FRB243226101_P2_611_008.pdf
Médias
Fait partie de La Plume de Périgueux
- extracted text
-
bonheur que nous avons passées ensem
ble?
Un frisson agita tout le corps de la
jeune fille. Elle fit un pas en arrière
pour mieux voir celui qui lui parlait
ainsi et dans un geste de douleur qui
fit pâlir ses lèvres elle répondit sans le
ver la tête:
— Crois-tu que si je ne m’étais pas
jurée de n’être qu’à toi, à toi seul, mes
lèvres se seraient arrêtées sur tes lèvres
et que mes yenx auraient pleuré devant
toi? Crois-tu que ma main tremblerait
ainsi dans la tienne? que mon cœur bat
trait aussi fort? O Georges! crois-tu donc
A Paul Rouget.
que ma poitrine se serrerait ainsi?...
Oui, ia douleur, ami, est un second baptême,
Retrempant de ses flots notre cœur de granit.
Et ses mains, ses petites mains blanches,
Louïs-Mahie Despins.
encore plus blanches que d’habitude,
plus
tremblantes que le jour où, pour la
Près de la falaise ils s’étaient arrêtés.
première
fois, elles s’étaient arrêtées
Les mains unies et tremblantes, les
dans
celles
de Gorges, entr’ouvrirent
yeux mouillés de larmes, fixés dans l’im
mensité bleue de la mer, silencieux, le son fin corsage de mousseline rose,
cœur serré, la poitrine haletante, ils comme si c’était lui qui la faisait souflrir
écoutaient passer le vent sourd et lugu ainsi. — Sans forces, anéantie, épuisée
bre, entre les branches des grands pins. par cette douleur sacrée, ses bras en
D’une main fiévreuse, Georges prit son touraient le visage de son jeune ami, ses
amie par la taille, tandis que ses lèvres yeux, grands et beaux, restèrent fixés
tremblantes murmuraient comme dans vers la mer tandis que ses lèvres micloses laissèrent passer un soupir qui
un souffle:
— Georgette! Ma Georgette! j’ai peur. s’arrêta un instant sur les lèvres de
— Et de quoi, chéri? lui dit-elle en Georges pour reprendre son vol vers
prenant ses mains et en les portant sur l’infini.
— Georgette, reprit le marin en se dé
son cœur.
gageant
de cette étreinte passionnée,
Ils laissèrent tomber leurs regards
devant
cette
mer calme qui a vu naître
vers la mer pour ne pas voir leur pâleur
et au milieu de ce calme, de ce vague, notre amour et notre bonheur, jure-moi
de cet incertain, que nous laisse entre de ne jamais oublier ton serment, jure
voir le flot mouvant, ils resserrèrent moi d’attendre mon retour et de me res
leur étreinte pour mieux écouter les pal ter fidèle...
Elle leva ses bras à la hauteur de
pitations de leur cœur.
l
’
épaule,
pencha sa belle tète blonde
Georges reprit :
vers
son
ami,
et d’une voix nette, mais
— Quand je serai là-bas, là-bas plus
saccadée
par
l
’émotion, elle jura de n’ê
loin que l’horizon qui se perd dans le
tre
jamais
qu
’
à
son Georges adoré.
bleu, ton cœur, ô Georgette! se rappelL
’
écho
répéta
son serment et l’emporta
lera-t-il toujours celui qui à travers l’es
bien
loin,
bien
loin.
pace infini du monde ne cesse de pen
*
ser à toi, à ton amour, aux heures de
* *
SOMMAIRE : L’Ange gardien. — Crachat d’Impérator (à suivre).— Variétés : Extrait de Cœurs
de Femmes. — Au pied des Pyrénées : Lourdes
(suite et fin). — Fable d’Esop... ilante. — Bi
bliographie. — La Sténographie dans le journa
lisme. — La Poésie. — Concours du Sphinx :
Gagnants du Concours; Jeux d’esprit du n» 8. —
Boîte aux Lettres. — Nouveautés.
L’Hirondelle vogue à toute vitesse
vers le ciel d’Orient. Sur le pont Geor
ges est resté les yeux rivés au rivage.
Soudain il agite la main et les larmes
lui viennent plein les yeux, il retourne
la tête, sèche ses pleurs et quitte le pont.
Lorsqu’il y remonta les côtes de France
avaient disparu dans le brouillard.
Ce jour-là Georgette était venue à la
falaise.
Les yeux grands ouverts, les lèvres
crispées, penchée vers la mer calme,
elle semblait demander au flot qui mon
tait directement vers elle, pitié pour ce
lui qui était à sa merci. Puis elle étendit
la main sur l’onde silencieuse, regarda
longtemps filer Hirondelle et avant de
quitter cet endroit si cher à ses souve
nirs elle renouvela son serment d’amour
et de fidélité.
C’est à ce moment que le jeune marin
pleurait de douleur.
*
*#
L'Hirondelle est revenue, mais sans
Georges. Le capitaine a dit qu’il était
mort là bas, sur le sable brûlant, de la
fièvre...
Georgette n’a même pas poussé un cri
ni versé une larme. Dans un regard
étrange, elle a enveloppé cet homme
qui lui apportait le sombre, l’effroyable
désespoir, et elle s’est enfuie comme si
elle avait eu peur.
Elle est allée pleurer sur le bord de la
mer son fiancé qui ne reviendra plus.
Elle a pleuré, bien pleuré, ses joues
en sont meurtries et ses yeux en sont
voilés. Elle a regardé cette mer sinistre
qui lui avait pris ce qu’elle avait de plus
cher, et le visage grimaçant, le corps
agité dans une horrible convulsion, elle
a pris une pierre, une grosse pierre, et
mue par une force surnaturelle elle l’a
lancée dans les flots avec un blasphème.
Chaque jour elle revient pleurer à
cette même place.
Chaque jour elle vient consulter l’ho-
2
rizon comme au temps où elle attendait
le retour de l’Hirondelle.
