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ESSAI
SUR
L'ENTENDEMENT HUMAIN.
A L'Ecole centrale du Département de la Dordogne,
le
Fructidor an 8.e de la République , à g
heures après midi, dans La salle Décadaire.
A
Chez
PÉRIGUEUX,
L. Canler,
Imprimeur
de
centrale.
l’École
î
An VIII.e de la République.
ESSAI
SUR
L’ENTENDEMENT HUMAINSECTION
PREMIÈRE.
'Etes AT ions. Explication des mots sens et organe Quels sont les
principaux organes de nos sensations ? Comment tous nos sens pour
raient être rigoureusement réduits à celui du toucher. Quels sont les
rapports de ressemblance d’après lesquels les odeurs , les saveurs , les
couleurs, les sons, le froid , le chaud , &c. , ont été désignés par le
nom commun de sensation. Différence entre sensation, impression, sen
timent et modification. Que les odeurs, les saveurs, les couleurs, les
sons, le froid, le chaud, la douleur et le plaisir, sont des modifi
cations du moi, et n’existent, ni dans les corps extérieurs , ni dans les
différentes parties de notre corps auxquelles nous les rapportons. Que
la vue, sans le secours du tact, ne nous donnerait aucune idée de dis
tance de position et de figure : expérience et raisonnement qui prouvent
cette assertion. Analyse de ces manières de parler : le feu est chaud,
la glace est froide, la cloche sonne, cette fleur a bonne odeur, du
drap rouge , des amandes ambres, et autres semblables. Que c’est par
la résistance que nous sommes convaincus de l’existence des corps.
Que les idées exprimées par les mots ame, moi, effort et matière, sont
simples et indéfinissables. Conjectures sur le sensorium ou siège du
moi. Différence entre effort et action. Analyse des mots force, subs
tance et corps. Que le moi est une substance simple essentiellement
( 4 )
différente de ce que nous nommons matière ; différentes preuves de
cette assertion. Idée du système des causes occasionnelles ; inutilité et
vices de ce système.
S E C T.
II,
Facultés de l'atne. Que l’ame , excepté quelques cas très-rares , n’est
jamais entièrement passive dans ses sensations. Analyse des mots
jouissance et souffrance. Qu’entend-on par sentimens négatifs ? Comment
peut-on éprouver des sentimens négatifs ? Analyse de l’attention et de
la comparaison. Qu’entend-on par vues de l’esprit ? Différence entre
rapport et vue de l’esprit. Que les rapports n’existent que dans l’esprit
de celui qui les aperçoit. Énumération des rapports simples que nous
pouvons apercevoir entre nos modifications. Analyse du mot perception-,
différence entre perception et impression. Qu’est-ce que c’est qu’abstraire?
Différence entre abstraire et faire abstraction. Comment naît et se
forme l’habitude? Quels sont les résultats de l’habitude par rapport au
moi , aux impressions , aux organes et à la perception des rapports ?
Analyse de la réminiscence; conjectures sur les causes de la réminiscence,
sur la manière dont elle se perd et se fortifie. Analyse des sentimens
de la surprise et de la nouveauté. Analyse de la mémoire, de l’ima
gination, de la pensée, de la réflexion, de la méditation; différence
entre penser et réfléchir. Analyse du mot idée ; différence entre l’idée
et la perception. Que toutes nos sensations ne peuvent pas se repro
duire en l’absence des premières causes qui les excitèrent. Que les sons
sont de toutes nos impressions celles qui se reproduisent avec le plus
de netteté et de précision. Causes de ce phénomène. Comment nos
idées se lient les unes aux autres ? Conjectures sur les causes physio
logiques de cette liaison et de quelques phénomènes de la mémoire,
tels que la reproduction d’une longue suite d’impressions dans le même
ordre qu’elles nous ont affecté ; la difficulté que nous éprouvons à
renverser cet ordre lorsqu’il est devenu une habitude ; la facilité avec
laquelle nous gravons dans notre mémoire une longue suite d’impres
t
( 5 )
sions, lorsque nous la partageons en plusieurs parties auxquelles
nous donnons successivement notre attention. Analyse du mot person
nalité ; différentes espèces de personnalités ; différentes causes qui peuvent
reproduire nos impressions et nos perceptions en l’absence des premières
causes qui les ont excitées. Qu’est-ce qu’on doit entendre par réalité?
