FRB243226101_PZ_709.pdf
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VAW'vUAô!
ŒTicoc
POUR LE DOCTORAT EN MÉDECINE,
présentée et publiquement soutenue le 15 février 1840,
PAR
S.-F.-RÉGIS DURIEUX,
de Montagmer (Dordogne),
Eîoctenr en Médecine,
Ex-Chirurgien externe à VHétel-Dieu Saint-André de Bordeaux, ex-Chirurgien adjoint
à l’Hospice des Vénériens de la même ville, Membre correspondant de la société
de Médecine et de Chirurgie pratiques de Montpellier.
QUESTIONS TIRÉES AU SORT.
5. Du la marche et de la durée de la maladie sous le point de vite
du pronostic.
51. Quelles règles doit-on observer dans l'enlèvement d'un sein
cancéreux ? — Quel mode de pansement doit-on appliquer à la
plaie qui résulte de 1'enlèvement d'un sein cancéreux
5Ï3. Des altérations principales du lait, que l'on peut constater à
l'aide du microscope et des réactifs.
ÎV. Exposer les lois des attractions et répulsions électriques.
Ars medica tota est in observationibus.
BAGLIVI.
M. DCCC. XL.
ET A MA MÈRE.
Témoignage de reconnaissance et d'amour filial.
A MON FRÈRE, A MA SOEUR
ET
A MA BELLE-SOEUR.
Union et fraternité.
A mon oncle l’abbé Di ntiVF.
Chanoine et ancien Vicaire-Général du diocèse de Périgueux.
Respect et reconnaissance éternelle.
R. DUR1EÜX.
Vous qui m’aimiez tant
Douloureux regrets !
R, DURIEUX.
SCIENCES MÉDICALES.
Ile la niarclie et de la durée de la maladie .
sous le point de vue du pronostic.
La marche des maladies comprend un grand
nombre de phénomènes, que nous allons examiner
sous le rapport des pronostics auxquels leurs
variations peuvent donner lieu.
Et d’abord, le mode suivant lequel se succèdent
les symptômes peut suivre plus ou moins leur ordre
naturel, ou s’en écarter d’une manière plus ou
moins éloignée. Hippocrate et les médecins qui
ont suivi- sa doctrine , ont observé que , dans les
maladies générales fébriles, les parties qui sont les
premières affectées sont les parties supérieures ;
que les inférieures ne sont prises que plus tard..
— 6 —
C’est ainsi que l’on voit une céphalalgie, dont la
durée est variable , précéder de quelques jours une
pneumonie , qui se terminera après des selles ou un
flux d’urines abondant. Lorsque les phénomènes
morbides s’enchaînent en suivant cet ordre , la
marche de la maladie est régulière; et c’est en
général un bon signe. Lorsque , au contraire , les
symptômes se manifestent sur divers points de
l’économie, en procédant de la partie inférieure
vers la partie supérieure, les conclusions à tirer
sont plus fâcheuses, et le pronostic est même souvent
des plus funestes. On sait quelle est la gravité du
délire qui se développe pendant le cours d’une
affection de poitrine; on sait combien sont fré
quemment mortelles les lésions du cerveau et des
méninges, qui accompagnent les fièvres typhoïdes,
les gastro-entérites et d’autres maladies du basventre.
C’est encore une marche naturelle de la maladie ,
que de procéder de l’intérieur à l’extérieur : ainsi,
les affections exanthématiques , fébriles , l’érysi
pèle , etc., commencent par des troubles des organes
internes , et spécialement de l’appareil respiratoire
et du tube digestif; puis» se manifestent en dehors
pat* les caractères qui leur sont propres. Mais, si
éés affections disparaissent de l’extérieur, leur dis-
— 7
pariliou s’accompagne de phénomènes morbides
très alarmants.
Cette observation de la marche des maladies
donne lieu à des indications thérapeutiques, qu’il
est de l’intérêt du malade de ne jamais négliger.
M. le professeur Broussonnet a fréquemment appelé
notre attention sur ce point.
Il faut toujours se méfier des états pathologiques
qui s’écartent de leur cours normal, qui présentent
quelque chose d’irrégulier: ainsi, on ne saurait
trop réfléchir avant de porter un pronostic sur cer
taines affections qui marchent obscurément , et
dont la terminaison est souvent funeste.
Les maladies présentent, en général , des grou
pes de phénomènes qui varient selon le temps, et
leur ont fait distinguer des périodes: or, la léthalité diffère dans certaines, selon la période qu’elles
parcourent. Le choléra a emporté le plus grand
nombre de ses victimes pendant la période algide ,
dans laquelle les forces de la vie sont opprimées ;
la période de réaction, quoique funeste dans plu
sieurs circonstances , a néanmoins été celle dans
laquelle on a eu le plus de droit d’espérer la gué
rison. Les individus qui meurent pendant l’accès
d’une fièvre intermittente pernicieuse, périssent
d’ordinaire dans le stade de froid. La plus grande
f
— 8 —
mortalité de la variole se trouve au commencement
de la période de suppuration, lorsque celle-ci
s’établit mal et que les pustules ne peuvent se déve
lopper considérablement, ou vers la fin de cette
période, si la formation des pustules n’a pas suffi
pour éliminer la cause morbide spécifique, et si
cette cause a porté son action sur les organes in
ternes, de manière à déranger profondément l’har
monie générale.
Le type doit être pris en grande considération :
il comprend la continuité , la rémittence et l’inter
mittence irrégulière ou périodique.
Le plus dangereux et le plus fréquent de tous les
types est le type continu; car il ne laisse pas un
moment de relâche , il agit d’une manière inces
sante. Après lui vient le rémittent, qui laisse des
intervalles d’une tranquillité , d’une diminution de
symptômes incomplets, il est vrai, mais pendant
lesquels les forces de l’organisme peuvent réagir
avec efficacité. L’intermittent régulier se lie sou
vent à des phénomènes purement nerveux, et donne
encore plus de temps de relâche à l’individu affecté.
Enfin , le périodique est le moins grave de tous,
parce que nous possédons un spécifique puissant
contre la périodicité, et que nous enlevons le plus
souvent le fond de l’état morbide en attaquant la
9 —
forme. Ainsi, quand une maladie de continue devient
rémittente, puis de l’état rémittent passe à l’état
intermittent, c’est un bon signe ; le contraire arrive,
lorsque la maladie d’intermittente devient rémit
tente , puis continue : la continuité appartient sur
tout à une lésion organique, et l’intermittence
annonce plus spécialement une modification dyna
mique ou nerveuse.
Nous disons tout ceci en thèse générale, car il
faut tenir compte avant tout de la nature de la
maladie. Il ne faudrait pas comparer, pour tirer des
conclusions, la fièvre inflammatoire éphémère,
l’aphthe des adultes simple , etc., avec la fièvre
intermittente pernicieuse et les fièvres typhoïdes
rémittentes, par exemple. On doit, au contraire,
en établissant ces parallèles, chercher les sujets des
rapports dans des affections qui se rapprochent
autant que possible par leur fond, et ne diffèrent
guère que par la forme de manifestation qui a reçu
le nom de type.
L’acuité et la chronicité donnent encore lieu à
des considérations qui font porter des pronostics
différents. Nous les plaçons ici ; car nous pensons
que l’acuité et la chronicité, dans les états patholo
giques, se tirent de la marche des symptômes et
non point de la durée du mal. Aussi, les médecins
10 —
qui ont voulu baser ces manières d’ètre sur le
temps plus ou moins long écoulé depuis l’invasion,
n’ont jamais été d’accord : les uns ont dit qu’une
maladie était chronique au vingtième, au quaran
tième jour; d’autres ont établi d’autres propositions
numériques ; mais ils ont tous erré , tant qu’ils ont
agi dans cette direction vicieuse; car une maladie
peut être chronique dès le début, et une autre peut
conserver pendant fort long-temps des caractères
d’acuité bien tranchés : ceci tient à plusieurs con
ditions qui se rattachent à l’individu, à son âge,
à son tempérament, à la cause, etc. etc.
