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Médias
Fait partie de Nouvelle note additionnelle au mémoire de l'ingénieur en chef du département de la Dordogne
- extracted text
-
DE
L’INGÉNIEUR EN CHEF
DU DÉPARTEMENT DE LA DORDOGNE
SUR
LA FUSION DBS SERVICES DE LA GRANDE
ET DE LA PETITE VOIRIE.
NOUVELLE NOTE ADDITIONNELLE
AU
I)E
L’INGÉNIEUR EN CHEF
DU DÉPARTEMENT DE LA DORDOGNE
LA FUSION DES SERVICES DE LA GRANDE
ET LE LA PETITE VOIRIE.
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NOUVELLE NOTE ADDITIONNELLE
AU
MÉMOIRE
DE
L’INGÉNIEUR EN
CHEF
DU DÉPARTEMENT DE LA DORDOGNE
Sur la Fusion des Services de la Grande et de
la Petite Voirie.
EXPOSÉ.
l.
Je n’ai eu connaissance qu’aujourd’hui d'un second Mémoire
adressé par M. l’agent-voyer en chef à MM. les membres du Conseil
général et daté du 27 mars, sur la question de fusion des services
départementaux de voirie, dans la Dordogne.
En maintenant cette question sur le terrain de la polémique, M.
l’agent-voyer m’a imposé la pénible obligation de lui répondre une se
conde fois, et de le suivre pas à pas dans ses assertions.
Je serai bref d’ailleurs, ma Note additionnelle du 24 mars ayant su
rabondamment fait justice d'avance de la plupart d’entre elles.
Aussi bien M. l’agent-voyer a facilité lui-même la conclusion du
débat, en terminant son second Mémoire par la demande de la cons
titution immédiate d’un service départemental de voirie, à la tête duquel
serait placé un ingénieur des ponts et chaussées, seul moyen, d’après
lui, d’organiser sérieusement le service.
— 4 —
I
La fusion des services de voirie doit se faire par le corps
des ponts et chaussées.
». S’il est vrai, en effet, comme le reconnaît M. l’agent-voyer en
chef, qu’il soit nécessaire de placer un ingénieur des ponts et chaussées
à la tête des services fusionnés de voirie, l'intervention même du corps
des ponts et chaussées dans ces services, s’en déduit comme consé
quence immédiate.
Telle est l’opinion, et elle paraîtra, je l’espère, parfaitement fondée,
— exprimée par M. le Ministre des travaux publics, dans la dépêche
qu’il a adressée, le 18 mars passé, à M. le Préfet de la Dordogne, en
réponse à une question qui lui avait été posée par cet administrateur,
au sujet de la fusion des services de voirie, et l’on me saura gré peut-
être de donner ici un extrait de cette dépêche :
« Avant d’avoir reçu votre lettre du 21 février, je m’étais occupé
i de recueillir les renseignements de nature à élucider la question ; ces
» renseignements ne me sont pas encore tous parvenus, mais ceux que
> j’ai déjà pu réunir suffisent pour me permettre de vous donner mon
» opinion d'une manière nette et précise, et je la résume en disant
» qu’en se plaçant au dessus de toutes les considérations de personnes
» et au point de vue seul de l’intérêt public, il conviendrait que, dans
» tous les départements, les divers services de voirie, c’est-à-dire la
» construction et l’entretien des routes nationales, des routes dépar» tementales et des chemins vicinaux, fussent réunis dans les mains des
» Ingénieurs des Ponts et chaussées.
» Je ne veux pas examiner si, par l’éducation professionnelle qu’ils
» reçoivent, par le sentiment de haute moralité qu’ils puisent dans
» celte éducation même, et dans le milieu où ils vivent, ces Ingénieurs
» ne donnent pas, comme corps, des garanties que ne peuvent présen-
» ter, au même degré, soit des Ingénieurs isolés, soit des corps
» d’agents-voyers institués pour un seul département. Il suffit de poser
5 —
j> la question pour qu’elle soit résolue aux yeux de tout homme de
» bonne foi, et les exemples d’ailleurs ne manqueraient pas pour jus-
» tificr l’opinion que je ne fais qu’indiquer.
