des
partout où elle est — à ce qu’elle semble illusions qu’ils ont appliqué sur leurs
dire du moins !
blessures de vanité !
Ils fréquentent chez elle chaque semai
M,n° d’Hauterive.
ne, eliaque semaine entendez-vous? Et
les jeunes officiers de votre régiment en
COUP DE CRAYON
PREMIÈRE
LETTRE
D’AMOUR
D’UN PETIT GRILLON
A LA LIBELLULE DE SES RÊVES
Je t’aime... Je voulais garder dans mon
cœur le secret charmant de mon amour,
et voici que dans un moment de plus
vive tendresse je viens te faire mes
aveux.
Je t’aime... Quand je te vois gracieuse
ment posée s.ur une fleur, quand j’en
tends le frémissement léger de tes ailes,
quand je sens passer son ombre cares
sante sur l’herbe fleurie où je me cache,
un trouble délicieux envahit tout mon
être et je me sens mourir d’amour.
J’ai voulu l’arracher de mon cœur cet
amour cruel... je me disais : moi chétif
insecte, moi pauvre petit grillon triste et
sombre comme la nuit, moi, moi... aimer
ce bijou du ciel, cette fleur ailée qui pour
échapper aux souillures de la terre vol
tige sur le bord des eaux. — Quelle
folie !... mon cœur se trompe, il n’est
pas créé pour un tel amour...
Je me disais ces choses et d’autres en
core cent fois plus amères... hélas! je n’ai
réussi qu’à t’aimer davantage.
Je t’aime!... Je t’aime avec tout ce qu’il
y a de tendre, de délicat, de bon dans
mon âme ignorée... Je suis petit mais
mon cœur est généreux, je suis noir
mais mon rêve est brillant, je suis dis
gracié mais mon amour est divin. Je t’ai
me,.. par pitié laisse tomber sur ton hum
ble amant un rayon de tendresse et le
pauvre petit grillon qui palpite pour toi
sous l’herbe sera plus riche et plus heu
reux qu’un roi.
Pour copie conforme :
Lucette.
XXJOOOOOOOOOOOC
PETITS ESTAHTB
Le ciel bleu serait monotone
Si Dieu n’eût pris soin d’y semer
D’étoiles d’or une couronne,
Pour nous charmer;
Le .jardin paraîtrait morose,
Si l’œil n’y pouvait découvrir,
Frais et purs, les boutons de rose,
Prêts à s’ouvrir;
Le bois touffu, le vert bocage
Seraient moins riants et moins beaux,
S’ils n’avaient pas votre ramage,
Pelfts oiseaux;
Nos soucis nous sembleraient pires,
Nos chagrins seraient étouffants,
Si nous n’avions pas vos sourires,
Petits enfants.
S. Castagnier.
4
EN CHEMIN DE FER
Nous devons à l’obligeance de
l’auteur de Diane de Puymal, M.
Max Ellyan (un pseudonyme qui
cache une personnalité bien connue
de nos lecteurs) les quelques lignes
qui suivent, et qui sont tirées d’un
roman qu’un des grands éditeurs
de Paris doit livrer prochainement
à la publicité.
Ce passage analyse les sentiments
d’un des personnages du livre,
après un bref incident de chemin
de fer.
EN CHEMIN DE FER
..... N’avez-vous jamais éprouvé, aux
heures longues où la vapeur vous empor
tait à travers montagnes et plaines, cette
étrange impression ? Le long de la voie,
des stations fréquentes vous permettent
d’embrasser d’un coup d’oeil moins som
maire le pays que vous parcourez. Si
l’allègre lumière du matin ou l’éclat fati
gué du soir, si le printemps aux capiteux
effluves, l’été aux suggestions sensuelles,
l'automne au manteau taché de deuil, si
le pur resplendissement du soleil ou les
teintes grises d’un couchant orageux,
prêtent au paysage comme un caractère
moral qui l’harmonise à votre âme, vous
mettez aussitôt en action dans le site
entrevu vos rêves les plus intimes, par
fois des caprices inavoués. Ciel et terre
ont alors des nuances infiniment varia
bles, qui vous égaient ou vous attristent,
suivant votre état d’esprit. D’ailleurs, ni
cette gaieté ni cette tristesse ne vont à
l’excès : assez-vives, cependant, pour
vous dérober à l’ennui banal du voyage,
et aussi douces l’une que l’autre, quoi
qu’il y ait peut-être dans la tristesse une
saveur délicate que la gaieté ne peut
avoir.
