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Fait partie de Rapport fait au préfet du département de la Dordogne, par le juri d'instruction publique, sur la situation de l'école centrale
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RAPPORT
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Fait au Préfet du département de la Dordogne A
par le Juri d’instruction publique ,
Sur la situation de l'École Centrale,
c
breuse et fréquentée , un atelier de dessin riche en
modèles et en statues, un cabinet de physique bien
entendu, une collection de machines , un rassemblement
d’appareils chimiques-desplus complets, un dépôtd’objets
d’Histoire Naturelle , un Jardin Botanique , qui réunit
A
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une pépinière départementale à des terreins destinésaux cours d’agriculture , et à un troupeau de moutons
Mérinos , se tient à l’établissement d’un pensionnat
central, créé par trente pères de famille , et qui ou
vert depuis cinq mois , compte déjà 60 élèves et 4o
d’inscrits pour la prochaine rentrée. Des instituteurs
choisis y répètent les leçons de 1’Ecol.e Centrale,.
Voilà , si on- ose s’exprimer ainsi, le matériel de ces.
deux établissemens importans ; les progrès sont en pro
portion des moyens :• les programmes, les comptes ren
dus au Ministre à la fin des années seholaires l’attestent :
3e témoignage honorable du Ministre, qui a placé l’Ecole
Centrale de la Dordogne parmi les trois premières de la.
République, le confirmeL’École ne compte guères que trois années depuis,
son établissement ; et parmi 160 élèves qui suivent le-
cours du dessin, plusieurs dessinent correctement d’après
là bosse».
Chaque année le professeur de mathématiques y fait
deux cours, l’un consacré aux élémens, et l’autre aux,
parties, plus relevées de la science»
La grammaire générale , la législation sont saisies par
des adolescens , qui, en commençant les premiers cours ,
ïgnoroient l’acception vraie des mots les plus usités de la
langue.
La Botanique et la Minéralogie forment une pratique
habituelle.
La connoissance du latin se perfectionne j celle du grec
s’annonce.
Nos jeunes chimistes décomposent les corps , dont
l’Histoire Naturelle n’a vu que les surfaces ; tandis que
nos physiciens calculent les effets des forces motrices,
et expliquent ces~phénunrenes qui seroJeinTencore des
miracles, sans la révélation des arts.
Tels sont en ce jour , le résultat et la récompense
du travail opiniâtre des professeurs, des soins et des.
sacrifices des citoyens zélés et généreux, et de la direc
tion d’une administration éclairée.
Ces progrès acquièrent encore plus d’importance-,
comparés à l’état d’ignorance dans lequel gémissoient
avant l’établissement de l’Ecole Centrale t les voisins
(4)
du sol qui a produit Montesquieu, les descendons des
Fénelon et des Montaigne ?
Une latinité de six à sept ans , une logique et une mé
taphysique routinières et scholastiques , des préjugés en
seignés comme des connoissances physiques consumoient
inutilement les premières années de la vie , de l’imagi
nation et de la mémoire*
Mais les connoissances que rassemble l’Ecole Cen
trale , vont franchir aussi son enceinte, et se répandre sur
un sol qui renferme des matières premières que le défaut
de connoisances laisse enfouies ; sur un département, sans
commerce, sans manufactures , dont les arts , les mé
tiers et l’agriculture, implorent le secours du- dessin
des mathématiques , de la physique et de la chimieCe département privé de canaux ^presque de grandes;
joutes et de moyens de communication se console ,,
en partie, de ses privations par l’espoir de voir fleurir
du moins dans son sein les arts et les sciences ; les
habitans de la Dordogne sont si pénétrés de leur uti
lité , de leur importance , que le dernier conseil-général
vota pour le soutien de son Ecole Centrale une somme
bien supérieure à celle fixée par un apperçu du Ministère-
( 5 )
Ces dépenses s’élèvent annuellement à 36 mille francs ,
somme qui se fond dans celle de 3 millions de contribu
tions, de manière que les habitans ne sentent pas un si
léger sacrifice , ils n’en voient que les avantages.
Mais ces avantages dépendent de la marche simultanée
et constante des établissemens publics : un pensionnat ne
peut se soutenir qu’en profitant de l’enseignement de
l’Ecole Centrale , et des coûteux établissemens qui y sont
formés ; tandis que celle-là voit dans ce prytanée local
un corps auxiliaire , et un dépôt de recrutement pour
les sciences.
Tant de dépenses, tant de sacrifices , et sur-tout tant
d’empressement de_ la paEt des habitans ■ du, la Dordogne à les partager , méritent sans doute l’attention,
du Gouvernement. Aussi espérons-nous que dans Je ca,s
où une nouvelle organisation restreindroit le nombre
des établissemens centraux, la Dordogne en eonserveroit un : pourquoi, A’ailleurs, ce département, dont
la position l’a rendu le centre d’une division militaire „
ne seroit-il pas choisi pour posséder un lycée consacré à
l’instruction publique ?
Les membres composant le Jury d’instruction,,
CHAMBON, PUYABRI, 1AYOLE,
COPIE de la lettre écrite par le Préfet
du département de la Dordogne au Mi
nistre de l’Intérieur,
r
La nouvelle d’un plan de réduction d’Ecoles Cen
trales a jeté l’alarme flans ce département. J’ai l’hon-
neur de vous adresser le rapport du Jury d’instruction,
sur la situation de celle établie à Périgueux ; si elle
n3avoit éu que de dignes rivales , peut-être auroit-on
moins songé à les réduire, qu’à en modifier l’organi
sation selon les localités.
Ce département, considérable par sa population et
ses productions naturelles, étbit en quelque sorte fermé
aux arts et aux sciences qui devoit les utiliser. Il s’est
élancé vers l’instruction aussitôt qu’on la lui a offerte,
(7)
C’est du maintien de son école qu’il attend sa régénéra
tion , et il lui aura suffi , sans doute, que ces dispositions
aient été bien connues du Gouvernement.
Salut et respect ,
Signé, RIVET.
Pour copie conforme,
De l'Imprimerie de HY, rue des Boucheries-St.-Honoré,, n° gadî-
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