Les maladies aiguës annoncent le plus souvent
assez de forces et de réaction de la part du sujet ;
elles se décident promptement pour la guérison ou
pour la mort; mais il ne faut pas se hâter, dans
beaucoup de cas, de pronostiquer dès le début les
maladies chroniques; d’autre part, elles se termi
nent rarement d’une manière complète, et en cela
leur pronostic est fréquemment fâcheux; mais,
encore ici, il est indispensable de réunir tous les
éléments pour arriver à une solution de la question.
Quelles différences, en effet, entre le cancer, la
phthisie pulmonaire, qui sont les affections essen
tiellement chroniques, et la pneumonie, l’érysi
pèle ! Et cependant toutes ces formes morbides
11
peuvent être mortelles ; toutefois, je n’oserais pas
dire que toutes peuvent guérir.
La durée de la maladie réduite à sa plus simple
expression , c’est-à-dire n’exprimant que le temps
depuis lequel l’état pathologique existe , conduit à
un pronostic dont la gravité est, en général, en
rapport direct avec l’ancienneté du mal. Cependant
il faut ne point oublier ce que nous avons déjà dit
et répété, savoir: que la nature de l’affection peut
changer toutes les idées que nous émettons sous
forme collective.
SCIENCES CHIRURGICALES.
Quelles règles cEoEt-on observer dans l’enlève
ment «l'un sein cancéreux î
Quel mode de pansement doit-on appliquer
à la plaie qui résulte de l'enlèvement d’un
sein cancéreux!
002V p£2V à'piizÔv Ü<?«0.
Hom., Iliad., ch. 2.
D’après les termes mêmes de la question qui nous
est posée, nous n’avons point à nous occuper du
cancer lui-même , de sa nature , de son étiologie ,
des symptômes morbides qu’il présente ; nous sommes
immédiatement amené à parler de son traitement,
et encore en tant seulement qu’il prend ses moyens
thérapeutiques dans la médecine opératoire.
D’autre part, la question doit être encore res
treinte. En effet, nous n’avons point à traiter de
— 13 —
l’enlèvement du cancer du sein, mais bien de l’en
lèvement du sein lui-même, en tant seulement qu’il
est dans un état cancéreux.
Quant au mode de pansement qu’il faut appli
quer à la plaie qui résulte de l’enlèvement d’un
sein cancéreux, on comprend qu’il variera selon la
forme de celle-ci et le procédé opératoire que l’on
aura suivi.
Manquant de ces moyens diagnostiques dont nous
reconnaissons toute l’importance j nous pensons que
l’on doit opérer un cancer quand la constitution du
malade commence à se détériorer, si toutefois on
n’a pu le faire avant; on ne doit point hésiter, sur
tout alors que l’on a à craindre une résorption de
Ï’ichor qu’il laisse s’écouler, alors que déjà tous les
moyens diététiques et pharmaceutiques , dont il ne
faut point oublier l’usage, ont été employés. Peutêtre n’est-ce qu’après un traitement général bien
dirigé, fait au moyen de ceux-ci, qu’une opération
obtient du succès.
Les règles que l’on doit suivre dans l’enlèvement
d’un sein cancéreux , peuvent être ramenées à six,
savoir :
1° Déterminer les cas qui nécessitent l’opération ;
2° Ne l’entreprendre qu’avec sûreté de pouvoir la
terminer;
— 14
3° Déterminer la méthode à suivre ;
4° Préparer le malade ;
5° Disposer des aides;
6° Arrêter le cours du sang.
Première Règle. — Déterminer les cas qui nécessi
tent l’opération.
Une des premières règles à observer dans l’en
lèvement d’un sein cancéreux , est de reconnaître si
cet enlèvement offre des chances de guérison. Ce
pronostic ne peut être bien établi qu’avec quelques
idées que l’on doit avoir sur cette maladie.
On a long-temps et souvent discuté la question de
savoir si le cancer était une maladie purement locale,
ou une affection générale qui se manifestait sur un
point de l’organisme. Là-dessus chacun a parlé
selon son système, et a nié l’observation lorsqu’elle
contrariait ses idées; mais il ne faut point rejeter
un fait parce qu’il n’entre pas dans le cadre que
nous avons fait à la science ; il faudrait, pour cela,
être certain que ce cadre n’est point autre que celui
de la nature elle-même. Ainsi, il en est qui, consi
dérant le cancer comme incurable , ont prétendu
que, dans les cas de guérisons que l’on avait obte
nues, la maladie n’était point un cancer.
Quoi qu’il en soit de leurs idées, la saine obser
vation nous présente des cas de guérison après une
troisième et quatrième opération, comme après une
première; d’autres fois aussi toutes ces opérations
n’ont amené qu’une exaspération de la maladie,
qui a plutôt été suivie de la mort.
Pour se rendre compte de ces deux observations,
il faut, je pense, considérer le cancer comme pro
venant d’une diathèse. Comment, en effet, expli
quer sa reproduction lorsqu’il a été enlevé, si c’est
une maladie locale? Je pense qu’il faut dire , avec
M. Lordat, qu’il y a des affections que la force
vitale ne peut point résoudre, et qu’alors il se fait
une fluxion sur un point, fluxion qui désorganise
tellement l’organe, que celui-ci ne peut plus se
débarrasser de son mal. Toute l’affection générale
est maintenant sur ce point-ci, et si l’on opère, on
obtiendra la guérison ; tandis que si l’on laisse le
mal local, la constitution peut s’imprégner de nou
veau par la présence de celui-ci. Cette théorie qui
explique l’observation, est aussi la seule qui puisse
guider les chirurgiens qui pratiquent une ablation
du sein. Ici peuvent donc trouver leur application ,
les idées que M. Lallemand émettait dans ses leçons
de clinique , quand il conseillait d’exciser les chan
cres étendus , afin d’éviter une résorption de l’ichor
qui s’en écoulait et une infection nouvelle.
— 16 —
Il serait de la plus haute importance, comme on
le sent bien, de pouvoir déterminer, d’une part, le
moment dans lequel la tumeur locale devient cancé
reuse , car elle peut être d’abord d’une autre nature;
d’autre part, quel est celui dans lequel toute la
fluxion s’est entièrement opérée. D’après ces con
naissances, on saurait, d’une manière certaine,
quand est-ce que l’on peut encore agir sur une petite
tumeur indolente qui menace d’attirer à elle une
fluxion cancéreuse encore latente dans l’organisme ,
et quand est-ce que l’on peut se permettre d’opérer
un cancer dans le but d’enlever une affection géné
rale qui s’est entièrement localisée. Nous ne dou
tons point qu’il ne dût en résulter un très - grand
avantage pour la thérapeutique de cette maladie.
Malheureusement nos connaissances sur ce point
sont encore très-bornées; ce serait à la médecine à
nous instruire là-dessus. Il est probable que, dans
ces moments, de si grands changements qui se pas
sent dans l’organisme sont manifestes par des sym
ptômes que l’on pourrait apprécier et qui jetteraient
le plus grand jour sur cette question ; mais, nous
l’avons déjà dit, les moyens diagnostiques nous
manquent.
— 17
Deuxième Règle. —Ne Ventreprendre que quand
on est sûr de pouvoir la terminer.
Comment acquérir cette certitude? Une étude
profonde de la maladie fera connaître ses limites et
ses rapports, partant fera prévoir tous les accidents
qui peuvent survenir durant l’opération, et forcera
d’en arrêter le cours: on pourra ainsi se munir
contre tout.
