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Médias

Fait partie de La Plume de Périgueux

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SOMMAIRE: Nos collaborateurs: Camille Natal.
— Plaisirs du sage ; — Sous une rose ; — L’Autel
du Devoir. — La Tour de Vésone. — Le Meunier
de Baduel, récit authentique (suite et fin). —
Bibliographie. — Au pied des Pyrénées : Lour­
des. — La sténographie. — Babet. — Compli­
ment. — Concours de jeux d’esprit.

Les flocons, blancs ou gris, semblent des perDouces illusions! Vaporeuses images ! [sonnages.
Maints chevaliers, bardés de fer comme autrefois,
Luttent parmi les airs, en de nobles lournois.
Pour conquérir leur belle, ils entrent dans la lice:
Vainqueurs ou prisonniers — au gré de mon
Cespaladins armés occupent mon loisir, [caprice,
Nuages figurant seigneurs, dames ou pages,
Vous n’offrez à mes yeux que fugitifs mirages,
Mais à vous conteriipler, je goûte un doux loisir.
Camille Natal.

Tous les lecteurs de La Plume
seront heureux d’apprendre que
notre distingué collaborateur, M.
Camille Natal, le délicieux auteur
de Gerbes d'Œillets et de Cœurs
de Femmes vient d’obtenir au Con­
cours littéraire de Béziers, une
mention honorable pour une de
ses pièces : L'Envolée. Précédem­
ment, Camille Natal avait obtenu
en avril, de 1’ « Athénée des Trou­
badours », de Toulouse, un pre­
mier prix nominatif pour son
poème Raphaële, et une première
mention très honorable pour son
sonnet : Deux Mères.
Nous croyons être l’interprète de
tous nos amis et lecteurs, en adres­
sant à l’aimable poète, nos plus
vives et chaleureuses félicitations.
F. C.

J’entreprends en été, de singuliers voyages
Dans la voûte azurée — oû dansent les nuages.
Lorsque je les contemple, assis le long des bois,
Pour enchanter mon rêve, ils prennent corps et
[voix.

Il s’est blotti sous une rose,
Mon rossignol, chantre des bois.
Craint-il l’hiver, les premiers froids?
Est-il blessé, qu’il se repose?

M’en approcher? Vraiment je n’ose.
Tout grelottant je l’aperçois ;
11 s’est blotti sous une rose,
Mon rossignol, chantre des bois.

De son retour quelle est la cause ?
Est-il mourant, qu’il est sans voix?
Rossignolet, pur virtuose,
Dans mon jardin, — comme autrefois, —
Reste blotti sous une rose.
Camille Natal.

Du livre des Destins que l’on tourne les pages,
[âges,
Au vieux temps de jadis, ou plus près de nos
On y lira toujours, écrits avec des pleurs,
[leurs.
Les trop nombreux feuillets des humaines douQu’amers sont les sanglots ! O larmes de martyre
Qui ne te versa point ? Enviant paix ou rire,
Et s’appuyant, tremblant, sur l’autel du Devoir,
L’homme doit maintes fois immoler tout espoir.
[nesse, —
Ah! dans ce sacrifice, — affreux pour la jeupresse.

L’âme est en même temps, et victime,- et pré.
Heureux le cœur qui n’a, sur le sanglant autel,
Dit un adieu stoïque à l’amour immortel.
Camille Natal.
Ces trois poésies sont extraites de Gerbe d’GEilIcts par Camille Natal, recueil de vers, impression
de luxe, couronné par la Société de l’Encourage­
ment au Bien. Prix : 1 fr.50. La librairie SpinoniFourgeaud l’envoie franco par la poste contre tim­
bres.

Les derniers bulletins de la Société
Historique et Archéologique du Péri­
gord qui nous ont été si gracieusement
offerts par elle, nous apportent dans leur
compte-rendu, un travail sur la Tour de
Vésone, lu par M. le Président et dont
les savants détails et l’érudition profonde
ne sauraient être contestés. Je vais
essayer etr peu de mots de faire connaî­
tre le résultat de mes impressions.
Les temples anciens avaient tous une
Cella, c’est-à-dire le lieu réservé aux ido­
les et aux sacrifices secrets. Il paraît dif­
ficile d’après cela que les ouvertures dé­
couvertes à l’ouest de la Tour, pussent
servir à l’entrée et à la circulation du
peuple; ces deux ouvertures n’existaient
que pour le service de la Cella et ne
permettaient qu’aux prêtres seuls d’y pé­
nétrer. Il ne reste en effet rien dans l'in­
térieur qui donne lieu à des suppositions
pareilles.
On assistait aux sacrifices en se tenant
à l’extérieur du temple, loin du sanc­
tuaire et ceux qui approchaient du por­
tique pouvaient voir jusqu’à un certain
point, sans les comprendre, les mystères
de l’enceinte. Les portes en étaient im­
menses, très élevées, comme le prouve
encore le massif de briques engagé dans
la maçonnerie du côté du levant, près du
(i) Voir le N° 5 du icr mai.