» Mais, en restant sur le terrain pur et simple de l’intérêt financier
» et économique des départements, la solution qui me paraît devoir
» être admise présente, sous ce rapport, des avantages évidents que je
» vais résumer aussi succinctement que possible.
» En premier lieu, il est incontestable que celte solution permet de
b supprimer
l’agent-voyer en chef et les agents-voyers d’arrondisse» ment. En admettant une moyenne de trois arrondissements, et en
» supposant que chaque agent-voyer d’arrondissement reçoive un
b traitement
de 4,000 fr., on obtient de suite une économie de
» 18,000 fr.
cette économie viendra nécessairement s’ajouter, par une noub velle répartition de l’ensemble des roules et chemins, entre les
b divers conducteurs et agents du service vicinal, celle qu’amènera la
b À
» suppression d’un plus ou moins grand nombre d’agents. Cette
économie sera variable suivant les départements; mais elle existera
toujours à un plus ou moins haut degré, et c’est un avantage qui ne
» peut manquer d’être grandement apprécié par les populations.
b
b
L’on comprend d’ailleurs comment, avec l’organisation d’ensemil est possible d’éviter des fausses manœuvres et des faux frais, '
b qui, dans l’état actuel, augmentent les dépenses, soit de l’État, soit
b
b ble,
b des départements, soit des communes.
» Aujourd’hui, les conducteurs des ponts et chaussées, chargés de
b la
surveillance des routes nationales et départementales, sont pres-
toujours obligés, pour visiter toutes les routes de leur circonss cription, de parcourir quelques chemins vicinaux, et réciproquement,
b les agents voycrs ont à parcourir inutilement des portions de routes
b que
» nationales et départementales. Si tous les services étaient réunis,
b ces courses en pure perte seraient évitées. On pourrait , en même
b temps,
réduire le nombre des agents, et néanmoins la surveillance
b serait plus exacte et plus continue.
b Ce
que je viens de dire des conducteurs et des agents-voyers, je
b peux le dire dans une certaine mesure des cantonniers, dont il serait
b possible de mieux utiliser les services, par une meilleure répartition,
— 6 » et toujours au grand profit des routes et chemins confiés à leur
» surveillance.
»Je ne fais qn'indiqner, Monsieur le Préfet, ces résultats; mais je
» ne crois pas qu'ils puissent être contestés, et en résumé, je crois
» ponvoir dire que la mesnre de fusion de tous les services doit pro» curer aux «teparteutents et aux communes surtout, qui ne paient pas
» tes traitements «tes Ingénieurs, une notable économie.
» Je ne, w pas, je l'ai dit déjà, insister sur la probabilité d une
x tneniteire mie®!»©® des services: mais je ne serai certainement conx tredïti par jwsonne, tersqne je ferai remarquer qu'au point de vue
» <te la «swaiptaMBlé, te; habitudes d'ordre et de régularité des Ingé» «tests, asswceï à tons te intérêts des garanties qui leur ont manqué
x twp o«ï (jl).
x Min, «n artre avantage «te la fusion» que je signale à votre attenx ften paitfiiï'4®re, c'est ©dtateà. Aujourd'hui, si MM. les Préfets ne
x sq»A psas saatiiisl&fiiitcs d'un te agoifs-voyers de leur département, ils
x> «ùwit q®’«» WJ« «te SÏM débarrasser, c'est de le révoquer et,
» sawwM, tetWMtos, fil suffirait d'un simple envoi dans un antre
x (tepUMtewM, pfflfflr rawatær ©a agent à l'ohservation de ses devoirs.