Mais il ne faut pas, pour peu que votre
âme soit hospitalière aux pensées tendres,
qu’une charmeuse inconnue anime le ta
bleau qui séduisait vos yeux, et lui donne
une signification. Les velléités confuses
se précisent, le trouble indécis devient
désir et regret. Sur la route là-haut, qui,
d’une ascension lente, gravit la colline,
vers telle austère ou coquette maison,
l’impitoyable vitesse de cette voiture
vous dérobe un peu plus à chaque se
conde celle que vous avez aussitôt aimée
qu’aperçue. Même quand elle a disparu,
vous voyez encore s'illuminer sous la
voilette ses lèvres roses, ou peut-être
ses yeux bleus s’assombrir. Elle n'a pro
noncé que deux mots ; e,n prenant place
dans cette calèche, elle a jeté un rire
bref : mais votre oreille, longtemps en
core, pendant que le train de nouveau en
marche roule sourdement, entend vibrer
son rire et sa voix tinter.....
Max Ellvàn.
Un épisode de l’expansion de
l’Angleterre : Lettres au Times sur
l’Afrique du Sud, traduites avec l’auto
risation spéciale du Comité de rédac
tion du Times par le colonel Baille,
i vol. in-i 8 jésus avec carte (Armand
Colin et C'°, éditeurs, Paris). 3 fr. 50.
Ces lettres révèlent au monde euro
péen la marche en avant qui prépare la
formation d’une Fédération de l'Afrique
Australe, puissance capable de lutter
victorieusement contre le gigantesque
Islam, maître de toute l’Afrique du Nord
et qui semblait destiné à dominer le con
tinent Africain tout entier.
En nous décrivant la merveilleuse ri
chesse minérale, la salubrité du climat,
la fécondité du sol des contrées qu’il
parcourt, l’auteur nous fait entrevoir les
magnifiques destinées que doit atteindre
la fédération.
Le traducteur, en présentant au public
ces pages substantielles, appelle son at
tention sur l’intérêt que ces questions ne
peuvent manquer d’avoir pour notre
commerce, notre marine, notre industrie.
En effet, le port de Lorenzo-Marquez,
dans le Transvaal (25° lat. S.) et celui de
Beïra, récemment ouvert au commerce
dans le pays Matabelé (20° lat. S.) appar
tiennent par leur position non plus à la
sphère commerciale de Cape-Town, mais
bien à celle où s’exerce l’influence com
merciale du canal de Suez ; Beïra est
situé à la latitude du centre de l’île de
Madagascar; les deux ports sont reliés à
l’intérieur par des chemins de fer et tous
deux se trouvent en somme bien plus
près de Marseille, par Suez, que de
Londres et de Liverpool. Il peut y avoir
là un déplacement et une extension de
marché qui ouvrent à nos armateurs des
perspectives illimitées.
En vente chez M. Spinoni-Fourgeaud.
2, cours Montaigne, PEHIGUEUX.
La Sérénade
Qui 11’a pas vu Burgos, Grenade,
Cadix, Cordoue et l’Alhambra,
Ne connaît pas la sérénade
Qui dans mon cœur jadis vibra.
C’était par un beau soir d’une nuit étoilée,
Dans cet ardent pays où la femme voilée
Appelle l’harmonie au secours de ses sens;
Où l’eau, le marbre et l’air ont un écho sonore-,
Où l’on entend frémir du couchant à l’aurore
La guzla de santal aux immortels accents.