faîte, auquel le fronton du portique était
image, à propos des temples de la chré­
attaché. Le péristyle qui permettait à la
tienté nouvelle.
foule de circuler était couvert, de là, les
Telle était l’opinion dans ses œuvres et
innombrables tuiles qui jonchent le sol.
ses conversations particulières de M. le
Le temple de Vésone était à ciel ouvert
Dr E. Galy.
comme celui de Vesta à Rome. Les tra­
Paul Galy,
vaux des architectes n’ont fait que décou­
Ancien membre de la Société Historique
vrir les attaches de rebords à l’extrémité
et Archéologique du Périgord.
de ces temples, rebords assez larges et
qui en couvraient le pourtour. Le Tem­
ple de la Sibylle qui s’élève près de
l'ancienne Tibur, au milieu des cam­
pagnes qu’Horace a chantées, dans un site
sauvage, au-dessus des précipices domi­
nant les cascateïlcs de Tivoli (1), nous
Nos lecteurs apprendront avec plaisir
donnent les mêmes caractères. C’est un
De ce jour le meunier et son frère qui
que les œuvres de Ml|e S. CASTAGNIER l’accompagnait partout, furent vus sur
bijou d’architecture que ce temple, il est
vont être publiées prochainement.
petit, sa colonnade élégante et ses pro­
tous les points de la contrée ; la blouse
Plusieurs connaissent déjà ces poésies bleue était remplacée par la blouse grise,
portions élancées.
Il vaudrait mieux, je crois, comparer charmantes ; c’est d’ailleurs sur les ins­ plus appropriée au maniement constant
la Tour de Vésone au Panthéon de Rome, tances de ceux qui les ont lues et appré­ des sacs de farine dont il devait se mou­
consacré à tous les dieux, par Agrippa ciées que nous nous décidons à les édi­ dre des quantités prodigieuses, à voir
et qui l’a précédée de plus d’un demi- ter.
l’activité que déployaient les proprié­
Un succès certain est assuré à ce petit taires du moulin.
siècle. Il était à ciel ouvert aussi, il avait
un magnifique portique, des portes de livre de choix, puisque sur 25 exemplai­
Même à la nuit, on les rencontrait dans
bronze, une construction ronde et régu­ res publiés au prix de, 5 fr., 10 sont les campagnes, et il était souvent bien
lière qui rappelle par ses dimensions cel­ déjà souscrits.
tard quand ils rentraient à Baduel venant
les de la Tour. Ce temple qui n’a jamais
L’édition ordinaire sera mise en vente d’un lieu qu’eux seuls connaissaient.
été abaissé nous est parvenu, à travers les au prix de 2 fr. 50 le volume.
Leur correspondance, nombreuse et
siècles tel qu’il était dans le passé.
très
suivie, les amenait souvent au bureau
Nous invitons nos lecteurs à se faire
Je lisais ces jours-ci dans un remarquable inscrire le plus tôt possible.
de poste où ils étaient toujours servis
ouvrage, souvenir de voyages et d’his­
avec une promptitude et'une complai­
toire : « A toutes les époques, dans tous
sance inaltérables, bien qu’ils ne s’y
déridassent jamais.
les'pays, la conception d’un temple a été
l’idée maîtresse des systèmes architecto­
Un matin, André Brice se présenta au
niques. Cela provient probablement de
guichet peu après le marquis de Cheslin
ce que le sentiment religieux a besoin
dont les propriétés avoisinaient Baduel ;
d’une manifestation collective. Toujours
tout de suite, après eux, entra un homme
est-il que chez les anciens, la construc­
misérablement vêtu, à la figure chafouine
tion d’un édifice élevé en l’honneur de la
En présence du succès assuré que et qui, après un léger signe d’intelligence
divinité fixait pour les siècles, l’expres­ l’œuvre du maître est appelée à avoir, la empreint de crainte respectueuse vis-àsion la plus haute de l’art. Ils le considé­ librairie Spinoni-Fourgeaud toujours dé­ vis du meunier, attendit son tour.
raient comme le prototype de leur archi­ sireuse de satisfaire sa clientèle, s’est
Mme de Préval salua Brice d’une incli­
procuré un certain nombre de ces ouvra­
tecture, le résumé de leur science, de ges.
nation gracieuse de la tête, échangea
leur goût, de leur luxe même (2). »
quelques paroles cordiales avec le mar­
LOURDES
Voici les raisons qui me faisaient dire
quis, et apercevant le misérable entré le
SERA MIS EN VENTE PENDANT
dernier.
qu’au temple principal de Vésone, avait
LE MOIS DE JUILLET
contribué le génie du peuple romain,
— Vous permettez, Messieurs, dit-elle,
remple majestueux, avec ses marbres de
que je donne d’abord à cet homme ce
On peut donc se faire inscrire pour
lifférentes couleurs, où la lumière arri­ l’ouvrage
qu’il lui faut, son temps est précieux car
vait d’en haut, où le dieu Apollon et la
il travaille à la journée ; et s’adressant
LOURDES
léesse Tutélaire personnifiée recevaient
à lui :
dès
à
présent
au prix de 3 fr. 75 au lieu
ub-jove les rayons du soleil bienfaisant.
— Comment se trouve votre petite
de 3 fr. 50.
Je peuple était prosterné sous la colonmalade,
aujourd’hui, Augustin ?
Dès l’apparition de l’ouvrage,
lade, sur les escaliers, aux abords même
— Elle va bien mieux, en ce moment,
lu lieu où se perpétraient les mystères
LOURDES
Madame ; il était embarrassé, n’osant
[ueles prêtres étaient appelés à célébrer.
lever ses yeux faux.
sera mis en vente au prix de 3 fr.
— J’en suis bien aise ! au moins, vous
Le peuple saint en foule inondait les portiques,
Vu le nombre croissant des demandes,
voilà
un peu tranquilles, vous et votre
la
librairie
Spinoni-Fourgeaud
ne
répon
­
dit le poète se servant d’une antique
dra pas de la livraison des ouvrages au pauvre femme. Tenez, voici M. le mar­
dernier moment.
quis de Cheslin qui a fait beaucoup pour
(1) Cinq semaines en Italie, brochure de M.
aul Galy, imp. à la librairie Dupont.
cette enfant, vous pouvez le remercier.—
(2) Voyage aux ruines de Palmyre, par M. le
Et allant vers son bureau, elle y prit un
ipitaine Deville. — Librairie Plon, Paris, 1894.
paquet qu’elle remit à l’homme.

