FRB243226101_PZ_2737.pdf
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RÉPUBLIQUE FRANÇAISE
RAPPORT
DU COMITÉ CONSULTATIF D’HYGIÉNE PUBLIQUE DE FRANCE
RAPPORT DU COMITÉ DÉPARTEMENTAL
d-’H-ygiène et de Salubrité de la Dordogne
RAPPORT COMPLÉMENTAIRE
DU COMITÉ CONSULTATIF D’IIYGIÈNE PUBLIQUE DE FRANCE
PÉRIGUEUX
Imprimerie DELAGE et JOUGLA, rue de Bordeaux
18S8
RÉPUBLIQUE FRANÇAISE
VILLE DE PÉRIGUEUX
PROJET D’AMÉLIORATION
DES SOURCES DU TOULON
RAPPORT
DU COMITÉ CONSULTATIF D’HYGIÈNE PUBLIQUE DE FRANCE
RAPPORT DU COMITÉ DÉPARTEMENTAL
d’Hygiène et de Salidbrité de la Dordogne
RAPPORT COMPLÉMENTAIRE
DU COMITÉ CONSULTATIF D’HYGIÈNE PUBLIQUE DE FRANCE
1SS8
RÉPUBLIQUE FRANÇAISE
VILLE
IDE
PÉRIGUEUX
PROJET D’AMÉLIORATION
DD SYSTÈME D’ELEVATION DES EAUX
DÉS SOURCES DU TOULON
COMITÉ CONSULTATIF DTOIÈNÉ PUBLIQUE DÉ FRANCE
Ce Comité est ainsi composé :
Membres nommés par le Ministre : MM. Brouardel, C. &, membre
de l’Académie de médecine de Paris, professeur à la Faculté de mé
decine de Paris, Président; Bergeron, C. &, membre de l’Académie
de médecine, Vice-Président ; Gavarret, C. ?t, inspecteur général de
l’instruction publique, membre de l’Académie de médecine, professeur
à la Faculté de médecine de Paris ; Peter, #, membre de l’Aca
démie de médecine, professeur à la Faculté de médecine de Paris ;
Gaillard, O. efc, médecin des hôpitaux; Liouville, député, agrégé de la
Faculté de médecine de Paris ; Dubrisay, #, docteur en médecine ;
Chatin, O.
membre de l’Académie des sciences et de l’Académie de
médecine, directeur de l’école supérieure de pharmacie de Paris ;
Jacquot, O. *, inspecteur général des mines; Pasteur, G. *, membre
de l’Institut ; Grimaux,
professeur à l’école polytechnique et à
l’Institut agronomique ; Paul Dupré, #, conseiller d’Etat; Paul Girard,
O. ÿjf, directeur honoraire au ministère du commerce et do l’industrie ;
Regnauld, O. efr, membre de l’Académie de médecine, professeur à la
Faculté de médecine de Paris.
- 4 —
Membres de droit : MM. Clavery, 0. *, directeur des affaires com
merciales et consulaires au ministère des affaires étrangères ; Didiot,
C.
médecin-inspecteur général, président du comité consultatif de
santé militaire ; Gestin, 0. &, président du Conseil supérieur; Pallain,
0.
conseiller d'Etat, directeur général des douanes ; Peyron, îfr,
directeur de l’Administration générale de l’assistance publique; Nicolas,
C. &, conseiller d’Etat, directeur du commerce intérieur; A. Proust,
0.
professeur à la Faculté de médecine, inspecteur général des
services sanitaires, membre de l’Académie de médecine ; Chauveau, 0. &,
inspecteur général des écoles vétérinaires, Membre de l’Académie des
sciences; Faure-Dujarric,. ft, architecte-inspecteur des services extérieurs
du ministère du commerce; Vallin, eflt, médecin principal de lr° classe
de l’armée, membre de l’Académie de médecine, secrétaire ; Edme, chef
du bureau de la police sanitaire et industrielle, autorisé à assister aux
séances du comité avec voix consultative.
Auditeurs : MM. Napias,
inspecteur général des services adminis
tratifs au ministère de l'intérieur, secrétaire-adjoint; Du Mesnil, •&,
médecin en chef de l’asile national de Vincennes ; Grancher,
profes
seur à la Faculté de médecine de Paris ; A.-J. Martin, secrétaire général
adjoint de la société de médecine publique et d’hygiène professionnelle ;
Gabriel Pouchet, agrégé à la Faculté de médecine de Paris ; Richard, îfr,
médecin-major de lr0 classe, agrégé à l’école de médecine militaire du
Val-de-Grâce.
Séance du 14 mai 1888
SALUBRITÉ PUBLIQUE.
RAPPORT
SUR LE PROJET DE LA DÉRIVATION DES SOURCES DU CLÜZEAU ET DE
L’ABÎME POUR L’ALIMENTATION EN EAU POTABLE DE
LA VILLE DE
PÉRIGUEUX.
MM. JACQUOT, Inspecteur général des mines, et G. POUCHET, agrégé
à la Faculté de médecine, rapporteurs.
Exposé. —Le Comité d’hygiène est appelé à émettre un avis sur
un projet qui lui a été soumis dans sa séance du 12 mars dernier et
qui tend à la réfection complète de l’amenée d’eau de la ville de
— 5 Périgueux. Ce projet a été de notre part l’objet d’un examen
détaillé sur les lieux mômes dans la journée du 6 avril. Il a paru
que c’était là le seul moyen pratique de résoudre les difficultés et
les contradictions que soulevait l’étude du dossier.
Comment la ville de Périgueux est-elle actuellement alimentée
en eau potable? Quelles solutions a-t-on proposées pour parer à son
insuffisance? Celle qui a prévalu en dernier lieu au sein du Conseil
municipal et qui est soumise au Comité est-elle acceptable au double
point de vue du gisement et de la composition des sources que l’on
se propose de dériver? Que penser des appréhensions qui se sont
produites au sujet de la contamination possible de ces sources à
raison de leur proximité d’un des faubourgs de la ville, celui du
Toulon ? Enfin, sous quelles conditions le projet présenté par la
municipalité de la ville de Périgueux peut-il être accepté? Telles
sont les questions que nous nous proposons de traiter dans notre
rapport.
Distribution actuelle.— La ville de Périgueux est actuellement
alimentée en eau potable par un groupe de sources situé à 2 kilo
mètres environ de sa partie centrale vers l’Ouest, à la base de la
chaîne de collines à laquelle elle est adossée.
Ce groupe comprend : 1° la source connue sous le nom de Cluzeau,
qui émerge à flanc de coteau; 2° les sources dites de Abîme, qui,
montantes du fond, prennent naissance dans l’étang du Toulon et
l’alimentent.
Pour élever l’eau de ces sources de l’altitude de 82 mètres, qu’elle
a en moyenne dans les puisards des pompes, à celle de 116 mètres,
qui correspond au plan d’eau dans le château où elle est reçue, la
ville dispose de trois machines réparties entre deux usines.
Elle possède sur la rivière d’Isle le Moulin-Neuf, où existe une
turbine mise en mouvement par une chute de 0m90.
La seconde usine placée à la suite de l’étang du Toulon a une
roue hydraulique de côté, ainsi qu’une petite machine à vapeur de
secours, qui n’est mise en marche que pour venir en aide aux
moteurs hydrauliques en cas de ralentissement de l’un d’eux.
