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DE CHATEAUROUX,
ET SUR DE NOUVELLES APPLICATIONS DE CES CALCAIRES,
FONDATEUR DE L’EXPLOITATION DES PIERRES LITHOGRAPHIQUES EN FRANCK
ET INVMNTEUR UE PLUSIEURS NOUVEAUX PROCÉDÉS LITHOGRAPHIQUES,
PRÉSENTÉ A MM. LES MEMBRES DU JURY DE l’eXPOSITION GÉNÉRALE
DE 1839,
SUR LES
PIERRES LITHOGRAPHIQUES
DE CHATEAUROUX,
ET SCR DE NOUVELLES APPLICATIONS DE CES CALCAIRES.
V
L’exploitation des pierres lithographiques de Châteauroux, établissement unique
en France, a obtenu diverses récompenses nationales. Une médaille de bronze à
l’exposition générale des produits de l’industrie en 1834, une médaille d’argent à
la société d’encouragement pour l’industrie nationale en 1836, et enfin une mé
daille d’or et le grand prix de 3,000 fr. en 1837, attestent du juste intérêt que les
divers jurys de l’industrie française ont porté à une entreprise qui nous permet de
ne plus être tributaires de l’étranger pour les calcaires lithographiques.
11 est difficile de se faire une juste idée des peines et des difficultés que le fonda
teur a rencontrées dés l’origine de son exploitation pour lutter contre d’injustes
préventions, contre les répulsions décourageantes de la routine et de la jalousie.
Il n’a fallu rien moi us que la conscience du bien et de l’utile, que la persévé
rance que donne une conviction profonde, pour triompher de si nombreuses entraves.
Je recueille aujourd'hui le fruit de mes veilles et de mes travaux en voyant se pro
pager partout l’emploi de nos produits ; mais je n’ai point oublié que c’est à l’ex
position générale de 1834 que je reçus mon premier encouragement, et je dois
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compte à cette utile et belle institution de la salutaire influence qu’elle a exercée
sur cette industrie nationale, et des résultats quelle a contribué à nie faire ob
tenir.
C’est avec des travaux faits, c’est avec la preuve matérielle que les pierres li
thographiques de Châteauroux peuvent entièrement suppléer les pierres de Mu
nich, que je me présente aujourd’hui, après cinq ans d’essais, de travaux, de luttes
et de sacrifices.
ÉCRITURES. — TOPOGRAPHIE. — AUTOGRAPHIES.
La spécialité des pierres de Châteauroux pour tous les travaux d’écriture et de
topographie n’est plus contestée par personne. On est d’accord aujourd’hui pour
reconnaître que la finesse de sa pâte, sa dureté, son homogénéité, lui donnent
pour ce genre de travaux une supériorité marquée sur les pierres de Munich.
C’est ce qui résulte des certificats ci-après.
Voici ce qu’atteste M. Bineteau, qui est à la tète de l’établissement le plus en
réputation et le plus spécial pour les caries topographiques et géographiques :
« Dès 1819, nous nous sommes occupé de l’application de la lithographie aux
cartes topographiques et géographiques, et après un grand nombre d’essais, nous
avons reconnu que les pierres françaises de Châteauroux, d’un grain fin et très
dures, étaient préférables meme aux pierres d’Allemagne pour ce genre de travail,
ainsi que pour tous les dessins au pinceau ou à la plume, et pour les écritures
en général.
« Je ne doute même pas qu’en faisant un choix bien entendu de ces sortes de
pierres, elles ne puissent être employées aussi, et avec le plus grand succès, pour
la gravure sur pierre, ainsi que je l’ai très heureusement pratiqué dans mes
ateliers.
« En foi de quoi j’ai délivré le présent certificat pour servir et valoir ce que de
raison.
« Paris, le 1." décembre 1835.
a Signé BINETEAU, lithographe,
rue de» Maihurini-St.-Jatquei, n.* 18. »
A ce témoignage spécial j’ajouterai l’opinion motivée des autres principaux im
primeurs lithographes de Paris qui ont examiné les pierres de Châteauroux, dans
leur application à tous les autres genres de travaux lithographiques :
<r Les pierres de Châteauroux sont, de toutes les pierres de France, les seules
qui ont toujours été employées avec succès pour la lithographie. Elles sont sus-
ceptibles de recevoir le groin le plus régulier et le poli le plus beau ; elles ont
toutes les qualités nécessaires pour une bonne exécution, soit à l’encre, soit au
crayon, et peuvent fournir un tirage considérable toujours pur. L’expérience a
fait connaître quelles pouvaient, sous le rapport du dessin au crayon, être com
parées aux. pierres de Munich, et qu’elles devaient être préférées à ces dernières
pour les vignettes à l’eucre, l’écriture, Tautograpbie et le report. L’état brut de
l’extraction dans lequel on les expédiait en a seul restreint l’usage jusqu’à ce
jour; mais il doit se répandre de phis en plus, maintenant qu’on les débite
au moyen d’une scierie mécanique qui les dresse aussi régulièrement que sont
dressées les pierres de Munich, et qui a permis d’en baisser les prix de 30 pour
cent au-dessous du prix de ces pierres, pour lesquelles nous sommes tributaires
de l’élranger.
