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PAPETERIE MÉCANIQUE
SISE AV WOt LIA-IIAVT, COMUINL UE RAZAC, ARHO5PISSF.MEAT LE PLRK.lt IX.
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PE LIA Dt STRIE DANS LE Dt.P VUTEMFAT UE I-1 DORDOGNE.
Le departement de la Dordogne n’a compte jusqu'à présent qu’un petit nombre
de grands etablisscmens industriels. C’est un regret qui est dans toutes les bouches,
et donl la cause doit être principalement attribuée au manque de routes et de confian>r.
L’habile administrateur (i) placé à la tète du departement ne nous laissera bientôt plus
rien à désirer sous le rapport </cx routes. Ces voies de communications réunies à la cana
lisation de l'isle, bienfait immense donl on ne tient peut-être pas assez du tumpAr^T
son auteur, M. de Uellisle, doivent nous mettre promptement au rang dejJ-* Hues les
plus favorisées.
-Quant ù la confiance, elle tient à peu de dK»»*- <*»»'"” Arrrrîisscment soit loyalement
«•nttiluo; qu'il réussisse; que ses actious, subdivisées par petites sommes afin que
toutes les fortunes puissent y atteindre, rapportent de beaux bénéfices, et l’on verra
surgir les capitaux. Ce sont eux qui viendront alors solliciter l'industrie, et le déjwrtement se couvrira successivement de fabriques.
C’est dans I espoir de hâter un résultat, si désirable pour tout cœur périgourdin,
que nous avons conçu l’idée d’une Papeterie Mécanique. A aucune époque, d’ailleurs,
les circonstances ne furent plus favorables aux entreprises industrielles. La France,
calme au dedans et respectée au dehors, est appelée à jouir d'une longue tranquillité.
Cette conviction, qui a pénétré dans tous les esprits, a tracé ta voie des associations de
capitaux, voie sans laquelle il est impossible de rien entreprendre de grand ; car, dans
les arts, les lettres, les sciences et l'industrie, l'isolement est mortel à tout progrès!...
Les étrangers eux-mêmes viennent nous donner l’exemple et nous apportent leur
fortune. Ils savent combien la France réunit de sources de prospérités, et l'expé
rience qu’ils ont acquise dans leur pays leur a fait juger ce qu’on devait espérer de
notre avenir commercial.... Heureuse association des peuples, qui, après nos longues
discordes, est l’expression bien marquée d'un besoin de sociabilité et de rapproche
ment, en même temps qu'un gage assuré de la paix du monde!
Eu présence de ce mouvement général de* esprits, nous avons pensé qoe l’eta
blissement d'une Papeterie Mécanique ne pouvait manquer detre accueillie avec
faveur, surtout si elle offrait toutes les garanties désirables de bonne foi et de sécurité
(I) M. Rnmiru est arrivé à Périgueux le 3 août 1853; quarante routes importantes ont tic cuverle» dans le departement depuis cette époque.
C'est ce «font chacun pourra juger par l’exposé suivant, finit île nos eonvieliuus
et d’une 'étude de plusieurs années.
AVANTAGES DE LA PAPETEUlE .MÉCANIQUE DL rHÉNlX.
Le succès de tout établissement industriel exige la réunion des conditions sui
vantes : i.° Heureux choix tic l''industrie i— 2.° Bonne position de rétablissement ; —
i.n J.cotdemcnt assure des produits ; — /t.° ^age administration.
1." Cltoix de l'iodastric.
La presse a, depuis quelques années, pris un grand développement. Le nombre des
publications périodiques va croissant chaque jour, et nous sommes cependant bien
loin enci iT d’égaler les produits de l’Angleterre et de l’Amérique.
Dans l’état actuel de la presse, et dût-elle ne plus faire un pas, c’est un fait avéré
aujourd'hui que les papeteries existantes ne su disent plus aux besoins; que l’on se
dispute les papiers dans les magasins de Paris, et que toutes les fabriques font des
bénéfices considérables.
Aucun genre d'industrie ne saurait donc présenter aux capitalistes des avantages
plus réels.
D’un autre part, les procédés mécaniques employés aujourd’hui pour la fabrication
des papiers ont laissé bien loin en arrière les usines établies d’après l'ancien système.
i\'e pouvant soutenir la concurrence ni pour la beauté des produits ni pour la rapi
dité de la fabrication et l’économie, elles sont obligées de cesser leur travail on d’a
dopter les machines nouvelles. Mais, dans ce dernier cas, leur vieux matériel les laisse
encore avec une infériorité marquée en présence des ctablissemens entièrement neufs.
2.® Donne position de rétablissement.
Il no snflit pas à une papeterie d’avoir un matériel puissant; il lui faut, par-dessus
tout, des eaux claires, limpides, et susceptibles de donner au papier une grande blan
cheur. J^nle fabrique située sur une rivière et privée de fontaines doit s’attendre à
voir intcWrmnpio
fabrication à chpuiic pb.b- g.'i *î«ndra troubler ses eaux.