J’étais seul... Un point d’or, fugitif météore,
Tremblotait dans le ciel, faible et naissante auD’un soleil nouveau-né planant à l’horizon.[roreRèveur, je l’admirais avec la foi naïve
De l’homme qui débute en celte vie hâtive
Et pense que l’amour 11’a jamais de saison.
Soudain un bruit de pas vint frapper mon oreille-.
J’entendis aussitôt, comme lorsqu’on sommeille,
Un murmure de voix plus douces que le miel.
Une ombre m’apparut... puis deux... qui sur les
[dalles
Firent très faiblement résonner des cymbales
Et... de touchants accords s’envolèrent au ciel.
C’était la sérénade attendrie et flottante
Qui provoque les sens et le cœur dans l’attente
D’un bonheur inouï, divin, subtilisé;
C’était la langue d’or d’une pensée ardente,
Le suprême soupir de l’àme délirante ;
Prologue de l’amour presque idéalisé !
Non ! jamais près des bords du flot Adriatique,
Où Venise s’endort sur la vague élastique,
Aussi loin n’atteignit le grand art d’émouvoir.
La (lolce speranza de la Napolitaine,
Le strale fu.neslo de la fière Romaine
Ne sont rien à côté de cet hymne du soir.
Car sur ce sol foulé par les hordes Mauresques,
Où surgissent soudain des beautés pittoresques
L’harmonie est liée aux rêves de l’amour.
Elle est persuasive, elle émeut, elle flatte,
Et dans le ciel serein la sérénade éclate
Comme le chant divin des brahmes de Rangpour.
Lentement dans la nuit les notes s’égrenèrent.
Rnis tout se lût!... Mes sens exaltés frissonnêD’une âpre volupté que j’ignorais encor, [rent.
Je voulus m’approcher. Les deux ombres me vi
nrent ;
Leurs grands yeux noirs voilés de longs cils res
plendirent
Et j’entendis ces mots : Aimez, aimez, senor 1
Allez à Burgos, à Grenade,
Allez visiter l’Alhambra,
Vous entendrez la sérénade
Qui dans mon cœur jadis vibra.
Lucien Delpech.
Décembre 1893.
L. FEBBARI Fils
CHIRURGIEPl-DENTtSTE
PÉRIGUEUX c , cours Tourny, anc. n° Si PÉRIGUEUX
5
»♦«
«fa «Ie ’Q
Un gai soleil pénétrait dans la petite
mansarde où les deux jeunes filles tra
vaillaient. Une bonne odeur de lilas
fleuris venait jusqu’à elle par la fenêtre
grande ouverte. Le printemps en effet
chantait dans les bois... le printemps, ce
mignon enfant qui nous arrive tout rose,
tout souriant, les bras chargés de belles
et délicates fleurettes.
Elles étaient sœurs. Rose l’aînée, vingt
ans; Renée, la seconde, une enfant,
quinze ans à peine. Elles étaient orphe
lines et vivaient, depuis la mort de leur
mère regrettée, seules dans cette petite
mansarde, demandant à leur travail le
pain qui chaque jour les nourissait, malgré
cela, toujours chantant, gaies comme ces
mignonnes fauvettes qui gazouillent sur
les chênes des grands bois touffus.
Mais depuis quelques jours, Renée, la
ri.euse Renée, était toute triste ! Elle se
plongeait parfois dans des rêveries pro
fondes qui la rendaient distraite et lui
faisaient souvent abandonner son ouvrage.
— Qu’as-tu donc, Renée? lui deman
dait sa sœur.
— Je n’ai rien, répondait-elle avec un
sourire... mais quel sourire! Et de ses
deux bras elle entourait le cou de Rose
et l’embrassait avec passion.
Or, ce que l’enfant n’osait avouer à son
aînée, c’est que son cœur avait parlé,
qu’elle était amoureuse.
