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AU MOYEN DE L’ÉLÉVATION DES SOURCES
DU
4)r TOULON
PROJET ET PROPOSITIONS
de M. Ed. BADOIS
INGÉNIEUR A PARIS
PARIS
•
IMPRIMERIE E. GAPIOMONT ET V. RENAULT
6,
RUE
DES POITEVINS,
1883
- . »
G
PROPOSITIONS
FAITES PAH M. BADOIS
POUR L’ALIMENTATION D’EAU DE LA VILLE DE PÉRIGUEUX
AU MOYEN’ DES SOURCES OU TOULON
A Monsieur le Maire et Messieurs les membres du conseil municipal
de la ville de Périgueux.
Paris, le li mais 18*3.
Dans la discussion publique qui s’est ouverte au sujet de l’alimentation
d’eau de la ville de Périgueux, la plupart des assertions et des chiffres qui
ont été produits en faveur de la dérivation des sources de Glane et contre
l’utilisation des eaux du Toulon ont été affirmés sans preuves et n’ont pas
de sanction.
Il m’a paru que le meilleur moyen de fixer l’opinion à cet égard serait
de formuler une proposition ferme d’exécution à forfait des travaux pour une
somme déterminée, d’engager, en un mot, sa responsabilité, non seulement
morale, mais pécuniaire, pour prouver la valeur des chiffres que l’on
avance.
Or. il n’est pas douteux que l’auteur de l'avant-projet de dérivation des
sources de Glane n’acceptera pas la responsabilité effective de maintenir
étanche et en bon état, pendant une période quelconque, l’aqueduc établi
avec les épaisseurs théoriques qu'il lui assigne, et qu'il ne prendra pas
davantage l’engagement de construire cet aqueduc à scs frais, risques et
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périls, au prix de 20 francs, qu’il estime le mètre courant, ni d’exécuter à
forfait son projet d’adduction pour la somme qu’il indique, ou de garantir
la commune contre tout dépassement de ses devis.
Tout au contraire, je viens proposer à la ville de me charger de son
alimentation d’eau à forfait, et pour une somme déterminée, à mes frais et
risques, pendant cinquante années aux conditions qui seront ci-après expri
mées, en utilisant les sources du Toulon.
Mon intention n’est pas d’entrer ici en discussion avec l’auteur du projet
de Glane pour réfuter ses arguments et ses chiffres; cela n'otfrirait aucune uti
lité réelle, puisqu’il est bien avéré qu'au Toulon, situé dans la ville, aussi bien
qu’à Glane, situé à 33 kilomètres, on trouve en quantité et en qualité excel
lente, l'eau de source nécessaire à l’alimentation de la ville, sa population
fût-elle de 60,000 habitants.
Je dirai seulement que si les sources de Glane n’étaient qu’à 8 ou 10 kilo
mètres et qu’elles pussent arriver en ville à la cote 128 ou 130, on pourrait
sans doute les opposer avec avantage aux sources du Toulon qu'il faut éle
ver. Mais il faut aller les chercher à plus de huit lieues et s’exposer ainsi à
payer des indemnités inconnues et sans nombre, sur ce long parcours, pour
acquisitions de terrains, droits de passage, réparations, pertes de jouissance
de l’eau que ne manqueront pas de réclamer les usagers inférieurs, etc. De
plus, le projet n’amène l’eau en ville qu’à la cote 120, soit dix mètres trop
bas pour desservir les hauts quartiers.
Et pour cela, on engagerait la ville dans une série interminable de
procès, et dans une dépense qu’on avoue, dès à présent, n’être pas moindre
de 1,150,000 francs (aqueduc et réservoir) et qui doit atteindre en réalité
1,600,000 francs au moins, si l’on redresse les évaluations par trop réduites
de F avant-projet de Glane!
