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Fait partie de A M. le Président les Membres du Tribunal de Périgueux

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Messieurs ,

Il y aura dans quelques jours deux ans bien accomplis, que je décou­
vris que j’étais victime d’une odieuse trame, ourdie dans ma propre ha­
bitation , par le nommé Chariére, avocat à Périgueux , dont le but était de
s’emparer de tout ce que je possédais.
Je fus enfin mis sur la voie de cet attentat, par des circonstances maté­
rielles que j’ai déjà révélées à la justice.
C’est après m’avoir soustrait des sommes considérables, et après m’avoir
réduit graduellement à un état de gène , auquel j’avais , pour ainsi dire, fini
par m’habituer , n'ayant jamais pu en découvrir la cause , que j’appris enfin
que le nommé Chariére se procurait des fonds à mon nom, par des engagemens qu’il faisait souscrire à un des membres de ma famille, qui avait
toute ma confiance, et qui tenait mes livres et ma caisse. C’est après avoir
réduit ma fortune à un état de marasme complet, et lorsqu’il ne fut, pour
ainsi dire, plus possible de puiser à ma caisse, que le nommé Chariére se
décida à faire des emprunts , qu’il se proposait de me faire payer, puisqu’il

les faisait à mon nom , et qu’il faisait souscrire des billets de commerce à la
personne que j’ai déjà citée , qu’il avait corrompue, et à qui il faisait croire
que les vols qu’il lui faisait commettre étaient purement dans son inté­
rêt , et que lui, Chariére , n’était que le dépositaire et le gardien des som­
mes qu’il se faisait remettre journellement. C’est après avoir découvert

non-seulement les faits que je viens de faire connaître , mais une foule d au­
tres , que je me réserve de signaler à la justice, tels par exemple , que le
vol d’une partie de mon argenterie de table, que je me décidai à porter
une plainte en escroquerie contre le nommé Charière, avocat à Pé­
rigueux.

Cet homme a trouvé jusqu’à présent tous les moyens d’intrigues néces­
saires pour entraver mes poursuites et mettre des obstacles qu’il croit in­
surmontables pour moi, et par lesquels il pense que je ne parviendrai ja­
mais à faire connaître ses turpitudes à la justice.

C’est pourquoi, et pour en finir, que je me décide aujourd’hui à donner
de la publicité à ces faits, après avoir , pendant deux ans, employé tous les
moyens que la loi indique, pour parvenir à obtenir un jugement non-seu­
lement pour les faits que je viens de citer, mais même pour le traduire de­
vant le tribunal civil, et pour en obtenir de lui préalablement le paye­
ment de la somme de 2,000 francs qu’il me doit, provenant d’articles de
mon commerce que je lui ai vendus, lorsque j’étais loin de soupçonner son
infâme conduite à mon égard.

C’est donc , je le répète, pour parvenir à entrer dans le sanctuaire de la
justice, que je me décide à surmonter l’extrême répugnance que j’éprouve
à renouveler le scandale dont le nommé Charière m’a rendu si cruelle­
ment et si impunément victime , que je me résigne à livrer àf l’impression ces
quelques mots, pour faire connaître celui que j’ai si souvent nommé, mal­
gré le dégoût qu’il m’inspire.