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Médias

Fait partie de L'Entracte de Périgueux

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L’ENTRACTE

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^Numéro 2. — ^Décembre 1905.

,X|E Numéro : 10 CJentimes.

Rédacteur en Chef :

Administrateur :

L. CHAUMONT (Saint-Pol).

P. MESPOULÈDE <P. de France).

La troisième chambre du tribunal de la Seine vient
de juger un procès qui intéresse particulièrement les
milieux artistiques, et où se trouve mis en cause M.
Gharletty, l’imprésario bien connu des Périgourdins.
Un jeune, M. Ducrocq, membre de la Société des
auteurs dramatiques, faisait représenter, en 1903, à
Reims, sur les planches du Grand-Théâtre, dont M.
Gharletty était alors directeur, une pièce intitulée : Les
Aventures de Robinson Crusoë. Il touchait, comme droit
d'auteur, une somme de 2,200 francs. Mais voilà que
M. Gharletty l'assigne, lui réclamant une somme de
1,100 francs.
M. Gharletty a fait soutenir, à l'appui de sa demande,
que sa femme, aujourd'hui décédée, avait collaboré aux
yloew/zires de Robinson Crusoë, moyennant 50 °/0, que,
par lettre, M. Ducrocq s’était engagé à lui verser sur ses
droits d'auteur.
Pour M. Ducrocq, M® André Hesse a plaidé que si
son client avait écrit cette lettre, c’était uniquement sous
la menace de n'être pas joué, que la collaboration, qui
fut fictive, du reste, de Mme Gharletty lui avait été impo­
sée, — le seul moyen qu'on, eût trouvé de le faire renon­
cer à la moitié de ses droits d’auteur.
Le tribunal a donné gain de cause à M. Ducrocq, et a
rejeté la demande de M. Gharletty.

Un auteur dramatique comme on en voit peu est celui
que des villégialuristes viennois viennent de découvrir
dans un petit bourg autrichien, à Goisern. Il s'appelle
Lamprecht et est, de sa profession, facteur rural ; dans
ses moments de loisir, il fabrique des parapluies et écrit
des pièces-.
Lamprecht est un autodidacte. II y a un an, il ne con­
naissait pas l’ortographe allemande ; un professeur de
lycée viennois, qui passait ses vacances à Goisern, la lui
enseigna. Aussi, toutes ses pièces, dont tous les sujets
sont empruntés à la vie populaire, sont écrits en dialectes
lîaut-autricliien. On peut leur reprocher beaucoup de
naïveté et de défauts de technique, mais les personnages
sont bien observés, nettement dessinés et les dialogues
très habiles.
Jusqu'à présent, ce singulier poète populaire n’avait
écrit que des pièces en un acte ; seule, sa dernière œuvre

est un drame eh trois actes. II s'appelle Der Freclitenhof
et a été frénétiquement applaudi à la première représen­
tation, qui vient d’avoir lieu, et dans laquelle Lamprecht
s'est montré habile comédien dans un des principaux
rôles.

On connaissait notre éminent compatriote MounetSully comme le premier acteur tragique de France. On
acclamait en lui Œdipe, Hamlet, Ruy Blas. Voici que
l'interprète de Sophocle, de Shakespeare et de Victor
Hugo est sur le point de s'interpréter lui-même. La pièce
faite par Mounet-Sully en collaboration avec M. Pierre
Barbier a trois actes et s’appélle la Vieillesse de Don
Juan ; elle est envers. M. Ginisty l’a reçue pour l’Odéon
et compte bien la jouer avec celui qui l'écrivit comme
principal protagoniste.
Je ne connais pas la pièce du grand tragédien, elle
peut être très bonne, mais je gage que si l'auteur, au
lieu d'étre Mounet-Sully, se fût appelé tout simplement
Tartempion, M. Ginisty ne se serait même pas donné la
peine de la feuilleter.
Les pauvres acteurs inconnus ne savent comment s'y
prendre pour faire lire leurs œuvres par les directeurs.
L'autre jour, M. Jules Glaretie racontait qu'il avait
reçu un manuscrit accompagné de cette lettre :
« Cette pièce a été trouvée près du cadavre de son au­
teur, et la famille désirerait savoir s'il a eu raison d'en
finir avec la vie, ou si sa mémoire pourrait être vengée
par une réparation éclatante. »
Est-ce vrai ? Ghi lo sa ! L'auteur de la pièce en ques­
tion a bien pu simplement se servir d'une de ces « ficel­
les » comme les écrivains dramatiques en ont tous dans
leur sac.....
Pour finir, parlons de Ylnternationale et des droits
d'auteur. On la chante si souvent à l'heure présente,
dans les réunions syndicalistes et les meetings antimili­
taristes, dans les Bourses . du Travail, que la Société
des auteurs — qui ne perd nulle part ses droits — devrait
bien songer à les récupérer au bénéfice des héritiers de
Pottier qui composa les paroles et la musique du fameux
hymne révolutionnaire.
Ils sont, parait-il, dans une noire misère, et ce serait
pour nos socialistes un bien beau geste que de laisser
chacun quelques centimes pour cette bonne œuvre, cha­
que fois qu'ils se mettent à l'entonner.
Allons, citoyens, un bon mouvement !
Ludo.

L’ENTRACTE

2

Mmc Lucien VIVIANNE, Commère.

UR THÉÂTRE DE LA NATURE
A PÉRIGUEUX
Le Théâtre antique et le Théâtre de Verdure. — Leur
but. — Anciens projets. — Paul Mounet et Marot. —
Pour le Commerce local.

