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Fait partie de Extrait des registres des délibérations de l'administration centrale

extracted text
Séance publique du u Ventôse, an y.e de la République
française} à laquelle ont assisté les citoyens Grand ,

président, Gintrac , Galaup , J. Prunis , Verliac,

administrateurs s &

N. Beaupuy, commis, du Dir. exéc.

u le rapport du jury central d’instruction publique,
V<
dont la teneur suit :
Citoyens Administrateurs,

« Chaque année nos écoles s’améliorent; nos élèves se forment de
plus en plus; de jour en jour nos professeurs se perfectionnent dans
l’enseignement : une bibliothèque nombreuse et fréquentée, Une
salle de dessin bien disposée que des statues , des modèles vent
enrichir encore ; un cabinet de physique choisi ; -une collection de
machines, un rassemblement d’appareils chimiques aussi complets,
que bien entendus : la perspective rapprochée d’un jardin botanique,
d’un cours d’agriculture pratique, et d’une pépinière, sont le produit
et la récompense de vos soins et des nôtres !
« Ce ne sont plus des plans, des projets , fils d’une spéculation
oiseuse ; ce sont des résultats, des succès que présentent en ce ioui

les écoles de la Dordogne! Le concours que vous établîtes à la fin
de l’année scolaire , les prix que vous décernâtes , firent connaître'
ces progrès à tout le Département. Mais les pères de famille, éloignes .
du centre, gémirent de voir leurs enfans exclus de ces honneurs,
et privés de toute espèce d’instruction : ils se demandent pourquoi
un établissement public, un pensionnat ne leur offre pas aussi les
moyens d’envoyer au chef lieu leurs enfans, et de les associer aux
connaissances et à la gloire des autres ?
» Leurs plaintes, leurs regrets sont fondés : faute d’un établisse­
ment de cette espèce , ils éprouvent la dure alternative d’exposer
l’enfance et l’adolescence aux dangers de l’inexpérience et des passions
naissantes ; ou de les laisser croupir dans l’ignorance et le désocu->
vrement.
» Citoyens administrateurs, notre sollicitude pour le perfection­
nement des écoles ne se borne pas à la partie de l’enseignement,
comme nos fonctions sembleraient l’indiquer : nous pensons devoir
l’étendre sur tous les objets qui y tiennent , ou qui s’y lient; et
persuadés que quand il s’agit d’opérer le bien , tous les citoyens ont
l’initiative , nous venons soumettre à vos réflexions l’apperçu d’un
établissement que le Gouvernement indique comme indispensable ;
que les pères de famille désirent, et que nous considérons nous-mêmes
comme un corps auxiliaire des écoles, un dépôt de recrutement pour
les sciences , une pépinière d’hommes vertueux , et des républicains
éclairés.
» L’éducation physique, l’instruction et la morale forment l’en­
semble de l’éducation , comrpe croître et se développer, connaître
et sentir, sont les fonctions et les opérations de l’homme.
» Pour faciliter au corps son accroissement et le développement
de ses organes , former la solidité des muscles , le jeu et la souplesse
des ressorts, il faut une nourriture substantielle et abondante , un
exercice continuel, l’action de l’air et de la lumière.

j»T

( 3 )
» La danse, l’escrime, la natation, la'gymnastique , les évolutions
militaires remplissent cet objet en préparant des digestions parfaites ,
un sommeil profond et restaurateur.
» Mais tous, ces exercices, qui favorisent l’inquiète activité du
premier âge , demandent un local vaste, aërc et salubre : les bâtimens
du ci-devant St-Benoît que la .loi du rq. fructidor an 6 accorde aux
écoles centrales, nous offrent cet emplacement précieux. La proximité
des ccoles , l’éloignement au contraire du tumulte de la ville , favo­
risent également la partie physique et morale de l’éducation.
» Là , les adolescens dans un air pur, entourés de fleurs et d’aro
mates, parcourront, pendant le tépis des récréations, le jardin bota­
nique; s’associeront aux travaux de l’agriculture : ils verront naître ,
croître, et grandir ces arbres que l’art dirige; et ce local heureux
pourra s’enorgueillir d’offrir, dans plus d’un genre, des Semis, de;
plans qui s’élèvent pour l’utilité et la gloire du Département.

» Nous ne croyons pas devoir nous étendre sur la partie de l’ins­
truction : le programme des écoles centrales , le compte rendu de
leurs travaux-, les procès-verbaux qui attestent leurs succès , l’opinion
publique parlent assez pour ces étabüsscmens ; le pensionnat doit
seulement y ajouter des répétiteurs en tout genre, qui, reproduisant
les leçons , levant les difficultés, digèrent pour ainsi dire, par une
seconde trituration , les connaissances que l’élève a rapporté des
écoles.
» Des maîtres d’écriture, d’arithmétique, et de géographie completteront l’enseignement dans des parties que les écoles centrales ne
peuvent embrasser.
» La plus scrupuleuse attention sur la prononciation et l’ortographe
formeront l’oreille et l’organe des élèves : moins délicats que le peuple
d’Athènes, nous ne croyons pas pouvoir faire un crime d’une né­
gligence ou d’une dissonance échappée à l’orateur ; mais nous sentons

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qu’un ton faux ou aigre, une prononciation vicieuse jettent, migré
nous, de la défaveur sur l’éloquence même, et qu’on ne doit corriger
et surtout prévenir ces fautes , que par l’exemple séduisant d’uii
accent pur et d’une beile prononciation J