__
Cn iiiciinvêilTCTit né sera jumau à craindre au Moulin-Haut, lieu fpTr-avons"
choisi et dout nous sommes propriétaires; enr indépendamment de la rivière de Vlste,
qui se jette dans le moulin avec une force de i5o chevaux, il existe à ao pas île cette
chute d’eau une des plus belles fontaines du département, connue sous le nom de
l dbime de Razae.
La tuasse d’eau qui en surgit peut être évaluée à une force de i5 à ao chevaux.
Quels que soient le temps et la saison, elle conserve, à très peu de chose près, la
meme abondance, la même limpidité. — L’analyse a prouvé que ses eaux ne conte
naient aucune parcelle de fer, et quelles étaient parfaitement convenables à la prépa
ration du chiffon.
Nul doute, alors, que les papiers dont la pâte aura été blanchie sur eette fontaine
rivaliseront avec ceux d'Angoulême, qui n’a dû qu’à ses eaux la réputation dont il
a joui si long-temps, et que le département de la Dordogne pouvait à tant de titres
lui disputer.
En outre de ccs premiers avantages, le lieu que nous avons choisi en offre d’autres
non moins importa ns.
Il est situé daus une plaine fertile où la population fournira, à bon compte, les
brrfs nécessaires; les marchands de chiffon y circulent toute l’année, enfin des bois
considérables, situés à l’entour, permettront d’avoir les combustibles à très bas prix,
en même temps que la navigation y apportera les charbons
Vue heure de marche seulement sépare le Moulin-IIaut de Périgueux. A sa droite
est la rivière de l'isle, aujourd’hui canalisée; à gauche, la grande route rovale de
Lvon à Bordeaux.
,
Ail. i se trouvent là réunies, comme garanties de succès, deux chutes d’eati assez.
— 3 —
rapprochée* pour être liées par le même bâtiment ; limpidité continuelle des eaux ,
.double voie de communication offerte à l'exportation et à l'importation, eu lin proxi
mité des villes de Périgueux et Bordeaux. — Il est, d’ailleurs» important de remarquer
qtie nulle fabrique mécanique n’étant établie ni daus la Dordogne ni dans les departemens voisins, on aura pour tributaires obligés toute la partie du département qui
n'avoisine pas l’Angoumois, la Corrèze, la ILuute-Vienne, le Lot, le Lot-et-Garonne ,
la Haute-Garonne, etc., etc., etc.
3.° Écoulement assuré des produits. — Avantages dn litre de fabrique du Phénix.
Indépendamment des certitudes de placement que l'entreprise trouve dans les con
ditions générales de sa position, nous sommes heureux de pouvoir en ajouter d'autres
qui nous sont personnelles.
1. ” Placé à la tête d'uiie des premières imprimeries de Paris, nous consommons
chaque année pour a à 3oo,ooo fr. de papier. C’est plus que la fabrication totale du
nouvel établissement, auquel nous prenons l'eugagement de nous adresser toujours de
préférence. Ainsi, dans le cas où une crise commerciale surviendrait, la Papeterie du
Phénix, par une heureuse exception, n’en continuerait pas moins à marcher, sûre
qu'elle serait d’avoir un écoulement assuré pour tous ses produits.
2. ° Dans l'espoir de hâter la fondation de cette usine, nous avons entrepris, il y a
deux ans, la vente de papiers à lettres, qui ont aujourd’hui une certaine réputation.
Ils sont marqués d’un chiffre particulier qui en garantit la propriété. Le commerce
les connaît, et les demande sons le titre de Papiers Phénix.
En adoptant la même désignation de Papeterie du Phénix, la nouvelle fabrique se
trouvera donc avoir, à t’avance, un nom connu, une réputation faite. Elle profitera
des travaux des fabriques les plus avancées et des beaux échantillons répandus, sous
celte dénomination, dans le commerce. Dès la première année, elle prendra rang,
dans l’opinion publique, parmi les ctablissemens les plus renommés : il lui suffira,
pour maintenir celte réputation, de ne pas faire plus mal, chose impossible en quel-, --que sorte, avec les nouvelles machines.
3. ° Elle aura un dépôt à Paris, dont nous serons l’agent. De yj^x»;<fcla lions
commerciales, des rapports jonm^liorn
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gi'.'Uîïlcs administra
tions, nous jM iinetuont de placer, en dehors Ttifftic de notre consommation, une
«piantiu» considérable de papiers. C’est dans cette vue que les constructions de la fa
brique doivent être établies de manière à recevoir une seconde mécanique qui dou
blera les produits et les bénéfices.
Toutes le» ventes seront garanties par nous, afin que la société ne puisse jamais
courir aucune chance de perte.
4.” Sage administration.