Lorsque la nuit l’enveloppe dans son
voile lugubre, lorsque la mer n’existe
plus que par le bruit et par le phare qui
scintille au loin, les sanglots reviennent
dans sa poitrine, les pleurs dans ses
yeux, le désespoir dans son cœur.
Lorsqu’elle a assez pleuré, lorsqu’elle
s’est assez morfondue dans sa douleur,
elle revient vers le village se consoler
sur le cœur d’une vieille mère qui souf
fre beaucoup du désespoir de sa pauvre
enfant. Mais dans ce pèlerinage de quel
ques heures elle est sans cesse suivie
par une ombre mystérieuse qui s’agite
derrière elle, un fantôme qui va d’arbre
en arbre, de rocher en rocher, qui s’at
tache à ses pas, épie ses moindres mou
vements avec mille précautions.
«
* *
La nuit était plus noire et plus chaude
que d’habitude. Les oiseaux poussaient
des cris perçants et le tonnerre gron
dait lourdement vers la mer. Soudain la
vague s’agite, le flot monte et devient
houleux, roule, se tord, bave et renaît
plus sinistre encore. La mer remuée par
d’horribles convulsions vient se briser
avec fracas sur les rochers. Le flot, tou
jours le flot, le flot monte toujours.....
Georgette, devant ce lugubre specta
cle de l’Océan en courroux, a senti tout
son sang lui monter à la tête. Elle a
pensé à son Georges, à son Georges que
la mer en furie roule sans pitié au fond
de son sein ; elle a pensé à son fiancé qui
l’a prise avec son premier baiser et son
premier serment. Dans un moment de
folie, de désespoir, de suprême délire,
elle a tendu ses bras tremblants vers
l’onde furieuse et ses lèvres crispées ont
laissé passer un mot étouffé aussitôt par
le bruit des flots ; mais elle a repris ha
leine pour dominer la tempête : — Geor
ges, clame-t-elle et ses bras s’allongent,
s’allongent en avant, son buste se pen
che et prêle à rouler de rocher en rocher
au fond de la mer, l’ombre, l’ombre mys
térieuse de chaque nuit surgit aussitôt;
deux bras longs et maigres prennent la
désespérée par la taille et sans dire un
mot, sans pousser un cri, l’emportent
vivement vers le village.
C’était sa mère... sa mère, qui veillait
sa Georgette. Elle savait bien, la pau
vre, qu’elle ferait quelque mauvais coup,
la mer est si mauvaise conseillère.
Albert Desmeaux.
A Victor-Jean RICHEP1N
Et proclamer, aux yeux, de l’Immortalité
L’Indépendance chère à notre Liberté !
En tous temps, les guerriers, au souffle de Forage,
N’eûrent jamais recours qu’à leur mâle courage
Se souvenant, toujours, qu’il faut, pour bien grandir
Sur le champ de l’Honneur, triompher ou mourir!
(A suivre.)
Alexis Patraud.
HOMMAGE AU MAITRE
I
C’était au lendemain d’une grande bataille !
Sedan fumait encor haché par la mitraille [d’acier,
Des sombres canons Krupp, aux lourds reflets
Où flambait le soleil tel un rouge brasier !
— Minables francs-tireurs, au hasard de la route,
Poursuivis par la faim, le froid et la déroute,
Transis sous leurs haillons, mornes et harassés,
Heurtant des morts hideux, rampant dans les fossés,
Se traînant au revers des blancs talus de glaces
Où l’obus, en hurlant, se taillait des crevasses,
Jetant, pour s’alléger, leurs shakos en lambeaux,
Leurs chassepots rouillés et, parfois leurs manteaux.
Ils allaient, l’œil hagard ! —
— Au lointain, dans la plaine,
Les feux du camp prussien, d’une lueur soudaine
Flambaient !
— Garibaldi, toujours plus ombrageux,
Dévorait du regard les horizons neigeux
Que déchirait l’éclair des bombes à mitrailles
Faisant gémir le sol jusque dans les entrailles,
Alors que les canons, d’un grand recul de rein
Crachaient le plomb mortel de leurs gueules d’airain !
Sous sa capote grise et sa barbe en broussaille,
Et le visage altier, balafré d’une entaille,
Le héros de Volturne eût un rire cruel
Et guerrier à la fois !
— Plus noble que Cromwell
Soudain, il apparut et, dans un geste épique,
S’armant d’un coutelas aussi long qu’une pique
Terrible, il éclata : — « Léonen del Baccho,
« Porras di Masftini ! Rétnus der Spe^accko !
« Officiers animés d’une même vaillance,
« Luttant, comme lions, pour le drapeau de France,
« Choisissez un millier de soldats valeureux,
« Et surprenez le camp qui s’endort glorieux 2».
« Ecoutez : Vous rampez jusques aux sentinelles,
« Vous criez — A la garde ! — et vous tombez sur
[elles !
« Nos ennemis, ainsi troublés dans leur sommeil,
« Sont démoralisés à leur brusque réveil !
« Sans songer à pousser le moindre cri d’alarme
« Ils sont faits prisonniers et passés par les armes ! »
« Mais il faut se hâter, enfants, il se fait tard ! »
Alors, mille héros jurant sur son poignard
De leur fidélité, disparurent dans l’ombre ! [nombre ?
Ils sont bien peu, c’est vrai, mais qu’importe leur
Roland, à Ronceveaux, en soufflant dans son cor
Ne mourût-il pas seul d’une envieuse mort?
Eût-il besoin, jamais, d’un grand nombre de braves
Pour traverser le Rhin et les froids steppes Slaves,
Le spectre de Brumaire au sceptre impérial,
Rouge de sang humain?
—r Oui, ce brun général
Qui montait un coursier aux naseaux blancs d’écume,
Pour se casser la tête, un jour, sur le bitume
De Paris?
— Vous savez bien qu’un beau soir, au pont
D’Arcole, il se coucha sur l’affût d’un canon?
L’Europe, à ses genoux, admirait son audace
Et tremblait à sa voix qui grondait dans l’espace !