Conjectures sur les causes des songes, des visions et de la folie ; diffé
rentes espèces de plaisirs et de peines ; peines et plaisirs physiques ,
moraux, intellectuels , purs et mixtes. Quelles sont les causes auxquelles
nous devons attrib.ier le plus ou le moins de peine ou de plaisir qui
accompagne quelquefois nos impressions ? Combien il est difficile de
différencier la cause de la douleur, de celle du plaisir. Que les peines
et plaisirs physiques ne peuvent jamais se représenter indépendamment
des premières causes qui les ont excités. Qu’est-ce qu’on doit entendre
par peine et plaisir moral,-par jouissance et souffrance idéale? Con
jectures sur les causes des peines et des plaisirs moraux. Pourquoi
nos peines et nos plaisirs moraux sont souvent plus vifs que ceux qui
résultent de l’action des objets extérieurs sur nos sens ? Pourquoi sontils d’autant plus vifs qu’ils sont plus indéteiminés ? Qu’est-ce qu’on
doit entendre par peine ou plaisir mixte? Analysé du sentiment de la
pitié. Pourquoi les plaisirs mixtes sont-ils plus pénétrans que les plaisirs
sans mélange? Analyse des mots besoin, désir, volonté, passion. Com
ment peut-on caractériser ou définir les passions. Analyse des mots
possibilité et impossibilité ; différence entre possibilité et pouvoir. Que
doit-on entendre par contingence et nécessité? Différentes espèces de
nécessités : nécessité métaphysique, physique, hypothétique et morale.
Énumération des différens cas où l’homme est moralement nécessité a
agir d’une manière plutôt que d’une autre ; que la nécessité morale
équivaut à une nécessité métaphysique. Analyse des idées de cause
et d’effet; différentes espèces de causes. Qu’entend-on par motif1 Différence
remarquable entre cause et motif. Que doit - on entendre par aimer
mieux, choisir, préférer, lorsqu’il s’agit de peines ou de plaisirs qu’on
(
)
ne peut comparer sous les rapports de plus ou de moins ? Qu’entend-on par remords ? En quoi consiste la liberté ? Différence entre action
libre et action volontaire ou spontanée. —Analyse des mots fait et signe;
différentes espèces de signes. Quelles sont celles de nos impressions et
de nos idées que nous faisons servir de signes aux autres ? Différence
entre les idées-signes et les idées-signifiées. Nécessité des signes artifi
ciels pour la formation , la représentation et le rappel de la plupart
de nos idées sensibles , de nos idées intellectuelles, simples ou composées,
abstraites , particulières ou générales. Comment se forment les idees
générales ? Qu’entend - on par extension et compréhension d’une idée
générale ? Comment l’usage des signes artificiels perfectionne toutes nos
facultés. Déterminer toute l’étendue de la signification du mot idée.
Quelle différence doit-on mettre entre une idée et une pensée, entre
une pensée et une idée relative ? Qu’est - ce qu’on doit entendre par
idée vraie,fausse, absurde, juste, exacte, complète, incomplète, obscure,
précise , vague et confuse ? Différence remarquable entre idée obscure
et idée précise. Analyse des idées de quantité, de nombre et dunité.
Quelles sont les idées que peuvent exciter en nous les mots qui expri
ment des nombres considérables? Analyse des idées dexistence, d'essence,
détendue , de temps, de durée, de
et dinfini. Système raisonné
des modifications du moi ou essai d’une nomenclature idéologique.
Analyse du mot faculté ; vues de l’esprit qui nous ont conduit à dis
tinguer différentes espèces de facultés.
S E C T.
III.