« Paris, le 22 octobre 1835.
« Siyn/i J. Nicolet, Df.surmont, Clüis, Frey, Th. Delarue, Mottb,
imprimeur du roi; E. Robert, imprimeur du duc d'Aumale; Thierry
frères , successeurs d'Engelmann ; J. Saunier, A. Desclos, Lemercier , Bbisset , Villain. »
A ces certificats j’ajouterai encore le résultat de l’enquête faite par la commis
sion de la Société d'encouragement, sur l’emploi des pierres de Châteauroux dans
les principales villes des déparlerocns :
« M. Ciiaravel, de Marseille, dit que les pierres de Châteauroux ne le cèdent
en rien aux pierres de Munich; qu’eu oulre, elles peuvent supporter une forte
acidulation, un long tirage; qu’elles out aussi uoe teinte blanchâtre très avan
tageuse au dessinateur.
.a M. Lamaignère, imprîmenr-litbographe, de Bayonne, déclare que, de
puis qu’il s’est servi des pierres que M. Dupont a livrées au commerce, il n’a
qu’à se louer de leur qualité, soit qu’il les ail employées pour l’écriture, soit
qu’il en ail fait usage pour le dessin; qu’il emploie de préférence ces pierres à
celles de Munich.
a M. Fayb , de Bordeaux, certifie que depuis que l’exploitalion de M. Dupont
est en pleine activité, il n’emploie dans son établissement d’autres pierres que
celles de Châteauroux, et qu’il a reconnu à ces pierres, lorsqu’elles sont bien
choisies, toutes les qualités voulues pour tous les travaux d’écriture et même de
dessin.
« M. Bonnet, de Toulouse, certifie que depuis que M. Dupont a livré au com
merce des pierres de Châteauroux, il ne se sert pas d’autres pierres dans son
imprimerie pour le dessin au crayon, l’écriture et la gravure à la pointe sèche,
— 4 —
et qu’aprés trois années d’expériences, il trouve ces pierres préférables à celles do
Munich.
« M. Bonnet ajoute que son premier artiste écrivain, qui est Allemand d’ori
gine, est d’avis, l’amour de la vérité l’emportant sur le sentiment national, que
ces pierres sont préférables à celles de Munich.
« M. Cadaux , imprimeur-lithographe de la même ville (Toulouse), émet un
avis semblable à celui donné par M. Boxmet. MM. Raynaud frères, de Toulouse,
déclarent que les pierres de Châteauroux, qui leur sont fournies par M. Dupont,
sont supérieures aux pierres de Munich.
« M. Legé, de Bordeaux, fait connaître par une lettre les essais qu’il a tentés
sur les pierres de Châteauroux; il leur accorde de la supériorité sur les pierres
de Munich. ■
a Enfin , les certificats de MM. Poize fils, André Mathieu , Arnaud , de
Marseille; Vaissière et Pérol, de Clermont-Ferrand; Chatenet et Lacohbr,
d’Angoulême; Reynaud-Lagarrigub, Delor, Revnaud , Mercadier aîné, de
Toulouse ; Chapoulie , Gaulon , Paillard , Ronde , Pain , Chauve , de Bor
deaux ; Verrier , Decrossas , de Limoges ; et Pichot , de Poitiers, attestent les
mêmes faits.
« Outre ces certificats, une lettre de M. Bineteau atteste qu’une pierre de
Châteauroux, sur laquelle on avait aulographié une carte de la Gaule, a fourni
au tirage 80,000 épreuves. Ce géographe dit que la qualité de l’encre et du pa
pier était parfaite ; mais que la pierre était aussi d’un grain très fin, très dur,
qu’il n’avait jamais rencontré dans toutes les pierres qu’il a eu occasion d’em
ployer.
« Enfin, une autre lettre de M. Mousse, place du Châtelet, à Paris, qui exploite
l’ancienne maison J. Cluis, établit les faits suivans : l.° Que depuis la décou
verte des pierres de Châteauroux il leur a reconnu une qualité incontestable dans
l'emploi de la lithographie à la plume, qui est sa spécialité ; 2.° que ces pierres
ont pour ce genre de travail une grande supériorité sur les pierres d’Allemagne;
3.° que sur le grand nombre de pierres dont il est possesseur, les trois quarts
sont des pierres de Châteauroux ; qu’il se propose de n’en employer que de celles
de celte carrière par la suite. »
Lithographe moi-même, et n’employant dans mon atelier que des pierres de
Châteauroux, je viens joindre à tant et de si imposantes attestations le tribut
de ma propre expérience et de mes travaux, en vous soumettant deux pierres écri
tes et fort compliquées, avec les épreuves qui les accompagnent.
La première est la carte routière du département de la Dordogne. [Pierre n.° 1.)
La seconde, une mappemonde historique fort compacte. [Pierre n.° 2.)
DESSINS AU CRAYON.
Ainsi qu’on l’a vu par les certificats qui précèdent, outre leur spécialité et
leur supériorité pour les écritures, les pierres de Châteauroux sont également fort
bonnes pour les dessins au crayon , quand elles sont bien choisies.