3

Un matin de ce même mois de février,
Augustin de son air le plus patelin, go­
guenard avec cela, vint leur dire:
— On se bat à Paris en ce moment, et
on dit dans le pays, Mesdames, que vous
allez partir, que vous êtes même rempla­
cées déjà ; c’est tout de même bien mal­
heureux.
Mlle de Préval réprima son angoisse et
Etant en même de faire notre tourna le dos sans répondre à cet oiseau
recensement, nous prions instam­ de mauvais augure, si prompt à leur
ment tous nos abonnés et lecteurs annoncer ce qu’elles redoutaient. Mais
du Panbiblion de nous faire re­ sans tarder et sans écouter ni prières ni
mettre les volumes qu’ils ont en
remontrances elle se mit en route pour
lecture.
Paris où elle arriva le 24 février, au mo­
S. E.
ment même où le roi Louis-Philippe,
après
son inutile abdication en faveur de
XXOÜÜCOOOOOOOOX son petit-fils,
prenait la route de l’exil.
Deux poèmes en prose, par Camille Natal.
Mlle de Préval ne fit que toucher
Brochure de luxe, de luxe. (Librairie SpinoniFourgeaud, à Périgueux). — Prix.. 0 fr. 80
barre au faubourg Saint-Germain, où
habitait une partie de sa famille conster­
Deux Poèmes en prose, par Camille Natal est
un joli voluminet très coquettement imprimé qui
née des évènements, et sans perdre une
contient, ainsi que l’indique son titre, deux seconde, se dirigea vers le quartier du
poèmes en prose. Ces poèmes sont de vrais ta­
Temple où, d’après les renseignements
bleaux délicatement exquissés où la fraîcheur qu’elle avait pris auprès de ses protec­
des sentiments le dispute aux charmes du style.
teurs, elle trouverait Arago et son entou­
Du reste, Camille Natal a déjà publié plusieurs
rage, tous gens qui étaient au pouvoir
ouvrages : « Le Roman d’une laide » (épuisé),
actuellement et qui disposaient de son
« La Gerbe d’œillets », recueil de poésies gra­
sort.
cieuses et délicates, qui fut couronné par la So­
Pas une voiture, pas un omnibus ne
ciété de l’Encouragement au Bien, et dont l’édi­
tion, genre grand luxe, papier superbe, vignettes,
circulait dans les rues où les volets et les
lettres capitales ornementées, etc., ne se com­
magasins étaient hermétiquement clos ;
pose plus que d’un petit nombre d’exemplaires.
un silence de mort régnait partout, trou­
Ceux qui voudront posséder ce joli petit volu­
blé seulement par instants de cris igno­
me feront bien, en conséquence, de se le procu­
bles, poussés par des individus ivres,
rer sans relard.
portant des loques rouges au bout d’un
Le piix peu élevé de « La Gerbe d’œillets »
et des « Deux Poèmes en prose » permettront bâton. La pauvre fille ne marchait pas,
elle volait, le cœur battant, la fièvre aux
plus facilement au public d’apprécier les produc­
yeux,-et disposée à tout braver pour at­
tions de Camille Natal qui vient tout dernière­
teindre au but.
ment de faire sortir de presse un splendide
volume de prose : « Cœur de femmes,».
Enfin, elle est arrivée! Cette maison
Voici ce que le directeur d’une revue suisse
sordide, ce rez-de-chaussée bas, enfumé
dit de « Cœur de femmes » :
et sombre, échoppe d’un savetier, est-ce
« Cette nouvelle œuvre (prose) du délicat vraiment là l’endroit qu’on lui a désigné?
« auteur de « La Gerbe d’œillets » est digne des
Comment osera-t-elle franchir ce bouge?
« précédentes. Dans une très élégante impres— Est-ce ici qu’on peut trouver le ci­
Peu de mois après, en février 1848, le « sion, elle trouve le cadre qui convient aux ré- toyen Arago, dit-elle ?
« cits suggestifs dont elle est composée. Ces
— Oui. citoyenne, c’est bien ici, mais
moulin de Baduel était de nouveau en « nouvelles, écrites avec un style plein de grâce
vente; les Brice avaient quitté le pays « et d’émotion, roulent sur ce qui fait battre tu ne le verra pas, car il est absent.
Et celui à qui elle a parlé et qui lui
sans qu’on sût pour quelle destination, « tous les cœurs de femmes... et d’hommes
et des souffles d’orages révolutionnaires, « aussi, sur ce sentiment à la fois terrible et répond, la regardant dans les yeux, rica­
partant de la capitale, venaient effrayer « doux, qui, s’il conduit parfois aux folies, sus- nant et hideux, vient de surgir, à son
arrivée, de dessous terre, pareil à un
« cite tant de vertus,' d’héroïsme et de nobles
les paisibles habitants de la province.
Les dames de Préval, tremblaient pour « passions et dont le triomphe est la solution gnome dont il a l’aspect, car il est pres­
leur situation, qu’elles savaient menacée; « incessamment renouvelée du problème de que nain, et tout à fait bossu. La présence,
en ce jour de terreur, de cette femme fine
la conserveraient-elles si la révolution « l’éternel féminin.
« Ces nouvelles, dit «l’Echo de la semaine »,
et aristocratique, prête à défaillir main­
l’emportait sur la monarchie, et que de­
« sont bien composées, de same affabulation et
viendraient-elles avec leurs deux fillettes « de style délicat. Les mores, les sœurs et les tenant malgré son énergie, l’étonne et
dans le cas où elles perdraient leur ga­ « épouses en sont les héroïnes, parleur dévoue- l’intrigue, bien qu’il continue à ricaner.
— Comment! il n’y est pas?... Et per­
gne-pain ?
« ment.
sonne
ici ne le remplace?
Elles s’en rapportaient à la Providence
« La Gazette de France ». — Nouvelles, d’un
Et devant cette circonstance qu’elle
sans toutefois s’endormir dans la trom­ « sentiment poétique, et d’un tour délicat coinpeuse sécurité qui vous empêche de pa­ « posent ce volume dont l’impression est soi- n’avait pas prévue, elle est prise d’un
« gnée, etc., etc.
véritable désespoir.
rer au danger.

— Prenez ceci pour votre fillette ; mes
enfants le lui ont préparé se réjouissent
de penser qu’elle sera contente en le
recevant.
L’homme, de plus en plus embarrassé
prit le paquet, salua d’un air gauche et
s’apprêtait à sortir, lorsqu’un coup d’œil
du meunier le cloua sur place.
— A votre tour, Monsieur Brice, reprit
Mme de Préval ; je sais que M. de Ches­
lin a plus de temps que vous, il permet­
tra bien que je m’occupe du plus pressé
d’abord.
Et dès qu’il fut servi, il partit ayant
derrière lui Augustin dont la mine était
piteuse.’
— Drôle de particulier que ce meu­
nier! drôle de farine qu’il moud!.... Avec
cela, l’air de quelqu’un se figurant que
vos bonnes grâces lui sont dues !
— Il n’est pas véritablement ce qu’on
peut appeler un homme aimable et pour­
tant, j’éprouve une certaine sympathie
pour ses allures d’homme intelligent et
plein de droiture.
— Je n’ai pas si bonne opinion de lui
que vous, chère Madame; puissiez-vous
ne pas vous tromper sur son compte.
M. de Cheslin souriait mélancolique­
ment en disant ces mots.
Le meunier, à peine sorti du bureau
de poste, s’adressa à Augustin, et brus­
quement :
— Comment! infâme drôle que tu es,
tu reçois des bienfaits de ces gens-là, et
tu es acharné à les dénoncer ?
— Ah ! voyez-vous, M. Brice, répon­
dit l’homme de son air le plus obséquieux,
c’est qu’on est patriote avant tout.
— Il est joli ton patriotisme, j'en suis
écœuré ! C’est une sale besogne que tu
fais là et qui ne me dispose guère en ta
faveur ; malheureusement, il faut qu’il y
ait des gens de ta sorte.
*
* #

