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Médias

Fait partie de La Plume de Périgueux

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SOMMAIRE :

Deux Anges. — Modes pour dames. — Le Navire.
— Gilsen (légende du Rhin). — Pauvres nous!
— Per Arnica silentia lunæ. — Souvenir d’Antan.
— Guignol. — La Sténographie, son utilité à
l’école, — Concours de Jeux d’esprit. — Con­
cours de « la Plume ». — Boite aux lettres.

A madame Jean-Bernard (Marié-Louise Néron)

TK
ils habitaient i„
la meme maison. Depuis
,longtemps,
,
-, s ,
ils
étaient voues p
1 un ax
v
VaD
j
~
:+
x
1 autre. Leur amitié remontait a la pret
-, ! , . _.
miere palpitation de leur cœur.
■Noe,
m * j L -H
'x -x un 1beau
de taille moyenne, était
,
, • ,
,
j
i
garçon, brun, au teint mat, avec de grands
, T p >. •

yeux perçants. Julie était une gracieuse
fillette, aux traits délicats et bien faits,
au cœur bon et généreux. Ils étaient nés
i,
i'
1 un pour 1 autre.
T
,
Lorsqu ils allaient aux champs quand
.le soleil
i -i de
j juillet dardait
j j
-, ,
ses ,brûlants
,

...
-,
rayons sur leurs jeunes tetes, ils se prenaient la main dans la main, et allaient
- v ,
j
j i •
se reposer a 1 ombre des grands bois.
ti
.. ■ , ,
,
,
...
Ils étaient heureux les chers petits,
j
i
i
heuieux dans leur innocence, heureux
,
i ,
dans leui candeur, car jamais de leur
i
f
bouche n étaient sorties paroles profanes,
jamais dans leur cœur adolescent n’avait
germé la moindre idée blâmable.
Seuls dans l’immensité de la forêt abandonnés l’un à l’autre, ils écoutaient le
gazouillement des oiseaux, le murmure
des vents, le bruissement du feuillage et,
bercée par ces accords de la nature, la
petite Julie sentait son cœur palpiter
d’aise, de joie et de bonheur en abandonnant sa belle tête blonde sur l’épaule
du jeune homme. A ce contact, Noé frissonnait et ses grands yeux doux se contentait d’admirer ce front candide, bâti

d’innocence et de pureté, tandis que ses
lèvres frémissantes effleuraient parfois
les joues adorablement fraîches de. la
jeune fille. Alors c’étaient de joyeux
ébats, des baisers, des caresses sans fin.
Un jour cependant, Noé pressa plus forternent que d’habitude la jeune paysanne
sur son cœur. A cette étreinte, Julie
répondit par un cri d’effroi. Les deux
enfants se séparèrent en rougissant.
#*#
Noé et Julie n’allaient plus seuls dans
, r Ax T
j .
!
ia îoret. Des oaisers devinrent plus rares;
.
. ,
les enlacements furent supprimes, Ln se
,, .
, . .
,
voyant,
J
’ ils se troublaient et baissaient la
tete. Ils étaient
véritablement amoureux.
.
.
Un matin,’ la Jjeune fille se sentit souffrante, elle se leva tard et resta toute la

.
,
de la
JTournée assise devant la porte
\
ferme. Les premiers symptômes dune
J r .
maladie terrible, qui ne devaient plus la
.
’ y
. r
quitter, commençaient a se taire sentir.
Ses, beaux yeux. étaient entoures d ,une
ovale noire, ses joues roses et potelees
.
.
avaient pâli subitement et ses traits
1
, ,
.
avaient perdu,
1
’ du Jjour au lendemain,’
toute leur finesse et leur beaute incom.
Pa‘a e'
.
,
. . XT ,
Et ce matin-la, en la voyant ainsi, Noe
. ,
r. ’
7
.
sentit des frissons passer sur sa chair;
.
, .
,
.
mais il maîtrisa son émotion et, comme
.
d habitude, il se contenta de rougir en
&
lui envoyant du bout des levres son bon.
7
Joul
ien' ,
' ieu’ r®Pon l(: e e simp ement,
eu Passant son mouc 10lr SU1 ses Xeux
moul es e aimes, cai e e sou îait
Clue ement, a pauvre en
ant.
#*»
Les jours se suivaient rapidement et
l’état de la malade ne s’améliorait pas;
au contraire, son adorable corps était
décharné et ses yeux, autrefois si brillants, si éclatants de pureté, étaient prèsque vitrés et n’avaient plus aucune
expression. On aurait dit une poitrinaire

attendant avec impatience les feuines^
mortes pour s’envoler dans l’éternité,
Un dimanche matin, N.oé était venu la
voir en lui apportant un gros bouquet de
fleurs cueillies dans la forêt, où leurs
beaux jours de jeunesse avaient passé si
rapidement.
—- Ab ! merci, dit-elle, voyant les
fleurs, merci d’être venu... Elle se souleva
péniblement et, prenant le bras du jeune
homme, elle le conduisit au milieu du
verger.
xt > j-i. n
i
r •, i
,•
— Noe, dit-elle alors faiblement, je
, • ,
,
.
.
11 ai plus que quelques JOUl'S a VlVl'e,
,
,
,
x .
quelques heures peut-etre, et ]e veux
n
t ouvrir mon cœur avant de m en aller
,
pour toujours.
.
— Oh ! ne dis pas cela, ne dis pas cela,
1
'
.
murmura le jeune homme, en lui posant
. .
,
.
. ne dis
?• pas
un baiser
sur son front
îauni,
, T t
ta,
, .
cela, Julie, car Dieu ne peut pas t enlever
, 1JA
, , .
ainsi a la fleur de l age, non, c est impossibl
-esti
ible!...
- Hélas ! Noé, je ne me fais plus d’il, .
.
,
lusions, aussi j attends la mort avec cou,,, .
, ,
rage. Mais avant de quitter cette terre, je
, . entendre
. , une seule
, parole
, de
,
voudrais
, .
,
,
, ,
. ,
toi, une seule; avant de m endormir eternellement, je voudrais voir tomber de
.
tes levres ces seuls mots: — Julie, je
, .
„ . ..
...
. .
t aime. Oui, dis-moi sincèrement si je ne
xte suis pas indifférente,
. ,.,v,
,
, J
meme
dans
ma
, ,.
.
....
.
,,
maladie qui a détruit impitoyablement
,
,
tous mes charmes.
—Oh oui ! je t’aime, exclama Noé, en
pressant follement la jeune fille sur son
cœur, oui, je t’aime plus que jamais,
entends-tu, plus que jamais, et si Dieu
est assez cruel pour t’appeler à lui, tu
emporteras dans la tombe mon cœur et
mon amour.
—Ne parle pas ainsi, Noé, je ne te
demande qu’une seule chose : quand je
serai là-haut avec les anges, tu iras chaque dimanche, pendant un mois, prier
sur mon tombeau, en y déposant quelques fleurs, de ces fleurs de la forêt qui