On estime à 32 litres à la seconde la quantité d’eau qui peut être
— 6 —
élevée par ces deux usines, 24 litres pour le Moulin-Neuf et 8 litres
seulement pour l’usine du Toulon. Répartis sur la population
agglomérée de Périgueux qui, d’après le dernier recensement, est
de 28,000 âmes, ces 32 litres assurent par jour à chaque habitant
110 litres, quantité jugée insuffisante et que l’on se propose de
porter à 250 litres.
En temps normal le Cluzeau peut fournir les 32 litres qui répré
sentent le travail disponible des machines motrices. Mais pour
obtenir cette quantité dans la saison sèche, il faut faire un emprunt
à l’Abîme et, eu égard à l’état actuel des lieux, on s’expose à intro
duire dans la distribution de l’eau ayant séjourné sur un fond
vaseux et pouvant, dès lors, être considérée comme suspecte.
Enfin, l’altitude de 116 mètres à laquelle se trouve le plan d’eau
du réservoir est trop faible pour satisfaire aux besoins du quartier
qui s’est développé dans ces derniers temps aux abords de la route
de Paris, dans la partie élevée de la colline située au Nord de la ville.
La distribution actuelle des eaux de Périgueux présente donc
trois inconvénients graves :
1° Insuffisance du volume d’eau mis à la disposition des habitants
par suite de la faiblesse des machines élévatoires ;
2° Nécessité de recourir en été à des eaux suspectes ;
3° Impossibilité de desservir les quartiers élevés avec le réservoir
actuel.
Solutions proposées en vue d’une nouvelle distribution
d’eau potable. — Il faut se reporter aux derniers mois de l’an
née 1882, pour trouver le point de départ des projets conçus en vue de
parer à ces inconvénients. Une municipalité nouvelle venait d’être
installée. Dans la séance du Conseil municipal du 16 septembre, elle
fil voter une proposition tendant à charger M. l’Ingénieur en chef
Thévenet. de la direction des études en vue d’une nouvelle distri
bution d’eau, et de la construction d’égouts dans la ville de Péri
gueux. Elle saisit en même temps le Conseil municipal d’un projet
d emprunt de 3 millions de francs, dont partie était destinée à payer
les travaux mis à l’étude.
- 7 —
M Thévenet n’eut pas à examiner moins île sept solutions, savoir :
1° Améliorations de la prise d’eau du Toulon ;
2° Élévation de l’eau de l’Isle, par la chute de l’usine Barnabé,
située en amont de la ville ;
3° Dérivation d’une source dite de Glane, située dans la vallée de
l’Isle, à 32 kilomètres en amont de Périgueux ;
4° Reprise des aqueducs romains et réunion des sources voisines
de Périgueux ;
a° Dérivation des sources du bassin de
aflluenls de l’Isle ;
TAuvézére, un des
6° Puits artésiens -,
7" Enfin, relèvement artificiel de la source du Toulon.
Après une étude comparative de ces diverses solutions, M. Thé
venet conclut que le mode le plus sûr et le plus économique
d’assurer à la ville de Périgueux une distribution abondante d’eau
limpide et salubre consistait dans la dérivation de Glane.
Dans un avant-projet il établissait de la manière suivante les
dépenses à faire pour l’exécution complète du programme des
travaux à exécuter :
1° Captage et dérivation de la source de Glane...
2° Construction d'un réservoir............................................
3° Réseau de canalisation intérieure..............................
4° Réseau d’égouts évalué à................................................
930,000 francs.
190,000
353,000
453,000
Total........................................... 1,940,000 francs.
Du recueil des procès-verbaux des séances du Conseil municipal
qui nous a été communiqué, il appert que les travaux afférents à la
canalisation intérieure et au réseau d’égouts sont aujourd’hui
achevés. Seule la dérivation de l’eau est restée en suspens et voici
pourquoi :
La Commission chargée de résumer et d’apprécier les résultats de
l’enquête à laquelle avait été soumise l’amenée de la source, tout
— 8
en émettant un avis conforme à la déclaration d’utilité publique, a
expressément demandé que le Conseil général des ponts et chaussées
fût consulté sur le projet, après études comparatives soit sur l’amé
lioration possible du système actuel du Toulon, soit sur les autres
projets pouvant assurer l’alimentation de Périgueux.
De son côté, le Ministre de l'Intérieur avait subordonné l’appro
bation définitive du projet de dérivation de Glane à l'avis du Conseil
général des ponts et chaussées.
La ville de Périgueux a dû dès lors faire procéder aux nouvelles
études comparatives qui lui étaient imposées. Elle a prié M. Alpband,
directeur des travaux de Paris, de se charger de cette mission et,
sur son refus, elle a accepté le concours d'une délégation désignée
par cet inspecteur général et composée de M. Couche, ingén ieur en
chef du service des eaux, et de M. Bechmann, ingénieur ordinaire
du môme service.
il ne saurait entrer dans notre plan d’analyser, même, sommai
rement, les rapports très étendus que ces ingénieurs ont remis le
3 avril 1883, après avoir visité les sources de Glane et du Toulon
dans les journées des 15, 16 et 17 avril 1883. Notre rapport en
serait démesurément allongé. Nous ne pouvons toutefois omettre
de rappeler que la délégation s’est montrée assez favorable au
Toulon. Après un long et minutieux parallèle entre les deux solu
tions en présence, M. Couche concluait en effet de la manière
suivante dans son rapport du 2 avril 1885 : « J’estime, pour ma
part, que la plus chère des deux solutions (celle afférente à Glane),
n’offre pas une supériorité suffisamment accentuée pour mériter la
préférence, et que l’intérêt le plus tangible, celui des contribuables,
devrait faire adopter l’alimentation par le Toulon. »
Dans sa séance du 12 août 1885, sur le rapport de M. Marx, le
Conseil général des ponts et chaussées a adopté l’avant-projet de
MM. Thévenet et Wender relatif à la dérivation de la source de
Glane. Dans l’intervalle écoulé depuis la rédaction de ce projet,
conformément aux observations de la délégation des ingénieurs du
service des eaux de Paris, la dépense afférente à l’exécution des
travaux avait dû être majorée d’une somme de 251,000 francs, et
elle se trouvait, en conséquence, portée à 1,365,000 francs.
— 9 —
C’est dans la séance du lundi 1er août 1887 que celte affaire a été
soumise pour la première fois au Comité d’hygiéne. A cette époque,
la dérivation de Glane venait de subir un grave échec. Une grande
partie de la population de Périgueux, hostile à celte solution, avait
fait une manifestation dans ce sens en réélisant des conseillers
municipaux démissionnaires qui s’étaient prononcés formellement
contre le projet de Glane.
Depuis lors cette population a été de nouveau appelée à exprimer
son avis et elle l’a fait dans le sens de la solution du Toulon, en
composant exclusivement le Conseil municipal de membres disposés
à la faire prévaloir. La municipalité, émanation de ce Conseil, a fait
étudier par M. Roux, ancien directeur des eaux de Toulouse, un
projet de dérivation des sources du Cluzeau et de l’Abîme. C’est celui
sur lequel le Comité a à délibérer en conformité de la dépêche du
8 mars dernier qui l’en a saisi.