x Hjytsjj’îfê taras te smifees seront reniés, lorsqu'ils seront confiés tous
» & (te a^orts te jwrts et ehausséos, si le Préfet a à se plaindre de
» ïïdtn dite, wmiédiiaitefflwt une antre destination lui est donnée, et
x> qui te wwiifftw par ma autre capable de faire un meilleur service.
x, Maite «mi |ji«t faire une objection. Avant que la fusion ne puisse
% tee tttvie ©«mptettcatint» il faut un temps de transition, ou bien,
X) fiU fjttft tcflrtmjw «te suite tous te agents qui ne sont pas aptes à
% teter ©tendeurs «tes p«mts et chaussées. A cet égard. Monsieur
xi te S’wteft, tvion administration est disposée à donner toutes les fadx Ifite pteifete, ainsi qu'dte l'a fait dans un certain nombre de dèx ipamxttets, ®b la fusion a été admise; elle accepte, pour concourir
x à te samSïauce des rentes nationales et départementales, tous les
» agents-voyera des chemins vicinaux qui lui sont signalés comme
» offrant des garanties suffisantes, et elle, les commissionne à cet effet
» comme, les conducteurs eux-mêmes; les autres agents sont main-
» tenus provisoirement avec leurs attributions actuelles, et ainsi, peu
» à peu. sans secousses, on arrive à l'unité, qui est tout à la fois un
» moyen d'économie et un moyen de perfectionnement des services. »
II
Du principe de décentralisation, dans ses rapports avec
l'administration des ponts et chaussées.
». On le voit, M. le ministre des travaux publics donne, dans sa
dépêche, la solution pratique du problème d’organisation des services
départementaux de voirie, problème soulevé par la situation nouvelle
qu'a créée au pays tout entier la construction des voies ferrées, et que
n'avaient pu prévoir ni les anciens règlements, ni la loi de 1836 sur
les chemins vicinaux. L’extrait que je viens d’en faire se trouve ainsi
d'autant mieux justifié, que M. l’agent-voyer en chef l’analyse, dans
son second Mémoire, d’une manière par trop inexacte.
M. le ministre montre, en outre, que l’on peut faire de la décentra
lisation bien entendue, sans avoir besoin d’écarter une certaine caté
gorie d'agents, par cela seul qu’ils dépendent d’une administration
centrale (1), c'est-à-dire, dans l’espèce, qu’on peut assurer le fonc
tionnement régulier des services de voirie, par un mode rationnel de
recrutement des agents, et par le maintien même de l’école d’oit sor
tent, et d’où il est bon que continuent à sortir, les agents supérieurs,
sans cesser de respecter l’autonomie départementale, et sans por-
(1) Les partisans de la décentralisation à outrance n'ont pas encore poussé la logiquede leurs idées jusqu’à réclamer des services de comptabilité publique indépen
dants. C'est, pourtant, à la centralisation de son personnel que la comptabilité publi
que, en France, doit sa solide et admirable organisation, qui ne paraît contrarier
en rien l’application des idées d'autonomie départementale.
8 —
ter la moindre atteinte aux droits souverains que la loi organique de
1871 donne aux Conseils généraux sur la gestion des intérêts confiés
à leur vigilante tutelle.
Il n’y a, à ce sujet, quoi qu’en dise M. l’agent-voyer en chef, inter
prétant à sa guise ce qu’il appelle l’expression de la pensée et des
vœux du ministère de l’intérieur, aucun désaccord entre ce ministère
et celui des travaux publics. Les principes auxquels ces ministères
obéissent sont les mêmes ; ils sont inscrits dans la loi, et aucun d’eux
ne cherche à les éluder.
