FRB243226101_PZ_2730.pdf
- extracted text
-
E n
exécution des règlemens concernant l’organisation des
Lycées , et par arrêté du Bureau d’administration du Lycée de
Limoges , la distribution des prix a eu lieu, le 13 août dernier.
Elle fut faite avec la plus grande solemnifè et en présence de
toutes les Autorités civiles, militaires et religieuses , et sous les
yeux d’un concours immense des personnes les plus distinguées
de la ville. Une orchestre nombreux, composé presqu’en entier
des Élèves du Lycée , y a joué plusieurs symphonies et duo.
Mr. Mass , suppléant par intérim Mr. Gaston , a prononcé
un discours sur les avantages qui résultent pour la Jeunesse et pour
VÉtat, de Renseignement dans les Lycées , des Sciences et des Arts z
Nous en rapportons quelques fragmens.
« L’Art des rapports et des convenances ; telle est la base de
toute institution durable........ Un gouvernement n’a de force
et de stabilité qu’en s’appuyant sur les fondemens d’une éducation
publique , assortie à ses principes et à ses besoins.......... ........
Donner des lois aux hommes , c'est bâtir sur le sable mouvent,
si leur empire n’est préparé dans les cœurs par l’éducation ;
si leur règne n’est assuré par une instruction qui porte dans
les esprits la conviction de leur excellence et de leur utilité ;
si leur résultat enfin n’est pas de rendre les individus plus
dignes d’être associés aux travaux du gouvernement , ou de
participer à ses bienfaits. Quelques -législateurs anciens sentirent
la nécessité d’établir un accord des lois , des mœurs et des
institutions........ .... Il existe une éducation morale et nécessaire
à tous dans les opinions religieuses ; mais cette éducation ne
peut suffire à- tous.......................................................................
» Les différens emplois , les diverses professions de la société
exigent des connaissances d’un autre ordre................ ...
,» C’est sur-tout à l’étude de ces connaissances que doit se
rapporter le système d’éducation ou plutôt d’instruction publique ,
dans l’Europe moderne.......................................................
» Jadis les langues anciennes étaient les seuls objets de nos
études. Magistrats , militaires , ecclésiastiques , médecins ,
négociant» , etc., tons étaient condamnés à cet enseignement
uniforme et exclusif; l’étude des sciences, des lettres françaises
et des arts n’eut offert que des fatigues inutiles ou des distrac
tions dangereuses : Pourquoi, disait-on, développer dans la
nesse aes goûts nuisibles et périlleux 1 L’instinct était souvent
Intrarié. 11 fut quelquefois plus puissant que l’obstacle , il fit
Descartes utt grand philosophe , et de Marmontel un
tétateur distingué............................................................
» D’un autre côté le style sec , rebutant et barbare des savans
contribuait pas moins à discréditer la science , en éloignant
le^rrand nombre d'hcr, mes qui veulent de l’amusement au milieu
même de l’instruction................... ..................... ...............................
Cependant l’art soc.al se perfectionnait ; les nations se rap
prochaient et semblaient ne devoir faire bientôt qu'une même
famille , partagée sous des chefs d'.ffcrens. Les rapports se
multipliaient , le commerce des idées devenait plus actif et plus
étenuu ; des besoins nouveaux se faisaient sentir et sollicitaient
des ressources nouvelles ; des idées plus libérales , des sentimens plus épurés, demandaient une culture plus perfectionnée.
Dans nos écoles mêmes , des professeurs éclairés , ( ceux-là
formaient le plus grand nombre ) , en s’écartant chaque jour
du plan général dans leurs leçons particulières , condamnaient
tac tentent ce système gothique et défectueux. On pouvait
dès-lors présager des changemens ; mais rien n’assurait qu'ils
dussent être encore consommés.
......... Il était réservé à un
génie supérieur de réaliser les vœux des Français. Les Lycées
ont été établis , et sur ces modèles se sont élevées de tous côtés
de nombreuses écoles, auxiliaires. Là , toutes les muses ont
leurs .auieiï~p là , 'SOni- offerts tous les genres jilinstruction et
d’etude à ceux qui doivent un jour choisir entre toutes les
piofessions ; là enfin, de nouveaux Ulisscs viendront découvrir
de nouveaux Achilles.........................................................
" Les Élèves du Lycée de Limoges ont successivement , ou
tour à tour , été occupés pendant le courant de cette année
classique , de lecture et de langue française , c’cst-à-dire de la
connaissance approfondie des signes de nos affections et de nos
pensées , et de celle de la langue latine , dont elle a emprunté
ses richesses................................... ....................................................
L’étude de la mythologie a acompagr.é celle de la poésie ,
sœurs inséparables et filles de l’imagination; l’enthousiasme de 11
reconnaissance et la piété envers les Dieux présidèrent à leur
naissance.................................................................................................
L’éloquence et la logique ont ouvert leurs sanctuayes à
quelques-uns , les principes de l’art de penser et d’écrire leur
ont.été développés; et plus souvent pour leur épargner l’aridité
des préceptes , on leur a fait observer dans la lecture des
chefs - d’œuvres anciens et modernes , dans l’analyse des
..meilleurs morceaux , ce qui constitue la logicien , l’orateur et
le poète
on leur a indiqué les sources où le vrai littérateur
" doit puiser ses modèles et ses exemples................... ......................
’---------- —- :■
1
III
<1
4
( 3 )
La géographie et l’histoire ont marché de front., L’pne nous
rend cosmopolites en nous transportant sur l’aile rapide .de la
pensée , dans tous les points du globe ; l’autre nous, rend con
temporains des siècles et témoins des progrès et des cataurophes
des individus et des nations. Celle-là nous initie à la connais
sance des productions des pays ; à celle des mœurs , des lois
et de l’industrie des peuples; celle-ci présente à notre admi
ration le spectacle des actions mémorables ; offre à notre estime
le tableau des grandes vettus , et a notre juste horreur celui
du vice , de l’erreur et du crime. ...................................................
Au premier rang d'instruction ont été placées les sciences
physiques et mathématiques qui coinpièrent parmi leurs plus zélés
apôtres, Platon, Archimède, Aristide et Pline, Dsscartes et
Newton , Tournefott , Linnée , Franklin , Lavoisier et tant
d’autres dont les noms honorent l’humanité. Les langues
vivantes, les arts du dessin, de l’écriture, de la danse, de la
musique et de l’écriture ont été cultivés avec succès et se sont
partagés les loisirs même des élèves...............La religion enfin
a offert à leurs méditations ses profondeurs et sa morale. Seule
propre à consolider le fondement de l'éducation , elle doit aussi
en couronner le faîte. Ah ! quelle est grande, quelle est unie,
l'idée d’un Dieu ! Idée bienfaisante , toi seule embellis tout dans la
nature ; tu répands sur nos maux un baume consolateur..............