Les causes qui peuvent empêcher de terminer
une opération, peuvent être ramenées à deux chefs
principaux : 1° l’étendue et les rapports du mal ;
2° les accidents qui peuvent survenir.
1° Il faut , avant d’entreprendre d’enlever un
sein cancéreux, faire en quelque sorte une étude
d’anatomie pathologique sans scalpel ; chercher à
connaître quelle est l’étendue du cancer : par là, on
verra si l’on ne sera pas obligé à intéresser des
organes trop importants pour enlever tout le mal.
Si les muscles intercostaux et les côtes elles-mêmes
étaient affectés et qu’il fallût aller disséquer jusque
sur la plèvre costale , par exemple, on conçoit
combien un pareil état non prévu paralyserait la
main de l’opérateur. A l’appui de ceci, nous cite
rons l’observation suivante rapportée par Le Cat,
dans les prix de l’Académie de chirurgie :
« Une dame âgée d’environ 37 ans, d’un tem2
— 18 —
«pérament qu’on appelle mélancolique, avait à la
«mamelle un cancer ulcéré depuis quatorze mois ,.
«accompagné d’une exostose au sternum et d’une
» tumeur sous chaque aisselle , grosse comme un
petit œuf de poule, avec fièvre lente, grande fai-,
«blesse, etc. Elle voulut absolument qu’on lui fit
» l’opération; on eut la complaisance de la satisfaire :
«la plaie se cicatrisa; mais, huit mois après, le
« sternum et les extrémités des côtes s’enflèrent ,
«produisirent un ulcère chancreux , la fièvre, la
«langueur, et la mort de la malade. »
On peut encore, d’après cette même observation , re
connaître l’importance qu’il y a à faire une étude sévère
de la nature même du cancer ; car, dans un cas pareil, il
ne faudrait point se laisser intimider en reconnaissant un
cancer occulte, un carcinome, comme le disent Hippocrate
et Galien, et auxquels il ne faut point toucher; mais bien,
comme le conseille Le Cat, poursuivre l’opération avec
fermeté, alors même qu’il faudrait aller disséquer la tumeur
jusque sur la plèvre. Les anciens sentaient bien tous les
avantages d’un pareil procédé, puisqu’ils n’admettaient
pas de guérison possible sans qu’il y eût ablation entière
de la tumeur; mais ils étaient retenus par la crainte que
leur inspirait l’écoulement du sang.
Si encore la tumeur s’étendait jusque sous l’ais
selle, qu’il y eût quantité de tissu cellulaire grais
seux et de ganglions lymphatiques malades à en
lever, la crainte de léser les vaisseaux et nerfs qui
19 —
abondent dans cette région pourrait faire hésiter à
poursuivre. Enfin, une étude approfondie des limites
de la lésion organique fera aussi connaître quelles
seront les artères qu’il faudra atteindre , et partant
mettra à même de prévenir les hémorrhagies qui
sont souvent fort inquiétantes et deviennent par cela
même un des accidents qu’on a le plus à redouter.
2° Parmi ces accidents qui peuvent survenir, nous
distinguerons les accidents locaux et les accidents
généraux.
Parmi les premiers , l’hémorrhagie seule doit
être mentionnée. Dans l’extirpation du sein , l’hé
morrhagie est généralement de peu d’importance,
à cause du petit calibre des vaisseaux qui sont dans
cette région , et dont on fait la torsion ou la ligature
pendant ou après l’ablation , ainsi que nous le ver
rons plus bas ; ces artères sont : des branches de la
mammaire externe , des thoraciques supérieures,
rarement de la mammaire interne et des intercos
tales.Quant à l’introduction de l’airdans les veines,
dont on parle beaucoup aujourd’hui, je ne sache
pas qu’il en ait été question dans l’opération dont
il s’agit.
Parmi les seconds, nous trouvons la syncope et
le tétanos. Dans le cas où quelqu’un de ces acci
dents surviendrait, il faudrait suspendre momen
— 20 —
tanément l’opération, et attendre, en calmant les
douleurs, que le malade fût revenu à lui. Ce n’est
point ici le cas d’énumérer tous les moyens propres
pour combattre ces accidents, qui sont plus du
domaine de la médecine que de celui de la chi
rurgie.
Il importe encore d’étudier la constitution actuelle
du sujet, voir si le malade a encore assez de forces
pour supporter une opération. Rarement cette con
sidération doit arrêter le chirurgien; car il doit se
rappeler que la somme des douleurs que fait éprouver
l’opération, est bien moindre que celle que procure
la maladie elle-même. Mais il en est des douleurs
comme des lésions organiques : elles sont d’autant
mieux supportées, qu’elles ont un caractère plus
chronique.
Thoisieme Règle.—Di terminer la méthode à suivre.
Les anciens n’avaient pas cru pouvoir se permettre
de toucher à des cancers ulcérés. On a commencé
d’abord, dans les premiers siècles, par enlever ceux
de peu d’étendue , dont on cautérisait fortement la
plaie, soit avec les caustiques potentiels, soit avec
le fer rouge , qu’on appliquait d’une manière un
peu barbare par la crainte qu’on avait des hémor
rhagies. 11 faut arriver au milieu du xvie siècle pour
— 21
voir les premiers essais parla réunion immédiate.
Jusque-là, on pansait les plaies avec des baumes,
des onguents, des irritants, des topiques.
Voici la manière dont Le Cat s’exprime à ce sujet
dans son mémoire déjà cité :
« Long-temps même après l’établissement de la
» nouvelle méthode, on n’osait encore l’employer
x qu’à des cancers petits et mobiles ; enfin, il était
» réservé à notre chirurgie la plus moderne de bannir
x entièrement de cette opération tous les instruments
» de cruauté, et d’attaquer tout uniment avec les
x doigts et le bistouri le cancer local et non pénéx trant, quelque part qu’il soit situé à la portée
» de l’instrument : c’est là donner à cette opération
x les deux plus grandes perfections qu’elle puisse
» recevoir, je veux dire son extension à tous les cas
«possibles, et la plus grande simplicité de l’exéx cution. »
L’homme qui parlait ainsi en 1739 manifesterait
bien plus son enthousiasme, aujourd’hui qu’il aurait
sous les yeux tous les grands succès obtenus depuis
par les chirurgiens qui l’ont suivi, succès que nous
voyons tous les jours se renouveler à l’Hôtel-Dieu
Saint-Eloi, sous les mains de MM. les professeurs
Serre et Lallemand.
Toutefois , il est encore des médecins qui pen
22 —
sent qu’une plaie doit passer par un état de suppu
ration et de granulation. Ces idées, qui comptent
chaque jour moins de partisans, sont fortement
combattues par M. le professeur Estor, qui se plaît
à répéter dans ses leçons orales que la réunion
immédiate a fait faire plus de progrès à la chirurgie
que toutes les autres découvertes, même que celle
de la circulation du sang.
« C’est aux procédés barbares mis en usage à di
sverses époques par quelques chirurgiens qu’il faut
«s’en prendre, si, de nos jours encore, l’ablation
» du sein cause tant de frayeur aux gens du monde.
»La cautérisation de la plaie avec un fer rougi,
» etc.........
«Aujourd’hui que l’ablation du sein est réduite
«à sa plus grande simplicité, elle n’a plus rien
«d’effrayant ni de véritablement cruel » (1).
Ces idées émises avec juste raison par M. Velpeau
militent en faveur du mode opératoire dont il est
question , attendu qu’outre les avantages qu’il pré
sente pour la cicatrisation de la plaie , le manuel
opératoire en est le moins douloureux possible.
