FRB243226101_MZ_272.pdf
- extracted text
-
CHARACEES
DESCRIPTION ET ANALYSE DES ESPÈCES ET DES GENRES
OBSERVÉS DANS LES DÉPARTEMENTS DE LA HAUTE-VIENNE, DE I.A CORRÈZE.
DE LA CREUSE, DE LA CHARENTE ET DE LA DORDOGNE
avec
Des noies explicatives servant à préciser les caractères différentiels entre les espèces
voisines on faciles à confondre, à les distinguer entre elles et à donner à chacune le nom
gui lui convient.
FAR
SOULAT-RIBETTE
Chef d'institiiûon
FAMILLE
DES
CHARACÉES
DESCRIPTION ET ANALYSE DES ESPÈCES ET DES GENRES
OBSERVÉS DANS LES DÉPARTEMENTS DE LA HAUTE-VIENNE, DE LA CORRÈZE,
DE LA CREUSE, DE LA CHARENTE ET DE LA DORDOGNE
avec
Des notes explicatives servant à préciser les caractères différentiels entre les espèces
voisines ou faciles à confondre, à les distinguer entre elles et à donner à chacune le nom
qui lui convient.
Par SOULAT-RIBETTE
LIMOGES
IMPRIMERIE -LIBRAIRIE
LIMOUSINE
Ve H. DUCOURTIEUX
7, RUE DES ARÈNES, 7
1892
-■
V
!
LES CHARACÉES
ÉTUDE DES GENRES ET DES ESPÈCES OBSERVÉS DANS LES DÉPARTEMENTS
DE LA HAUTE-VIENNE,
DE LA
CORRÈZE, DE
LA CREUSE, DE LA CHA
RENTE ET DE LA DORDOGNE.
de plus que certaines familles de plantes phanérogames, elle offre
tant de charmes, même dès le début, qu’on la considère bientôt
comme une des plus intéressantes du règne végétai.
La diversité de ses formes et de ses couleurs, sa fructification
cryptogamique, sa fécondation presque animale, opérée par
une sorte d’animalcule (anthérozoïde) qui, sorti de l’organe
mâle, nage dans l’eau comme un être animé, allant à la recherche
de l’organe femelle, tout séduit et remplit l’âme d’admira
tion pour l’auteur de semblables merveilles, qui semble avoir
voulu lier ensemble, par une chaîne continue, tous les êtres de
la nature.
Linné et les anciens botanistes n’admettaient, dans la famille
des Characêes, que le seul genre Chara comprenant toutes es
pèces alors connues ; mais à partir d’Agardh, les botanistes nou
veaux, parmi lesquels se distinguent les spécialistes Wallman
et AL Braun, la partagèrent en deux genres : Nilella et Chara.
Actuellement, cette famille renferme environ cent cinquante
espèces réparties dans six genres : Nitella, Tolypclla, Nitellopsis,
Lychnothamnus, Lamprolliamnus et Chara, formant une série na
turelle, et séparés entre eux par des caractères bien distincts.
Première partie. — TABLEAUX DICHOTOMIQUES
LES GENRES
lre section. — EBRACTEATÆ Wallman
Le genre Nitella se distingue de tous les autres, non seulement
par ses deux rameaux partant des rayons ou feuilles qui occu
pent le sommet de la tige mère, mais, encore par l’absence des
stipules involucrales, des bractées (subdivisions des rayons
accompagnant les anlhéridies et les sporanges), et par sa fructifi
cation épigyne; dans les espèces monoïques du genre Nitella,
l’anthéridie (organe mâle) est toujours située au-dessus du
sporange (organe femelle).
2e section. — PSEUDOBRAGTEATÆ Wallman
Les genres Tolypella et Nitellopsis diffèrent du genre Nitella
par leurs fausses bractées (le genre Nitella n’a ni vraies ni fausses
bractées), et des autres genres, par l’absence des stipules (épines
involucrales).
Le Nitellopsis 11e renferme qu’une seule espèce qui est dioïque.
Le genre Tolypella renferme trois espèces qui sont monoïques.
3e section. — BRACTEATÆ Al. Braun.
Les genres Lychnothamnus et Lamprolhamnas ont des stipules
comme le genre Chara, mais s’en distinguent par leur fructifi
cation intrabractéale (anthéridies et sporanges situés en dedans
des bractées), tandis que dans le genre Chara (actuel), le spo
range seul est placé en dedans des bradées, et l’anthéridie seule
en dehors (hypogyne).
- Les genres Lychnothamnus et Lamprothamnus se distinguent
entre eux par la place qu’occupent les anlhêridies à l’intérieur
des bractées : dans le Lychnothamnus, le sporange est plac; entre
deux anthéridies, l’une à gauche, l’autre à droite et au même
niveau que le sporange ; dans le Lamprolhamnas, l’anthéridie est
placée au-dessus du sporange, 1 un et l’autre enveloppés par les
bractées.
— 5 —
Piaules dépourvues de stipules et de bractées ;
axes des rayons (feuilles) régulièrement et
entièrement divisés en parties symétriques.. Nitella.
Plantes pourvues de fausses bractées ; axe des
rayons prolongé jusqu’au sommet du verlicille, avec de petits rayons secondaires (faus
2
ses bractées).............. ......................................
Plantespourvues de stipules etde vraies bractées
3
Coronulc caduque, composée de cinq dents formées chacune de deux cellules superposées;
I
rayons à rachis évident ; anlhéridcs placées
\
à la surface supérieure du rachis......... ......... Tolypella.
