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solennelle des Prix aux Élèves de l’École Secondaire,
M1. Maine Brn\N, Sous-Préfet de l’Arrondissement,
accompagné du Corps Municipal et des principales Auto
rités, s’cst iendu à la Salle destinée pour cette cérémonie.
Une Assemblée nombreuse et brillante s’y trouvait déjà
réunie. A la vue des Élèves, rangés en Ampbitéâtre, dont
les figures animées manifestaient tour-à-tour l’espérance et
la crainte,
le désir et l’impatience d’entendre proclamer
leurs Noms, chaque Spectateur se reportait vers les doux
souvenirs du jeune âge , et prenait en ce moment des
sentimens de père.
Un Orchestre nombreux a fait entendre Pair chéri :
Où peut-on être mieux qu’au sein de sa famille ? Et
après un moment de silence le Sous-Préfet a prononcé le
Discours suivant :
Le jour où nous venons ici solennellement, au nom de
l’Administration publique , décerner des récompenses au
mérite, applaudir aux talents; encourager les efforts, signaler
les vainqueurs dans la noble carrière des études, et ceindre
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épreuve n’a rien d’effrayant pour celui qui dans toutes les
posifions de la vie, et au sein même d’une prospérité trom
peuse, a sçn conserver pur le feu sacré de l’étude et de la
vertu. Toujours égal à lui-même il portera dans la retraite
ce calme parfait qui l’avait accompagné dans le tumulte du
monde; les sciences et arts, l'amitié, sa famille, tout ce
qu'il y a de plus grand, de plus sacré, de plus aimable sur
la terre, rempliront encore son existence et le conduiront
doucement au 4ong sommeil qui la termine.
Jeunes Elèves! si ce tableau bieu incomplet, sans doute,
des ressources, des consolations et des jouissances que donne
l’étude à ceux qui s’en sont fait, d’assez bonne heure, un goût
de prédilection, pouvait avoir frappé vos âmes tt excité une
partie du sentiment que je voulais y réveiller, je serais
satisfait, je jouirais moi-mênie du bonheur vrai et solide
dont il dépend de vous d’entrer en possession dès aujourd'hui,
et qui doit encore étendre son influence sur la longue carrière
à l’entrée de laquelle je vous vois placés.
Elèves de Maîtres bons et éclairés qui ont sçn vous faci
liter l’entrée des sciences et des lettres, en écarter les aspérités,
vous attirer par des formes douces et agréables, placer dans
vos mains ces méthodes heureuses et faciles,qui sont comme
des leviers parfaitement appropriés aux moyens du jeune
âge, et à l’aide desquels l’Enfant satisfait soulève des masses;
il ne vous reste plus qu’à marcher en avant avec une ardeur
nouvelle, avec un goût encore plus décidé pour les objets
mêmes de ces études, où vous trouverez sûrement le plaisir
; si vous savez l’y chercher.
Souvenez-vous que l’étude est en effet de toutes les occu
pations, celle qui procure à ceux qui s’y attachent les plaisirs
les plus sûrs, les plus honnêtes, et aussi les plus doux et
les plu» attrayants : plaisirs .propres en tout temps, à tout
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âge, en tous lieux, qui se suffisent en eux-mêmes, s’accrois
sent par l'habitude, et restent seuls pour nous consoler, quand
tous les autres nous échappent.
« Les lettres, dit l'homme du monde'qui en a le mieux
» connu la valeur, nourrissent et forment la jeunesse, servent
« dans l’âge mur, réjouissent dans la vieillesse; elles consoleut
« dans l'adversité, et rehaussent le lustre delà fortune dans
» la prospérité, nous amusent a la campagne, nous délassent
« et nous charment dans les voyages ».
L’étude des lettres est le seul remède contre l’ennui, ce cruel
poison de la vie des gens oisifs, mal affreux et indéfinis
sable qui dévore les hommes au milieu des dignités, des
grandeurs et de tous les vains plaisirs du monde; elle remplit
tous les vides de l'existence, comble pour ainsi dire tous
les abymes de l’ârac humaiue; elle vivifie l’esprit en même
tems quelle épure le cœur; et en rendant l’un plus éclairé
elle rend l'autre plus aimant.
Jeunes-gens assez heureusement nés pour avoir déjà acquis
cc goût précieux, gage de tous vos succès dans Pavenir,
préservatif puissant contre tout ce qui pourrait menacer
votre belle existence; ah! repétez tous les jours de la vie
le vœu d’un de nos Poètes, que cette noble passion pour
l’étude éleva le plus haut parmi ses contemporains; dites
comme Voltaire et avec le même élan.
* Dieu des Êtres pensans , Dieu des cœurs fortunés ,
» Consorvcz-moi les goûts que vous m’avez donnés;
» Ce goût du vrai, du bon, cette ardeur pour l’étude,- .
» Cet amour des beaux Arts et de la solitude ».
Souvenez-vous aussi qu’ou ne peut s’arrêter dans la Carrière
des Sciences sans déchoir, les Muses ne font cas que de
ceux qui les aiment avec passion.
Ils l’éprouvaient cette passion dans tonte son énergie, ces
Génies dont les noms immortels se transmettront, avec les
Fait partie de Programme de la distribution des prix de l’École secondaire de Bergerac