Voici à ce sujet le résultat des expériences faites par la Société d’encourage
ment :
a Le délégué de la commission, dit le rapporteur, n’a pas voulu se fier à ses lu
mières ; il a fait remettre à divers dessinateurs et imprimeurs-lithographes, MM.
Alexis Noël, Courtin, Forest, Jules Desportes, Lemoult, de ces pierres, en les
priant de vouloir bien opérer sur elles et de donner leur avis à ce sujet. Des lettres
en réponse à ces demandes, lettres qui devront rester déposées au secrétariat de
la société, il résulte des expériences de M. Alexis Noël : l.° Que ces pierres ont une
teinte franche et de beau ton, et qu’elles sont exemptes de toutes taches et défauts ;
2.° que le grain en est serré et compacte, résistant avec avantage à l’action des
acides de préparation; 3.° que ces pierres ont sur les pierres d’Allemagne de la
supériorité, en ce que leur couleur est moins fatigante pour les yeux lors du travail.
M. Noël ajoute qu’il a déjà travaillé sur de semblables pierres dont il ignorait la
provenance , et il nous a remis quelques épreuves pour justifier cq qu’il avance.
a M. Courtin, qui a exécuté un dessin sur une pierre que nous Iüi avions remise,
déclare n’avoir pas eu plus de peine à faire ce dessin que s'il eût agi sur une pierre
de Munich, et que si on ne lui avait pas signalé celte pierre comme étant de Châ
teauroux , il l’aurait prise pour une pierre d’Allemagne.
a M. Forest déclare, d'après des essais, qu’il préfère de beaucoup le ton gris
jaunâtre des pierres de Châteauroux à la couleur des pierres de Munich ; que le
ton de ces dernières pierres gène quelquefois ceux qui n’ont pas l’habitude de la
lithographie, surtout pour les teintes légères, qui, se confondant avec le ton de
la pierre , donnent au tirage du blanc là où on espérait une demi-teinte. Ce dessi
nateur a reconnu, en outre, que la dureté du grain est égale à celle des meilleures
pierres de Munich ; enfin, que, pour la pureté de couleur et l’homogénéité du grain,
cette pierre ne laisse rien à désirer.
<r M. Jules Desportes, à qui nous avions remis deux pierres, l’une semblable à
celle mise dans le commerce par M. Dupont, l’autre dite de rebut, et qu’il emploie
dans sa lithographie, à Périgueux, pour les écritures, s’exprime ainsi : L’une de ces
pierres est sans veines , sans fissures, et ses caractères extérieurs sont tellement
analogues avec ceux des pierres de Bavière, qu’on y est trompé de prime abord.
Pour m’assurer qu’elle n’avait pas sous sa superficie des couches ou des parties
tendres, je l’ai fait longuement grener ; la pierre a conservé le même aspect, d’où
«
— 6 —
j’ai conclu qu’elle était d'un grain très dur ; je l’ai employée aux écritures, elles
sont bien venues: il en a élé de même des lignes grises. Je ne doute pas que ces
pierres ne soient préférables aux pierres de Munich, pour les ouvrages à l’encre et
pour la gravure.
a La seconde pierre présente beaucoup de taches roussâlres : j’ai essayé de les
faire disparaître au moyen de grenages successifs; elles ont résisté. Cette pierre a
ensuite été disposée pour le dessin au crayon, à cause de son extrême dureté. Mal
gré la nuance des taches de rousseur, le dessinateur (M. Ch. Bour} a pu faire son
travail sans embarras; il a traité sou dessin largement, parce qu’il craignait de
fausser le ton sur les taches. Cet obstacle que le dessinateur redoutait n’a pas nui
au tirage. La pierre a conservé uniformément le ton graisseux. Les effets de l’aci
dulation , du mouillage, de l’encrage, ont été parfaitement conformes à ceux qu’on
observe lorsqu’on agit sur des pierres d’Allemagne; et, aûn de ne pas avoir à
combattre les préventions des ouvriers sur les pierres nouvelles, je leur ai caché
la provenauce de celle pierre : ils ont été parfaitement trompés. En résumé , ces
pierres m’ont paru de bonne qualité, et, en général, plus dures que les pierres de
Munich.
a M. Lemoull dit: J’ai fait exécoler sur une pierre française que vous m’avez
remise un dessin dont la pureté m’a étonné; la facilité avec laquelle l’encre y
adhérait et le tirage long et beau qu’elle m’a donné, m'ont aussi complètement
satisfait. L’artiste, pour son compte, m’a témoigné combien il désirait avoir tou
jours de semblables pierres, a
A l’appui de l’examen et des expériences de la Société d’encouragement, je puis
ajouter encore aujourd’hui le témoignage et les travaux de plusieurs dessinateurs
du premier mérite, et je vous soumets :
1. ® Une lithographie représentant saint Zacharie et saint Jean en adoration de
vant l’eufanl Jésus qui est entre les mains de la Vierge et de Joseph, par M. Dcveria; {Pierre n.® 3.)
2. ® Un saint François, par M. Llianla; {Pierre n.°4.)