/ Coronulc persistante, formée de cinq dents
f
composées chacune d’une seule cellule....... Nitellopsis.
1
t Inflorescence périgyne ; anlhêridies bilatérales. Lychnothamnus.
Inflorescence épigyne ; anthéridic supère........ Lamprothamnus.
i Inflorescence infère ; anthéridie hors des brack
tées, au-dessous du sporange (hypogyne). .. Chara.
LES ESPÈCES
.Ve section. — EBRACTEATÆ Wallman (sans bractées)
Nitella
Les Nitella se composent d’une tige ou axe principal, de
rameaux ou axes secondaires et de rayons ou feuilles.
La tige se termine au premier verticille qui se compose de
rayons simples ou ramifiés. — A l’aisselle de ces rayons, nais
sent deux rameaux qui font suite à la tige principale et se termi
nent aussi chacun par un verticille de rayons ; à leur tour, ces
nouveaux rayons donnent naissance à deux ramuscules ou ra
meaux secondaires, etc.
En outre, à la base des rameaux naissent souvent des ramus
cules collatéraux plus ou moins développés. Cette multitude de
rameaux et de ramuscules rend parfois la plante diffuse et
inextricable.
Les rayons ou feuilles, comme la tige, se terminent à la pre
mière articulation qui donne naissance à des rayons secondaires
ou folioles; ces derniers peuvent être aussi articulés et produire
d’autres ramuscules ; on dit, suivant le cas, que le rayon est
une fois, deux fois, trois fois divisé.
— 6 —
Dans les espèces monoïques, les anthéridies sont épigynes,
c’est-à-dire placées au-dessus des sporanges, La coronule du spo
range se compose de deux rangs de cellules superposées deux
à deux, ce qui fait une couronne de cinq cellules doubles ; elle
tombe avant la maturité du fruit. — Le sporange ou fruit est
aussi appelé nucule. — Les nucules sont entourés d’un nombre
plus ou moins grand de saillies spiralées, qui fournissent d’assez
bons caractères spécitlques.
Rayons simples ou une seule fois divisés: pha
langes terminales sans articulations............
2
Rayons deux fois divisés; phalanges terminales
7
sans articulations où à mucron seul articulé.
Rayon trois fois divisés.....................................
8
Rayons simples et terminés par 2-3 petites cor
nes très courtes ; anthéridies et sporanges
très petits formant des capitules au sommet
des ramusculcsfructifères. Plante monoïque,
robuste, une des plus grandes du genre.... N. tranalucens.
Rayons simples ou bi-lrifidcs....................................
3
Plante dioïque............................................................
4
Plante monoïque........................................................
G
Rayons bi-trifurqués, phalanges terminales apioulées, plus ou moins allongées, arquées;
anthéridies non groupées en tête, ni entou
rées de mucus.......................................... .
N.opaca.
Rayons simples ou fourchus ; anthéridies réu
nies en tête, entourées de mucus................
o
Rayons presque simples. Fructifie en automne N. syncarpa.
Rayons fourchus. Fructifie au printemps .... N. capitata.
Rayons simples ou une fois fourchus, rarement
trifurqués ; tige grande, assez robuste dans
les eaux profondes....................................... N. flexüis.
Variété : rayons généralement fourchus..........N. Brongniartiana.
Phalanges terminales sans articulations audessous de celle du mucron, ou terminées par
2-3 petites pointes; plante de 2 â 4 décim. ;
verlicilles à 6-8 rayons, une ou deux fois di
visés ; sporange ovale, à 6-7 stries ; coronule courte; monoïque. Juin-septembre... N. mucronata.
Phalanges terminales aiguës, sans aucune ar
ticulation ni au mucron ni au-dessous de
lui ; très petite plante, 8-15 centimètres,
assez robuste ; verlicilles rapprochés en
forme de nœuds, mucilagineux; rayons as
sez larges; sporanges assez grands. Monoï
que. Mai-Àoût.................................. ............ N. batrachosperma.
Z
Phalanges terminales sans articulations audessous du mucron........................................
Phalanges terminales articulées au-dessous
du mucron.......................................................
9
10
Vcrticilles composés de deux sortes de rayons,
dont 8 principaux et un nombre double de
plus petits, géminés ; phalanges terminales
courtes, renflées, sans autre articulation que
celle du mucron. Très petite plante, 6-12
centimètres; sporanges assez grands à 9
stries. Monoïque. Fructifie en été................ N. hyaina,
Verticilles composés d’une seule sorte de
rayons, écartés, agglomérés en forme de
grains de chapelet ; 7-8 rayons trois fois di
visés ; phalanges terminales ténues, cylin
driques, allongées, sans autre articulation
que celle du mucron ; très petite plante,
(15 à 20 centimètres) ; sporanges petits à
9 stries. Monoïque. Juin-Août....................... N. tenuissima.
Articulations profondes.....................................
11
Articulations normales, sans profondeur.........
12
Phalanges terminales à 3-4 articulations pro
fondes au-dessous du sommet, ressemblant
à des doigts de certains oiseaux.................. N. ornithopoda.
Phalanges terminales à deux seules articula
tions profondes............................................... N. aroernica.
Verticilles diffus à 5-7 rayons grêles, 2-3 fois
divisés ; phalanges terminales une ou deux
fois articulées au-dessous du sommet, ter
minées par un mucron large, lancéolé, arti
culé; plante monoïque, grêle, 1-3 décimèt.,
sporanges petits, à 5 stries. — Juin-Août. —
Mares, rigoles, ruisseaux. ............................ N. gracilis.