2

ont vu naître notre amour. Lorsque ce
mois sera passé, cherche alors à aimer,
à aimer une autre jeune fille, sinon plus
que moi, car je pourrais être jalouse,
mais autant ; fais-en ton épouse, et cha­
que année, au Jour des morts, toi, ta
femme et tes enfants, vous vous age­
nouillerez quelques instants sur la tombe
de la pauvre Julie, qui meurt heureuse
puisque tu l’aimes.
— Tu me meurtris le cœur, ma bienaimée, ne me demande pas d’aimer d’au­
tre femme que toi, car, vois-tu, c’est
impossible, impossible...
Ils pleurèrent alors ensemble ; ils pleu­
rèrent leur amour chaste, candide; ils
pleurèrent leur heureuse jeunesse qui ne
reviendrait jamais plus; ils pleurèrent
leurs illusions éteintes, leurs éspérances
déçues.,.
A petits pas, ils reprirent silencieuse­
ment le chemin de la ferme, et, avant
d’entrer, Julie attira doucement Noé vers
elle, tandis que ses lèvres pâles se po­
saient délicatement sur les joues enflam­
mées du jeune homme. Comme autrefois,
il frissonna à ce contact et, tout trem­
blant, il s’écria :
— C’est mon baiser de fiançailles,
Julie ! Je ne te le rends pas, je le garde.
Devant Dieu, qui nous voit et nous en­
tend je jure que tu es ma femme, et que
je n’en aurai jamais d’autre.
Il s’enfuit à travers le verger, sans
retourner la tête, et, pour se reposer de
ses émotions, il se dirigea vers les bois
où s’étaient écoulés les plus beaux jours
de son enfance.
Là, chaque branche, chaque feuille,
chaque oiseau lui rappelait un souvenir,
et, en parcourant les tortueux sentiers de
la forêt, il sentit son cœur saigner de
douleur et sa poitrine se serrait horrible­
ment.
Pauvre Julie!... tout était bien fini, il
n’y avait plus qu’à attendre le dénoue­
ment fatal. Mais pouvait-il survivre à
cette catastrophe ? Alors le doux mur­
mure de la rivière coulant entre les
grands peupliers de la rive attira son
attention. Une envie, folle, irrésistible,
l’attirait au fond de cette onde silencieuse
où, du moins, il trouverait l’oubli et la
tranquillité. Mais non, il ne devait pas
mourir encore : il lui restait un suprême
devoir à remplir, celui de fermer les
yeux de son adorée...
*
4Ü *
L’état de Julie devenait de plus en plus
grave. Depuis quelques jours, elle ne se
levait plus.
Un matin, Noé était venu la consoler.
Il était là, le malheureux jeune homme,

; à son chevet, épiant ses moindres mou­
vements et calmant ses douleurs par ses
pour games
baisers et ses caresses. Tout à coup, Julie
l’attira vers elle et lui dit de sa voix si
Le printemps est arrivé, Paris a ouvert faible, si faible :
ses splendides expositions et a attiré
— Noé, mon ami, embrasse ta petite
nombre d’acheteurs.
femme,
embrasse-la bien fort, car tu ne
Paris a attiré un grand nombre d’a­
cheteurs, mais Périgueux a l’esprit du la reverras plus.
beau, il a un bon goût, que justifie la
Fou de douleur, le jeune homme se
réputation de ses trulles et de ses pâtés, jeta sur ce corps à moitié froid et, dans
et nos magasins de nouveautés et de
lingerie, se sont mis en fête pour tenter un dernier baiser, il lui demanda de
nos jolies mondaines par leur magnifi­ vivre encore.
cence, pour vendre à nos élégantes des
La jeune fille entr’ouvrit ses petites
nouveautés toujours fort chères et sou­ lèvres et, de sa main décharnée, lui
vent d’une parfaite inutilité.
Ces nouveautés sont toujours fort envoya son suprême adieu.
Julie était morte, morte dans les bras
chères et souvent d’une parfaite inuti­
lité, aussi beaucoup de mamans soucieu­ de son amant, pure comme les anges
ses de leur intôrêtet qui veulent joindre
blancs qui voltigeaient autour de sa
l’utile à l’agréable, sont souvent embar­ couche funèbre.
*
rassées pour composer le trousseau
*#
de leurs fillettes et elles s’adressent aux
Noé erra longtemps dans la campagne,
grands magasins de la métropole.
" Elles s’adressent aux grands magasins puis il se rendit au cimetière du village.
de la métropole, au détriment de la pro­ Il s’arrêta à l’endroit où reposait son
vince et trompées par les promesses père, et, après lui avoir adressé une der­
alléchantes de leurs catalogues soigneu­
sement rédigés, ces dames n’osent avouer nière prière, il se dirigea vers la fosse
leur désappointement et reviennent chez déjà creusée où devaient reposer les res­
leurs fournisseurs de la province. C’est tes de Julie.
à ces mamans indécises sur le choix d’un
Il posa ses habits sur la terre fraîche­
trousseau, sur leur achat, que j’adresse
ment
remuée ; il s’agenouilla au bord de
ces quelques lignes et je connais un
petit appartement tout à fait modeste, la fosse et, sortant de sa poche un long
mais qui contient un superbe choix d’ar­ couteau biee effilé, il entr’ouvrit sa che­
ticles de lingerie en tout genres, pour mise et murmura :
dames, pour fillettes et aussi pour vos
— Adieu, ma mère, adieu, tous ceux
maris, mesdames. Je vous conseillerais
que
j’ai aimés ; je vais rejoindre au ciel
donc maîtresses de maison, de visiter
ce dépôt de lingerie, il est situé à Péri­ ma Julie adorée...
gueux, Place de la Banque, avec entrée
Il se frappa droit au cœur. Un flot de
rue Thiers, n° 30.
sang fumant s’échappa de sa poitrine.
Son entrée est rue Thiers, n° 30, et
Mme veuve Tourain, le dirige avec toute Un râle troubla un instant le silence du
l’amabilité qui lui est particulière. Vous cimetière, et le jeune homme roula sour­
y trouverez de tout et à des prix de bon dement au fond du trou béant pendant
marché inconnus à ce jour, on le com­ qu’au loin on entendait les chants d’église
prendra facilement car elle n’a pas le
loyer écrasant d’un grand magasin, ni et le bruit des pas d’une foule nombreuse
accompagnant les restes de la jeune fille.
la lourde-charge d’employés.
*
Ayant habité Paris, MI,,e Tourain peut
■* *
mieux que personne, grâce à ses nom­
Maintenant ils sont unis dans le même
breuses relations de la capitale, présen­
tombeau;
la même terre les recouvre;
ter à ses clients les dernières nouveautés
de la mode: linge de table pour vos in­ les mêmes fleurs poussent pour tous les
térieurs, linge d’église pour cadeaux, deux, et, sur la pierre marquant l’endroit
linge de corps, mouchoirs en cholet où ils reposent pour toujours, on a gravé
linon, cambrai et Valenciennes, chemises
pour hommes, chemises de flanelle, che­ simplement ces mots : Noé et Julie.
Le Jour des morts, les jeunes filles du
mises pour vélocipédistes, toiles pour
draps, essuie-mains, serviettes, etc., le village recouvrent la tombe de fleurs, et
tout ainsi que je l’ai déjà dit à des prix souvent elles pleurent sur cette pierre
très avantageux et surprenants de bon
semblant renfermer l’emblème de l’amour
marché.
Sur demande Mmo veuve Tourain se pur et chaste.
Albert Desmaux.
rend chez les personnes qui le désirent,
avec un choix de ses modèles toujours
frais, car elle reçoit de Paris,bi-hebdomadairement, ses colis par grande vitesse.
A vous, jeunes filles qui serez bientôt
Mesdames, Mn,e Tourain vous montrera Dessins originaux de G. Bourdain 4 D. Bourgoin
Gravés sur bois par A. LÉVEILLÉ
ses trousseaux. Favorisons donc le,
5 vol. in-8° brochés : 5 O francs
commerce local, car c’est faire acte de
patriotisme.
Garry.
PAYABLES 5 francs par MOIS

(Modes

xxxxxxxxxxxxxx

Librairie SPINONI-FOURGEAUD, Périgueux.