Telle est l'agréable variété qui a remplacé la monotonie fastidieuse
de l’ancien enseignement. Tel est l’esprit utile et attrayant
que les nouveaux établissemens présentent à tous les talens ,
à tous les goûts....................... i..........................................
» A Dieu ne plaise que je veuille me montrer ingrat envers
les anciennes écoles , envers ces savans recommandables , qui,
dans la carrière de l’instruction publique , ont ouvert la route
de la gloire à tant d’hommes célèbres , à tant de savans
profonds , à tant de citoyens éclairés et utiles. Je me garderai
bien d’imiter l'enfant imprudent qui , dans le dé'ire d’une fureur
impuissante et aveugle , frappe sa nourrice ou déchire le sein
de sa mère. Le souvenir de cette ambitieuse , mais savante
» corporation , qui fit trembler lts Rois n’est pas encore éteint.
Je me plais sur-tout à reconnaître pour nos maîtres, dans l'art
difficile d'instruire et de former les hommes , et les disciples
de la Ballue , ces ansières héritiers de Port - Royal , et ces
doctrinaires dont plusieurs figurent encore avec distinction dans
nos nouvelles écoles , et les fils de cette antique université,
si digne d’être appelée elle-même la fille aînée des Monarques
français. Le sénat, le barreau, l’église , les temples des sciences
et des arts, les divers états de la société , sont peuplés , sont
remplis de leurs membres ou de leurs nombreux élèves.
L’armée a des généraux illustres qui présidèrent à leurs triomphes
dans les écoles; que dis - je ? Napoléon fut élevé aussi dans
l’obscurité et la poussière d’un de ces collèges.............................
Mais nous objecte-t-on; qu’ont produit ces nouveaux établissemens ? où sont les individus dont les talens et les connaissances
(4)
justifient leur organisation, leur enseignement et leur méthode ?
Langage artifièieux et imprudent......................................................
Depuis quant a-t-on observé que le printemps donnât les fruits
de l'automme ; que le jeune-homme eût la maturité de l’âge
avancé; que des institutions naissantes dussent prévenir le vœu
même du législateur ?................................................................
Hommes esclaves de la routine ! où sont ces individus ? dans
les camps , dans l’àrmée, dans un corps ou la science qui
dirige la foudre et prépare la victoire, est bien plus utile que
la bravoure qui affronte la mort......................................................
Jeunes Élèves, une belle et vaste carrière s’est ouverte devanr
vous. La plupart y ont obtenu des succès. Tous pouvaient la
fournir. Sans doute que la pompe et le but de la cérémonie
que vous avez devant les yeux , sont un juste motif de regrec
pour ceux qui s’y sont traînés. Puisse l’impression qui leur eh
restera faire sur eux l’effet que les victoires de Miltiade pro
duisirent sur Thémistocle ! Pour vous , qui après vous y être
lancés avec ardeur, l’avez parcourue avec gloire, et qui dans
quelques momens allez mêler les palmes des sciences et des arts
que vous avez méritées, à l’olivier de la paix que Napoléon
vient de nous conquérir, gardez-vous bien de les laisser flétrir,
ces palmes. Vous avez étudié avec admiration le règne de la
nature ; ce champ, si vaste pour l’imagination , si satisfaisant
pour la pensée , si propre à développer le germe de la morale
et de la philosophie ; que vos crayons imitateurs en multiplienc
les trésors.
» Vous avez appris à décomposer les objets pour l’utilité des
arts. On vous a fait connaître ies terres, les sels, les métaux
qui les. vivifient ; Xélément à l’aide duquel , nouveaux Dédales,
les disciples de Montgolfier s’élèvent dans la région des tempêtes ,
et l’instrument qui rendit Franklin le maître du tonnerre , et
les verres et les compas du sublime Newton. Vous avez appris
à donner à vos idées , à vos connaissances cette rectitude, cette
énergie que procurent les sciences mathématiques ; vous avez
pénétré, à l'aide des langues anciennes, dans les profondeurs de
l’histoire et dans les champs fleuris de la littérature des premiers
peuples de l’antiquité ; vous avez agrandi et éclairé votre raison
par l’étude de la logique. L’éloquence pt la poésie vous ont
signalé les moyens assurés , pour porter dans tous les cœurs
les sentimens de la conviction des choses honnêtes. Que le
premier fruit de toutes ces connaissances soit de vous faire
aimer du gouvernement glorieux et bienfaisant auquel vous
appartenez ; consacrez - lui vos talens et vos veilles. Que ses
triomphes , sa sagesse et ses lois vous inspirent des élans
sublimes ; c’est en vivant avec honneur pour la patrie que l’on
parvient à vivre pour l’immortalité. La plus belle conquête de
la civilisation est d'apprendre à immoler le présent à un attrayant
avenir. Levez les yeux sur Napoléon et sur ses compagnons
d’héroïsme; regardez les augustes dépositaires de l’autorité civile
et religieuse dont la zéunion dans ce temple, contribue tant à
l’éclat de cette cérémonie , et sachez les imiter. Le bonheur
de leurs cancitoyens , j’oserai dire , des générations futures ,
est le seul mobile qui ait put les déterminer à se charger de
la restauration heureuse dont vous êtes destinés à goûter toutes
les douceurs. Ils ne se sont dissimulés , ni les dangers que les
uns auraient à braver , ni les luttes que d’autres auraient à
soutenir , ni les efforts que tous auraient à faire , l’amour de
la gloire, l’amour du bien public les a soutenus et les soutient
encore. C’est pour vous qu’ils ont vaincu ; c’est pour vous
qu’ils ont établi l’empire de l'ordre et de la sagesse. Sachez en
cueillir les fruits ; ne laissez jamais éteindre , mais faites briller
d’un nouvel éclat le feu pur que vous avez allumé dans vos
âmes au foyer de l’étude de la morale , de la religion et des
sciences. Allez-y souvent retremper Vos facultés intellectuelles.
Toutes les carrières ont leurs difficultés ; mais ces difficultés ne
sont pour celui qui sait les combattre qu’un moyen de plus
d’accroître ses forces.............................................................................
La passion de la gloire et de l’humanité enfante les Héros et
les Législateurs. Ignorez-vous que ce fleuve qui arrose majes
tueusement et fertilise les campagnes riantes dont cette cité
est entourée , est à peine connu à sa source.................................
Le traducteur de l’Énéide a-t-il suspendu ses efforts heureux
devant son illustre rival ?.......................... >......................
» Et vous , mes jeunes amis , qui allez franchir pour la
dernière fois le seuil de cet asile ou votre enfance a été soignée
et instruite ; qui par votre conduite , votre application , vos
talens et vos connaissances avez semé de quelques fleurs la
carrière épineuse que nous parcourons ; vous dont l'affection
nous fait attacher plus de prix à une existence que nous avons
pu vous rendre utile , rappelez-vous quelquefois combien vous
nous fûtes chers -, songez que si vous fûtes notre ouvrage ,
c’est sur vous que repose tout l’espoir que nous avons de nous
survivre à nous-mêmes ; oui nous renaîtrons dans nos élèves.