Dans l'antiquité et au moyen âge c’était en plein air,
(levant la foule enthousiaste, qu’avaient lieu les repré­
sentations théâtrales vraiment dignes de porter le nom
de populaires. Aujourd’hui, renaissent un peu partout,
dans nos provinces, ces spectacles d’autrefois.
Depuis le jour où le Théâtre antique d’Orange se ré­
veilla de sa léthargie aux chants des Félibres et des Cigaliers, on vit, de toutes parts, des manifestations théâtrales
en plein air se produire ; les vieilles arènes de Nhnes,
d'Arles, de Béziers ouïrent nos plus belles tragédies et le
public emballé acclama nos artistes les plus réputés.
Mais ces représentations n’eurent pas lieu seulement
sur des scènes antiques ; on créa bientôt des théâtres en
plein air avec, comme décor, la seule nature, des arbres,
des rochers. A Bussang, à La Môthe Saint-Heray, à Gauterets, à Ghampigny, etc. etc., les plus intéressants specta­
cles furent organisés.
J'approuve ces manifestations d’art, car, comme a dit
un de nos confrères, elles rendent au Théâtre son vérita­
ble caractère : établir la communion d’esprit entre les
habitants d’un même pays, célébrer les grands souvenirs
et les traditions locales et enfin donner gaîment des
leçons utiles.
•—©-4
Il y a longtemps, très longtemps que l'idée me vint de
monter à Périgueux un Théâtre de la nature et j’établis
même, en prévision, le monstre d'un drame lyrique à

grand spectacle sur un épisode de l'invasion romaine à
Vésone.
Mais, comment faire jouer la pièce, et par qui ?.. Nous
n'avons plus, hélas depuis bien longtemps, de troupe sé­
dentaire... faute de subvention !
Lorsque je devins directeur de la Société Théâtrale, je
compris que si je n'avais pas à ma disposition tous les
éléments pour mettre un tel projet en exécution, je pou­
vais du moins compter sur beaucoup de bonnes volontés.
J'écrivis au si dévoué président d’honneur, M. Marot,
alors au théâtre Molière de Bruxelles, pour lui faire part
de mes intentions.
La réponse ne se fil pas attendre :
— Votre idée, cher ami, est excellente, poursuivez-la...
Et il me donnait de nombreux détails, très précis et
fort intéressants.
— Surtout, terminait-il, montrez bien tout l'intérêt que
présenteraient, au point de vue commerce local, ces repré­
sentations qui attireraient dans votre ville un grand nom­
bre d’étrangers. Périgueux est plus important que la
Mothe-Sainl-Heray, et, avec des spectacles montés dans
les mêmes conditions, les principaux rôles tenus par des
artistes de Paris, on doit arriver à d'aussi bons résultats.
J'en parlerai d’ailleurs à Paul Mounet...
Il vit en effet Paul Mounet lorsque ce dernier vint à
Bruxelles jouer Clauclie.
Notre éminent compatriote promit son concours et
proposa même de venir jouer Héraclès a Périgueux,
avant Orange ; mais l'affaire était trop précipitée et elle
dut être abandonnée.
Aujourd'hui, la chose est réalisable.
Au dehors, nous en sommes sûr, on peut compter sur
de nombreux et précieux dévouements ; à Périgueux, il
en sera de môme.
Nous avons vu — et nous sommes heureux de le cons­
tater —• des personnes qui nous ont dit : « Marchez...
notre concours pécunier vous est acquis puisqu’il s'agit
du commerce local et de la bonne renommée de notre
chère ville... »
Nous sommes persuadé que la municipalité nous prê­
tera tout au moins son appui moral et que nos Sociétés,
qui ont pour but d’attirer l'étranger à Périgueux par des
fêtes et des réjouissances, ne resteront pas en arrière.
Les commerçants n'auront qu'à y gagner.
S'-Pol.

A la fin de juillet dernier s’est tenu à Gérardmer (Vosges)
le deuxième Congrès de l’Art Dramatique, sous la présidence
de l’éminent écrivain M. Alfred Capus, assisté de M. Ilenry
Kistemaeckers. Beaucoup d’auteurs de province ayant com­
pris les bienfaits d'un tel Congrès et se rendant compte de la
force que Ion acquiert en se serrant les coudes, s’étaient ren­
dus nombreux à l’appel de M. Silvercruys, l’intrépide fonda­
teur de l’Association l’Art Dramatique.
Notre Société Théâtrale voulant encourager ceux qui luttent
sans relâche pour les jeunes et les inédits, s’était fait repré­
senter par son dévoué président, M. Ludovic Latreille.
Le but de ces congrès annuels, qui ont fait sourire quel­
ques spirituels chroniqueurs, est de s’occuper exclusivement
du théâtre Populaire et du Théâtre en Province. Assurément
il est facile de se réunir, de discuter en de belles phrases et
de faire des discours qui ne.se traduisent pas par des actes,
mais si le Congrès de Gérardmer s’est occupé de décentralisa­
tion, il ne s est pas perdu dans des abstractions ne signifiant
rien. Aussi M. Capus put-il lever la séance sur ces mots :
« Ce Congrès aura servi à quelque chose ; c’est un fait peut-

L’ENTRACTE
être unique dans l’histoire des Congrès. » En effet, dès main­
tenant, voici les projets qui sont ou qui vont être réalisés :
Création du Théâtre Populaire de la Renaissance, à Nancy
(inauguration le IG octobre).
Le S novembre, inauguration du ThéâtrePopulaire,à Longwy.
Le7 novembre, première des soirées de décentralisation orga­
nisées par le Théâtre Munibipal de Saint-Quentin.
Création d’un Théâtre Maritime, qui sera établi près du
Havre, avec l’Océan comme unique décor.
Création à Nancy d’un vaste théâtre en plein air.