xxxjokxxxxxxxxx

. PANBIBLION

Bien vite, elle saisit sa bourse, y prend
un pièce de cent sous, qu’elle glisse
dans la main du monstre. Ce don repré­
sentera plus tard à la maison maintes
privations, mais qu’importe !
A la vue de cette pièce, le nain joyeux
frappe sur le plancher d’une certaine
façon et, aussitôt, la trappe par laquelle
il était apparu à Mlle de Préval se soulève
de nouveau, livrant passage à un homme
de haute stature, qu’elle reconnut avec
une joie folle: c’est André Brice, ou plu­
tôt le faux meunier qui se faisait appeler
ainsi, non plus vêtu en paysan, mais en
citadin, et qui, cette fois, lui pressant la
main :
— C’est donc vous, mademoiselle?...
Ah! soyez rassurée et rassurez M™8 de
Préval, tout danger est conjuré pour
vous, malgré vos dénonciateurs; vous
avez trouvé en moi un ami dévoué, heu­
reux de vous servir.
Et comme elle le remerciait, attendrie
jusqu’aux larmes.
— C’est vous qui avez tout fait, ajoutat-il, et moi je n’ai rien oublié de ce qu'il
m’a été donné de voir et d’admirer pen­
dant quelque temps. Restez paisiblement
là où vous faites tant de bien, en atten­
dant votre prochain avancement.
Elle sortit de cet antre (où depuis quel­
ques mois se réunissaient en grand secret
les chefs du mouvement révolutionnaire),
heureuse, allégée, ne ressentant plus
même les terreurs de la rue, où le danger
pourtant croissait d’heure en heure.
Le lendemain, elle rentrait dans la
vieille demeure, délivrée du cauchemar
de ces dernières semaines, et elle y rap­
portait la joie avec la bonne nouvelle.
(fin)
M. d’Hauterive.
2i avril i8c)4.

« Les Débats ». — L’auteur a voulu montrer
« tout ce dont était capable en fait d’amour
« et de dévouement, le cœur d’une femme;
« il l’a fait d’une façon intéressante en même
« temps que fort touchante.
« Le Monde illustré ». —‘ Camille Natal a
« réuni dans un élégant volume et sous ce
« titre : « Cœurs de femmes » de bien char« mants récits. L’auteur de « Gerbe d’œillets »
« a répandu sur celte œuvre nouvelle beaucoup
« de grâce et de poésie. »
« Cœurs de femmes » vient d’être couronné le
27 mai par la Socité d’Encouragement au Bien
que préside M. Jules Simon.
Cœurs de Femmes (prose), par Camille Natal.
Volume in-12, impression de grand luxe;
psg. eneadr. à l’encre de couleur. Prix : 3 fr.
Vient d’être couronné par la Société d’Encouragement au Bien le 27 mai 1894. Chamuel,
édit., 29, rue de Trévise, Paris.
Gerbe d’Œillets (poésies), par Camille Natal,

Prix : 1 fr. 50
En 1893 a été couronné par la Société d’Encouragement au Bien que préside M. J. Simon.
Plaquette de luxe : vignettes, lettres orne­
mentées, etc.
L’éditeur Chamuel, 29, rue de Trévise, à Pa­
ris, envoie ces ouvrages franco par la poste,
contre mandats ou timbres (franc, ou étrang.).

Périgord Illustré, par l’abbé Audierne, 1 vol.
relié.
La Sigillographie du Périgord, de Ph. de
Bosredon, 1. vol. broché.
La Noblesse du Périgord en 1789, par
Mataguin et l’Armorial du Périgord, de
Froidefond, 1 vol. relié.
L’Album du Vieux Périgueux, de J. de
Verneil.
Prix : 25 à 30 fr.
La collection complète du Bulletin de la So­
ciété archéologique du Périgord, jus­
qu’en 1893 inclusivement, soit 20 vol. dont
19 rel.
Le Cercle de la Philologie en 1811-1815,
dessins d’Alfred de Froidefond (lithographie).

Qui n’a pas vu la nature dans toute sa
grandeur sauvage n’a rien vu. Aussi, estce pour jouir de ce sublime spectacle que
l’homme afflue, qui dans les Alpes, qui
dans les Pyrénées. Il y en a même qui
affrontent les pics arides et désolés de
l’Himalaya, les sommets déserts du Pamir,
ce gigantesque plateau, barrière presque
infranchissable, où sont en vain venues
se heurter au xni8 siècle les hordes du
conquérant asiatique Dgengis-Khan.
Pour nous, plus modeste, nous nous
sommes borné à une excursion dans le
midi de notre belle France, vers ce point
jadis obscur et peu connu, aujourd’hui
nouveau pôle attracteur vers lequel se
tourne l’aiguille aimantée de l’humanité.
Nous avons nommé Lourdes.
Lorsque grâce aux progrès de la va­
peur, on traverse en quelques heures les
belles plaines Tarbaises, dans le lointain,
on découvre déjà des cimes nuageuses,
légèrement embrumées dans l’immensité
bleue. Peu a peu ces pics fumant au
soleil du matin se dégagent du fluide
éthéré, prennent corps, deviennent en
quelque sorte plus tangibles, et un long
cri d’admiration répond à la voix des
employés du chemin de fer du Midi, qui,
dans cet idiome chantant de la langue
d’Oc, clament à qui rtiieux mieux, au
moment où s’arrête le train : Lourdes !
Lourdes !
On descend de wagon, ému déjà de
l’aspect féerique que présente le cirque
granitique et moucheté de vert, où s’é­
tage la vieille cité, cirque traversé par
un cours d’eau qui poursuit à travers les
roches sa course vagabonde et qu'on
dirait plutôt la coulée d’une éruption
volcanique que le cours d’un torrent.