3. ® Le portrait de M. Albert, par M. L/on Noël; {Pierre n.® 5.)
4. ® Un dessin extrait de la Revue des Peintres ; {Pierre n.® 6.)
Enfin, je vous soumets également une série de vues des environs de Périgueux,
parM. Bardon, professeur au collège de Périgueux, et qui au mérite du dessin
joignent celui de prouver qu’en province, grâce à la facilité de se procurer des
pierres, on s’occupe aussi, et avec quelques succès, de dessios lithographiques.
{Pierres n.®* 7, 8, 9, 10 et 11.)
Il reste donc prouvé que les pierres de Châteauroux possèdent pour le dessin
au crayon les mêmes qualités, au moins, que les pierres de Bavière.
GRAVURE SUR PIERRE.
La lithographie a, comme chacuu sait, porté ses empiétemens jusqu’à la
gravure sur cuivre. Non-seulement elle lutte avec la taille-douce par ses tra
vaux à la plume, mais elle fournit elle-même des gravures sur pierre du plus
grand mérite.
Sous ce rapport, les pierres de Châteauroux oui encore de l’avantage sur les
pierres de Bavière.
Voici ce qu’en pense M. de Rossy, dont la spécialité est la gravure sur pierre :
« Je soussigné, certiGo que je me suis souvent servi dans mon étahlissement li
thographique de pierres françaises de Châteauroux, et que j’ai reconnu à ces pier
res une qualité égale aux meilleures pierres d’Allemagne, principalement pour la
gravure sur pierre, genre dont je me suis occupé spécialement.
«r Ces pierres, un peu poudreuses au travail de la pointe, offrent l’avantage
de ne jamais éclater, et peuvent fournir un immense tirage par la facilité avec
laquelle elles s’imprégnent du corps gras.
« M. Aug. Dupont aura certainement rendu un grand service à l’art lithogra
phique par l’exploitation en grand de ces pierres françaises, et je ne doute pas
que d’ici à quelques années nous ne soyons affranchis du tribut que nous payons
à l'étranger.
c Paris, le 7 décembre 1835.
e Signé Dx ROSSY, lithographe,
roc Richer , o.® 7. ■
M. Delaplante, jeune artiste qui se livre avec succès à un nouveau système de
gravure sur pierre, et qui exécute en ce moment plusieurs ouvrages capitaux,
n’hésite pas à reconnaître, pour ce genre de travail, une grande supériorité aux
pierres de Châteauroux, en ce qu’elles n’éclatent point, permettent de faire les
tailles les plus légères, et de donner plus de sentiment et de moelleux aux effets
du burin.
On peut en juger par la gravure qui fait partie de mon exposition, et qui repré
sente le Christ au sépulcre. {Pierre n.° 12.)
— 8 —
LITIIO-TYPOGRAPHIE.
(Par brevet d'invention.)
La litho-typographie, ainsi que l’indique son nom, est l’alliance de l’impri
merie en lettres et de la lithographie. C’est un art tout nouveau, à l’aide du
quel, sans le secours de la stéréotypie, on peut conserver les ouvrages imprimés
en caractères mobiles avec une fidélité parfaite et avec une immense économie.
De concert avec mon frère, M. Paul Dupont (de Paris), nous avons résolu ce
problème en trouvant le mojen d’imprimer des épreuves de tous les ouvrages pos
sibles , avec des propriétés reproductives, à toutes les époques.
II suffit donc d’imprimer sur chaque ouvrage dont on veut se réserver la fa
culté d’obtenir plus tard de nouveaux tirages une ou plusieurs épreuves types qui,
placées dans des cartons, peuvent, sans embarras de matériel et à l’époque où
on le désire, être reportées sur pierre pour fournir de nouveaux tirages.
Ce procédé est l’objet d'un mémoire spécial de M. Paul Dupont, qui en fait
déjà l’application dans son imprimerie, et qui en obtient des résultats parfaits et
d’immenses économies, tant pour les tableaux et cadres administratifs que pour
les ouvrages de librairie.
Vous pouvez juger, messieurs, de la netteté des caractères, qui, grâce à ce
procédé, sont toujours neufs, puisqu’ils ne servent qu’à faire un premier tirage et
à donner quelques épreuves types, par l’impression du mémoire que vous lisez en
ce moment, et qui en est le résultat. (Pierres n.°‘ 13,14,15, 16 et 17.)
REPRODUCTION DES VIEUX LIVRES
PAR LE PROCÉDÉ LYTHO-TYPOGRAPIIIQUE.
On ne pouvait faire à la litho-typographie qu’une seule objection sérieuse ; la
voici : C’est un art qui commence, l’application en est à peine à ses premiers
pas, et rien ne pouvait garantir qu’une épreuve type, qui a conservé pendant qua
tre , cinq et six mois ses propriétés reproductives, put également les conserver
pendant quinze , vingt ans et plus.