Une sage administration ne saurait accepter une solution aussi
dangereuse et aussi incomplète, alors surtout qu’il suffit de réorganiser une
usine appartenant déjà à la ville, de la compléter et de la mettre en état
de fonctionner économiquement, pour satisfaire, non pas à des besoins qui
ne se produiront que dans un grand nombre d’années et qui alors trouve-
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ront des ressources nouvelles (et qui même,’ ne se produiront peut être
jamais), mais aux besoins actuels et prochains, en réservant d’ailleurs toute
facilité de développement pour parer aux nécessités de l’avenir.
Il ne faut donc admettre comme rationnelle que la solution qui consiste
à utiliser les sources du Toulon et à les élever à la cote 130 mètres par les
moteurs hydrauliques ou à vapeur des usines municipales complétées, et
j’estime qu’en disposant les installations mécaniques pour assurer une four
niture journalière de 6,000 mètres cubes au minimum, pouvant s’élever, en
cas de besoin, jusqu’à 8,000 mètres par jour, on satisfera largement à toutes
les nécessités du présent et d’un long avenir.
Et si, plus tard, ce chiffre de 8,000 mètres devenait insuffisant, l’établis
sement d’une nouvelle machine permettrait de le porter à 12,000 mètres,
mais ce ne serait alors qu’en présence de besoins réels et bien démontrés.
Telles sont, Monsieur le Maire, et Messieurs les Conseillers munici
paux, les considérations qui m’ont engagé à vous soumettre les propositions
que j'ai l’honneur de joindre à la présente lettre; espérant que vous voudrez
bien les accueillir favorablement, et en vous priant d’agréer, Messieurs,
l’assurance de ma considération très distinguée.
Signé : Ed. BADOIS,
Ingénieur concessionnaire des eaux des villes d’Issoudun Indre',
el d’Évreux (Eure', lî, rue Blanche, Paris.
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■
PROJET ET PROPOSITIONS
I. — L’entreprise comprendrait :
1° — La construction d'un réservoir de 4,000m3 de capacité à la
cote 130", pour le service haut, pouvant également, en cas de besoin ou
d’incendie, faire le service bas et qui devrait toujours être tenu à moitié
plein.
2°— L’appropriation des réservoirs actuels pour le service bas.
3° — L’installation à l'usine du Moulin neuf d'un moteur hydraulique
avec pompes utilisant au moins 55 à (50 % de la force motrice brute en
remplacement de la turbine et des pompes actuelles.
4° — Le remplacement de la machine à vapeur actuelle de l’usine du
Toulon par deux appareils élévatoires à vapeur se servant mutuellement de
rechange, pouvant élever chacun 4,000m8 d’eau en vingt-quatre heures, sans
dépasser une consommation de- charbon de 1k 40 par heure et par cheval-
vapeur mesuré en eau élevée.
5° — Les constructions hydrauliques et les fourneaux, cheminées, bâti
ments, nécessaires à ces installations.
6° — L’aménagement et l’assainissement de l’abîme du Toulon.
7° — Enfin l’entretien et le fonctionnement régulier de toutes ces
installations.
La ville mettrait à ma disposition ses usines et les terrains nécessaires
à la construction des réservoirs ; elle m’en donnerait jouissance pendant
toute la durée du traite qui serait do 50 années consécutives, et, à l’expiration
de ce ternie, elle rentrerait en pleine possession de ses usines et terrains et
deviendrait alors, par le seul fait de l’expiration de la concession et sans
avoir aucune indemnité à 'payer, propriétaire des bâtiments, machines et
appareils que j’aurais installés et servant à l’exploitation, le tout devant
être remis par moi en bon état de fonctionnement.
Pendant tout le temps de la concession qui me serait faite, je serais
exonéré du payement de tout droit d’octroi ou de voierie, soit pour les maté
riaux concernant les travaux d’établissement, soit pour les matières consom
mées pour l’entretien et le fonctionnement des appareils.