On a dit, contre cette méthode, qu’après le
pansement l’hémorrhagie pouvait avoir lieu, et qu’on
(1) Velpeau, Méd. opér., tom. n, pag. 259. 1852.
23
ne pouvait plus trouver le vaisseau ouvert; mais eh
coupant les sutures, cela devient aussi facile que
d’enlever des tas de charpie imbibés de sang, qui
recouvrent la plaie dans l’autre pansement.
Nous n’avons point ici à faire l’apologie de la
réunion immédiate; ce que nous venons de dire
prouve assez quelles sont nos opinions là-dessus,
combien nous en comprenons tous les avantages
dans le traitement des plaies, et principalement
dans celles qui résultent de l’extirpation d’un sein
cancéreux ; dans lesquels cas une prompte réunion
est une condition indispensable pour la guérison de
la maladie.
Nous ne devons point passer sous silence un
moyen opératoire dont on a fait éloge , soit pour la
cure radicale des carcinomes, soit pour limiter et
circonscrire la tumeur et la rendre plus facile à
enlever : c’est la compression. Comme moyen de
cure radicale , nous doutons fort de son efficacité ;
mais, d’ailleurs, nous n’avons pas ici à nous en
occuper. Comme moyen préparatoire à l’opération,
les succès obtenus par M. Récamier sembleraient
devoir la faire adopter, et ce serait surtout alors que
la tumeur est fort étendue. Toutefois, cette com
pression, difficile à exercer pendant long-temps d’une
manière continue, cause de très-vives douleurs au
24 —
malade, et partant ne peut que l’affaiblir. En outre,
dans ces cas, il faut être avare des forces de celuici et les réserver pour un moment où, aidées de
l’opération , elles pourront être mises à profit d’une
manière plus utile.
Le manuel opératoire, dans la question qui nous
occupe, varie essentiellement d’après le mode de
pansement que l’on veut appliquer à la plaie qui
doit en résulter; aussi avons-nous exposé celui-ci
avant de dire un seul mot de celui-là. Maintenant
il nous restera à examiner quel doit être ce manuel
opératoire pour favoriser le plus possible cette
réunion , et il se trouvera déterminé par les règles
mêmes que nous aurons établies.
Il n’importe point de beaucoup ménager les
téguments dans les cas d’ablation du sein, surtout
quand ils sont un peu altérés, minces et d’une cou
leur rouge livide. Quand on a affaire à un sujet qui a
beaucoup d’embonpoint et chez qui la peau n’aura
pas de tiraillements à éprouver , la méthode de
conserver le plus de peau possible ne peut avoir
son application. Cette méthode n’a pour but que de
faire affronter les lèvres de la plaie : or, dans ce
cas, l’embonpoint permet toujours de réunir im
médiatement; d’ailleurs, cet affrontement est sans
résultats heureux, lorsqu’il n’a pas lieu dans toute
— 25 —
la profondeur des lèvres de la peau, car c’est ici
une des conditions pour une bonne réunion.
Les instruments les plus convenables sont: les
diverses sortes de bistouri, droit, boutonné ou con
vexe.
Les anciens, qui employaient la réunion médiate,
pouvaient faire les incisions de différentes manières,
et la forme qu’ils leur donnaient devait peu influer
sur leur mode de réunion; mais, pour la réunion
immédiate, la manière de tailler les lambeaux est de
la première importance. Ici, ils doivent être taillés
à pic, bien unis, de manière à favoriser le plus
possible l’affrontement des plaies : l’incision ellip
tique est celle qui remplit le mieux ces deux condi
tions, et partant celle qui doit être préférée. -Mais
quelle est la direction à donner à cette incision?
Ch. Bell et Gahrliep veulent qu’elle soit faite
verticalement; Desault conseille de la faire en
travers ; à cela, M.Velpeau ajoute qu’il y aurait de
l’avantage à la faire de haut en bas, et obliquement
de dehors en dedans, en suivant la direction des
fibres musculaires du grand pectoral.
a L’avantage de pouvoir placer plus facilement les
» moyens unissants, dans le premier cas (incision
» verticale), est plus que compensé par le risque de
» couper perpendiculairement les fibres musculaires,
26 —
» et de ne ramener qu’avec beaucoup de peine en
« dehors la portion sternale des téguments. Le
» second procédé exposerait aux mêmes incon» vénients, sans offrir les mêmes avantages. En
» conséquence, l’incision oblique , qui permet aussi
» bien que tout autre l’emploi des bandelettes, et
» qui laisse intacts les faisceaux du grand pectoral,
» ou ne les divise au moins que dans le sens de
» leur longueur, mérite la préférence qu’on lui
» accorde actuellement. »
M. Velpeau nous semble attacher une trop grande
importance à la section transversale ou oblique du
grand pectoral. Nous ne pouvons douter que la
forme de la tumeur ne doive principalement influer
sur la direction à donner à l’incision. Si, par exem
ple, l’on avait à enlever un sein dont la tumeur
cancéreuse eût un diamètre transversal ou oblique
de haut en bas et de dedans en dehors, plus
grand que l’oblique de haut en bas, et dans le sens
des fibres du grand pectoral, nul doute qu’il fallût
préférer une incision dans la direction de ce plus
grand diamètre. On éviterait ainsi une déperdition
de substance beaucoup plus grande, déperdition
qu’il faut toujours ménager chez les personnes
maigres, par les difficultés que l’on éprouve ensuite
à affronter les lèvres de la plaie. L’on doit, d’après
i
i
— 27 —
les conseils donnés par Desault, Boyer, etc , com
mencer par l’incision la plus déclive, pour éviter
la gêne que donnerait l’écoulement du sang. Ces
incisions doivent être faites de manière à embrasser
tout le mal et à trancher dans les parties saines.
Il ne faudrait point hésitera les refaire, si l’on
voyait ne pas avoir enlevé tout le mal.
Si la forme ou l’étendue de la tumeur ne permet
tait pas de faire une incision elliptique, il fau
drait choisir parmi les autres formes d’incision celle
qui doit offrir le moindre nombre des lèvres de
plaie, et partant la réunion immédiate la plus facile.
Si, enfin, les lèvres de la plaie ne pouvaient être
réunies immédiatement, il faudrait avoir recours
à l’autoplastie, dont il sera question plus bas.
Néanmoins, M. Lisfranc conseille de disséquer
la peau formant les lèvres de la plaie , en y laissant
adhérer le tissu cellulaire sous-cutané, dans une
certaine étendue, pour la ramener plus facilement
ensuite et pouvoir arriver à la faire confronter
avec celle du côté opposé. Cette manière de faire,
que nous voyons si bien réussir dans la cheiloplastie, ne peut avoir ici que de très-bons effets.
En un mot, il faut toujours choisir, parmi les
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méthodes qui peuvent être appliquées aux divers
cas d’ablation du sein cancéreux, celle qui doit
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28 —
amener le plus promptement une réunion immédiate
complète. Il ne se ramassera jamais des matières
dans le fond de la plaie, toutes les fois que les lèvres
de la plaie seront bien confrontées dans toute leur
profondeur : ainsi, on n’aura point à craindre la
résorption si redoutée de cette matière, qui, au
contraire, tendra à se porter au-dehors et trouvera
toujours assez d’espace pour s’écouler.
Quatrième Règle. — Préparer le malade.
Les préparations que l’on doit faire suivre au
malade, sont : 1° morales, 2° constitutionnelles ou
générales, et 3° locales.
1° Morales. Ces préparations sont trop ration
nelles et trop bien senties de tout le monde , pour
que nous ayons besoin d’en parler.