Nous avons pensé qu’il y avait, pour le Comité, quelque intérêt
à connaître les phases par lesquelles a passé l’instruction de cette
grave affaire dans les cinq dernières années. Toutefois il reste bien
entendu que nous n’avons pas à comparer les deux solutions
restées pendant si longtemps en présence, mais à examiner
uniquement si le projet soumis en dernier lieu au Comité
peut être accepté au point de vue de l’hygiène. C’est dans
ce sens que nous avons compris notre mission à Périgueux ; les
sources du Cluzeau et de l’Abîme ont seules été l’objet de nos
investigations.
Constitution géologique du sol des environs de Péri
gueux ; situation de la ville ; gisements des sources du
Cluzeau et de l’Abîme. — Essayons d’abord de déterminer le
gisement de ces sources. Cela n’est pas sans intérêt surtout eu
égard aux préventions dont l’Abîme est l’objet.
On comprendrait mal le gisement des sources des environs de
Périgueux, si on n’avait au préalable une idée de la disposition
d’ensemble des grandes masses minérales aux abords de celte ville.
Nous avons déjà eu l'occasion de signaler l’existence du terrain
crétacé dans les collines qui constituent les flancs de la vallée de
l’Isle. On sait que dans le Midi ce terrain n’a aucune analogie avec
2
— 10 -
la craie de la Champagne. 11 est, en effet, formé par des bancs de
calcaires compacts ; mais ces bancs constamment fissurés sont très
propres à donner naissance à des sources, pourvu qu’il y ail des
intercalations d’assises marneuses ou argileuses suffisamment étan
ches. D’après la position qu’il occupe sur le revers Sud du plateau
central, le massif crétacé du Périgord plonge dans celle direction,
circonstance qui favorise la production des sources dans les vallées
qui, comme celle de l’Isle aux abords de Périgueux, sont orientées
Est-Ouest.
Les plateaux sont recouverts par les sables du Périgord, assise
tertiaire argilo-sableuse très reconnaissable à sa couleur d’un rouge
sombre qu’elle doit à la présence de l’oxide de fer.
Enfin, à la hauteur de Périgueux, il y a sur la rive droite de l’Isle,
une terrasse diluvienne formant plateau à une petite hauteur audessus de la rivière et se terminant sur ses bords par des pentes
abruptes. Celte terrasse est constituée par une argile sableuse qui
reproduit lajeinte vive des sables du Périgord et englobe du petit
gravier siliceux et des silex roulés empruntés aux assises du terrain
crétacé. Comme nous avons pu le reconnaître dans de nombreuses
excavations, ce terrain est plastique et imperméable. La terrasse ne
joue d’ailleurs qu’un rôle très secondaire dans la constitution du
sol des environs de Périgueux. Elle n’existe en effet qu’à l’état de
simple applique juxtaposée à la base des collines crétacées.
C’est sur la terrasse et ses revers que la ville de Périgueux et ses
faubourgs sont en grande partie bâtis. Un quartier neuf s’élève ce
pendant le long de la route de Paris et à ses abords sur la pente du
coteau qui domine la ville du côté du Nord. Enfin, il y a un fau
bourg dans la plaine sur la rive gauche de l’Isle.
Le groupe des sources du Cluzeau et de l’Abîme est figuré sur le
plan d’ensemble de la ville à l’échelle du 1/5000 qui est joint au
dossier. En s’y reportant on peut remarquer qu’il est situé un peu
au-delà du faubourg du Toulon dans l’espace compris entre la route
d’Angoulême et la chaîne de colline formant le prolongement occi
dental de celle sur laquelle s’élève la route de Paris au sortir de
Périgueux Le Cluzeau est à 10 mètres seulement du pied de la
chaîne, l’Abîme à ISO mètres plus au Sud est très voisin de la route.
— 11 —
Pour le Cluzeau et ses abords, il y a un plan à une échelle décu
ple qui a été ajouté au dossier sur notre demande en vue de faciliter
l’explication de certaines particularités du gisement de cette source.
Au point A de ce plan, au pied de la colline et à une trentaine de
métrés au Nord-Est de la chambre dans laquelle le Cluzeau est
capté, il y a une grotte où la tradition place l’ancien orifice de la
source. Quand on y pénètre par la voûte très surbaissée qui y donne
accès, on reconnaît que les parois sont formées par des bancs calcai
res d’où l’eau suinte en abondance et qu’on marche sur une couche
de marne argileuse. On trouve donc là les éléments de la nappe
aquifère à laquelle le Cluzeau doit son existence. Mais cette nappe
s’est évidemment déplacée, rencontrant à son point d’émergence
un talus d’éboulement formé par de menus débris de roche
et par conséquent très perméable, elle s’y infiltre pour reparaître
un peu plus bas divisée en plusieurs filets. Comme le plan le mon
tré, en dehors du réservoir couvert dans lequel le plus important
de ces filets est recueilli, il y a à l’Ouest deux sources C et C’ qui
donnaient, le 6 avril, 7 litres à la seconde, et à l’Est, un peu plus
bas dans la prairie, une troisième source D d’un débit de 3 litres.
Rien n’est plus commun que le mode de gisement de la source
du Cluzeau. Ce qu’il faut en retenir, c’est qu’elle est simplement
recueillie et nullement captée.
Envisagé en dehors de son cortège et dans son état actuel, le
Cluzeau est une source qui serait remarquée partout à raison de
son débit. Jaugée par l’ingénieur de la ville à la fin du mois d’octo
bre de l’année dernière, dont la sécheresse a été exceptionnelle,
elle a donné 31 litres à la seconde; c’est une limite minima. Quand
nous l’avons visité, le 6 avril, le Cluzeau, grossi par la fonte des
neiges et les pluies incessantes de l’hiver, avait un trop-plein con
sidérable qui s’écoulait à l’étang du Toulon par un fossé rempli de
grosses touffes de cresson, indice de bonne augure et propre à
nous rassurer pleinement sur les résultats de l’analyse.
Si on pouvait à distance se faire une idée assez nette du Cluzeau,
source située à liane de coteau et qui appartient à un type très
répandu, il faut reconnaître que cela était plus difficile pour les
sources de l’Abîme sur lesquelles nous n’avions que des notions
vagues, assez confuses. D’après quelques indications, nous étions
- 12 —
assez disposé à penser qu’elles prenaient naissance au milieu d’un
marais et leur isolement de la nappe d’eau ambiante paraissait dos
lors devoir présenter des difficultés très sérieuses. Le seul point
sur lequel aucun doute ne pouvait s’élever, c’est que ces sources
étaient exceptionnellement puissantes. On pouvait d’ores et déjà
en conclure qu’elles étaient en relation avec un de ces grands acci
dents qui, interrompant brusquement la stratification et plaçant un
obstacle infranchissable en présence d’une nappe aquifère, la for
cent à remonter au jour par la fissure qu’il détermine dans l’enve
loppe solide du globe. C’est, en effet, un fait d'observation cons
tamment vérifié et ayant toute la valeur d’une loi qu’à l’instar des
sources thermales les grandes sources d’eau douce empruntent
toutes des failles pour arriver à la surface du sol. La mission que
nous avons remplie à Périgueux a mis en pleine lumière le gise
ment des sources de l’Abime. Ayant appris qu’elles prenaient nais
sance non dans un marais, mais dans un étang, c’est-à-dire un
ouvrage de main d’homme, nous avons recommandé à la municipalité
de le faire vider et curer quelques jours à l’avance, afin de donner
un libre cours aux eaux qui s’y déversent. Nous tenions à voir les
sources dans leur étal naturel. Nos instructions ayant été suivies, voici
ce que l’on observe, quand on se transporte sur les bords de l’Abime.