A cela on pouvait bien répondre qu’un ouvrage de librairie se réimprime tous
les ans; qu’un des avantages de la litho-typographie est précisément de per
mettre que le tirage n’ait lieu qu’au fur et à mesure des ventes, et, par consé
quent , d’éviter une mise de fonds considérable et souvent ruineuse, dans l'incer
titude de l’écoulement; que chaque tirage peut fournir, dès-lors, de nouvel
les épreuves types pourvues des mômes propriétés reproductives, et que, dût-on
môme tous les six mois ou tous les ans en tirer de nouvelles ad hoc, la du
rée d’une composition d'ouvrage ne pourrait pas avoir de terme, comme elle ne
devait jamais perdre de sa netteté et de sa perfection. — Il restait, toutefois,
une arrière-pensée, non pour nous, qui avons la certitude de l’infaillibilité de
notre procédé, mais pour ceux qui pouvaient vouloir l’employer.
Mon frère m’en écrivit. Je mûris longuement cette objection, qui, je le répète,
n’était sérieuse qu’en apparence, mais qui demandait pourtant une solution. Je
me posai alors une question, et je me dis que si je trouvais le moyen de repro
duire des pages du livre le plus ancien u’aj ant reçu aucune préparation, j’aurais
en faisant le plut prouvé le moins.
Il est bien évident, en effet, que si, au moyen d'un agent chimique et d’une
préparation quelconque, on peut reproduire l'ouvrage le plus ancien pris au ha
sard dans une bibliothèque, à combien plus forte raison sera-t-il facile de repro
duire dans le temps le plus éloigné les épreuves qui auront été disposées dans cet
objet et imprimées avec une encre et sur un papier particuliers.
Là était toute la difficulté, et j’ai été assez heureux pour la surmonter. En
voici la preuve :
11 m’a suffi de détacher quelques feuilles des livres les plus anciens et en ca
ractères les plus inusités pour les reproduire sur la pierre et pouvoir en opérer
des tirages inépuisables. (Pierres n.°* 18, 19, 20 et 21. — Foir les épreuves d la
fin du Mémoire.}
Ainsi, l’application de la litho-typographie à toutes les impressions nouvelles n’est
plus une question. Mais la découverte qui en assure l’infaillibilité, et la garantit
même aux plus incrédules, peut avoir de bien autres conséquences, et devenir
elle-même un art particulier et d’une importance non moins incontestable.
Considérée sous le rapport des intérêts de la science, elle offre des avantages
d’un ordre plus élevé et se lie étroitement au passé autant qu’à l’avenir de la
civilisation.
Les épreuves qui suivent ce mémoire démontrent :
2.® Que je puis reproduire les ouvrages imprimés avec des caractères étrangers,
aussi facilement que les livres en caractères romains et italiques, etc.
On comprendra, dès-lors, qu’il est une foule d’ouvrages grecs, latins, français,
2
— 10 —
d’hui, et qui pourtant sont recherchés par les savans; portés, d’ailleurs, à des prix
très élevés, à cause de leur rareté, ils ne peuvent être la propriété que de quel
ques établissemens publics et de quelques riches bibliophiles. Et pourtant il serait à
désirer qu’ils hissent plus répandus, autant dans l'intérêt de la réputation de leurs
auteurs que dans celui de la propagation de la science.
Cette découverte, qui est le complément de la litho-typographie, en diminuant
de beaucoup les frais d’impression, notamment pour les livres scientifiques et en
langues étrangères, en dotera les bibliothèques publiques dans lesquelles on les
cherche souvent en vain, et les mettra entre les mains de tous les hommes
éclairés.
Les vieux livres français seront reproduits dans l’orthographe du temps où ils
furent publiés, avantages immenses qu’apprécieront les philologues et tous ceux
qui savent combien il est difficile de conserver dans des éditions nouvelles l’or
thographe des siècles passés.
Quant aux ouvrages grecs et latins, il y a beaucoup d’anciennes éditions qui
sont devenues fort rares et dont on est en danger de déplorer la perle. La litho
typographie rendra cette perte impossible.
Mais l’utilité de celte découverte est surtout bien évidente en ce qui concerne
les livres écrits en langues étrangères et imprimés en caractères étrangers. Il est
certain qu’on pourrait donner aujourd’hui, à Paris, une édition nouvelle bien
correcte d'un ouvrage quelconque, anglais, italien ou espagnol. Il est constant,
par exemple, que nos meilleurs typographes pourraient bien parvenir à éditer un
don Quichote digne de rivaliser avec celui dont s’honore la typographie espa
gnole ; mais pour cela les frais seraient immenses : la composition d’un pareil
labeur, difficile à cause de la langue, serait très coûteuse; la correction ne le
serait pas moins, car elle ne pourrait être confiée qu’à un homme très versé dans
la langue et la littérature espagnoles.
Une bonne édition d’un ouvrage écrit en langue étrangère est donc une entre
prise très difficile et fort dispendieuse, et c’est sans doute à cause de cela que
si peu de livres étrangers sortent de nos presses.
Des imprimeurs se sont pourtant hasardés à éditer quelques-uns de ces
ouvrages, presque tous à l’usage des écoles; mais on se plaint partout de la
cherté et du peu de correction de ces éditions.
C’est qu’en thèse générale, un ouvrage ne peut être bien imprimé que dans
le pays où se parle la langue de l’auteur.