De nombreux rapports ont été discutés et nous regrettons
que le cadre de notre revue ne nous permette pas de les pu­
blier. Contentons-nous d’en donner quelques passages.
M. Charles Brun, sur la décentralisation, disait :
... Toute décenlralisation, dramatique ou autre, est bonne en soi.
Mais n’y a-t-il pas quelquefois abus, dans l’emploi que l'on lait du
mot? Il est excellent qu’un journal, une revue, un livre, se publient
en province : c’est là une décentralisation loute matérielle. Seronsnous satisfaits, néanmoins, si les rédacteurs des uns et l'auteur de
l’autre ne se sont proposé que d’imiter Paris et ses productions? Une
Université régionale, qui donnerait un enseignement parisien, seraitelle vraiment régionale? Il en va de même du théâtre. La ComédieFrançaise colportant en province ses rugissements et ses nasillements
conventionnels, avec la négligence qui suffit vis-à-vis d’indigènes un
pou méprisés, ne nous a jamais paru décentraliser de façon sérieuse.
Et ce n’est pas tout que les ailleurs — et, autant que possible, les
interprèles — soient locaux. Il convient encore que leur inspiraiior. soit
locale. Le passé glorieux, les souvenirs héroïques, les légendes gra­
cieuses ou terribles, d’une part; do Vautre, les mœurs journalières
d’une région, ses menus ridicules, ses travers, et, s’il le faut, ses vices \
mêmes, - voilà l’inépuisable matière de nos dramaturges régionalistes.

Dans un admirable rapport, M. Maurice Pottechèr, le fon­
dateur du Théâtre de Bussang, développait l’utilité des Théâ­
tres Populaires en province :
« Rapprocher du peuple et de la nature le théâtre, qui, après en être
sorti, s'en est trop écarté ; donner à l’art dramatique, par ce contact,
plus de fraîcheur et de santé, et, par cet élargissement, plus de gran­
deur ; rendre accessibles à loute une partie de la nation — la plus
nombreuse, et qui, peinant davantage, a plus de droits d'être distraile
et de besoins d'être consolée — des jouissances artistiques à peu près
interdites pour elle, parce qu’il faut les payer trop cher ou qu’elles
sont trop éloignées de son esprit ; — tel est le double but artistique
et social que, dès 1895, en fondant, dans un coin des Vosges, le
premier Théâtre du Peuple, nous proposions aux réflexions des artis­
tes et à l’attention du public.
Notre appel a été entendu. Notre entreprise, si humble au début, a
franchi les limites du petit cantGn où elle était née. Aujourd’hui, la
renaissance du théâtre populaire est, en France, un fait accompli...
... Pour nous, répétant ici une distinction que nous avons faile
maintes fois, mais qu’il est toujours nécessaire de rappeler pour éviter
une équivoque où l'on tombe aisément, nous avons entendu et nous
entendons par le Tin être du Peuple, le théâtre qui s’adresse, non pas

3

notre projet comporte la création de quatre autres théâtres semblables
dans quatre autres quartiers de la périphérie parisienne.
.... Le gouvernement vient de nommer une commission consultative
chargée d’étudier la question du Théâtre Populaire.
Dans quel but? Peu importe, du reste. Le gouvernement s’est ému.
Poussé par le mouvement irrésistible, il a marché ! C’est déjà un
résultat ! Une commission spéciale existe. — Par sa composition, du
moins en paitie, elle peut être utile. — Souhaitons qu’elle trouve le
moyen d’encourager les efEorls dignes d’intérêt, de soutenir, d’élargir
les programmes; et attendons les résutats pratiques. »

Le rapporteur termine ainsi :
Le Théâtre Populaire est une nécessité sociale.
Le peuple aime le beau, s’intéresse aux œuvres nobles et. fortes. La
preuve est faile ; il n’y a pins qu'à aider lentement et sagement an
développement de cette belle entreprise artistique et sociale, dont le
but se résume en cette phrase qui sert, pour ainsi dire, d’épigraphe à
notre Théâtre Populaire :
« Donner au peuple le théâtre auquel il a droit, de belles œuvres,
» interprétées par de bons artistes, dans un théâtre simple, mais comu mode, où il pourra venir, en habit de travail, se récréer et s’instruire
» sans s’en apercevoir. »

Après de tels rapports nous ne pouvons que sourire devant
les questions que posait le critique M. de Nion dans VEcho
de Paris : «Est-ce que par Théâtre populaire on n'entendrait
pas tout simplement théâtre radical-socialo-anarchiste, et la
scène méditée ne serait-elle pas destinée uniquement à célé­
brer, à magnifier la pensée de Marat, l’éloquence de Robes­
pierre ou le geste de Vaillant. «
Bien entendu la réponse suit de près cette insinuation :
« Le Théâtre Populaire ce serait alors l’école des grèves,
l’exemple de l’émeute, la glorification de la désertion collec­
tive et le conseil de la propagande par le fait. » A de tels
arguments on se contente de hausser les épaules et de passer,
insisler serait maladroit.
En résumé le Congrès de l’Art Dramatique a produit des
résultats pratiques, aussi félicitons-nous chaudement cette
association qui veut un peu plus de justice et d’égalité pour
les auteurs qui ont eu le tort de naître en province.
Paul de France.

à une classe, si vaste soit-elle, mais à l’ensemble des citoyens, sans
distinction de fortune ni de condition, au peuple entier [poputus) repré­
senté en tous ses éléments. »
Dans un autre rapport M. Eugène Berny, directeur des
Théâtres Populaires cle Paris, traite la même question, mais
pour la population parisienne, et il dit avec juste raison :
IJ était admis jusqu’à présent, et beaucoup de personnes le sup­
posent. que le peuple n’avait de goût que pour le mélodrame, dans
sa forum absurde ei surannée ; et cependant, si quelques modèles du
genre, aux qualités scéniques indiscutables, exercent encore quelque
attrait, ce sont les exceptions qui servent à continuer cette erreur.
On n’avait jamais donné dans les théâtres de quartier que du mélo
infâme ; sans aucun terme de comparaison, comment avait-on pu
décréter que le peuple n’aimait pas autre chose ? Certains esprits plus
avisés ont pensé que des cerveaux non exercés pouvaient fort bien
goûter les belles choses, et que l’art du théâtre, par sa forme simple
et vivante, est, de tous les arts, celui qui frappe le plus directement
et le plus facilement l'intelligence.......
Nous avions, comme tant d’autres, notre idée de Théâtre Popu­
laire ; mais avant île préconiser notre système, nous avons préféré
tenter une expérience décisive. Persuadé que la création d’unThéâire
Populaire central était une chimère, et qu'on n’obtiendrait ainsi qu'un
théâtre de plus, ouvert à un public semblable à celui des autres
théâtres parisiens, nous sommes allé chercher le peuple chez lai, en
édifiant, à Belleville d’abord, un premier théâtre de quartier où le
répertoire, l’interprétation, la mise en scène, le confortable, constitue­
raient le véritable et viable Théâtre Populaire. En septembre 1903 nous
inaugurions notre salle de spectacle. Mais une maison ne suffit pas, et

