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PROCÈS-VERBAUX
DES DÉLIBÉRATIONS
DU COMITÉ CENTRAL
DE SECOURS
AUX VICTIMES DE CHANCELADE
PÉRIGUEUX
IMPRIMERIE DELAGE ET JOUCLA, RUE DE BORDEAUX
1887
PROCÈS-VERBAUX
DES DÉLIBÉRATIONS
DU COMITÉ CENTRAL
DE SECOURS
AUX VICTIMES DE CHANCELADE
PÉRIGUEUX
IMPRIMERIE DELAGE ET JOUCLA, RUE DE BORDEAUX
18S7
LISTE DES MEMBRES DU COMITÉ
MM.
Le général B LOT,
Présidents d'honneur.
Le Préfet de la Dordogne,
Le Dr GADAUD, député,
ROMAN, Président.
ROLLAND DE DENUS, Trésorier.
PO1JYADOU, Secrétaire.
MONTAGUT, ancien député.
REQUIER, président du tribunal de commerce.
AUBARBIER, premier adjoint de Périgueux.
SAUMANDE, avoué à Périgueux.
L’abbé RI BOULET, curé de Chancelade.
PASSERIEUX, maire de Château-l’Evêque.
BÉGOUT, maire de Chancelade.
MAUROUX, instituteur à Chancelade.
BOURGEIX, propr. de carrières, à Chancelade.
PUYJARRINET, contre-maître carrier, à Chan
celade.
CHATEAU, carrier.
MOREAU, carrier.
CRUCHET, carrier.
PROCÈS-VERBAUX
DES DÉLIBÉRATIONS
DU COMITÉ CENTRAL DE SECOURS
PREMIÈRE SÉANCE.
Le 7 novembre 1885, sur convocation faite par
M. Joucla, rédacteur en chef de V Avenir de la Dor
dogne, au nom des souscripteurs qui lui avaient
adressé leur offrande pour les victimes de la catas
trophe de Chancelade, se sont réunis à la préfecture
de la Dordogne, MM. le général Blot, le Préfet de la
Dordogne, Roman, ingénieur en chef ; Aubarbier,
adjoint au maire de Périgueux ; Requier, président
du tribunal de commerce ; Rolland de Denus, ban
quier ; Saumande, avoué, propriétaire à Chancelade ;
l’abbé Riboulet, curé de Chancelade ; Passerieux,
notaire, maire de Château-l’Evêque; Mauroux, insti
tuteur à Chancelade ; Bourgeix, propriétaire de car
rière ; Puyjarrinet, contre-maître carrier ; Moreau,
— 4 -
carrier ; Théodore Cruchet, carrier ; Pouyadou, chef
de division à la préfecture ; Château, propriétaire de
carrière.
Étaient également convoqués : MM. Marc Montagut, maire de Marsac ; docteur Gadaud, député,
maire de Périgueux ; Bégout, maire de Chancelade ;
Vergnaud, adjoint à Chancelade.
MM. Montagut et Gadaud se sont fait excuser.
M. le Préfet ouvre la séance en exposant le but
de la réunion, qui est la formation d’un comité
central de secours destiné à répartir entre les victimes
de la catastrophe de Chancelade les fonds provenant
des souscriptions déjà adressées au journal
ou reçues directement par le Préfet, et en même
temps à provoquer de toutes parts les souscriptions
nouvelles en adressant un appel à tous les maires
de la Dordogne, et à la presse du département, des
départements voisins et de Paris.
Il invite l’assemblée à organiser définitivement son
bureau.
Sont nommés présidents d’honneur :
MM. le général B LOT, grand officier de la Légion
d’honneur, commandant la 24rae division
militaire ;
E. BARGETON, officier de la Légion d’hon
neur, Préfet de la Dordogne ;
A. GADAUD, chevalier de la Légion d’hon
neur, député, maire de Périgueux, conseiller
général.
— 5 —
BUREAU DU COMITÉ :
Président : M. ROMAN, chevalier de la Légion
d’honneur, ingénieur en chef des ponts
et chaussées.
Trésorier : M. ROLLAND DE DENUS, officier
d’académie, banquier.
Secrétaire : M. POUYADOU, chef de division à la
préfecture.
Membres adjoints au bureau ; MM. SAUMANDE,
avoué, propriétaire à Chancelade ; l’abbé RIBOULET, curé de Chancelade ; PUYJARRINET,
contre-maître de carrières ; MOREAU, carrier ;
Théodore CRUCHET, carrier ; MAUROUX,
instituteur à Chancelade.
M. Joucla expose qu’il n’a provoqué la présente
réunion que pour lui remettre les fonds qu’il a reçus,
s’en rapportant entièrement, pour leur distribution, au
Comité ainsi formé.
Il ajoute qu’il désire ne pas faire partie du Comité.
L’assemblée, après une discussion à laquelle
prennent part tous les membres présents, a adopté les
résolutions suivantes :
i° Secourir d’abord les infortunes constatées les
plus pressantes ;
2° Charger, à cet effet, les membres du Comité
habitant Chancelade d’en dresser une liste pour le
surlendemain ;
—6—
3° Distribuer, à titre provisoire, une somme de
50 francs, à tous ceux qui figureraient sur cette liste,
la répartition sur classement des secours recueillis
devant être ultérieurement réglée ;
4° Le bureau sera libre de distribuer aux ouvriers
étrangers, qui désireraient aller chercher du travail
ailleurs, la somme qu’il jugera nécessaire ;
50 Les souscriptions seront reçues par les membres
du bureau et versées entre les mains du trésorier,
M. Rolland de Denus, banquier, rue du Palais, à
Périgueux ;
6° Le bureau du Comité se rendra le lundi, 9 cou
rant, à Chancelade, pour opérer la première distri
bution de secours ;
70 Enfin, l’appel suivant sera adressé à tous les
maires de la Dordogne et à tous les organes de la
presse de Paris et des départements :
« La terrible catastrophe de Chancelade, qui a eu
dans toute la France un si douloureux retentissement,
a cruellement frappé une population industrielle,
laborieuse et digne du plus vif intérêt. Il y a des
veuves, des orphelins sans ressources, des familles
ruinées. Plus de cent ouvriers ont perdu à la fois et
leurs outils et le travail même qui les faisait vivre.