A droite et à gauche des montagnes,
derrière des collines qui vont se perdre
dans la plaine, à flanc de coteau la voie
ferrée, et devant, dressant jusqu’aux nues
ses cimes étincelantes, le massif Pyré­
néen. Roches sur roches, pics sur pics,
granit sur granit, tout se confond ; et,
dans cet admirable chaos, il semble
qu’une puissance supérieure a voulu présidei- à une certaine harmonie sauvage,
mais grandiose.
Dès les premiers pas, cette terre bénie
parait pleine de mystère comme une
nuit d’Orient. Quand on vient du centre
de la France, le contraste est frappant.
Ce ne sont plus les molles ondulations,
les horizons compliqués et vagues, les
vallées tournantes, les plaines à céréa-

les ; le climat est plus rude, la nature
plus sauvage et plus décidée. Des rocs
sourcilleux suspendent au bord des pré­
cipices leur crinière de chênes verts, tan­
dis que des nuages floconneux, les buées
légères du matin, montent ou s’accrochent
à leurs aspérités. On traverse des basfonds pleins d’un ruissellement d’eaux,
des colonnades de troncs lisses, derrière
lesquels paissent tranquillement des
moutons, des chèvres et quelques vaches.
Le torrent mugit au fond de l’entonnoir,
et ce torrent c’est le Gave. Tout d’abord
on voit les abîmes, mais on n’en sent pas
de suite les sublimités.

Nous avons vu bien d’autres cités mon­
tagneuses : Bédoin et son Ventoux, Ax
et le Maladetta, Béni-Mansour et le Sa­
hel écumant dans les gorges duDjurjura;
mais toutes ces villes en prennent à leur
aise: elles contemplent de loin la mon­
tagne. Elles n’ont point été, comme Lour­
des, poser leur tête sur le sein même du
géant, et se blottir amoureusement contre
lui, lorsque, tout à côté, l’épanouisse­
ment de la plaine permettait de bâtir en
rase campagne. Image frappante du
Moyen-âge et d’un génie appliqué aux
mœurs de cette époque. C’est la monta­
gne qui, il y a cinq ou six siècles, défen­
dait l’opprimé contre l’oppresseur; c’est
elle qui opposait ses neiges éternelles au
pas de l’envahisseur ; c’est elle, dont les
pâturages gras et abondants assuraient
sinon la richesse, du moins l’existence à
ceux qui lui avaient confié leur indépen­
dance et leur vie. Et depuis, c’est la
piontagne qui apporte actuellement la
fortune à une population laborieuse, par
ses sources thermales, ses sites ravissants
et surtout la merveille de notre siècle
pourtant bien sceptique : l’apparition de
la Vierge à une humble enfant du pays.

Mais suivons la foule empressée qui
descend dans la ville, longe une rue tout
à fait modernisée et décorée de somp­
tueux hôtels, pour déboucher sur l’espla­
nade par un magnifique pont de granit,
d’une seule arche, qu’on dirait suspendu
sur le Gave. Là, tout est beau, splendide,
inénarrable. L’artifice s’est allié à la na­
ture et l’a même vaincue. La coulée a été
nivelée, élargie. Une colossale statue en
bronze de l’Archange terrassant le Dra­
gon rémémore l’antique légende du mont
Saint-Michel; et, n’était la pureté du ciel
méridional, on croirait encore ouïr le
bruit sourd de la vague battant les récifs.
En effet, au milieu des jeux d’une lu­
mière flamboyante, le torrent sonne sur
les galets, se détourne de sa course pri­
mitive par une brusque courbe de Test à
l’ouest, pour aller se heurter plus loin à

La librairie Spinoni-Fourgeaud
possède un assortiment de Classi­
ques d’occasion à très bas prix.
Musée des Familles. Lectures du soir.
Octobre 1868 à septembre 1869. In-4o car­
tonné, 380 pages.
2 fr. 50
C. Fallet.— La France. Sites, monuments,
richesses et souvenirs, avec gravures dans le
texte. Grand in-8o broché.
2 fr. 50
S. de Cantelou. — Sans Mère. Avec gravures
dans le lexle. Grand in-8o broché.
2 l'r. 50
E. Rosary. — Le Journal d’une Jeune fille.
Avec gravures dans le texte. Grand in-8o
broché.
2 fr. 50
B. des Mesnards. — Les Epreuves de Betsy.
Avec gravures dans le texte. Grand in-8o
broché.
2 fr. 50
F. de Nocé. — Cécilia. Récits des premiers
temps du christianisme. Format in-4o, 285
pages. Reliure percaline rouge.
3 fr.
M. Legrand. — La Vallée du Nil. Format
in-8o, 253 pages. Reliure rouge.
2 fr. 50
Mgr Ricard. — Les grands Evêques de
France au XIX“ siècle. Format in-So,
303 pages, encadrements filets rouges. Reliure
percaline rouge.
2 fr. 50
Eugène Asse. — Louis XI et Charles le
Téméraire. Volume ,in-8o illustré. Reliure
rouge, 250 pages.
2 fr. 50
M. Stanley. — Dans les Ténèbres de l’Afri­
que. Recherche, délivrance et retraite d’Emin-Pacha ; ouvrage traduit de l’Anglais avec
autorisation de l’auteur, contenant 150 gra­
vures et 3 grandes cartes en couleurs. Li­
brairie Hachette, Paris, 1890. I11-80, reliure
amateur tranches ébarbées, tête, dorée; ou­
vrage en 2 volumes de 500 pages environ, an
lieu de 35 fr.
15 fr.
F. de Lanoye. — La Sibérie. I11-80, reliure
rouge, tranches dorées, 365 pages.
4- fr.
J. Fernay. — Le Moujik, mœurs populaires
Russes. In-8o cavalier, 220 pages, reliure
rouge, tranches dorées.
Net : 1 fr.
Hérodote. Récits historiques avec introduc­
tion et des notes, par Humbert, professeur
au Lycée Fontanes. Nombreuses vignettes
intercalées dans le texte, 1852. 420 pages.
Reliure percaline rouge, tranches dorées, au
lieu de 3 fr.
2 fr. 25
Mra» Nelly Lieuter. — La fille de l’aveugle.
Ouvrage orné de nombreuses illustrations,
290 pages.
2 fr.
Le père Clair. — Le père Olivaint, prêtre de
la compagnie de Jésus. Reliure percaline rou­
ge, tranches dorées.
3 fr.
Wiseman. — Fabiola ou l’Eglise des Cata­
combes. Traduction nouvelle par Mlle Nette­
ment. Vignettes d’après les dessins de Yand’Argent. Reliure percaline rouge, tranches
dorées, 507 pages.
4 fr.
C. Guyon. — Le Franc-tireur Kolb. Souve­
nirs de 1870-71. Petit in-8o. Reliure perca­
line rouge, tr. dorées, au lieu de 2 fr. 50. 1 fr.