Les sources sont cantonnées à l’extrémité orientale de l’étang
presque exactement au Sud du Cluzeau. Elles affleurent sous forme
de nappes ayant entre 20 et 30 mètres de diamètre. En dehors de
quelques petites rides qui s’étendent du centre à la circonférence,
ces nappes paraissent immobiles. Mais quand on se trouve en pré
sence de leurs canaux de décharge on voit l’eau sortir à flots de leur
partie superficielle et former un véritable torrent. Vient-on à les
sonder ? On trouve des profondeurs variables pouvant atteindre au
centre entre 5 et 6 mètres. Les nappes correspondent donc à des
cavités en forme d’entonnoirs qui s’alimentent par le fond au moyen
d’un afflux d’eau considérable. On ne compte dans l’Abime que
deux pareilles nappes ; mais celle de l’Ouest paraît correspondre à
deux cavités géminées. Les torrents qui s’en échappent après avoir
coulé sur le fond de l’étang dans des dépressions distinctes finissent
par se réunir et quand, avant de se jeter dans l’Isle, ils passent sous
le pont de la route d’Angoulême, ils forment une petite rivière.
— 13 —
Dans son rapport, M. Bechmann évalue le débit des sources de
l’Abime à 250 litres à la seconde. D’après un jaugeage fait à la
vanne de décharge de l’usine du Toulon par l’ingénieur de la ville
à la fin d’octobre 1887, il s’élèverait à 423 litres.
Il nous restait à découvrir la faille qui donne naissance à l’Abime,
niais il ne pouvait entrer dans nos projets de nous livrer à ce sujet
à des recherches sur le terrain. La reconnaissance des failles exige
en effet des études détaillées embrassant des régions entières et par
conséquent beaucoup de temps. M. Bleynie, pharmacien et mem
bre du Conseil municipal de Périgueux, qui nous accompagnait au
Toulon, nous a tiré d’embarras en nous signalant un mémoire de
M. Arnaud sur le terrain crétacé du Sud-Ouest de la France, inséré
en 1877 dans le recueil des travaux de la Société géologique de
France. À ce mémoire est jointe une carte des principales dénivel
lations de la craie de celte région. On y voit figurer une ligne
droite désignée par la notation D et qui s’étend de Cahors à l’Est
d’Angoulême suivant l’orientation N. 34° 0. M. Arnaud qui a fait
une étude spéciale de la craie de la Saintonge, de l’Angoumois et
du Périgord, ne parait pas avoir eu connnaissance de l’Abime, sans
doute à raison de son recouvrement par l’étang du Toulon. Il ne le
signale pas en effet parmi les nombreux accidents que la ligne D
détermine sur son parcours ; mais circonstance bien remarquable,
sa trace aux environs de Périgueux coïncide exactement avec la
position de l’Abîme. Ce n’est pas sans une certaine satisfaction que,
la carte de M. Arnaud sous les yeux, nous avons fait cette constata
tion qui a pleinement confirmé nos prévisions en ce qui touche le
mode de gisement des sources de cette localité (1).
il) On peut encore remarquer que, traversée par'la faille dans l’intérieur de la ville
de Périgueux, la rivière d’Isle, qui coulait dans la direction du sud-ouest, fait un coude
brusque pour prendre en aval l’orientation perpendiculaire N. O., qui est celle de
l’accident et qu’elle l’épouse. Dans cette région, la vallée de l’Isle correspond donc à
une fracture très nette. D’un autre côté, parmi les accidents que la dénivellation D
détermine, M. Arnaud signale le gouffre de la Touvrc à quelques kilomètres à l’est
d’Angoulême, dont le Comité a eu à s’occuper à l’occasion de l’approvisonnement com
plémentaire de cette ville en eau potable. Le gouffre de la Touvre est un phénomène
du même ordre, mais plus grandiose encore que l’abîme du Toulo 1 : on sait qu’il fait
surgir de terre, dans la formation jurassique, une rivière toute entière d’un volume
énorme. L’abîme de Péricueux et le gouffre de la Touvre sont donc, à 60 kilomètres
de distance, deux effets identiques d’une seule et même cause.
3
— 14 —
Quand on se trouve en présence de ces grands phénomènes natu
rels qui, dans leur dénomination d’abîmes, de gouffres, de bouil
lons, etc., ont conservé la trace de l’impression très vive ressentie,
à leur aspect, par les populations des premiers âges, les questions
se posent en foule. On peut se demander, par exemple, à quelle
étendue de terrain correspond le débit du groupe du Toulon. Etant
donnée la quantité annuelle de pluie qui tombe dans la région de
Périgueux, la solution ne comporte aucune difficulté. Il n’y a, en
effet, qu’une inconnue et c’est un coefficient dont on peut faire
varier à volonté la valeur. Il s’agit de déterminer dans la somme des
précipitations atmosphériques la part qui revient à l’infillralion
dans le sol, les deux autres étant afférentes au ruissellement super
ficiel et à l’eau absorbée par la chaleur solaire et la végétation. En
faisant une part égale aux trois facteurs, ce qui est assez logique eu
égard au peu de perméabilité des sables de Périgord, qui occupent
de grandes surfaces sur les plateaux, on trouve que le débit du
groupe de l’Abîme et du Cluzeau, évalué en moyenne à 400 litres
par seconde, correspond au drainage d’une étendue de terrain de
5,000 hectares ou de 50 kilomètres carrés en nombre rond. Ces 50
kilomètres sont à prendre dans la région élevée située au nord de
l’Abîme, qui peut seul produire la charge nécessaire à l’ascension
de l’eau. De ce résultat on peut inférer qu’il y a dans l’eau de
l’Abîme telle molécule qui n’a pas dû faire un trajet souterrain de
moins d’une dizaine de kilomètres, sans compter les détours, pour
se rendre de son point de départ à la source. De pareils chiffres
sont de nature à mettre en évidence l’intérêt que présente l’hydro
graphie souterraine de la région voisine de Périgueux (1).
Nous avons jugé à propos de prendre les températures de toutes
(1) Éléments du calcul de l’aire correspondant au débit de l’Abîme. Il tombe 75 cen
timètres d’eau par année dans la région de Périgueux, soit un tiers 0”25. Pour .400
litres à la seconde on a 24,000 litres à la minute, 1,440,000 litres à l’heure ou 1,410
mètres cubes, et pour la journée 1,440 X 24 ou 34,560 mètres cubes. Ce débit, multiplié
par 365 jours, donne le débit de l’année : 12,614,400 mètres cubes. Un hectare étant
égal à 10,000 mètres carrés, la surface correspondante à 1 mètre d’eau tombée serait
de 1,261 ; mais comme on n’a admis que 0"25 d’eau d’infiltration, il faut multiplier
par 4 ; ce qui donne 1,261 X’1 = 5,044 hectares, ou en nombre rond 5,000 hectares ou
50 kilomètres carrés. Représentation graphique approximative : un carré ayant 7 kilo
mètres de côté. En effet : 7 X 7 = 49.