J’ajoute que les fonctionnaires dépendant de ces ministères, ingé
nieurs ou agents-voyers, acceptent sans conteste la plénitude d’attribu
tions conférées aux Conseils généraux, et qu’il ne leur viendrait môme
pas à l’esprit, au cas où les services de voirie seraient fusionnés, d’es
sayer une lutte dont l’issue serait d’avance certaine, puisque les
Conseils votc-nl les ressources affectées aux travaux de construction et
d’entretien, approuvent les projets de ces travaux, imposent leurs pro
t
grammes, et disposent même, en réalité, du personnel, ainsi que le
ministre des travaux publies en fait la juste observation.
des Ingénieurs, dans le système de la fusion à
leur prolit, ne serait donc pas illusoire, comme se plaît à l'affirmer M.
-5. La responsabilité
l’agent-voyer en chef; le contrôle du Conseil général, loin d’être impos
sible, continuerait donc à être entier, d’autant plus entier qu’il s’exer
cerait au moyen d’une comptabilité et de règles que les Ingénieurs
appliquent depuis 20 ans aux routes départementales et dont personne,
que je sache, n’a contesté la sincérité; enfin, loin d’être excessives,
les dépenses, — je l’ai prouvé dans mon Mémoire et dans ma Note
additionnelle, — continueraient à être contenues dans les limites que
commanderaient les intérêts à satisfaire, sur les chemins de toute na
ture, après entente entre les Maires et les agents cantonaux.
î». J’ai montré plus haut dans quel ordre d’idées générales et commu
nes à l’un comme à l’autre, les ministères de l’intérieur et des travaux
publics se plaçaient pour traiter la question de fusion des services
départementaux de voirie.
Le moment me parait venu de donner le texte de la lettre adressée
à
— 9 —
à M. le Préfet de la Dordogne, le 8 mars dernier, parM. le ministre de
l’intérieur :
« Le Conseil général de votre département a examiné, dans sa der» nière session, la question de la fusion du service vicinal avec celui
i des ponts et chaussées, et a ajourné sa décision au mois d’avril pro-
» chain, en vous chargeant de recueillir tous les renseignements de
» nature à l’éclairer sur ce sujet.
> En conséquence, vous me demandez de vous faire connaître mon
» opinion sur la question.
» Aux termes de la loi du 10 août 1871, les Conseils généraux sont
» absolument maîtres de confier la direction du service vicinal aux
» agents-voyers ou aux ingénieurs, ou d’adopter telle combinaison qui
» leur paraîtra convenable. Le département de l’intérieur n’a donc au-
» cun avis à émettre à ce sujet. Je vous transmets seulement, à titre de
> renseignement, une petite brochure publiée, sans nom d’auteur, et
» dans laquelle vous pourrez puiser des indications utiles. »
Or cette brochure, dont je n’ai parlé que très sommairement dans
ma Note additionnelle, et qui, d’après M. l’agent-voyer en chef, révé
lerait l’expression de la pensée et des vœux du ministère de l’intérieur,
que contient-elle ? — Danssa première partie, elle reproduit, il est vrai,
les objections habituelles faites aux ingénieurs, mais dans la seconde,
elles’occupe des améliorations que réclame l’organisation des agentsvoyers, et l’on y trouve les passages que voici :
« Si, comme nous l’espérons, le principe de la conservation des
» agents-voyers est admis par l’assemblée, il serait imprudent de fer» mer les yeux sur les améliorations dont ce personnel est suscep-
» tible. »
Et plus loin :
a En comparant le service vicinal avec les autres branches de l’ad» ministration, il est facile de reconnaître qu'il ne se trouve pas dans
b des conditions normales de progrès. Il est localisé, complètement
1
— 10
» circonscrit dans chaque département, et par conséquent le service
i vicinal n’a pas d’avenir.
» Dans ces dernières années, et notamment depuis la loi de 1868,
» une impulsion considérable a été donnée aux travaux des chemins
» vicinaux. Il a fallu de toute nécessité augmenter le nombre des
» agents dans la plupart des départements. Or, ce recrutement s’est
» fait avec difficulté et des plaintes se sont élevées au sujet de la valeur
» d’un assez grand nombre d’agents. D’ailleurs, dès l’origine de la
» création des agents-voyers, le principal et, pour ainsi dire, l’unique
» argument fourni contre eux, était toujours l’insuffisance du personnel
» et son mauvais recrutement.