Non! le nombre n’est rien et le héros est tel
Qu’il peut broyer, demain, comme Guillaume Tell
— En tuant un Gessler, féroce et mercenaire —
Un royaume ébranlé par le choc populaire
(1) Reproduction formellement interdite sans le
consentement de l’auteur.
Fragments du Journal.de Gaston :
A bord de VAlcyon, le........
Jamais traversée ne m’a paru aussi
longue ! Les grandioses beautés de la
nature, les changeants aspects des cô
tes, la splendide immensité de l’eau, me
laissent absolument froid, et c’est d’un
œil morne que je contemple cette mer
— anciennement maîtresse unique et
adorée.
Aujourd’hui, j’aime. J’aime, non point
d’un de ces capricieux amours nés, soit
de la couleur d’yeux bleus ou noirs, soit
d’un teint plus ou moins éblouissant,
mais d’une passion vivace et profonde.
J’aime cette âme vierge qui s’est livrée
entière et pure, dans les candides épan
chements de ses lettres........
A bord de FAlcyon, le........
Autrefois je trouvais l’univers trop
étroit, maintenant mon esprit — lassé
des vaines chimères et des amours ba
nales — n’aspire plus qu’à rester sur un
coin de terre : n’importe lequel, pourvu
que Tristania le poétise par sa présence
et l’embellisse de sa beauté. Mais ce
bonheur ardemment souhaité sera-t-il le
mien ? Tristania ne se joue-t-elle point
encore de moi? Le rendez-vous de Dijon
sera-t-il réel ou fictif? Sa manière d’être
à mon égard n’est guère faite pour me
guérir de mon scepticisme.
A bord de F Alcyon, le........
La nuit tombe et la mer — incendiée
de phosphorescentes lueurs — soulève
l’admiration enthousiaste de mes compa
gnons qui fument sur le pont.
Réfugié dans ma cabine, assis devant
quelques feuillets — jaunis déjà par le
temps et tachés de mes larmes — moi,
je rêve seul et mélancolique. Amour, tes
dards seraient-ils empoisonnés? PeutIl) Extrait de Cœurs de Femmes, par Camille
Natal, volume couronné le 27 mai 1894, par la
Société d’Encouragement au Bien. — Librairie
Spinoni-Fourgeaud, 2, cours Montaigne, Péri
gueux. — Envoi franco par la poste contre mandat
ou timbres (français ou étrangers).
3
ENCYCLOPÉDIE UNIVERSELLE
LANGUE FRANÇAISE
GÉOGRAPHIE — HISTOIRE — BIOGRAPHIE
LETTRES — SCIENCES & ARTS
Rédigé par les Savants, les Spécialistes et les Vulgarisateurs les plus autorisés
sous la direction de
PATJL
GUÉRIN
etre; mais alors ce poison verse la plus
subtile des ivresses, car je n’échange
rais point mes sublimes tourments ac
tuels contre mon indifférence de jadis.
A bord de VAlcyon, le........
Nous voici en vue du littoral. Quelle
plume pourrait traduire l’émoi de mon
âme ? Autrefois, rien qu’à l’invocation
de « la Patrie », mon cœur se gonflait
d’une indicible joie. Aujourd’hui qu’en
ma pensée s’y mêle le souvenir si tendre
de Tristania, ce nom de « la France »
infiltre dans tout mon être d’inénarra
bles délices........
En rade de Brest, le........
Demain ! demain ! je foulerai le sol
natal et je partirai immédiatement pour
Dijon.
Suite nu Journal de Gaston :
Comment, après les singulières aven
tures qui m’attendaient à ma sortie de
vagon, comment après les surprises
réservées par l’étrange rendez-vous que
m’avait assigné Tristania, comment, au
milieu du bouleversement de mes es
prits, trouver assez de calme pour re
tracer les multiples émotions de cette
après-midi ?
Dire la fiévreuse impatience qui m’a
dévoré pendant les dernières heures
passées sur V Alcyon, dire ma hâte d’a
border, comme aussi la joie profonde,
mais parfois troublée de craintes — avec
laquelle j’ai pris mon billet pour Dijon,
sont là toutes choses fort difficiles à re
later, car je ne me les rappelle que très
imparfaitement ; mes idées dansaient en
un tourbillon et tant d’hypothèses se
heurtaient dans mon pauvre cerveau
affolé.....
Par contre, bien présentes à ma mé
moire sont les impressions de mon
arrivée.
»
Le train ralentit sa marche et mon
cœur, lui, accélère ses battements.
Avant même que la locomotive fût
complètement arrêtée, j’étais déjà sur le
quai cherchant Robert parmi la foule
groupée auprès des salles d’attente.
Mes yeux eurent beau renouveler
plusieurs fois leur manège, mes curieu
ses investigations restèrent sans résultat.
Pourquoi Robert manquait-il à l’appel?
Dans quel but me privait-il de cette mar
que d’amitié? Fort désappointé je me
dirigeai vers la rue indiquée, à pied,
car mes nerfs éprouvaient l’impérieux
besoin de se calmer par la marche.
Arrivé devant l’habitation, je tirai si
brusquement la sonnette que le cordon
cassa net. Je tenais à la main cette élé
gante cordelière de soie, quand le do
mestique — réprimant assez mal son
intempestif désir de rire — me pria de
décliner mon nom. J’obéis immédiate
ment et je le fis d’une voix très élevée,
de façon à être entendu du premier
étage. N’avais-je point ouï dire qu’en
province, les maîtres, parfois, guettent
— invisibles sur l’escalier, — pendant
que les serviteurs ouvrent, puis qu’ils
descendent les marches quatre à quatre,
lorsqu’ils souhaitent recevoir les visi
teurs dont ils reconnaissent les voix
amies. Nouvelle déception. Le Ah ! c’est
toi! que j’espérais ne se fit pas enten
dre. On m’introduisit dans un salon ; la
portière retomba lourdement sur moi
et je restais seul. J’eusse pu admirer à
l’aise le luxe de bon ton qui régnait dans
l’ameublement, ainsi que le goût artisti
que qui avait présidé au choix des bibe
lots ornant les tables et les encoignures,
mais, absorbé dans mes pensées, je ne
cherchais qu’à comprendre — sans y
parvenir, hélas ! — les motifs de cette
réception si froide, alors que mon ima
gination l’avait rêvée tout autre.
