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A MONSIEUR LE MARQUIS DE****
fur une Lettre anonyme prétendue écrite a M.
Je Comte de Bonneval , au fujet du Procès de
NI. le Baron de Laftours, contre M. le Marquis de
la Douze.
Il ne m’eft plus poffible de reftfter à l’cmpreffiement , que vous
me témoignez de fçavoir mon fentiment , fur la Lettre anonyme
au fujet du procès de M. le Marquis de la Douze , contre M. le
Baron de Laftours , &. fur le détail que vous me demandez du
droit refpedif des parties , des faits & circonftances véritables de
ce procès 5 quelque infiruit que j’en fois , la difficulté de vous expofer toutes cescbofesj dans une lettre avecla fiœplicité & l’exac
titude neceflaire, & de combattre en même tems un ouvrage auffi
fingulier que la lettre anonyme , a été la feule caufe de ma longue
refiftance : mais puis qu’il cft queftion de vous fatisfaire à quelque
prix que ce foit , j’ai pris le parti de faire des renvois aux bas des
pages , pour être moins fujet aux difgreffions , & pour donner plus
de clarté au compte , que je vais vous rendre tout naturellement
de cette affaire.
A la première leélure que j’ai entendu faire de la lettre anony
me , plufieurs perfonnes qui êtoient préfentes , penferent dabord
que l’Auteur quel qu’il fut, avoit eu la malignité, d’en vouloir
détourner le foupçon fur Mr. le Marquis de la Douze , foit par
le nombre des préjugés qu’elle renferme contre M. le Baron de
Laftours , foie par les aveux honteux & humilians qu’on y fait
/
I
2
Je fus cependant bien éloigné en mon particulier , d’en porter
un pareil jugement i car quoique cette Lettre foit écrite avec un
ftile bas & groffier , plein de barbarilmes , d’expreffions impropres
& de fades plaifanteries , les alterations de faits , les calomnies ,
& les impoftures dont elle eft remplie à l’avantage de la caufe
de M. de Laftouts , me firent penfcr que l’unique bût de ce li
belle » étant de relever fes droics, & de déprimer ceux de M. le
.Marquis de la Douze : il falloit que quelque parent, ou quelque
ami indifetet du premier , f’eûc hafardé dans le public pour
lui en faire l’aveu en fecrec dans la luite , fuppofé qu’il y aplaudit.
Malgré le defordre qui régné dans ce libelle , je vais cependant
tâcher de le fuivre , en commençant dabord par fixer le véritable
rang que tient M le Marquis de la Douze dans la généolagie ( A )
de cette maifon , rang que l’anomyme a non feulement affede
d’oublier , mais dont il a voulu caprieufement d’étourner l’idée {8 )
& qui fait néanmoins le véritable fujec du procès.
JEAN
Premier.
JEAN
Second.
PIERRE
Premier
GABRIEL
Premier.
( 4 ) L’anonyme n’avoit qu’à lire Ja préface de l’armorial de M. d’Hozier, il aurait vû que
la généalogie de la maifon de la Douze a été donnée fans l’aveu de M. le Marquis de le Dou
ze, qui aurait pu la garantir de beaucoup de fautes ; on ne donne ici que la partie de la genéolagie qui ell nécelfaire pour l’intelligence du procès.
( 8 ) L’anonyme dit en plufieurs endroits que Jm» - Fr«>£«û m«r»/<ww tnfans émit U dernier
du nem.
JEAN I.
JEAN II. inftitua pour heritier Pierre I. fon fils.
PIERRE I. inftitua Gabriel I. fon fils aine.
GABRIEL I. inftitua Charles Ion petit fils.
GABRIEL II. inftitua le même Charles fon fils.
CHARLES inftitua Pierre II , qui répudia fon hérédité.
PIERRE II. laifla Jean-François mort /ans enfans , qui re«
pudia leshercdités de Pierre 11. & de Charles fes pere ôt aïeul.
Toutes ces inftitutions ont été faites , avec charge de lubftitution greduelle &c perpétuelle, à l’exception de celle de Jean fécond,
que l’Arreft de 17 1 5 a déclaré finie fur la tête de Gabriel fécond
Ion arriéré petit fils.
François David aïeul paternel de M. le Baron de Laftours ,
époufa Charlote d’Abzat de la Douze fille de Charles > de forte
que M. de Laftours , qui voudroit repréfenter feul aujourd’hui la
maifon de la Douze , ne defcend que d’une fille cadette de Char
les cadet lui-même de la maifon de la Douze.
Tandis que Jean quatrième , aujourd’hui Marquis de la Douze»
defcend en ligne diteéle mafculine de Gabriel premier par Pierre
fécond fon fils , & qu’il eft par confequent l’ainé de la maifon de
la Douze , & le feul habile en cette qualité à recueillir , par l’entremife de Jean troifiéme fon pere , les fubftitutions mafculines
de cette maifon.