XXXXXXXXXX5OOCX

Je commence par vous le dire
Pour que nouvelle fasse écho :
J’ai lait moi-même ce navire
Avec la moilié d’un coco.
D’écailles, de conques marines
Alors j’ai voulu le blinder.
Contre ses gentilles cabines
Chaque Ilot aura beau gronder.
L’ancre est faite d’un clou de ligne
Qu’une liane lient à bord.
Et le pilote le plus digne
Saura le conduire à bon port...
Il a des rames sans pareilles
Faites de gracieux roseaux,
Autant de mignonnes merveilles
Qui se reflètent dans les eaux.

Les fils argentés de la vierge
'fous ses cordages formeront.
Nous allumerons un grand cierge
En son honneur sur son beau pont.
C’est un bijou que ce navire,
Un rameau vert lui sert de mât,
Il semble toujours qu’il se mire
Quand le flot bleu sur lui s’abat.
Les pommes d’or, les bonnes dattes
Aideront bien à l’embellir,
Des plus précieux aromates
Nous songerons à le remplir.
Pour couronne un globe de verre
Empêchera l’eau de rentrer.
En bon état sur l’onde amère
Partout il pourra se montrer.
Pour le traîner à travers l’onde,
Une baleine suffira...
Aussi dans tous les ports du monde
Heureux on le visitera.
Voyez : il va, vient et sautille...
C’est une feuille dans les bois,
Tout en balançant sur sa quille
Comme une coquille de noix.

Il fera le tour de la terre
Portant le commerce et la paix,
Avec le travail tout prospère,
L’union rend tant de bienfaits...
Bien que petit il est semblable
A l’arche, dit-on, de Noé,
Au mont Arara s’il s’ensable,
C’est qu’il aura longtemps vogué.

D’ancres, de mâts et de cordages
11 est parfaitement muni.
Va sur les plus lointaines plages...
Passe tout fier et sois béni !
Puisque tes voiles sont les ailes
D’un petit papillon d’amour.
De toi — comme des hirondelles
Nous salùrons l’heureux retour !
B. B.

LES

PREMIÈRES
COMMUNIONS
La Librairie SPINONI-FOURGEAUD,
à Périgueux, vient de recevoir un grand
assortiment d’objets de première com­
munion, tels que :

Gravures
en bristol, gélatine, parchemin, soie, etc.

Chapelets
en argent et en or

Dizaines,
Médailles,
Christs,
Bénitiers,
Croix de Malte,
Croix en or, argent, nacre, ivoire
Signets pour missels
Missels
Ouvrages de piété pour jeunes gens
La Maison tient à informer qu’elle ja le
dépôt, pour le département,
DES maisons ROUSSELLE et FONTENEY
pour les Reliures artistiques et la Maro­
quinerie

Imagerie Religieuse
Desgodeis et Gérard, de Paris

Dépôt de la Société de Saint-Augustin,
de Lille.
(Desclée, de Brouwer f& C°)
pour les ouvrages liturgiques

Dépôt spécial de Couronnes
pour Premières Communiantes

La Maison envoie toutes commandes
de 25 francs franco de port et d’emballage
en gare du destinataire.
Escompte, 3 % au comptant.

=LE CHANT DE LA CLOCHE
* LENORE ~ XK5XS
avec texte allemand en regard. -- Par E<1. l’ECU
Lettre-préface de M. Louis de FOURCAUD

Prix : 1 fr. 25
Chez l’auteur : Èd. Pescii, 8, rue Rochechouart et la Libr. Spinoni-Fourgeaud, 2, Cours
Montaigne. - Env. f“ contre 1 fr. 40 en timh.-p.

xxxxxxxxcxxxxx

Gilsen était vaillant. Chevalier de l’empire,
Grand preux de l’empereur aii’ séduisant sourire,
Il avait obtenu l’emploi de souverain
Dans le grand bourg de Lorch situé sur le Rhin.
Suivi de ses héros, de sa brillante escorte,
Il traversa le fleuve et fit ouvrir la porte
Du bourg tout endormi.
Logé dans le palais
Des anciens ducs de Lorch, il voulut que la paix
Régna dans la province autant que dans la ville
Et suprima le prêt de sa garde civile.
Gilsen était bel homme, il était grand, bien fait
Et près du sexe faible avait beaucoup d’attrait.
Tout près de son palais, à la porte grisâtre,
Etait une maison, dont l’enseigne d’albâtre
Rappelait le logis d’un homme de valeur
Qui occupait alors l’emploi de contrôleur
Au palais de Gilsen, et qui, de sa Puissance,
Traitait, sans distinction, la guerre et la finance.
Cet homme déjà mûr, veuf, avait une enfant :
Fillette au doux regard, au regard languissant,
Qui mettait son amour dans l’affection du père.
Elle avait dix-huit ans et paraissait sincère.
Son nom était Rachel. Jamais dix-huit printemps
N’avaient autant brillés sur .des yeux si charmants.
Sur des cheveux si noirs, sur une main si blanche
Et sur un cœur si pur, ou l’amitié s’épanche.
Gilsen, lorsqu’il la vit, en devint amoureux
Et lui parla si bien, qu’elle donna au preux
Son amour et sa main, et toute sa tendresse;
Elle voulut son nom, lui donnant sa jeunesse.
Le chevalier dès lors sentit son cœur bondir
Et vit de jour en jour son amour s’affermir.
Il appela le père de l’heureuse fillette
Et demanda sa main.
Le lendemain la diète
Rappela le Seigneur. Les adieux furent courts.
Des paroles du preux, Rachel suivait le cours
Et ses larmes coulaient chaudes puis glaciales,
Pour tomber et sécher sur la froideur des dalles.
Gilsen, sur son cheval, partit avant le jour,
Ne pleurant que l’objet de son sincère amour.
Maintes fois son regard se tournait vers la ville
Pour voir sa fiancée ou sinon son asile,
Mais rien. Pourtant au loin; à côté du ruisseau
La fillette était là, regardant le hameau,
Puis la route poudreuse et dans une prière
Elle supplia Dieu d’arrêter la poussière
Qui cachait à ses yeux, son chevalier, son preux,
Son Gilsen bien-aimé, enfin son amoureux
Elle ne put rien voir. Dans son regard farouche
Une larme glissa sur le coin de sa bouche;
Elle pleura longtemps sur le bord du chemin
Et les larmes ne purent arrêter son chagrin.
Elle revint alors auprès de son vieux père
Et là, elle attendit, dans sa douleur amère,
Le retour de G lsen.
II
Le retour fut fatal
Au preux de l’empereur. De son palais ducal
Il voyait la maison, mais pas de fiancée.
La cause l’effrayait, et. c’est l’âme glacée
Qu’il sut comment Rachel, enlevée un matin,
Etait chez les esprits au céleste destin.
Un rocher presque à pic, et surplombant la ville,
Des gnomides sacrées était le seul asile.