Le bien qu’ils feront , sera notre récompense. Leurs vertus
honoreront notre mémoire................ ... ............................. »
Ce discours a été suivi d’une nouvelle symphonie. Ensuite
le jeune Cressant, de Guéret, éléve de belles-lettres , a lu des
réflexions sur l’émulation.
«« Parler d’émulation , a dit cet Élève , devant les savans et
les hommes de goût réunis dans cette auguste assemblée , c’est
en apparence reproduire des lieux communs ; mais n’est-il
pas des sujets qu’on ne saurait épuiser ? N’est-il pas des matières
qui ne sauraient vieillir ? L’astre de la nature ne nous offre-t-il
pas chaque jour le même spectacle et n’excite-t-il pas constamment
dans le cœur de l’homme sensible le même enthousiasme ? Et
L’émulation n’est-elle pas pour nous tous, mes jeunes athlètes,
l’astre bienfaisant quî, en échauffant nos cœurs, doit éclairer la
carrière qui s'ouvre devant nous................................................... .
Telle était l’émulation qui régnait dans Athènes et à- Rome k
A
(6)
lorsque le simple citoyen , après s'être signalé contre les ennemis
de l’État , venait s’asseoir sur la chaise curule , ou dans les
assemblées du peuple ; lorsque le poète dispensait l’immortalité
aux vainqueurs des jeux olympiques ; lorsqu’un orateur , in
terprète de la douleur publique , cousacrait par ses eloges à la
vénération de la postérité les noms des guerriers morts en
défendant la patrie ; lorsqu’entin la reconnaissance nationale ,
remplissait Athènes des statue» du vertueux Demétrius. Mais
pourquoi se rèportcr à des temps dont la distance fait peut-etre
tout l’éclat; laissons les merveilles de l’antiquité, puisqu’elles ont
tant perdu de leur valeur pour ces Français. Ce n’est plus que
dans l’époque de leur propre histoire , qu’ils doivent chercher
les prin.ipes et le modèle de toute émulation....................... »
Aprè ce discours et un duo de violon qui l’a suivi , le
jeune Gtcn°c<iwl ( Martial ), élève de la classe de belles-lettres ,
a fait la lecture d’une traduction libre, en vers français , de sa
façon, du discours de Caton à Labienus, au moment où celui-ci
s’engage à consulter l’oracie sur les suites de la guerre civile,
( Extrait de la Pharsale de Lucain. )
Caton bien au-dessus du vulgaire timide
Trouve au fond de son coeur son oracle et son guide.
Il semble en ce moment inspiré par le ciel.
E: prononce ces mots dignes d’un immortel :
Que! secret , cher ami , le sort peut-il m’apprendre ?
A l’imniortaiité si l’ame doit prétendie;
Si je dois consacrer aux lois de la patrie
Ma fortune, mon sang, et s’il le faut, ma vie ;
S’il vaudrait mieux pour moi m’immoler à l’instant
Que de voir les Romains adorer un tyian ?
Si l'homme , dont le cœur ne connut point le vice ,
Peut sans crainte , braver les coups de l’injustice :
Si le destin terrible aux faibles , aux pervers,
Accable vainement des plus affreux revers
Ceux qui dans la vertu vivent inébranlables ?
S’il nous suffis d’avoir des sent mens louables ?
Si le plus grand des biens est dans la paix du cœur ,
Si l’on a tout perdu en perdant son honneur ?
Je le suis , et les dieux qui pénétrent mon ame,
Y lisent ma pensée écrite en traits de flamme.
De notre destinée arbitres souverains ,
Ils règlent à leur gré nos penchans , nos desseins,
Et sans les consulter nous faisocs de nous-mêmes
Ce qu’ils ont décidé dans leurs décrets suprêmes :
Les grandes vérités , même dès le berceau
Font briller à nos yeux leur céleste fiambleau.
Oui , la divinité dont nous sommes l’image
De ses biens à chacun fit un égal partage :
Que lui servirait-il de cacher ses secrets
Dans des lie«x inconnus et des antres muets?
(7 \
Peut-elle s’abaisser à cette préférence ?
L’univers n’est-il pas rempli de sa présence ?
Eh ! quel autre séjour pour la divinité
Que la terre , la mer , la céleste cité ,
L’ame du jufte , enfin tout ce que tu contemples ?
Ses autels sont nos cœurs ; ami , voilà ses temples.
Que l'homme sans courage et toujouis incertain
Se guide sur la foi d'un impuissant devin ;
Le plus sûr des motifs sur lequel je me fonde ,
C’est le droit de la mort qui pèse sur le monde.
Le lâche , le héros sont soumis à sa loi -,
Jupiter nous l a dit , et c'est assez pour moi :
Le jeune Talabot ( Auguste) de Limoges, élève de la deuxième
classe de latinité, a donné lecture du morceau suivant, de sa
composition, sur la générosité française.
Le Français fatigué d’épouvanter la terre ,
D’une main bienfaisante arrête le tonnerre
Qui , de vingt nations abaissant la grandeur ,
Sur la tête des Rois promenait la terreur.
Un courroux tout-puissant jamais n’est inflexible.
Aux habitant du Nord il remet cet Empire
Que son bras voulut vaincre et ne veut point détruire.
Eh ! qu’importe aux Français qu’au bout de l'Univers
Les peuples asservis gémissent sous les fers ?
Après avoir vaincu tous les Rois de la terre ,
Lorsque tout fut conquis , Rome se fit la guerre.
L’orgueilleux Prussien , levant la tête altière ,
Le premier aux Français a déclaré la guerre.
Aux yeux de l’Univers , en un jour détrôné
De sa chûte soudaine il reste consterné.
Le bras qui l’abattit releva sa puissance ,
Et le Français vainqueur oublia sa vengeance.
De leurs monts sourcilleux , de glaces couronnés
Les Russes tout-à-coup contre nous déchaînés
Se précipitent -, fiers de leur ancienne glo re ,
Ils croyaient commander au sort, à la victoire.
La Baltique en ce jour sous leurs nombreux vaisseaux ,
Sous leurs pompes d’airain vit écumer ses eaux.
Les vents , ces fils du Nord à regret le« poussèrent.
Et de leur imprudence, en soufflant, s’affligèrent.
Le trépas sur vos fronts resta encor suspendu ,
Fuyez. Non ! C’est en vain que gronde la tempête,
La grande ombre du Czar paraît et les arrête.
(S)
Alexandre fnt sage, il connut son erreur
S’il avait à nos coups opposé sa valeur.
Bientôt. ................................ ...
Le Français généreux arrêta son couroux ,
Et prêt à les frapper , il suspendit ses coups.