Enfin, un froufroutement de jupes!
Et belle — aussi belle qu’à Bagnères-deLuchon — Thérèse-Blanche Tristania
parut, suivie d’une autre jeune femme
ayant la même taille, le même regard —
à la fois hardi et chaste — le même
sourire, la même nuance de cheveux et,
dans tout l’ensemble, les mêmes char
mes langoureux et captivants.
— « Robert, mon mari, a été obligé de
s’absenter, me dit l’une d’elles, accen
tuant de sa voix musicale le mot mari,
mais je suis chargée de vous garder ici,
prisonnier sur parole, jusqu’à son re
tour ; puis de vous présenter, en son
nom et au mien, ma sœur jumelle Tristania-Aimée, ajouta-t-elle, en souriant
avec malice.
— Me pardonneras-tu ma complicité ?
s’écria Robert qui fit alors irruption dans
la pièce.
— En épousant les deux sœurs, nous
deviendrons ainsi encore plus intimes,
plus frères qu’auparavant répondis-je,
quand notre mutuelle émotion se fut
calmée.
Suite du Journal de Gaston :
Naples, le........
Nous sommes mariés depuis huit jours
et, comme voyage de noces, nous visi
tons l’Italie.
Seulement hier, ma femme adorée m’a
avoué le subterfuge dont on s’est servi
pour me la faire épouser.
Il y a cinq ans, elle m’avait vu plu
sieurs fois aux bals de la préfecture ma
ritime de Toulon, sa ville natale, et
s’était, parait-il, éprise de ce brun gar
çon insouciant et gai, que, par modestie,
je ne veux pas nommer.
Tristania-Aimée, confia son secret à
sa sœur. Lorsque celle-ci devint la femme
de Robert, elle apprit alors, de la bou
che de son nouvel époux, qui j’étais
A
et quelle aversion je professais pour le
mariage.
Par un hasard étrange, Mme de Morvans me rencontra dans les Pyrénées,
se gardant bien de se faire connaître,
elle fomenta, sous son nom de jeune
fille — repris pour la circonstance — la
petite conspiration que l’on sait ; suppo
sant que si la Providence avait permis
cette singulière coïncidence, ce devait
être certainement pour qu’elle put assu
rer la félicité de sa sœur jumelle.
Mme de Morvans, escomptant les chan
ces offertes par leur frappante ressem
blance, joua son rôle délicat avec le réel
talent qu’y aurait déployé une artiste de
profession.
— « Maintenant que vous savez qui je
suis, m’aimerez-vous toujours autant que
Blanche-Tristania?» conclut ma jeune
femme on posant avec une tendresse
câline sa jolie tête sur mon épaule.
— Votre nom lui-même n’est-il pas un
sûr garant de mon affection ? lui ai-je
répondu avec un tel éclair de bonheur
dans les yeux, qu’il n’a dû s’élever aucun
doute, en son esprit, sur la sincérité de
mes paroles : Eternellement, vous res
terez ma Tristania aimée, ai-je ajouté en
l’attirant sur mon cœur.
Dijon, le........
J’ai donné ma démission et, depuis un
an, je vis, moi aussi, en paisible provin
cial dans la maison prêtée par la tante
de Robert pour être le théâtre du mysté
rieux rendez-vous de l’arrivée. Depuis
le récent décès de cette tante, cet im
meuble, très spacieux, abrite facilement
mon ménage et celui de Robert, etc., etc.
Camille Natal.
Laisssons la Grotte à son recueille
ment, aux pensées qu’elle suggère ;
passons devant les piscines où la foule
des heureux comme celle des déshéri
tés de ce monde se vient abreuver et
baigner ; gravissons les cent vingt mar
ches de l’escalier en tourelle qui conduit
sur le dôme de l’église du Rosaire, sur
la première plate-forme et entrons dans
cette crypte où tout est silence, gran
deur, mystère et recueillement. Comme
un sénateur romain sur sa chaise curule,
la statue colossale de saint-Pierre montre
le chemin, alors que deux modestes
entre tous, Benoit Labre et Germaine
Aventures de Micnet Hartmann. 2 v. blr.
1. Les Marquards.
2. Le Chien noir.
Les Aventuriers. 1 volume................ 3 —
Balle-Franche. I volume..................... 2 —
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1. Le Voladero.
2. Le Capitaine Kild.
3. Le Saul de l’Elan.
Cardenio. 1 volume............................... 3 —
La Castille d'or. 1 volume................... 3 —
Le Chasseur d’abeilles. 1 volume.... 3 —
Le Chasseur de rats. 2 volumes........ G —
1. L’OEil gris.
2. Le Commandant Delgrès.
Le Chercheur de pistes. 1 volume... 3 —
Le Cœur Loyal. 1 volume................... 3 —
Cœur de pierre. 1 volume................... 3 —
Cornêlio d’Armor. 2 volumes............ 6 —
1. L’Etudiant en théologie.
2. L’Homme tigre.
Les Coupeurs de routes. 2 volumes.. G —
1. El Platero de Urès. ■
2. Une Vengeance.de Peau-Rouge.
Curumilla. 1 volume............................. 3
L’Eau qui court. 1 volume................. 3 —
L’Eclaireur. 1 volume.......................... 3 —
La Fièvre d’or. 1 volume................... 3 —
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1. Fanny Dayton.