2° Constitutionnelles ou générales. Nous entendons
par celles-ci, les soins à donner à toutes les affections
morbides qui pourraient affecter ou menacer l’orga
nisme au moment où l’on va opérer : ainsi, de légers
évacuants serviront à maintenir les premières voies
dans un bon état; quelques toniques relèveront,
momentanément au moins, les forces du sujet. Les
moyens diététiques, plus ou moins bien combinés,
mettront le malade dans les meilleures conditions.
Toutes ces préparations, indiquées par une connais-
— 29 —
sance profonde de la médecine interne , ne peuvent
trouver ici de plus grands développements.
3° Locales. Celles-ci, plus du domaine de la chi
rurgie , se réduisent à peu de chose : nettoyer la
partie malade. Ce serait ici le cas de parler de la
compression méthodique, exercée pendant un temps
plus ou moins long, pour circonscrire la tumeur;
mais ce que nous en avons dit plus haut est suffisant.
Cinquième Règle. ■— Disposer les aides.
Généralement deux aides suffisent: l’un placé du
côté du chirurgien , lorsque le malade est sur son
lit, ce qui est le plus commode pour lui et pour le
chirurgien ; l’autre du côté opposé. Le premier fait
tenir au chirurgien tout ce dont il a besoin; l’autre
tend la peau ou la tumeur quand l’opérateur fait
les incisions.
Avant de rien entreprendre, il faut avoir disposé
sur une table tout ce dont on peut avoir besoin , et
pendant l’opération et après, pour le pansement.
Pour cela, il suffit de bien connaître quels sont les
accidents qui peuvent survenir pendant l’opération,
et le mode de pansement que l’on veut employer.
Sixième Règle. —Arrêter le cours du sang.
Par les incisions que l’on fait pour l’enlèvement
d’un sein, on est exposé, comme nous l’avons vu,
— 30 —
à ouvrir des artères qui donnent lieu à des hémor
rhagies qu’il faut arrêter. Les moyens que l’on a
pour cela sont : les ablutions avec une éponge im
bibée d’eau fraîche, la torsion des vaisseaux avec
des pinces, et enfin la ligature, que nous reconnaî
trons devoir être toujours faite avec des fils cirés.
Comme les artères que l’on divise dans celte opé
ration sont d’un assez petit volume , généralement
les ablutions ou quelques torsions suffisent pour
arrêter l’écoulement du sang ; mais on ne devrait
point hésiter à recourir à la ligature, si quelque
orifice artériel donnait une hémorrhagie un peu
abondante.
Il y a ici une question à se poser, savoir: si ces
torsions ou ligatures des vaisseaux artériels doivent
être faites pendant l’opération, au fur et à mesure que
l’on ouvre les vaisseaux, ou bien après que celle-ci
est terminée et que l’on va procéder au pansement.
A cela nous ne pouvons mieux répondre que
par ce qu’en disait M. le professeur Lallemand,
dans une de ses leçons de clinique , le mois dernier.
Il conseillait d’être avare du sang des malades lors
que ceux-ci offraient tous les symptômes d’une
adynamie grande; car, dans cet état, une perte de
sang, quelquefois très-peu considérable, pouvait
amener une syncope mortelle. II vaut mieux allonger
4
4
— 31 —
un peu l’opération et ménager les forces du malade,
si précieuses dans ce cas. Par-là on évite aussi de
laisser ouverts des vaisseaux qui ne donnent point
de sang par l’état de spasme général, mais qui plus
tard laissent écouler le sang, et produisent des
hémorrhagies inquiétantes quand on a déjà fait
le pansement. Toutefois, si le sujet était un peu
robuste, il y aurait de l’avantage à n’employer ces
moyens hémostatiques qu’après l’opération entière
ment terminée. On pourrait, par ce moyen , dans
quelques secondes, enlever un sein des plus volu
mineux. 11 serait toujours avantageux qu’un aide
intelligent portât le doigt sur les vaisseaux à mesure
qu’ils sont ouverts, et s’opposât ainsi momentané
ment à l’écoulement du sang.
Quant à l’hémorrhagie veineuse, elle n’est jamais
inquiétante dans ces sortes d’opérations, et ne mérite
pas même de fixer l’attention. M. Velpeau rapporte
avoir vu M. Roux , dans une opération de ce genre ,
blesser la veine axillaire, et un léger tamponnement
suffire pour arrêter l’hémorrhagie.
Telles sont les lois que l’on doit suivre dans l’en
lèvement d’un sein cancéreux ; mais là ne s’arrête
pas la tâche du chirurgien, et nous avons encore à
répondre à cette question :
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— 32 —
Quel mode de pansement doit-on appliquer à la plaie qui
résulte de l’enlèvement d’un sein cancéreux?
Nous avons déjà dit que cette plaie devait avoir
toutes les formes les plus favorables, pour que les
bords fussent maintenus le plus immédiatement
possible en contact. Ces conditions sont censées
maintenant être obtenues ; il ne nous reste donc plus
qu’à examiner les moyens de contention de ces
lèvres de plaie.
Cependant il peut se présenter des cas où cet
affrontement des lèvres de la plaie devient impos
sible , surtout chez les sujets maigres, par la grande
déperdition de la substance qui a eu lieu. De-là,
deux cas à examiner:
1° Des moyens de contention dans les cas d’affron
tement possible ;
2° Des moyens de pansement dans les cas d’af
frontement impossible.
I. Des moyens de contention dans les cas d’affrontement .
POSSIBLE.
Dans les cas d’affrontement possible, les moyens
de contenir les lèvres de la plaie sont : 1° la situation,
2° les agglutinatifs, 3° la suture, 4" les bandages.
1° La situation doit varier selon que la plaie est
— 33 —
verticale ou transversale : dans le premier cas, le
sujet doit être placé de manière à pencher son corps
du côté opposé au sein opéré ; dans le second cas,
le contraire devrait avoir lieu. Toutefois, ces posi
tions ne doivent avoir rien de gênant pour le ma
lade , qui, dans ces cas, étant dans une agitation
extrême, a souvent besoin de changer plus ou
moins de position. Par ce moyen, on met en contact
les lèvres de la plaie ; mais, pour les maintenir dans
ce contact, on n’y parvient qu’au moyen des agglu
tinatifs, de la suture et des bandages.
2° Les agglutinatifs sont généralement du diachylum gommé , que l’on coupe en bandelettes plus
ou moins larges. Ces bandelettes, qui doivent être
d’autant plus longues que la plaie est plus grande,
sont appliquées par moitié sur les bords de la plaie,
qu’un aide maintient en contact, et alors on les fait
entrecroiser sur cette plaie pour être accolées sur
l’autre bord ; elles doivent toujours être dirigées
perpendiculairement à la direction de la plaie, et
une petite distance doit être ménagée entre elles,
pour donner issue au plus ou moins de suppuration
qui a toujours lieu. Ces bandelettes, d’un si grand
usage daus la pratique, ont l’inconvénient d’irriter
la peau par la présence des matières qui les com
posent; aussi faut-il avoir soin , quand on les renou'
3
4
r
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— 34 —
velle, de bien laver ces parties, et même d’appliquer
sur la peau un linge fin enduit de cérat, pour em
pêcher ces bandelettes de porter de nouveau sur
ces parties.
Ces agglutinatifs ne suffisent pas toujours pour
maintenir les lèvres de la plaie en contact, ainsi
que nous l’avons vu une fois chez une personne d’un
grand embonpoint, chez qui, après avoir fait la
réunion par le moyen des bandelettes, tout se
détacha par un léger mouvement de la malade et
par le poids de la lèvre inférieure , qui, encore fort
grosse, retombait sur l’épigastre : l’on fut obligé
d’avoir recours à la suture. La même difficulté de
réunion pourrait provenir d’un cas opposé , c’est-àdire par la maigreur des parties ; et alors , dans ce
cas encore, il faudrait avoir recours à la suture.