» Ces critiques étaient en partie fondées, il faut le reconnaître ; si le
» corps des agents-voyers renfermait un certain nombre d’hommes
» distingués, et même quelques personnalités brillantes, un plus grand
» nombre, malheureusement, ne pouvaient suppléer que par leur zèle
» aux connaissances, sinon nécessaires, du moins bien utiles qui leur
» faisaient défaut. El, lorsqu’il s’agissait de pourvoir au remplacement
» de quelques agents, l’administration éprouvait bien des difficultés à
» trouver des candidats capables de remplir convenablement les fonc» lions qui leur étaient confiées. Les causes de cette difficulté pour le
» recrutement des agents-voyers n’échappaient à personne, et ces der» niers ne manquaient pas de les signaler à l’Administration supérieure,
» chaque fois que l’occasion s’en présentait. Ils faisaient valoir que
» l’organisation était trop localisée; que, par suite, les mutations du
» personnel y étaient des plus difficiles, sinon presque impossibles,
> et que, renfermée dans le cercle étroit d’un seul département, la
» carrière de l’agent-voyer n’avait aucun avenir.
» On sent les graves inconvénients de ce système. L'avenir n’existe
» pas pour les agents-voyers, ou du moins, est très-borné, et
» comme il n’y a pas pour eux de perspective d’avancement, il n’y
* a pas d’émulation. Il ne faut donc pas s’étonner si les agents se
» découragent, ne font plus les efforts et les progrès qu’on était en
» droit d’attendre d’eux, et même quittent le service dès qu’ils
» entrevoient la possibilité d’arriver à une situation meilleure.
> Cet état de choses, s’il subsistait, pourrait amener de fâcheux
» résultats et compromettre l’existence d'une institution éminemment
s utile. Le moment parait donc venu d’y porter remède. La mesure à
— 11
* prendre, réclamée depuis bien des années déjà par les agents» voyers et même par un grand nombre de Conseils généraux, est la
» centralisai ion du service vicinal, c’est-à dire la nomination de tous
» les agents du personnel par le Minisire de l’intérieur. Par ce moyen,
» les vices signalés si souvent disparaîtraient et le corps des agenls» voyers serait enfin constitué.
i Les Conseils généraux ne nommeraient pas, il est vrai, les
» agents-voyers. Mais la réforme du service et son amélioration sont à
» ce prix. »
On le voit, les ministres de l’intérieur et des travaux publics sont
parfaitement d’accord sur un point essentiel, la nécessité de centra
liser le personnel, quel qu’il soit, des services de voirie, en vue de lui
donner l’organisation qui peut seule lui permettre de suffire à la tâche
'J
considérable qui lui incombe, et celte centralisation spéciale ne leur
paraît nullement en contradiction avec le principe de décentralisation
proprement dit, qui consiste dans la simplification des rouages admi
nistratifs et un emploi judicieux des ressources locales, sous la direc
tion immédiate des Conseils généraux.
Il y a seulement cette différence, qu'en opérant la fusion au profit
des ponts et chaussées, l’organisation centralisée, dont la nécessité
est unanimement reconnue, se trouve toute préparée, et qu’elle offre
des garanties de toute nature qu’on trouverait peut-être difficilement
ailleurs. — Ainsi seraient conciliés, en effet, toutes les idées, tous les
intérêts, tous les besoins.
y
III.
Des travaux exécutés par les Ponts et Chaussées.
