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DE LÀ NÉCESSITÉ
1
DU
ET DW MEILLEUR RÉGIME FORESTIER
DANS LE DÉPARTEMENT DE LA DORDOGNE,
PAR H. PINONDEL DE LABERTOCHE.
AOUT 1841.
a
c.
♦
BU
ET D’UN MEILLEIR RÉGIME FORESTIER
DANS LE DÉPARTEMENT DE LA DORDOGNE.
Uemande d’une allocation de 9,500 franc* pour la Création
de cinq Pépinière* forestière*,
ET D’UNE COMMISSION SPECIALE DANS CHAQUE ARRONDISSEMENT.
Parmi toutes les branches de l’agriculture, il en est une qui, pour
ainsi dire oubliée, délaissée entre toutes les autres, mérite l’attention toute
spéciale des hommes chargés de la conservation, de l’amélioration de la
fortune publique : je veux parler de la culture des bois. Jusqu’à ces der
niers temps, les bois, sans valeur vénale , ne pouvaient même réclamer
une protection que les propriétaires eux-raèmes lui refusaient. — Depuis
la création de nombreuses voies de communication, depuis surtout l’ou
verture de la canalisation de l’Isle, ce produit, un des plus importans
du département, a augmenté dans une proportion énorme, puisqu’il a
plus que quadruplé.— Des usines se sont établies, et l’argent des départemens voisins a commencé enfin à venir dans le pays dont il sortait autre-
— 4 —
fois sans retour pour aller chercher les objets souvent de première né
cessité. Ce nouvel état de choses est donc de pâture à attirer l’attention
sur cette branche, pour ainsi dire nouvelle, de la richesse locale. — Les
bois consommés par les usines de la Dordogne et des déparlemens voi
sins; expédiés sur Bordeaux, soit comme bois de chauffage ou en charbon;
soit en cercles et en carassonne, ne peuvent plus suffire aux deman
des ; et quelque grande que soit la production, elle ne saurait désormais
dépasser la consommation, que favorisent merveilleusement des débouchés
certains et multipliés.
Ce premier fait était important à établir, car avant de créer un pro
duit, il faut être sùr qu’il correspond à un besoin commercial, toute amét lioration se résumant en un intérêt d’argent.
•
Mais si à côté de ce fait viennent se placer les grands intérêts qui sont
liés à la culture forestière, c’est alors surtout que nous en comprendrons
toute l’importance.
Ces intérêts peuvent être distingués en intérêts généraux et en intérêts
locaux.
Des premiers dépendent les influences climatériques, atmosphériques,
hygronométriques, hygiéniques, les besoins de la marine nationale et des
constructions privées.
Aux seconds se rattachent les considérations que présentent la nature
du sol du département, sa configuration, la nature de ses cultures et les
habitudes de ses habitans.
Depuis les défrichemens considérables et les déboisemens nombreux qui
ont eu lieu pendant les cinquante dernières années, il est bien constant
que des révolutions désastreuses ont eu lieu dans l’état de l’atmosphère.
Le changement dans la température de certaines contrées, les inonda
tions , les grêles si fréquentes dans nos contrées, les sécheresses, la
diminution des sources, proviennent évidemment de ces dévastations de
nos antiques forêts. En effet, protégeant la terre d’un toit de verdure , les
bois conservent plus long-temps l’humidité du sol, les sources se forment
et se maintiennent à un niveau plus constant; les vapeurs de l’atmosphère,
retenues dans les régions moyennes, ne forment plus en retombant ces
pluies torrentielles qui entraînent tout sur leur passage, dépouillant les
coteaux de la (erre végétale qui recouvre le roc, mais viennent, au
contraire, favoriser la végétation par des rosées bienfaisantes. Enfin les
arbres , aiguilles naturelles qui soutirent l’électricité dont sont surchargés
les nuages, dissipent en quelques instans les orages qui allaient porter au
loin la désolation et la ruine du cultivateur.