Dans la même maison habitait un jeune
ouvrier, beau garçon, intelligent, du nom
de Gaston Letourneur, et qui, chaque fois
qu’il rencontrait Renée sur le palier, ne
manquait jamais de lui parler et de la
taquiner. L’enfant se trompa vite à ce
jeu.
Elle crut que le jeune homme lui fai
sait la cour. Elle en fut toute joyeuse.
Son pauvre cœur prit son élan vers le
pays des songes d’or et bâtit les plus
beaux châteaux que jamais prince musul
man n’ait révés dans sa munificence. Et
Renée, tout en travaillant dans la petite
mansarde, pensait au jeune homme, avec
un frisson qui lui parcourait le corps, la
rendait fort pâle et mouillait parfois ses
yeux de grosses larmes.
*
# *
— Ecoute, ma petite Renée ; mais au
paravant viens m’embrasser.
Et comme l’enfant suspendue au cou
de son aînée la regardait interrogative :
— Tu le sais, dit Rose d'une voix
grave, nous n’avons plus ni père ni mère,
Cours pratique de sténographie, par un
membre de l’Institut sténographique (sys
tème Duployé).
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tirées des registres de l’Hotel-de-Ville, par
6. CuAinm.n, données dans le style et l’ortho
graphe du temps (2 volumes). — Le deuxième
volume contient les Jurades des années 1487 à
1530 et forme xu-4.04 pages illustrées de quatre
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Les Mobiles de la Dordogne à Coulmiers. — Récit complet des fêtes de Bergerac,
(9 novembre 1890).— Cette brochure est ornée
de 5 gravures. 1. le Monument Commémoratif
de Bergerac; 2. le Mausolée de Coulmiers ;
3. le portrait du général d’Aurelle de Paladines;
4. le portrait du général Chanzy ; 5. le portrait
du colonel de Chadois.
Prix du volume......................... 1 fr. »»
Par la poste............................... 1 fr. 25
nous sommes seules hélas !... et si je ve
nais à mourir, que deviendrais-tu ma pe
tite Renée !...
— Oh ! mais tu ne mourras pas !,.. s’é
cria l’enfant en couvrant de baisers le
front de sa sœur.
— On ne peut savoir ; et si nous avions
quelqu’un qui remplaçât — autant que
cela est possible — nos pauvres parents
morts...
— Certes oui, mais je ne voispas...
— Il faut qu’une de nous deux se
marie.
Renée à ces mots devint écarlate et son
cœur battit précipitamment dans sa poi
trine: « ô bonne sœur, pensa-t-elle, tu
m’as devinée. Tu sais qui j’aime, et c’est
avec lui que tu veux m’unir... oh ! merci,
bonne sœur. »
Mais l’aînée continua :
Il a mis bien longtemps à venir, il
n’osait pas. J’avais bien remarqué, qu’en
montant l’escalier, il nous regardait d’un
certain air ; mais j’étais loin de penser....
— Alors, il habite la maison? inter
rompit Renée, la main sur son cœur.
— Oui, c’est M. Letourneur, un garçon
rangé, tu le sais; il n’est pas riche, ça
c’est vrai, mais à qui pouvons-nous pré
tendre nous autres pauvres ouvrières?...
ainsi c’est convenu, il m’a demandé ma
main et je la lui ai accordée.
— Toi!... c’est... toi?... s’écria Renée
d’une voix étranglée. Et la pauvre enfant
devint pâle, pâle comme la neige qui,
l’hiver, couvre de son manteau d’hermine
les vastes prairies.
*
* «
Le mariage eut lieu un mois plus tard.
Et pendant que les jeunes époux, seuls
enfin dans leur chambre, mêlaient à leurs
serments des baisers passionnés, dans la
chambre à côté, sur son lit virginal, l’en
fant se roulait demi-nue, labourant son
corps de ses ongles crispés, le visage
inondé de grosses larmes et mordant
parfois son oreiller pour empêcher les
cris de sortir de sa bouche...
— O cruel amour de vierge et d’en
fant !...
Jehan.
Entendu sur Tourny:
— Soldat Millery, je vous colle deux
jours.