» On le voit, les infortunes à soulager sont grandes
et nombreuses ; mais, en France, la charité privée a
des ressources inépuisables ; nous nous adressons à
elle avec confiance, certains d’avance que notre appel
sera entendu.
» Un comité s’est formé à Périgueux pour continuer
l’œuvre si bien commencée par la presse locale et
l’initiative privée. Son devoir est de leur adresser
tout d’abord ses remerciements les plus chaleureux
pour le bien que les premiers dons vont lui per
mettre de faire.
» Le Comité recevra avec reconnaissance toutes les
souscriptions, même les plus modiques, et s’efforcera
d’en assurer la meilleure et la plus équitable répar
tition.
» Périgueux, le 7 novembre 1885. »
Le Président,
E. ROMAN.
Le Secrétaire,
POUYADOU.
Le Trésorier,
ROLLAND DE DENUS.
DEUXIEME SÉANCE.
Le9 novembre 1885, les membres delà Commis
sion chargés de distribuer les secours aux victimes de
la catastrophe de Chancelade se sont réunis au lieu
des Grèzes, dite commune.
Avaient été convoqués : MM. Roman, président ;
Rolland de Denus, trésorier ; Pouyadou, secrétaire;
Bégout, maire de Chancelade ; l’abbé Riboulet, curé
de Chancelade ; Saumande, Mauroux, Bourgeix,
Puyjarrinet, Moreau, Cruchet Théodore.
Tous étaient présents, sauf MM. Bégout et Sau
mande ; ce dernier s’était fait excuser.
Dans l’intervalle des deux séances, les membres du
Comité résidant à Chancelade avaient préparé une
liste comprenant les victimes les plus nécessiteuses
et particulièrement les familles des ouvriers tués ou
blessés. Ces personnes ont déclaré n’avoir encore
reçu aucun secours, et le Comité a vérifié cette asser
tion par tous les moyens dont il disposait.
L’état comprenant 88 noms a été soumis au Comité
qui a examiné, séance tenante, les titres de chacun.
— 9 -
Sans vouloir prendre une décision définitive au
sujet des personnes dont les noms suivent : Robert
(Antoine), Lagrandie, Mazières (Pierre), Gervaise
(Antoine), Ribeyrol (Elie), Beyneix (Henri), Ger
vaise (Jean), Charrières (Jean), Beyneix (Jean), la
Commission a jugé, d’après les renseignements fournis
sur leur situation personnelle, que leurs besoins
étaient moins pressants et qu’il n’y avait pas lieu de
les comprendre dans la première répartition de ce
jour. Leurs titres seront examinés attentivement et
ils pourront être compris dans une répartition ulté
rieure.
Conformément à la décision prise par le Comité
dans sa première séance, l’indemnité à payer provi
soirement aux plus nécessiteux était de 50 francs
par personne.
Elle a été payée séance tenante à soixante-neuf
personnes. Ceux des ouvriers qui ne se sont pas pré
sentés, seront invités à se rendre chez M. le Trésorier,
qui leur paiera la même somme, sur le vu d’un cer
tificat d’identité délivré par un des membres du
Comité résidant à Chancelade.
Exceptionnellement, il a été décidé que le sieur
Daudibertière, à raison de sa situation de famille et
de ses infirmités, recevrait une indemnité supplémen
taire de 60 francs qui lui seront comptés le jour de
son départ pour Cahors, où il a manifesté l’intention
de se rendre.
La somme distribuée effectivement s’élève donc,
pour cette journée, à 3,450 francs.
— 10
Le Comité s’est ajourné à une prochaine convoca
tion qui aura lieu par les soins du Bureau.
Les Grèzes, le 9 novembre 1885.
Le Président,
E. ROMAN.
Le Secrétaire,
POUYADOU.
Le Trésorier,
ROLLAND DE DENUS.
TROISIÈME SÉANCE.
Le 12 décembre 1885, à 1 heure de l’après-midi,
les membres du Comité central de secours aux vic
times de la catastrophe de Chancelade se sont réunis
à la préfecture, en vertu d’une convocation de M. le
président du bureau.
Etaient présents : MM. le général Blot, comman
dant la 24e division, président d’honneur ; E. Bargeton, préfet de la Dordogne, président d’honneur ;
A. Gadaud, député, président d’honneur ; Roman,
président ; Rolland de Denus, trésorier ; Pouyadou,
secrétaire ; l’abbé Riboulet, curé de Chancelade ;
Mauroux, instituteur ; Château, Puyjarrinet, Cruchet,
Moreau, carriers.
M. Bonnet, conducteur des Ponts et Chaussées,
chargé des évaluations, assiste à la séance.
M. Pouyadou, secrétaire, donne lecture des procèsverbaux des séances des 7 et 9 novembre dernier ;
aucune observation n’étant faite sur ces procès-ver
baux, ils sont adoptés.
M. Rolland de Denus, trésorier, expose la situation
financière, de laquelle il résulte que les souscriptions
reçues par le Comité s’élèvent, jusqu’à ce jour, à la
somme de 35,276 fr. 15 c. Il fait connaître que la
12
distribution du secours fixe de 50 francs, voté par
l’assemblée, dans sa première réunion, a eu lieu et
s’est élevée au chiffre de 3,450 francs ; qu’en outre, il
a été distribué aux ouvriers qui ne s’étaient pas pré
sentés à Chancelade le jour de la réunion du Comité,
une somme de 841 fr. 50, dans lesquels sont compris
les divers secours de 60 francs alloués par le bureau
aux chefs de famille qui ont déclaré vouloir quitter la
commune et l’ont quittée effectivement.
M. le Préfet demande si quelque plainte s’est pro
duite au sujet de cette répartition. — M. l’abbé
Riboulet répond que ceux qui avaient été ajournés à
la première répartition, comme moins nécessiteux, se
sont d’abord montrés très mécontents, mais que leurs
plaintes ont cessé en apprenant qu’ils seraient compris
dans une répartition ultérieure.