— 15 —
les sources du groupe de l’Abîme et du Cluzeau. Elles sont compri
ses entre 14° et 15° cent., par conséquent un peu supérieures à la
température moyenne de la contrée, circonstance qui est, sans
doute, en rapport avec leur caractère artésien (1). Le 6 avril, la tem
pérature de l’air était, à Périgueux, de 3° cent.
Composition de l’eau des sources. — Le tableau ci annexé
donné les résultats des analyses faites par M. Pouchet sur l’eau du
Cluzeau et sur la principale source de l’Abîme. Nous avons jugé à
propos d’y joindre, mais seulement à l’état de simple renseignement,
l’analyse de l’eau recueillie dans la rivière l’Isle, en amont de Péri
gueux, un peu au-dessus de la digue de l'usine Barnabé. La prise
d’essai à la source du Cluzeau ne présentait aucune difficulté; elle a
été faite au trop-plein du réservoir de captage. Pour l’Abîme, l’eau a
été puisée à quatre mètres de profondeur au moyen d’un récipient
en fer-blanc imaginé par M. Bleynie à l’occasion de l’envoi de l’eau
de cette provenance au Laboratoire municipal de Paris. L’appareil,
de forme cylindrique en son centre, conique à ses extrémités, a été
préalablement coiffé d’un tube en caoutchouc, puis descendu au
moyen d’un poids. Pour ne recueillir à peu près que de l’eau du
fond, il suffit de tenir le tube fermé jusqu’au moment où l’appareil
est en place. Le puisage de l’eau a été fait sur la grande source au
moyen d'une embarcation amarrée aux arbres de la rive et où
M. Bleynie avait pris place avec nous.
(H La ville de Périgueux ne figure pas dans le tableau des températures moyennes,
d’après Mahîmann. inséré dans le cours de météorologie de Kaern tz, traduit par Ch.
Msrrins (p. 164). Maïs on y trouve Bordeaux avec le chiffre de 13*,9. Périgueux, étant
sîtoé s peu prés sous le même parralële que Bordeaux, mais à une altitude d'environ
S’il métros, c'est-à-dire â 70 mètres de hauteur au-dessus de cette ville, doit avoir wri
température moyenne d’environ 13’ cent.
16 —
ANALYSE CHIMIQUE (en milligrammes et par litre).
RIVIÈRE
ABIME.
LUZEAU.
DE L’ISLE.
organiquc/Évaluée en acide,(Solution acide.
[ oxalique............ (Solut. alcaline .
1.375
0,750
10,835
5,910
Gaz
(Oxygène.............. (en poids..............
(en volume....
diuoDi. / Acide carbonique en volume..
4,750
3CC 3
10cc 0
Résidu fixe à 100 degrés.................................
Perte au rouge sombre.....................................
Silices et silicates terreux.............................
Chaux.......................................................... -,..............
Magnésie................... .................................................
Chlore...........................................................................
Acide sulfurique...................................................
Carbonate de chaux............................................
Nitrates et ammoniaque.................................
Chlorure de sodium...........................................
301,8
30,4
15,0
123,2
8,3
12,9
traces.
220,0
»
21,2
[Évaluéeen oxygènepristSolution acide,
llat'êre \ au permenganate...(Solut. alcaline..
1,750
1,000
3,500
2,625
13,790
7,880
4,750
3CC3
10cc0
27,580
20,685
5,250
3CC7
5cc0
308,9
30,9
19,0
123,2
8,3
13,3
traces
220,0
168,1
47,6
5,0
49,3
6,5
7,9
traces
88,0
»
traces non dosables
22,0
13,00
Les eaux de l’Abîme et du Cluzeau sont absolument identiques.
ZEZXZJMÆZEIsr
BIOLOG-IQVE
Eau du Cluzeau et de l’Abîme.
Très petit nombre de colonies consti'.uées exclusivement par des mucédinées (aspergillus, mucor) et du bacterium termo, ce dernier, un peu
plus abondant dans la source de l’Abîme.
La liquéfaction de la gélatine n’a commencé qu’après le 7° jour.
Eau de la rivière de l’Isle.
Quelques diatomées et de rares infusoires. Assez grand nombre de
colonies parmi lesquelles prédominent les microcoques et les bactéries.
On a pu isoler :
Streptococcus ? — Micrococcus luteus. — Bacterium termo. — Baccilles
saprogenes ? — Bacillus subtilis.
Crenotlirix. —Mucédinées.
Liquéfaction de la gélatine entre le 3e et le 4e jour.
I
- 17
Le tableau des analyses de M. Pouchet pourrait se passer de
commentaire, tant il est satisfaisant. On ne manquera pas de remar
quer qu’il est en contradiction avec celui qui a été dressé le 31
mai 1887, circonstance qui résulte certainement des con
ditions défectueuses dans lesquelles ont été faites les pre
mières prises d’essai.
Les recherches bactériologiques entreprises par M. le D1' Chanlemesse donnent lieu à la même observation. 11 y a eu deux séries
d’essais. Les premiers, dont le compte-rendu figurait dans le dossier
afférent à la dérivation de Glane, tendaient, il est vrai, à faire
considérer l’eau de l’Abîme comme n’étant nullement potable. Mais
M. Ghantemesse a été amené à abandonner cette conclusion. En
effet, ayant été mis, dans ces derniers temps, en possession d’une
nouvelle prise d’essai effectuée dans des conditions de sincérité
indéniable, puisqu’elle était accompagnée d’un procès-verbal du
commissaire de police de Périgueux relatant, avec un soin minu
tieux, tous les détails de l’opération, cet observateur n’a pu y décou
vrir une seule colonie. (Lettre de M. Chantemesse, du 19 mai 1888.)
Dans l’un comme dans l’autre cas, les divergences dans les résul
tats obtenus tiennent donc uniquement aux conditions dans les
quelles on s’est placé pour recueillir l’eau soumise aux essais. Il
convient d’ajouter que la quatrième Commission n’a pas
un seul instant mis en doute que telle devait être l’expli
cation finale des anomalies signalées.
Le résultat le plus saillant du tableau de M. Pouchet est la con
cordance des analyses afférentes aux sources de l’Abime et du Clu
zeau. Elle est tellement parfaite que l’on peut affirmer que ces
sources ontune origine commune et dérivent de la même nappe.
C’est un résultat que nous avions, du reste, pressenti en échangeant,
dans la soirée du G avril, nos impressions sur les conséquences à
tirer de nos observations.
Appréhensions fondées sur le voisinage du faubourg du
Toulon. — Nous avons examiné avec attention sur place les ob
jections formulées contre la dérivation des sources de l’Abîme à
raison de la proximité du faubourg du Toulon. Elles reposent
toutes sur la méconnaissance des circonstances de gisement de ces
sources. Nous croyons avoir traité cette question avec assez de
— 18 —
détails dans le cours de noire rapport pour être bref à ce sujet. Il
nous suffira de rappeler que les sources à dériver ayant leurs ré
servoirs dans les collines et les plateaux crétacés qui dominent
la terrasse où le Toulon est bâti sont dans une indépendance
absolue par rapport à ce quartier. C’est rapetisser l’Abime et
méconnaître la grandeur du phénomène auquel celte source doit
son existence que d’en faire une sorte d’égout du faubourg. Les
analyses constituent d’ailleurs une preuve irréfutable contre cette
prétention qui ne repose que sur une hypothèse invraisem
blable.
