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PETITION
DES
HABITANTS DE LA DORDOGNE
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Majesté VJEtntiet'euv ttes l'raiifnin JVapoléon Itl.
En jetant un coup-d’œil sur la carte des chemins de fer de France, on remarque que plu
sieurs départements (dont celui de la Dordogne fait partie), complètement déshérités de ces
moyens de transport rapides et économiques, se trouvent dans des conditions d’infériorité évi
dente vis-à-vis des contrées qui en sont pourvues.
Cet état de choses et l’intérêt immense qui s’y rattache n’ont pas échappé à la sollicitude
de Votre Majesté ni à la perspicacité de l’homme éminent qu’elle a si heureusement choisi pour
diriger les travaux publics. Nous en avons la preuve dans la mise à l’étude, récemment com
mencée, des lignes de Bordeaux à Lyon et de Limoges à Agen, en passant par Périgueux, li
gnes éminemment utiles et favorables aux intérêts jusqu’alors oubliés.
Ces chemins de fer devront tout naturellement traverser notre département du nord au
midi et de l’est à l’ouest, par suite de sa position géographique. Permettez-nous, Sire, de joindre
notre voix à celles des populations intéressées comme nous à l’établissement de ces lignes dans
le plus bref délai possible, et d’exposer sommairement à Votre Majesté les puissants motifs qui
viennent à l’appui de notre demande.
Le département de la Dordogne, dont les produits variés s’exportent en grande partie, se
trouve paralysé plus que jamais dans le développement de son industrie, de son agriculture et
de son commerce, en raison de son infériorité vis-à-vis des départements qui ont des produits
de même nature et possèdent des chemins de fer pour les transporter aux lieux de consom
mation.
Nos vins, nos noix, nos marrons et nos bestiaux surtout, principaux produits de la Dor
dogne, ne peuvent plus arriver sur leurs marchés naturels et supporter la concurrence qui leur
est faite par suite du bon marché et de la rapidité des transports dans les autres contrées.
Nos nombreuses forges et hauts-fourneaux, qui produisent des fontes, des fers et des aciers
d’une qualité si supérieure, sont pour la plupart condamnés, faute de moyens de transports
économiques, à un état de chômage qui paralyse l’emploi des richesses minérales dont notre
département est si largement doté.
Nos verreries, nos papeteries, nos huileries, nos carrières, en un mot tous nos produits,
languissent et souffrent de cette position qu’on peut dire exceptionnelle.
L’exécution prompte et immédiate des deux chemins qui doivent traverser notre départe
ment est donc le seul moyen qui puisse prévenir la décadence dont nous sommes menacés et
favoriser le développement de richesses naturelles qui ne demandent qu’à être exploitées à
l’abri de l’ordre et de la tranquillité, si heureusement rétablis par le gouvernement de Votre
Majesté.
Sire, votre haute sagesse et votre sollicitude pour tout ce qui se rattache à la prospérité
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DE PERIGUEUX
de la France nous font espérer que vous voudrez bien prendre en considération les doléances
d’un département qui vous est entièrement dévoué, et qui est digne de votre intérêt par son
étendue et sa population.
Sire, en décrétant la mise à exécution immédiate des chemins de fer de Lyon à Bordeaux
et de Limoges à Agen passant par Périgueux, vous replacerez la Dordogne dans le rang
qu’elle doit occuper, et vous cicatriserez la blessure encore saignante qui fut faite à son cheflieu par l’injuste suppression de la 20e divison militaire, dont l’avait doté le grand Napoléon,
de glorieuse mémoire.
Nous sommes avec le plus profond respect ,
Sire,
De Votre Majesté,
Les très humbles et très obéissants serviteurs
!
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Fait partie de Pétition des habitants de la Dordogne à sa Majesté l'Empereur des Français Napoléon III