Ainsi, quand pour servir la céleste colère ,
Les tempêtes, les vents vont nous livrer la guerre i
Et que la sombre nuit, obscurcissant les airs,
Enveloppe la terre et plane sur les mers ;
Que le Dieu Tout-puissant qui préside aux orages
Du couchant, du midi , repousse les nuages
Quand son bras irrité va s’abaisser sur nous ;
Alors, si redoutant son terrible courroux
Les mortels consternés invoquent sa clémence,
Dieu suspend son tonnerre , arrête sa vengeance,
Dissipe les vapeurs qui nous voilaient les cieux ;
Le soleil reparaît au monde plus heureux.
Enfin voici la paix , dont on chérit l’empire,
Qui du haut de son trône a semblé nous soutiré.
Elle a jeté sur nous un œil affectueux.
Elle a dit à l’espoir de descendre des Cieux :
L’espoir est descendu.............................................
Enfin, le jeune Lapouyade , élève de belles-lettres , a lu la
poésie suivante , intitulée .• Mes adieux au Lycée,
Adieu murs fortunés , ô retraite chérie !
Où l’étude et l’exemple enflamme le génie ,
Où j’ai vu la raison nourrir mes premiers ans,
Et dans le champ des arts guider mes pas tremblants»
Où la gaieté, charmant les peines de l’étude.
Éloignait de mon cœur l’ennui, l’inquiétude ,
Où la voix de l’homme , l’amitié , le devoir ,
Sans contrainte et sans gêne, exercent leur pouvoir.
Favori des neuf Sœurs , émule de Delille ,
Toi dont l'essor atteint la hauteur de Virgile ,
Pardonne, si pour toi, sans l’aveu d’Appollon,
J’ai voulu pénétrer dans le sacré vallon ;
Je ne puis te louer............................................. ...
Ton nom vit dans le cœur de tes enfants.
Protecteur généreux , soutien de ma faiblesse,
O toi mon second père 1 avec quelle tristesse
J’abandonne des lieux que tu me rends si chers ,
Permets qu’à tes bienfaits je consacre mes vers.
Oui, que je sois obscur, ou rayonnant de gloire,
Ton nom sera toujours gravé dans ma mémoire.
Eh ! pourrais-je oublier le sage instituteur ?...„'
Hélas ! de mon départ l’instant cruel avance ,
Et mon cœur déchiré sent croître sa souffrance.
Chers amis, je vous perds, peut-être sans retour.
Mais je garde pour vous le plus fidèle amour.
Disciple d’Appollon , dont la main salutaire ,
Des Muses et des Arts m’ouvrit le sanctuaire ;
O toi, dont les leçons et les soins vigilans
Ont long-tems soutenu mes timides accens.
Mentor de ma jeunesse
Accepte le tribut offert à la sagesse.
Vous tous mes compagnons , qui depuis votre enfance
Partageâtes mes goûts au sein de l’innocence ;
Vous mes premiers amis , mes frères , mes rivaux ,
Vous ne me verrez plus rangé sous vos drapeaux.
Je ne goûterai plus dans cet heureux azile
Ces plaisirs ravissans , cette gaieté tranquille ,
Ce doux contentement de l’esprit et du cœur ,
Ce rare oubli de soi . sourit du vrai bonheur ;
Adieu , mes yeux déjà se remplissest de larmes,’
Mon cœur est assiégé de regrets et d’alarmes.
Je vous quitte..............................................................
Qu’à mes yeux cependant rayonne l’espérance ,
Eh ! quelle est mon erreur ? N’aurai-je pas toujours
Un ami tendre et sûr dans l’auteur de mes jours?
Les soucis viendront-ils jusques au sein d’un père ?
Allons avec confiance , entrons dans la carrière.
Déjà je crois goûter mille plaisirs touchants ,
Déjà mon cœur croit dire à mes tendres parens:
« 3e viens; ma longue absence est enfin terminée;
"Je vole dans vos bras , suivant ma destinée ;
» Pour prix de vos bienfaits , de vos soins généreux ,
"Je veux , ô chers parens ; je veux vous rendre heureux.
" Si quelqu’honneur un jour , quelqu’éclat m’environne ,
» Je veux de mes lauriers vous faire une couronne.
A des pensers si doux mes sens sont attendris ;
Amis , songeons toujours à nos parens chéris.
Rendons-nous dignes d’eux en suivant leur exemple,
Et disons-nous sur-tout : un père nous contemple.
(
10 )
Un duo de flûte à été exécuté par deux Élève» ; e» ensuite
Mr. Étienne Lariviére, Procureur - impérial près la Cour de
justice criminelle, membre de la légion-d’honneur et membre
du bureau , a pris la parole, et a dit :
Messieurs,
« La fin de l’année littéraire ramène aujourd’hui cette époque
toujours si intéressante, où les nourrissons des muses, vont
recevoir la noble récompense de leurs travaux, en présence
des premières autorités de ce département , sous les yeux de
leurs familles.de leurs amis, de leurs concitoyens, réunis pour
applaudir à leurs triomphes.
» Quelle foule de pensées, de sentiment divers fait naître et
rapproche un si beau moment!
» La première expression de ce sentiment t’appartient, à juste
titre , Grand Napoléon , Héros qu’il n’est plus permis de louer,
parce que ton nom est au-dessus de tous les éloges ! C’est toi ,
qui, de la même main dont tu jetas les fondemens inébranlables
de cette puissance tutélaire a la laquelle la France doit sa
gloire et sa sécurité, relèves sur leurs antiques bases, les établisstmens consacrés à l’instruction publique! L’Ange de la des
truction assis sur des ruines, s’était vainement entouré d’affreux
décombres, image du chaos; nouveau Promethée, tu réunis
ces débris précieux , et, les ranimant au feu de ton génie , tu leur
donnnas une nouvelle existence ! Également grand dans tous les
genres, tu savais et sentais que , si le besoin des hommes
réunis en société, élève des trônes, les sciences et les arts les
affermissent en préparant le bonheur des peuples ! Gloire et
reconnaissance te soient à jamais acquises, pour ce bienfait
inestimable !
» Hommages et gratitude soient également décernés à ces
hommes précieux, qui, accourants de toutes les parties de
l’Empire, à la voix du restaurateur des sciences, s’empressèrent
si généreusement de répondre à l’appel fuit à leurs talens, à
leur zèle, à leur patriotisme !
„ A leur tète s’est présenté à nous , ce digne émule de Delille,
Gaston, dont les Muses amies ont déjà marqué la place au
temple de mémoire; son nom seul suffit pour commencer la
réputation de notre Lycée ; son souvenir toujours présent , ne
cessera d'y faire regretter qu'une meilleure santé , secondant ses
vues libérales , ne lui ait pas permis d’achever l’ouvrage qu’il
avait si habilement commencé.