3° La suture, dont nous nous abstiendrons de
décrire les différentes espèces, se fait avec des fils
cirés et des aiguilles de différentes formes, selon
les sutures que l’on veut faire. Celle dite à points
séparés, ou suture entrecoupée, nous paraît la plus
convenable dans l’opération dont nous parlons ; tou
tefois ce n’est que quand les bandelettes ne sont
point suffisantes qu’il faut y avoir recours, encore
peut-on aider celle-ci des bandelettes; ce qui peut
diminuer le nombre des points de suture que l’on
VI
-— 35 —
aurait à faire, par les moyens contentifs qu’elles
apportent.
Les agglulinatifs et les sutures elles-mêmes n’a
gissent que sur la peau ou les parties externes des
lèvres de la plaie ; et comme une condition des plus
importantes, pour éviter un épanchement de pus
dans la profondeur de la plaie et favoriser la réu
nion immédiate, est de mettre ces lèvres en contact
dans toute leur profondeur, il faut alors avoir re
cours aux bandages.
4° Les bandages consistent en des compresses
graduées, que l’on met en dehors de chaque lèvre
dans certains cas, et que l’on maintient au moyen
de quelques tours de bande ou même d’un bandage
unissant spécial ; toutes les parties qui pourraient
être blessées par l’appareil sont, au fur et à mesure ,
matelassées avec de la charpie fine ; enfin , le tout
est maintenu par un bandage de corps.
Cet appareil doit rester ainsi pendant six à huit
jours : pendant ce temps, il faut surveiller pour
qu’il ne se dérange pas. Et alors on peut faire le
second pansement, qui consiste à lever l’appareil,
nettoyer la plaie avec de l’eau tiède ; enlever les
points de suture faits à la peau et les ligatures faites
aux artères, lorsque les uns et les autres cèdent à
une légère traction exercée sur eux, soit avec les
— 36_
doigts, soit avec des pinces ; à réappliquer des ban
delettes agglutinatives et un bandage unissant et
contentif. Le troisième pansement peut être fait au
bout de quatre jours, et même plus tôt ou plus tard
selon les désirs du malade. Les mêmes soins sont à
observer quand la plaie commence à se cicatriser :
afin de faciliter cette cicatrisation, on peut tou
cher légèrement avec un crayon de nitrate d’argent
les bourgeons charnus qui paraîtraient un peu
fongueux.
II. Des moyens de pansement dans les cas d’affrontement
IMPOSSIBLE.
C’est principalement lorsque, par une trop grande
déperdition de substance, la réunion immédiate a été
impossible, que l’on voit se renouveler le cancer.
Frappé de cette observation, M. Martinet (de la
Creuse) eut l’ingénieuse idée de recourir à l’autoplastie pour obvier à cet inconvénient, et vit, pen
dant quatre fois de suite qu’il eut occasion de mettre
ses idées en pratique, le succès couronner ses es
pérances. Comme il est le premier qui ait fait l’ap
plication de l’autoplastie au pansement des plaies
résultant de l’opération dont nous parlons, nous
ne pensons pas pouvoir mieux faire pour décrire
ce pansement que d’emprunter ce qu’il en dit lui-
— 37 —
même dans une des observations qu’il publia dans
un mémoire.
........... .. « Il fut démontré pour moi que le cancer
» s’était reproduit pour la seconde fois. Le bistouri
»ne me semblait plus propre à combattre l’opinià«treté du mal. J’appliquai pour lors un petit mor» ceau extrêmement mince de potasse caustique, de
» préférence au cautère actuel et à la pâte arséni«cale, à cause du voisinage du cœur. Les douleurs,
» très-vives pendant quatre heures, se calmèrent
«insensiblement. A la chute de l’escarre, qui eut
«lieu le cinquième jour, j’aperçus des bourgeons
« charnus de bonne nature. Sans attendre plus long» temps, dans la crainte de voir encore reparaître
«cette terrible affection, je taillai sur le côté de la
» poitrine un lambeau bien nourri, de l’étendue et
» de la forme de la surface de la plaie, sur laquelle
» il fut appliqué à l’aide d’un mouvement de torsion
«imprimé à son pédicule. On fit quelques sutures
» sur la circonférence du lambeau pour obtenir une
«coaptation plus parfaite. Deux jours après, les
«points de suture furent enlevés; il y avait un com«mencement d’union du pourtour du lambeau aux
» tissus voisins. Lue ouverture ménagée à la partie
«la plus déclive laissait un libre passage au pus.
— 38 —
» Je fis une compression méthodique, en commeiï«çantsurle centre du lambeau et allant graduel«lement à la circonférence. Peu à peu la tuméfac
tion diminua, la suppuration se tarit; enfin, la
«réunion fut complète le 20e jour. Je coupai alors
« le pédicule du lambeau ; la cicatrisation de la plaie
» qui l’avait fourni s’opéra promptement, et le suc« cès a été au-delà de mes espérances. J’ai revu
«depuis très-souvent Mme. Daniaud : elle se porte
«à merveille; elle a recouvré son embonpoint et sa
«fraîcheur, et n’a plus éprouvé de douleurs dans
«les seins, pas même pendant une suppression de
« règles, qui l’entretint, mais en vain , pendant trois
«mois, dans la flatteuse espérance qu’elle allait
# devenir mère. J rois années se sont écoulées depuis
«l’opération, et la guérison s’est si bien soutenue
«que je suis convaincu qu’il n’y aura jamais réci» dive. » (Gazette médicale.^
Cette observation, la plus intéressante des quatre
que rapporte M. Martinet, nous présente un succès
qui mérite d’attirer l’attention du chirurgien. Nous
ferons une seule observation : dans les deux cas que
cite M. Martinet, de l’application qu’il a faite de
l’autoplastie au cancer du sein , il n’a cherché que
la réunion immédiate secondaire du lambeau, au
moyen d’une bandelette interposée entre le lambeau
39 —
et le fond de la plaie. N’y aurait-il pas de l’avan
tage, et la réunion ne serait-elle pas plutôt effec
tuée sans bandelettes?
M. Blandin, dans son Traité de Vauloplastie,
rapporte des observations qui viennent à l’appui de
celles de M. Martinet et relèvent l’importance de ce
mode opératoire. Celui-ci devrait-il mettre fin à la
terrible reproduction de cette maladie ?
RÉSUMÉ.
Nous avons dit quelles étaient les règles qu’il
fallait suivre dans l’enlèvement d’un sein cancé
reux; nous avons dit aussi quel était le mode de
pansement à appliquer à la plaie qui en résultait :
ainsi, nous avons répondu à la double question qui
nous était imposée. L’autoplastie par elle-mcme est
une opération , mais nous n’avions à la considérer
ici que comme moyen de pansement; aussi n’en
avons-nous parlé qu’en dernier lieu.
— 40
ANATOMIE ET PHYSIOLOGIE.
Des altérations principales du lait que l'on
peut constater à l'aide du microscope et des
réactifs.
Plusieurs de mes condisciples ayant eu à traiter
du lait sous divers autres points de vue , j’ai cru
trouver dans ce fait une nouvelle obligation de me
renfermer dans les termes de ma question; regret
tant que les limites d’une thèse ne me permettent
pas de considérer le lait sous ses nombreux rapports
thérapeutiques , et d’indiquer les cas nombreux
dans lesquels il est à la fois médicament et ali
ment si précieux. Et, en effet, il contient une sub
stance animalisée , le caséum; une matière grasse,
le beurre; un principe non azoté, d’une nature mo
bile, le sucre de lait, et du phosphate de chaux:
tous principes qui sont utiles, comme éléments
ï
réparateurs ou nourriciers de toute l’économie ani
male. Mais, comme alors il faudrait indiquer les
cas où il cesse d’ètre utile et où il est au contraire
nuisible, et que ces considérations m’entraîneraient
trop loin à cause de leur importance, je me bor
nerai à citer les deux aphorismes suivants d’Hip
pocrate , qui résument à peu près les effets théra
peutiques du lait et en déterminent l’emploi.