Verticilles de 7-8 rayons, 1-3 fois divisés; pha
langes terminales 1-2 fois articulées, termi
nées par un mucron très fin, articulé ; spo
range à 4-5 stries fines; plante monoïque.
Juin-Septembre.............................................. N. flabellata.
Rayons en partie simples............,...................N. Lamyana.
2° section. — PSEUDOBRACTEATÆ Wallman
PLANTES POURVUES DE FAUSSES BRACTÉES
Bayons simples, articulés, pourvus à leurs articulations de
rayons secondaires plus courts et plus grêles, au nombre de 2-G,
— .8 —
représentant des bractées (fausses bradées} et parfois pourvus, à
leur base, de petites stipules rudimentaires. Anthéridies et spo
ranges naissant au niveau des fausses bractées ou des stipules
rudimentaires.
Tolypella
Plante monoïque ; rayons souvent munis d’un article apical, les
stériles souvent très simples, articulés au-dessous du sommet.
Fausses bractées divisées.
Rayons acuminés, à articulations nombreuses ;
sporanges accumulés en grand nombre,
11 à 12 stries. Mars-Mai................................. T. intricata.
Rayons presque obtus, ayant aux articulations
3-6 bractées articulées, simples ou pourvues
de bractéoles : sporanges très petits, agré
gés au nombre de 2-8; plantes des eauxdouces. Mars-Mai...................................... T. glomerata.
Plante marine; 6-8 rayons verticillés, les sté
riles simples ; anthéridies petites, moins
nombreuses que les sporanges, ces derniers
géminés ou multiples, à 7-8 stries presque
horizontales................................................... T Stenhammariana.
Nitellopsis
Plante dioïque; rayons non articulés au sommet. Fausses
bractées non divisées.
Plante très grande, robuste, distinguée des autres
characées par ses verticilles inférieurs transfor
més en étoiles blanchâtres; souvent stérile .... N, steligera.
3e section. — BRAGTEA.TÆ Al. Braun
PLANTES POURVUES DE VRAIES BRACTÉES ET DE STIPULES
Lychnothamnus
Inflorescen
scence périgyne ou pleurogyne (anthéridies placées à
côté des sporanges).
Plante monoïque, robuste, 10-70 centimètres, ra
meuse, flexible; sporange deux fois aussi large
que la lige, placé à l’intérieur des bractées et en
tre deux anthéridies au même niveau que lui.. . L. barbatus.
— 9 —
Lamprothamnus
Inflorescence épigyne (anthéridie placée an-dessus du nucule).
Plante monoïque, roide, tenace, sans tubes péri
phériques; 8-13 stipules involucrales aciculaires, longues, réfléchies ; verticillés à 3-8
rayons 3 à 3 fois articulés, simples ou corniculés ; 5-6 bractées à chaque articulation,
presque égales, dépassant les sporanges, ceuxci à lt stries; coronule très courte................. L. alopecuroides.
Chara
Inflorescence hypogyne (anthéridie placée au-dessous du nucule).
La tige du Chara, comme celle du Nitella, se termine au pre
mier verticille des rayons ; à l’aisselle des rayons, pousse un seul
rameau qui fait suite à la lige mère et se termine aux premiers
rayons suivants qui, à leur tour, donnent naissance à un ramuscule ou rameau secondaire, elc...
Les rayons (feuilles) sont simples et pourvus d’articulations
d’où naissent les bractées et les organes de la fructification(anthéridies et sporanges ou nucules).
Les verticillés sont munis àleur base de stipules plus ou moins
développées, bisériées, rarement unisériées {Ch. coronata) ; les
inférieurs éloignés les uns des autres, plus développés, étalés ;
les supérieurs rapprochés ou connivents.
Hormis le Ch. coronata Ziz. {Ch. Braunii Gmel.) qui est dé
pourvu de tubes périphériques, les Chara de France sont tous
pourvus de deux écorces superposées ; l’extérieure est composée
de tubes périphériques recouvrant complètement ou parfois im
parfaitement l’inférieure. Ces tubes sont dits primaires, s’ils sont
directement placés au-dessous des rayons verticillés; et secon
daires, s'ils occupent l’intervalle des premiers.
Dans le premier cas, le nombre de ces tubes est égal à celui
des rayons ; dans le second cas, ils sont en nombre double ou
triple ; d’où les termes haplostiqués, diplostiqués et triplostiqués
employés par AL Braun, pour indiquer trois sections du genre
Chara.
Le sporange est placé à l’intérieur des bractées, et l’anthéridie
à l’extérieur, au-dessous du nucule (hypogyne).
Les Chara sont très souvent garnis de papilles ou d’épines à
leur partie supérieure.
2
— 10—
Monosiphonicæ (Wallman). — Piaules n’ayant
qu’une seule enveloppe corticale. Stipules unisériées
Plante monoïque, dépourvue d’écorce tubuleuse,
flexible, inerme, translucide ; stipules au nom
bre de 20 environ, plus courtes que le diamètre
de la tige : G-10 bractées subulées, presque aussi
longues que le sporange: 9-i0 rayons à 3-4 arti
culations: phalange terminale bracléit'éro corniculée ; sporange à 8-9 stries ; coronule tronquée. Ch. coronato.
Plysiphonicæ (Wallman). — Plantes pour
vues de deux enveloppes, l’extérieure composée
de tubes corticaux. Stipules bisériées..................
2
Nombre des tubes corticaux égal à celui des rayons.
Rayons supérieurs n’ayant souvent à leur sommet
qu’une seule enveloppe................................ ..........
Nombre des tubes corticaux 1-2 fois aussi grand
que celui des rayons. — Rayons supérieurs pour
vus irrégulièrement de tubes corticaux...............