Les droits de Pierre premier & de Gabriel premier dans la dire&e , appartiennent donc inconteftablement à M. le Marquis de
la Douze , comme heritier de Jean troifiéme fon pere ; ceux de
Pierre fécond & de Jean - François , dans la collateralle , lui ap
partiennent également , parce qu’il eft heritier teftamentaire du
dernier , par la remife du fidei-commis , qu’il avoit fait en fa faueur à Mademoifelle de Clermont. ( A )
M. le Baron de Laftours prétend de fon côté , que les droits
de Gabriel fécond lui appartiennent , ( b ) mais les heritiers d'Yriex Dupuy de Laforeft , lui conteftent cette hérédité, qui com
prend celle de Jean fécond ; de forte que s’ils viennent à faire dé( A ) Mademoifelle de Clermont étoit chargée par un fidei-commis verbail . de remettre la
Terre de la Douze à M-le Marquis de la Douze , elle le referva la joiiifïance d’une année de
cette Terre , pour gratifier les domelliques du feu Marquis de la Douze : cependant l'anonyme
a l'impudence d’avancer que M. le Marquis de la Douze Ara/wa non feulement ds tous 1er bimt
de la maifon, mais encore «««ou» les titrer tir-papiers, tandis que l’inventaire fait foi qu’il n’y en
avoit aucuns, & qu’il ell prouvé par une information de Pierre fécond fils de Charles, que fa
mere & là fœur avoient pillé la maifon & enlevé les papiers , puilque l’Arretl qui intervint or
donne quelles les remettront & fe purgeront par ferment. Par autre Arreft lignifié le 6. Sep
tembre 1690. il eft également ordonné que Mr- & Madame de Rouffille fe purgeront par'lèrmenc & remettront à jean-François les papiers de fa maifon. On ne lçait fi ces Arçefts ont été
exécutés.
( B ) M- de Laftours pcétendoit dabord avoir les droits de Jean fécond, de Gabriel fécond & de
Charles; l’Arteft de 171Ç. déclaré la fubftituciqn des biens de Jean fécond , finie fur la tête de
Gabriel fécond ;& Mrs. Dupuy de la Foreft prétendent, que la fubftitution de Gabriel fécond
les regarde plus particulièrement, comme defcendans de Jeanne fa fille , & par confequent plus
proche que Charlotte fa petite fille • à l’égard de l’heredité de Charles, elle fut dabord répudiée
par Pierre fécond fon fils, par Jean-François fon petit fils , Sr eufuite par Mr. de Laftours luimeme : il faut fans doute que cette hérédité foit bien onereufé.
A z
,’v
cider cette queftion eu ieurfaveur , queftionqui a déjà eftuïé trois
partages coui’ecutirs , M. de Laftours na plus rien à prétendre
dans les biens.de la maiion de la Douze.
Les prétentions de Jean iroifié.me ptre de M. le Marquis de la
Douze , fur l’heredité de Gabriel premier , furent reconnues fi
légitimés par Charlotte d’Abz.at de la Douze aïeule de Mr. de
•Laftours , 6c par feu M. de Laftours Ion perc , que les benteneçs
aiburalles de 1700- 6c 1701 , qui furent rendues à ce fujet , 6c
qui fixent les droits refpcdifs des parties , à l’égard de cette héré
dité furent acceptées , homologuées 6c fuivies d'une police de
1 701, par laquelle , ils lui cederent la Terre de la Douze , dont
M le Marquis de la Douze Ion fils , étoit déjà en poffeffion , par
la remue que lui en avoit fait Mademoifelle de Clermont.
11 eft vrai que M. de Laftours a prétendu dans la fuite » qu’il
pouvou le dilpenier d’exécuter cette police s par la répudiation
de 1 hérédité de fon pere ( A ) et c’eft fur ce fondement qu’il a
demandé la remile (B) de la Terre de la Douze, mais pour juftifitjr
que cette répudiation d'heredité eft une illufion de fa part , ûn
rapporte deux Arrcfts des 21. juillet 1731 , & 13. Août 1734.,
par le/quels il a été déclaré heritier nécefiaite de fon pere , & con
damné à païer des creances légitimés de cette hérédité , qu’il refufoit d’acquitter fur le pretexte de cette répudiation.
11 feroit abfurde que Mr de Laftours prétendit à l’heredité de
Gabriel fécond , comme heritier de fon aïeulle 6c de fon pere, ne
pouvant y prétendre à d’autre titre , puis qu’il n'eft pas dans le
degré de cette (ubftitutiou , & que parla feule répudiation de
l’heredité de fon pere , il fc crût difpenfé d’exécuter la police de
1702. par laquelle ils ont cédé l’un & l’autre la Terrre de la Douze
Il eft évident qu’il ne peut foûtenir un pareil paradoxe , qu’il
eft forcé d’opter d’étre , ou de n’étre pas leur heritier , 6c que
fous quelqu’une des deux qualités qu’il fe prefente , il ne peut
contefter à Mr. le Marquis de la Douze la propriété & la pof
feffion de la Terre de la Douze , qui lui font légitimement ac■ quifes par la police de 1701.