2. Le Désert.
3. Le Vautour fauve.
Les Francs Tireurs. 1 volume.......... 3 —
Les Gamhucinos. 1 volume................. 3 —
Le grand Chef des Aucas. 2 volumes. G —
La grande Flibuste. 1 volume............ 3 —
Les Guaranis. 1 volume....................... 3 —
Les Invisibles de Paris. 5 volumes. 15 —
1. Les Compagnons de la Lune.
2. Passe-partout.
3. Le Comte de AVarrens.
4. La Cigale.
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La Loi de Lynch. 1 volume................ 3 -—
Lucy, histoire américaine. 1 volume. 3 —
Le Missionnaire. 2 volumes............... G —
La Main-Ferme. 1 volume................. 3 —
Le Mas Horca. 1 volume..................... 3 —
Mon dernier Voyage. Le Brésil
nouveau. 1 volume.............................
Facilité de paiement pour tout acquéreur des
œuvres complètes.
Cousin nous donnent l’exemple, l’un de
l’humilité et de la pauvreté, l’autre de
l’innocence et de la bonté. L’air de cet
asile de prière est lourd, saturé des
émanations de cire fondue et d’encens.
Sur les murs, dans les chapelles, par
tout des plaques de marbre blanc bril
lent dans la pénombre,get que de grâces,
que de remerciements ne portent-elles
pas en lettres d’or à Celle que, depuis
près de vingt siècles, on nomme la con
solatrice des affligés ! On n’entend que
sourd murmure vague et confus des
prêtres à l’autel et des fidèles proster
nés. 11 se dégage une atmosphère d’apai
sement, et c’est bien là que les âmes
malades et fatiguées des luttes incessan
tes de la vie trouvent sinon le calme
complet, du moins une suspension mo
mentanée de leurs souffrances.
En quittant ce lieu de retraite dont
l’ombre épaisse invite à la méditation,
on est ébloui. Le soleil frappe verticale
ment sur les terrasses et les gradins ; la
citadelle estompe le ciel enflammé de
son énorme masse et semble encore pro
téger la vieille cité couchée à ses pieds,
pendant qu’au-dessus de la crypte et
dominant la vallée, sur cette admirable
assise naturelle de roches entassées, se
dresse la Basilique élégante, aux flèches
élancées, toujours fraîche, toujours
riante ; et l’on oublie volontiers la foule
bariolée qui circule alentour. Il faut
avoir vécu dans le chaos de la civilisa
tion contemporaine, il faut en avoir subi
la fatigue et les ennuis, pour sentir le
charme d’une arête vive de marbre ou
de granit sur le ciel bleu, pour savourer
l’harmonie des angles et des courbes,,
que la prière chrétienne emprunte à
l’art antique. Le cœur de l’homme lassé
ou dégoûté des raffinements de l’exis
tence mondaine se dilate, lorsque dans
l’encadrement des arcs, une main sa
vante entrelace des symboles et des
mystères avec ces feuillages disciplinés
qui poussent dans le paradis des archi
tectes. Avec quel recueillement n’entret-on pas dans le demi-jour du sanctuaire,
où les marbres veinés de gris répandent
une clarté bleuâtre et entretiennent une
fraîcheur sépulcrale ?
Est-ce que tout ne parle pas à l’imagi
nation, au cœur, jusqu’à ces admirables
ex-voto, monuments de piété filiale à la
Mère de Dieu, Mère aussi du genre hu
main ? Avec quel respect ne s’incline-ton pas devant les chapiteaux gothiques
des chapelles? Salut d’abord aux vieux
saints immobiles sur leurs autels immua
bles ! Salut à ces dompteurs d’âmes, à
ces précepteurs de l’humanité ! Salut à
ces étendards qui battent fièrement leurs
couleurs aux voûtes du temple, souve
nirs impérissables de la reconnaissance
des peuples ! Salut enfin à cette Vierge
qui, sur son trône de lumière, préside
encore aux destinées du monde !
Quotidiennement les échos répercu
tent les chants de triomphe et d’allé
gresse en l’honneur de la Mère du Sau
veur. Certes, le christianisme n’est pas
une religion morose, une religion d’hom
mes mûrs et désabusés; c’est plutôt la
foi d’une société qui avait trop large
ment .joui de la vie à l’époque de son
adolescence, et qui, fatiguée de ses dé
bordements, dégoûtée de tout, même de
ses fabuleuses superstitions, se replie
sur elle-même pour faire son examen de
conscience, après avoir abdiqué le gou
vernement du monde entre les mains
d’un Maître. Heureux l’homme simple
et robuste qui, dans son enfance insou
cieuse, a pu goûter la saveur des mythes
ensoleillés qui poussent à travers champs !
Sa conception naturelle et vivante n’a
pas été étouffée dans l’œuf par le voisi
nage d’une civilisation corruptrice. Qui
peut dire quelle fleur de poésie s’épa
nouit dans le cœur de l’enfant et de
l’homme suivant le droit chemin ? Les
sophismes tôt ou tard périssent. Après
avoir atteint un certain éclat, agité bien
des sociétés, troublé bien des cerveaux,
ils s’évanouissent en fumée comme les
notes légères d’un scherzo de Mendelssohn, et les générations futures ne
les entrevoient plus qu’à travers le
prisme nébuleux de l’histoire, tandis
que le sentiment religieux vit et vivra
toujours.
Telles sont les pensées que nous sug
gère la vue de ces lieux bénis où l’art
sacré s’allie à l’art profane, où la terre
rocailleuse parle au cœur.
Nous n’avons pas voulu quitter ces
Nous recommandons à nos lecteurs A CA
CHE-CACHE, une comédie en un acte et en
prose, que vient de publier l’éditeur Léon Vanier, de Paris.
Nous avons été frappé par l’ingénieuse com
position de cette œuvre et l’originalité de sa
donnée. Dans un style alerte, toujours clair,
l’auteurise moque avec esprit des ridicules de
l’exagération en toute chose et y démontre qu’il
ne faut rien trop perfectionner, même la vertu,
rappelant par saj langue élégante ces jolies co
médies de paravent du xviii” siècle, elle semble
avoir été écrite pour le théâtre particulier de
quelque fermier-général et les personnages,
quoique modernes, nous apparaissent vêtus en
dragons du roi, ou en robes à paniers avec la
mouche à l’œil et nous croyons signaler à nos
lecteurs un véritable régal littéraire.