4
La pente était si raide et le rocher si noir
Qu’on ne pouvait aller jusqu’au pied du manoir;
De sorte qu’on disait dans le conte et la fable
Que Lorch était au pied " de l’échelle du diable »
C’est pourquoi ce rocher au sinistre renom
De « l’échelle du Diable » a gardé le surnom.
Du mariage du preux et de la jeune fille
Les gnomes réunis, en conseil de famille,
Sentaient tout le tort d’un semblable hymen
Et décrétèrent tous qu’il fallait de Gilsen
Arrêter la démence déjà trop avancée
En en’evant, sans bruit, Racliel sa fiancée.
Ce qui fut dit fut fait, et, sans d’autre raison,
Kachel fut enlevée au seuil de sa maison
Et du manoir sacré, quoique infernal asile
Elle devint des gnomes l’étrangère docile.
Quand Gilsen fut instruit dans quel gîte affreux
Racliel était, son cœur sentit du preux
L’influence s crête et, bouillant de colère
Aux gnomes puritains il déclara la guerre.
Le chevalier reprit ses armes, son cheval
Et seul il se lança vers le manoir’fatal.
Son coursier, emporté, laissait dans la bruyère,
A chaque branche, un poil de sa longue crinière;
Il fuyait, il montait perce par l’épèron
Et fouetté par l’épée pendante au ceinturon.
Du chemin tout entier le quart restait à faire
Et le cheval, suant, soulevait la poussière.
Gilsen vit dans le fond se dessiner l’azur
D’un ciel illuminé, serein, limpide et pur,
A ce moment subi, l’espérance en son ânle
Comme un flot vagabond l’inonda de sa flamme
Et il conuut la joie que ressent le vainqueur
Qui combat pour trouver l’être aimé de son cœur.
L’animal éreinté était prêt à s’abattre,
Mais le preux enfonçant son éperon rougeâtre
Dans le poitrail sanglant de son noble coursier,
Ranima sa vigueur.
Dans un élan dernier,
Et la bête et le preux, dans un bruit de ferraille,
Tombèrent tous les deux aux pieds de la muraille.
Gilsen se releva et dit : « Merci, mon Dieu ».
Il appela Racliel. De son front soucieux
La sueur ruisselait; sa voix puissante et forte
Dans son gosier séché à chaque instant avorte.
Que faire, où aller; dans un sublime effort
Il contracta ses nerfs et appela plus fort.
O ivresse ! O bonheur ! sa voix fut entendue
Et dans ses bras vainqueur Rachel est descendue.
Dans le palais de Lorch et Rachel et le preux
Par les ailes du vent furent conduits tous deux.
Gilsen, ayant rendu Rachel à son vieux père,
La reçut aussitôt en épouse sincère.
Mars 94.

Ru y Delmondas.

Eh ! bien, quand tout se tait, tout parle encore et
Et cette vie des nuits, indécise et touchante, [chante,
Comme un bruissement d’ailes mystérieux,
Flotte dans la vapeur et monte vers les cieux.
Le sou'fle des oiseaux endormis sous la feuille,
Les soupirs effarés que la brise recueille,
En ouvrant d’un baiser le calice des fleurs,
L’épanouissement des herbes sous les pleurs
Que répand goutte à goutte une fine rosée,
Le réveil des cirons dans leur couche arrosée,
Et peut-être le vol paresseux des péris
Regagnant dans l’azur les astres favoris :
Voilà les mille bruits de cet hymne mystique,
Dans l’àir ensommeillé planant comme un cantique...
Les astres, cependant, pâlissent l’horizon,
L’ombre des peupliers tremble sur le gazon ;
Et tandis que partout tombe une lueur vague,
Sous le front du poète éperdu, qui divague,
Et qui voit dans les cieux des yeux toujours ouverts,
Eclosent, fleurs de nuit, les rêves et les vers.
(1882.)
Max Ellyan.

PAROISSIENS
Paroissien n° 1748 in-48, imitation ba­
sane, tranches rouges avec ta­
bleaux de la messe contenant
les quinze oraisons de Sainte
Brigitte et le chemin de la
Croix 0"’,06 1/2 X O11’,09 à Péri­
gueux, chez Spinoni-Fourgeaud, libraire, 0 fr. 15, franco,
0 fr. 20.
Paroissien Romain in-32, n° 10, imi­
tation basane, tranches rouges
contenant les offices du Diman­
che et des principales fêtes de
l’année augmenté du Chemin
delà Croix 0,n,06 1/2x0,10 l/2à
Périgueux chez Spinoni-Fourgeaud, libraire, 0 fr. 45, franco,
0,60.
Le même avec fermoir nickel, 0 fr. 55.
Le même avec fermoir et coins nickel,
0 fr. 65.

GRAND CHOIX DE
J’étais allé -voir des amis, — deux vieil­
lards vivotant dans une petite maison
remplie de bonheur jusque dans les
coins, de ce bonheur calme, pénétrant,
que donnent l’affection partagée, des
goûts modestes, une vie toute d’honneur
et avec cela l’Espérance.
Immédiatement, la mère me parla de
son fils, mon camarade, un lieutenant
d’artillerie plein d’avenir. Une fois sur ce
sujet, elle ne tarissait plus. Elle est si na­
turelle au cœur maternel cette éloquence
qui détaille la générosité, la beauté...
toutes les qualités enfin de l’enfant bien-

Paroissiens;
Journées du Chrétien;
Imitations de Jésus-Christ ;
Imitations de la Sainte-Vierge ;
Avis Spirituels ;
Mois de Marie.
En tous genres et en toutes reliures
PRIX

MODÉRÉS

La (Librairie Spinonî-Fourgcaixl
à Périgueux, se fera un plaisir d’en­
voyer à toute personne qui en fera la
demande un choix d’ouvrages de piété.
Escompte, 3 % au comptant.