« Lac dare capite dolenlibus, malum; malum
» vero eliàm febrïcitantibus et quibus hypochondria
«elevata sunt murmurantiaj et sliculosis; malum
» aulem et quibus dejecliones biliosœ et quœ in acutis
»sunt febribus, et quibus copiosi sanguinis facta est
«ejeclio. Convenit verà tabidis non admodiim valdè
» febrïcitantibus lac dare j et in febribus longis et lan«guidis et nullo ex supra diclis signis pressente ,
» et prœter rationem quidem extenualis (1). »
Mais comme le lait ne convient pas dans la plu
part des cas mentionnés dans cet aphorisme, parce
qu’ils sont accompagnés ou produits par la présence
des saburres gastriques ou intestinales ; et que ces
matières, en altérant le lait, augmentent le foyer
d’irritation et de corruption, et qu’alors la maladie
s’aggraverait par l’usage du lait, Hippocrate a dit
j
(t) Aph. 6'i, sect. v.
— 42 —
encore , en parlant du lait : « Jmpura corpora, quô
magis nulriveris, eô magis lœdes (1). »
fontefois, ma question étant posée d’une ma
niéré abstraite , dois-je dire que je m’occuperai
particulièrement du lait de femme, dont il me
parait extrêmement important d’apprécier les bon
nes et les mauvaises qualités.
Galien , qui était justement pénétré de celte
vérité , en jugeait par le goût, l’odorat et la vue.
Il jugeait bon, celui qui était d’une saveur
douce et sans odeur ou d’une odeur agréable : il exi
geait qu’il fût blanc et d’une consistance moyenne.
Elle doit être telle , disait-il, que lorsque l’on en
prend une petite goutte, elle conserve sa forme
ronde sans couler. 11 regardait comme pernicieux,
celui qui était trop consistant ou trop séreux ,
inégal, et surtout celui dont le goût approchait de
l’amer ou du salé.
Primerose essayait le lait en en imbibant un linge
blanc, qu’il faisait ensuite sécher, et proscrivait
avec raison , celui qui donnait au linge une couleur
quelconque autre que celle qui est naturelle au
lait. Aussi, à cette époque, malgré qu’on sentit
toute l’importance de l’appréciation des bonnes ou
(1) Apli. 10, sect. ii»
— 43
des mauvaises qualités du lait, était-on obligé de
se contenter de probabilités.
Mais, aujourd’hui que les études microscopiques
et chimiques sont venues éclairer de leur flambeau,
on a pu déterminer d’une manière plus rigoureuse
quelles sont les principales altérations du lait sou
mis aux expériences.
Ainsi, M. Donné, si habile à se servir du mi
croscope et dont les succès ont rempli une lacune
importante, a expérimenté sur le lait de nourrices
accouchées depuis au moins un mois, et dont l’état
de santé et celui des nourrissons annonçaient un
lait de bonne qualité. Il a trouvé qu’un tel lait, vu
au microscope, offrait un grand nombre de glo
bules parfaitement sphériques, à bords noirs et
irréguliers, libres d’adhérences entre eux, bien
nets et sans mélange de corps étrangers, quoique
variés dans leur volume depuis ’/s00 jusqu’à ’/5o de
millimètre environ ; le plus grand nombre est de
grosseur moyenne , et ils sont proportionnés, de
telle sorte que l’on en voit de démesurément gros
à côté de très petits, et que le nombre des trèspetits est assez en rapport avec ceux de moyenne
grosseur.
Les expériences microscopiques de cet auteur
sur le lait de femmes récemment accouchées, lui
— 44 —
ont permis d’établir une grande différence entre le
lait dont il vient d’être question.
Le lait des nouvelles accouchées, qui est le colos
trum, et lui parait avoir une vertu purgative qui
le rend propre à évacuer le méconium de l’enfant
nouveau-né, n’a présenté que quelques globules
sphériques bien détachés les uns des autres ; mais
on y voit aussi des corpuscules granuleux, jaunes,
très-distincts des globules du lait, et un arrange
ment particulier de ces derniers globules, résultant
de la présence d’une matière muqueuse qui les lie
entre eux.
Cette différence entre le lait d’une nouvelle accou
chée et celui d’une femme accouchée depuis un
mois ou plus, mérite de fixer l’attention ; car, si
on retrouvait les éléments du colostrum à une épo
que plus ou moins éloignée de l’accouchement ( et
chez les bonnes nourrices le lait ne présente plus
de colostrum du dixième au vingtième jour), on ne
saurait douter qu’alors le lait ne soit plus ou moins
profondément altéré , et qu’il ne doive exercer une
action nuisible sur les nourrissons après un certain
âge.
Les nourrices qui présentent cet état particulier
du lait, sont celles surtout qui sont affectées d’en
gorgement du sein ou de toute autre maladie locale
ou générale, capable d’apporter un trouble dans la
sécrétion du lait. Chez la femme et chez les ani
maux, on peut produire de telles modifications du
lait, en le laissant s’accumuler dans les mamelles
pendant plusieurs jours et err produisant des engor
gements artificiels ; ce qui est une indication pré
cieuse pour le ramener à son état normal, soit que
l’accumulation trop long-temps prolongée du lait,
soit que des buses ou des vêtements trop serrés,
aient occasionné l’engorgement des mamelles.
M. Turpin (de l’Institut) a donné dernièrement,
dans son étude microscopique sur le lait, une
théorie ingénieuse fondée sur la constitution des
globules laiteux, et qui tendrait à expliquer le mode
de formation des engorgements de cette nature
d’une manière tout-à-fait différente. D’après ses
observations, le lait ne serait, contrairement aux
opinions précédemment exposées, constitué que
par un seul élément, une seule espèce de globules.
Les globules analogues à ceux du pollen des fleurs,
aux sporules des cryptogames et aux séminules
des conferves, se composeraient de deux vésicules
concentriques, dont l’interne, qui n’est que le re
doublement de l’autre, serait remplie par l’huile
butyreuse dans laquelle seraient en suspension des
globules caséeux, de même que dans les plantes
— 46 —
les granules élémentaires sont en suspension dans
les fovilla. Or, il arriverait pour eux ce que l’on
observe dans la fécondation végétale; c’est-à-dire
que, par le concours de circonstances favorables,
ces globules produiraient une expansion membra
neuse constituée par la rétrocession de la vésicule
interne, de laquelle l’huile et les globulins seraient
extravasés par endosmose ou déchirement. Mais si
par une cause morbide particulière ce développe
ment se produit à l’extérieur des glandes mammai
res , il arrivera que ces boyaux, s’entrelaçant l’un
l’autre, constitueront une masse dont l’expulsion
deviendra impossible.
Chaque globule laiteux peut être envisagé alors
comme un être indépendant, vivant aux dépens de
la substance au milieu de laquelle il se trouve,
et par-là enrayant les fonctions de la lactation. Ce
sera d’après ce naturaliste un phénomène analogue
à celui que présentent les prodromes de cette mala
die du bombyx connue sous le nom de muscardine,
et que l’on sait provenir du développement, dans
l’intérieur de l’animal, des sporules d’une espèce de
muscédinée, le botrytis bassiana. Ces sporules venant
à produire leur expansion ont formé par leur lacis
un obstacle à la circulation des fluides vivants, et
ont étouffé le ver.