» Heureusement .pour cette institution naissante , les fonctions
délicates de ce premier génie du Lycée, ont été déléguées à
son digne collaborateur, doublement appelé à les remplir par
le vœu du public et par celui des élèves, dont les rares qualités
lui avaient concilié tous les cœurs; alliant sans ostentation la
prudence d’un sage Mentor, avec l’affection d'un père éclairé,
nous pouvons même !e dire, avec la tendresse inquiète d’une
( 11 )
mère attentive, il a pleinement justifié un vœu aussi flatteur j
secondé par un Procureur-gérent dont la sévère probité appelle
la confiance et commande l’estime ; soutenu par les talens éprou
vés de professeurs instruits , et de maîtres recommandables, son
zèle infatigable a déjà donné un lustre auquel peu de Lycées
peuvent encore se flatter d’être parvenus.
n Portant la parole au nom du bureau d'administration , je
ne m’étendrai pas sur l’intérêt soutenu que mes honorables col
lègues n’ont cessé de manifester pour tout ce qui pouvait con
cerner l’établissement Confié à leur surveillance , sur leur empres
sement et leurs soins assidus , chaque fois qu’ils ont pu craindre
pour sa prospérité ; mais la justice me fait un devoir d’être ici,
au nom du Lycée et du bureau lui-même, l’organe de la recon
naissance due par cette institution, à la sollicitude particulière
de cet adminisirateur clairvoyant, dont les talens distingués
reçoivent un npuvel éclat de la douceur et de l’active facilité
de son administration ; c’est sur-tout à ses soins paternels et
sans cesse renaissons; c’est au concours efficace de la mairie de
Limoges , à ses sacrifices généreux et ^répétés, que ce Lycée
doit l’état de splendeur qui a porté sa réputation jusques dans
les départemens les plus éloignés.
» En se félicitant de cet état de chose , le bureau^ne s’est pas
néanmoins dissimulé, Messieurs, qu’il restait encore beaucoup
à faire pour atteindre le degré de perfection dont approchaient
autrefois plusieurs de nos établissemens d’instruction publique;
il a senti qu’il y avait encore quelques abus à réformer , quelques
parties à améliorer, d’autres qui laissaient à désirer plus d’har
monie , soit entr’ellés, soit avec l’ensemble. 11 ne s’e't point
dissimulé la nécessité de resserrer un peu plus les liens de la
discipline et de la subordination ; ils le seront par des moyens
aussi simples que faciles : un peu moins d’indulgence d’une part,
elle dégénère tôt ou tard en faiblesse , et la faiblesse conduit
infailliblement an mépris de l’autorité ; un peu plus de docilité
et de soumission de l’autre ; leur absence fut toujours le sinistre
précurseur du désordre et de l’anarchie.
n Nous le savons, dignes instituteurs, vous êtes trop pénétrés
de l’importance des fonctions qui vous sont déléguées , pour
que vous en perdiez jamais de vue les obligations. Vous sentez
trop bien, qu’en vous confiant l’espoir de la patrie , celui des
familles, le gouvernement vous a honoré de la plus sainte des
paternités, pour que vous,laissiez jamais rien à désirer dans
l’accomplissement des devoirs que vous impose un titre aussi
respectable ; un heureux mélange de douceur et de sévérité fait
toujours aimer les leçons , et respecter celui qui les donne :
justice, impartialité, complaisanee sans familiarité, respect de
vous-même, tels seront toujours pour vous, les moyens infail
libles d’être vénérés par vos élèves et de captiver leur attention ;
vous continuerez sur-tout avec un nouveau zèle à répandre,
chaque jour, dans ces jeunes cœurs les semences précieuses de
cette sainte morale , de cette religion consolatrice , dont le
pontife vénérable présent à cette auguste cérémonie, nous offre
i
■
( 12 )
«n véritable modèle dans ses vertus et celles du digne clergé
qui l’entoure. Ges semences naturellement fécondes , porteront
dans leur temps, les fruits heureux dont elles contiennent'le
germe; ces fruits délicieux dûs à vos soins, à vos sollicitudes,
feront l’honneur et la joie de vos vieux ans: témoins des avan
tages qui en résulteront pour vos élèves et pour la société toute
entière , oh ! combien vos âmes généreuses seront satisfaites,
lorsque la patrie vous devra des magistrats éclairés et vertueux ,
des administrateurs probes et habiles, des militaires dont les
talens égaleront la bravoure et la loyauté Jtdes artistes ingénieux ,
d’excellens citoyens dans toutes les classes ! Combien vous jouirez
des hommages que l’estime publique rendra à leur mérite et à
leurs vertus, de la gratitude dont leurs cœurs reconnaissans
payeront le juste tribut, aux instituteurs auxquels ils devront
leur bonheur et leur gloire! Combien une pareille perspective
est faite pour redoubler votre zèle > pour vous déterminer au
plus entier dévouement !
m Mais c’est de vous, sur-tout, jeunes élèves , que dépend
le succès des soins de vos maîtres, celui de votre éducation ;
trop jeunes encore , oùjtrop peu réfléchis, plusieurs n’apprécient
pas assez toute l’importance des instans précieux qu’il leur est
donné de pouvoir consacrer à l’étude des belles-lettres et des
sciences ; ils ne voient que les épines dont sont entourées les
roses qu’ils sont appelés à cueillir ; c’est en vain que le temps
a des ailes, hélas ! trop rapides ,S iis l’accusent de se traîner
lentement; jeunes insensés, vous ignorez que ces jours qui vous
paraissent si longs et si pénibles, sont peut-être les plus heureux
de voire vie ! Au .sortir de cette enceinte, vous trouverez les
soucis, les peines et les tourmens de tout genre dont la société
n’est que trop souvent le triste théâtre; alors vous reviendrez
en esprit avec une douce satisfaction sur les premières années,
où libres de soins et d’inquiétudes réelles , vos jours s’écoulaient
entre Apollon et Minerve, ou tour-à-tour vos esprits et vos
coeurs étaient l’objet de leurs soins empressés. Nous le deman
dons à tous ceux qui nous écoutent et qui vous ont précédé
dans cette noble carrière ! Quel est celui qui n’est pas revenu
souvent avec plaisir sur ces jours heureux de sa première jeu
nesse? Quel est celui qui ne s’est point détourné de sa route
pour revoir les lieux où il reçut le bienfait inapréciable de
l’éducation ? Quel est celui qui les revit sans éprouver la plus
* douce des émotions ? Certes, l’attrait qui nous ramène à de
pareils souvenirs, suffit seul pour démontrer l’injustice ou l’irré
flexion de ceux qui ne veulent voir , dans les jours consacrés
à leur instruction , que des jours de peine et de captivité.