des roches éboulées, débris informes
mais majestueux, muets témoins du génie
de l’homme, dont les puissants explosifs
sont venus à bout de leurs rudes assises.
Nous approchons. L’esplanade, quoi­
que longue, n’est pas une expression kilo­
métrique. Une foule recueillie passe en
chantant des cantiques. On devine quel­
que chose de grand, de formidable, de
mystérieux et tout à coup, dans un ciel
éclatant, surgit, baignée à flots par un so­
leil intense, l’énorme masse architec­
turale élevée et consacrée au culte de la
Vierge-Immaculée. Un monumental esca­
lier à double rampe l’encadre, pendant
qu’à droite courent en cordon le long de
la rivière, des bancs de granit gris. Au
centre de l’hémicycle formé par les ram­
pes d’accès, un large perron "auquel on
arrive par quelques marches de granit
blanc, puis un vaste portail cintré en fer
forgé et ouvragé, et l’on entre dans l’é­
glise dédiée au Rosaire. Chaque chapelle
a ses mystères, chaque autel a ses décors,
tout s’harmonise et l’on sort de cette
belle nef, en éprouvant en soi quelque
chose de vague, doux et indéfinissable,
qui ne laisse pas que de porter à la rêverie.
Nous sommes sur les rives du Gave,
en face de la Grotte où, en 1858, la
Vierge se montra à Bernadette Soubirous.
Tout y est rustique, excessif et conserve
encore ce caractère de grandeur sauvage
qui rappelle l’antique Périgord-Noir et
ses cavernes préhistoriques. Une simple
grille de fer sépare le creux du rocher du
quai c'imenté et recouvert de béton. Der­
rière cette grille, un autel en harmonie
avec le cadre qui l’entoure et au-dessus,
un peu à droite, dans une excavation, la
statue de Celle qui depuis nombre d’an­
nées a fait sentir son occulte et bienfai­
sant pouvoir. Çà et là suspendus au ro­
cher, des crosses, cannes, jambes moulées
et autres appareils destinés à atténuer
dans la mesure du possible bien des
maux physiques, instruments devenus
inutiles et qui prouvent péremptoire­
ment, nous ne dirons pas l’inanité de la
médecine humaine, mais la merveilleuse
puissance de l’action divine.
(Cl Suivre.)
Neicul NeMq.

6

Ainsi que nous l'avions annoncé dans
noire numéro de Juin, nous commençons
aujourd'hui la publication d'un supplé­
ment :
"LA PLUME STÉNOGRAPHIQUE"
Cette nouvelle feuille sera absolument
indépendante de la série d'articles docu­
mentés que nous publions depuis la créa­
tion de i La Plume ». Notre partie typo­
graphique contiendra donc comme par le
passé, une de ces petites causeries desti­
nées à faire connaître à tous l’art abréviateur, et ‘de montrer tous les avantages
qui résultent de ses diverses applications.

*
**
'
LES DAMES
STÉNO-DACTYLOGRAPHES
Nos aimables lectrices ont sans nul
• doute lu avec beaucoup d’intérêt le der­
nier paragraphe de la remarquable
élude que notre excellent ami M. C.
Quéré a publiée dans notre numéro 6.
Nous croyons qu’il n’çsl pas superflu de
revenir aujourd’hui sur cette question
si intéressante à tous égards.
Notre grand confrère le « .Tournai
des Sténographes » que dirige si habile­
ment le distingué M. Depoin, Président
de Ylnstitut sténographique des LeuxMondes, consacre dans son numéro du
15 juin quelques lignes à notre chère
« Plume». Après avoir reproduit une
pai lie de l’article de M. Quéré, il ter­
mine en ces termes :
« Nous ajouterons que le Syndicat
•« général des Sténo-Dactylographes
« contient un bon tiers de dames et que
« l’Association professionnelle des Sté« nographes français a déjà, malgré la
« sévérité un peu effrayante pour de
« jeunes personnes dans ses examens,
■« délivré la carte d’admission après
« épreuves subies au titre commercial à
■« quatre jeunes filles : M’les Madeleine
« Faugeron, Juliette Guclie, Angèle
■« Leferme, et Charlotte Villemain, au« jourd’hui Mme Drouelle.
« Ces deux dernières appartiennent à
•« l’école Duployé. »
Nous venons de parler incidemment
■des sténo-dactylographes, ou sténogra­
phes transcrivant leurs copies à la ma­
chine à écrire. Nous croyons utile de
•donner ici quelques indications sur cette
profession qu’embrassent aujourd’hui un
grand nombre de dames et de jeunes
filles.
C’est en 1873 que parut aux EtatsUnis, la première machine à écrire « la
Remington » (1).
(1) La » Remington » malgré l’apparition de
plusieurs autres systèmes, est encore aujourd’hui
1a machine par excellence et celle qui est la plus
répandue

Ce nouveau mode d’écriture permet­
tait non-seulement d’obtenir une régu­
larité parfaite dans le tracé, rendant la
lecture aussi facile que les caractères
de la plus belle impression, mais encore
augmenter la vitesse manuelle dans de
grandes proportions. L’écriture ancienne
était détrônée.
Les Américains qui rechèrchent en
tout la rapidité et la célérité, compre­
nant tous les avantages qu’ils pourraient
en retirer l’adoptèrent avec empresse­
ment. Aussi à l’heure actuelle ils ne
peuvent comprendre qu’on puisse se
passer de machine à écrire, et s’éton­
nent qu’il y ait encore des commerçants
et des industriels qui, refusent à l’intro­
duire chez eux par ignorance ou esprit
de routine, n’aient à leur disposition que
la plume d’acier.
*
**
La dactylographie importée en France,
il y a peu de temps, a reçu bon accueil
et a rapidement conquis tous les suf­
frages.
La plupart des grandes administra­
tions et des maisons de commerce utili­
sent actuellement au moins une machine
à écrire pour la correspondance.
Mais lorsque le dactylographe est en
même temps sténographe, les services
qu’il rend sont doublés et bien mieux
appréciés. Qu’est-il, en effet, de plus
rapide et de plus pratique pour un chef
de maison, que le dépouillement du
courrier à la mode américaine? Le
secrétaire-sténographe est présent à
l’ouverture des plis, séance tenante, et
en quelques minutes il note fidèlement,
sans en omettre aucune, toutes les
observations et les réponses à faire.
Après cela, le directeur, sûr que sa cor­
respondance journalière sera faite d’une
façon irréprochable, peut vaquer sans
soucis aux affaires de sa maison. Pen­
dant ce temps, le secrétaire transcrit ses
diverses et nombreuses lettres à la
machiné à écrire, et présente à la signa­
ture, un courrier dont chaque pièce est
propre, soignée, lisible, et pour laquelle
il a dépensé infiniment moins de temps
qu’un employé ordinaire qui aurait
copié chacune de ses lettres à la main.
Aussi cette catégorie de secrétaires
est très recherchée et de longtemps
encore les offres d’emploi excéderont le
nombre des candidats présentés. De
plus, cette profession est très rémuné­
ratrice, car pour ne citer qu'un exemple,
les employés ne débutent pas, en
France, à moins de 200 francs par mois
d’appointements.
Il est donc incontestable que l’étude