II. — Pans ces conditions, moyennant le payement d’une allocation
annuelle de quarante-huit mille francs (48,000 fr.) payable pendant les cin
quante années du traité, je m’engagerais à établir et à faire fonctionner les
machines de manière à élever toute l’eau nécessaire aux besoins do la ville
et des habitants jusqu’à concurrence do 6000"” chaque jour, les machines
devant d’ailleurs pouvoir élever 8000m3 par jour en cas do besoin; mais au
delà de G000”3 et jusqu’à 8000"3, chaque mètre cube d’eau élevée (d’après les
constatations de compteurs de tours ad hoc disposés sur les machines), serait
payé supplémentairement par la ville à raison de quinze millimes (0.015),
soit quinze francs (15 fr.) pour mille mètres cubes.
La ville resterait, bien entendu, constamment maîtresse de cette con
sommation supplémentaire qui n’aurait lieu qu’à son gré et sur son ordre
aux moments qu’elle indiquerait et suivant les besoins reconnus.
III. — 11 faut remarquer que le concessionnaire prenant à sa charge
toutes les dépenses de fonctionnement et d’entretien des machines, la ville,
qui paye actuellement 12,000 francs au moins pour ce service, serait dégrévée
d’autant et que, par conséquent, la dépense nouvelle à laquelle elle aurait à
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faire face ne serait que 48,000 francs — 12,000 francs = 30,000 francs
par an.
D’autre part-, cette somme comprenant F intérêt et l'amortissement en
cinquante années des installations premières, la ville aurait la faculté, si
elle y trouve intérêt ou le juge convenable, de payer au concessionnaire le
prix de ces installations à leur achèvement ; et alors, l'allocation annuelle
de 48,000 francs serait diminuée de l’intérêt et de l’amortissement au taux
de 5 % par an des sommes ainsi remboursées. Par exemple, si la ville
s
payait 40QOOO francs pour prix des installations, l’allocation annuelle serait
diminuée de l’intérêt à 5 % soit de..........................................
20,000 francs
et de l’amortissement en cinquante années soit de 1/2 %
soit de.’.................................................................................... * 2,000 francs
Ensemble. . .
22,000 francs
et réduite par conséquent à 26,000 francs.
Soit seulement à 14,000 francs de plus que la dépense causée par
l’alimentation actuelle.
IV. — Enfin, le concessionnaire ayant un intérêt direct à ce que l'eau
élevée ne se perde pas inutilement par des fuites ou par les défectuosités
des appareils de distributions, il devrait être chargé de l’exécution de toutes
les canalisations nouvelles et de la remise en état de celles actuelles, suivant
les prix acceptés par la ville, et avoir la charge aussi de l'entretien de ces
conduites et des appareils de distribution aux prix et conditions ordinaires,
ou moyennant une participation à fixer dans le produit des abonnements
perçus par là ville, suivant le règlement et tarif en vigueur.
Les conduites de refoulement rentreraient dans les canalisations nouvelles
à la charge de la ville, d’autant plus que leur combinaison bien entendue
avec les conduites principales de distribution, causerait une économie sen
sible sur le coût total des canalisations.
V. — Pour donner toute sécurité à la ville, au sujet de la bonne dispo-
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sition et de l'efficacité des installations que je propose, comme de leur par
faite exécution, le projet détaillé en serait soumis, avant exécution, à un
ingénieur notoirement compétent, tel que serait, par exemple, l’ingénieur
principal des usines élévatoires des eaux de la ville Paris, qui recevrait
mission par la ville de Périgueux d’examiner le projet, de le contrôler, d’en
donner son avis et de proposer les modifications ou additions qui seraient
nécessaires pour assurer le service dans les meilleures conditions.
Joint à ma lettre de ce jour.
Paris, le 14 mars 1883.
Signé : En. Badois.
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l’ai is.— (mp. E. CAriOMOXTel V. Rexailt, rue des Poitevins, C.
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Fait partie de Alimentation d'eau au moyen de l'élévation des sources du Toulon : Projet et propositions