aimé. Son Etienne allait bien sûr fêtre
promu à un grade supérieur ; elle le
voyait déjà, dans des jours tout proches,
brillant officier, couronnant sa carrière
par un superbe mariage ; la croix d’hon­
neur piquée sur sa poitrine. Elle se
voyait elle-même aïeule, penchée sur de
nouveaux berceaux, faisant sauter sur ses
genoux des bébés roses dont les bras
blancs entoureraient sa tête qui tremble ;
dont les sourires et les premiers pas et
les bégaiements mettraient du soleil sur
ses vieux ans.
Toutes ces choses dites avec, de temps
en temps, d’éloquents regards jetés au
père qui approuvait heureusement, ma
vieille amie s’arrêta, et, tout en elle,
disait qu’elle se reposait avec complai­
sance dans cette vision du plus tard,
tout, ses yeux qui retenaient une larme,
sa physionomie rayonnante, ses lèvres
entr’ouvertes, semblait-il, pour chanton­
ner une berceuse, son pied qui s’agitait
doucement comme pour balancer la cou­
chette d’osier.
A ce moment, on frappa à la porte. La
bonne parut apportant un télégramme.
Electrisés, les deux vieillards s’étaient
levés, tendant en avant leurs mains fé­
briles. Qu’cst-ce que c’est?... Qu’est-ce
que c’est?... — Nous les connaissons
tous ces angoissants incertains causés par
la seule vue du petit papier bleu ! — « Ce
cher’ enfant à une permission.... Il va ar­
river.... Peut-être sa promotion.... Peutêtre un ordre du jour.... » — Sans s’é­
couter, ils babillaient à la fois toutes ces
choses tandis que la maman pour lire
ajustait fiévreusement ses lunettes ; J’étais
là, cherchant à deviner la nouvelle,
m’apprêtant à partager leur joie, lorsque
la pauvre mère s’affaissa foudroyée avec
un de ces cris qui vont jusqu’au fond du
cœur et le déchirent. L’autre eut encore
le courage de ramasser le billet bleu
tombé des mains de son épouse. Il lut,
et, lui aussi, se laissa choir anéanti. La
dépêche était en termes voilés, mais nos
parents, comme ils devinent quand il
s’agit de nous. A travers les lignes bana­
les et déguisées, ils avaient lus les bons
vieux: « Etienne tué d’un coup de pied
« de cheval, au manège du quartier. »
....J’ai revu la maisonnette: Oh f
combien triste ! L’Espérance a pris par la.
main le Bonheur et tous deux se sont
enfuis. Mes amis cassés, voûtés, les yeux
toujours noyés de larmes qu’ils pleurent
sur leur propre deuil se laissent mourir,
car disent-ils, celui pour lequel ils vi­
vaient ne vit plus !
Paul de Reine.
Périgueux, avril 1894.

5
talliques que celui qui avait abrité ses
sentimentales amours.
Pendant ce temps, Jules courait le
monde.
Assez mal accueilli dans sa fa­
C’était en 188... Jules Lepreux était un
mille, il prit du champ et se trouva deux
des plus brillants et des plus intrépides
mois plus tard fort étonné de contem­
cavaliers du 30e chasseurs à cheval, régi­
pler les hardis .minarets d’Alger et sur­
ment qui pourtant comptait dans ses
tout d’apprécier la vie facile de cette
rangs l’élite des hommes qu’on est con­
porte de l’Orient que ne sauraient trop
venu d’appeler « chics », des esprits sé­
Nous avons déjà, dans un précédent chanter les,poètes.
millants, boulevardiers et à bonne for­
Plusieurs années s’écoulèrent et sui­
tune, des jeunes gens enfin qui, en numéro, parlé de ce spectacle des fa­
milles qui est de plus en plus fréquenté : vant le vieux proverbe : « Pierre qui
attendant l’opportunité d’aller se faire C’est le célèbre Guignol, Guignol le saroule n’amasse pas mousse », Jules réin­
casser la tête dans quelque expédition tyrique.
tégra le foyer paternel, plus gueux que
coloniale, employaient les loisirs de la
Ses réparties vives et spirituelles ont
jamais, mais toujours aussi gobeur, aussi
vie de garnison à dompter des chevaux, à beaucoup contribué à son succès dans
naïf, aussi confiant dans son étoile.
toutes
les
villes
qu

il
a
visitées.
Il
a
con
­
traîner un grand sabre sur le pavé sonore
Il est avéré qu’en fait d’étoiles, il s’était
fié à son inséparable Gnafron, qui me l’a
à faire la cour aux dames, surtout à la répété tout bas, qu’il est venu pour se
bien assez approché des constellations
dame de pique, en un mot à accomplir fixer ici, car les Périgourdins sont amis
pour étudier « de visu et in anima vili »
tout ce qui peut toucher aux accidents de la gaîté. L’ennui étant rayé de son
celles de grande, de moyenne, de petite
de l’existence militaire — mais de fort programme il préfère les villes où il
et d’infime grandeur. Mais les astres sont
voit
à
ses
représentations
rire
grands
et
loin — surtout lorsqu’on a comme eux la petits.
tellement mobiles qu’à peine avait-il été,
jeunesse, l’exubérance et cette malaria
Sur les bords de l’Isle, Gnafron est le pauvre garçon, effleuré de leur pous­
morale si bien définie, l’esprit des viveurs. venu me conter dans son assent yonnais sière d’or.
Or, Jules Lepreux possédait au plus et ses malheurs et ses joies. Pour lui,
Un soir donc qu’il errait mélancolique­
haut degré ces défauts et qualités. Ainsi dans sa plus forte douleur, il est consolé ment dans les rues de sa ville natale,
par son cher Guignol et par une vieille
que le héros de Musset, Jacques Rolla, il chopine.
— c’était dix ans après son lapsus armoavait trempé sa lèvre à la coupe de tous
Ses jeunes acteurs interprètent tour à rum — il fit une singulière rencontre.
les plaisirs au point qu’un jour, à sec tour les plus beaux opéras du répertoire
— Dis-donc, ni’man, dit l’enfant, est-ce
comme feu Job, il se vit dans l’obligation et font honneur aux grands écrivains que nous n’allons pas quitter cette vilaine
qui les ont parodiés. Nous voyons Gui­
de dire adieu à ses rêves de haut goût et gnol
prendre le premier rôle dans Paul ville, puisque ton engagement est fini?
de riante fortune. Il quitta l’armée où ses et Virginie, l’Africaine, la Mascotte, la
— Oui, mignonne, oui ! mais je dois
aptitudes n’étaient plus à la hauteur de sa Favorite, etc. Sa diction est parfaite, il auparavant remercier notre protecteur de
solde et alla ruminer tout à son aise déclame avec goût, n’est jamais pris au ses bontés.
cette formule qu’il n’avait pu encore dépourvu et s’agite avec une grâce par­
— Qui? le Monsieur?... Je ne l’aime
faite. Gnafron est tout à fait nature.
comprendre : « Grandeur et servitude Quant aux actrices elles sont véritable­ pas, moi, ce monsieur qui m’empêche de
militaire. »
ment belles, ne manquent pas d’entrain, t’embrasser et d’être près de toi. Il a
Voilà donc Jules à pied, bouclant sa n’oublient jamais leurs répliques en re­ beau me donner des bonbons, des jouets;
malle et dans une soirée mémorable, gardant aux avant-scènes et bien que je ne l’aime pas, moi.
pleines de charmes restent insensibles
balbutiant entre deux coupes de Cham­ aux œillades.
Et la physionomie de l’enfant devint
pagne un éternel adieu à la belle Hen­
Le tout réuni y fait passer d’agréables songeuse. Un sanglot réprimé en vain
riette de Villais, l’une des plus capiteu­ soirées d’autant plus que le spectacle souleva la gorge de la fillette qui se jeta
au cou de sa mère.
ses étoiles de ce ciel Limousin où avait varie journellement.
Les applaudissements ébranlent la
le bonheur de s’épanouir l’étincelant 30e salle et chacun se quitte en se disant :
Celle-ci se baissa pour la calmer et,
dans
son mouvement, tourna légèrement
chasseurs.
J’y reviendrai.
Gary.
la tête en arrière.
Le lendemain, car malheureusement
C’est alors que Jules sentit plutôt qu’il
tout passe en ce monde, même le plai­
n’aperçut, dans l’obscurité naissante, les
sir, la vapeur emportait Jules Lepreux
Far ram H Via.i i iui n,
effluves magnétiques de deux grands yeux
dont le souvenir est resté légendaire au
verts. Il n’avait pu oublier de tels re­
régiment, et Henriette continuait pen­
Par sa vision toute personnelle et son
dant quelque temps encore à étonner la rsprit d’observation, par la simplicité et gards ; aussi demeura-t-il pendant quel­
jeunesse dorée de ce provincial paradis, l’acuité de son style, Paul Margueritte ques instants comme médusé sur le trot­
du fracas de ses tapageuses toilettes, de semble avoir définitivement conquis la toir.
Henriette, car c’était bien elle, à qui
sa voix de contralto bien timbrée et sur­ place laissée vacante parla mort préma­
turée
du
maître
incontesté
de
la
nouvelle,
la
maternité donnait de nouveaux char­
tout de son regard étrange et profond,
Guy de Maüpassant. Ame d'enfant nous mes, reconnut immédiatement son amou­
d’où jaillissaient tempérés par de longs jffre en effet une série de nouvelles dont
cils pudiquement baissés des feux verts
e tour fin et mordant, la netteté pitto­ reux d’antan et avec une touchante sim­
resque,
placent l’auteur au premier rang plicité l’aborde. Jules, profondément
qui ne laissaient pas que d’exercer de
les
romanciers
contemporains.
remué restait sans parole. Ses yeux vides
troublants ravages dans les cœurs inflam­
Uu vol. m-18. Prix : 3 fr. 50.
allaient de la mère à l’enfant. Il était en
mables de l’endroit.
Edouard Pescii
quelque sorte hypnotisé.
Mais Henriette, non moins fidèle à
în vente à la librairie Spinoni-Fourgeaud
— Mon ami, lui dit Henriette, je suis
l’uniforme qu'au souvenir de Jules, s éPÉRIGUEUX
encore ici ce soir. Demain ou irai-je? à
clipsa un beau soir, cherchant sans doute
Paris ? à Bruxellse ? Je vous consacre ma
des cieux plus éthérés, surtout plus mé-