Sous le rapport hygiénique, par une inconcevable erreur, l’on attribue
généralement une influence malsaine aux pays de bois ; il suffit cependant
de la connaissance de la composition de l’air et de la respiration des plantes
pour en reconnaître l’absurdité. En effet, tandis que, par la respiration,
l’homme s’assimile l’oxygène de l’air en rejetant l’azote , les feuilles des
arbres absorbent l’azote et l’hydrogène sulfuré, ces deux élémens dé
létères de la vie. C’est même en. se basant sur ce fait que les contrées
rendues malsaines par les exhalaisons des marécages peuvent être assai
nies. Au reste, les faits viennent à l’appui de la science dans celte cir
constance; et, sauf la funeste influence des étangs et des marais de la Dou
ble , toutes les parties boisées du département sont incontestablement les
plus saines.
Si nous abordons, enfin, la question presque nationale de la conservation
des bois sous le rapport des constructions navales et civiles, des considé
rations cncoré plus élevées militeront en faveur de la création des forêts.
En vain quelques personnes, engouées des nouveautés, viendront nous an
noncer l’époque prochaine ou nos vaisseaux de guerre , nos bâlimens mar
chands , nos maisons même seront en tôle et en fer ; en vain jetterontelles un anathème sur nos bois et nos charbons des forges, proclamant la
supériorité des houilles et de la tourbe. — Malgré tout ce bel échafau
dage , ainsi que le disait déjà en 1828 M. de Crémoux dans un rap
port remarquable sur la nécessijé de mesures conservatrices des bois, nous
répéterons avec Sully, avec les économistes et tous les forestiers : « Mal
heur à la nation qui n’aura pas conservé ou créé chez elle les matériaux
nécessaires à sa marine! »— L’Angleterre, celte nation si sage et si égoïste,
l’a parfaitement senti, et déjà les plantations de mélèzes des contrées du
nord et de l’Ecosse fournissent des mâts et des bois de construction à ses
nombreux vaisseaux. — Sachons donc une fois au moins suivre cet exem
ple pour une amélioration toute nationale......
A côté de ces faits, puisés dans des considérations générales, si nous
abordons les intérêts locaux, nous trouvons une foule de motifs en faveur
du boisement des landes.
Lorsque l’on suit pour la première fois les riantes vallées de la \ ézère,
de l’Isle, de la Drônc et du Dropt, ou les plaines si riches de la Dordo
gne , l’on peut s’étonner d’entendre citer ce département comme le plus
forestier de toute la contrée de l’ouest. Et cependant, si l’on consulte les
documens statistiques , l’on arrive à des résultats lout-à-fait imprévus.
Quoique les opérations du cadastre ne soient pas encore terminées, il est
facile, avec les parties déjà cadastrées, de formuler des chiffras propor
tionnels. Comprenant toute l’importance de cette base de l’édifice, j’ai cru
qu’il ne serait pas sans importance de donner, dans un premier tableau, les
superficies comparées de chaque canton cadastré, et dans un second, les
déductions que j'en ai obtenues, pour l’approximation des bois et landes
dans la totalité du département. (Voir tableaux n.os 1 et 2.)
Ce double travail m'a fait connaître que sur une étendue de 915,000 h.,
l’on comptait 275,000 h. en bois chêne ou châtaignier, et 100,000 h. en
laudes; c’est-à-dire les 2j5de la superficie totale. Si l’on consulte maintenant
la statistique générale de la France, l'on reconnaîtra l.° que dans l’ouest,
aucun département ne présente une étendue forestière aussi considérable
relativement à sa superficie totale; 2.° que, même dans les contrées de
l’est reconnues forestières, il en est peu qui dépassent cette proportion.
— L’on peut donc proclamer dès à présent le département comme fores
tier, et surtout comme devant le devenir encore plus. — Tout l’y porte :
ses intérêts commerciaux, agricoles, la nature de son sol et de ses habi
tons.
Nous avons vu plus haut l'importance des améliorations dans le ré
gime forestier sous le point de vue commercial. Quant au point de vue
.
agricole, un but vers lequel doivent tendre constamment les efforts du
propriétaire et du gouvernement, c’est d’utiliser des terrains improductifs.