Sous le pseudonyme d’H. Legrand, se cache
la personnalité sympathique d’un de nos conci
toyens d’adoption.
En vente à la librairie SPINONI-FOURGEAUD, à Périgueux.
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sites vraiment enchapteurs sans être
allé saluer ce que la montagne oflre de
plus magnifique dans sa haute concep
tion, un lac sur un sommet. Après les
monts, la plaine liquide et au-dessous
embrassant l’espace azuré, l’immensité.
Le soir enfin, au moment du départ,
nous ne pouvions nous arracher au
splendide panorama formé par l’amon
cellement des montagnes. Le soleil à
son déclin envoyait ses flèches d’or et
jouait amoureusement avec les marbres
sur la belle nudité des rochers. Ses der
niers feux animaient ces voûtes chré
tiennes aussi correctes dans leur courbe
que la révolution des astres, et toutes
brillantes d’un éclat mystérieux. Le
vent du soir soufflait doucement et nous
croyions entendre les vibrations d’un
accord parfait. Etait-ce la musique des
sphères dont l’enivrement pour l’homme
est le paradis? Etait-ce un chœur aérien
dont les anges et les séraphins étaient
les exécutants ? Le sifflet strident de la
locomotive nous arracha à ces douces
rêveries et nous partîmes en murmurant :
Au Revoir, Lourdes, au Revoir :
Neicul Nemo.
offerte à tous les elients de la Librairie
SPÏVOM-lOtKOEiin
prenant pour 10 francs de marchandises
Par suite d’un traité passé avec un Artiste
Peintre de talent ayant obtenu une médaille
d’or, Paris 1886-1893 et admis au Salon des
Champs-Elysées, nous olfrons à nos clients une
prime artistique gratuite, consistant en un
PORTRAIT PEINT A L’HUILE
X 10.
sur panneau bois liX
« due je voudrais, mon cher, grossir
Et pouvoir dès lors contenir
Dans nia coque au moins l’hectolitre. »
Disait à l’Outre un certain Œuf.
— « Tu n’es qu’un sot et qu’un bélitre,
.a grenouille aspirant à grossir comme un bœuf.
— « Je suis ambitieux : paille deviendra poutre!
— « Soit. Va te faire Œuf, Outre!! »
A. Ellivedpac.
Extrait de Sonnets, Sonnettes et Sornettes, élégante br
:hure. Prix : 1 fr. 28. — Envoi franco contre timbre
loste adressés à l’auteur, M. A. Ellivedpac, à Vill
leuve-les-Béziers (Hérault).
DANS LE JOURNALISME
S’il est une profession qui a les rela
tions les plus intimes et les plus fréquen
tes avec la sténographie c’est sans con
tredit le Journalisme.
L’art abréviateur paraît avoir été
appliqué pour la première fois dans la
presse, en Angleterre vers 1780. En effet
c’est à cette époque qu’un corps de re
porters-sténographes fut organisé par
Perry, directeur du Morning Chronicle.
<On se servait alors de la méthode de
Mason, méthode en usage depuis 1682,
■et qui n’était autre qu’un perfectionne
ment des notes sur l’écriture abréviative
que Timothy Bright avait publiées en
1558.
L’exemple donné par le Morning
-Chronicle fut suivi, à partir de cette
• époque, par la plupart des grands jour
naux anglais et français. Les reporters
de cés feuilles abandonnèrent bien vite
l’écriture ordinaire condensée, qu’ils
avaient employée jusqu’alors, pour se
servir d’un système plus rapide, plus
expéditif et plus rationnel : la Sténogra
phie.
Il est à remarquer que jusque vers la
fin du règne de Louis-Philippe, les dé
bats parlementaires furent pris en France
par les sténographes du Moniteur uni
versel. Ce fut en 1845, que le service
de la sténographie parlementaire fut en
levé au Moniteur et devint service offi
ciel.
*
**
Malgré l’esprit d’initiative des Améri
cains, l’écriture rapide est restée bien
longtemps sans être mise en usage par
les journaux des Etats-Unis; les hommes
politiques lisant presque tous leurs dis
cours qu’ils avaient au préalable prépa
rés et écrits.
Non seulement la presse américaine
n’employait pas de sténographes, mais
il fut un temps, où parait-il il n’était pas
permis de reproduire un discours d’un
grand homme sans son consentement.
A ce sujet, l’honorable journaliste M.
Murat-Halstead, de Cincinnati citait l’a
necdote suivante, dans le discours qu’il
prononça au congrès slénographique
tenu dans cette ville en août 1882 : (1)
« Vous n’apprendrez pas sans rire
«,qu’un reporter aussi distingué que
(1) Ce discours a été publié dans le premier nu
méro de Pemin’s Mnnlldy stenographer, revue
mensuelle fondée à Détroit (Michigan). 11 a été
également reproduit par le Progrès sténographique
de Pontoise.
« mon ami Richard Smith a été ren« voyé de la plate-forme par un grand
« homme d’Etat, M. Henry Clay, parce
« qu’il voulait recueillir son discours à
« Lexington. Lorsque mon ami se pré« senta sur la plate-lorme pour sténo« graphier le discours de Clay, le grand
« Kentuckien refusa de commencer
« avant que Smith eût laissé là ,son
« crayon, ce qu’il fit en quittant la
« plate-forme avec indignation. Mais la
« presse associée de New-York en
« donna le texte pris par l’éditeur de
« ï’ Enquirer, qui se trouvait sur la
« plate-forme en même temps. »
Aujourd’hui, aussi bien aux EtatsUnis, qu’en France, en Angleterre et en
Allemagne, la majorité des journalistes
sont sténographes et non les moins ha
biles. Sans entrer dans trop de détails,
examinons les principaux cas où l’art
abréviateur leur sert avec avantage.