M. Louis BELVAL, Compère.

L’ENTRACTE

4

Pitié, de ce maître du rire Courteline. Une mention toute spé­
ciale à M. Puyvaudran, directeur artistique.

Concerts.
En août, notre Société Théâtrale a donné une fête de nuit
très réussie à l’occasion de l’assemblée générale de l’Amicale
des anciens élèves de l’Ecole Lakanal. Au programme deux
parties concert et deux comédies : Mariage au Téléphone et
La Main de Justine, qui ont été très applaudies.
— Dimanche 12 novembre, La Chanterelle de Bordeaux a
organisé, dans la salle des fêtes de l’hôtel des Messageries, une
matinée des plus artistiques avec le concours de MM. Falcon,
pianiste; Lespine, violoniste; Lafargue, altiste; Ilekking,
violoncelliste; Mm° d’Oskey, cantatrice, et Paul Berthelot,
publiciste, qui a fait une brillante causerie.
Un vrai régal de dilettanti.
— Mardi 28 novembre au Théâtre, a eu lieu une séance très
brillante des Concerts LSoquel de Paris. Le célèbre violoniste
Jacques Thibeaud a été l’objet de la plus enthousiaste admi­
ration.

Jardin de Paris.

M. JORJY, Chef d’Orchestre.

Théâtre.
0 octobre, représentation parla Tournée Saint-Forien, qui a
fait applaudir deux excellentes comédies : Médor et Attaque
Nocturne.
— La tournée Chartier nous a donné le 16 octobre une fine
comédie de Sardou : La Famille Benoilon et la Main de Singe,
œuvre anglaise qui a produit une lugubre impression sur les
spectateurs.
— L’interprétation de l’admirable pièce de Brieux : Les
Avariés, a eu lieu le 20 octobre devant une salle comble. Cette
œuvre puissante, loyale, courageuse a trouvé auprès du
public périgourdin un très bon accueil.
— Dimanche 29 octobre, devant des spectateurs malheu­
reusement clairsemés, l’excellente troupe Lionnet a joué
Saplio, un des chefs-d’œuvre de A. Daudet.
— Devant des salles combles la Tournée du Châtelet a donné
sur notre scène, les 7 et 8 novembre, Le Tour du Monde en
80 Jours, de Jules Verne. Félicitons M. Fontanes, directeur
du Châtelet, qui a su monter ce grand spectacle avec toute
l’ampleur voulue.
— Lundi 20 novembre devant une foule de spectateurs la
Tournée Moncliarmont a interprété merveilleusement Ces
Messieurs, pièce en 5 actes de Georges Ancey, qui avait été
interdite par la Censure.

Théâtre Salie.
Pendant le mois d’octobre, le théâtre Salie, installé sur la
place Montaigne, a interprété du drame, de la comédie et de
l'opérette. Peu de monde pour applaudir les artistes, pleins
de bonne volonté cependant.

Cercle.
Le Cercle du Patronage ouvrier du Toulon a joué, le 22 octo­
bre, deux comédies de Grândmorin et Le Gendarme est sans

La saison d’été du Concert du Jardin de Paris a été dirigée
par M. Dagut, directeur des Folies Bordelaises. Ce fut un
administrateur consciencieux, ne reculant devant aucun sacri­
fice pour satisfaire le public périgourdin. Malheureusement
ses efforts ne furent guère encouragés.Pendant la saison nous
avons eu le plaisir d’applaudir M. et Mmc Ouvrard, des princi­
paux concerts de Paris ; Modanel, l’homme protée, et Perrin,
chanteur de genre de l’Eldorado. L’orchestre était dirigé par
M. Bourgeois, l’excellent chef d’orchestre des Bouffes de Bor­
deaux.
— Les samedi 26 et jeudi 30 août deux intéressantes repré­
sentations de famille données par notre Société Théâtrale. Au
programme Le Gendarme est sans Pitié et Lidoire, deux bouf­
fonneries de Courteline, et une partie concert avec le con­
cours de Mnlc d’Uarville, du baryton Signard, du ténor Frivaul, du comique Daniel et de M110 Mauricette, qui a chanté
avec beaucoup de goût la Marche du Printemps, chanson nou­
velle de notre rédacteur en chef St-Pol, musique de Ynida
Mario.

Alcazar.
Le coquet music-hall delà rue de Bordeaux a réouvert ses
portes le samedi 2 septembre. Nous avons applaudi : Mmo Deleine, chanteuse légère dans un répertoire très goûté ; Mme de
Pazzy, à la diction impeccable ; M110 Margry, très bonne ro­
mancière. Signalons aussi les Hérials, deux duettistes de la
bonne école.
La troupe actuelle, engagée spécialement pour la Revue,
comprend de très bons numéros. Mluu Lucien Vivianne est une
chanteuse d’opérette à la voix souple et à la diction parfaite ;
.elle nous vient de Biarritz où elle a remporté un très grand
succès.
M. Louis Belval, le bon chanteur typique n’est pas un in­
connu pour nous, il a tenu l’an dernier avec autorité le rôle
du compère Cyrano dans la revue « Quau Nas ».
M. Georges Delson’s est un comique fort goûté du public
dans un répertoire absolument personnel.
Le bataillon féminin est composé de gentilles artistes : la
brune et sémillante Mireille ; la très gracieuse Pierrette ; la
sentimentale Jeanne Lys ; Mmc Duverneuil à la voix agréable et
Mmo Depréville une charmante gommeuse.
Disons pour terminer que les rôles patois sont tenus par le
jeune comique Fritz, de la Société Théâtrale.