Le procédé litho-typographique, en ne faisant subir aucune altération à l’ou
vrage reproduit, pourra propager parmi nous les meilleures éditions des livres
imprimés hors de notre pays, et qui sont tombés dans le domaine public.
De quelle importance cette découverte ne sera-t-elle pas, lorsqu’il s’agira d’ou-
— 11 —
vrages imprimés en caractères différens de ceux que nous employons habituel
lement 1
Paris et Strasbourg sont pour ainsi dire les seules villes de France où les ca
ractères gothiques sont employés avec succès pour les livres allemands, et la
cherté de ces livres prouve combien la typographie allemande présente chez nous
de difficultés. Notre procédé permettra la propagation des meilleures et anciennes
éditions allemandes, et ces réimpressions ne pourront manquer d’être préférées
à cause de la qualité de nos papiers.
Ce que nous avons dit de l’allemand, nous le dirons également du russe, de
l’arabe, de l’hébreu, du chinois et de toutes les langues, quelles que soient les
caractères en usage pour l’impression des ouvrages écrits dans ces langues.
Au moment où l’étude des langues étrangères est devenue un besoin de la
science, propager les livres étrangers, c’est seconder l’heureuse tendance que
vient de prendre l’esprit scientifique de notre époque, et ce n’est pas là un des
moindres avantages de la litho-typographie.
Après avoir décrit les bienfaits de l’art nouveau que nous venons de mettre en
lumière, il faut bien en signaler les inconvéniens, afin qu’on arrive à en pallier
le danger.
Il n’est pas douteux que la litho-typographie ne puisse favoriser puissamment
la contrefaçon.
La législation ne peut avoir prévu un pareil moyen de reproduction, et c’est
peut-être déjà rendre un service à la librairie que de lui apprendre qu’une sem
blable opération est possible, afin qu'elle en vienne à marquer ses éditions d’un
signe quelconque qui permette de reconnaître la contrefaçon.
Si cette découverte était advenue à quelqu’un qui eut voulu en faire un mau
vais usage, il l’eùt gardée très secrètement et eut pu ruiner la librairie fran
çaise , sans que de long-temps on en eût découvert la cause.
En la publiant, au contraire, on met tout le monde en garde contre un pa
reil moyen de contrefaçon.
Ce n’est pas une des moindres raisons qui nous ont engagé à prendre un brevet
qui sera une garantie non-seulement pour nous, mais pour le commerce de la li
brairie.
Ce que nous désirons, c’est que cette découverte tourne au profit de la science ;
qu’elle serve à la propager dans toutes les classes de la société, principalement
par la reproduction des ouvrages anciens tombés dans le domaine public, et des
ouvrages en langues étrangères.
*8 IB? IO Î hEQÜl
Cf. LA VIL LL J
PERIGUEUX I
— 12 —
REPRODUCTION DES VIEILLES GRAVURES SUR CUIVRE.
Les arts et les découvertes se lient, s’enchaînent, naissent les uns des autres
souvent au moment où l’on s’y attend le moins.
C'est ainsi que la lithographie et la découverte des pierres françaises ont fait
éclore la litho-typographie que nous venons de décrire, et que cette dernière
Vient de me mettre sur la voie de la découverte d’un procédé à l'aide duquel les
plus anciennes gravures de nos grands maîtres pourront être reproduites, par la
pierre, avec la même perfection que par le cuivre primitif.
11 semblerait qu’il n’y a qu’un pas du report sur pierre des vieilles impressions
au report sur pierre des vieilles gravures. Il y a pourtant une distance immense.
C’est ainsi qu’en faisant des recherches et des essais pour le report des vieilles
impressions, nous avons trouvé un procédé qui fait passer sur la pierre jusqu’aux
moindres détails d'une ancienne gravure ; mais cette empreinte ne peut supporter
l'encrage, et, par conséquent, produire elle-même des épreuves.
La Société d’encouragement a prévu sans doute cette difficulté quand elle a
proposé pour problème de son vingt-sixième prix de 1839 le report sur pierre
d'une vieille gravure, sans demander autre chose qu'un report parfait.
Elle a compris qu’il fallait d’abord poser un jalon , et que plus tard, peut-être,
on parviendrait à tracer la route complètement et à toucher le but.
Par le procédé que j’ai trouvé, et que je crois devoir remplir les conditions du
concours, la gravure la plus ancienne, remontât-elle aux premiers essais de
1466 et 1477, passe fidèlement sur la pierre. Les teintes, les demi-teintes, les
moindres et imperceptibles détails y passent avec la plus parfaite précision.
Cette empreinte qui, telle qu’elle est, ne peut imprimer, offre néanmoins déjà
un moyen sùr et infaillible, mais seulement plus long, de reproduire des épreuves.
Voici, en effet, l’avantage qu'on peut retirer immédiatement de cette découverte,
en attendant que de nouveaux essais et la persévérance amènent à trouver, comme
nous l'avons fait pour les vieilles impressions, le moyen d'imprimer avec les em
preintes obtenues sur de vieilles gravures.