Tubes corticaux trois lois plus nombreux que les
rayons.......................................................................
3
4
8
Plante dioïque ; 8-10 rayons ; stipules nombreuses,
d’une longueur plus grande que le diamètre de
la tige ; 8 bractées verlicillées, dont deux plus
petites, les autres plus longues que le sporange;
nucule mûr oblong, noirâtre, à 13 stries ; papilles
fascicuiées, grêles, divariquées............................ Ch. crinita.
Tiges d’une faible grosseur........................................
Tiges de grosseur moyenne à nucules petits. Mo
noïques.....................................................................
Tiges grosses ; sporanges très grands.....................
5
6
7
Plante dioïque ; verlicilles à 8 rayons; tiges pour
vues de 0 tubes corticaux, les rayons de 3 ; pas de
tubes secondaires ; 4-8 bractées aux pieds mâles,
2-4 aux pieds femelles ; sporanges à i2 stries,
réunis par 2-3, de même que les anthéridies ; pas
d’aiguillons............................................................... Ch.imperfect
Plante d’un vert glauque; verticilles fructifères res
serrés, tordus, à 7-8 rayons ; plusieurs entrenœuds des rayons sans écorce, rubanés par des
sication ; 4 bradées intérieures toutes plusieurs
lois plus longues que les sporanges, les exté
rieures très courtes............................................... Ch. coarctata.
Tubes primaires moins saillants que les secon
daires ; verlicilles à 6-8 rayons étalés, arqués,
simples, à entre-nœuds supérieurs souvent
dépourvus de tubes corticaux ; stipules très
petites, presque nullcs ; 4 bractées obtuses,
dont les deux intérieures plus longues que
les sporanges ; nucules à 12 stries, oblongs,
noirâtres à la maturité. — Mai-Août............... Ch. fœtida.
Tubes primaires plus saillants que les secon
daires ; liges papillcuses, fragiles, d'un blanc
grisâtre ; bractées un peu plus longues que
les sporanges...................................................... Ch. contraria.
Dioïque. Plante robuste, d’un vert foncé, pour
vue d’aiguillons; verlicilles à rayons étalés ou
divariqués; 5 bractées ovales,verticillécs; éga
lant presque les nucules et les anthéridies;
sporanges à 13-15 stries.................................... Ch. ceratophylla.
Monoïque. Tubes primaires plus saillants que
les secondaires; tige finement hérissée, à pa
pilles très fines ; bractées allongées, presque
égales, dépassant les sporanges; 6-10 rayons
étalés, divariqués.............................................. Ch. polyacantha.
Tubes primaires moins saillants que les secon
daires; plante de 3-10 décimètres; 6 à 10
rayons dressées ascendants, simples, les deux
derniers articles souvent dépourvus de tubes
corticaux ; 4-8 bractées grêles, aiguës,tics in
térieures dépassant les nucules. L’une des
plus grandes espèces du genre........................ Ch. hispida.
Tiges fragiles, rudes ; sporanges petits...............
Tiges fragiles, lisses; sporanges grands.............
9
10
Plante dioïtique, grêle, de 10 à 30 centimètres,
opaque, hérissée de longues papilles clans sa
partie supérieure et de plus courtes dans sa
partie inférieure ; 6-8 rayons simples, allongés,
article apical non cortiqué ; 4-6 bractées dé
passant un peu les sporanges qui sont ovoïdes,
à 11-12 stries..................................................... Ch. aspera.
Plante dioïque, grêle, rayons courts, nucules
petits.................................................................... Ch. curta'
Plante monoïque, très petite, grêle, presque
simple, pourvues de papilles ténues, éparses,
rares; vertioilles à 10 rayons ; bractées verticillées ; sporanges à 11 striés.:........................ Ch. tenuispina.
— 12 —
I Monoïque. Tige très ténue, d’un vert obscur;
4 bractées intérieures, beaucoup plus longues
que le sporange (C/i. delicatulaj..................... Ch. capillacea.
Plante monoïque,assez robuste, d’un vertd’herbe;
l
7-8 rayons, les fertiles serrés ; stipules biséI riécs, très petites ou presque nullcs ; bractées
I étroites, 4-5 aux articulations inférieures, 1-2
1
aux supérieures ; sporanges à 13-15 stries.... Ch.frag ills.
Plante dioïque, diffuse, grêle, d’une belle cou/
leur verte, dépourvue d’épines; rayons fructi\
fères connivents ; bractées très petites ; cou
ronne aiguë........................................................ Cb. conriioens.
Plante dioïque, robuste, hérissée supérieure
ment; anthéridie très grande, diamètre
de
millim.; nucule petit......................................... Ch. galioides.
Plante dioïque; 3-5 décimètres, parfois plus
dans les étangs profonds, assez mince, souple,
flexible ; port du Ch. fragiles. Se distingue fa
cilement par les petits tubercules que portenL
ses radicelles..................................................... Ch. fragifera.
Deuxième partie. — DESCRIPTION DES ESPECES
Observées dans les départements de la Haute-Vienne, de la Corrèze,
de la Creuse, de la Charente et de la Dordogne
APERÇU
GÉNÉRAL DE LA FAMILLE
J
Bien que les Characées appartiennent en réalité aux crypto
games, presque toutes les flores ne traitant que des végétaux
vasculaires, en donnent la description.
Ce sont des plantes annuelles ou vivaces, souvent incrustées de
calcaire, dont les tiges cylindriques à une seule ou à deux écorces,
l’extérieure tubuleuse, parfois spiralée, sont pourvues de nœuds
donnant naissance à des rayons (feuilles) simples ou plusieurs
fois divisés, portant ordinairement les organes de la fructifica
tion à ces points de division.