Arbre de Noël.
Le Comité des Enfants de Saint-Georges s’occupe de l’orga­
nisation de sa iête annuelle de l’Arbre de Noël qui aura lieu
au Théâtre au bénéfice des enfants nécessiteux des deux
écoles garçons et filles du faubourg.
Le programme en sera, dit-on, particulièrement attrayant.
Le spectacle est organisé par la Société Théâtrale qui donnera
trois pièces en un acte et une partie concert. Les cartes sont
au prix minime de 73 centimes et 30 centimes.

Ce n’est pas une Case, ni même une Page
qui peut suffire à publier les
Bienfaits

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DE LA

PHARMACIE du DOCTEUR
tant sont nombreuses les Cures opérées
par le Sirop Pharmed
contre les Rhumes
par les Pastilles Pharmed contre les Maux de Gorge
par la Doeteurine
contre la Migraine
par les Perles de Santé
contre la Constipation
par le Vin Pharmed
contre la Faiblesse
pari’ Essence Pharmed contre les Maladies de Peau
par le Fer Pharmed
contre 1’ Anémie
par les Cachets Pharmed contre les Maux d Estomac
par le Baume Pharmed contre les Douleurs
par le Baume du Docteur contre les Engelures
par 1’ Onguent Pharmed contre les Crevasses
par le Corivore Pharmed contre les Cors

RIDEAU : 8 h.

COUCI-COUÇA

(Cliché Portas.)

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La Commère :

Le Compère :

Louis BELVAL

1

M“ Lucien VIVIÂNNE
Troisième tableau (décor nouveau)

Premier tableau (décor nouveau)

AU

PARNASSE HOTEL

AU SQUARE DES ARENES

A TRAVERS CHAMPS

APOTHÉOSE
De la PERIGOURDINE.

L'IIôtelier........................ ............
La Marchande de gâteaux..........
Le Soleil..........................................
M. Machinchouet...........................
Le Monsieur exténué....................
Le Colonel Cody............................
Un Vendangeur..............................
Premier Cocher..............................
Le Caporal......................................
Le Congressiste bègue................
Le Vendeur de Za Croix..............

Deuxième Miss...............................
Une Paysanne.................................
La Société hippique......................
Une Collégienne............................
La Femme du Gendarme.............
Le Chaleil........................................
Une Vendangeuse..........................
Une Espagnole...............................
Le Fiacre “Auto”........................
La Voyageuse .................................
Le Combat-Saisons........................

L’Interprète patois........................
Un Aubergiste...............................
Le Professeur de patois..............
Queue de Fer.................................
Un Vendangeur..............................
Deuxième Cocher..........................
La Gourde.......................................
L’Homme des Rues Neuves........

Première Miss.................................
Syndicat d’initiative.....................
Une Collégienne.............................
Première Mutualiste.....................
Une Vendangeuse...........................
Une Espagnole...............................
Le Jardin Public............................
L'.-loentr de la Dordogne.............

Troisième Miss...............................
Une Paysanne.................................
Une Collégienne.............................
Deuxième Mutualiste....................
Une Vendangeuse................ ......
Le Square de Vésone...................
Gare de Saint-Georges.................
1er Cinématographe.................... ..
Le Combat Périgourdin..............

Premier Marrtiiton.........................
Une Paysanne................................
Une Collégienne.............................
Tombola Aviat...............................
Une Vendangeuse..........................
Un Espagnol...................................
La rue de Bordeaux......................
Mllc Monopole.................................
La Périgourdine (Apothéose) ...

Deuxième Marmiton.....................
La Cuisinière...................................
Une Paysanne.................................
Une Collégienne.............................
Une Vendangeuse..........................
Un Espagnol...................................
Loustic.............................................
Distributeur automatique............
La Mutualité (Apothéose)............

M“c Jane LYS.

A ta toil® Maison.
R. SACRESTE
15, rue de Bordeaux,

Périgueux.

et
1, rue Bourdeilles,

Quatrième Miss.............................
Une Paysanne.....................,..........
Une Collégienne.............................
Une Vendangeuse..........................
2° Cinématographe........................
Le Journal de la Dordogne........

Nota. — Des Loges sont à la disposition des familles au prix de 1 fr. par place. Fauteuils d’orchestre : 50 centimes, donnant droit à une consommation ordinaire.
Location tous les jours à partir de 10 heures sans augmentation de prix. La Revue commencera à 9 heures très précises.
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L’ENTRACTE

5

Divers.
Il est très fortement question, au ministère de la guerre, de
supprimer les musiques régimentaires actuelles.
Cette mesure serait imposée par le manque de plus en plus
accentué de jeunes soldats musiciens, et par l’impossibilité
de former de bons exécutants, surtout pour les instruments
à anclie, avec l’application de la loi de deux ans.
Dans ces conditions, les 194 musiques militaires seraient
dissoutes, et on conserverait seulement 48 « orchestres mili­
taires de garnison » dont le recrutement serait plus facile.
On assure que Périgueux serait désigné pour posséder un
de ces orchestres si la mesure est mise à exécution.
— Notre concitoyen bergeracois M. Clément Laurens, le
distingué compositeur de musique, vient d’être nommé par le
ministre des beaux-arts membre du jury pour les concours
d’admission aux classes supérieures de piano et de harpe au
Conservatoire de Paris.
— Les journaux de Brive mentionnent le très grand succès
obtenu par notre distingué violoniste Raoul Chateau au pre­
mier concert de la Société Philarmonique.
— Nous apprenons avec plaisir que M. Raymond Marot, le
distingué président d'honneur de la Société Théâtrale, en
quittant le Théâtre Molière de Bruxelles a été engagé au
Théâtre Antoine à Paris.