M. le Préfet propose une nouvelle répartition
immédiate et fixe de 50 francs, en attendant la répar
tition définitive qui sera évidemment retardée par les
difficultés qu’elle présente.
M. le général Blot propose que cette répartition ne
soit pas uniformément de 50 francs, mais proportion
nelle aux besoins. — Un membre appuie cette propo
sition en faisant observer que quelques ouvriers qui
ont toujours travaillé depuis la catastrophe, n’ont
rien perdu, et qu’une répartition égale serait, en
réalité, une justice inégale.
M. l’abbé Riboulet croit qu’il serait bon que toutes
les victimes reçussent une certaine somme, y compris
les ajournés de la première distribution.
— 13 -
Il est donc proposé qu’une somme de 6,000 francs
soit mise à la disposition du bureau, qui se chargera
de sa distribution, jeudi prochain, à Chancelade.
M. le Maire de Chancelade fait remettre l’état des
secours répartis par le Comité communal. — M. le
Préfet l’invite à prendre séance, attendu qu’il fait
partie du Comité, et qu’il a été convoqué pour la
réunion d’aujourd’hui. M. le Préfet fait connaître à
M. le Maire que le Comité central de Périgueux,
désireux d’unifier les efforts de la charité publique
destinée à secourir les victimes de la catastrophe,
offre au Comité de Chancelade de se réunir à lui, et
il l’engage, dans ce but, à taire désigner, par le
Conseil municipal, quatre de ses membres qui se
joindront aux membres du Comité central pour faire
en commun le travail de distribution des secours.
M. le Maire répond qu’il ne peut s’engager ni
garantir l’adhésion de son Comité à cette proposition,
mais il se charge de la lui transmettre et il ajoute
qu’il fera son possible pour quelle soit acceptée.
Après une courte discussion à ce sujet, M. Roman,
président, et M. l’abbé Riboulet, curé de Chancelade,
sont désignés afin de s’entendre avec le Conseil muni
cipal pour arriver à la fusion des deux Comités de
secours.
La séance est levée.
Le Président,
E. ROMAN.
Le Secrétaire,
POUYADOU.
Le Trésorier,
ROLLAND DE DENUS.
— 14 —
QUATRIÈME SÉANCE.
L’an mil huit cent quatre-vingt-cinq, le dix-sept
décembre, le Comité central de secours aux victimes
de Chancelade s’est réuni à la Préfecture, à une heure
de l’après-midi, sur la convocation de M. Roman,
président.
Étaient présents : MM. Bargeton, préfet, prési
dent d’honneur ; Roman, président ; Rolland de
Denus, trésorier ; Pouyadou, secrétaire ; l’abbé Riboulet, Bégout, maire ; Mauroux, Bourgeix, Puyjarrinet, Château, Cruchet.
M. Roman expose que la réunion qui devait avoir
lieu aujourd’hui à Chancelade, pour une distribution
de secours, a été contremandée et remplacée, sur
convocation nouvelle, par la présente réunion, afin
qu’il ne fût procédé à la distribution annoncée qu’après la décision des deux Comités, sur le projet de
fusion agité dans la dernière séance. M. Roman
rend compte de la démarche que, de concert avec
M. le curé de Chancelade, il a faite auprès du Conseil
- 15 -
municipal, dans le but d’assurer la réussite de ce
projet. Les propositions de fusion que le Comité cen
tral de Périgueux, dans l’intérêt de l’œuvre commune,
avait chargé MM. l’abbé Riboulet et Roman de por
ter au Conseil municipal, lui ont été présentées
dans sa séance du 15 décembre courant, à laquelle
ces deux envoyés ont assisté.
A cette avance, le Conseil municipal de Chance
lade a répondu qu’il consentirait à fusionner, à la con
dition que huit de ses membres entreraient dans le
Comité fusionné et qu’il leur serait accordé deux
postes de vice-présidents.
M. Rolland de Denus fait observer que ces préten
tions sont inadmissibles et ne sont nullement en rap
port avec l’importance respective de deux Comités
qui ont à distribuer, celui de Chancelade environ
15,000 francs, celui de Périgueux environ 50,000
francs. Il montre que ce dernier, duquel font partie
des ouvriers qui doivent s’abstenir dans les propo
sitions de secours, serait facilement absorbé. Il
conclut qu’il y a lieu de repousser les conditions
imposées. M. Bourgeix appuie les conclusions de
M. Rolland de Denus.
M. le Préfet demande si quelqu’un a des observa
tions à présenter contre ces conclusions.
M. l’abbé Riboulet dit quJen sa qualité de négo
ciateur d’une affaire, à la réussite de laquelle il a porté
tous ses soins et qu’il regrette de voir échouer, il
s’abstiendra de prendre la parole.
— i6 —
Aucune proposition contraire ne se produisant, la
proposition de fusion est considérée comme non
avenue.
M. le Préfet demande à M. Roman s’il a quelque
autre communication à faire. M. Roman dit qu’une
pétition circule, paraît-il, tendant à ce qu’au lieu d’une
indemnité aux ouvriers, il soit fait des frais pour l’ou
verture de nouvelles carrières, et se demande s’il ne
faudrait pas surseoir à la distribution des 6,000 francs
jusqu’à ce que le Comité serait saisi de cette pétition.
M. Bourgeix répond que cette pétition ne provient
pas de l’initiative des ouvriers, mais bien de quelques
maîtres carriers ; et que dans ce cas, c’est à eux à se
préoccuper d’ouvrir, avec leurs ressources, de nou
velles tranchées, et que l’argent de la souscription ne
saurait être détourné vers un but étranger à sa desti
nation. Les ouvriers ne peuvent pas davantage entre
prendre ce travail en syndicat, puisque les carrières
ne leur appartiennent pas. Il n’y a qu’à leur distribuer
ce qui leur revient ; ils en feront l’usage qu’ils vou
dront au profit d’un entrepreneur.