» La morale est le code de l’homme honnête, sa conscience est
son dénonciateur , son témoin , son tribunal , et son supplice , s’il
s’égare. Le sentiment du vrai et du juste doit être inné dans l’homme,
puisqu’il se trouve chez tous les peuples ; mais les règles que les
sociétés se sont prescrites, variant en raison des besoins , du climat
et d’autres causes particulières , les adolescens seront parfaitement
instruits des droits et des devoirs du citoyen, de la forme du Gou­
vernement.
b Ensuite la surveillance la 'plus scrupuleuse sur les mœurs,
l’application journalière des principes, l’exemple habituel des vertus
et de la justice seront pour eux une leçon bien plus sûre que les
préceptes.
v Oui nous croyons, et sur-tout nous sentons , que la force de
l’habitude et de l’éducation doivent conserver honnête l’être qui est
bon; parce que nous sommes convaincus qu’un méchant, ou une
production monstrueuse, sont une erreur qui n’échappe à la nature
que de loin en loin.
» Voilà, citoyens Administrateurs, les principes qui doivent for­
mer la base d’un pensionnat central: si vous les adoptez, nous nous
•empresserons d’autant plus de vous faire connaître le prospectus dé­
taillé de cet établissement, que nous sommes convaincus que des
dispositions, des vues générales, ne sont qu’une spéculation oiseuse,
tant qu’elles ne sont pas suivies d’un mode d’exécution.
Salut et considération.
Chameon, PüYABKï, Membres du Jury.

rdi* //

t'H' J .

>

--------L'Administration centrale du Département de la
Dordogne , considérant qu'un des premiers objets de sa
surveillance est l’éducation de la jeunesse ; que l’école
centrale déjà activée par les soins, le zèle, et les lumières
du jury et des professeurs , donne à la vérité l'espoir de
la renaissance du goût, des sciences, et des arts; que
plusieurs élèves se sont même distingués par des succès
mérités; mais dans le compte qui lui en a été rendu, elle
a cependant reconnu que ces élèves étaient presque tous
natifs ou voisins de Périgueux; que pénétrée de, douleur,
de voir que l’école centrale n’était pas fréquentée par les
autres parties du Département, elle en avait recherché les
causes; qu’elle s'est convaincue qu'un pensionnat surveillé
par des instituteurs sages était le seul moyen d'attirer la
confiance des parens ; qu’un père jaloux d’inspirer à ses
enfans le goût de l'étude, l'était aussi de leur donner des
mœurs et de la vertu ; qu’il n’en trouvait la garantie dans
aucun établissement public ; qu’un pensionnat bien gouverné
serait un appel à tous les enfans de la Dordogne, de venir
participer aux bienfaits de l’éducation nationale; que leurs
parens seraient alors délivrés de la crainte de les voir
abandonnés à eux-mêmes, sans frein et sans guide, exposés
à tous les hazards des passions^
Considérant que la maison ci-devant dite de St-Benoît,
.déjà consacrée à la salle et au cabinet de physique ex
^histoire naturelle par deux arrêtés du Département, d'après
es plans annexés à loi du 14 fructidor an 6, peut encore
>ar sa distribution servir à un pensionnat nombreux ; que

c//'

c’est le local le plus propre pour former cet établissement
par sa proximité de l’école centrale ; q ie l’air y est pur ,
les cours assez spatieuses , et les promenades commodes ;
que renfermée dans l’enceinte du jardin des plantes, hors des
murs du chef-lieu de la Commune , les élèves seront moins
dissipés , et se trouveront plus à portée de suivre le cours
de botanique ; que par les efforts constatas des maîtres et
des répétiteurs pour leur éducation physique et morale , il
doit se former des hommes sains, vigoureux et robustes,
des hommes honnêtes et vertueux , des républicains sages
amis des loix et du gouvernement , des guerriers , des
magistrats , des législateurs ou des savans distingués ;
Considérant enfin que pour propager les bienfaits de
l’éducation parmi tous les citoyens , le gouvernement a
accordé dans ce Département la somme de six mille francs,
pour vingt élèves nés de parens hors d’état d’envoyer Jeurs
enfans à l’école centrale ; que l’administration, après avoir
activé ce secours, doit veiller à ce que le succès de ces
élèves réponde aux Vues du gouvernement ; que le seul
moyen de réaliser ses espérances est de former leur édu­
cation dans un pensionnat consacré à l’étude et aux mœurs;

Le Commissaire du Directoire exécutif entendu, arrête:
Article

premier.

La partie de la maison ci-devant dite de St-Benoît, qui
-m’est pas consacrée à la salle et au cabinet de physique et
"d’histoire naturelle , demeure destinée à l’établissement du
pensionnat de l’école centrale à Périgueux.

( 7 ) *

1

I I.
Ce pensionnat sera gouverné par un directeur et des
répétiteurs présentés par le jury , définitivement nommés
par l’administration centrale.
I I I.
Vingt élèves nommés par l’administration centrale, ayant
déjà fréquenté les écoles primaires , sachant parfaitement
lire et écrire , nés de parens hors d’état d’envoyer leurs
enfans à l’école centrale , seront reçus pendant trois ans
dans le susdit pensionnat aux frais du Département : il sera
payé tous les ans et pour chacun d’eux une somme de trois
cent francs. L'excédant de la pension sera payé par les
parens. JLesdits élèves ne seront nommes qu’à l’âge de
douze ans accomplis.
I V.

Le jury central est chargé de présenter dans le plus
bref délai , le plan d’organisation et les réglemens intérieurs,
sur l’ordre et la tenue du pensionnat , qui sera mis en
activité le i.er frimaire prochain, époque de la rentrée des
classes.
V.
Le présent arrêté & le rapport du jury central seront
imprimés en placard et en in 4°, envoyés aux administrations
municipales, pour être lus, publiés et affichés dans toutes
les communes de leur ressort, et dans les salles décadaires»
Collationné.

Excousseau f secrétaire en chef.
^ÎBt.tBÏHËQLjF'l
' LE LA VtLLE f

fJC PÉRIGUEUX