Enfin , MONSIEUR , quoique les droits de Pierre premier,
Gabriel premier, Pierre fécond ce de Jean-François , appartiennent
inconteftablement à M. le Marquis de la Douze, comme je l’ai déjà
obfervé , il ne poftede cependant de tous leurs biens que la feule
Terre de la Douze , que l’aïeulle 6c le pere de Mr. de Laftours
cederent à fon pere , pour les droits de Gabriel premier , & M. de
(
A
) L’anonyme dit en plufieurs endroits
l'aiculle & le ptre de Mr. de lafieun , ne pou-
zoicrls pat ceaer à Mr. le Martjuii de la Dow^e La Terre de la Doutée , attendu la fubftiitttion de Gabriel fé
cond faite en faveur de Mr. de lafsun ; mais ou il fe trompe, ou il ment groftîerement, Mr- de Laf-
tours n’eft point dans le degré de la fubftitution dudit Gabriel fécond : Charles fon fils étoit
fnftitué . Pierre fécond fils de celui-ci failoit le premier degré , jean-François fils de Pierre
fécond faifoit le fécond , Charlotte aïeulle de Mr- de Laftours faifoic le troilîéme > & feu Mr.
.de Laftours fon pere failoit le quatrième.
2 ( B ) L’anonyme dit au commencement de fa Lettre ,queMr- le Marqüis de Ladouze « été
condamné a être dépoffedé de la Terre de ta Dity . avec reftitution de fruit’ , dans le tenis que Mr de Lafrours au contraire , par Arreft du £9. Juillet 1717-, a été déboûté de la demande qu’il avoir
faite d’étrs mis en pdfl’elBon de cette même Terre.
Laftours
Laftours poftede tous les autres biens de cette maifon ", ou repré
sente ceux qui les ont aliénés , de forte qu’il doit remettre encore
à Mr. le Maïquis de la Douze , tous les droits de Pietre premier,
Pierre fécond & Jean François , avec reftitution de fruits } c’eft:
précifcment ces droits , que la derniere fentence aibitralle a liqui
dés à la fomme de 107000. livres.
Je crois maintenant , MONSIEUR. , avoir fuffifemment levé
le fequeftre , que l’anonyme avoit vonlu mettre fur le nom de la
Douze , non feulement en établiflant , comme je l’at fait , la
defcendance direéie de Mr. le Marquis de la Douze , mais en
core en faifanc connoître , à quels titres il poftede la Terre de ce
nom , en voit également par là le ridicule du fequeftre prétendu
néceftaire fur les revenus de cette Terre, puis qu’il feroit au con
traire rrès - avantageux pour Mr.de Laftours , qu’il eût été mis
tant fur la Terre de Laftours , que fur toutes les autres Terres 8c
biens aliénés de cette maifon , pour lui faciliter aujourd'hui le
paiement de la fomme de 207000. livres à laquelle il a été con
damné par la fentence arbitralle , en faveur de Mr. le Marquis de
la Douze.
Aïant fatisfait , MONSIEUR. , avec le plusd’exa&itude & de
brièveté qu’il m’a écé poffible , à ce que vous fouhaittiez d ap
prendre du droit refpedif des Parties , il n’eft plus queftion main*
tenant , que de vous mettre au fait, des différens événements >
que cette affaire a éprouvé dans la médiation , 8c qu’elles en ont
été les fuites } je luis cependant forcé , de rétablir par préalable ,
une époque que la mauvaifc foi de l’anonyme a voulu confondre,
car je le trouve à tous les pas que je fais , en défaut contre le bon
fens & contre la vérité.
En 1718. Mr. de Combabeffoufe , aujourd’hui fous-Doïen du
Parlement de Bordeaux , étoit comparateur dans la caufe d’Ytiex
Dupuy fur la fubftitution de Gabriel fécond, parce que cette affaire
cftuïa lors trois partages confécutifs, comme je l’ai déjà dit , il
plaît à l’anonyme , d'avancer que l’efpoir que ce Magiftrat conçue
de marier fa fille avec Mr. le Comte de la Douze , lui fit ima
giner un fophifme , en faveur de cette caufe , mais quand on
voudroit mettre à l’écart la probité fcrupuleufe de Mr. de Conibabeffoufe fi généralement reconnue , à qui perfuadera-t’on que
Je mariage de Mademoifelle fa fille eût été arrêté dans ce teraslà ? Cette Denaoifelle n’avoit alors que fept ans j il eft d’ailleurs
de notoriété publique , que ce fut Mr. Boucher Intendant qui
penfa ce mariage , après la mort du fils unique de Mr. de Cornbabeffoufe , 8c qu’il ne fut fait qu’en 1728. dans le cours de deux
ou trois mois.