Les statuts ont été rédigés de manière à donner aux actionnaires toutes les garan
ties désirables. En voici l’analyse :
Capital, 3oo mille francs, divisés en actions de a5o-francs, destines tant à l’ac
quisition des machines et des constructions, qu’à un fonds roulant qui permettra d’a
cheter tout au comptant.
Dans le cas où l’on monterait une deuxième machine, les frais nécessaires seront
pris sur les bénéfices en réserve.
Du gérant. — Il est nom inc par l’assemblée générale. — Fournit un cautionne
ment en actions, — Scs appointemens fixes ne dépassent pas i,5oo fr.; mais il a une
part dans les bénéfices, afin que son propre intérêt d'actionnaire et de gérant le porte
à augmenter les produits. — Ne fait aucun billet, et ne peut, en conséquence, eugager la société.
Comptabilité. — Un caissier a le maniement des fonds, afin que la caisse et l’ad
ministration ne restent pas dans les mêmes mains. — Les paiemens, même les moins
important, n’ont lieu que sur des pièces comptables, visées par le gérant et signées
de la partie prenante.
—
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*
Du conseil (le surveillance.— Les opérations do gérant sont contrôlées par un con
seil de surveillance. — Il se réunit une fois au moins tous les mois. — Il convo
que l’assemblée générale chaque fois où il le croit nécessaire.
De la liquidation. — Si, contre toute prévision, les bénéfices uc s’élevaient pas à 5
p. °|0, la dissolution pourrait être prononcée dès la a.® année; l’établissement, les
machines, la clientelle, etc., mises en vente, et le produit distribué à tous les action
naires. — Chaque action aura donc, même dans l’hypothèse la plus malheureuse, la
certitude de rentrer dans la presque intégralité de son capital.
Aucune prime, ni traitement, ni action bénéficiaire, ne sont réservées.
DES BÉNÉFICES DE LA PAPETERIE DU PHENIX.
Une papeterie mécanique bien administrée peut, dans les circonstances présentes ,
produire 3o o(o de bénéfices. Mais, ne voulant présenter que des calculs positifs,
nous les porterons seulement :
Pour une machine , à 30,000 fr., soit 15 0|0.
Pour deux machines, à 60,000 fr., soit 30 0|0.
Sept et demi pour cent seront répartis, à chaque fin d’année, entre les actionnaires.
Le surplus sera appliqué à un fonds de réserve, pour être distribué en fin de société.
Ainsi, à l’expiration des i5 années, chaque actionnaire de i,ooo fr. (4 actions de
25o fr.), aura reçu :
1. ° Intérêt de ses fonds 5 0|0.............................................................................................
730 fr.
2. ° Dividende 7 1|2, payé chaque année.......................................................................... 1,12'»
3. ® Répartition de 7 1,2 dans le fonds de réserve............................................................ 1,123
3,000
F.t si la deuxième machine est mise en activité, les dividendes et répartition des fonds
de réserve seront de 15 p. °,o en sus, soit..........................................................................
2,230
Total des produits de chaque actionnaire de 1,000 fr.............. 3,230
non compris sa part dans la répartition du fonds roulant, restant en caisse.
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RESUME.
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On a vu, par le rapide exposé qui précède, que toutes les conditions désirablesqiünr
le succès d’un établissement se trouvaient ici réunies.
Voilà trois années que nous méditons et que nous avons en quelque sorte préparé
celte entreprise. Aucune, nous le disons hautement, ne nous a paru plus sûre et
plus avantageuse, et c’est pénétré de cette intime conviction, que pour la conserver
au Périgord, nous n’avons pas hésité à refuser les offres de capitalistes étrangers.
Heureux si un premier essai peut répandre l’esprit d’association dans le département,
et donner l’essor à tout ce qu’il renferme de richesse et de prospérité!
Les succès obtenus dans notre établissement de Paris, dont les actions se sont ven
dues-, dès la première année, avec un bénéfice de io p. o,o, suffiraient, peut-être,
pour donner quelque confiance à nos paroles; mais comme en affaires tout se traduit
en chiffres, nous souscrivons dès aujourd’hui pour cinquante mille francs. Cette
souscription, qui forme le sixième des capitaux nécessaires à la Papeterie Mécanique,
et qui nous laisserait le plus compromis en cas de chances défavorables, prouvera,
plus encore que nos paroles, notre confiance dans l’entreprise.
Périgueux, i5 août i836.
PAUL DUPONT,
Direr'eur de l’imprimerie el de la librairie normale, élabliei à Paria,
rue de Grenelle-Saiut-Honoré, Hùiel-des-Fermes.
«r\oTA. — Les Statuts sont déposés chez M.° Gaillard, notaire à Périgueux; c'est à lui que de
vront être adressées les demandes d'actions.
Périgueux. — Imprimerie de Dupont.
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Fait partie de Papeterie mécanique du Phénix
