FRB243226101_PZ_2828.pdf

FRB243226101_PZ_2828.pdf

Médias

Fait partie de Lycée de Périgueux. Allocution prononcée

extracted text
Mesdames,

Messieurs,
Mes jeunes amis,

Pourquoi la cérémonie de ce jour n’a-t elle pas son éclat habituel?
Pourquoi revêt-elle un caractère de simplicité presque austère ? Je n’ai

pas besoin, n’est-ce pas, de vous le dire ? Vous ne comprendriez pas qu’en

cette heure d’épreuve nationale sanglante ceux qui vivent loin du front, où
se déchaîne la plus horrible des guerres, pussent prendre part à des
réjouissances. Vous seriez froissés au plus profond de vous-mêmes, si
i
vous trouviez ici en ce moment la pompe, le faste dans lesquels s’est

déroulée la même cérémonie l’an dernier. Non, nous ne sommes pas

assemblés aujourd’hui pour célébrer une fête, mais seulement pour applau­
dir des lauréats ; et, si nous pensons que leurs efforts méritent d’être
récompensés, si nous leur donnons des prix, nous n’y joignons ni fleurs

ni couronnes ; car les lauriers nous les gardons avec les fanfares joyeuses

et les drapeaux qui claquent au vent pour fêter à leur retour ceux qui

là-bas font leur devoir.
Et c’est pourquoi, au lieu du discours d’apparat, vous allez simplement
entendre le rapide historique de notre lycée pendant la guerre. Un mot

suffira à le dire : chacun a fait son devoir. Sans compter, sous toutes les

formes, on a versé pour les œuvres de solidarité patriotique, et nous avons
en particulier envoyé notre obole à la noble Serbie après la belle conférence

où M. Raoul Thauzièsnous décrivit ses souffrances imméritées.
Comme dans la plupart des établissements scolaires, nous avons dû nous
serrer, nous gêner pour faire place à nos soldats ; mais, il faut le dire

(et les succès de cette année le prouvent assez), la vie de là maison et le
i 3 1 t o
3 !,
i 3UGas-.j

_ 2_

travail n'en ont pas souffert : nos élèves ont compris qu’ils devaient faciliter
notre lâche en redoublant de sérieux et de labeur.

La situation était d’autant plus difficile que l’année s’ouvrait dans les

pires conciliions : M. le Proviseur Dutilh mourait dès la rentrée, et la mobi­
lisation nous enlevait plus d’une dizaine de nos collègues : MM. Gocaud,

Kellershobn, Barat, Mesnard, R.Thauziès, Nouyrigat, l’abbé Jarry, lo pas­
teur Gamblong, Leconte, Mariotti, Larroque, Cliabaud, do Brou de Laurière,

Gadnud, Buffet. Au cbct éminent qui est parti trop tôt-, à mon bien regretté

prédécesseur, permettez-moi, Messieurs, d’adresser un souvenir ému ;
permettez moi aussi de rappeler avec fierté la glorieuse mort de notre

capitaine-instructeur Lambert, de même que j'enverrai en votre nom un

salut cordial à ceux qui, depœs des mois, sont sur le front ; à M. l’inspecteur
Hourlicq, à MM. Kellershobn, Cocaud, Mariotti, et spécialement à MM. Barat,

Rivière, le pasteur Camblong, Bonnaud, qui, dans l’Argonne ou les plaines
d’Arras, ont généreusement versé- leur sang pour la France.

J’aurais dé^à fini l’historique de notre lycée dont la vie se résume pour
l'année écoulée dans les mots « travail et succès », si je n’avais à feuilleter

ce livre d’or dont la lecture vous remplira tout à la fois de tris!esse et

d'orgueil. Vous pouvez, Messieurs, être fiers de vos élèves : vous avez su
forger des âmes. Pour cette France que vous leur apprîtes à aimer, vingt-

quatre sont déjà tombés des Vosges à l’Yser. (Ici les assistants se lèvent.)
Ouvrez notre livre d'Or et vous les verrez surgir dans leur jeune gloire nos
vaillants, nos héros, la fleur du pays. Salut à vous, capitaines d’Escodeca

Raymond et Dervaud Henri, enseigne Boissat-Mezerat, lieutenants Bénité,
Déjammet, Hermel, Badenhuyer, Àlaiy, Bourneau ! Salut à vous, frères

héroïques Roger et René Aurousseau, et à vous aussi qui étiez déjà de la
famille universitaire, jeune normalien Hubert Thauziès, professeur Châlon,
I.amaud, Edgard Dantou ! De vous tous, des vingt-quatre dont nous

déplorons la perte, on peut dire ce qu’écrivait le colonel de Jacques ParrotLagarenne, cet officier de vingt ans : « Il se conduisit crânement et mourut
en héros. »

Et je ne compte pas les blessés trop nombreux, ni les pauvres disparus
comme Aubarbier, Bayle, Berguin, Biraben, Cruveiller, Dunogier, Petit,

Rebierre ! Qui pourra dire cependant toutes les angoisses par lesquelles

— 3 —

ont passé et passeront encore les parents de ces chers disparus, jusqu’au
moment où ils pourront cire fixés sur leur sort ? Chaque jour leur apporle
des émotions nouvelles, les souffrances les plus cruelles: aujourd'hui

renaît dans leurs cœurs, à la lecture d'une lettre venue du front, l’espoir
de revoir leur fils unique, objet de tout leur orgueil, ou le gendre trop tôt

arraché à sa jeune femme et à son enfant; demain des détails, qui seront
pour eux d’une précision redoutable sur les circonstances de la mort de

ces êtres chéris, viendront les plonger dans l’affliction la plus poignante !