de la dactylographie ou clavigraphie doit
terminer celle de la sténographie dont
elle est le complément.
Nous engageons donc instamment nos
gracieuses lectrices à ne pas hésiter à
entreprendre sans retard l’étude de
l’écriture rapide. Elles y trouveront
agrément et profit. Et si un encouragement.leur était utile, nous ajouterions
que les jeunes filles sont merveilleuse­
ment douées pour les fonctions de sténodactylographes, car outre la légéreté de
leur main, la souplesse de leur bras,
elles ont plus de constance et se décou­
ragent moins facilement que les jeunes
gens, en présence des difficultés inévi­
tables mais non insurmontables des dé­
buts. Les défections sont par conséquent
très rares chez elles, ne dépassant guère
de 6 ou 7 pour %, alors que 30 pour %
environ de jeunes gens se rebutent et ne
terminent pas leurs cours.
*
* •
Nous ne pouvons mieux faire pour
terminer celte petite causerie que de
citer un aperçu des résultats du con­
cours de sténographie et de machine à
écrire organisé par le Syndicat général
des Sténo-Dactylographes dont la distri­
bution des récompenses a eu lieu le 27
mai dernier.
Sur 20 récompenses accordées à la
Dactylographie, 15 ont été décernées à
des demoiselles.
Le Prix d’ensemble pour la machine à
écrire : Prix offert par M. le Ministre de
l’Instruction publique a été remporté
par Mile Léonie Sponville.
Le Prix de travail correct destiné aux
dactylographes ayant fait proportion­
nellement le moins de fautes, 1 médaille
de bronze, décerné à Mlle Blanche Baur.
Le premier prix de Sténographie ra­
pide consistant en une médaille de ver­
meil : à M1,e Blanche Baur.
C’est M. Jules Lècuyer qui a remporté
le prix d’ensemble pour la sténographie
offert par M. le Préfet de la Seine.
*
**
Comme on le voit ce concours a été
un véritable triomphe pour les jeunes
personnes ; nous sommes certains que
leurs succès ne resteront pas sans écho
et que toutes les jeunes filles seront ani­
mées du désir d’acquérir et de pratiquer
notre belle science.
Courage donc, aimables lectrices !
Puissions-nous avant peu, vous compter
en grand nombre parmi les adeptes de
la grande école Duployè.
L. F. C.

BABET"’

SONNET

Après dîner an fond du bois
Mollement couché sur l’herbette,
J’entendis un refrain patois
■Sortant d’un larynx de fauvette

Avec une pareille voix
L’on a toujours jambe bien faite
— Me dis-je, alors — gentil minois
Sein palpitant, taille coquette
« Quel est ton nom, suave enfant,
Qui chantes cet air triomphant
Sous la voûte de feuilles sombres?»
« Babet, modèle de vertu
Et de candeur.... » — Quel âge as-tu?»
—«J’aurai cinquante ans aux concombres !»
A. Ellivedpac.

Ta voix, ma douce bien aimée,
Remplacerait, j’en suis bien sûr,
Sous la charmille parfumée,
Le rossignol au chant si pur,
Si les oiseaux ne chantaient plus...
Belle, ton haleine embaumée
Remplacerait, oh ! je le crois,
La brise à la voix enchantée
Qui souffle au travers des grands bois,
Si les zéphyrs ne soufflaient plus...
Enfin tes lèvres demi-closes
Remplaceraient, brillant satin,
Les tendres couleurs de nos roses,
Qu’on voit resplendir au jardin,
Si les fleurs ne fleurissaient plus...
L. Chaumont.
Extrait de Douces Folies, par L. Chaumont.
Recueil de vers 0 fr. 50. Librairie Spinoni-Fourgeaud.

Les abonnés seuls de La Plume pourront pren­
dre part, à partir de ce jour, aux concours du
Sphinx.

Gagnants du Concours de Jeux d’esprit

N° 17. Logogriphe
Poulet — Poule
1. K. Rott ; 2. P. L., Bergerac; 3. Lord N...
N° 18. Problème
Prouver que 1 égale 2
On part de la supposition :
a = b = 1
Nous avons donc:
a3 = b3.
et a = 1
En retranchant on a : a(i)
2 — a = b2 — 1,.
on a (a — 1) = (b -f- 1) (b— 1).
Comme a — b, (a—1) égalera donc
(b— 1).

1701-1702. Marlit. — La Dame aux pierreries (2 vol.).
1829. Vsse de Pitray. — L’Arche de Noé.
1831. Jacques Porchat. — Contes merveilleux.

1687, Jeanife Marcel. — Un. bon gros Pataud.
1712. Vsse de Pitray. — Le Château de la Pétaudière.
1726. Chéron de la Bruyère. — La jeune Indienne.
1810. Gel de Baillecourt. — Italie 1852-1862. Feuillets
militaires.
1814. Jean Grange. — Le Robinson d’eau douce.
1820. M,ne E. Raymond. — A contre cœur.
1830. MUe Julie Gouraud. — Le petit colporteur.
1832. Csse de Ségur. — La fortune de Gaspard.

— Après la pluie le beau temps.
1833.
M"

«
J.
C
olomb
.
— L’ambition de Jean Erémissort.
1834.
M
,no
de
S
tolz
.