6

dernière soirée à P... Venez chez moi et
n’ayez pas l’air sur cette place d’un
struggle-for-liffer incompris, mais non
désabusé. Nous revivrons les heures
joyeuses de jadis. Vous me raconterez ce
que vous avez fait depuis dix ans. Quant
à moi, je vous promets de ne pas attrister
ces quelques minutes passées ensemble
par le récit des déboires et des amertu­
mes dont est semée notre vie d’artiste.
Et prenant gentiment son bras elle
l’entraîna chez elle.
— Voyez, mon Julo, lui dit-elle en
montrant sa fille, je l’ai appelée Julia, en
souvenir de vous. C’est que je vous ai
aimé !...
— Alors, vous ne m’aimez plus, répon­
dit Jules subitement dégrisé et refroidi.
— Si, beaucoup au contraire. Autrefois
c’étaient la tête et les sens qui l’empor­
taient; aujourd’hui c’est le cœur. Mainte­
nant je vous estime et l’estime jointe à
l’amour, que pouvez-vous désirer de
plus?
— Singulière définition que vous me
donnez de l’amour.
— Si je ne vous avais pas estimé, si je
ne vous avais pas aimé, vous aurais-je
prié de passer cette dernière soirée avec
moi. Allons, pauvre enfant que vous
êtes, soyez raisonnable, prenez la vie
telle qu’elle est, c’est-à-dire réelle et ne
vous perdez pas dans les nuages.
Un chaste baiser sur le front d’Hen­
riette fut la réponse de Jules.
Cependant les heures succédaient aux
heures et dans l’entraînement des souve­
nirs rétrospectifs, ni l’un, ni l’autre ne
s’apercevaient de la marche du temps,
lorsque soudain la petite Julia qui s’était
endormie, réveilléé par quelques accords
de piano s’écria :
— Je t’aime bien, toi, Monsieur, parce
que tu ne m’éloignes pas de m’man.
Le moment du départ arriva bien vite.
Jules accompagna jusqu’à la gare Hen­
riette qui emporta avec elle un peu du
cœur du pauvre garçon. Dans cette soi­
rée elle avait prouvé par son entrain et
sa gaîté de bon aloi qu’on peut se dis­
traire sans beaucoup d’or et que la recon­
naissance existe encore dans notre siècle
d’égoïsme.
Jules Lepreux est mort aujourd’hui,
mort du moins à la vie folâtre de la jeu­
nesse et aux aspirations du célibat. Avant
de quitter la phalange des vieux garçons
il a tenu à consacrer le souvenir suprême
de ce qu’il appelle le joyau de sa carrière
militaire. Il compte sur l’indulgence de
ceux qui l’ont connu et il espère qu’il lui
sera beaucoup pardonné parce qu’il aura
beaucoup aimé.
15 février 1894.
Lucien Delpech.

Notre aimable collègue et ami, M. Ca­
mille Qtiéré, professeur de sténographie
au Cercle d’études commerciales de Li­
moges, a bien voulu prendre rang parmi
nos dévoués collaborateurs.
C'est à sa plume si autorisée que nous
devons le remarquable article sur l’écri­
ture rapide que nous sommes heureux
d'offrir aujourd’hui à nos lecteuus.

Son utilité à l’école
La « Plume » a déjà, sous la signature
de mon distingué ami L. F. C., un des
plus dévoués défenseurs de la cause sténographique, fait l’historique détaillé de
l’art abréviatif.
Elle a aussi dans son dernier numéro,
énuméré les différentes applications de
cet art dans toutes les branches de la vie,
et ce faisant, elle a sûrement rassuré
ceux de ses aimables lecteurs qui au­
raient pu se poser cette question :
A quoi peut servir la sténographie?
Nous ne voulons pas répéter ici les
diverses méthodes existantes ni redire
les avantages de celle-ci ou de celle-là,
mais nous sommes certain qu’un simple
coup d’œil jeté sur l’alphabet Duployé
a suffi pour convaincre nos lecteurs de la
simplicité et du petit nombre des signes
nécessaires pour représenter tous les
sons d’une langue.
La sténographie, on le sait déjà, est
utile dès le bas âge, c’est-à-dire sur les
bancs mêmes de l’école. C’est sur cette
application de l’art abréviatif que nous
voulons entretenir aujourd’hui nos lec­
teurs
A l’école, la sténographie est d’abord,
en très peu de temps, apprise aux élè­
ves ; ensuite, le maître s’en sert pour en
tirer tous les avantages qu’elle procure.
La dictée, principale occupation du
professeur, est écrite au tableau en sté­
nographie et les élèves n’ont qu’à lever
les yeux pour traduire en silence les mo­
nogrammes tracés par le maître : écono­
mie de gosier et gain de temps.
De plus l’élève ne pourra pas tant
commettre d’erreurs, car les sons étant
exactement reproduits sur le tableau il
n’aura pas l’inconvénient que présente
souvent la dictée orale.
Quelques incrédules, je le sais, diront
que la sténographie empêchera l’élève
d’apprendre l’orthographe. Mais c’est un
mauvais argument, car en sténographie
il n’y a pas d’orthographe spéciale, il n’y
en a aucune, il n’y a que des sons repré­
sentés, et ces sons après avoir été lus
parviennent à l’intelligence comme s’ils