— Or, de quels produits ne seraient pas susceptibles les 100,000 h. de
landes que les tailles statistiques nous ont montrés dans toute l’étendue
du département? J’ai cherché (voir tableau n.° 3y approximativement quel
serait le produit de ces landes converties en bois ; j’ai consulté, pour arri- •
ver aux chiffres, hase de mes calculs, plusieurs forestiers du département,
les ouvrages spéciaux, nia propre expérience, et j’ai été amené à des ré
sultats tels que j’ai cru devoir diminuer toutes mes évaluations, dans la
crainte de paraître exagéré; et, malgré ces diminutions, sait-on le pro
duit que présentent ces vastes landes improductives converties en bois de
pin, en taillis de chêne et de châtaignier? Cent dix millions au bout de
quarante ans, puis un produit annuel de 4,000,000. Ce chiffre semble
fabuleux sans doute ; mais si l’on parcourt les détails qui m’y ont amené
et si l’on consulte ses propres connaissances, l’on fera plus que doubler ce
chiffre déjà exorbitant.
Mais , diront quelques agriculteurs, pourquoi ne pas convertir ces landes
en terres, en vignes, en prairies? Les produits seraient bien plus consi
dérables encore. — Incontestablement, il y aurait avantage; mais, mal
heureusement, il est un double obstacle à ces défrichemens. Le premier,
tiré de la nature du sol, le plus souvent de médiocre qualité et d’une
culture dispendieuse , surtout lorsqu’il a perdu , après quelques années,
les principes fugitifs de sa fertilité ; le deuxième, tiré de la nature des
habitans, accoutumés à une culture jardinière dans un pays en général
trop peu fertile pour payer leurs sueurs. — Trop paresseux et routiniers
pour suppléer par l’industrie à ce manque de bras. — Dans cet état, l’on
doit donc proclamer comme plus avantageuse la culture qui donne un
produit malgré ces obstacles.
Ces considérations amènent tout naturellement à la question du boise
ment des coteaux et des terrains de médiocre qualité. Nous avons vu ,
quant aux premiers, les motifs d’utilité générale qui devaient déterminer
à les regarnir de bois ; quant aux seconds, une autre considération d’éco
nomie agricole doit aussi y déterminer les propriétaires imprévoyans qui
se sont laissés aller à les défricher. — Toute culture, pour être raisonnée
et même raisonnable, doit non-seulement établir une balance entre les
frais et le produit, mais encore donner un profit. Or, combien sont nom
breuses les terres arables qui, par suite de la qualité mauvaise ou mé
diocre du terrain , donnent à peine un produit brut égal aux déboursés
qu’a exigés leur culture. Ces terrains, mis en bois, au contraire, don
neraient presque tous, et à peu de frais, un produit net plus élevé, et
par conséquent préférable, sans compter les avantages de la conserva*-tion et de l’amélioration du terrain dans l’avenir.
Outre ces considérations principales, l’on pourrait énumérer encore bien
des causes secondaires qui militent en faveur du repeuplement des bois
et du boisement des landes et des coteaux. Mais elles rentrent plus ou
moins dans les grandes divisions que nous avons adoptées : utilité géné
rale, utilité locale, avantages commerciaux ou agricoles.
Mais avant de passer outre-, il est important de répondre à une des
objections les plus graves que l’on élève contre les améliorations fores
tières : je veux parler de la subdivision de la propriété. Assurément, les
parties cultivées du département sont morcelées à l’infini; mais, en com
pensation, les contrées forestières présentent encore des tènemens assez
considérables. La logique, du reste, indique que toute contrée boisée et
peu peuplée ne saurait être morcelée. D’ailleurs, pour l’exploitation en
taillis,'et surtout pour le châtaignier, les intérêts du petit possesseur sont
les mêmes que ceux du grand propriétaire : le taillis a beau venir len
tement et ne donner que des produits à longue échéance, le paysan le
conserve et souvent même il l’élève en futaie, tandis .que le riche pro
priétaire qui l’avoisine met la cognée dans scs réserves. L’on ne saurait
donc trouver dans celte circonstance un obstacle réel à une mesure qui
doit développer à un si haut degré la prospérité d’une portion notable du
département.