— 47 —
Nous exposons ces idées, nous n’en prenons point
la responsabilité, laissant à ceux que des recher
ches semblables ont rendus compétents le soin de
les juger.
De même qu’au moyen du microscope on peut
apprécier d’une manière rigoureuse la richesse du
lait, qui est caractérisée par le nombre et l’abon
dance des globules qui sont toujours proportionnés
aux autres éléments substantiels de ce fluide , le
caséum et le sucre de lait; de même aussi on peut
déclarer qu’un lait est peu nourrissant, lorsqu’on
n’y découvre que des globules très-petits et rares.
Le microscope , faisant en outre apercevoir la
forme granulée des globules du lait, donne la
faculté d’y constater la présence du sang, lorsqu’il
s’y trouve mêlé, par la forme elliptique ou arron
die de l’hématosine qu’il fait découvrir. On pourra
également distinguer la présence du pus de celle du
sang à la forme anguleuse et cannelée de ses glo
bules.
De plus, à l’aide de l’ammoniaque concentré
et de l’éther, on pourra vérifier les faits que l’on
aura cru être en droit de constater , d’après les
investigations microscopiques; car, tandis que les
globules du lait résistent à l’ammoniaque, ils sont
extrêmement solubles dans l’éther ; et c’est préci-
A
48 —
sèment le contraire pour les globules du pus et du
sang.
Quant aux galactomètres construits sur les prin
cipes des pèse-liqueurs, ils sont à peu près inutiles
pour connaître si le lait qu’on vend dans les villes
est étendu d’eau, à moins qu’elle ne formât un tiers
ou un quart du liquide.
Mais si le lait est falsifié au moyen de farine ou
de fécule délayée dans de l’eau, on le reconnaîtra
facilement, en le coagulant à chaud par l’acide
sulfurique et versant dans le sérum filtré quelques
gouttes de teinture d’iode; il se développe de suite
une belle couleur bleue.
SCIENCES ACCESSOIRES.
-wk»Kxponer les lois «les attractions et répulsions
électriques.
On a observé que certains corps , l’ambre , le
verre , la cire d’Espagne , après avoir été frottés
contre du drap , avaient la propriété d’attirer de
petits corps légers, comme de petits morceaux de
papier, des poils de plumes d’oiseaux, etc.
Ce phénomène, observé par les anciens sur l’am
bre jaune, a été étudié spécialement par les mo
dernes sous le nom à?électricité (j-Xexrpov, ambre').
On a observé ensuite qu’une fois que le corps
attiré avait touché celui qui avait été frotté, si après
les avoir séparés avec certaines précautions ils étaient
encore rapprochés, au lieu de s’attirer de nouveau,
ils se repoussaient ; ce que l’on a expliqué en
admettant deux sortes d’électricité.
C’est la loi de ces attractions et répulsions que
nous avons ici à déterminer.
Coulomb a le premier démontré celte loi , au
moyen d’expériences faites avec un petit appareil
de son invention, dont voici la description :
Un fil métallique très-fin est fixé supérieurement,
— 50 —
y»
11» i
et libre inférieurement; à son extrémité inférieure
est attaché un petit poids, qui le lient dans une
direction verticale; immédiatement au-dessous de
ce petit poids est fixée une aiguille fine, en gomme
laque (corps isolant), au bout de laquelle est une
petite boule de sureau.
Cette aiguille se meut autour d’un cercle tracé
et divisé en degrés sur un cylindre en verre renfer
mant et protégeant tout l’appareil. A la partie supé
rieure du fil, en dessous de son point fixe , est aussi
une petite aiguille, qui se meut sur un petit cadran.
Enfin , sur les parties latérales du cylindre est une
autre petite boule de sureau, suspendue au moyen
d’un fil très-mince de métal (bon conducteur), et
qui va à l’extérieur du cylindre.
L’explication de l’action de ce petit appareil
repose sur la connaissance d’une autre loi démontrée
antérieurement par Coulomb : c’est que la force de
torsion est toujours proportionnelle à l’angle de
torsion qui est mesuré par l’aiguille supérieure. En
électrisant la boule de sureau supérieure, Coulomb
vit que la boule mobile était repoussée à 36°; mais
pour ramener la boule mobile à 18° seulement, il
fallut tordre le fil de 126°, dans le sens inverse à la
torsion et au delà de 0° ; lesquels 126° joints aux
18° en deçà de 0° font 144°, ou quatre fois 36°;
en d’autres termes , il fallut employer une force
quatre fois plus grande : d’où la force des attrac-
— 61 —
lions et répulsions électriques est en raison inverse
du carré des distances.
Voilà ce que tous les physiciens ont constaté, avec
Coulomb, pour les corps électrisés à l’état de repos ;
mais les phénomènes diffèrent pour ceux qui sont
soumis à des courants électriques.
Ampère a démontré que deux courants électri
ques s’attirent quand ils se dirigent dans le même
sens, et se repoussent quand leurs directions paral
lèles sont opposées. La même chose a lieu, quel
que soit l’angle des deux fils , droit, obtus ou aigu;
en sorte qu’il y a toujours attraction, quand les
courants des deux fils vont tous deux en s’éloignant
ou en se rapprochant du sommet de l’angle formé
par les deux fils , et répulsion , quand l’un va en
s’éloignant et l’autre en se rapprochant du sommet
de l’angle formé par les deux fils.
De plus , tant que dure l’action des courants
électriques , les corps électrisés restent unis ; tandis
qu’aussitôt après le contact, le phénomène de ré
pulsion se manifeste entre deux corps en repos et
électrisés contrairement.
' i^BLlÔTHFÔUE
FIN.
1
L A VILLE
-------------------------------------------------------- 1---- -- j
ERRATUM.
Pag. 15, l’alinéa commençant par ces mots : Manquant de
ces moyens, et finissant par ceux-ci : obtient du succès.,
doit être placé à la fin de la page 16.
FACULTE DE MEDECINE
DE MONTPELLIER.
0()-ï
PROFESSEURS.
Messieurs :
CAIZERGUES, Doyen.
BROUSSONNET.
LORDAT.
DELILE, Suppl.
LALLEMAND, Président.
DUPORTAL.
DUBRUEIL.
DELMAS.
GOLFIN.
RIBES.
RECH.
SERRE.
BÉRARD.
RENÉ,E.™«.
RISUENO D’AMADOR.
ESTOR.
.Clinique médicale.
(.Unique médicale.
Physiologie.
Botanique.
Clinique chirurgicale.
Chimie médicale et Pharmacie.
Anatomie.
Accouchements •
'.Thérapeutique el matière médic.
Hygiène.
Pathologie médicale.
Clinique chirurgicale.
Chimie générale et Toxicologie.
Médecine légale.
Pathologie et Thérapeutiquegém
Opérations et Appareils.
Pathologie externe.
Professeur honoraire : M. Aug.-PïR. DE CANDOLLE.
AGRÉGÉS EN EXERCICE.
Messieurs :
VJGUIER.
BERTIN, Ex.
B ATIGNE.
BERTRAND.
DELMAS fils.
VAILHÉ.
BROUSSONNET fils.
TOUCHY, Examinateur.
Messieurs :
JAUMES.
POUJOL.
TRINQUIER, Sup.
LESCELL1ÈRE-LAFOSSE.
FRANC.
JALLAGUIER.
BORIES.
La Faculté de Médecine de Montpellier déclare que les opi
nions émises dans les Dissertations qui lui sont présentées, doivent
être considérées comme propres à leurs auteurs, qu’elle n’enlend leur donner aucune approbation ni improbation.
Fait partie de Faculté de Médecine de Montpellier : Thèse pour le doctorat en médecine présentée et publiquement soutenue le 15 février 1840