- 13 Dans quelques genres, la base des rayons est pourvue de sti
pules, et les organes de la fructification sont accompagnés de brac
tées. Le plus souvent, à l’aisselle des rayons naissent des tiges qui
contiennent la fige principale et donnent, à leur tour, naissance
à des verticillés de rayons (1).
Les cellules ou tubes des entre-nœuds renferment un liquide
incolore dans lequel nagent des granules d’un vert pâle qui ont
un mouvement intra-cellulaire auquel on a donné le nom de
cyclose, et dont l’origine a été l’objet de nombreuses discussions.
Les Characées sont surtout remarquables par leurs organes
reproducteurs qui sont de deux sortes :
Les organes mâles (Anthéridies) qui ont la forme d’une sphère
d’un beau rouge vif à la maturité, composée de huit pièces ou
valves et renfermant les Anthérozoïdes, très nombreux, extrê
mement petits, enroulés en spirale et pourvus à leur extrémité
antérieure de deux cils vibratiles qui les font s’agiter dans l’eau
lorsqu’ils sortent de l’anthéridie.
Les organes femelles (Archégone, Oogone ou Sporanges) formés
par une cellule monosperme, oblongue, ovale ou globuleuse,
à écorce dure, renforcée par des côtes spiralées de gauche à
droite et pourvue au sommet d’une couronne de cinq dents sim
ples ou composées chacune de deux cellules superposées.
Ces organes, ordinairement placés sur les nœuds des feuilles,
sont tantôt réunis sur le même pied et tantôt portés sur deux pieds
différents. Dans le premier cas, l’anthéridie se trouve placée audessus ou au dessous du sporange.
Les Characées, répandus sur presque tous les points du globe,
croissent en général dans l’eau douce, parfois sur les bords peu
profonds de la mer et dans les marécages d’eau salée. Ces plantes
sont ordinairement vertes à l’état frais, mais elles changent plus
ou moins de couleur par la dessication.
Quelques espèces répandent une odeur forte et désagréable,
mais n’en sont pas moins d’une grande utilité, car elles assai
nissent les terrains marécageux en absorbant les gaz méphitiques
qui s’y forment; et même, dans certaines contrées, on se sert de
leurs tiges siliceuses pour polir les bois et les métaux.
(1) Dans d’autres genres, les rayons se continuera sans grandes modifi
cations, donnant à leurs articulations, de petits rayons secondaires connus
ous le nom de fausses bractées.
14 lre section. —EBRAGTEATÆ Wallman (sans bractées)
Genre Nitella Agardh
Plantes monoïques ou dioïques, pourvues d’un seul tube cor
tical, flexible, lisse, inerme, plus ou moins diaphane, parfois
opaque, rubané par dessication. — Rayons (feuilles) une ou plu
sieurs fois furqués, parfois simples, à phalanges terminales
aiguës, obtuses ou mucronées, articulées ou simples (sans articu
lations); organes de la fructification ordinairement placés aux
angles des divisions ou aux articulations des rayons simples
(sans subdivisions). — Anthéridie ordinairement solitaire, placée
au-dessus du sporange (fruit, nucule)dans les espèces monoïques;
sporanges solitaires, parfois groupés par deux, par trois...; cou
ronne du sporange formée de cinq dents composées chacune de
deux cellules plus ou moins allongées, caduque avant la matu
rité du fruit, ce dernier ordinairement entouré de cinq à six
stries, quelquefois de sept à neuf; verticilles des rayons entière
ment dépourvus de stipules (épines involuciales).
1. N. translucens Ag. —Chara translucens major flexilis
Vaillant. —Ch. translucens Persoon. Bruzel. AL Braun. Babington. — Ch. chorda Loiseleur. — Ch. conferooides Thuiller. —
Figures : Vaill. engl. bot. —Gosson et Germain, Atl. t. 40, f. B.
Plante monoïque, d’un beau vert gai ou noirâtre, luisante par dessica
tion, ordinairement robuste, de 6-10 décimètres, quelquefois moins,
souvent plus; liges allongées, peu rameuses; verticilles inférieurs à
6 rayons simples, étalés, allongés, entiers, obtus, muliques ou apiculés ;
verticilles supérieurs à 3-4 rayons terminés par 2-3 petites phalanges
courtes, en forme de pointes ; rameaux fructifères, axilaires, très courts,
penchés, couronnés par des verticilles de petits rayons ou ramusculcs,
réunis en glomérulcs, et portant les organes de la fructification; anthé
ridies solitaires, placées au sommet de chaque ramuscule et entourées
de 3 petites phalanges bracléales, très courtes, aiguës ; sporanges
(nucules) petits, ovales, obtus, à 6 stries, réunis par 2-3 au-dessous
de l’anlhéridie dont ils sont séparés parles trois bractées; coronule très
petite ou presque nulle. — Juin-septembre. C.
C’est une des espèces les plus grandes et les plus communes du
genre, dans les étangs des terrains granitiques; elle couvre d’un
tapis vert le fond vaseux de la plupart de nos élangs et de nos
mares. — Il lui faut une eau profonde et tranquille pour acquérir
- 15 —
lous ses caractères et son entier développement; dans les étangs
sablonneux et maigres, elle est grêle, presque simple et s’élève à
peine à 2-3 décimètres. Dans l’étang de la tour de Piégut (Dor
dogne), dont les bords de droite sont couverts de feuilles d’aune
et de châtaignier, elle est noirâtre, très grosse, très longue, avec
des capitules fructifères de plus d’un centimètre de diamètre. —
L’ombre du bois taillis qui borde la rive droite de l’étang et le
terreau vaseux formé par les feuilles d’aune et de châtaignier
sont sans doute les causes de la couleur noirâtre de cette plante
et des grandes dimensions qu’elle acquiert dans cette station.