>> Connaissez donc mieux, jeunes élèves , les avantages de
votre position; connaissez-les pour en profiter, pour employer
fructueusement les moyens qui vous sont offerts d’acquérir les
connaissances propres à vous rendre un jour des membres
utiles dans la société ; pénétrez-vous bien de cette importante
vérité , que sous un gouxernement tel que le nôtre , sous
( 13 )
l’heureuse influence du génie de Napoléon, ce n’est que
par les talens qu’il doit être permis de prétendre aux emplois,
aux honneurs , au dignités : songez sur-tout que les talens associés
aux vertus, dont ils devraient toujours être inséparables, peu
vent seuls donner aux hommes appelés à remplir les fonctions^^^^
publiques , des droits réels, à l’estime ,à la considération. Pénétrés^^"^
de ces sentimens , vous verrez dans les maîtres de toute espèce
qui ont bien voulu se charger de vous introduire dans le
sanctuaire des sciences , autant de génies bienfaisans, uniquement
occupés de vos plus grands intérêts, dignes de tous vos respects,
de toute votre gratitude ; alors la soumission , la docilité , la
subordination vous deviendront douces et faciles ; vous sentirez
que ce n’est point au vase que pétrit et tourne l’ouvrier, qu’il
• ■
appartient de s’élever contre lui , de critiquer sa méthode et les
moyens qu’il emploie , vous respecterez et suivrez sans murmure
l’ordre établi ; vous vous reposerez sur l’administration du soin
de réformer les abus qui pourraient s’introduire ; vous n’abuserez t
plus vous-même de l’indulgence, peut-être trop grande, qu’on
a quelquefois pour vos faiblesses, par égard pour votre âge;
vous ne vous en autoriserez plus pour vous porter à dê nouveaux
écarts et mettre enfin l’autorité dans la nécessité de les^éprimer
avec la sévérité convenable-, attentifs à profiter des leçons de
vos maîtres, vous ne songerez qu’à redoubler leur zèle en
répondant à leurs soins.
»_
» Pères et mères, n’oubliez pas de votre côté, qu’en confiant
vos enfants aux instituteurs choisis par le gouvernement, vous
vour êtes momentanément dépouillés de tous vos droits sur
eux ; que tous les efforts de leurs maîtres seraient inutiles s’ils
étaient contrariés de votre part, par des tendresses pusillanimes ,
des complaisances dangereuses, des adhésions funestes à leurs
idées et à leurs fantaisies; ici, comme à Sparte > ils ne sont
plus à vous ; iis appartiennent à la patrie , qui les a reçu
dans son Gimnase. qui s’est chargé de toutes vos sollicitudes
pour en remplir l’objet avec une prévoyance plus éclairée,
mais non moins affectueuse ; reposez - vous sur elle , sur
les sentimens paternels des chefs de cet établissement , sur
la surveillance attentive du bureau d’administration, des soins
nécessaires au développement physique et moral de ces chers
nourissons ; une éducation mâle et vigoureuse peut seule , en
réalisant vos plus douces espérances, en faire quelque jour des
hommes et des citoyens.
» Mais le désir de donner quelques conseils utiles, ne doit
pas me faire différer plus long-temps le moment heureux, où
les jeunes élèves, qui d'eux-mêmes les ont prévenus, doivent
recevoir les honorables récompenses qui leur sont destinées; je
Iis dans leurs yeux hrillans de désir et despoir, leur généreuse
impatience ; il tarde également à cette assemblée respectable de
pères tendres, de mères sensibles, de parens et d’amis qui par
tagent leur anxiété, il ne nous tarde pas moins à nous-mêmes,
d’entendre proclamer les noms, encore inconnus, des vainqueurs,
et d’applaudir à leurs triomphes.
*-
( 14 )
»Ek! quel nouveau lustre ces triomphes honorables ne rece
vront-ils pas de l'époque à jamais fameuse, à laquelle ils vont
se rattacher. Ces palmes donc vont être couronnés, au nom
de I’Empereur des Français , les jeunes athlètes qui les ont
^^merites, sont détachés, pour ainsi dire, par lui-même, de cette
couronne immortelle, dont la gloire et la patrie reconnaissante,
ceignent en ce jour sa tête victorieuse : comme vous , jeunes
vainqueurs, ce Grand-Homme préluda par des triomphes littéraires,
a ces triomphes héroïques, dont les premiers avalent été l’heureux
présagé ; ce n’est que par son ardeur à acquérir les connaissances
propres à développer les talens dont sa grande ame contenait le
germe , ce n’est que par son application soutenue à se pénétrer
des bons principes , à s’impreigier des grands exemples que ses
tsntituteurs offraient à ses méditations , qu'il e t parvenu à cette
sagesse consommée dans le conseil , à cette activité incroyable
dans l'exécution , à cette modération plus étonnante encore,
** avec laquelle, toujours maître de lui-même, toujours occupé du
bonheur de son peuple , il a su s’arrêter en sage au milieu de
l’ivresse des succès les plus inouis; c'est ainsi, qu'autant par son
habileté que par ses exploits, il vient de nous conquérir cette
paix glorieuse, dont tout l’Empire se prépare à célébrer les fêtes
mémorables, et dont les lauriers immortels répandront un nouvel
éclat sur ceux dont vos fronts vont être couronnés. O mes
jeunes amis ! Que) Royféau surcroît de satisfaction pour vous
et vos dignes parens de ne pouvoir séparer, désormais, ces
grandes époques, si heureuses pour la France , pour eux et pour
vous; pour vous sur-tout , quelle nouvelle source de jouissances,
lorsqu’un jour racontant à vos enfans la gloire de vos succès
littéraires , si propre à le» enflammer d’une noble émulation ,
VOUS pourrez leur dire : ;e reçus le prix de l’honneur , dans
ces jours à jamais célèbres, où Napoléon , couvert des palmes
de la gloire, donna la paix au Continent, et prépara celle de
l’Univers.
» Et vous , jeunes athlètes, qui avez combattu, comme vos
frères, pour la victoire, mais dont les efforts n’atront pu ê're
couronnés par le succès, nous partagerons avec vous, avec vos
parens, le chagrin de votre honorable défaite ; nous ne serons
point étonnés des larmes qu’elle pourra vous arracher ; en ap
plaudissant à une sensibilité d’aussi bon augure , nous nous
empresserons d’essuyer, dans nos embrassemens , ces larmes
précieuses; mais sur-tout que vos courages n’en soient point
abattus ; dans cette lice glorieuse, il n’cst point honteux de
succomber; il le serait seulement de ne pas se relever pour
voler à de nouveaux combats; une nouvelle carrière va s’ouvrit
devant vous ; la gloire que vous n’aurez pu conquérir aujourd’hui,
vous y attend : vous pouvez l’obtenir; vous en êtes sûrs ; il
vous suffit de le vouloir fortement.
» Un jour Apollon désira que les jeunes lettrés de la cour
concourrussent entr’eux ; les Muses furent chargées de distribuer
pour prix aux vainqueurs , les roses d’un berceau mistérieux
( 15 )
placé sur l'Hélicon ; déjà les neuf Sœurs avaient distribué toutei
les roses aux vainqueurs proclamés , et plusieurs contendans
attendaient encore, immobiles de chagrin et de honte, les prix
qu'ils avaient espéré -, les Muses touchées de leur douleur leur
firent remarquer sur l’arbuste, plusieurs boutons qui, n’é®nt*
pas encore éclos, offraient à l’ambition, l'espoir de nouveaux
prix à conquérir ; cet espoir calmant leur ennui, soutint leurs
courages ébranlés, et leurs nouveaux efforts ne tardèrent pas à
être couronnés de succès, d'autant plus doux, qu'ils avaient
été plus attendus.