M. Roman fait alors connaître les dispositions
prises par le bureau pour la distribution des 6,000
francs votés à la dernière réunion et qui auraient dû
être distribués aujourd’hui sans la convocation
pour la présente séance : 4,000 francs environ seraient
payés pour les outils perdus, y compris les charrettes
de ceux qui exerçaient uniquement la profession de
charretiers, et le reste en secours proportionnels aux
besoins signalés.
- 17-
Le Comité approuve ce projet.
Le Président communique la police d’assurance
d’un des ouvriers. Il résulte de l’examen de cette
pièce que c’est le maître carrier qui est assuré pour
ses ouvriers, et ceux-ci ne recevront que lorsqu’il
aura été déclaré civilement responsable. Les ouvriers
devront donc attendre, sans rien recevoir, que la
décision judiciaire soit intervenue.
Cette communication ne donnant lieu à aucune
délibération, la séance est levée.
Le Président,
E. ROMAN.
Le Secrétaire,
POUYADOU.
Le Trésorier,
ROLLAND DE DENUS.
2
— l8 —
CINQUIÈME SÉANCE.
. •
' C
‘
.
Le 21 décembre 1885, le bureau du Comité central
de secours aux victimes de Chancelade s’est réuni au
village des Grèzes, commune de Chancelade.
Etaient présents : MM. Rolland de Denus, tréso
rier; Pouyadou, secrétaire ; l’abbé Riboulet, Puy
jarrinet, Bourgeix, Mauroux.
M. Roman s’est fait excuser.
M. le Trésorier rappelle que, suivant décision du
Comité, prise dans sa réunion du 12 décembre cou
rant, une somme d’environ six mille francs devait
être distribuée, tant pour remboursement intégral de
la valeur des outils perdus, que pour nouveaux
secours urgents aux victimes nécessiteuses et aux
perdants dont la situation est le plus digne d’intérêt.
En conséquence, l’état des pertes d’outils à rem
bourser est mis sous les yeux des membres du bureau,
vérifié par eux, et sera annexé au compte du trésorier.
Il s’élève à la somme de 3,575 francs.
- i9 ~
Le paiement en a été fait séance tenante.
Vingt-neuf personnes indigentes ou perdants, dans
une position précaire, dont la liste figure parmi les
pièces justificatives du compte du trésorier, ont ensuite
été appelées, par décision du Comité, à bénéficier
d’une nouvelle allocation de’secours. Cette allocation
atteint le chiffre de 2,620 francs.
Lorsque cette double opération a été terminée,
M. le Trésorier a fait connaître aux membres du
bureau que les sommes distribuées jusqu’à ce jour
s’élèvent au chiffre de 10,486 fr. 50 c., savoir :
Première distribution à Chancelade..
3,450* »
Secours divers distribués au domicile
du trésorier..................................................
841 50
Secours distribués ce jour même..........
2,620
»
Paiement des outils................................
3,575
>y
Total égal...............
10,486f50
La séance est levée.
Le Trésorier,
ROLLAND DE DENUS
Le Secrétaire,
POUYADOU.
— 20 —
SIXIÈME SÉANCE
Le 24 février 1886, le Comité central de secours
aux victimes de Chancelade s’est réuni à une heure
de l’après-midi, à la Préfecture de la Dordogne.
Etaient présents : MM. le Préfet de la Dordogne,
président d’honneur ; Roman, président ; Rolland
de Denus, trésorier ; Pouyadou, secrétaire ; l’abbé
Riboulet, Bourgeix, Château, Mauroux, Passerieux,
Puyjarrinet, Cruchet.
M. Montagut s’est fait excuser.
Etaient absents : MM. le général Blot, Gadaud,
Aubarbier, Requier, Saumande, Moreau, Bégoux.
Les procès-verbaux des deux dernières séances
sont lus et adoptés.
M. Rolland de Denus, trésorier, a la parole pour
communiquer à l’assemblée les propositions prépa
rées par le bureau afin d’établir la répartition défini
tive, entre le*s victimes de la catastrophe, des sommes
restant en caisse, qui s’élèvent encore à 38,000
francs environ.
— 21 —
Avant de donner lecture de ce rapport, M. Rol
land, trésorier, se demande si l’assemblée est en
nombre pour voter des décisions aussi importantes
que celles qui résulteront de l’adoption ou du rejet des
propositions qui y sont contenues. Onze membres
sont présents sur 19 dont se compose le Comité. Sur
ces 11 membres, deux ne prendront pas part au vote
comme intéressés ; il restera 9 membres, ce qui ne
semble pas une majorité suffisante pour assumer la
responsabilité de mesures bien différentes, par leur
portée, de celles qui ont été prises dans des réunions
précédentes et exécutées par le bureau.
Ces réserves sont appuyées par M. le Préfet, par
M. Roman et divers membres, qui demandent qu’une
nouvelle et pressante convocation soit adressée aux
membres non présents pour une réunion dont le jour
va être fixé.
M. Pouyadou, secrétaire, estime que l’assemblée
est en nombre suffisant pour entendre la lecture du
rapport présenté par le bureau et pour statuer sur les
conclusions. Des 19 membres dont se compose le
Comité, trois certainement ne répondront pas, pour
cause d’absence, à une seconde convocation. Il res
tera donc en réalité seize membres effectifs, sur
lesquels il sera peut-être difficile d’en réunir onze
comme aujourd’hui. Ce chiffre offre une majorité très
suffisante, d’autant que les deux membres dont l’abs
tention a été posée en principe par M. Rolland, peu
vent très bien prendre part au vote sur toutes les
questions, sauf sur celle qui leur sera personnelle.
— 22 —
D’autre part, les onze membres présents ont pris
part d’une façon très active, depuis le début, à tous
les travaux du Comité. Ils sont parfaitement en situa
tion de délibérer, sans qu’on doive considérer comme
indispensable l’adjonction de ceux qui y sont restés
à peu près étrangers.
Le Secrétaire prie, en conséquence, M. le Prési
dent de vouloir bien mettre aux voix la proposition
d’entendre, séance tenante, le rapport du bureau.
La proposition, mise aux voix, est repoussée par
8 voix contre 3.
Après une discussion sur le jour qu’il convient de
choisir pour une seconde convocation, l’assemblée
fixe la prochaine réunion au samedi, 6 mars, à 9 heu
res du matin.