11 en est de même des échantillons que j’ai récoltés dans
l’étang des Limagnes, près Thiviers (Nontronnais).
A une certaine distance des bords ombragés de ces mêmes
étangs, la plante conserve sa couleur naturelle d’un beau vert
luisant.
FORMES OBSERVÉES
a. Forma normalis. --Assez grosse, bien développée, d’un vert
gai, transparente : c’est la forme la plus ordinaire. — Etangs du
Limousin, de la Charente et de la Dordogne.
b. Forma minor Mihi. — Grêle, courte, presque simple, demitransparente, d’un vert terne. — Etang de Saint-Estèphe, près
Piégut.
c. Forma fuliginosa Mihi. — Très grande, très robuste, à capi
tules fructifères très grands, noirâtre, ordinairement opaque. —
Etang de la tour de Piégut et étang des Limagnes (Nontron
nais).
2. N. opaca Ag. Wallm. Al. Br. Babenh et Stiz. — N. pedunculala et zV. læla Ag. syst. alg. 127. — IV. syncarpa, var.
Smitlùi Coss. et Germ., ved , cat. rais. Par. — zV. syncarpa var.
opaca Kutz., phy. germ. 256.
Plante dioïque, assez robuste, de 2 à 6 déeimètres, d’un vert foncé ou
opaque dans le principe, ensuite d’un vert hyalin, pâle, demi-lransparenle, flexible, tenace; 6 à 8 rayons verlicillés, bi-trifurqués dans les
pieds mâles et dans les pieds femelles, à phalanges terminales presque
obtuses, acuminées, sans articulations, souvent très longues, parfois
courtes, arquées; anthéridies plus grosses que les sporanges, non entourées
de mucus, solitaires à chaque angle de division, rapprochées eu glomérules dans les verlicilles des ramuscules dont les phalanges terminales,
semblables à des bractées, les entourent et les dépassent peu ; sporanges
ovoï les ou subglobuleux, à 5-6 stries saillantes, réunies par 2-3, noirâtres
à la maturité. — Mai-juillet. Mares, élangs, ruisseaux. A. H.
— 16 —
Haute-Vienne: Beauvais, près Saint-Martial; Vaulry; étang
de la Lande, près Nexon (ex heib. EJ. Lamy); étang du MoulinBâti, près de la gare de Bussière-Galant. — Gueuse : dans un
ruisseau de Vergnon t, entre Bourganeuf et Sauviat (Ed. Lamy).
— Charente : au-dessous du château de Chasseneuil (ex herb.
L. Duffort, pharmacien à Angoulême). — Dordogne : marc-s,
ruisseaux du Nontronnais.
3. N. syncarpa Kutzing (var. taxa longifolia}. — N. syn
carpa, var. leiopyrcna Al. Br. — N. capitata Wallm., ex parte,
non Ag. — Chara syncarpa Thuill. fl. Par. Rchb Al. Br. in flora,'
1835,51.
Plante dioïque, 2-4 décimètres, grêle, d'un vert pâle, diaphane ou un
peu opaque; 6-8 rayons verticillés, les inférieurs lâches, allongés, four
chus, dans les pieds mâles; simples, articulés et coudés vers leur milieu,
dans les pieds femelles ; verlicilles secondaires plus resserrés; ceux des
ramuscules très compacts, composés de rayons courts, munis de 2 ou 3
petites phalanges terminales rudimentaires, en forme de bractées, portant
une anthéridie pédicelléc, assez grosse ; l’ensemble de ces petits rayons
formant des têtes sphériques entourées de mucus ; sporanges ovoïdes,
plus petits que les anthéridies, noirâtres à la maturité, à 5-6 stries très
peu saillantes. — Juillet-septembre. Fossés, étangs, eaux dormantes. R.
Haute-Vienne : étang et ruisseau du Moulin-Bâti, près de la
gare de Bussière-Galant. — Dordogne, Nontronnais : ruisseau
de l’ancien étang de Badex, com. de Saint-Estèphe ; ruisseau des
environs de Piégut; étang des Limagnes, près Thiviers.
Le 18 octobre 1864, pour la première fois, je rencontrai cette
plante dans l’étangde Badex, près Piégut (cet étang est aujourd’hui
aboli et converti en pré) ; les échantillons que j’y récoltai alors
étaient tous mâles. — Le 21 septembre 1873, je trouvai, dans le
ruisseau de cet ancien étang, des pieds femelles très bien fructifiés.
Le N. syncarpa se distingue du N. opaca par sa taille plus petite,
ses rayons femelles presque tous simples, sa couleur d'un beau
vert, ses capitules recouverts de mucus, les stries de ses nucules
à peine visibles, taudis qu’elles sont très saillantes dans le
N. opaca. Enfin, le N. syncarpa est beaucoup plus grêle dans
toutes ses parties et sa ramification plus diffuse.
Boreau, dans sa Flore du Centre, 3e édit., donne comme espèce
distincte, le N. syncarpa, a, capitata de la fl. Par. Goss. et Germ.
Alt. t. 39, f. 1-6 qui diffère du vrai N. capitata Ag. sysl. alg.