Ces faits établis, ces objections écartées, nous en venons à rechercher
quels moyens l’administration peut employer pour déterminer les cul
tivateurs à se livrer en grand aux boisemens des landes et au repeu
plement des forêts. C’est ici la difficulté réelle, car il ne s’agit de rien %
moins que d’obtenir de grands résultats à peu de frais. Sera-ce au moyen
d’un certain nombre de primes, toujours incertaines, que vous obtiendrez
des propriétaires des avances chanceuses, des démarches multipliées? Le
grand nombre de concurrens, d’un côté ; la jalousie, la cupidité, de l’autre,
nécessiteraient d’énormes sacrifices de la part de l’administration pour ar
river à la plantation de quelques centaines d’hectares de landes. —Sera-ce
par une exemption d’impôt? Mais déjà le bénéfice existe dans la loi, et il
n*’est pas assez puissant, probablement parce qu’il n’est ni assez connu ni
— 9 —
assez pratiqué. (Voyez tableau n.° 4.) Il faut donc le reconnaître, au
cun de ces moyens n’atteint le but désiré, car ils s’en prennent ou à la
bourse ou à l’inertie de l’homme des champs.
Cherchons donc, en réunissant ces divers moyens, en les transformant,
si l’on ne pourrait diminuer les frais du propriétaire, augmenter les avan
tages qui lui sont propres.
Or, quels sont, pour le boisement des landes, les frais principaux? C’est
l’intérêt d’un terrain de landes le plus souvent sans produit, partant sans
valeur; ce sont les travaux de semis ou plantations, déboursés en nature,
partant peu importans pour le propriétaire ; c’est l’achat de la graine ou
du plant, qu’il faut aller chercher loin, avec la crainte d’être trompé, et,
qui pis est, la certitude d’un déboursé en argent.
L’obstacle réel est donc là, et les sacrifices de l’administration doivent
tendre à le lever. Procurez facilement, à bon marché, gratuitement mê
me , si c’est possible’, les graines forestières, les plants des essences les
plus avantageuses, et vous verrez les propriétaires, répondant a cet appel,
convertir leurs landes en terrains productifs. — Sur les plateaux siliceux
de la plus grande partie du département, les semis de pins maritimes
et laricio réussiront à merveille. Ayez en quantité suffisante les graines
de ces essences, si abondantes dans les landes de Bordeaux et dans les
forêts de la Corse , où vous l’obtiendrez plus avantageusement et avec
moins de chances d’être trompé que celui qui doit prendre de nombreux
et chanceux intermédiaires. — Les contrées de vignobles vous demandent
des cercles, des échalas.—La consommation de Bordeaux et de Libourne
vous demande des bois de chauffage et de service. — Les forges du déparparlement, de nombreux approvisionuemens de charbon. Fournissez à vil
prix aux propriétaires, donnez même, si vous pouvez, les jeunes plantsde chênes, châtaigniers, nécessaires à leurs plantations. Enfin, créez dans
chaque arrondissement une commission forestière spécialement chargée
de l’examen et de la surveillance de tout ce qui se rattache à cette cul
ture , et créez une pépinière qui puisse fournir les semences et les plants
des essences les plus avantageuses : ce sont là deux institutions impor
tantes tt peu dispendieuses. — Quant à la commission, elle n’entraînerait
aucun frais; composée de trois membres, dont le sous-préfet serait le *
— 10 —
président nécessaire, elle serait chargée de la distribution gratuite des
graines forrestières , notamment pour les semis de pins maritimes ; elle
rechercherait les élémens de la statistique demandée par la société d’agri
culture , elle suivrait les principaux essais faits dans l’arrondissement ;
enfin, et surtout, elle serait chargée de l’administration et de la surveil
lance de la pépinière.—Quant à cette pépinière, consacrée exclusivement
aux essences rustiques, destinée au boisement des landes, elle serait pla
cée, autant que possible, au centre des cantons forestiers, et ne cultive
rait que les espèces reconnues propres à ce but. Il serait affermé à long