Il ne faut pas perdre de vue que si la terrasse n’est pas très
éloignée du point d’émergence des sources, son sol est imper
méable, ce qui rend toute contamination impossible. D’un
autre côté, le faubourg du Toulon est pourvu d’un réseau d’égouts
qui aboutit à la rivière d’Isle et constitue un complément de pro
tection pour le voisinage.
Projet de réfection de la dérivation des sources de
l’Abîme et du Cluzeau. — Pour terminer notre rapport, nous
avons à passer en revue, dans ce qu’il renferme d’essentiel, le
projet dressé par M. Roux pour la dérivation des sources du groupe
de l’Abime. Le programme élaboré par la municipalité et qui a
servi de base au projet se résumait ainsi :
1° La ville de Périgueux sera alimentée au moyen de 6,000 mètres
cubes d’eau par jour ;
2° L’eau d’alimentation sera élevée de la cote 81 à la cote 130. Le
projet comprendra tous les travaux à exécuter pour obtenir ce
résultat, à l’exception de la distribution intérieure qui est para
chevée.
Voici comment M. Roux a résolu le problème :
11 supprime, comme ne donnant qu’une force motrice négligeable,
la petite usine du Toulon, et par cela môme l’étang de l’Abîme qui
n’a plus aucune raison d’être. Le quartier du Toulon ne peut que
gagner à la suppression de ce foyer fiévreux.
Il construit, à proximité des sources, sur un terrain appartenant
à la ville, un bâtiment renfermant un double équipage de machines
à vapeur avec leurs pompes et leurs générateurs, chaque équipage
- 19 —
isolé pouvant élever au minimum 70 litres par seconde dans un
réservoir à construire à l’altitude de 130 métrés sur un terrain situé
aux abords de la route de Paris et pour lequel la ville a promesse de
vente.
Ce réservoir aura une capacité de 6,000 mètres cubes ; il sera
divisé en deux compartiments par un mur de refend, de manière à
assurer constamment le service en cas de réparations ou de net
toyage.
Enfin, à la place de l’ancienne conduite qui est abandonnée,
M Houx établit, entre le puisard des nouvelles pompes et le réservoir,
à un mètre de profondeur en suivant les accotements des routes
d’Angoulême et de Paris, une conduite de refoulement en tuyaux
de fonte de 40 centimètres de diamètre. Sur cette conduite seront
branchées toutes les conduites de distribution rencontrées sur son
parcours. L’usine du Moulin-Neuf est conservée pour servir d’appoint
et sa conduite de refoulement sera mise en communication avec la
précédente
Ces nouvelles dispositions sont de nature à desservir complète
ment la ville et même à assurer aux quartiers élevés qui avoisinent
la préfecture, des pressions de 20 à 30 mètres, permettant de dis
tribuer l’eau à tous les étages. Pour les autres parties de la ville la
pression sera beaucoup plus considérable.
L’évaluation des travaux compris dans le projet de M. Roux
s’élève à 500,000 francs.
Pour le captage des sources qui intéresse plus particulièrement
le Comité, voici quelles sont les dispositions prises par cet ingénieur.
La nécessité de refaire entièrement le captage de la source du
Cluzeau au moyen d’une grande tranchée longitudinale, descendant
aussi profondément que possible dans le talus d’éboulementoù l’eau
divague est bien reconnue : sur ce point il n’y a donc aucune
difficulté.
En ce qui concerne l’Abime, il doit rester entendu que les canaux
de décharge seront constamment entretenus en bon état, de façon à
assurer un libre écoulement à l’eau de source. 11 importe qu’il n’y
ait au fond de l’ancien étang aucune eau stagnante. M. Roux se
— 20 —
propose d’entourer l’Abîme d’une digue ou levée de terre, pré
cédée d'un fossé de ceinture destiné à recevoir les eaux sauvages.
Sans critiquer cette disposition qui a son utilité, nous estimons
qu’elle est insuffisante et qu’il y a quelque chose de plus à faire
pour garantir celle des sources qui sera mise en distribution. Il
conviendrait, suivant nous, de l’entourer d’une enceinte maçonnée
en vue de prévenir l’éboulement des berges dans la nappe d’eau.
A raison de l’étendue de cette dernière il ne saurait être question
de l’aveugler, en l’enfermant dans un réservoir voûté. Mais une
toiture légère, en métal ou en bois, reposant sur l’enceinte, nous
parait indispensable pour la protéger contre la chuLe des feuilles et
la poussière de la route voisine. Eu égard à sa situation il importe
également que la source soit close. Enfin, quoique le rapport ne le
mentionne pas expressément, il doit rester entendu que l’eau de
l’Abîme ne saurait être conduite au puisard des pompes autrement
que dans une conduite fermée en fonte ou en maçonnerie.
C’est sous ces conditions et à raison de la bonne qualité de l’eau
des sources de l’Abîme et du Cluzeau, que nous proposons au
Comité de déclarer qu’il ne s'oppose pas à l’exécution des travaux
tendant à la dériver pour l’alimentation de la ville de Périgueux.
Conclusions approuvées par le Comité consultatif d’hy
giène publique de France, dans sa séance du 14 mai 1888.
RÉPUBLIQUE FRANÇAISE
a
PRÉFECTURE DE LA DORDOGNE.
COMITÉ DÉPARTEMENTAL
d’hygiène
ET DE SALUBRITÉ DE LA DORDOGNE
Ce Comité est ainsi composé :
Président : M. le Préfet.
Vice-Président : M. le docteur Parrot, officier de la Légion d'honneur.
Secrétaire : M. le docteur Mirabel.
Membres : MM. l’Ingénieur en chef des Ponts et Chaussées ; docteurs
Gadaud, Lacombe, Fourgeaud ; Bontemps, Kintzel, Privât, pharmaciens:
Sicard, directeur de l’école normale d’instituteurs; Gaillard, professeur
départemental d’agriculture ; Lagrange, architecte ; Meunier, inspecteur
des enfants assistés ; Peynaud, vétérinaire.
Extrait du procès-verbal de la séance du 9 juin 1888.
M. le docteur MIRABEL, rapporteur.
A deux heures, M. le Préfet, président, déclare la séance ouverte
et donne la parole à M. le Rapporteur de la Sous-Commission char
gée de préparer un rapport sur le projet d’amenée d’eau présenté
par la ville de Périgueux.
M. le Rapporteur donne lecture des conclusions suivantes :
Les eaux de l’Abîme ne devront être employées que comme
complément des eaux du Cluzeau, qui paraissent indemnes et qui
alimentent actuellement la Ville.
Le niveau de l’étang du Toulon devra être abaissé de manière
à faire disparaître les eaux croupissantes qui avoisinent l’Abime.
Cet abaissement ne devra cependant pas être exagéré, pour ne
pas créer un appel des eaux de la plaine vers l’Abime.
— 22
Les sources nécessaires à fournir les 40 litres d’eau qui, ajoutés
aux 30 litres du Cluzeau, doivent fournir les 70 litres prévus
pour l’aliinentation de Périgueux, devront être captées, avec le
plus grand soin, dans une chambre en maçonnerie étanche, des
cendue aussi bas que possible sur un terrain imperméable. Un
drain, destiné à recueillir les eaux de la nappe perméable conta
minée, devra être établi en amont de l’Abîme, entre les côleaux
et la rivière de l’Isle.