125. Al. Br., Babenh. et Stiz. char, exsic. nos 26 et 28. (Chara
capitata Nees.....)
- 17 Lorsque Goss, et Germ, voulurent, vers 1860, faire paraître
une seconde édition, ils soumirent leurs Characées à Al. Braun
qui reconnut le N. syncarpa dans leur variété capilala. C’est de
cette variété que Boreau a fait son espèce N. capitata, dont la des
cription, d’ailleurs, est vague, sans précision.
D’après Al. Braun, le vrai N. capitata germe en automne,
passe l’hiver et fructifie au printemps, tandis que le N. syncarpa
germe au printemps et fructifie en automne. — Les rayons de la
plante femelle du A. capitata sont bifurques, tandis qu’ils sont
presque toujours simples dans le N. syncarpa- les stries du spo
range sont saillantes dans le N. capitata et à peine distinctes dans
le N. syncarpa.
J’ai revu avec soin tous mes échantillons ; dans aucun je n’ai
rencontré les caractères distinctifs du N. capitata, tel que l’envi
sage Al. Braun.
4. N. flexilis Agardh, syst. alg. Kutz. phyc. germ. Al. Br.
sch. et in Al. Br., Rabenh. et Stiz char, exsic. 22, 22 bis et 23.
Wallm. monogr. ch. p. 28. — N. Brongnartiana. Coss. et Germ,
fl. Par. et Fig. t. 40, C. — Chara flexilis auct. plur. Al. Br. in
aun. nat. germ. 2, 1, 349 et in flora, 1850, 50. F. Schultz, fl. gai.
et germ, exsic. cent. 4 u° 92 et bis. — Ch. flexilis Bruzel.
Plante monoïque, plus ou moins grande et robuste, de 2-8 décimètres,
d’un vert clair ou noirâtre, transparente (type), ou opaque (form, nigricans
et glomerulifera) ; tiges rameuses, allongées; verlicilles distants, à G
rayons bifurqués, parfois simples, brisés-géniculés aux points de divi
sion, ou rarement trifurqués, à phalanges terminales presque égales,
entières (sans articulations), aiguës, sans pointe articulée, quelquefois
subobtuses ; anthéridie solitaire à l’origine des fourches, ou au point de
division des rayons simples; sporanges solitaires, rarement géminés audessous de l’anthéridie, ovoïdes ou presque globuleux, à 7 stries ; coro
nule courte, à dents conniventes.— Mai-août. Marcs, étangs, ruisseaux,ri
goles, etc. A. G. dans les terrains granitiques de la Haute-Vienne, de la
Charente, de la Dordogne et probablement de la Corrèze et de la Creuse.
FORMES OBSERVÉES AUX ENVIRONS DE PIÉGUT (Nontronnais)
a. Forma normalis. — Forme bien développée, grande, d’un
vert gai, flexible, transparente, luisante, une seule anthéridie et
un seul sporange aux points de division. Piégut. C.
b. Forma B. nigricans Wallm. — Plante raide, fragile, opaque,
d’un vert très foncé, noircissant par dessication, très rameuse,
à rayons courts, rudimentaires, tronqués, simples ou courtement
3
— 18 bifurqués. — Récoltée le 13 août 1873, dans la rigole d’un pré,
à Bridarias, tout près de Piégut.
c. Forma glomerulifera Wallm. — Plante d’un vert foncé,
demi-transparente ; fructification agglomérée à sporanges assez
gros, noirâtres, solitaires ou géminés, réunis en tête par le rac
courcissement et le rapprochement des rayons fructifères. —
Rencontrée dans le Trieux, sur la limite des communes de PiégutPluviers et de Champniers, le 22 mai 1864.
Cette plante se distingue très bien des espèces N. opaca et N.
syncarpa, lorsque les échantillons sont arrivés à l’état parfait de
fructification, car ces deux dernières sont dioïques, tandis que la
première est monoïque ; mais il n’en est pas ainsi lorsque les
sujeLs qu’on étudie sont trop jeunes ou incomplètement fructifiés.
— Voici ce qui m’est arrivé à ce sujet ; au mois de mars 1874,
je rencontrai dans une flaque d’eau, près de Piégut, un Nilella
pourvu seulement d’anthéridies ; je l’examinai et lui reconnus
tous les caractères du N.opaca Ag. ; cependant maeonviction n’élan t
pas entière, je résolus de revenir de temps en temps, pour suivre
le développement de celte plante; huit jours après, j’aperçus de
Délits points blancs au-dessous des anthéridies ; quinze jours plus
ta"d, cette plante offrait tousles caractères distinctifs du IV. flexilis.
En général, les-A. flexilis, opaca et quelques autres, doivent
être étudiés au printemps, en été et en automne, car les anthé
ridies paraissant avant les sporanges, il est très facile de confon
dre, sans cela, une espèce dioïque avec une espèce monoïque.
La fructification du IV. flexilis, var. nigricans, est très irrégu
lière : elle présente souvent des anthéridies et des nucules séparés,
solitaires ; tantôt des nucules seuls ou géminés ; quelquefois une
anthéridie et un sporange placés non l’un au-dessus de l’autre,
comme d’habitude, mais côte à côte au même niveau; enfin des
anthéridies ou des nucules groupés en têtes ou en glomérules.
Ce dernier caractère lie la forme nigricans à la forme glomeru
lifera. — Dans la même rigole de Bridarias, à quelques pas de
distance, j’ai récolté toutes les formes de l’espèce, depuis le type
bien développé, à longues fourches, jusqu’à la forme tronquée,
rudimentaire. — Toutes ces formes noircissent plus ou moins
par la dessication.