L’anonyme en parlant fi indifcretemenc de ce mariage , n’a pas
connu toute la force du préjugé qu’il donne fur la folidité des
droits 8c des prétentions de Mr. le Marquis de la Douze : Mr.
de Combabeffoufe connoiffoit cette affaire à fonds , puis qu’il
étoit compartiteur , fa fçience & fes lumières ( ) ne lui auroient
( A ) L’anonyme convient que la fçience & les lumières de ce Magiftrat, lui avoient attiré
beacuoupde crédit dans le Parlement, il auroit dû ajourer une très-grande probité , fans la
quelle les deux autres avantages font moins propres à s’acquérir du crédit, qti’à fe faire crain
dre & méprifer.
A
pas permis de donner fa fille , qui par la mort de ïon ftere êtoic
devenue un parti fi confidetahle , à Mr. le Comte de la Douze ,
s’il avoit vû que Ton procès peut être lufceptible du moindre dou
te & de la plus petite difficulté.
Madame la Marêchalle de Berwik, qui êtoit à Bordeaux dans
le tems que Mr. le Marquis de la Douze Ôc Mr. le Baron de Laf
tours plaidoient le plus vivement , propofa de mettre cette affaire
eu médiation , prit la parolle des Parties, & leur donna pour mé
diateur Mr. le Marquis de la Trefne, dont les lumieïes , la probi
té & la piété étoient fi généralement reconnues , que je puis dire
hardiment que l’anonyme eft le feul qui ait ofé médire d’un hom
me auffi rcfpc&ablc , il fut accepté des deux parties , qui lui don
nèrent pouvoir de les juger , ou de les faire juger par qui bon lui
fembleroit , c'eft contre toute vérité que l’anonyme avance , qu’
on en exclut les Avocats de Bordeaux , chacun lui remit fon fac
& fes interets , fans aucune reftridion , il fut feulement convenu,
qu’on inftruiroit le procès, comme fi on plaidoit au Parlement,&
chacune des Parties dépofa une lettre de change de 4000. livres
pout la peine du dédit, fc pour être remifes l’une & l’autre à la
partie qui figneroit le jugement au préjudice de celle qui refuferoit de le ligner.
Depuis ce tems là Mr. de Laftours , comme le dit l’anonyme,
occupé pendant plufieurs années d’autres affaires , abandonna
celle ci , Mr. le Marquis de la Douze en procès à Paris contre M,
le Maréchal de la Feüillade , retira fon fac des mains de Mr. le
Marquis de la Trefne pour faire travailler les Avocats de Paris :
cette affaire aïant beaucoup de connexité avec celle de Mr. de
Laftours , voilà ,MONSIEUR, les véritables caufes de l’armiftice de quatorze ans.
A près ce long délai, M. de Laftours propofa M. d’A lbeflard Lieu
tenant Général de la Senéehauffée de Guienne , pour nouveau Ju
ge & médiateur -, M. le Marquis de la Douze répondit*non feule
ment , que M. d’Albefiard avoit été confulté comme Avocatimais
qu’il ne convenoit pas d’abandonner le projet & le médiateur refpeftable , que Madame la Maréchalle de Berwik leur avoit donné.
Cette réponfe êtoit trop judicieufe pour fouffrir de répliqué i
on renouvella donc alors les lettres de change qui étoient furannées , & chacune des Parties défendit fa caufe par une grande
Requête & récapitulation du procès.
Enfin les Arbitres aïant vaqué , la Sentence arbitralle étant en
état d’étre préfencée aux Paities pour la figner, & Mr. le Mar
quis de la Trefne les en aïant informées, M. le Comte de la Dou
ze & Mr. de Laftours , fe rendirent à Bordeaux , & prirent jour
pour aller chez M. de la Trefne , apprendre quel étoit le JugementL’aflemblée étoit compofée de Mrs. de la Trefne pere & fils, de
Combabefloufe , de Pichard , de la Douze & finalement de M.
de Laftours , qui commença dabord par propofer de figner le Ju
gement fans le lire ,
on lui répondit, qu on ne fignoit point
(A )
de b Trefne avoit dit dès le matin aux Parties le nom des Arbitres , Mr. de Laftours
ne pouvoir faire un éloge plus flateur & moins fufpeét de la grande réputation de probité de
ces deux Avocats qu’en demandant qu’on fignat le Jugement qu’ils avoient rendu avant'd'en faire
«lecture.
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ce qu’on ne connoifloît pas, que ce feroit unmoïen de revenir con*
tre le J ugement, il demandalors.que puis qu’on ne pouvoit pas le
figner . avant d’en avoir fait la ledure , qu’on le fignat,du moins
dabord après qu’elle en feroit faite , &, que celui qui refuieroic
perdit la lettre de change.