Vient de Paraître.
M. Alberto l'alcon, notre distingué pianiste, a écrit et vient
de faire éditer chez M. Neyrat, 7, cours Montaigne, à Péri­
gueux, Un Caprice, pour piano.
Cette pièce, toute de virtuosité, est aussi d’une fraîcheur
et d’une grâce exquises ; construite avec d’habiles développe­
ments sur un thème de style élevé, plein de distinction, elle
se recommande par sa valeur artistique.
A Paris, tout récemment, sous les doigts prestigieux de
l’auteur, cette œuvre fut interprétée pour la première fois
avec un succès de triomphe qu’il nous est agréable de si­
gnaler.
— Notre rédacteur en chef, Saint-Pol, vient de lancer deux
chansons nouvelles qui sont actuellement chantées dans les
principaux concerts de la région et principalement à Bor­
deaux : Ah mais sais-tu ! et La Marche du Printemps ; jolie
musique de Ynida Mario.
— La Maison G. Nevrat vient d’éditer la Flour de Mar,
une agréable romance, où sur de jolis vers de Robert Benoit,
notre compatriote Pierre Augiéras a écrit une mélodie char­
mante.
— Les chansons Ah vous le savez bien et Sérénade à ma mie,
de notre concitoyen M. Barraud, sont déjà à leur deuxième
édition.
L’Eventail, valse chantée, et Bouquet de fêle, couplets de
concert, du même auteur, pour voix de femme, paraîtront
très prochainement, édités avec soin par la maison Neyrat.

— L’éditeur IL Champion (9, quai Voltaire, Paris), vient de
faire paraître un nouveau recueil de chansons patoises péri­
gourdines inédites, paroles et musique, avec traduction litté­
rale adaptée au rythme musical. Ce recueil a remporté le
prix au concours de la Schola Cantorum, présidé par Vincent
d’Indy.
S’adresser à MM. Lacape, Neyrat et Domège. Avis aux
amateurs du folklore périgourdin.
— Pour paraître prochainement : La Valse de Minuit, musi­
que de Gérald-Bourgeois, paroles de Saint-Pol, superbe valse
lente qui vient d’être créée magistralement à Paris par Paulette
Darty et que nous espérons entendre bientôt à Périgueux.

M. Georges DELSON’S.

DANS LE DÉPARTEMENT
Bourdeilles.
Le 6 août dernier notre Société Théâtrale a donné, sous la
direction de M. Mespoulède, régisseur général, une représen­
tation qui a été très goûtée. Au programme la désopilante
comédie Jolibois Prince Nègre et deux parties concert très
applaudies.

Saint-Astier.
Nos deux sociétés musicales La Lyre et Les Enfants vien­
nent de fusionner; la nouvelle Société a choisi le nom de
Fanfare de Saint-Astier.
Voici la composition du Bureau : Président, M. Albert
Chaulet; directeur, M. Adolphe Roche ; sous directeur, M. Mau­
rice Gay ; trésorier, M. André Dumont ; secrétaire, M. Louis
Lagorce ; archiviste, M. Martin Couderc ; commissaire, M. Elie
Delord ; secrétaire adjoint, M. Gilbert Guinabert.

Bergerac.
M. Watelle, le distingué chef de musique du 108°, a eu la
très heureuse idée de consacrer, cet été, sous le nom de
Festival, l’exécutiori d’un programme composé uniquement de
morceaux tirés des œuvres principales d’un seul maître.
C’est une initiative des plus louables, et au dernier concert
de ce genre, le Festival Gounod, le public de notre ville n’a
pas ménagé les applaudissements.
— Voici la composition du nouveau bureau du Cercle Mu­
sical :
Président, M. le docteur Simbat ; vice-président, M. Passerieux ; censeur, M. A Pellugues ; secrétaire, M. Balan; secré­
taire-adjoint, M. Audat ; trésorier, M. A. Gagnaire ; trésorieradjoint, M. Darrieu ; archivistes, MM. Chantegrel et Gouton ;
commissaires, MM. Narouski, Bartholomé, E. Giraude! et
Flouret.

6

L’ÈNTRACTE

— La musique du 108° vient d interpréter avec granit succès
Les Mobiles de la Dordogne, marche chantée, de M. Watelle,
poésie de notre rédacteur St-Pol.
— La première conférence de la Société Littéraire et Scientifique a eu lieu le 25 novembre dans la salle du Théâtre par
M. Etienne Richet, explorateur qui a traité avec beaucoup de
talent la question marocaine.
— La vaillante société théâtrale « Les Sans Souci <> a décidé
de prendre une part active à l’organisation artistique de la
prochaine félibrée du Bournat à Bergerac.

Mussidan.
A l’occasion de la Félibrée de Mussidan, le 3 septembre
dernier, jrlusieurs manifestations artistiques ont eu lieu. A la
Cour d’Amour on a applaudi successivement : M. Louis Simon
dans son ode à la reine ; le ténor Delmon dans les œuvres de
Mme DefTarges et de M. Reverdy ; la cantate de Mlle Colombet, interprétée par 70 exécutants ; MM. de La Tombelle et
Tenant, dans un duo de vielle et musette ; l’excellente violo­
niste M11” Lapié, M. Descombey, M. Jean-Louis, etc.
Une mention spéciale à Mlle Labarlhe, des Concerts Lamoureux, qui, en villégiature dans les environs de Mussidan, avait
bien voulu consentir à chanter un air du Freischiil:.
La partie dramatique comprenait deux comédies périgour­
dines, une de Chastanet, La Lengo de la Suzilho, gentiment
interprétée par MUe Charnay et M. Descombey, et l’Oùbado à
Chastanet, de Benoît, où notre perruquier-poète tenait le
principal rôle.