Ce drain devra se composer, à l’aval, d’un mur en maçonnerie
étanche, et, à l’amont, d’un mur en maçonnerie à pierre sèche,
reposant tous deux sur un radier en béton, dont la pente sera
dirigée vers la rivière. L’intervalle des deux muraillemenls sera
rempli de moellons à sec. Une certaine zone, qu’une étude plus
complète devra déterminer, et comprise entre le drain et l’Abîme,
ne devra pas comporter d’habitations. Une surveillance rigou
reuse devra être exercée dans tout le faubourg du Toulon pour la
création de fosses d’aisance parfaitement étanches, et pour l’amé
nagement des eaux de voirie, auxquelles on devra assurer un
bon et prompt écoulement. Quant aux maisons existant actuelle
ment aux abords immédiats de l’Abime, il y aura lieu de suppri
mer, d’une manière radicale, toutes les installations insalubres
qu’elles comportent.
Les membres de la Sous-Commission croient devoir, en outre,
émettre l’avis que ces travaux, d’un caractère indispensable, ne
pourront pas, cependant, préserver d’une manière absolue les
eaux de l’Abîme de la contamination de la nappe aquifère, qui
pourra siphonner sous les maçonneries, par les fissures nom
breuses que doit présenter le terrain avoisinant l’Abîme. »
Ces conclusions sont adoptées à l’unanimité moins une
voix.
Pour extrait conforme,
Le Secrétaire general,
Signé : ALAPETITE.
COMITÉ
CONSULTATIF O'HYGIÊNE PUBLIQUE DE FRANCE
Séance du 2 juillet 1888.
SERVICE SANITAIRE.
RAPPORT COMPLÉMENTAIRE
SUR LE PROJET DE LA DÉRIVATION DES SOURCES DU CLUZEAU ET
l’abîme pour l’alimentation en
eau potable de
la VILLE
DE
de
PÉRIGUEUX.
M. JACQUOT, rapporteur.
Quand le dossier relatif au projet de réfection de la dérivation
des sources du Cluzeau et de l’Abîme pour l’alimentation de la ville
de Périgueux a été soumis au Comité, il ne contenait pas l’avis du
conseil de salubrité du département. Dans notre rapport, nous
n’avons pas cru devoir relever cette omission, qui avait perdu une
partie de sa valeur, à raison de l’examen des lieux auquel nous
avions pu nous livrer au cours de notre mission. L'autorité préfec
torale a jugé à propos de la faire disparaître. Le conseil de salubrité
a donc été convoqué le 9 juin dernier pour donner son avis sur le
projet. Le procès-verbal de cette séance nous a été communiqué le
25 du même mois. 11 renferme des appréciations et des conclusions
qu’à notre sens il convient de réfuter. En s’abstenant, le Comité
d’bygiêne semblerait leur donner une approbation tacite dont on ne
manquerait pas de se prévaloir. Remarquons à ce sujet que l’ins
truction de cette grave affaire est bien loin d’ôtre close, et que,
d’après un renseignement qui nous a été communiqué, il serait
— 24 —
question d’isoler l’eau de l’Abime de celle du Gluzeau, en leur
affectant deux conduites indépendantes.
Dans la délibération du conseil de salubrité de Périgueux, les
eaux de l’Abime sont seules en cause. 11 n’y est qu’une seule fois
question de la source du Cluzeau, et c’est pour déclarer qu’elle
paraît indemne et à l’abri de toute contamination.
Nous ne pouvons accepter cette distinction, La conclusion qui
ressort avec le plus d’évidence de notre rapport, est que l’Abime et
le Cluzeau ne sont que les deux orifices conjugués d’une seule et
môme nappe aquifère. Les analyses exécutées par M. le D1’ Pouchet,
en montrant la concordance de la composition de ces eaux jusqu’aux
milligrammes, ne peuvent laisser aucuu doute à cet égard. D’un
autre côté, nous croyons avoir établi que le gisement de cette nappe
se trouvait dans les coteaux crétacés aux pieds desquels la ville de
Périgueux est bâtie et qu’il était cemplètement indépendant de la
terrasse diluvienne où s’étend le faubourg du Toulon. lien résulte
qu’elle est à l’abri de toute contamination. Nous pourrions nous
contenter de constater le fait et déclarer que rien n’autorisait le
conseil de salubrité de la Dordogne à établir entre le Cluzeau et
l’Abime une distinction inacceptable.
Examinons cependant les raisons qui l’ont engagé à donner un
avis défavorable à l’emploi des eaux de cette dernière source. Le
premier grief est tiré de la position topographique de l’Abîme en
aval de la ville. Le conseil de Périgueux considère qu’il y a là, par
le fait môme, des conditions générales défectueuses au point de vue
de la salubrité. Il fait remarquer que le faubourg du Toulon est en
voie continue d’extension et que la source est dés lors exposée à
être contaminée par les eaux qui existent à une petite profondeur
dans la terrasse. Il conclut, en conséquence, que les eaux de l’Abime
présentent actuellement un certain danger, lequel ira fatalement en
s’accentuant avec le temps. Pour le cas où cet avis ne prévaudrait, le
conseil de salubrité de la Dordogne a formulé une série de desiderata
que nous transcrivons textuellement :
» Les eaux de l’Abime 11e devront être employées que comme complé» ment des eaux du Cluzeau. qui paraissent indemnes et qui alimentent
» actuellement la ville.
- 25 —
« Le niveau de l’étang du Toulon devra être abaissé de manière à faire
» disparaître les eaux croupissantes qui avoisinent l’Abîme. Cet abaissement
» ne devra pas cependant être exagéré, pour ne pas créer un appel des
» eaux de la plaine vers l’Abîme.
» Les sources nécessaires à fournir les 40 litres d’eau qui, ajoutés aux
» 30 litres du Cluzeau, doivent fournir les 70 litres prévus pour l’alimen» tation de Périgueux, devront être captées avec le plus grand soin dans
» une chambre en maçonnerie étanche, descendue aussi bas que possible
» sur un terrain imperméable. Un drain destiné à recueillir les eaux de la
» nappe perméable contaminée devra être établi en amont de l’Abîme,
» entre les coteaux et la rivière de l’Isle.
» Ce drain devra se composer, à l’aval, d’un mur en maçonnerie étanche ;
» à l’amont, d’un mur en maçonnerie à pierre sèche, reposant tous deux
» sur un radier en béton, dont la pente sera dirigée vers la rivière.
» L’intervalle des deux muraillements sera rempli de moellons à sec. Une
» certaine zone, qu'une étude plus complète devra déterminer, et comprise
» entre le drain et l’Abîme, ne devra pas comporter d’habitations. Une
«surveillance rigoureuse devra être exercée dans tout le faubourg du
» Toulon, pour la création de fosses d’aisances parfaitement étanches, et
» pour l’aménagement des eaux de voirie, auxquelles on devra assurer un
» bon et prompt écoulement . Quant aux maisons existant actuellement aux
j abords immédiats de l’Abîme, il y aura lieu de supprimer d’une manière
» radicale toutes les installations insalubres qu’elles comportent.