Mr. le Comte de la Douze répondit à cette propofition , que
Mr. de Laftours auroit trop d’avantage fur lui , qu’il n’avoit nulle
connoiffance de cette affaire , que fi Mr. le Marquis de la Douze
fon pere , étoit préfent, il pourroit prendre fon parti fur le champ,
mais qu’il demandoit que l’une des Parties emportât le Jugement
pendant vingt-quatre heures , qu’au boût de ce tems-lâ , elle le
remettroit à l’autre Partie , & qu'après l’expiration des deux fois
vingt quatre heures , ils fe rendroient chez Mr. de la Trefne pour
figner .• St qu’alors celui qui refuferoit de figner, perdroit la lettre
de change de 4000. liv. qu’il venoit de configner ; il ajouta que
fi Mr. de Laftours craigooit que pendant ce tems il ne prit desarrengemeos pour ne pas païer la lettre de change , dans le cas
d’un refus de fa parc de figner , qu’il donnoit parolle d’honneur
devant Mrs la Trefne , qu’il ne fairoit rien diredement ou indirec
tement , qui tendit à empêcher le paiement de la lettre de chan
ge , qu'il promettoit au contraire de la païer fur le champ.
Mr. de Combabefloufe prenant alors la parolle dit, que peur
ôter à M. de Laftours tout fujet de fufpedion , s’il en avoit quel
qu’une , il alloit faire apporter 4000 livres en argent comptant,
Mr. de Laftours répondit alors , qu’il ne pouvoit pas prendre cet
engagement, parce qu’il n’avoit pas les 4000. Iiv. comptant , mais
qu’il prcnoit celui qu’avoit propofé M. le Comte de la Douze , SC
qu'il donnoit également fa parolle d’honneur à Mrs de la Trefne
de ne rien faire diredement ou indiredement qui tendit à empê
cher le paiement de la lettre de change , & qu’afsûrement il n’y
manqueroit pas,
La leduie de l’avis arbitral finie , Mr. de Laftours emporta le
Jugement , il le fit remettre à la vérité à Mr. le Comte de la
Douze après les 24. heures expirées } mais au lieu de fe rendre
le lendemain chez Mr. de la Trefne , il lui fit faire un acte , pour
le fommer à ne pas fc deffaifir de la lettre de change .• Mr. le
Comte de la Douze averti à tems de l’ade qu*ôn méditoit de fai
re , fe rendii chez Mr. de de la Trefne , & figna l’avis arbitral : M.
de Laftours de fon côté partit de Bordeaux dès le lendemain fans
avoir voulu païer les Arbitres ; Mr. de la Trefne le voïanc parti,
dit alors qu’il les païeroit de fon argent fi on ne vouloic pas les
païer , mais Mr. le Comte de la Douze païa le tout , fans avoir pft
encore depuis ce tems là , être rembourfé de la moitié de Mr. de
Laftours.
Mr. le Comte de la Douze aïant commerce la lettre de Mr. de
Laftours au Sieur Raphaël Banquier , elle paffa enfuite entre les
mains du Sieur Michel , eelui-ci la fît provefter Se obtint condam
nation à la bourfe ; Mr. de Laftours revint à Bordeaux & s’empreffa de prier Mr. de Pichard beau frere de Mr. le Comte de la
Douze , d’engager le Sr. Michel de furfoir fes pourfuites , protefB 2
tant qu’il vouloit fincerement finir cette 'affaire i fous ce leüre il
arrangea & dreffa fa batterie pour faire un procès dans les formes
à Mr de la Trefne pour avoir remis la lettre de change à Mr. &
Pichard , pour parvenir à (on deffein , il prelenta une cedulle
évocatoire.
Cependant cette cedulle ne pouvoit pas avoir lieu , non feule
ment parce que Mr. le Marquis de la Trefne n’avoit pas dans le
Parlement le nombre des parens requis par la derniere Ordonnan
ce , mais encore parce que Mr de Laftours avoit manqué aux
formalités prefetites par cette même Ordonnance.
De forte que le Parlement donna un Arreft , qui confirma con
tre lui la condamnation de la Bourie ; cet Arreft aïant déconcerté
tous fes projets, i, s’évada promptement de Bordeaux, & par
conféquent il ne fut plus queftion du prétendu accommodement
dont il n’avoit amufé Mr, de Pichard , que pour être en sûreté à
Bordeaux
Voila , MONSIEUR , des faits bien différens de ceux qui
font rapportés à ce fujet dans la Lettre de l’anonyme : il eft ce
pendant ici forcé d’avotier , que tout Bordeaux , & même M. le
Chancelier trouvèrent le procédé de Mr. de Laftours à l’égard de
la lettre de change , très-odieux ôc très irrégulier,fans qu’il puiffe
donner la moindre raifon pour le difculper.
En effet qui auroit pu trouver mauvais que Mr. de la Trefne fît
ce que tous les médiateurs font & doivent faire en pareil cas ; M.
de Laftours eft peut être le premier qui a ofé prendre à partie un
Arbitre , qui remet les gages du dédit à la partie acquiefçante , ôc
1’aoteur de la lettre le premier , qui aïe traitté d’attentat la pourfuite légitimé que fait le porteur d’une lettre de change contre
fon debiteur.