Il a fallu pour graver sur cuivre un sujet capital, tel que ceux dus à nos plus
grands maîtres, six à sept ans peut-être. On ne pourrait, à l’état où est l’art au
jourd’hui , arriver en moins de temps à copier leurs ouvrages, et ce ne serait ja
mais qu’une copie.
En opérant le report sur pierre, qui sert de décalque non-seulement pour les
traits, mais pour les moindres hachures, les plus légers effets d’ombre, il ne s’a-
— 13 —
git plus que de repasser à la pointe sèche tous les détails, ainsi que M. de Laplante l’a fait sur le sujet gravé que je soumets à votre examen. (Pierre n.° 22.J
Le travail se trouve par là réduit à sa plus simple expression ; et ce qui eût
exigé plusieurs années pour être gravé sur pierre sans décalque, est gravé en
quelques semaines, parce qu’il n’y a que des traits à suivre.
On reconnaîtra facilement que si la main du graveur est sûre, on doit avoir
line copie identique, un contre-original parfait. Les mêmes effets sont reproduits,
et avec tous les avantages de la gravure en creux, que n’obtiendra jamais le
dessin sur pierre ou le simple report, à supposer qu'on découvre le moyen de
le rendre apte à imprimer. L’opinion de M. de Laplante est que la gravure sur
pierre, et notamment sur pierre de Châteauroux, peut donner plus de senti
ment, plus de moelleux que la gravure sur cuivre, ainsi que je l’ai fait remar
quer au chapitre de la gravure sur pierre. Les épreuves ont, en outre, une teinte
d’un beau noir d’impression, au lieu du noir rougeâtre que donne toujours la
taille-douce.
Nous aurons atteint notre but si, par ce procédé, nous avons procuré les
moyens de rendre impérissables les gravures des grands mailres, si larges et si
riches, quand on les compare aux gravures modernes.
CONCLUSION.
Je crois avoir démontré par des documens et des preuves irrécusables :
1. ° Que l’exploitation des pierres françaises a justifié les espérances qu’on en
avait conçues, et contribué à augmenter le nombre des lithographes, qui trou
vent ainsi à se pourvoir d’un objet de première nécessité pour leur art à 30
pour cent au-dessous des pierres étrangères ;
2. * Que par cette exploitation, la lithographie est à l’abri des éventualités d’une
guerre qui pourrait la priver des calcaires étrangers pour un temps plus ou
moins long;
3. ® Qu’il est hors de doute que les pierres de Châteauroux sont d’une qualité
toujours égale, et même supérieure pour certains travaux, aux pierres d’Allema
gne , qui étaient seules employées avant mon exploitation, et qu’elles sont sus
ceptibles d’être affectées avec succès à tous les travaux lithographiques sans ex
ception ;
4-.° Qu'elles ont conduit à la découverte de la litho-typographie, destinée à rem
placer les clichés ou stéréotypes avec une grande économie et une grande perfec
tion i
5. ° Que cette dernière découverte peut devenir un immense bienfait, puis
qu’elle permet de reproduire les plus vieux ouvrages et de réimprimer les livres
de science, et en langues étrangères, sans le secours de caractères, de composi
teurs , de correcteurs et de matériel d’imprimerie ;
6. ° Enfin, qu’à l’aide de mes décalques et du système de gravure sur pierre
qui en est la suite, on peut rendre impérissables les ouvrages de nos grands
maîtres dont les cuivres n’existent plus.
J’ose espérer, messieurs, que vous voudrez bien accueillir avec quelque bien
veillance les échantillons et les objets d’art que j’ai cru devoir vous soumettre. Je
m’estimerai heureux et assez récompensé de tous mes travaux, si votre suffrage
vient m’apprendre que mes veilles et mes sacrifices n’ont point été perdus, et
que j’ai fait quelque chose d’utile pour la science et l’industrie de mon pays.
Périgueux, l.w mars 1839.
Aügüste DUPONT.
— 15 —
QUESTIONS D'ÉCONOMIE.
PIERRES LITHOGRAPHIQUES.
Une des conditions du concours de l’exposition générale étant de présenter des
objets ou des procédés qui réalisent de notables économies, nous plaçons ici le
tarif comparé des pierres de Châteauroux et des pierres de Munich.
Tarit comparé des tibrrbs de Munich et de Châteauroux, prises â Paris :
PROCÉDÉ LITHO-TYPOGRAPIIIQÜE.
Total........... 1,850 fr.
Différence en faveur de la tilho--typographie, 930 fr., c'est-à-dire plus de 50 p. q,.
Si l’ouvrage contenait des figures, il y aurait une bien plus forte différence.
Mais l’avantage devient bien plus grand encore si l’on désire garder la composition
pour de nouveaux tirages. Par les anciens procédés il faut clicher (sléréotyper)
la composition, ce qui coule 7 à 800 fr. par volume, tandis que par le procédé
litho-typographique il suffit de garder une ou deux bonnes épreuves, dépense to
talement nulle.
(*) Le satinage a lieu par l'effet seul du tirage sur pierre.
EXPLICATION DU REPORT CI-CONTRE,
TIRÉ D’üN OUVRAGE IMPRIMÉ EN H99.