6. J’entre dans un autre ordre d’idées et je demande la permission,
bien que cela puisse paraître inutile, après ce que j’ai dit dans ma
Note additionnelle, à l’occasion défaits analogues cités dans le pre
mier Mémoire de M. l’agent-voyer en chef, de relever les assertions
nouvelles que je trouve dans son second Mémoire, relativement à
divers travaux exécutés par le service des Ponts et Chaussées. CtBLIO I Ht ODf-?
i ce la v:lll !
t CE PERIGUEt.- < i
— 12 —
J’affirme donc, à mon tour, pour employer ses expressions :
Que le viaduc des Mignons, œuvre de l’honorable M. Àndral, et
qui se compose de 30 arches de 10 mètres d’ouverture chacune, —
loin d’ètre une splendide inutilité, — n’a coûté que 130,000 fr., dont
80,000 fr. payés par l’Etat ; qu’il a donc été construit avec une
remarquable économie ; qu'il relie deux parties importantes de
l’arrondissement de Bergerac, longtemps séparées par un défilé à peu
près impossible à franchir, et que, par suite, en permettant de ne
pas jeter un pont sur une rivière considérable et de ne pas emprunter,
pour ce rattachement, le sol d’un département voisin,— solution
d’ailleurs plus coûteuse, — il a pleinement répondu à ce sentiment
d’autonomie départementale que M. l’agent-voyer oublie si vite, après
l’avoir glorifié ;
Que le pont de Grolejac est un pont par^concession, auquel s’appli
quent les observations présentées dans tatc Note additionnelle ;
Que le pont en bois de Ferrières, près Savignac, peut avoir besoin
d’être refait, — je ne le conteste pas, — mais qu’il n’a pas été cons
truit il y a moins de dix ans, comme l’énonce M. l’agent-voyer en
chef, attendu qu’il est placé sur l’ancien chemin d’Excideuil, rectifié,
il y a 43 ans, et abandonné depuis cette époque par le service des
Ponts et Chaussées ;
Que les routes agricoles de la Double, construites au prix moyen
de 3 fr. 28 par mètre courant, dont :
Et auxquelles la prestation en nature n’est applicable que dans la pro
portion de 1/25, ont coûté moins cher que les chemins
d’intérêt
— 13 commun dont elles ont la largeur, et que ceux de ces chemins qui
traversent la Double sont en moins bon état qu’elles ;
Que le pont des Barris n’est nullement comparable au pont de Tré
lissac; qu’il est établi dans l’intérieur d’une ville importante, en vue
de rattacher deux de ces quartiers; qu’il est entièrement en pierres de
taille, sans autre luxe d’ailleurs que celui qu’exigeaient les convenan
ces mêmes de l’œuvre; qu’il a été fondé sur les débris d’un vieux
pont, ce qui a créé, pour la fondation de ses piles, des difficultés ex
ceptionnelles , augmentées encore par la rencontre d’une faille qui a
donné lieu aux plus abondantes filtrations ; qu’il n’est pas étonnant
dès lors qu’il ait coûté plus cher que celui de Trélissac, dont les condi
tions d’établissement sont toutes différentes; qu’en outre, et contrai
rement à ce qu’énonce M.
l’agent-voyer en chef, ce n’est pas
126,000 fr. qu’il a coûté, mais 111,000 fr. ; qu’enfin, pour rendre les
deux ouvrages comparables, il faudrait déduire, au moins, de ce
dernier chiffre :
Ces observations suffisent sans doute.
— 14 —
IV.
Du prix de revient des routes départementales
de la Dordogne.
T. Je ne vois pas, en vérité, ce que cette critique incessante des
travaux des ponts et chaussées et cette glorification continue du ser
vice vicinal, peuvent apporter de lumières dans la question posée
par le Conseil général.