N’eft ce pas délicateffe de la part de Mr. le Marquis de Ja Dou
ze , de faire paffer une lettre de change dans les mains d’un Ban
quier, plutôt que d’en pourfuivre lui même le paiement contre un
Gentil-homme ? J’ignore s’il a voulu faire arrêter Mr. de Laftours
ou fi c’eft Miche! , tout ce que je fiçais , c’eft que fi j’étois à la
place de Mr- le Marquis de la Douze , j’aurois fait tout ce qui
m'auroit été poffible afin qu'il n’échapac pas 5 car il eft cerrain
qu'il eft toujours refponfable de cette lettre de change , comme
l’a très-bien remarqué l’anonyme, peut être même que voici rap
prochées , les deux feules vérités fans alteration contenues dans
tout fon ouvrage,
r Car a-t’il pû fe flatter de perfuader à quelqu’un , que Mr, le
Marquis de la Trefne ait chargé un marchand épicier de nommer
des Arbitres : dans le tems que Mr. le Préfident de la Trefne fon
fils alors Avocat Général étoit fur les lieux , de quel front enco
re ofe-t’il avancer , que l’un des Arbitres a cté. Secrétaire de Mr.
de Combabeffoufe , tandis qu’une atteftation du Barreau pouvoit
prouver le contraire , ôc que je fiçais que Mr, le Marquis de la
Douze eft a&uellement faifi d’une pareille preuve • je fçais auffi à
"n’en pas douter que l’un & l’autre Arbitre , font trop âgés , pour
que la calomnie de l’hiftoire galante qu’il a voulu infinuer , puiffe
avoir
9
avoir lieu ! Que pecfer donc de la réalité du prétendu dialogue
entre Mr. de Laftours & Me. Terrafton , puis qu’il eft fondé ( &:
ptécedé par une fl grande foule d’impoftures , qu’on fc lafle de
les rélever.
Mr. de Laftours voïant que les Avocats du Parlement de Bor»
deaux irouvoient Ion procédé & fa caufe fl déplorables , qu’ils refufoient de prêter leur miniftere pour les défendre , (B) fe déter
mina d’évoquer le procès à un autre Parlement où il feroit moins
connu ; Mr. de la Douze , qui auroit été bien aifc , comme tout
autre l'auroit été à fa place , de plaider comme on dit dans fes
propres foïers , plutôt que de fe déplacer , convint cependant de
parentés qui fervoient de prétexte pour pourfuivre l’évocation ,
& fe défendit fur la forme à laquelle M. de Laftours avoit manqué.
Pendant le cours des difficultés que cette évocation éprouvoic
au Confeil , Mr. le Comte de la Douze fuc paffer quelques jours
à Lanmary , M. de Laftours qui étoit alors dans le voifînage chez
Mr. de la Marthonie fon coufin germain , fe rendit à Lanmary le
matin du jour que Mr. le Comte de la Douze avoit marqué pour
fon départ > il fit paroître à Mr. le Marquis de Lanmary un fi
grand déflr de s’accommoder avec Mr. le Marquis de la Douze,
& de vouloir s’en tenir à fa decifion , que Mr. le Marquis de
Lanmary témoigna à Mr. le Comte de la Douze qu’il voudroit
fort les fortir d’affaire , & que pour cet effet il feroit néceffaire
qu’il allat à Périgueux propofer à Mr le Marquis de la Douze fon
pere , s’il vouloit y coufentir j que s’il étoit dans ce fentiment t il
devroit revenir coucher le foir même à Lanmary , & mener avec
avee lui un Avocat qui fut au fait de cette affaire ( c )
Mr. le Comte de la Douze étant parti fur le champ , pour faire
part à Mr. le Marquis de la Douze fon pere , du projet de Mr. le
.Marqujs de Lanmary , revint ce même jour à Lanmary accompag
né du Sr. Dujarric , ( D ) il rapporta à Mr. le Marquis de Lanma
ry , queMr. fon pere l’avoit chargé de lui dire qu’il fepréteroit vo
lontiers à un accommodement , qu’il y avoit aises long-tems qu’il
plaidoit pour être ennuie du procès , mais qu’il ne s’y préteroir ce
pendant , qu’à condition préalable qu il rentreroit dans la Terre
de Vern , & que pour cet effet , il étoit néceffaire que Air. de
Laffours communiquât l’ade qu’il avoit paffe avec Madame la Marquife d’Aubuffon , par lequel il lui a vendu la propriété de cette
Terre , qu’au furplus il ne fairoic rien qu’avec l’aveu de Mr. de
Combabeffoufe.