» Les membres de la sous-commission croient devoir, en outre, émettre
» l’avis que ces travaux, d’un caractère indispensable, ne pourront pas
» cependant préserver d’une manière absolue les eaux de l’Abîme de la
» contamination de sa nappe aquifère, qui pourra siphonner sous les
» maçonneries, par les fissures nombreuses que doit présenter le terrain
» avoisinant l’Abîme. »
Reprenons, pour les examiner en détail, les griefs formulés par
le conseil de salubrité de Périgueux : celui qui est relatif à la
position topographique de l’Abîme, par rapport à la ville, n’est pas
de nature à nous arrêter. Comment le Conseil n’a-t-il pas vu qu’il
s’appliquerait aussi bien au Cluzeau qu’à Z’AMme? On comprend
que lorsqu’il s’agit d’un cours d’eau traversant une ville, on fasse
une distinction capitale entre l’amont et l’aval. Elle est parfaitement
motivée. Mais on ne voit pas bien comment une nappe aquifère,
qui a son siège dans des coteaux situés au-dessus de la ville, peut
en être influencée. Dans l’espèce amont et aval deviennent des
mots vides de sens.
— 26
La possibilité de la contamination de l’Abîme, par le voisinage du
faubourg du Toulon, a été examinée avec détail dans notre rapport,
puisque cette question est traitée dans un paragraphe spécial. Nous
n’y revenons que pour reprendre le principal argument que nous
avons fait valoir. Il est tiré de l’indépendance du terrain crétacé
qui renferme la nappe aquifère donnant naissance à l’Abime, par
rapport au diluvium qui constitue le sol de la terrasse où le faubourgest bâti. Le terrain diluvien n’est qu’à l’étal d’applique à la base des
coteaux, et ne peut, dés lors, influencer la nappe.
Le Conseil de salubrité de Périgueux a bien compris qu’en pré
sence des résultats très satisfaisants donnés par l’analyse de l’eau
de l’Abîme, il n’avait aucune chance de faire accepter ses conclu
sions tendant à ce que cette source soit exclue de la dérivation pro
jetée. Aussi a-t-il élaboré un programme de travaux qui, dans sa
pensée, aurait pour effet de préserver cette source de toute conta
mination. Il ne paraît pas toutefois avoir une grande confiance dans
leur efficacité, car, après les avoir énumérés, il ajoute « qu’ils ne
pourront pas préserver d’une manière absolue les eaux de l’Abîme
de la contamination de la nappe aquifère (du Toulon), qui pourra
siphonner sous les maçonneries par les fissures nombreuses que
doit présenter le terrain avoisinant TAbîme. Dès lors, à quoi bon
des travaux de préservation, puisqu’on en reconnaît d’avance
l’inefficacité ? Ce n’est pas là d’ailleurs la seule contradiction que
renferme l’avis que nous avons à examiner. Nous en relevons, en
effet, de suite une seconde dans la proposition relative à la suppres
sion de l’étang du Toulon. Le Conseil de Périgueux est-il ou non
pour celte suppression qui doit apporter une amélioration notable à
l’hygiène de la contrée ? On ne pourrait le dire, tant la rédaction
de son avis est ambiguë. Il admet d’une part qu’il faut faire dispa
raître les eaux croupissantes qui avoisinent l’Abîme, de l’autre qu’il
convient de ne pas trop abaisser le niveau de l’étang, pour ne pas
créer un appel aux eaux de la plaine. Comment concilier ces deux
propositions? Si on ne fait qu’abaisser le niveau de l’étang, comme le
demande le conseil de salubrité, il y aura de toute nécessité des
eaux stagnantes, et on ne voit pas le moyen de les empêcher d’en
trer dans la conduite concurremment avec celle de la source. Avonsnous besoin de dire que sur ce point nous sommes d’un avis opposé ?
— 27 —
Nous estimons qu’on ne peut utiliser les eaux de l’Abîme qu’après
avoir replacé les sources dans leur état primitif naturel, non-seule
ment par la vidange et le curage de l’étang, mais encore par l’élar
gissement des canaux qui leur servent de décharge. C’est assez dire
que nous ne croyons pas à cet appel des eaux de la plaine, qui ins
pire tant d’appréhensions au conseil de salubrité de Périgueux.
Lorsqu’il s’est agi de préparer le terrain pour les prises d’essais qui
ont servi aux analyses, nous n’avons pas craint de faire un appel
énergique à ces eaux redoutables, en demandant que l’étang fut
curé quelques jours à l’avance. Nous n’avons cependant constaté
sur les berges de l’étang qui étaient à sec aucune trace de suinte
ment. La concordance des analyses des sources du Cluzeau et de
l’Abime n’établit-elle pas d’ailleurs que l’intrusion des eaux de
la plaine est purement imaginaire ?
Le Conseil de salubrité de Périgueux estime que le captage des
sources du Toulon est insuffisant. Il conseille, en conséquence, de
descendre dans l’Abîme aussi bas que possible sur un terrain imper
méable et d’y recueillir les sources dans une chambre en maçon
nerie étanche. L’Ingénieur en chef des Ponts et Chaussées était
plus particuliérement désigné dans le Conseil pour apprécier les
difficultés d’une semblable entreprise. Pour lui, l’opération, déjà
très difficile par elle-même, en raison de l’énorme volume d’eau
débité par l’Abime, deviendra matériellement impossible si, comme
tout le monde l’admet aujourd’hui, les sources du Toulon émergent
d’une faille dont l’existence a été constatée sur ce point. M. Roman
ajoute qu’un captage, entrepris dans le voisinage d un pareil acci
dent, ne donnerait qu’une protection illusoire. Ainsi, d’une part,
impossibilité matérielle d’entreprendre l’opération, de
l’autre, résultat nul. Il faut bien reconnaître que l’avis du Conseil
de salubrité n’est guère encourageant.
Heureusement pour la ville de Périgueux, le captage de l’Abî
me n’est pas à faire. Quand on étudie avec attention l'appareil
souterrain auquel les sources de failles doivent leur existence, on ne
peut qu’être frappé du mécanisme merveilleux qui préside à sa dispo
sition. En présence delà perfection de l’appareil, l’art de l’ingénieur
ne peut que constater son impuissance et s’incliner. Dans l’espèce,
— 28 —
l’analyse chimique n'a-t-elle pas démontré l’excellence du captage
naturel de l’Abîme, en mettant en évidence la bonne qualité de ses
eaux?
Nous considérons que le captage naturel de l’Abime présente
toutes les conditions de sécurité désirables. Nous no croyons pas,
dès lors, avoir à nous occuper du drain filtrant que le Conseil de
salubrité a proposé d'interposer entre la ville et les sources.
' En résumé, nous estimons qu’il y a lieu, de la part du Comité
d’hygiène, de se référer aux conclusions du rapport du 14 mai, et
de déclarer qu’il y persiste, en insistant sur l’identité absolue
de l'eau de l’Abîme et de celle du Cluzeau.
Approuvé par le Comité consultatif d’hygiène publique
de France, dans sa séance du 2 juillet 1888.
pSÎBLID IHIM-*
j CE LA VILLE :
! ÜE PÉRIGUEUX :
Périgueux. — Imprimerie Delage et Joucla, rue de Bordeaux.
Fait partie de Projet d'amélioration du système d'élévation des eaux des sources du Toulon