La séance est levée.
Le Président,
Le Secrétaire,
E. ROMAN.
POUYADOU.
Le Trésorier,
ROLLAND DE DENUS.
- 23 -
SEPTIÈME SÉANCE.
Le 6 mars 1886, les membres composant le Comité
central de secours aux victimes de Chancelade, se
sont réunis à la préfecture.
Etaient présents : MM. Bargeton, préfet, président
d’honneur ; Roman, président ; Rolland de Denus,
trésorier ; Pouyadou, secrétaire ; Passerieux, l’abbé
Riboulet, Bourgeix, Puyjarrinet, Château, Cruchet.
L’ordre du jour porte lecture du rapport contenant
les propositions du bureau pour la répartition défini
tive des fonds de la souscription. Avant qu’il soit
donné connaissance de ce rapport, M. le président
communique à l’assemblée :
1° Une lettre de M. le Ministre des Travaux publics
qui déclare prendre à sa charge les travaux exécutés
sous la direction des agents de l’Etat et s’élevant à la
somme de 10, 171 fr. 45 c., et ajoute qu’il y a lieu de
laisser à la charge des souscripteurs la dépense occa
sionnée par le sondage entrepris par les ouvriers de
Jonzac et s’élevant à 586 fr. 30. Le Comité, consulté,
décide que cette somme sera payée par son Trésorier;
- 24 —
2° Une pétition de quelques ouvriers demandant
un secours. Sur les renseignements fournis par divers
membres, le Comité dit qu’il sera prélevé, avant
toute répartition, une somme de mille francs qui sera
distribuée entre les ouvriers reconnus nécessiteux.
M. le Préfet a une proposition importante à faire à
l’assemblée, celle de prélever sur la masse de la sous
cription une somme à déterminer, afin de créer à
Chancelade un bureau de bienfaisance qui conti
nuera, dans l’avenir, l’œuvre du Comité central, en
distribuant chaque année des secours aux familles des
ouvriers indigents. La souscription, dit M. le Préfet,
a atteint un chiffre plus élevé peut-être qu’on ne pou
vait l’espérer, et en tout cas suffisant pour indemniser
les victimes réellement intéressantes de la catastro
phe. Il serait désirable que le Comité de secours, après
avoir rempli sa mission pour le présent, la perpétuât,
pour ainsi dire, en assurant aux ouvriers malheureux
de la commune, des secours ayant pour origine la
générosité des souscripteurs actuels.
Après une courte discussion sur le mode d’emploi
des fonds par le bureau de bienfaisance, le principe
de création de ce bureau est adopté, si la distribution
laisse dispohible une somme suffisante.
M. le Trésorier donne lecture du rapport. Il est
décidé que copie de ce document, vu son étendue,
sera annexée au registre des procès-verbaux.
Il est ensùite procédé par vote au scrutin secret sur
leâ diverses propositions et questions qui y sont faites
où cjüi eri découlent :
- 25 -
I. — Propositions de secours pour pertes d’outils et
pertes mobilières :
Y a-t-il lieu à indemnité pour MM. :
1° Imbert. — Non, par 8 voix contre 2 et un bul
letin blanc, sur 11 votants.
2° Ribeyrol. — Non, par 6 voix contre 4 et un
bulletin blanc, sur 11 votants.
3° Chaigneau. — Oui, par 6 voix contre 4 et 1
bulletin blanc, sur 11 votants.
4° Mazières. — Non, par 8 voix contre 1 et 2 bul
letins blancs, sur 11 votants.
50 Levaillant. — Oui, par 7 voix contre 1 et 3
bulletins blancs, sur 11 votants.
A ce moment MM. Cruchet et Chateau sont
invités à quitter la salle des délibérations.
6° Cruchet. — Oui, par 9 voix sur 9 votants.
70 Château. — Oui, par 8 voix contre 1, sur 9
votants.
Ces deux membres reprennent séance après le vote.
II. — Proposition d'indemnité pour pertes mobilières
et immobilières.
Par 7 voix contre 4 bulletins blancs, les demandes
d’indemnité des sieurs Pécout, Vaunac, Decour et
Vergnaud sont écartées.
Les pertes mobilières et immobilières qui donnent
lieu à proposition de secours sont ainsi établies :
— 26 —
Mobilières : Renaudie, 725 francs ; Robert père
et fils, 1,050 francs; Gaillard, 425 francs; veuve
Charles, 475 francs ; Charles Denis aîné, 1,125
francs ; Charles Denis jeune, 775 francs.
Immobilières : Charles jeune, 600 francs ; Charles
Denis, 1,900francs; Robert, 1,300francs; Renaudie,
1,060 francs.
Le total de ces pertes s’élève à 9,435 francs ; mais
comme le Comité central ne possède que les trois
quarts environ de la souscription, il propose de don
ner aux perdants les trois quarts de cette somme,
soit 7,076 francs, et de les inviter à s’adresser au
Comité communal de Chancelade, détenteur d’un
quart environ de la souscription.
Cette décision est adoptée à l’unanimité.
Le Comité s’ajourne à lundi, 15 courant, à 2 heures
pour la suite delà discussion sur les propositions du
bureau relatives à la situation des victimes les plus
intéressantes de la catastrophe : les veuves et les
orphelins.
Avant de se séparer, il vote, sur la proposition de
M. le Préfet, des remerciements à la presse locale et
régionale pour le concours qu’elle a apporté à l’œuvre
de la souscription et spécialement aux journaux
l'Avenir de la Dordogne et la Gironde.
La séance est levée.
Le Président,
E. ROMAN.
Le Secrétaire,
POUYADOU.
Le Trésorier,
ROLLAND DE DENUS.
— 27 -
HUITIÈME SÉANCE.
Le 15 mars 1886, le Comité central de secours s’est
réuni à la préfecture à 2 heures de l’après-midi.
Etaient présents : MM. Roman, président ; Rol
land de Denus, trésorier ; Pouyadou, secrétaire ;
Passerieux, l’abbé Riboulet, Bourgeix, Mauroux,
Bégoux, Château, Puyjarrinet, membres.