Je n’imagine rien de plus atroce que ces alternatives répétées de profonde
désespérance et de confiant espoir par lesquelles passent depuis bien des

mois certains de nos collègues auxquels une exi-tence toute faite d’honneur

et de travail aurait dû assurer une vieillesse plus douce, moins troublée.....
Après la page sanglante, la page lumineuse. Comptez toutes ces mises

à l’ordre, ces croix, ces médailles que nos anciens élèves ont conquises
avec leur sang : à l’ordre du jour de l’armée, le général Herr, les lieute­

nants Bels, Das'ouet, Michèguo, Moillard ; — à l’ordre du jour du corps

d’armée, de la division, de la brigade ou du régiment, Biraben Gérard,
Bourgoin, Boussard, Fageol, Fargcot, Larochas, Laguionie, Marion, Bou­

quet ; — décorés de la Légion d’honneur, les capitaines Dugaleix, d’Escodeca

Philippe, Gisclard, Labrue, Reyrel, Ronce ; — décorés de la croix de StGeorges, Mendy, Vidal, etc.

Tout cela forme pour vous, jeunes jens, la plus éloquente leçon de choses.
Vous voudrez être dignes de vos aînés et contribuer dans la mesure de

vos moyens à l’œuvre de la défense du pays. Je le sais, quelques-uns

d’entre vous ne veulent même pas attendre l’appel de leur classe, impatients

qu’ils sont d'aller combattre à côté de leurs pères ou de leurs frères pour
le Droit et la Civilisation. Que ceux qui ne peuvent les suivre entretiennent

en eux mêmes et dans les cœurs de leurs mères et de leurs parents assez

d’énergie et de volonté pour que soit attendue sans plaintes, sans lassitude
et sans découragement la fin de celle effroyable lutte, engagée depuis plus

de onze mois ! N’oubliez pas, mes amis, que c’est pour vous que coule

tout ce sang généreux, que nos soldats tombent stoïquement, que tant de

foyers sont en deuil ; c’est pour vous garder une patrie, pour vous assurer
un avenir paisible et libre. Méritez donc ces sacrifices, ne soyez

jamais ingrats envers vos aînés et envers la France ; souvenez-vous tou­

jours. La pairie est comme une mère qui a perdu sos ain's ; c’est aux
derniers de la consoler par plus de tendresso, de soumission, de dévoue­
ment. Aimez-la doublement, vous qui êtes la France de domain. Employez
toutes vos forces, toute votre intelligence, tout votre cœur à lu faire paraître
encore plus belle, plus glorieuse dans l’avenir.

LYCÉE DE PÉRIGUEUX

LIVRE D’OR
LISTES DES ANCIENS ÉLÈVES
Tués à l’ennemi ou morts des suites de leurs blessures,
ou bien disparus ;
Cités à l’Ordre du Jour ou Décorés.

— 6 -

ANCIENS ÉLÈVES DU LYCÉE DE PÉRIGUEUX
TUÉS AU CHAMP D'HONNEUR
ou morts des suites de leurs Blessures

AUROUSSEAU Roger, sous-lieutenant au
9e chasseurs,
AUROUSSEAU René, sergent au 108%
BADENHUYER Raymond, lieutenant au 32%
BOURNEAU René, sous lieutenant au 300%
DERVAUD Henri, capitaine au 88’,
DÉJAMMET Raymond,sous-lieutenant au 3°,
zouaves,
RIVAI S Emile du 83%
LAGRANGE Pierre, du 126%
PARROT-LAGARENNE Jacques, sous-lieu­
tenant au 356%
CHALON Gaëtan, du 57°,
TALAUCHER André, du 50%
TINLOT Raphaël, sergent au 50%
HERTZOG Henri, du 108%
DELAVAUD-DUMONTEIL Paul, brigadier
au 1er chasseurs,
d’ESCODÊCA de BOISSE Raymond, capi­
taine au 123%
BÉNITE Tieire, lieutenant au 122%
DANTOU Edgard, adjudant au 50e,
ROULAND Fernand, sergent au 50%
CLOCHÉ Pierre, du 14%
ALARY Maurice, lieutenant au 108e,
LAMAUO Raymond, sergent ou 91%
BOISSAT-MEZERAT, enseigne de vaisseau,
1er fusiliers-marins,
HERMEL Paul sous-lieutenaul au 2°zouaves,
THAUZIES Hubert, sous-lieutenant au 122e

20 août 1914, à Faxe-Fonteny (Lorraine).
22 août 1914 à Nèvremont (Belgique).
25 août 1914 dans la forêt de Champenoux.
4 septembre 1914, à Suippes.
9 septembre 1914, à la bataille de la Marne.
14 septembre 1914, à Crouy.
14 septembre 1914, à Mesnil-les-Hurlus.
19 sept. 1914, à Ghatel-Raoult-St-Louvent.