étaient sortis de la bouche d’un profes­
seur.
D’ailleurs, les nombreux instituteurs
qui se servent de la méthode Duployé,
dans la Bretagne et la Normandie surtout
ont constaté au contraire que la sténo­
graphie facilitait l’orthographe et à plu­
sieurs reprises dans les examens, des
élèves auxquels l’art abréviatif avait été
enseigné, ont obtenu les premiers nu­
méros.
Le nombre des instituteurs sténogra­
phes augmente chaque jour et, encoura­
gés par leurs supérieurs, ils ont formé
une association dite « de l’enseignement
par la sténographie », à la tête de
laquelle est placé le dévoué M. David,
Inspecteur primaire, à Arras.
Dans les hautes sphères, on n’est pas
resté indifférent à l’égard de notre art et,
en 1889, une délégation du Congrès
sténographique tenu à Paris, s’est rendu
auprès du ministre de l’Instruction publi­
que d’alors pour lui exposer de nouveau
les services importants que peut rendre
l’emploi de la sténographie dans les
écoles de l’Etat.
Le Ministre a répondu aux délégués
qu’il avait parfaitement reconnu l’utilité
de la sténographie et que non seulement
il tolérait l’étude de cet art dans les éco­
les primaires, mais qu’il l’encouragerait.
Ceci fût fait, et depuis quelques années
le nombre des directeurs d’école qui se
sont donnés à l’introduction de la mé­
thode Duployé dans les classes, est assez
élevé. Plusieurs d’entre eux ont vu leurs
efforts récompensés par les pouvoirs
publics.
Les grandes assemblées ne se désin­
téressent pas non plus de la sténographie ;
plusieurs conseils généraux ont émis des
vœux pour son introduction à l’école.
Les membres de l’Académie sont pour
la plupart favorables aussi à l’art abré­
viatif et j’ai, sous les yeux, une lettre du
très distingué M. Mézières dans laquelle
l’honorable académicien député, préco­
nise l’introduction de la sténographie
dans toutes les écoles de l’Etat.
Le temps n’est pas éloigné, pensonsnous, où le désir de tant d’éminentes
personnes sera réalisé.
Camille Oiiérf.

7
esprit ardent, ambitieux et attaché opi­
xxxxxxxxxxxxxx I niâtrement
à des systèmes dangereux.

CONCOURS DE « LA PLUME ”

Le comte de Saint-Germain en imposa
aux gens crédules par ses secrets et ses
impostures. Il était très habile dans la
fantasmagorie à l’aide de laquelle il fai­
sait croire à ceux qui avaient la faiblesse
de se fier à ses paroles, que les ombres
qu’il faisait apparaître étaient celles de
leurs parents décédés. On croyait qu’il
avait un secret pour fabriquer les dia­
mants et faire grossir les perles fines. Ce
charlatan était familièrement reçu dans
l’intimité de Louis XV. Le comte de
Saint-Germain passa de longues années
en France, où il comptait pour protecteurs
et pour amis les personnages les plus
illustres, il se dégoûta de Paris, il passa
à la cour du prince de Hesse-Cassel. Ce
dernier s’amusa à faire avec lui des opé­
rations de chimie. Dans ses dernières
années, il était consumé de tristesse. Sa
raison s’altéra et il mourut en laissant
planer sur son origine un mystère qui
n’est pas encore éclairci (1784). Le comte
de Saint-Germain avait un valet de cham­
bre digne de lui; on lui demandait un
jour l’âge de son maître : « Il y a quatrevingt-cinq ans, répondit-il que je suis au
service de Monsieur le comte, mais j’i­
gnore absolument l’âge qu'il pouvait
avoir quand je suis entré chez lui. »
(Aucune des réponses envoyées n était
exacte.)

Quel est le plus beau rôle actuel de la
femme dans le monde civilisé?

Concours de feux d’esprit
La Direction de nos Concours de Jeux
d’Esprit a été confiée à notre jtptne ami
L. F'. C. qui s'efforcera de rendre ces
récréations de plus en plus attrayantes.
Dès aujourd'hui, il ouvre un champ plus
large aux recherches de nos lecteurs qui,
nouveaux Sphinx nous enverrons tous de
nombreuses solutions.

Tout acheteur de la Plume peut pren­
dre part à tous les Concours. Il suffit
pour cela d’envoyer pour chacune des
devinettes, la réponse, accompagnée du
BON qui se trouve à la dernière page.
Seuls, les numéros spécimens du jour­
nal ne pourront prendre part aux con­
cours.

■■■■■■■■■BBS

Gagnants du concours de jeux d’esprit
charade N° 8 :

Falot
i. Buffière. — 2. J. Peyrot.

N° 9 : Mûrement
1. Couvrat. — 2. R. Delsuc. — 3. Durieux.

N° 10. — Enigme historique
Les deux Saint-Germain

Ils n’eurent de commun que le nom.
Robert, comte de Saint-Germain, naquit
à Lons-le-Saulnier en 1708. Il embrassa
avec ardeur la carrière militaire. Un duel
où il tua son adversaire l’obligea à se ré­
fugier en Allemagne. Le maréchal de
Saxe obtint sa grâce et le nomma maré­
chal de camp. Il fît les campagnes de
1756 et 1757, se fit remarquer à Muiden
et à Nosbach. Son ambition ne trouvant
pas l’avancement assez rapide il quitta
son pays et alla en Danemarck. Christian
le combla de faveurs. Il alla en Allema­
gne et ne revint en France qu’après la
mort de Louis XV. Après la mort du ma­

6 BELLES PRIMES

Ce concours est ouvert jusqu’au 15
mai prochain. Les réponses qui parvien­
dront après cette date ne seront pas exa­
minées.
La meilleure réponse sera publiée
sous un pseudonyme.

□œûcxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxsqo

BOITE AUX LETTRES

———————————
3 vus. d’esprit du n” 4
N° 11. Rébus, par J.

L N V

PT

R 100 la K C

Primes: i° Un livre relié.
20 Un porte-monnaie.
3° Un abonnement d’un mois au Panbiblion.
N° 12. Charade a tiroirs, par L. F. C.
Mon premier est un mourant,
Mon second est un menteur fieffé,
Mon troisième est fort,
Mon tout est un commerçant bien connu
de Périgueux.
Primes : i° Un livre relié.
20 Un petit livre relié.
30 Abonn. de 3 mois au Panbiblion.
4° 5° —
2 —



1 —

N° 13. Cryptographie
!3 + E
C-4-E4
+CD
:B?9!
! ?9 C
C+C
? « D+C

Primés : i° Un livre relié.
2° Abonnement de 3 mois au Panbi­
blion.

11

Supplément au Journal La Plume du 1er avril 1894.

BIBLIOTHÈQUE INSTRUCTIVE
COLLECTION DE VOLUMES IN-16 ILLUSTRÉS.

Brochés,............................................... .....................................
Cartonnés, plaque, tranches dorées..................................

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33 VOLUMES PARUS — 2,334 GRAVURES
PROSPECTUS

Sous le titre de « Bibliothèque Instructive », la Librairie JOUVET & Cle a
entrepris la publication d’une Encyclopédie de vulgarisation, en initiant le lecteur
aux progrès des Arts et de l’Industrie et en lui enseignant sous une forme attachante
et claire l’Histoire des peuples et la Géographie des pays. Une même idée a présidé à
la conception de tous ces volumes : exposer à grands traits les questions en les déga­
geant des détails techniques et des mots scientifiques dont l’importance et la signifi­
cation échappent souvent au lecteur, et développer autant que possible le côté anec­
dotique qui rend attrayante l’étude la plus aride. Malgré leurs prix modiques, tous
ces livres sont imprimes avec soin, sur beau papier et ornés de nombreuses gravures.