*
* *
Tout d’abord, dans les deux Cham
brer: Sénat et Chambre des députés,
outre les sténographes officiels, il n’est
pas une de nos grandes feuilles quotidien
nes qui n’emploie un ou plusieurs repor
ters-sténographes, choisis parmi les plus
habiles, pour prendre les débats, qui sont
reproduits chaque jour in-extenso.
La presse fait également sténogra
phier les débats de la plupart des procès
dans les affaires civiles et criminelles.
Parmi les diverses fonctions du jour
nalisme, où l’art abréviatif a une place
marquée, il convient de citer l’interview.
En effet comment rendre d’une façon
exacte, à moins d’ètre doué d’une mé
moire extraordinaire, les diverses par
ticularités d’une conversation, si la sté
nographie ne vient en aide.au reporter?
Il risquerait fort de donner un sens tout
opposé à celui de la pensée de son in
terlocuteur.
Cette manière de sténographier un
interview, présente quelques inconvé
nients pour un journaliste.
En effet, il ne peut guère prendre ses
notes devant l’interwievé sans déroger
aux lois de la bienséance ; d’autre part,
s’il ne prend que quelques points prin
cipaux, il ne lui reste pas plus d’avan
tage que le reporter qui ' reproduit la
conversation de mémoire.
Celte particularité si intéressante à
tous les points de vue a été tout récem
ment merveilleusement entendue par
deux rédacteurs du Figaro, MM. Morice
et Jarzuel dont il a été question dans
l’interpellation Paschal Grousset fl).
Ces deux journalistes se sont rendus
auprès de la personne intéressée avec
laquelle l’un d’eux a conversé pendant
que le deuxième notait fidèlement et ri
goureusement toute la conversation.
L’interview compris et pratiqué de
cette façon revêt un caractère d’authen
ticité absolue.
*
•*
Le développement des réseaux télé
phoniques dont un grand nombre sont
déjà en communication avec Paris, a
fait créer une nouvelle fonction dans la
presse, celle desténographe-t Téphoniste.
C’est à ce titre que mon excellent ami
M. Camille Quéré, ancien Président de
l’Union sténographique de Touraine, est
attaché à la rédaction de la « France
militaire. »
Inutile de mentionner ici la rapidité
avec laquelle les dépêches les plus lon
gues sont transmises, transcrites et pu
bliées dans les journaux. Elles ont outre
leur réception instantanée, l’avantage
d’être plus longues et par conséquent
plus précises que les dépêches télégra
phiques.
Toutes les grandes agences de publi
cité emploient actuellement des sténo
graphes comme téléphonistes.
Il serait à désirer que tous les compo
siteurs connaissent l’écriture abréviative
afin de pouvoir composer immédiate
ment sur le manuscrit du sténographe.
Ce dernier n’aurait plus à transcrire sa
copie en écriture ordinaire et alors
combien de temps gagné!
★
**
Plus on pénètre au sein du journalis
me, plus les applications de la sténogra
phie se multiplient. Qu’il nous suffise de
dire en terminant que les reporters peu
vent copier textuellement des documents
très importants qui, dans certaines cir
constances ne peuvent être mis que
quelques instants à leur disposition. Ils
peuvent noter, sans en négliger un seul,
tous les renseignements qui leur sont
fournis de vive' voix, et prendre dans
leur entier un discours , une confé
rence quelconque.
La plupart des systèmes de sténogra
phie sont mis en pratique actuellement
par les membres de la Presse, mais la
méthode Duplo.vé est celle qui est em
ployée par le plus grand nombre grâce
à sa simplicité, sa rapidité et sa lisibi
lité.
L. F. C.
(1) Notre confrère VEclair slénographique de Bor
deaux, a publié à c sujet un article très intéres
sant dans son N» du 15 juin 1894.
La Poésie a pour domaine
Les frais vallons, les monts altiers...
Insouciante elle promène
Sa grâce dans les verts sentiers
Elle s’attache au brin de mousse,
Au bourgeon, à l’herbe qui pousse,
Son aile bienfaisante émousse
Les épines des églantiers.
Elle est là, quand le ruisseau glisse
Sur son lit de cailloux rosés...
Quand l’oiseau se fait un calice
De la fleur aux tons irisés,
Quand la brise incline les branches
De l’aubépine et des pervenches
Et jonche de corolles blanches
Les ravins, par le temps creusés!
Partout règne la Poésie...
Rien ne comprime son essor.
Quand vous croyez l’avoir saisie
Elle vole aux étoiles d’or !
Et si parfois gronde, l’orage,
Si l’ouragan souffle avec rage,
Elle apparaît dans le naufrage
Terrible.., mais plus belle encor.
La voulez-vous aimante et pure?...
C’est l’enfant au rire joyeux,
C’est la coquette découpure
Du clocher nous montrant les cieux.
Ce sont les bontés maternelles,
Les amitiés toujours fidèles,
Les espérances éternelles
Avec leurs songes radieux!
Voyez le blanc flocon de laine
Qu’à l’agneau ravit le buisson...
Dans le silence de la plaine
Ecoutez la vieille chanson...
C’est un écho du coin de l’âtre,
Garde ta joie, ô jeune pâtre,
Avril est là... Joue et folâtre,
Chante les fleurs et la moisson.
Auprès du toit qu’on abandonne
La Poésie aime à s’asseoir.
Que de doux abris elle donne
Aux égarés quand vient le soir !
Voyageurs en quête d’asile,
Oiseaux qu’un maraudeur exile,
Ceux à qui le monde est hostile
Laissent tomber leur désespoir...
Car pour les hommes et les choses
La Poésie est un bonheur...
Elle sèche les pleurs des roses,
Comme le front du moissonneur!
Sa voix qu’on n’entend pas, console,
C’est une magique parole :
Voile, gouvernail ou boussole,
Elle nous conduit au Seigneur!...
Henriette Colombet.
(Reproduction interdite)
Mussidan.