terme un terrain susceptible, pour sa formation, d’agrandissemens posté
rieurs. — Les semis n’y seraient effectués que progressivement et sur
une étendue de deux hectares par année ; de telle sorte qu’au bout de
trois ans, époque à laquelle elle commencerait à livrer ses produits,
elle pourrait couvrir ses frais de culture. Par le fait, l’établissement de
celle pépinière ne serait donc qu’une avance de fonds qui se retrouverait,
au bout des trois années, dans les cultures quelle renfermerait. Dans le
tableau ci-après n.° 5, j’ai examiné, d’une manière détaillée, les frais et
produits de celle pépinière, et consigué les observations de détails. Je me
bornerai donc ici à constater que chacune de ces pépinières peut être
établie moyennant une faible allocation de 500 fr. ; que celle allocation ,
continuée pendant trois ans, complétera la formation de ces pépinières,
qui dès-lors pourront marcher seules et faire leurs propres ressources; qu’enfin , dans trois ans, chacune de ces pépinières formera chaque année
40 hectares de bois taillis châtaignier, chêne, soit 200 hectares pour le
département; ce qui, en continuant pendant dix ans seulement, présen
tera, lors de l’exploitation régulière, ainsi que nous l’avons établi au
tableau n.° 3, un produit net et annuel de
4 MILLIONS.
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— 13 —
D’après le tableau n.° 2, l’on voit, pour les cinq cent dix communes
cadastrées, que le rapport des terrains boisés ou de landes est à la tota
lité comme 314,000 hect. sont à 705,000, comme 31 est à 76; c’est-àdire' qu’ils occupent les 2[5 du territoire.
Quant aux quatre-vingt-une communes non encore cadastrées, il est
facile, par analogie, de les faire rentrer dans le tableau. En effet, d’après
la statistique générale, nous trouvons que le département présente une
superficie totale de....................................... 915,275 hectares.
En déduisant la superficie cadastrée de 765,902
Il reste....................... 149,373 hect. —Soit 150,000
représentant la superficie des quatre-vingt-une communes non cadastrées.
Or, des huit cantons à cadastrer, quatre sont éminemment forestiers,
ceux de Tbenon (Périgueux), Bussiére et Saint-Pardoux (Nontron), Monpont (Ribérac) ; les quatre autres appartiennent aux contrées plus culti
vées, et ce sont ceux de Carlux (Sarlat), Brantôme (Périgueux), Cadouin
et Monpazier (Bergerac).
L’on peut donc admettre une balance à peu près égale, d’autant mieux
que les quatre premiers, à l’inspection seule de la carte, présentent une
superficie plus étendue; et, prenant la proportion ci-dessus, nous avons
à ajouter aux bois ou landes les 2j5 de 150,000 hectares, soit 60,000
hectares à ajouter aux 314,552. = 375,000
Mais toujours jugeant par analogie, et considérant surtout la nature
des terrains des cantons forestiers, les landes en occupent près du tiers;
nous aurons donc à ajouter environ 18,000 hectares de landes aux 82,706
déjà cadastrées, et nous trouverons 100,000 hectares de landes, chiffre
très rapproché de celui de 99,977 de la statistique générale.
— 14—
N.° 3.
Tablcati approximatif de l’augmentation de la richesse territoriale
du département par le boisement des landes.
Nous avons vu, dans le premier tableau, que l’étendue totale des lan
des ou bois cadastrés et non cadastrés est de 375,000 hectares, dont
100,000 hectares en landes découvertes. Par suite du mauvais état de
presque tous les bois du département, ravagés chaque jour par le par
cours et l’insouciance des propriétaires, l’on pourrait assurément considé
rer comme lande le quart de ces 275,000 hectares de bois, ce qui ferait
plus de 100,000 hectares de terrains improductifs. Mais, dans la crainte
d’être taxé d’exagération, et voulant laisser une large part (60,000 hec
tares) pour la production des litières que réclame l’agriculture peu avan
cée des contrées forestières, nous ne baserons nos calculs que sur 100,000 h.