Mr. le Marquis de Lanmary aïant trouvé ces propofitions juftes,
les rapporta à Mr. de Laftours , qui répondit , qu’il n’avoit point
gardé de double de ce qu’il avoit paffe avec Madame la Marquife
d’Aubuffon , qu’il vouloit prouver qu’il fe prétoit de bonne foi à
( A ) Le dialogue roule fur la fuppofition que les Arbitres ont décidé» que les Parties étoîens
refpeEtïuement quittes fans qu’il y eût une ebote à rendre de part ni d’autre-
( B ) D’ailleurs ils fçavoient qu’il n’avoit pas voulu païer les Arbitres.
( c ) Mr. de Lanmary s’étoit fans doute déjà aperçu qu’en matière de procès , Mr. de Laftours
auroit trop d’avantage fur Mr. le Comte de la Douze feul.
( D ) L’anonyme dit que le Sr. Dujarric eft l’iuftrument odieux de ce procès & de toute fa
Province ; cet Avocat qui méprife fouverainement fa-groffiereté > fe contente de lui demandes
ce que c’eft que l’inftrumcnt du’ne Province.
IO
un accommodement, qu’il donncroit à Mefficurs de ia Douze un
moïen sûr pour rentrer dans la Terre de Vern : on lui demanda
quel étoit ce moïen ? Il répondit qu’il le diroit après l’accommo
dement • Mr. le Comte de la Douze dit alors , qu’il ne croïoit pas
que Mr. le Marquis de la Douze fon pere s'en rapportât à la parolle feule de Mr. de Laftours
la conférance fut terminée dans
ces circonftances ( )
Mr. le Comte de la Douze , de retour à Périgueux , en écrivit
à Mrs. de Combabeftoufc & de Pichard , qui lui répondirent qu’il
feroit très heureux ft on pouvoir s’accomoder , mais qu’un accomodement avec Mr. de Laftours feul , ne pouvoir être folide »
qu’il faloit que Madame la Marquife d’Aubufton y fut appellée ;
on n'a plus entendu parler depuis de cet accowodcment , donc
les propofitions ne durèrent qu’autant de tems qu’il faloit pour
écrire à Bordeaux Sc recevoir réponfe.
L’Auteur de la Lettre a d’autant plus mauvaife grâce d’avancer
qu’on carreffoit Mr. de Laftours d’une main , tandis qu’on tenoit
un cordon de l'autre pour l’étrangler un jour j qu'il n’ignoroit pas
fans doute » que dans toutes les propofitions d’accomodenaect, on
a toujours convenu que la procedure iroit fon train ordinaire.
Qu’il pare tant qu’il voudra Mr.Jc Baron de Laftours , des
grands fentimens d’attachement & de reconnoiftacce qu’il dit avoir
pour les bienfaits de Madame la Marquife d’Aubufton ? 11 lui fera
toujours impoffible de fe défendre de ce raisonnement , ou qu’il
manquoic à ces mêmes fentimens, quand il oftroit â Meneurs de Ja
Douze de leur donner un moïen sûr de rentrer dans la Terie de
Vern ( B ) s’il s’accomodoit avec eux , ou il avoit deftein de les
tromper & de manquer à fa parolle : il eft faux qu’on aïeaccuféM.
de Laftours d’y avoir manque dans cette occafion, mais il eft vrai
qu’on n’a point caché qu’on avoit eu la fage précaution de ne
vouloir pas s’y fier.
Comment pouvoir concilier la condition préalable qu’exigeoit
Mr.le Marquis de ia Douze , de rentrer dans la Terre de Vern,
avec l’idée que l’anonymc a voulu donner dans tout fon ouvrage,
du peu de droit qu’il a fur la Terre de la Douze , dont il eft en
pofleffion , & avec les menaces qu’il lui fait de s’en voir bien-tôt
dépoffedé 2 A-t’il pu être afsès peu judicieux pour ne pas s’aper
cevoir que tout ledeur raifonnable devoit fentir , non feulement
cette contradidion manifefie , mais encore toute la force du pré
jugé qui en refulte , en faveur de la caufe de Mr. le Marquis de
la Douze.
J’auroîs encore beaucoup de chofcs à vous dire .MONSIEUR,
s’il étoit neceftaire de combatre l’anonyme dans tous les chefs ,
l’indecence avec laquelle il parle des corps, ( cj & des perfonnes
(A) Il n’y eut qu'ne feule conférence . quoique l’Auteur anonyme dife qu’on fît plufieurs
affemblées à ce 1 ujet.
(B ) Madame la Marquife d’Aubuffon n’étoit point en poffeffion de la Terre de Vern pour
Il sûreté de fa dot , comme le dit l’anonyme. puifque par la rranfaftion Paflée le 17. Juillet
1704- entre elle Si Mr. le Marquis de la Douze comme heritier de Jean - François fon premier
mari , fon agencement. fes habits de deiiil & généralement toutes les prétentions qu’elle avoic
fur l’heredité de Jean-François, furent fixées à la fomme de 7000. livres.