Du même auteur « Fleurs Champêtres », Al
phonse Lemerre, éditeur, Paris. — En vente à la
librairie Sginoni-Fourgeaud.
dèrent pas de cette carrière; il la quitta, passa'
dans l’île de Malte puis, en Russie. Il alla à la
cour du grand Frédéric et du fond de la Prusse,
à l’île de France, il écrivit « Paul et Virginie » et
quoique son « Journal de voyage » soit écrit
d’un style sec et triste,on y voit l’art dépeindre
avec des paroles. Il revint dans sa patrie qu’il ne
devait plus quitter.
Bernardin composa les « Etudes de la Na
ture » qui eurent un grand succès. Le roi lui fit
une pension ; plus tard, Louis XVI le nomma
intendant du Jardin des Plantes. On doit à Ber
nardin de Saint-Pierre les « Etudes de la Na
ture » où se trouvent des idées heureuses et tou
chantes ; « Paul et Virginie », le dialogue du
« Voyageur et du Paria », le début de 1’ « Arca
die », la description de la rose, du lis, du frai
sier, dans les « Etudes » des paysages qui sem
blent pris sur le fait, et, enfin, de touchants ar
guments sur la Providence céleste que Bernar
din avait puisés dans l’étude de la nature, ob
servations de quarante années qui, toutes,
aboutissaient à lui faire dire : « Il est un Dieu !
et ce Dieu est bon ! » Il mourut en 1814, à l’âge
de soixante-seize ans.
1. G. Rome ; 2. M11' H..... ; 3. F. Rancy.
N° 20. Problème
Gagnants du Concours de Jeux d’esprit
N° 20.
Enigme historique
Les deux de Saint-Pierre
Explication :
L’abbé Charles-Irène Castel de Saint-Pierre,
né au château de Saint-Pierre-Eglise, en Nor
mandie, embrassa l’état ecclésiastique. L’abbé
de Saint-Pierre publia un « Projet de paix uni
verselle entre tous les potentats de l’Europe » ;
il voulait que les motifs de guerre entre les na
tions fussent soumis à une diète européenne
dont l’arbitrage devrait être accepté par tous et
dont la sentence serait sans appel. L’abbé de
Saint-Pierre publia encore : « Mémoire pour
perfectionner la police des grands chemins, »
idée utile, à l’époque où vivait Cartavelle et où
fleurissait Mandrin; un « Mémoire pour perfec
tionner la police des duels », un « Mémoire sur
l'établissement de la taille proportionnelle »,
qui délivra la France de la taille arbitraire ; un
« Projet pour réformer l’orthographe des langues
de l’Europe », les « Annales politiques de Louis
XIV », et une foule d’autres ouvrages, volumi
neux fatras dans lequel on découvre le héros
calaisien.
Bernardin de Saint-Pierre fit ses études aux
Jésuites de Caen et entra dans les ponts-etchaussées. Ses goûts de voyages ne s’accomo-
Prouver qu’un angle droit égale un angle
obtus.
(Voir la définition dans notre Supplément).
1. Gaston R...; 2. Arthur de Bretagne; 3.
Eine Kleine Blume; 4. A. Lorme.
N° 2i. Devinette
Ceinturon
I. Liégeois; 2. An Earl of Bedfordshire; 3.
Un jeune Bluet.
PAPETERIE
DES
l”!
MARQUES
PAPIERS A LETTRES
Cartes pour Menus
CARTES - CORRESPONDANCE
J’ai l’honneur de vous informer que je ferai
paraître très prochainement, en un volume in-12
carré d’environ 200 pages, les œuvres poétiques de
Mlle S. GASTAGNIER, dont plusieurs ont été cou
ronnées dans les concours littéraires.
PAPIERS EN TOUS GENRES
PAPIER A FLEURS
PAPIER POUR PLIAGE
PAPIER MUSIQUE
T O I LE S
A
DESSINER
ALBUMS A DESSIN
Papiers dorés et argentés
ÉTIQUETTES GOMMÉES
CAHIERS POUR ÉCOLIERS
BUVARD
SOUS-MAINS ET SERVIETTES
BOITES A COMPAS
NÉCESSAIRE D’ÉCOLIER
Instruments de Dessin
TOILES, PANNEAUX ET CARTONS
CANIFS, GRATTOIRS, CISEAUX
Couleurs pour l’Aquarelle
TUBES POUR PEINTURE A L’HUILE
CRAIE
Plusieurs personnes connaissent déjà ces poésies
charmantes spécialement recommandées aux mères
de famille et à la jeunesse.
C’est d’ailleurs sur les instances de ceux qui les
ont lues et appréciées, que le délicat poète a consenti
à les publier sous un titre plein de promesses :
PRIMEVÈRES.
Ces œuvres exquises auront dans le public le
succès qu’elles ont déjà obtenu dans le cercle des
amis intimes et je ne saurais trop vous inviter,
Madame, à souscrire à l’ouvrage.
Veuillez recevoir, Madame, l’assurance de mes
sentiments les plus empressés.
Équerres, Tés et Règles
E. SPINONI-FOURGEflUD.
Crayons Gilbert, Conté, Faber, ete.
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ENCRE A MARQUER LE LINGE
ENCRIERS TOUS MODÈLES
FICELLE ET BOLDUC
ESTOMPES, GODETS, FUSAINS
PLANCHES ET CARTONS A DESSIN
PLUM ES
Registres, Répertoires, €(tc".
Carnets â Souches
Je .... ....... .................. ... ........... ............. .............. ................. ...-.. .. .....—------demeurant à 2_______________ ________ ___ ________ ______ _ ______ ___ —
déclare souscrire à
....... ............ exemplaire de luxe à 5 ir.,............... ........ exemplaire à 2 fr. 50.,
du volume PRIMEVÈRES, par M,le S. Castagnier.
AGENDAS
RAYON DE LIVRES CLASSIQUES
Je paierai le montant de ma souscription à la réception de l’ouvrage.
d’occasion
_________ _______ , le............. . .............................. 1894
Cuvettes, Pâte et Encre pour reproductions
FABRIQUE DE TIMBRES EN CAOUTCHOUC
(1) Nom et prénoms.
(2) Adresse.