Le procès-verbal de la dernière séance est lu. Un
membre fait observer que Charles Denis aîné et
Charles jeune, qui figurent sur l’état des pertes immo
bilières, doivent également figurer sur l’état des pertes
mobilières.
M. Bonnet, Conducteur des Ponts et Chaussées,
chargé des évaluations des pertes, qui assiste à la
séance, fait connaître que celles de Charles Denis
s’élèvent à 1,125 francs, et celles de Charles jeune,
à 775 francs.
Ces deux sommes sont ajoutées au montant des
pertes mobilières et immobilières dont le Comité a
décidé de payer les trois quarts. Après cette rectifi
cation, le procès-verbal est adopté.
— 28 —
M. le Président donne lecture d’une lettre du sieur
Mazières qui expose sa situation, moins favorable,
dit-il, qu’on ne l’a prétendu, et de nature à le faire
participer à un supplément d’indemnité.
L’assemblée décide qu’il n’y a pas lieu de revenir
sur le vote émis dans la dernière réunion.
M. l’abbé Riboulet appelle l’attention du Comité
sur la situation d’un vieux carrier, le sieur Ladeuil,
qui gagnait sa vie en travaillant aux carrières, et
auquel cette ressource est actuellement enlevée. Cet
homme, bien que n’étant pas une victime directe de
la catastrophe, est dans la misère et digne du plus
vif intérêt.
Une observation analogue est faite pour le jeune
Jammary, dont la situation est également intéres
sante.
M. Mauroux signale au Comité le sieur Dutour, qui
a été blessé lors des travaux extérieurs.
Après ces diverses observations, l’assemblée décide
que le fonds de réserve de secours voté à la dernière
réunion sera élevé à 2,000 francs au lieu de 1,000, et
qu’il sera prélevé sur ce crédit les sommes nécessaires
pour être distribuées en secours, tant aux indigents
ci-dessus désignés, qu’à ceux au nom desquels de
nouvelles demandes pourraient se produire.
Un membre signale comme devant être l’objet d’un
examen spécial, le cas du sieur Chanteau, dont la
femme a été atteinte à la suite de la catastrophe d’une
maladie nerveuse qui exige, de la part de son mari,
— 29 -
des soins et une garde incessants. Dans ces condi
tions, ce malheureux ne peut se livrer à aucun
travail. Il a déjà reçu des deux Comités 550 francs.
Une somme de 500 .francs lui est allouée en sus de
celles déjà reçues.
Le sieur Charles Denis expose au Comité que sa
femme, atteinte dans la catastrophe, est restée très
longtemps malade d’une phlébite.
Il est décidé que cette victime, étant déjà comprise
dans la répartition projetée, le Comité lui paiera, en
outre, ses frais de maladie. M. le Trésorier est chargé
de régler cette affaire.
L’ordre du jour appelle la fixation du chiffre de
chacune des indemnités mobilières, immobilières et
perte d’outils à divers, dont le principe a été adopté
précédemment.
Le vote au scrutin secret donne les résultats sui
vants :
Indemnité Chaigneau : 1,000 francs, dont les trois
quarts = 750 francs ; 500 francs lui ayant déjà été
avancés, il recevra pour solde 250 francs.
Indemnité Château : 1,200 francs, soit 900 francs,
sur lesquels 600 francs lui ont déjà été avancés. 11
recevra pour solde 300 francs.
Indemnité Cruchet : 1,200 francs, soit 900 francs,
sur lesquels il a déjà reçu 450 francs ; il recevra pour
solde 450 francs.
— 30 —
Indemnité Levaillant: 1,000 francs, soit pour les
trois quarts, 750 francs, à payer en totalité.
Le sieur Nadaud recevra le complément intégral
de sa réclamation pour perte d’outils, soit 139 francs.
M. Bégoux donne à la réunion des renseignements
intéressants sur la répartition ci-après faite par le
Comité municipal, dans sa dernière séance, en
faveur des veuves et des orphelins.
Le jeune Mazet, 500 francs ; la fille Lafayasse,
1,000 francs ; veuve Serre jeune, 1,800 francs; veuve
Ulysse, 800 francs ; veuve Parcellier jeune, 400 fr. ;
veuve Parcellier mère, 500 francs ; veuve Serre
mère, 600 francs.
Le Comité s’ajourne, pour terminer sa répartition,
à samedi 20 mars courant, à 2 heures, à la Préfecture.
Le Président,
E. ROMAN.
Le Secrétaire,
POUYADOU.
Le Trésorier,
ROLLAND DE DENUS.
— 3i —
NEUVIÈME SÉANCE.
Le 20 mars 1886, le Comité central de secours
aux victimes de Chancelade, s’est réuni à la Préfec
ture, à deux heures de l'après-midi.
Etaient présents : MM. Roman, président ; Rol
land de Denus, trésorier ; Pouyadou, secrétaire ;
Passerieux,l’abbé Riboulet, Bégoux, Mauroux, Bour
geix et Puyjarrinet, membres.
M. Bonnet, chargé de l’évaluation des pertes,
assiste à la séance.
M. le Préfet, président d’honneur, nommé dans la
Loire, ayant été obligé de se rendre à son poste, a
chargé M. Pouyadou d’excuser son absence à la
séance de ce jour, et, en même temps, d’offrir au
Comité l’expression de tous ses remerciements pour
le concours dévoué de ses membres et le zèle avec
lequel ils ont travaillé à l’œuvre commune.
M. le Trésorier fait connaître au Comité la situa
tion financière générale, qui se résume ainsi :
La souscription a produit à ce jour...
50,421f 55
Les sommes distribuées jusqu’à pré
sent, conformément aux diverses déci
sions antérieures du Comité, pour secours
de toute nature, pertes d’outils, pertes
mobilières et immobilières, s'élèvent à.. 21,294 60
Excédent.....................
Le Comité ayant décidé qu’il serait
réservé, pour nouveaux secours urgents
à distribuer, suivant les besoins qui pour
ront se produire, une somme de.............
Il reste à répartir...................