D’après la valeur moyenne des landes dans les contrées forestières, c’està-dire le Nontronnais , la Double et une grande partie du Sarladais, l'hec
tare de lande présente une valeur moyenne de 125 fr. Quant au produit,
il est presque nul dans la plupart des cas ; et dans les contrées exception
nelles où l’on peut vendre les litières, si l’on lient compte des non-valeurs,
du mode de vente; enfin des 60,000 hectares que nous avons abandon
nés à ce besoin, l’on trouvera à peine un revenu de 4 à 5 fr. annuelle
ment par hectare.
Que deviendrait maintenant, par le boisement, la valeur et le produit
annuel de ces landes improductives? Nous avons vu que sans sortir des
habitudes forestières, généralement adoptées dans le département, et sans
demander à des productions nouvelles, telles que l’accacia ou le bouleau,
des avantages que l’on pourrait traiter d’hypothétiques, trois essences con
viennent merveilleusement à notre sol et aux besoins de notre commerce :
le chêne, comme bois d’œuvre, de chauffage et de charbon ; — le châtai
gnier, pour la production du cercle, de la carassonne , là où existent
des débouchés, du charbon et du fruit dans les parties moins favorisées;
enfin le pin, destiné aux contrées les plus ingrates et les plus éloignées
des roules. Or, quels sont les produits de ces diverses essences?
Pour les apprécier d’une manière comparative , il faut attendre une
époque, à laquelle les unes et les autres aient atteint leur plein dévelop
pement. Ainsi , le chêne ne peut être considéré en valeur comme taillis
qu’à la deuxième coupe , c’est-à-dire à 40 ans. Le pin peut être avan
tageusement coupé à la même époque; enfin, si le châtaignier en taillis
peut déjà à 25 ans donner une coupe pour le cercle, ce ne sera qu’à
40 ans qu’il sera en plein rapport.
Quels seront donc les produits accumulés durant celle période ?
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— 15 —
Chêne : l.rc coupe à 20 ans, 22 brasses à l’hectare, à 4 stères
par brasse , à 10 fr. la brasse........................................
2.e coupe au même âge,
idem,
idem,
Total au bout de la période de 40 ans.........
220 fr.
280
500
Châtaignier : l.rc coupe à 18 ans, en bois de charbon, 22
brasses, à 7 fr. (154 fr.); soit........................
2. e coupe à 25 ans, pour cercles......................
3. e coupe à 33 ans,
idem.............................
4. e coupe à 40 ans,
idem..............................
150fr.
200
350
500
Total au bout de la période de 40 ans.... 1,200
Pin maritime : coupe unique à 40 ans (sans tenir compte des
produits souvent considérables des éclaircies),—
4,000 pieds d’arbres espacés à 1 met. 50 c., à
37 c. par pied en pin maritime; 3,000 pieds en
pin silvestre , à 50 c................... ............................ 1,500 fr.
Partant de ces chiffres, tous au-dessous de la réalité, si nous voulons
en déduire l’augmentation de la richesse territoriale que donnerait le boi
sement des 100,000 hectares de landes,
Nous trouvons qu’en essence chêne l’on aurait, au bout de la période
de 40 années, un total de.................................................
50,000,000
En châtaignier, pour charbon et cercles............. 120,000,000
Enfin, en pins........................................................... 150,000,000
Mais tenant compte des diversités de sol, de besoins commerciaux,
de situation ; divisons, entre les trois essences, les 100,000 hectares de
la manière suivante :
30,000 hectares chênes, 30,000 châtaigniers, 40,000 pins.
Nous arrivons à un chiffre énorme , et cependant basé sur des vérités
mathématiques :
Les 30,000 hectares chênes, à
500 fr., = 15,000,000
Les 30,000 hectares châtaigniers, à 1,200
= 36,000,000
Enfin les 40,000 hectares pins, à
1,500
= 60,000,000
Total de la valeur aubout de 40 ans..... 111,000,000
Ce qui fait pour chaque hectare, 1,100 fr.