Belvès.
Le samedi 9 septembre représentation de gala donnée dans
la salle de la Mairie par la Société Théitlrale Périgourdine. Le
programme, élaboré par M. Chaumont, le sympathique direc­
teur de cette Société, était des mieux choisis et les artistes
qui l’interprétaient se sont surpassés. Nous avons eu le
plaisir d’applaudir la gracieuse Lise Betty, MM. Bertaud,
Bërnadac, Jan, Cléry, Amadis et M. Mortier, professeur de
piano. Mais les deux clous de la soirée ont été les excellentes
comédies : le Mariage au Téléphone et le Gendarme est Sans
Pitié, enlevées avec beaucoup d’entrain.

Nontron.
Les 15, 16 et 17 octobre ont. eu lieu les grandes fêtes orga­
nisées par la Société l’Union fraternelle des commerçants et
industriels de Nontron. Au Festival Concours qui a terminé
ces fêtes, YAvenir de Périgueux, et YAvant-Garde Périgour­
dine ont remporté les premiers prix.

Chaneelade.
Le dimanche 10 décembre aura lieu la fête des Anciens
Elèves de Chancelade. A cette occasion un concert est organisé
avec le concours de M. Jan, deMm° Fortvill, de MM. Lugder,
C. Roger, Fortvill et Mortier, professeur de piano.

Ribérac.
Le 28 octobre a eu lieu l’inauguration du Théâtre Municipal
dont les peintures du plus heureux effet sont l’œuvre de notre
jeune concitoyen Paracini. Le programme de cette charmante
fête d’inauguration comprenait deux parties concert, avec le
concours de plusieurs artistes bordelais et le joli opéra co­
mique de Massé Les Noces de Jeannette.

Nous donnons ici, sans choix aucun, quelques chansons
appelées à devenir vile populaires, prises dans la Revue
de l’Alcazar, Couci-Couça, Œuvre de noire Rédacteur en
chef S'-Pol. Les vers —forcément mirliionesques — inté­
resseront, croyons-nous, nos lecteurs.
LE TRIOMPHE DE LA PÉRIGOURDINE.
Rondeau chanté par Mme Lucien Vivianne, musique nouvelle de Jorjy,
paroles de X***, intercalé dans la Revue.

Par un frais matin,
Parfumé de thym,
Vénus, dans toute sa puissance,
Vint, de ses présents,
Faire dons charmants
Aux filles du pays de France,
Dans un nuage étoilé d’or,
Elle apparut, calme et sereine,
Et sur le sommet du mont d’Or
Elle posa son pied de reine.
L’Amour voltigeant
Du nord au ponant,
Et des Pyrénées à l’Alsace,
Lui fit une cour,
Belle comme jour,
Des frais minois de notre race,
Alors, on vit, essaim joyeux,
Autour de la noble déesse,
Blondes et brunes de tous lieux,
Danser en signe d’allégresse.

L’ENTRACTE
Vénus souriant
Au groupe charmant,
Dit : « — Je veux donner à chacune
Trésors merveilleux
Et si précieux,
Qu’en pâlisse dame Fortune ! »
Lors, à la femme de Paris,
Elle donna grâce éternelle,
Esprit, cœur d’or, parler exquis,
Et l’allure de la gazelle.

OEil noir, scintillant
Comme un diamant,
Fut le lot de la Bordelaise ;
Pied leste et mutin,
Front pur et serein
Echurent à la Béarnaise,
La Bretonne eut force et vigueur,
Et l’Angevine lèvre rose,
Où voltige un rire moqueur,
Comme un papillon sur la rose.

Cheveux fins, bouclés,
Blonds comme les blés
Embellirent la Vendéenne ;
Franchise et bonté,
Douceur et beauté,
FurenL les dons de l’Arlésienne.
La noble fille de Dijon
Eut en partage Voix exquise,
Pour chanter Noël bourguignon,
Lorsque du Nord accourt la bise.
Lors, on applaudit
En chœur, quand on vit
L’Alsacienne, au front la noblesse,
Gaîment s’avancer,
De son pas léger,
Vers le trône de la déesse,
« — A toi, dit Vénus, pour finir,
Je donne, ô ma fille chérie,
Le culte ardent du souvenir,
L’amour sacré de la Patrie ! »

Et vers le ciel d’or,
Prenant son essor,
Vénus, dont la beauté rayonne
Du haut de son char,
Lance un doux regard
Sur la foule qui l’environne.
Soudain, on vit timidement,
S'avancer la Périgourdine :
« — O Vénus ! dit-elle en tremblant
Que m’accorde ta main divine ? »

« — Las ! je n’ai plus rien !
Et veux pourtant bien,
Lui dit Vénus, te satisfaire ! »
Alors, rappelant
Sa cour, un instant,
Elle, lui fit cette prière :
« — Comme l’on ferait d’une fleur,
Qu’un doux et frais parfum signale,
De mes présents, à votre sœur,
Donnez-lui, chacune, un pétale ! »

Toutes à l’envi,
Et le front ravi,
Obéirent à la déesse.
Ce fut, un moment,
Un assaut charmant,
Plein de grandeur et de noblesse :
Chacune, avec un doux émoi,
Offrant ses dons à l’aveuglette,
Leur sœur eut de tout : c’est pourquoi,
La Périgourdine est parfaite !

LE VIEUX CHALEIL.
Chanté par Mme Mireille. Vieil air du XVIIe siècle.