» Espérons , mes jeunes amis, que cette allégorie deviendra
sous peu votre histoire ! puissent elle en attendant vous servir
de consolation et d’encouragement ! Puisse-t-elle vous déterminer
à profiter des jours de repos qui vont vous être accordés, pour
atteindre ceux de vos condisciples qui vous ont laissé derrière
eux, dans la même carrière, pour vous mettre à même de les
combattre avec plus d’avantage et de triomphe à votre tour. »
— Ceux qui ont réimporté les Prix ayant été enfin proclamés
successivement , et au son des fanfares , la cérémonie s’est
terminée par une symphonie à grand-orchestre.
( Suivent les noms des Élèves qui ont obtenu des Prix et des Accessit, )
Prix d’honneur. -- Jean-Baptiste Cruveilher. [ Haute-Vienne.]
l.er Accessit. -— Mauriac, [ Corrèze.] l.e accessit. —- Gustave
Montréal. [ Haute-Vienne. ]
Discours
Français.
Prix.— Cressanr. [Creuse.] i.er accessit. — Gédéon Gondinet,
[ Haute-Vienne. ] 2.“ accessit.— Maublanc. [ Idem.]
Version.
Prix. — Gustave Montréal. [ Haute-Vienne. ] i.« accessit.
—- Lapouyade. [ Dordogne.-]-a.» accessit.—- Gédéon Gondinet.
[ Haute- Vienne. ]
D I S C O UR S
L A T I N.
Prix. — Cruveilher. [ Haute-Vienne. ] I.er accessit. — Mauriac.
[ Corrèze. ] 2.e accewir. — Montréal. [ Haute-Vienne. ]
Poésie
Latine.
Prix. —- Gustave Montréal. [ Haute-Vienne. ] i.er accessit. —'
Lapouyade. [Dordogne.] a.e accessit,— Teillet. [Haute-Vienne,]
(
PREMIÈRE
CLASSE
DE
LATINITÉ.
Prix d’honneur. -— Jean - Baptiste Dumas. [ Haute - Vienne. ]
Jean-Jacques Glangeau. [ Idem. ] a.e accessit.
— Edmon Feydeau. [ Idem. ]
I.er accessit.
Version.
Prix. — Jean-Baptiste Beaulieu. [Haute-Vienne. ] I.er accessit.
— Jean-Jacques Glangeau. [Idem.] i.e accessit.— Hetvy. [rd.J
Thème.
Prix. — Jean-Jacques Glangeau. [ Haute-Vienne.] I.er accessit.
—- Justin Segrette. [ Creuse. ] a.e accessit, -— Brissaud , aîné.
[ Haute - Vienne. ]
Poésie
Latine.
Prix. —- Jean-Baptiste Dumas. [ Haute-Vienne.] i.er accessit.
;----- Félix l’Hermite. [ Idem. ] ae. accessit. ----- Jean - Baptiste
Beaulieu. [ Idem. ]
DEUXIEME_CLASSE DE LATINITÉ.
Prix d'honneur. -— Desroyère. [ Corrèze. ] i.er accessit. -—
Pallant. [ Haute-Vienne. ] a.e accès, ( ex œquo. ) Poncet, et Maurice
Ardant. [ Idem. ]
Version.
Prix.---- Paul Auzouy. [ Aveyron.] i.er accessit. -— Pallant.
[ Haute-Vienne. ] 2,e accessit. — Villestivaux. [ Idem. ]
Theme.
Prix. — Adrien Corbin. [ Charente.] i.er accessit. — Lacombe >
{ externe. ) [ Idem. ] a.e accessit. —- Auzouy. [ Aveyron, ]
Vers.
Prix. — Adrien Corbin. [ Charente. ] I.er accessit. —- Pallant» [ Haute-Vienne. ] a.e accessit,
Maurice Ardant. [ Idem, ]
( 17 )
TROISÈME CLASSE DE LATINITÉ.
Prix d'honneur. — Paul Ardant. [ Haute-Vienne. ] i.er accessit.
-— Dalesme. [ Idem, ] a.e accessit, — Nierville. [ Seine. ]
Version.
Prix. — Dalesme. [ Haute-Vienne. ] i.» accessit. —- François
Gondinet. [ Idem. ] a.e accessit. — Nierville. [ Seine. ]
Thème.
Prix. — Dalesme. [ Haute-Vienne. ] i.er accessit. — Lasseigtièfë.
[ Creuse. ] a.e accessit.-— Nierville. [ Seine.]
Vers.
Prix.— Nierville. [Spine. ] i.er accessit. — François Gondineu
[ Haute-Vienne. ] a.e accessit.— Dalesme. [ Idem. J
QUATRIÈME CLASSE DE LATINITÉ.
Prix d’honneur. ■— Tourniol. [ Haute-Vienne.] i.er accessit.--*
Labouliniére. [ Idem.] a.e accessit. — Guineau et Çhareyron. [ ld. J
Version.
Prix. — Baret-des-Cheises. [Creuse.] I.er accessit. — Taunay.
[Seine.] a.e accessit. --- Lemesle. [ Morbihan.]
Thème.
Prix. — Fouillouz. [Corrèze.] i.er accès. — Vincent Coutissan.
[Creuse.] 2.e accessit. — Joseph Çhareyron. [ Haute-Vienne. ]
Grammaire
Française.
Prix, —— Boredon. [ Dordogne. ] i.er accessit, —— Guineau,
[ Haute-Vienne. ] a.e accessit, — Lemesle. [ Morbihan. ]
CINQUIÈME CLASSE DE LATINITÉ.
Prix d’honneur.— Léon Talabot. [Haute-Vienne.] i.er accessit,
— Neury. [Dordogne.] a.e accessit.— Conchon. [Creuse.]
Version.
Prix. —— Talabot. [ Haute-Vienne. ] i.er accessit.—- Rougier,
[Charente,] a.e acccessit,
Navières. [ Haute-Vienne. ]
( 18 )
THEME.
Prix, — Neury. [Dordogne.] i.er accessit'.— Chareyron jeune.
£ Haute-Vienne.] 2.= accessit.— Dtlpy. [ Corrèze.]
Grammaire
Française,
Prix,
— Neury. [ Dordogne. ] i.er accessit, —-- Conchon.
[ Creuse. ] l.e acceesit — Chaplet. [ Hauie-Vienne. ]
SEPTIÈME
CLASSE
DE
LATINITÉ.