( C) Du parlement cb Bordeaux. 8{ des Avocats de ce même Parlement.
11
les plus refpe&ables , ( A ) les faufletés & les calomnies que Je
laiflfc fans réplique , me fourniroient une ample matière , mais je
crois en avoir a fiez die pour vous convaincre-, combien tout fon
ouvrage eft digne de mépris, cette confideration m’a forcé de
vous rapporter les circonftances des deux médiations de cette
affaire avec l’exaélitude & la fimplicité fcrupuleufe qui convient
fi naturellement en pareil cas à la vérité c’eft aufli dans çetre
confiance, que je m’en rapporte à ce qu’en diront, dans la pre
mière Mr. le Prcfidcnt de la Trefne, & dans la fécondé, Mr. le
Marquis de Lanmary, tous deux pleins de vie , & dont les iuffrages
font une fi grande autorité»
dans le droit & lès prétentions de Monfieur le Marquis de la
Douze , je n’ai rien avancé qui foit concerté au procès par
Monfieur de Laftours , il dit feulement que les hérédités que
Monfieur le Marquis de la Douze prétend font vuides , la poli
ce de 1701. p.rouve invinciblement que l’heredité de Gabriel
premier ne l’étoit pas , puifque l’aïeule & le pere de Mr. de
Laftours ont cédé la Terre de la Douze à Mr. de Montanceix pour
le remplir des droits de cette hérédité , & la dçrpiere fentence
aibitralîc eft le plus violent préjugé contre Mr. de Laftours, pour
prouver que celles de Pierre premier, Pierre fécond & Jean-Fran
çois , le font auffi peu que celle de Gabriel premier puis qu’elle
les a liquidées à 207000. , & condamné Mr. de Laftours à païer
cette fomme â Mr. le Marquis de la Douze.
j’ai l’honneur d’être très^refpe&uefemenc,
( a ) 11 faut avoir perdu toute pudeur pour s’étre fervi de termes fi peu convenable s à tous
égards à la probité de Mr. le Marquis de la Douze, dans l’hifloire que l’ànonÿrre a fabriquée
d’une pièce mutilée : il prétend que Mr- le Marquis de la Douze demandoit autrefois ç«,e/«/o»i»w
de iiooo, livrei four laquelle Jeanne de Bottrdeillee avoit fait le raihaft du Moulin du Toulon , fut difirai'te
en fa faveur , mais que l’aéle qu’il produifit four frcuver ce rachaft , frouvant tout le conu aire ; Mr.
deLafiours le fit parapher au dos vis-à-vis ta claufe defcifive, que cependant cette pièce a été dé
chirée dépuis avec un inftruir,ent tranchant. qu’on a taché en dcntellant les bores de ce qui a
été coupé de faire accroire que la claufe 8c le paraphe étoient dans le ventre des rats, «ne
fié ce . dit l’anonyme, contenoit autrefait que Jeanne de Beurdeillet aveit feulement racheté une redevance de
cent cinq livret qui était duè fur ce Moulin , (tf qu'en y voit encore que ce n’efi fa: le Moulin que Jeanne de
BourdtiV.ee racheta du nomme Toiffan , mait une redevance. S’il étoit dore qvefiion aujcurd’l U! ai fro-
cès de cette pièce, elle contiendroit, de l’aven de l’anonyme , ce qu’elle contenoit autrefoisdans l’interèt prétendu de Mr de laftours, par ccnféqtent l’hiftoire olcrrnieufe de la p'éct mu
tilée a été imaginée fans intérêt en pure perte , & pour le feül plaifir malin de dire des injures
OUS SINDIC D EFFI NITEURS & anciens Avocats du Parlement
de Bordeaux , certifiions à tous ceux qu’il appartiendra , que Me. Jcan-Baptifte Boudin Avocat en la Cour & Mc. Pierre Terrafion auffi Av-ocat en la Cour 8c
N
premier Sindic , ont toujours depuis leur réception , fait avec honneur & diftinction la fonction d’Avocat dans ce Barreau ; qu’ils ont pafTé par toutes les Charges
de la Compagnie , & qu’ils n’ont jamais fait d’autre profeffion que celle d’Avocat,
en foi de quoi Nous avons figné la préfente Déclaration. A Bordeaux , ce 18.
Décembre 1745.
.Atrtfî fignét , DUMAS , PASQUET atteftant , BOUAN Sindic , GUlTON
atteftant, NICOLAS DE LISLEFERME atteftant , FENIS atteftant , DUMAT
atteftant, MASQUARD atteftant , DESPIAU atteftant * LAMOTHE atteftant,
BROCHON atteftant, GRENIER atteftant, PETIT atteftant, DESTOUP at
teftant , FONFREDE atteftant , DUBOUILT atteftant , BOUQUIBR atteftanc
& LALANI^atteftant.
Fait partie de Lettre à Monsieur le Marquis de ****