Toutefois, avant de mettre fin à cette discussion, il est de mon de
voir d’ajouter que M. l’agent-voyer en chef cherche vainement à me
mettre en contradiction avec un de mes honorables prédécesseurs,
sous les ordres duquel j’ai passé la meilleure partie de ma carrière,
et dont j’ai reçu des leçons qui resteront toujours présentes à mon es
prit comme à mon cœur. Je ne connaissais pas, je l’avoue, le rapport
de M. Àndral au Conseil général, pour la session de 1864, quand j’ai
donné, dans mon Mémoire, et sans me douter que la discussion vien
drait sur ce terrain, le prix de revient des routes départementales de
la Dordogne. Si donc j’ai été forcé de relever, dans ma Note addition
nelle, ime erreur de ce rapport, que M. l’agent-voyer en chef aurait
pu reconnaître aussi bien que moi, au lieu de s’en servir et d’en tirer
des conséquences bien faites pour impressionner, cette erreur, pure
ment matérielle, ainsi que je l’ai expliqué, n’est pas de nature, on en
conviendra, à porter atteinte à la juste considération qui s’attache au
nom de M. Àndral. Grâce à Dieu, on n’oubliera pas pour si peu les
services qu’il lui a été donné de rendre au département pendant douze
années d’une gestion aussi brillante que fructueuse.
Sur ce point, comme sur tous les autres, je n’ai rien à ajouter à ce
que j’ai dit dans ma Note additionnelle, mais je n’ai rien à en retran
cher.
— 15 —
V
Des résultats produits par la fusion des services
dans divers départements.
8. Je ne peux que maintenir aussi, ce que j’ai dit à propos de la
brochure de M. de Saint-Pulgent et du sentiment de cet administra
teur sur la question de fusion des services de voirie. Pour s’en con
vaincre, on n’a qu’à lire, en entier, le passage de la page 84 de cette
brochure, auquel j’ai renvoyé dans mon Mémoire. — « Les services
de la vicinalité et des ponts et chaussées pourront être confondus dans
un seul service, comme cela a lieu dans quelques départements, et en
traîner la suppression d’une partie du personnel. » — Or, à l’époque
où la brochure fut publiée, la réunion des services n’avait eu lieu,
dans quelques départements, qu’au profil des ingénieurs (1).
La conversion, puisque M. l’agent-voyer en chef emploie ce mot,
de cet habile administrateur, n’est d’ailleurs pas la seule que je sois
en mesure de citer.
Le Conseil en trouverait la preuve dans le département même
de la Dordogne, résidence actuelle de l’ancien préfet d’un dépar
tement où les services de voirie sont fusionnés depuis long
temps. Il n’y aurait, de sa part, aucune hésitation, j’en ai la cer
titude, si on lui demandait son témoignage. — Et si je m’abstiens
d’en citer un autre, c’est par pure convenance.
Ainsi, conformément à ce que j’ai avancé dans mon Mémoire, par
tout où les services fusionnés ont été régulièrement organisés, cette
(1) Cette indication serait, au besoin, je pense, confirmée par quelque membre du
Conseil général.
Je pourrais dire aussi que, dans la Lozère, où l'on s'est imprudemment hâté
de confier les routes départementales aux agents-voyers, le Préfet et la Commis
sion départementale ontdû reculer devant l’impossibilité pratique de cette mesure,
exécuto irepourtant à partir du 1» janvier 1873.
— 16 —
organisation a produit des résultats hautement appréciés par les Con
seils généraux, par les Préfets et par les populations.
Serait-elle aussi favorablement accueillie dans la Dordogne ?
Il appartient à MM. les conseillers généraux, organes naturels des
populations, de formuler un avis à cet égard.
VI
Des travaux exécutés par le service vicinal.
9. Que puis-je ajouter que je n'aie déjà dit ailleurs? Dois-je répon
dre à M. l’agent-voyer en chef qu’il a été mal renseigné, quand on lui
a rapporté que j’avais fait des tournées spéciales pour m’assurer de
l’état des chaussées et de la solidité des ouvrages d’art des chemins
vicinaux?