29,126 95
2,000
»
27,120f 95
Le Trésorier propose d’appliquer cette fraction de
cent vingt-six francs à la publication des procès-ver
baux des séances du Comité, rapports et compte
rendu financier. Cette brochure sera distribuée, en
aussi grand nombre que possible, aux souscripteurs
et à la presse locale et régionale. La proposition est
adoptée en principe, sauf examen de la dépense à
laquelle cette publication pourrait s’élever.
Les vingt-sept mille francs restant sont destinés
aux veuves et aux orphelins ci-après : orphelins
Mazet et Lafayasse, veuve Serre et ses enfants, veuve
Ulysse et son enfant, veuve Parcellier jeune, veuve
Parcellier mère, veuve Serre mère, Tranquille jeune.
M. Bourgeix fait observer que le Comité a décidé
d’allouer les trois quarts du montant des pertes maté
rielles reconnues, sauf aux intéressés à se pourvoir,
- 33 -
pour le complément, auprès du Comité municipal.
Le but du Comité a bien été atteint pour la plupart
des perdants, mais d’autres, qui n'ont rien reçu du
Comité municipal, se trouvent, par rapport aux pre
miers, dans un état d’inégalité qu’il signale à l’as
semblée.
M. le Président répond à M. Bourgeix que le
Comité central, ayant environ les trois quarts du
montant de la souscription, a résolu de donner les
indemnités à raison de cette somme, mais qu’il n’a
vait pas la prétention d’engager en cela le Comité
municipal. — Nous avons cherché à traiter tout le
monde de la même manière et d'après le même prin
cipe, cela nous suffit, et nous n'avons pas à rectifier
par une répartition a posteriori, celle qui a été
adoptée librement par le Comité municipal.
L’incident est clos.
Les propositions du bureau tendent à donner 2,000
francs à chacune des veuves, 2,000 francs à chacun
de leurs enfants, 3,500 francs au fils Mazet et 3,500
francs à la fille Lafayasse, orphelins de père et de
mère; 1,000 francs aux frères Tranquille, et enfin
1,000 francs à la fille Mazet, dont l’état de dénûment
et de maladie signalé au Comité est tel que le bureau
a cru devoir lui allouer un secours provisoire de
100 francs. M. Rolland lui a remis personnellement
ce secours.
Le Comité, après une courte discussion, adopte le
principe de cette répartition et approuve également
l’allocation de 100 francs dont il vient d’être parlé.
3
— 34 —
En conséquence, les sommes suivantes sont votées
en faveur des ayants-droit ci-aprés désignés :
Mazet fils, trois mille cinq cents francs, ci.
3,500f
Fille Lafayasse, trois mille cinq cents
francs, ci......................................................... 3,5°°
Veuve Serre, huit mille francs, dont deux
mille pour elle et deux mille pour chacun
de ses enfants, ci............................................ 8,000
Veuve Ulysse, quatre mille francs, dont
deux mille pour elle et deux mille pour son
enfant, ci.........................................................
4,000
Veuve Parcellier jeune, deux mille francs,
ci.....................................................................
2,000
Veuve Parcellier mère, deux mille francs,
ci.....................................................................
2,000
Veuve Serre mère, deux mille francs, ci..
2,000
Fille Mazet, mille francs, ci.....................
1,000
Tranquille frères, mille francs, ci............
1,000
Sont adoptées en outre les résolutions suivantes :
Les veuves pourront toucher immédiatement l’in
demnité qui leur est personnelle. La fille Mazet rece
vra un livret de caisse d’épargne qui sera remis entre
les mains de l’Inspecteur des Enfants assistés, jusqu’à
sa majorité. Les mille francs des frères Tranquille
seront ainsi employés : le plus jeune recevra un livret
de caisse d’épargne de 500 francs, les deux autres
- 35 ~
auront chacun 250 francs en argent. Pour le fils
Mazet, il sera acheté un titre de rente qui restera
déposé entre les mains de l’Inspecteur des Enfants
assistés, représentant le Préfet; pour la fille Lafayasse,
un titre de même nature, qui sera remis à son tuteur. Il
en sera de même pour les enfants des femmes Serre
et Ulysse. La femme Serre est sur le point d’avoir un
troisième enfant. Si cet enfant est mort-né, ses
2,000 francs seront divisés entre les diverses victimes
comprises dans la répartition des 27,000 francs. Dans
le cas où il décéderait ultérieurement, ils seraient
partagés entre sa mère et ses frères.
Diverses demandes de secours urgents à prélever
sur la réserve de 2,000 francs sont ensuite soumises
à la réunion, qui accorde à dix réclamants, dont les
noms sont portés dans le compte-rendu détaillé du
Trésorier qui sera publié à la suite des procès-ver
baux des séances, des secours variant de 20 à 100
francs et formant la somme totale de 365 francs.
Les demandes qui surgiront seront ajournées à la
prochaine réunion du Comité, laquelle aura lieu pour
entendre lecture du compte-rendu général des opéra
tions prêt à être publié.
La séance est levée.
Le P résident,
E. ROMAN.
Le Secrétaire,
POUYADOU.
Le Trésorier,
ROLLAND DE DENUS.
- 36 -
DIXIÈME SÉANCE.
Le 19 août, les membres du Comité central de
secours aux victimes de Chancelade se sont réunis à
la préfecture.
Sont présents : MM. Laugier-Mathieu, préfet de
la Dordogne, président d’honneur ; Roman, prési
dent ; Rolland de Denus, trésorier ; Pouyadou,
secrétaire, et les membres ci-après désignés : MM.
Montagut, Passerieux, Bourgeix, Mauroux, Cruchet,
Puyjarrinet, Moreau.
Le procès-verbal de la dernière séance est lu et
adopté.
La parole est à M. le Trésorier : M. Rolland de
Denus fait connaître au Comité que le chiffre des
souscriptions s’élève définitivement à la somme de
51,614 fr. 50 c. Cette situation permet d’élever le
chiffre de 2,000 francs, réservé pour la distribution
de nouveaux secours urgents et de satisfaire aux
nombreuses demandes qui se sont produites depuis
la dernière réunion et dont la liste va être soumise à
la délibération du Comité.