— Pourquoi sergent ?
— Pour avoir dormi au pas gymnas
tique.
Alexandre de Portugal.
6
(A nos Recteurs
Toujours désireux de donner un
plus grand intérêt à notre journal
« La Plume » consacrera désormais
quelques-unes de ses colonnes, à
la sténographie, cette science qui
prend de jour en jour une plus
grande extension, et qui devient
indispensable avec la fiévreuse ac
tivité de l’époque actuelle.
Tous nos lecteurs, nous n’en
cloutons pas, liront avec plaisir ces
articles rédigés par un de 'nos plus
dévoués collaborateurs et amis,
professeur de sténographie à Li
moges.
La Direction.
La sténographie est comme on le sait,
la science de l’abréviation de l’écriture.
Le mot est composé d’éléments grecs,
sténos et graphein, écrire brièvement.
L’origine ce cette science se perd dans
la nuit des âges. On a longtemps cru que
les premiers essais d’abréviation de l’é
criture avaient été tentés en Egypte,
mais d’après de nouvelles découvertes,
ce seraient les Indiens qui auraient de
puis longtemps pratiqué des abréviations
pour faciliter l’écriture courante.
La sténographie fut très en vogue dans
la brillante république athénienne ; il y
eut un très grand nombre d’écrivains tachigraphes. Une inscription gravée sur
un marbre a été trouvée dans les mines
d’Athènes, elle contient l’exposé d’une
méthode de sténographie, le prix des le
çons, le nom et l’adresse du professeur.
L’écriture abréviative fut introduite à
Rome sous le consulat de Cicéron qui
forma un corps de copistes parmi lesquels
le plus célèbre fut son esclave Tiron qu’il
affranchit pour le récompenser de ses
services.
Tiron créa ou perfectionna un système
de caractères abréviatifs auquel il eut la
gloire de donner son nom.
L’art tironien devint l’objet d’une étude
spéciale, et fut avec le cours d’arithméti
que le plus cultivé du programme des
écoles romaines.
Les notes tironniennes furent ensuite
employées avec profit par l’Eglise catho
lique des premiers siècles. C’est grâce à
elles que les prédications des Pères de
l’Eglise ont pu être recueillies et trans
mises à la postérité.
Saint Jérôme, Saint Augustin, Saint
Jean Chrysostome employaient de nom
breux secrétaires pour accélérer leurs
travaux. Qui ne connaît le beau mouve
B. C. — Les manuscrits non signes ne ment oratoire de Jean Bouche d’Or,
sont pas insérés.
s’adressant dans un de ses sermons aux
M. M. — Je ne puis répondre à votre sténographes occupés à buriner sa pa
demande. Tout ce que je puis vous dire role : « Laissez-là, ces stylets que je vois
cest que Lucette demeure aux environs de courir, que m’importe que mes phrases
aillent à la postérité, c’est à vos âmes
Périgueux.
que je les adresse. »
ior gagnant du concours. — Veuille^
L’art abréviatif disparut peu à peu à
vous présenter pour retirer votre prime.
partir du vie siècle.
Ce n’est que vers 1516 qu’un moine
Charles. — Vos solutions sont arrivées
nommé Thrithème, abbé d’un couvent de
trop tard. Le premier arrivé est le pre
Wurrzbourg (Allemagne), découvrit dans
mier servi. Le journal ne publiera pas
un cabinet, un vieux manuscrit écrit en
votre nom, prene^ un pseudonyme.
notes. A force de travail et de recher
ches, il put reconstituer la méthode de
Tiron et la publia dane sa Polygraphie.
C’est alors qu’une foule de systèmes
différents d’écriture abréviative virent le
PÉRIGUEUX. — La Vélocipédie.— jour en Angleterre et en Allemagne,
Il vient de se fonder dans notre ville une mais aucun ne réunissait encore les élé
société vélocipédique sous le titre : Velo- ments nécessaires pour écrire avec rapi
dité.
touriste périgourdin.