De la connaissance. Qu’entend-on par connaître, concevoir et com
prendre ? Que la connaissance du moi est la première et la plus précise
de toutes nos connaissances. Que peut - on répondre à la question
suivante : qu’est-ce que l’ame ou le moi? Différens degrés dans la
connaissance du moi; conjectures sur les causes qui nous font sentir
l’existence du moi ; que ce n’est que par conclusion que nous acquérons
( 7 )
la connaissance de l’existence et des modifications de la matière ; que
l’augmentation du nombre de nos sens ne rendrait pas cette connais
sance plus claire. Différence entre modifications, propriétés et qualités
de la matière ; que l’action et le mouvement sont les seules modifi
cations véritablement inhérentes à la matière. Que peut-on répondre
à cette question ? Qu’est-ce que la matière? Différentes espèces de
connaissances : connaissance de conscience , sensitive et testimoniale ;
connaissance immédiate, intuitive, conjonctive, démonstrative, incer
taine et probable. Analyse et différence des mots ctrtitudt^ conviction
et croyanct. Différentes espèces de certitudes: certitude métaphysique,
physique et morale. Différence entre la connaissance qui a pour objet
les substances et leurs modifications, et celle qui n’a pour objet que
leurs rapports. Qu’est-ce qu’on entend par jugement ? Que toute vue
de l’esprit suppose une comparaison tacite ou réfléchie. Qu’entend-on
par une comparaison tacite et une comparaison réfléchie? Différentes
espèces de jugemens : jugemens mécaniques et réfléchis , certains et
incertains , intuitifs et démontrés , abstraits , concrets et abstracto-concrets ; simples , composés er complexes. Qu’est - ce qu’on entend par
proposition? Différentes espèces de propositions: affirmatives, négatives,
générales , universelles , indéfinies , particulières , singulières , &c. Que
toute proposition renferme implicitement ou explicitement un' antécédent
et un conséquent ; une' vue de l’esprit qui lie l’un à l’autre et un
verbe. Fonction du verbe dans la proposition. Qu’entend-on par raisonne
ment? Différentes espèces de raisonnemens : raisonnement plausible et raison
nement démonstratif ou démonstration. Qu’entend - Ort par définition ,
explication et description ? Vices à éviter dans la définition. Différentes
espèces de démonstrations : démonstration d’analyse et démonstration
d’invention ; exemples de l’une et de l’autre. Différentes formes que
peut prendre la démonstration : formes directes et indirectes. Formes
directes de la démonstration, d’invention pour les rapports d’éga/zze,
de majorité y de minorité, Üantériorité t de postériorité, de simultanéité,
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................. ( 8 )
de contenance, et d’intériorité , à.’identité, de ressemblance et de coexistence.
Autre forme directe pour les cinq rapports légalité, d’identité, de r«->
semblante, de simultanéité et de coexistence. Forme particulière pour
le rapport (['opposition ; forme particulière pour les raisonnemens à
conclusion négative. Analyse du mot entendement.
Idée raisonnée du syllogisme et des trois figures syllogistiques. Ana*lyse des mots contenir, renfermer, résulter, lorsqu’ils sont appliqués à des
idées, à des jugemens ou à des propositions. Que la conclusion d’un
vrai raisonnement ne doit jamais être contenue dans les jugemens antécédens. Combien est vague ce principe que deux choses ou deux idées
qui conviennent à une troisième , conviennent entr’elles : que dans
presque tous les syllogismes, ce qu’on appelait l’idée moyenne , entrait
implicitement dans la conclusion , ce qui n’arrive jamais dans un rai
sonnement démonstratif : que de deux jugemens négatifs on peut quel
quefois tirer une conclusion affirmative, et de deux jugemens affirmatifs,
une conclusion négative : qu’il y a des raisonnemens démonstratifs dans
lesquels les idées qui forment le jugement de conclusion , n’ont été
comparées à aucune idée moyenne ; qu’à l’exception d’un très-petit
nombre de cas , le syllogisme n’est jamais un vrai raisonnement.
Exemples et règles des formes de raisonnement qu’on nomme dilemme,
syllogisme, conjonctif et disjonctif; que dans ces trois formes de rai
sonnemens la conclusion n’est jamais renfermée dans aucun des jugemens
antécédens. DifFérens cas où un raisonnement peut être vicieux.
Qu’est-ce qu’on entend par sophisme et paralogisme ? différentes espèces
de l’un et de l’autre.
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