L’ALGÉRIE
Deuxième édition

par le docteur QUESNOY
Médecin inspecteur en retraite du service de santé
des armées

100 gravures et une carte

L’ARMÉE D’AFRIQUE
depuis la conquête d’Alger
par

le docteur QUESNOY
Médecin inspecteur en retraite du service de santé
des armées

46 gravures et une carte

LES CHASSES DE L’ALGÉRIE
et notes sur les Arabes du Sud
(Quatrième édition)

parle Général MARGUERITTE
65 gravures

LES DEUX MISSIONS "LATTERS
au pays des Touareg Azdjer et Hoggar
Deuxième édition

par H. BROSSELARD-FAIDHERBE
Capitaine d’infanterie

50 gravures et un itinéraire des 2 Missions

TAHITI
et les colonies françaises de la Polynésie
par

H. LE CHARTIER
28 gravures et deux cartes

Le Docteur Quesnoy parle, dans ce livre, avec
connaissance de cause, d’un pays qu’il a longtemps
habité. Il en fait la description au double point de
vue géographique et historique, en l’accompagnant
de details curieux sur les mœurs et les habitudes
anciennes et modernes de ses habitants et sur l’ave­
nir colonial de cette « Nouvelle France ».

La guerre d’Afrique ne ressemble à aucune autre,
c’est plutôt une guerre de race dans laquelle le sen­
timent religieux intervient avec une supériorité et
une puissance qui font tout entreprendre et tout
braver. Pour l’Arabe, nous sommes des envahis­
seurs et des infidèles, aussi la lutte pour lui n’estelle jamais finie. Ce livre est un hommage mérité,
rendu à une armée qui a accompli des prodiges,
pour s’emparer et rester maîtresse de chacun des
points que nous occupons encore aujourd’hui.
Les figures mises en scène par l’auteur dans ces
récits, ont l’originalité des héros de Cooper. On ne
peut que s’intéresser aux exploits du général, à ses
courses à l’autruche, à ses chasses au faucon, à ses
poursuites plus dangereuses du lion et de la pan­
thère, racontées dans un style aussi gai que mo­
deste.

Le Colonel Flatters fut chargé de diriger une ex­
pédition ayant pour but la recherche et l’étude d’un
tracé de chemin de fer, qui devait partir de notre
territoire algérien pour aboutir dans le Soudan.
C’est le récit de ce voyage qui fait le sujet du vo­
lume du Capitaine Brosselard, compagnon de l’infor­
tuné Colonel dans sa première expédition.
Tahiti, les Iles sous le vent, l’archipel Tuamotou, les lies Gambier, Marquises, etc., dont la
superficie totale ne dépasse guère deux ou trois
départements sont, en général, d’un climat déli­
cieux, doux et sain, pourvues de bons ports, et
habitées par une population facilement gouvernable.
L’achèvement du Canal de Panama donnerait à ces
lies une importance considérable, car elles se trou­
veraient alors sur le passage des grands steamers.

LA GRANDE PECHE
par le Docteur E. SAUVAGE
Directeur de l’établissement aquicole de Boulognesur-Mer

87 gravures

L’industrie de la pêche joue un rôle considérable
dans le mouvement de l’industrie nationale. Le
Dr Sauvage passe en revue les différents genres de
pêches : des raies, des squales, de l’esturgeon, dn
thon, de la morue, du hareng, de la sardine, etc. en
initiant le lecteur aux mœurs de chacun de ces
poissons, et au rang qu’il occupe sur nos marchés
et dans nos transactions commerciales.

Ce volume complète le précédent. Il contient la
vie et la pêche des animaux inférieurs et nous en­
Par le Docteur E. SAUVAGE
; seigne l’art d’utiliser leurs dépouilles. Ce sont la
Directeur de l’Etablissement agricole de Boulognetortue de mer et l’écaille — les crustacés — la
sur-Mer
pourpre des anciens — l’huître — la moule — la
70 gravures
nacre et la perle — le corail et l’éponge.

LA GRANDE PÊCHE

LES PLANTES QUI GUÉRISSENT
et les Plantes qui tuent
par

0. DE RAWTON
130 gravures

LE COMBAT POUR LA VIE
par

0. DE RAWTON
90 gravures

LES INSECTES NUISIBLES
à l’Agriculture et à la Viticulture
(Deuxième édition)

Par E. MENAULT
105 gravures

LES INVISIBLES
Par FABRE DOMERGUE
Docteur, ès sciences

120 gravures

LE BOIRE ET LE MANGER
par

Armand DUBARRY
126 gravures

LES AÉROSTATS
Par Louis FIGUIER

53 gravures

L'ART DE L'ÉCLAIRAGE
Par Louis FIGUIER
114 gravures

La Botanique est fort ignorée en France, où
croissent des centaines de végétaux utiles et nui­
sibles que nous foulons aux pieds avec indifférence.
Ce livre a pour but de nous faire connaître parmi
eux, nos amis et nos ennemis, en répandant la con­
naissance des plantes empoisonneuses et de leurs
antidotes, et en popularisant l’usage des espécesutiles
pour la santé de l’homme et des animaux.

Manger, être mangé, résument la fonction prin­
cipale et la lin de tout être vivant. Partant de cette
double alternative, l’auteur, dans un récit semé
d’anecdotes et de faits humoristiques, nous décrit
les ruses employées par les animaux et même les
végétaux, pour arriver à l’une, en évitant l’autre, le
plus longtemps possible.

Les insectes nuisibles sont un des lléaux de l’agri­
culture. Il est indispensable que ceux qui cultivent
le sol connaissent leurs ennemis et le moyen de
les détruire. Nul mieux que M. Menault n’était à
même de mener à bien cette tâche qu’il a remplie
avec sa connaissance bien connue des questions
agricoles.
Qui ne parle de microbes aujourd’hui? M. Fabre
Domergue essaie de nous les faire connaître, en ex­
posant aussi clairement que possible les phéno­
mènes les plus intéressants de la vie de ces êtres
microscopiques, les bizarres manifestations de ces
animalcules, qui de jour en jour tendent à s’intro­
duire davantage dans notre existence.
Voici dans quelques pages sans prétention, où
l’anecdote se mêle au résumé historique, des leçons
de choses sur le pain, la viande, le lait, les lé­
gumes, les fruits, les boissons, en un mot les ali­
ments qui assurent le fonctionnement régulier de
la machine humaine.

L’origine des ballons, les expériences tentées
dans le but de conquérir le domaine de l’air, sont
racontées dans ce livre avec la clarté et la simplicité
qui ont fait de M. Louis Figuier le premier des vul­
garisateurs scientifiques. Le récit des accidents tra­
giques dus à l’aérostation, ajoute à ce volume un
attrait tout particulier.

Après avoir rappelé brièvement ce que furent les
procédés d’éclairage dans l’antiquité et au moyen
âge, l’auteur arrive, dès le second chapitre, aux
divers modes en usage à l’heure actuelle : les huiles,
le gaz, le pétrole, la lumière électrique.

Paris. — lmp JOUVET et Cie., 15, rue de l’Abbé-Grégoire.

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