*
Cette société a pour but de favoriser
* *
et de développer, dans le département
Le premier traité de sténographie fran
de la Dordogne, le goût et la pratique çaise fut publié par Jacqnes Cossard, de
du vélocipède et de fournir aux cyclistes Pontoise, vers 1651.
et touristes étrangers tous les renseigne
Puis vinrent de nouveaux systèmes :
ments dont ils pourraient avoir besoin.
celui de Coulon de Thévenot inventé en
Pour faire partie de cette société il 1777, et celui de Bertin essayé en 1791.
faut en faire la demande, par écrit, à Ce dernier basé sur la sténographie an
M. Edouard Requier, négociant, rue glaise de Taylor, n’obtint pas à cause de
Chanzy, à Périgueux.
la différence de mécanisme des deux lan
Les cotisations sont fixées à 12 francs gues le succès qu’en attendait son au
pour les membres actifs et à 6 francs teur.
pour les membres honoraires.
Conen de Prépéan publia en 1813, une
S. M.
sténographie qui, par les sérieuses ga
ranties qu’elle offrit, fit abandonner les
*1™
Tp* Vï—
"a’” VTO fc-.w
précédentes.
Un pasteur protestant commentait la
Le dix-neuvième siècle vit alors éclore .
Bible dans un pensionnat de jeunes filles. de nouvelles méthodes : celle d’Hippo— Il faut apprendre à souffrir sans se lyte Prévost, Prévost-Delaunay, Aimé
plaindre, disait-il à ses jolies disciples. Paris, Guénin, Grosselin, Lagache et en
Ayez toujours présentes ces paroles des fin celle de M. l’abbé Emile Duployé
saintes Ecritures : « Si l’on vous donne qui parut en 1860.
un soufflet sur la joue droite,. présentez
*
• •
’
¥
aussitôt la joue gauche... »
Je ne pousserai pas plus loin cette
—- Mais, fit à mi-voix une espiègle de
étude, car mon intention est de ne faire
quinze ans, si c’est un baiser qu’on vous
dans ce court aperçu sur l’historique de
donne ?
la sténographie, aucune critique sur les
Le pasteur sourit et ne répondit pas.
divers 'systèmes employés aujourd’hui.
OO OOOOOOOOOOOO J’appartiens à une école qui est univer
S O CI É T É
selle et qui compte en France plus de
des
100.000 adeptes. Cette école est celle
CYCLES PÉRIGOURDINS fondée par mon très honoré Maître M.
6, Cours Tourny, et en face de la Gare
Emile Duployé. Je donnerai prochaine
ment quelques exposés de ce merveilleux
(Seule (Maison sp ciale de (Réparations système, j’en montrerai les diverses ap
POUR VÉLOCIPÈDES
plications et tous les avantages qui en
-A- PÊ RI G-UE US
résultent.
L. F. C. '
7
Tout acheteur de la Plume peut pren
dre part à tous les Concours. Il suffit
pour cela d’envoyer pour chacune des
devinettes, la réponse, accompagnée du
BON qui se trouve à la dernière page.
Seuls, les numéros spécimens du jour
nal ne pourront prendre part aux con
cours.
N° i
La réponse est : Clou de soulier.
Gagnant : i° X.
—
2° Mlle M. de F.
—
y0 M. Michellet, au lycée de
Périgueux.
iTEXTX.
D'ESPRItNo 2
CHARADE
Angélique prend mon entier,
Puis elle y verse mon dernier,
Et veut y plonger mon premier.
Primes : i. Un abonnement de trois
mois au Panbiblion.
2. Les y poussins de la Clau
dine, par M11'3 Marie Poi
tevin, volume in-18, relié,
doré sur tranche.
N° 3
Ainsi qu’un long serpent je traîne
Mon corps à replis tortueux ;
Je suis si peu respectueux,
Que j’enchaînerais une reine ;
Le jour je me tiens dans mes trous,
Et la nuit je les quitte tous.