- 37 —
Toutes les décisions votées dans la dernière séance
ont été exécutées ; tous les titres de rentes nominatifs
pour les orphelins ont été achetés ; les veuves ont
touché directement les sommes qui leur avaient été
allouées, sur un reçu fourni et signé par elles, en
présence de deux témoins signataires. Seul le livret
de caisse d’épargne, destiné à la fille Mazet, n’a pas
été acheté. Cette fille, étant toujours très gravement
malade, a reçu, jusqu’au jour de son admission à
l’hospice, des secours du Comité, qui est appelé à
décider si ces secours doivent être imputés sur la
somme de mille francs, votée en sa faveur. Après
une discussion dans laquelle le trésorier fait connaître
que les diverses sommes envoyées à la fille Mazet,
pendant quatre mois environ qu’elle a passsé chez
une pauvre femme qui l’avait recueillie, s’élèvent à
315 francs, le Comité décide que cette somme ne
sera pas prélevée sur les mille francs qui resteront
entiers pour l’achat du livret. Comme la situation de
la fille Mazet est toujours des plus graves, cet achat
sera fait au nom de son enfant. L’argent nécessaire à
ce livret étant réservé, il reste à distribuer une somme
de 2,269 fr- 30 cLes membres du Comité, habitant Chancelade,
ont établi, d’après les demandes qui leur ont été
adressées, une liste de propositions de secours à
distribuer sur ce reliquat à divers ouvriers ou à des
familles d’ouvriers nécessiteux. Cette liste est soumise
à la délibération du Comité, avec des renseignements
relatifs à chacun des pétitionnaires. Avant qu’il soit
statué sur ces demandes, M. le Préfet propose de
comprendre dans cette répartition les ouvriers qui se
- 38 -
sont distingués dans le dernier épisode de cette catas
trophe, en découvrant les passages qui ont permis de
recueillir les restes de deux victimes. Cette propo
sition est adoptée avec d’autant plus de faveur, que
plusieurs d’entr’eux sont déjà inscrits sur la liste dont
il vient d’être parlé.
Après examen de la situation de chacune des per
sonnes signalées à son attention, le Comité alloue à
trente-quatre réclamants, dont les noms sont inscrits
dans le compte détaillé du trésorier, qui sera publié à
la suite des procès-verbaux, des secours variant de
20 à 75 francs et formant la somme totale de 1,480
francs.
MM. Moreau et Cruchet, ayant quitté la salle des
délibérations, plusieurs membres proposent une
indemnité complémentaire en faveur de ces deux
carriers, dont l’un, Cruchet, a déjà reçu une indemnité
pour perte de mobilier, et dont l’autre n’a touché que
le secours primitif de 50 francs. M. le Préfet propose
150 francs pour Moreau et 100 francs pour Cruchet.
Ces deux sommes sont votées. Sont également votés :
40 francs à la femme André, qui a recueilli et soigné
pendant plusieurs mois la fille Mazet ; 29 fr. 35 c. de
médicaments pour la même ; 58 fr. 50 c. pour rem
boursement de frais à M. Rougier.
M. Montagut demande la parole :
L’honorable membre désirerait qu’un monument
commémoratif de l'épouvantable catastrophe de
Chancelade fût élevé dans le cimetière de cette com
mune, où reposent déjà les restes de plusieurs des
victimes. Une inscription rappellerait aux généra-
— 39 —
tions futures les circonstances dans lesquelles elle
s’est produite, et les noms de ceux qui y ont péri. Elle
mentionnerait aussi l’émotion produite dans toute la
France par ce désastre et le magnifique élan de cha
rité publique qui a permis de venir puissamment en
aide aux familles, dont les chefs avaient trouvé la
mort dans les carrières.
Le Comité, s’associant aux sentiments exprimés
par M. Montagut, et adoptant sa proposition, affecte
à cette dépense une somme de deux cents francs, à
laquelle pourra être ajouté le reliquat que laisseraient
libre les frais d’impression des procès-verbaux. Il
nomme une commission chargée de s’entendre, pour
tout ce qui concerne l’érection de ce monument, avec
la municipalité de Chancelade.
Cette commission approuvera également le procèsverbal de la séance de ce jour, qui est la dernière.
Elle est composée de MM. Montagut, Passerieux,
Roman et Rolland de Denus.
M. Rolland de Denus et M. Pouyadou, sont, en
outre, chargés spécialement de veiller à l’impression
des procès-verbaux des séances du Comité et du
compte détaillé des recettes et des dépenses tenu par
M. le Trésorier.
M. Roman, président, prend alors la parole :
Il expose que l’œuvre du Comité est aujourd’hui
terminée, et il remercie ses collaborateurs du zèle et
du dévouement apportés par eux à l’accomplissement
de la mission difficile qu'ils avaient acceptée.
Il déclare le Comité dissous et lève la séance.
40 —
COMITÉ DE SECOURS POUR
COMPTE DÉTAILLÉ DES
Fourni par M. ROLLAND
RECETTES
A reporter.............................. 17,201 40
(i) Sous cette mention fréquente, sont comprises toutes les sommes
recueillies dans les écoles par l’Académie, toutes les souscriptions des
communes ou des particuliers adressées directement au Préfet, ainsi que
les versements faits par le journal la Gironde.
— 4i -
LES VICTIMES DE CHANCELADE
RECETTES
ET DÉPENSES
DE DENUS, Trésorier
DÉPENSES
— 42 -
(i) Dans cette somme est comprise celle de 1,005 francs, produit d’une
souscription faite à Bayonne par deux Périgourdins, MM. Saignac et
Mounier, professeurs au lycée.
— 44 —
A reporter.............................. 43,040 30
— 45 -
A reporter.................................... 51,411 05
Total des Recettes............ 61,614r60
Report des Dépenses...................... 51,411 05
Frais d'impression des procès-verbaux et du
compte détaillé des recettes et des dépenses..........
Frais d’envoi..........................................................
180
23 43
Total des Dépenses................ 51,614f50
Périgueux. — Imprimerie Delage et Joucla.
»
Fait partie de Procès-verbaux des délibérations du Comité central de secours aux victimes de Chancelade.