Prix d’honneur. —- Duportail. [ Charente. ] I.er accessit, —
Boreau. [Idem.] 2,e accessit.— Charvais. [ Manche.]
Version
Prix. — Bardo!. [ Seine. ] i.er accessit.-— Fanty. [ Dordogne.]
2® accessit. — Régis Couret. [ Aveyron.]
Thème.
Prix. — Duportail. [Charente.] i.er accessit. — Martial-Joseph
Cassius. [ Seine. ] î.e accessit. — Charvais. [ Manche. ]
Grammaire
Française.
Prix. ---- Darpès. [ Dordogne. ] i.er accessit. ------Delouis.
£ Haute-Vienne. ] 2.® accessit.— Perigord-des-Granges. [Idem.]
CLASSE SUJBPJ-âMENTAIRE DE LATINITÉ.
1. re
Division.
Prix dhonneur. — Bompard. [Lozère.] t.er accessit, — Lavialle.
[ Cortèze. ] 2.e accessit. —- Lestang. [ Dordogne. ]
Version.
Prix. —— Bompard. [ Lozère. ] i.er accessit. —— Desbordes.
[Haute-Vienne.] i.e accessit.— Bertrand. [Idem.]
Thème
Prix, -— Bompard. [ Lozère. ] i.er dccissft. ----£ Haute-Vienne. ] z.e accessit. —— Isidore l’Hermite.
Bordeaux.
Orthgraphe.
Prix. -— Lestang. [ Dordogne. ] i.er accessit. -— Lavîal’e.
£ Corrèze. ] 2.® accessit, — Texier-Oîivier. [ Indre-et-Loire. ]
2. e
Division,
1 Prix. —- Burgade. [ Gironde.] I.er dcéèjsir. -— Larichardière.
[ Haute-Vienne, ] a.®
Prosper Lagenadie. [ Charente. ]
i
F
h
( 19 )
GÉOGRAPHIE,
I.re Division.
Prix. — Nierville. [ Seine.] i.er accessit. — François Gondinef.
[ Haute-Vienne. ] 2 e accessit — Paul Ardant. [ Idem, ]
2.c
Division.
Prix.— Desvergnes. [Corrèze.] i.er accessit. —- Chareyron,
aîné. [ Haute-Viqnne. ] 2.e accessit.— Thévenin. [Idem,]
HISTOIRE,
I.re Division.
Prix. — Jean-Jacques Glangeau. [ Haute-Vienne.] 1 .et accessit,
— Basset, [Zdcra. ] i.e accessit.— Hervy. [Idem.]
î.e
Division.
Prix. — Larivière. [ Haute-Vienne. ] i.er accessit. — Diot.
[ Idem. ] 2.e accessit. —— Magrangeas. [ Idem. ]
MATHÉMATIQUES
TRANSCENDANTES.
Prix d’honneur.---- Jean-Baptiste Cruvj^lher. £ Haute-Vienne. J
— Gustave Montréal»
[ Haute-Vienne. ] accessit. — Edmon Cfiancel. [ Charente. ]
l.er prix.— Lacoste. [ Corrèze. ]
I.re ET
I.e DE
MATHÉMATIQUES.
I.re Division.
Prix d’honneur. — Gory. [Creuse.] I.er accessit-— Fourgon,
aine. [Charente.] 2e. accessit. — Edmon Feydeau. ] Haute-Vienne.]
Prix — Jeau-Baptiste Dumas. [ Hauie-Vienue. ] i.er accessit.
J. 3. Poncet. [ Idem. ] 2.e accessit. — J. J. Glangeau. [Idem,]
2. e
Division.
Prix. —- Hervy. [ Haute - Vienne. ] I.er accessit. ...... Félix
Monlevade. [Creuse.] i.e accessit. —- Brissaud. [Haute-Vienne.]
3e ET 4e DE
MATHÉMATIQUES.
Prix d’honnneui — J. B. Dalesmc. [ Haute-Vienne. ] Accessit. —Broesse. [ Corrèze. ]
Ier Prix. -— Desroyère. [ Haute - Vienne. ] Accessit. ——Luguet. [ Idem. ]
2.» — Albert. [ Haute-Vienne, ] Accessit.— Diot. [Idem.]
- :
■
( 20 )
*
5e ET 6e DE
MATHÉMATIQUES.
Prix d'honneur. -— Vieillemar. [ Dordogne.] I.er accessit. ——
Boredon. [ idem. ] l.e accessit. — Basset. [ Haute-Vienne. ]
i.er Prix.-— Çhareyron. ] Haute-Vienne. ] i.e accessit.-—
Faulte. [Idem.] l.e accessit.— Rullon. [ idem. ]
l.e Prix. -— Dumas - Chamvaiier. [ Chat ente. ] i.er accessit.
—- Scio. [Seine.] i.e accessit.— Thomas. [Haute-Vienne.]
Ont mérité mention honorable, dans la première division ,
Mr. Laramée ; dans la seconde , MM. Cramouzeau jeune ,
Lasseiglière, Taler-dier, Lautiète et Labouliniére.
CHIMIE.
Prix d’honneur.
Jean - Baptiste Dumas. [ Haute - Vienne. ]
I.er accessit. — J. B. Cruveilher. [ ld. ] l.e accès. — Dutreix. ] ld. ]
Prix.-— J. B. Cruveilher. [ Haute - Vienne. ] i.er accessit.-—
Glangeau. [2dm.] a.e accessit. — }. B, Dumas. [2dm.]
ARTS.
DESSIN.
l.cr Prix. — Monlevade. hCreuse. ] t.e prix,-- Talabot aîné.
[ Haute- Vienne/] 3.e prix.-- Florentin Cousin. [L’Eure.]
I.er Accessit. — Üuboucheron. 2(,e accessit. -— Gobert. [ Seine.]
3>e accessit.— Feydeau. [ Haute-Vienne.] 4.e accès.— Chapetias.
[ Idem. ] j.e accessit. -— Lacoste. [ Corrèze. ] 6.e accessit. ——
Beaulieu aîné, [Jlaute-Vienne. ]
I.re Division.
Prix. — Lapouyade. [ Haute-Vienne. ] i.er accessit. :— Bourgon
aîné. [ Charente. ] 2.e accès.— Bourgon jeune. [ Idem. ]
accessit,
— Dumas-Chamvaiier. [7dm.]
Division.
Prix.— Dénorus. [Charente.] i.ne accessit. — Corbin. [2d. ]
l.e accessit. — Boredon. [ Dordogne. ] 3-e accessit. — Lasseiglière.
( Creuse. ]
3.e
Division.
Prix. ------- Duché. [ Seine.] i.er accessit. ------ Bertrand.
[ Haute - Vienne. ] i.e accessit.------ Guiihaud. [ Charente. ]
3.e accessit. —— Boyer. [ Dordogne. ]
3
3
P
2
Fait partie de Lycée [de Limoges]. Distribution des prix à la fin des exercices de 1807