Ma mère.
1835.
1836. Mme P. de Nanteuil. — Les élans d’Elodie,
1837. Jean Grange. — Souvenirs d’un gendarme.
1688. Mlle J. Gouraud. — Les 4 pièces d’or.

1676. L. Bréthous-Lafargue. — La maîtresse du négrier.
1711. E. Barbier. — Gythère en Amérique.
1735. J. Berthaud. — La France en bicyclette.
1800. E. Bergerat. — La Vierge.
1807. Miss E. Braddon. — Lucius Davoren (tome II).
1681. P. Bourget. — Cosmopolis.
1685. Edouard Cadol. — Le secrétaire particulier.
1690. Michel Corday. — Intérieurs d’officiers.
1694. Chaperon.—Une rédemption.
1801. Albert Gim. — Institutions de Demoiselles.
1827. Arthur Ciiassériau. — Le chemin de croix.
1705-1706. Gapne Danrit.
La guerre de forteresse
(2 vol.).
1707 1708.

La guerre en rase campa­
gne (2 vol.).
1709-1710.

— La guerre en ballon (2 vol).
1715. A. Debay. — Laïs de Corynthe et Ninon de Lenclos.
1815. Gaston Deschamps. — Sur les routes d’Asie.
1818. Capne Derville. — Palmyre.
1714. H. Gréville. — Lucie Rodey.
1683. Jean Grave. — La société mourante et l’anarchie.
1713. Ernest Garennes. — Le sergent Villajou.
1733. Mse de Garches. — Les secrets de beauté d’une pa­
risienne.
»
1816. Antoine Guyllois. — Le salon de M“e Helvétius.
1828. Paul Féval fils. — Un amour de belle-mère.
1839. Judith Gautier. — Iskaender.
1678. Gyp. — Journal d’un philosophe.

8
J’efface ces deux quantités égales des
deux côtés et j’ai :
a= b+i
ou I — I j-1
ou
1=2
Solution fantaisiste :
« Dans tout bon ménage, le mari et sa
femme ne font qu'un.
Donc 2 — i, et inversement, 1 = 2
1. K. Ramel: 2. A. Ellivedpac ; 3. Un
ermite des bords de la Vienne.

même siècle, mais à cinquante ans de
distance, tous deux utopistes, tous deux
amis du genre humain, ayant laissé, le
premier un gros livre qu’on ne lit guère ;
le second, parmi beaucoup de travaux,
quelques petits volumes qu’on lira tou­
jours.
Primes: i° Une surprise;
2° Abonnement de 6 mois à La Plume.
3° Abonn. de 3 mois au Panbiblion.

N° 19. Cryptographie
Souvent femme varie
Bien fol est qui s'y fie.
1. Un Montalbanais; 2. Ellivedpac;
3. Un Rémois.

Prouver qu’un angle droit égale un
angle obtus.

N° 20. Enigme historique
Quels sont les deux écrivains français
portant le même nom, vivant dans le

Primes: I° Un livre relié.
2° Abonnement de 6 mois à La Plume.
3° Abonn. de 2 mois au Panbiblion.
L. F. C.

N° 20. Problème

Primes: 1° Un livre relié.
20 Un porte-cartes.
3°-4° Abonn. de 3 mois au Panbiblion.
N° 21. Devinette
Sans lui faire compliment,
Je serre l’homme étroitement;
Quoique souvent brillant de broderies,
Je n’en tiens pas moins en état
Ce qui ne doit servir, dans un noble comQu’à la gloire de la Patrie.
[bat

JLOOi4*'. V-4.Il» V lJ.Linit.GUij r .
iiinii.vjj.iiun
1718. A. Houssaye. — Le repentir de Marion.
1729. J. de Gastyne. — La Femme en noir.
1731. H. Gréville. — La seconde mère.
1821. W. de Hillern. — La fille au vautour.
1677. Paul Labarrière. — Secret de famille.
1679. A. de Lavergne. — Le lieutenant Robert.
1680.

Epouse ou mère,
1703. Pierre Mael. — Femme d’artiste.
1716. Méry. — Théâtre de salon.
1725. Pierre Kropotkine. — La conquête du pain.
1736. J. B. de Lesseps. — Du Kamtchaka à Paris.
1802. II. Malot. — L’héritage d’Arthur.
1803-1804. X. de Montépin. — La Voyante : Blanche
Vaubaron.
1805-1806.

La Voyante : L’agence
Rodille et Cie.
1812. Daniel Lesseur. — Haine d’amour.
1813. Henri Lavedan. — Le lit.
1822. Jules Lermina. — Terre de glace et Terre de feu.
1840. Jules Mineaux. — Le bureau du commissaire.
1719. H. Murger. — Madame Olympe.
1691. Edouard Pailleron. — Cabotins.
1693-1726. G. de Peyrebrune. — Celui qui revient, 2 ex.
1722. Patraud et Vialle. — Vive le rire.
1728. M. Prévôt. — Nouvelles lettres de femme.
1807. Jean Rameau. — Moune.
1811. Janine. — ... Mais il l’aima.
1826. Patiens. — L’Alsace-Lorraine devant l’Europe.
1838. Georges Rodembacii. — Musée de Régine.
1809. Georges Oiinet. — Le droit de l’enfant.
1817. Mmc Severine. — Note d’une frondeuse.
1819. Jacques Myuroux. — La mission de Filbert.
1692. C. Vignon. — Jeanne de Mauget.
1695. Reibrach. — Ces lendemains.
1717. E. Siioïdis. — Papesse Jeanne.
1720. Richepin. — Mes paradis.

-L .

I

J/JJnü.ll .

VV41VILV.

1730. Marc Monier. — Le Roman de Gaston Renoux.
1684. X. — Saynette et Monologue.
1689. X. — Les gaîtés du chat noir.
1700. X. — Annuaire de la Dordogne 1892.
1704. L. de Tinseau. — Le chemin de Mazas.

Librairie Spinoni-Fourgeaud
(Service d’abonnements sans frais
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LE STÉNOGRAPHE CANADIEN
S fr. par an
Boîte de poste 1587, Montréal (Canada).
LE JOURNAL DES STENOGRAPHES
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62, rue Bonaparte, Paris.

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2 fr. par an
Sincenay (Aisne).

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rue de la Gare. Voiron (Isère).
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51, rue Saint-Sever, Rouen.

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60, rue du Loup, Bordeaux.
LE SIGNAL STÉNOGRAPHIQUE
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3, Aux Pelouses, Lausanne (Suisse).