Quant au produit annuel > durant cette période de 40 ans, il est de
26 fr. par hectare, soit 2,600,000 fr. pour les 100,000 hectares; mais,
lors de la mise en plein rapport, il atteint le chiffre de
30 fr. pour les bois de fer et de charbon; soit 3,000,000.
50 fr. pour les bois de cercle et carassonne; soit 5,000,000.
Ce qui, prenant une moyenne, donnerait un revenu annuel de
4 MILLIONS.
— 16 —
N.» 4.
Dispositions legislatives en faveur du boisement des landes
et de la culture des bois.
Parmi les mesures que les divers gouvernemens ont reconnues les plus
susceptibles d’encourager les cultures forestières, l’exemption d’impôt, pen
dant un certain nombre d’années, est sans contredit l’une des plus impor
tantes, et cependant, parmi les nombreux propriétaires du département qui
se sont livrés en grand aux défrichemens et au boisement des landes, au
cun, à ma connaissance, n’a profité de cet avantage. Est-ce négligence, in
différence? L’on ne saurait le croire. Il faut plutôt accuser la mauvaise in
terprétation de la loi du 3 frimaire an VII, en ce qu’elle laisse confondre
les administrations municipales qui existaient à l’époque où la loi a été
rendue avec les mairies actuelles. Il ne sera donc pas entièrement inutile
de rappeler les dispositions législatives qui régissent la matière de nos
jours.
Elles se trouvent dans la loi ci-dessus indiquée, et le Code forestier lui
a emprunté quelques-unes de ses dispositions.
Titre VII des exceptions.
Art. 111. La cotisation des marais qui seront dessèches ne pourra être
augmentée pendant les vingt-cinq premières années après le dessèchement.
Art. 112. La cotisation des terres vaines et vagues depuis quinze ans,
qui seront mises en culture, autres que celles désignées en l’art. 114 ciaprès , ne pourra être augmentée pendant les dix premières années après
le défrichement.
Art. 113. La cotisation des terres en friche depuis dix ans, qui seront
plantées ou semées en bois, ne pourra être augmentée pendant les trente
premières années du semis ou de la plantation.
Art. 114. La cotisation des terres vagues et vaines ou en friche depuis
quinze ans, qui seront plantées en vignes, mûriers ou autres arbres frui
tiers , ne pourra être augmentée pendant les vingt premières années de
la plantation.
Art. 115. Le revenu imposable des terrains déjà en valeur, qui seront
plantés en vignes, mûriers ou autres arbres fruitiers, ne pourra être éva
lué, pendant les quinze premières années de la plantation, qu’au, taux de
celui des terres d’égale valeur non plantées.
Art. 116. Le revenu imposable des terrains maintenant en valeur, qui
seront plantés ou semés en bois, ne sera évalué , pendant les trente pre
mières années de la plantation ou du semis, qu’au quart de celui des
terres d’égale valeur non plantées.
Art. 117. Pour jouir de ces divers avantages et à peine d’en être privé,
le propriétaire sera tenu de faire au secrétariat de l’administration muni-
— 17 —
cipale, dans le territoire de laquelle les biens sont situés , avant de com
mencer les desséclieniens, défrichemens et autres améliorations, une dé
claration détaillée des terrains qu’il voudra ainsi améliorer.
Ainsi que nous le disions plus haut, l’article 117 est fort souvent mal
interprété, en ce que l’on confond les administrations municipales qui exis
taient à l’époque où la loi a été rendue avec les mairies actuelles. Les
propriétaires font leur déclaration , les maires les reçoivent, et les uns
et les autres commettent une erreur grave qui peut devenir préjudiciable..
Les articles 2 et 13 de la loi du 17 février 1800 (28 pluviôse an 8),
qui n’a point été rapportée et qui porte organisation de l’administration
des départemens et des communes, attribuent les fonctions des anciennes
administrations municipales, non aux maires , mais aux sous-préfets, à
l’exception seulement de ce qui est relatif à la police ou à l’état civil.