Une seule chose est vraie, c’est qu’à la suite de la production de son
premier Mémoire, auquel il s’est cru autorisé à donner une si grande
publicité, j’ai prié MM. les ingénieurs ordinaires de me renseigner sur
quelques-unes des assertions qui y sont émises. Or, il n’est pas possi
ble de s’assurer d’une assertion , en fait de chemins, sans les visiter,
et c’est ce qui a dû être fait. Quant à produire le résultat de ces in
vestigations, M. l’agent-voyer en chef trouvera bon que je demeure
juge de l’opportunité.
VII
Des propositions d’organisation des services fusionnés.
10.
Est-il nécessaire aussi que je revienne sur la comparaison
que j’ai établie, dans ma Note additionnelle, entre les propositions de
M. l’agent-voyer en chef et les miennes, pour l’organisation des servi
ces fusionnés de voirie ? A vrai dire, je ne vois rien, dans le second
Mémoire de M. l’agent-voyer, qui l’exige. Je pourrais, tout au plus,
17 —
m'étonner qu’il ait persisté, après avoir lu mon Mémoire, dans certai
nes assertions puisées à une source qui, pour lui plus que pour tout
autre, eût dû rester sans valeur, car je n’ai rien à changer, je le répète,
à ce que j’ai avancé à ce sujet. — Simplicité de moyens, économie de
31,000 fr. sur les frais du personnel actuel des deux services, avanta
ges de toute nature, respect de tous les droits, de toutes les situations;
— tels sont les avantages de la fusion au profit des ponts et chaussées.
Quant aux propositions de M. l’agent-voyer, elles sont, à peu de
chose près, les mêmes que dans son premier Mémoire, et elles donnent
lieu aux mêmes critiques, — mécanisme compliqué; insuffisance de
traitement des agents locaux, dont sept cantons ne sont pas pour
vus; augmentation notable de dépenses pour le département.
Je dois, néanmoins, une fois encore, avant d’en finir sur ce chapi
tre, faire remarquer que M. l’agent-voyer en chef n’est pas heureux
dans les appréciations et dans les renseignements qu’il veut bien trans
mettre au Conseil général.
Si j’ai proposé de lui confier les fonctions d’ingénieur d’arrondisse
ment, c’était, en effet, uniquement pour utiliser ses services, auxquels
j’aurais attaché un grand prix, et non pour lui faire allouer les indem
nités qui y sont attachées, ces indemnités n’étant que la légitime com
pensation des déboursés nécessités par les frais de tournées et de
bureau.
Mais il use envers moi, à cette occasion, d’une libéralité par trop
grande.
J’ai simplement aujourd’hui, et je continuerai à avoir longtemps en
core, 6,000 fr. de traitement. Quant à mes remises proportionnelles,
elles n’ont pas dépassé, en 1871, 1,000 fr. De plus, ces remises devant
cesser, au cas de la fusion des services de voirie, on voit qu’il y aurait
à retrancher 4,600 fr. du total de 16,400 fr. dont il me gratifie.
L’erreur valait peut-être la peine d’ètre signalée, à raison surtout
de l’intention qui a dicté ce passage du Mémoire de M. l’agent-voyer
en chef.
— 18 —
VIII.
Conclusions.
11 .
Ici finit la tâche qui m’a été imposée, tâche pénible, puisqu’il
s'est fréquemment agi de ramener à leur juste valeur des faits mal
présentés ou des assertions peu exactes, — utile, toutefois, puisqu’elle
a eu pour résultat de faire à chacun des services de voirie la part qui
lui est due, et de montrer que la réunion seule de ces services, sous la
direction des ingénieurs, peut réaliser, pour le département, les avan
tages et les améliorations de toute nature que le Conseil général a en
trevues et qu’il a la ferme volonté de réaliser.
Le Conseil a sous les yeux tous les éléments d’appréciation.
J’attends sa décision avec confiance.
Périgueux, le 8 avril 1872.
L’Ingénieur en chef,
Périgueux, Dupont et C. - Ms 72.
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