La page ei-contre est reproduite sur ta pierre avec la page semblable détachée du
volume le plut ancien que nous ayons pu trouver.
C’est une édition det étymologies d'Isidore, imprimée à Paris en 1499, peu de
temps après la découverte île l'imprimerie.
Voici une note qui se trouve sur l'intérieur de la couverture :
a Cet exemplaire d'Isidore a été exactement collationné et trouvé en entier. Vide
v sur cet ouvrage et cette édition les annales typographiques de Chevillier :
c Opus divi Isidori, quod Etimologiarum inlilulalur. lwpressuni Parrhissi an
« 1499, par Wolf et Kerver.
« C’est dans ce seul livre que j’ai vu Parrhissi pour Parisiis :
a II est assez connu que Wolf et Kerver portèrent les premiers en France l'art de
a l'imprimerie en caractères mobiles, et nous ne connaissons aucun livre imprimé
a en France en caractères fixes, qu'on appelle communément Tinlainina. o
Ainsi qu’on le voit, le feuillet détaché du livre a servi à décalquer sur la pierre
non-seulement son recto, mais son verso. Ce feuillet n’est nullement détérioré. Il
fait partie de mon exposition, et pourra être replacé quand on voudra dans le vo
lume que je dépose également.
Lees pages ci-contre, qui supporteraient d’inépuisables tirages, sont la reproduction
parfaite de l’original. Elles n’ont été l’objet d’aucune retouche, et nous avons voulu
quelles présentassent même les imperfections du modèle.
C'est ainsi que les majuscules gothiques eussent pu facilement être chargées de
noir, et que nous avons préféré leur laisser la teinte grise qu’elles ont dans le mo
dèle.— Quelques lettres défectueuses, quelques taches, des lettres qui manquent patsuite d’un trou de ver qui traverse le volume entier, nous avons tout respecté pou»
démontrer la fidélité de notre procédé.
On comprendra facilement que si on imprimait pour éditer, on pourrait faire
toutes les corrections et retouches, et avoir, par conséquent, un ouvrage bien plus
correct que l’original.
EXPLICATION DES DEUX REPORTS CI-DESSUS.
Cm deux pages ont été extraites d’un petit volume in-%2, écrit tout en hébreu,
sans indication d’année, et contenant trois ouvrages différens : Le Lévitique, les
Nombres, le Deutéronome. — Les deux pages ci-dessus ont été extraites du Deu
téronome.
La composition et la lecture des épreuves pour l’hébreux coûtent des prix excessifs.
«
EXPLICATION Dü
REPORT CI-DESSUS,
EXTRAIT D’UN OUVRAGE IMPRIMÉ EN 1539.
Le volume dans lequel cette page a été prise contient deux ouvrages différent :
1. » Idylles de Théocrite, c’est-à-dire trente-six petits poèmes de cet auteur. —Du
même auteur, dix-neuf épigrammes, la Hache et l’Aile. — A Venise, à la Sala
mandre , en 1539.
2. ® Anciennes scholies sur les Idylles de Théocrite, tirées de différent exemplaires.
—1539.
La page ci-dessus est extraite de ce dernier ouvrage.
EXPLICATION DU REPORT CI-CONTRE,
TIRÉ D'UN OUVRAGE IMPRIMÉ EN 1556.
Les deux pages ci-contre ont été extraites d’un ouvrage imprimé à Paris en 1556,
et ayant pour titre :
Theoricæ novæ planelarum Georgii Pvrbachii, Germani, ab Erasmo Reinholdo Salucndensi, pluribus figuris auctæ, et illustratæ scholiis, quibus studiosi
preparenlur ac inuitentur ad lectionem ipsius Ptolemæi. — Recens editæ et auc
tæ nouis scholiis in theoria solis ab ipso auctore.
Nouvelles théories des planètes de Georges Purbachii, Allemand, enrichies de plu
sieurs figures par Erasme Reinhold de Salved, et augmentées de scholies qui prépa
reront et encourageront les gens studieux à la lecture de Ptolomée; récemment
éditées et augmentées de nouvelles scholies sur la théorie du soleil, par l’auteur luiméme.
C’est principalement pour des ouvrages de ce genre que le procédé litho-typographi
que peut rendre de grands services à la science.
EXPLICATION DE REPORT CI-CONTRE,
EXTRAIT D’UN CAIHER IMPRIMÉ EN 1530.
Le cahier auquel appartient cette page est écrit en allemand d’une époque très re
culée et qui ne se parle plus aujourd’hui. Voici la traduction du titre :
Pronostics ou pratiques de l’allemand Jean Schoener, de Carlstat, sur l’année
1532 de notre Sauveur, avec la configuration et les influences des planètes entre elles
ou en rapport avec les plus renommées et les plus grandes étoiles, tirées non-seule
ment du cours du primi mobilis, mais encore démontrées avec soin d’après la révo
lution particulière des étoiles et des planètes.
Pour imprimer de l’allemand de cette époque on serait embarrassé même dans le
pays, parce que la langue a entièrement changé.
Fait partie de Mémoire sur les pierres lithographiques de Châteauroux et sur de nouvelles applications de ces calcaires
