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Fait partie de Réponse du curé de Ste-Alvère
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REPONSE
DU CURÉ DE S"-ALVÈRE,
CHANOINE HONORAIRE D’ANGOULÊME,
A un libelle diffamatoire signé par M. P. PEYROT, Curé de
Périgueux , Eicaire-général pour tout le département de la
Dordogne, et adressé par lui, le \ 2 juillet dernier, à MM. ses
Confrères en exercice dans le même départcniènt.
Un libelle diffamatoire, que l’indignation générale repousse,
en attendant que la justice s’en empare, circule dans le dépàrtèmènt de la Dordogne. Cette production est l’ouvrage de
M. P. Peyrot, curé de Périgueux et vicaire-général.
Le fiel vénimeux qu’il répand avec une abondance que l’as
pic et la vipère n’eurent jamais, ne laissera de trace que contre
lui. Ses coups multipliés ne m’atteindront point -, ma conscience
me l’assure , et ma côndfiite-toute entière m’eu donnéda pré
cieuse garantie.
Une séule chose m’afflige , et m’afflige vivement. M. lé vicairegénéral ne connaît, ni les aceens , ni le langage de i la charité
chrétienne. Le moderne Bernard est loin' de son modèle.
Am milieu des.-to.rrens_d’injures-,-a«- milieu dos -fieux et des
.flammes que vomit mon aristarque;, est-il possible: de recon
naître un vicaire-général?... Un moraliste* sage , fin vérita-
k
Z
( 2)
ble épistemonarque ( i ), eut suivi là mesure tracée dan9
l’Evangile , au lieu (le faire siffler tous les serpens de la
fureur. Je me garderai bien de l’imiter dans la réponse que
me commande une défense légitime. Cette modération ne me
coûtera aucun effort ; elle est absolument conforme à mon ca
ractère et à mon éducation. Je ne connais pas les passions ezzIrainantes. Je me suis toujours soumis à l’empire de la raison. Je
n’ai aucune prétention à Vesprit, au savoir. J’ignore com
ment se commande une escouade de Dragons. Mais M. Peyrot
pourrait figurer avantageusement dans ce cadre.
Je ne suis point un géant, je ne suis point un présomptueuse.
Sensible aux injures qui m’ont été adressées dans plusieurs let
tres anonymes , je fis imprimer celle que j’avais écrite à Mgr.
l’Évêque, le 29 mai. Je déclare avec franchise que je l’ai fait
uniquement pour présenter à mes détracteurs les motifs de ma
conduite. Monseigneur a reçu ma lettre en manuscrit, et je
puis affirmer que celui de M. le curé, vicaire-général, n’était
pas connu de Sa Grandeur , le 28 juin , quoiqu’il ait été im
primé chez la veuve Faure, à Périgueux , le 28 du mois pré
cédent. M. le vicaire-général n’a pas , sans doute, jugé à
propos de faire partir un courrier et a oublié de le mettre à
la poste.
Monseigneur est persuadé que je lui porte de cœur tous les
sentimens que je lui dois. M. le curé , vicaire-général, perd
son temps à chercher à insinuer le contraire.
Je croyais, je devais croire , que M. Peyrot m’honorait
de son amitié. Je m’empressai d’aller lui témoigner tout mon
intérêt à la première nouvelle des persécutions qu’on lui faisait
éprouver pour le Te Deum qui lui fut demandé. Notre entre
tien , 9ur cet objet 3 fut long et sérieux. De bonne foi je
(1) C’est le nom qu’on donnait à un officier ecclésiastique qui avait l'ins
pection de tout ce qui appartenait à la foi.
( 3 )
cherchais les lumières. Il m’assura que si Monseigneur fai
sait un mandement, il Se conformerait à ses dispositions.
M. le vicaire-général ne désavouera pas ce fait. Le mande
ment de Mgr. l’Évêque, sous le titre de lettre pastorale ,
m’est parvenu par les voies ordinaires , et je n’ai pas reçu ,
de M. Peyrot , celle qu’il a fait imprimer et publier contre
ladite lettre pastorale. Si ma conduite est une erreur, elle
est donc l’ouvrage de mon correcteur.
J’étais loin de compter parmi mes détracteurs M. le vicairegénéral. Jamais ma pensée ne se serait arrêtée sur lui. Quelle
considération assez puissante a donc pu le porter à se déchaî
ner contre moi avec tant de rage?.... Je le dis avec douleur,
il ne peut en exister d’autre que le désir de la célébrité. Inutile
ment il veut persuader qu’il agit pour le motif toujours loua
ble de défendre la vérité blessée ; personne ne le croira : son
ambition est connue Un évêché est l’objet de ses vœux ardens.
Depuis long-temps, il se tourmente et s’agite pour l’obtenir.
Il élevait au Ciel (i) l’homme justement odieux que je laissais
sur la terre. Oublié, et peut-être dédaigné par lui, mais toujours
brûlé par ses mêmes désirs, il offre aujourd’hui, au monarque
chéri que la Providence nous a rendu, un amour qui ne se
compose que de son dépit et de son mécontentement. Mes
sentimens pour sa personne sacrée sont plus purs.
Il est impossible que M. le curé , vicaire-général , m’adresse
de bonne foi le reproche d’avoir voulu le perdre. Où sont les
actes qui le déposent? Pour les découvrir, il a certainement fait
les recherches les plus étendues; il les eût découvert s’il en eût
existé , et les aurait tous présentés : il ne connaît pas les ménagemens humains.
S’il a éprouvé des terreurs , ce n’est donc pas moi qui ai pu
(i) Voyez les Bulletins du Département, du 20 août 1806, 23 août 1809
et 7 décembre i8i3 ; interrogez surtout les babitans de Périgueux.
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les faire naître. La douceur de mes moeurs et de mon carac
tère est connue. Elle suffirait pour repousser son accusation
diabolique , sans les preuves multipliées que je fournis ; je ne
connais pas plus le fanatisme que l’apostasie.
J’ai révélé la cause qui m’a déterminé à faire imprimer ma
lettre. Notre Evêque est la seulé autorité «à qui je l’aie adressée.
Je n’en ai répandu qu’un bien petit nombre d’exemplaires (i).
Je sers mes amis avec zèle ; aucun ennemi ne peut justifier
que j’aie voulu lui nuire. Plus d’une victime peut élever ses
cris contre M. Peyrot. Les mânes de l’une d’elles, inhumée dans
une terre étrangère^ son berceau, doivent l’assiéger sans cesse.
J’ai fait connaître la cause qui vaut à mes confrères la pro
duction infâme du 12 juillet ; il n’en est aucun qui , après
l’avoir lue , n’ait senti au coeur l’effet que produisent les injures.
L amour delà vérité agit, sans ostentation , sans éclat; il est,
quoiqu’on dise M. Peyrot, l’ami des bienséances ; s’il s’en fût
entouré dans l’arêne , il n’eût pas été couvert de poussière.
Pour prix de son libelle horrible , qui n’est' qu’un monu
ment élevé à sa honte , et pour toute vengeance du mal
qu’y a voulu me faire , je me horne à le décorer de la cou
ronne que les Grçc? décernaient aux calomniateurs r et j’y at
tache cette épigraphe : Ejice derisorem....... et eæibit cum eo
jurgium, cessabunt que causa? et contumilia?. (Au Livre des
Proverbes _).
. |
S.te-Àlvère, 4 août îSih.
LÆJUGIE.
.Nota. MM.. les Maires sont instamment priés de
communiquer ce L écrit à MM. leurs Curés.
,
j
(1) Ceux, de son libelle inondent toutes les places et carrefours.
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