Primes: i° Le Robinson Suisse, de
Wyss, un volume in-18,
illustré de 40 vignettes,
relié en toile, doré sur
tranches.
20 Les Mésaventures de Michel
Morin, relié avec couver
ture chromo.
N° 4
Mon premier m’a été volé, puisque alcalivolatil.
Mon second se bourre comme une pipe
puisque Bucéphal et que Phalsbourg.
1551. G. Aimard. —Le Cœur loyal.
1552.
—
— La grande Flibuste.
1553. M'"e M. Bourdon. — Le droit chemin.
1554.
—
— Le mariage de Thècle.
1555.
—
— Le Divorce.
1556. M. du Campfranc. — Cruelle vengeance.
1557.
—
— La comtesse Madeleine.
1558.
—
— Sœur Louise.
1589. Mme J. Cazin. — Les Orphelins bernois.
1592, Mme J. Colomb. — Souffre-douleur.
1559. Roger Dombre. — L’armoire aux chiffons.
1560. G. d’Étampes. — La robe de la vierge.
1561.
—
— Le Sorcier de Kerviste.
1562. Z. Fleuriot. — Tranquille et Tourbillon.
1563.
—
— Eve.
1564.
—
— Le Chemin et le But.
1565.
—
— L’Oncle Trésor.
1566.
—
— Yvonne de Coatmorvan.
1567.
—
— Cœur de mère.
1568.
—
— Aigle et Colombe.
1593.
—
— Plus tard.
Et mon troisième vaut cent francs, puisque
Rivoli et que Lycée Saint-Louis.
Et mon tout est un véhicule.
Primes : Mrs Branican, par J. Verne,
1 vol. in-40, illustré, broché.
N° 5
Prenez un arbre, un élément
Un des métaux, un sédiment,
Joignez-y ce que fait l’abeille ;
Mêlez ensemble tout cela :
Bientôt un diable en sortira
Sans se faire tirer l’oreille.
Primes : 1° Le secret de sir William,
par Marc Anfossi, illustré,
relié percaline bleue, doré
sur tranches.
2° et
Bisette, par Ch. Nor
mand, illustré , relié en
percaline, doré sur tran
ches.
N° 6
MÉTAGRAMME
Changez ma tête, et sans avoir cher
ché, vous trouvez la victime et l’objet du
péché
1569. F. Hue. — Les voleurs de locomotives.
1570-1571. A. de Lamothe. — Marpha (2 vol.)
1572. E. Marcel. — Armelle.
1573.
—
— Yvette la repentie.
1574.
—
— Le nid d’Hirondéliés.
1575. Mlle M. Maréchal.—Les aventures de Jean-Paul
Riquet.
1576.
—
— L’Institutrice à Berlin.
1577.
—
— La fin d’un roman.
1590. MIle de Martignat. — L’héritière de Maurivéze.
1591.
—
— Ginette.
1578. M. Maryan. — La Feuilleraie.
1579.
—
— Les tuteurs de Merée.
1580.
—
— Une dette d’honneur.
1581. R. deNAVERY. — L’abbé Marcel.
1582.
—
— La main qui se cache.
1583.
—
— Jeanne-Marie.
1584.
—
— Le choix d’une femme.
1585.
—
— Les Vautours du Bosphore.
1585.
—
— Monique.
1594. Vtes,e de Pitray. — Robin des bois.
1587. X. B. Saintine. — Picciola.
1588. J. Verne. — Une ville flottante.
Romans
1601. A. Assolant. — Hyacinte.
1602.
—
— Un millionnaire.
1603.
—
— Un mariage au Couvent.
1604. Henri Becque. — Querelles littéraires.
1605. Ed. Bellamy. — Cent ans après.
1606. A. Belot. — Les Etrangleurs.
1607.
—
— La grande Florine.
1608.
—
— Folies de jeunesse.
1609. E. de Boissiêre. L’Héritage de Kernigou.
1610. A. de Boissieu. — Lettres d’un passant.