Le gaz, l’électricité
M’ont chassé loin des cités.
Jadis c’était différent
Souvenez-vous en
Souvenez-vous en !
Chez le pauvre ou le seigneur
Je trônais d’un air vainqueur.
Durant l’hiver quand le soir
Dans l’àtre on venait s’asseoir,
J’éclairais la grand’maman
Souvenez-vous en
Souvenez-vous en !
Qui contait à ses p’tits fils
Les histoir’s du temps jadis.

Pendant que filles, garçons,
Gazouillant comme pinsons,
Causaient amoureusement
Souvenez-vous en,
Souvenez-vous en !
Aujourd’hui les jeun’s sont vieux
Moi, j’ai fait hélas ! comme eux !

LES JOURNAUX PÉRIGOURDINS.
Chanté par : Mme Jane Lys, l’Avenif ; M“e Lydie, le Journal ;
Mme Pierrette, le Combat; Mme Mireille, le Combat-Saisons.
Air de : Amusez-vous.
Choeur.

En voulez-vous donc, en voulez-vous ?
Car nous lire est un plaisir bien doux.
Feuilleton, chronique
Ou mêm’ politique,
Oui vous en aurez pour votre sou.
En voulez-vous, en voulez-vous?
L’Avenir.

Moi je ne saurais le taire
Je suis pour P gouvernement
Et pour tous les ministères
Je le dis très carrément.
Le Journal.

Moi je veux un autr’ régime
Que celui qui nous est fait.
Pourrait-on me faire un crime
D’ trouver qu’ tout n’est pas parfait?
Le Combat.

Moi j’ combats et je soufllète
Tous les faux républicains
J’ veux un’ République honnête
C’est aller peut-être loin.
Le Combat-Saisons.

Dédaignant la politique
Où tout est faux et trompeur,
En des strophes poétiques
Moi je chant’ l’amour vainqueur.

L’ENTRACTE

8
MARCHE DES PÉRIGOURDINS.

Chantée par M. Belval. Air âea Allobroges, vieil hymne de la Savoie.

Périgourdin, sois fier de ta Dordogne,
De ses vallons aux sites enchanteurs ;
On vit heureux sous le ciel de Gascogne,
Dans son air pur aux divines senteurs.
Sur les tables des riches de la terre
Trône sa truffe au suave parfum;
Son vin exquis pétillant dans les verres
Met le bonheur dans le cœur de chacun.

Joyeux Périgourdins, dans vos vertes campagnes,
Sous vos grands châtaigniers, chantez pleins de gaîté.
Mais s’il fallait un jour défendre vos compagnes,
Vous marcheriez au nom d'la liberté.

Vos ancêtres vous ont donné l’exemple,
Regardez-les sur leur socle plantés ;
Leurs noms guerriers sont gravés dans le temple
Si glorieux de l’Immortalité.
Quand, jour de deuil, notre France envahie
Pour la sauver réclamait scs enfants,
Vos p’tits moblots, d'une voix réjouie,
Sans hésiter répondirent : Présents !

LA RUE DE BORDEAUX GOUDRONNÉE.
Chanté par M"le Duverneuil. Air de : Nouveau vieux jeu.

Je suis dans le mouvement
D’puis l’commenc’ment de l’année.
Plus besoin d’médicaments
Suis aujourd’hui goudronnée.
M. Souchet vous le dira,
Pour toujours vivre à son aise
N’y a que l’goudron, n’vous déplaise,
Rien ne vaut l’goudron pour ça.
Lorsque vous pass’rez dans ma rue
1
Pour vous rendre un soir à l’Alca,
' , ■
voir jouer sa coquett revue
i
Vous direz : qu’elle est chic cetl’ ru’ là ! ;

Donnons, pour finir, /'Appel au public, chaniè par
Mme Lucien Viviakne et toute la troupe. Air.de : Pan-Pan.

Chantée par Mm° Delson’s ; musique des Tziganes.

Messieurs, Mesdam’s, pour vous distraire
Nous avons fait de notre mieux.
C’est à vous de nous satisfaire
En vous montrant très généreux.
Y’a eu des scèn’s peut êtr’ burlesques
Des jeux de mots pas très nouveaux,
Des r’frains, des vers mirlitonesques,
Bêtes à fair’ pleurer des veaux.
Si vous avez ri cependant
Montrez que vous êtes contents.

Mesdam’s, la musiqu’ de chambre à vos yeux
C’est fort délicieux.
Plus l’morceau est long et plus il vous plaît
Vous dites : c’est parfait !
Pour nous, quand ça se répèt’ trop souvent
Ça devient fatiguant,
Et malgré nos efforts, faut l’confesser
Souvent nous n'pouvons plus bisser.

Allez-y donc très carrément
C’est à vous maintenant
De fair’ panpan
Encor panpan.
Etvous, Mesdam’s, suivez T mouv’ment,
Puis ce soir en rentrant
FaiLes encor panpan,
Panpan !
,

MUSIQUE DE CHAMBRE.

Quant à ma femme, pour la contenter
J’aurais du posséder
Du vaillant tzigane' lligo, le bon
Le puissant violon.
Las ! je n’ai plus mon ardeur de vingt ans
Pour jouer l’instrument,
Et je sens que je ne peux plus lever
Le bras pour le faire vibrer.

LE DISTRIBUTEUR DE BILLETS DE LA GARE.
Chanté par M™° DeprèviiXe. Air de : A la Foire d'Asnières.

Or toute l’année
Moi pauvre pannée
Je suis vissée en mon petit coin.
Ah ! mes très chers amis quel tintoin
Tous les soirs et tous les matins !
Le ciel les confonde
Pas une seconde
Ne me laissent en paix les clients.
' Et comme ce n’est pas cher vraiment
Ils en ont tous pour leur argent.
(Re/rain sur un motif d'orgue de Barbarie.)

Pour deux sous qu’ils mettent dans le trou
Pour deux sous ils peuvent passer partout.

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