23 sept. 1914, à Lirouville(Meurlhe-et-M.).
30 septembre 1914, à Craonne.
30 septembre 1914, à Auberive.
30 septembre 1914, à Auberive.
4 octobre 1914, à St-Hilaire-le-Graod.

11 octobre 1914, à Béthune.

21 octobre 1914, à Berry-au-Bac.
29 o.tobre 1914, à St Junien-les-Ypres.
3 décembre 1911, près de Reims.
3 décembre 1914, près de Reims.
16 fé\rier 1915, à Perthes-les-Hurlus.
4 mars 1915,
27 avril 1915, aux Eparges.
10 mai 1915, à Saint-Georges (Belgique).
17 mai 1915, à Longemarck.
20 mai 1915, à Beauséjour,

ANCIENS ÉLÈVES DU LYCÉE DE PÉRIGUEUX
DISPARUS

AlIBARBIER Louis, du 126».
BAYLE Ferdinand, du 50”.
BERGUIN Henri, colonel du 15".
BIRABEN Jean, du 3".
CRUVEILLER Louis, caporal ou 50».
DUNOGIER Joseph, capitaine d’état-major.
PETIT Paul, du 50'.
REB1ERRE Edouard, caporal de zouaves.

- g —

ANCIENS ÉLÈVES DU LYCÉE DE PÉRIGUEUX
CITÉS A L’ORDRE DU JOUR, OU DÉCORÉS
AUROUSSEAU René, sergent au 108e,
AUROUSSEAU Roger, sous-lieutenant au
9° chasseurs,
BADENHUYER Raymond, lieutenant au 32e
BEI.S Louis, sous lieutenant d’état-major,
BÉNITE Pierre, lieutenant au 122°,
BIRABEN Gérard, quartier-maître, marine
marchande,
BOISSAT-MÉZERAT André, enseigne de vaisseau,

BOURGOIN Henri-Jérôme, interprète,
BOUSSARD Maurice, sous-lieutenant au 1er
zouaves,
DÀSTOUET Pau', capitaine,
DERVAUD Henri, capitaine au 88e,
d’ESCODECA deBOISSE Philippe, capitaine
au 28e chasseurs alpins,
DUGALEIX Gaston, capitaine au 107e,
FAGEOL Pierre, lieutenant au 2P.
FARGEOT Camille, médecin auxil. au 162e,
GISCLARD Joseph, capitaine au 142°,
Le général HERR, commandant d’arrnée,
HERMEL Paul, sous-lieuttnant,
LABRUE Pierre-Louis, capitaine de spahis,

LAGUIONIE Robert, vétérinaire au 5e chas.,
LAROGHAS Jean, sergent pionnier au 78e,
MARION Jean-Marie, caporal au 131e,
MÀZY Gaëtan, lieutenant au 89°,
MENDY Paul, du 50°,
MIGHÈGUE Léon, du 34e d’artillerie,
MOILLARD Jean-Albert, lieut.-col. au 50e,
POUQUET Gaston, sous-lieutenant,
POUQUET Maxime, du 50e,
REYREL, capitaine au 31°,
RONGE Eilgard, capitaine au 83e,
THAUZIÈS Hubert, sous-lieutenant au 122®,
VIDAL Robert, brancardier,

à l’ordre du jour de l’armée.
à l’ordre du jour de l’armée.
à l’ordre du jour de l'armée.
décoré de la Légion d’Honneur.
à l’ordre du jour du Kléber.
à l’ordie du jour de l’année ; décoré de la
Légion d’Honneur.
à l’ordre du jour du corps d’armée.
à l’ordre du jour de la brigade,
à l’ordre du jour de l’armée,
à l’ordre du jour de l’armée.

décoré de la Légion d’honneur,
à l’ordre du jour de l’armée ; décoré de la
Légion d’Honneur.
à l’ordre du jour de l’armée,
à l’ordre du jour du régiment,
à l’ordre du jour de l’armée ; décoré de la
Légion d’Honneur.
à l’ordre du jour de l’armée,
à l’ordre du jour de l’armée,
à l’ordre du jour de l’armée ; décoré de la
Légion d’Honneur.
à l’ordre du jour du régiment,
à l’ordre du jour du régiment,
à l’ordre du jour du régiment,
à l’ordre du jour de la brigade,
à l’ordre du jour de l’armée ; décoré de la
Croix de Saint-Georges,
à l’ordre du jour de l’armée,
à l’ordre du jour de l’armée,
à l’ordre du jour du régiment,
à l’ordre du jour de la division,
décoré de la Légion d’Honneur.
décoré de la Légion d’Honneur.
à l’ordre du jour du régiment,
décoré de la Croix de.Saint-Georges.
tWI & t T'
U

1