Les déclarations dont il s’agit doivent donc aujourd’hui être faites de
vant le sous-préfet de l’arrondissement, qui doit aussi, après l’accomplis
sement des formalités prescrites, prononcer sur le droit que peuvent avoir
les déclarans à jouir des avantages qu’ils réclament, et renvoyer ces déci
sions aux maires pour qu’elles soient portées à la connaissance des habitans qui peuvent former contre elles recours auprès du préfet, et pour
que , dans le cas où elles ne rencontreraient aucune opposition, elles
soient communiquées aux répartiteurs dans leurs réunions annuelles.
Frais et produits des Pépinières forestières établies dans chaque arron
dissement.
Allocation accordée a chaque Pépinière, 500 francs.
Location d’un terrain clos en pays forestier d’une étendue de 2 h., avec
facilité de l’augmenter de 2 h. chaque année jusqu’à concurrence de 6 h.,
de manière à fournir une égale quantité de plants tous les ans.
Division de la pépinière en deux parties, moitié pour les semis de glands,
moitié pour les semis de châtaigniers.
Frais de création et d’entretien de la portion consacrée au semis de châ
taigniers durant l’espace de trois ans, époque à laquelle ils peuvent être
livrés au commerce.
Location du terrain, 1 h., à 25 fr. par an, — 3 ans...
Semence.—Le semis étant fait en lignes espacées de 1 pied
A reporter...............
75 fr.
» c.
75fr. 75 c.
.
— 18 —
Report...............
et les châtaignes à 9 pouces dans la raie , il y a 12 châ
taignes par métré carré, soit 120,000 par hectare. — Or,
1 hectol. de châtaignes en contient 8,000, terme moyen;
il faut donc 15 hectolitres, à 3 fr. 50 c.................................
Semaille......................................................................................
Labour du terrain à 30 cenlim. de profondeur, 5 jour
nées bouvières, à 3 fr.................................................................
Deux façons, la première année, à 10 fr. le journal, pour
les 2 façons, soit par hectare......................................................
Idem pour les deux années suivantes....................................
Arrachage du plant. — Un homme peut en faire 5 ares
par jour à la pioche; soit pour 1 hectare...............................
75 fr. 75 c.
52
12
50
50
15
»
25
50
»
»
25
»
250 fr.
» c.
Sur les 120,000 châtaigniers, si l’on compte 1 j6 de non marchands,
ce qui est énorme, il reste pour produit 100,000 plants, ce qui, à 2 fr.
50 c. le millier, donne 250 fr., au lieu de 7, 10, et même 12 fr., que
font paver les pépiniéristes, sans compter les frais considérables de trans
port, les supercheries, etc.
Pour le semis de chêne, les frais de culture, ainsi que les produits, sont
les mêmes que ci-dessus, sauf la semence, qui est moins chère et plus
petite. L’on peut donc admettre pour la deuxième moitié les résultats de
la première.
Quant aux autres essences, telles, entre autres, que le bouleau et
l’acacia, qui s’accommoderaient très bien des sols médiocres du départe
ment, et qui, cependant, n’y sont cultivées que comme rares exceptions ,
lorsque, par des essais nombreux, leur culture sera reconnue avantageuse ,
les pépinières viendront en aide aux propriétaires , en faisant les semis
nécessaires, admettant que leurs ressources leur permissent ces tentatives.
De quelle importance peut être l’établissement des pépinières pour le
reboisement ?
Un hectare de semis châtaigniers donne 120,000 châtaigniers , soit
100,000. A trois ans, les plants, replantés pour faire des taillis, pour
forges ou pour cercles, seront espacés de 1 m. 50 c. en tous sens, ce qui
fait 4,000 par hectare. Plus, 1,000 pour remplacer les manquans. — To
tal, 5,000, pour plantation d’un hectare.
Donc les 100,000 plants serviront à convertir en bois 20 h. de landes.
Partant, chaque pépinière, chaque année, transformera 40 h., soit
200 h. par an, pour tout le département.
FIN.
Fait partie de De la nécessité du boisement des landes et d'un meilleur régime forestier dans le département de la Dordogne