Le N. flexilis-nigricans est la forme la plus ordinaire des eaux
courantes ; on le trouve dans le Bandial, dans la Tardoire, dans
le Trieux, dans les ruisseaux, dans les rigoles.
La forme normale est une des espèces les plus communes de
la Haute-Vienne et du Nontronnais.
- 19 —
5. N. mucronata Kutz. — Chara mucronata Al. Br. Harim.
Gant. Rupr. Babing.
Plante monoïque, 2-4 décimètres, d’un beau vert clair ou foncé, assez
robuste, flexible, rameuse ; 6-8 rayons verticillés, 1-2 fois divisés, rare
ment simples, brisés-géniculés aux points de division ; divisions pri
maires des rayons quadrifurqués ; les secondaires bifurques, à mucron
grêle, articulé, ou terminés par 2-3 petites phalanges rudimentaires
obtuses ; phalanges terminales sans autre articulation que celle du mu
cron ; sporange ovoïde ou globuleux, à 6-7 stries assez distinctes ; anthé
ridies et sporanges à peu près de môme grosseur. — Juin-septembre.
Eaux paisibles. RR.
Haute-Vienne: dans une pièce d’eau, jardin du Treuil, près
Saint-Martial, environs de Limoges (ex herb. Ed. Lamy).
6. N. batrachosperma Al. Br., Schweiz, char. p. 10 in
nota ; Lloyd et Foucaud, il. de l’ouest, éd. 4, p. 440; Boreau, fl.
cent., éd. 3. —A. tenuissima Desm. et Lesp., pl. rare. Gironde,
1863, p. 6. — A. tenuissima, p. batrachosperma Rabenh. crypt,
fl. 2, p. 196. — Chara batrachosperma Rchb. fl. germ. exsc. p. 148.
— Ch. tenuissima a. Rchb. ic. crit. 8, t. 791 (non Desv.) — Ch.
tenuissima p. batrachosperma Rabb. fl. lusat. 2, p. 166. — Ch.
tenuissima var. batrachosperma et var. ramulosa Gauterer, æsterr.
ch. p. 10.
Petite plante monoïque de 5-15 centimètres, assez robuste, demitransparente, d’un vert foncé ; rameaux courts, à verlicilles distants,
compactes, arrondis, moniliformes, entourés de mucilage, composés de
9 à 10 rayons bi ou trifurqués et d’égale longueur; phalanges termi
nales sublancéolées, entières (dépourvues d’articulations), terminées par
un mucron assez long non articulé ; sporanges subglobuleux, assez gros,
réunis par 3-4. — Mai-août. R.
Haute-Vienne: étang des Planchettes, près le Riz-Chauveron,
commune d’Azat-le-Riz.
Un échantillon de cette intéressante espèce m’a été communi
qué, le 19 août 1891, par M. Gh. Le Gendre, inspecteur des con
tributions indirectes et président de la Société botanique du Li
mousin.
7. N. hyalina Ag., syst. alg. pr. p. Kutz. Al. Br. Schweiz,
char. Regensb. bot. Zeit. 1849, 130 IL Boreau, fl. cent. éd. 3. —
Chara hyalina De et Duby bot. gall. 1,534. Al. Br. monog. in
regn. b. Zeit. 1835. — Ch. pellucida Ducos.
Plante monoïque, une des plus petites du genre, 5-10 centimètres,
— 20 rameuse, transparente ; tiges robustes, garnies à leur tiers supérieur de
verticillés étalés et réunis, en têtes compactes ; chaque verticille composé
d’un grand nombre de rayons, dont huit plus grands, 3 fois divisés, et
les autres en nombre double, géminés, simples ou deux fois fourchus;
phalanges terminales pourvues d'une petite pointe non articulée, renflées
à l’état frais et lancéolées après la dessication : sporanges de 10 à 11 stries.
— Fructifie en été. RR.
Haute-Vienne. — Etang des Planchettes, commune d’Azat-leRiz (ex herb. Ch. Le Gendre).
8. N. tenuissima Kützing. Phyc. germ. 256. sp. alg. 515
et tab. phyc. vu, t. 34, f. 2. Coss. et Germ, fl. Par. et ill. fl. Par.
t. 41, F. Vallm. monogr. char. p. 246. Rabenh. Al. Br. Bill,
exs. n° 1985 et bis. — Chara tenuissima Desv, Jour., bot. n, 313.
Rchb. crit. vin, t. 791-792, f. 1065-1068).
Plante monoïque, flexible, très petite, 5-25 centimètres, très grêle, en
petites touffes d’un vert sombre; tiges plus ou moins rameuses, pourvues
de verticillés courts, distants, arrondis, ordinairement momliformes ;
6-8 rayons à chaque verticille, trois fois divisés; phalanges de la l" et
de la 2° div. au nombre de 6-7 ; celle de la 3e un peu plus longues, au
nombre de 4-5, terminées par une pointe articulée, fine, assez longue
(c’est la seule articulation de ces phalanges); sporanges d’abord arrondis,
Cnfin ovales, solitaires ou géminés, sous chaque anthéridie, à 9 stries ;
coronule tronquée. — Mai-août ou en automne, RR.
Le 18 octobre 1864, j’ai trouvé cetle charmante petite plante
en pleine fructification, dans l’étang de Badex, commune de
Saint-Estèphe, près Piégut (Nontronnais). — Cet étang est actuel
lement converti en pré. — Depuis cette époque, malgré mes
recherches, il ne m’a pas été possible de la retrouver dans d’au
tres stations de la Dordogne.
D’après de très petits fragments que j’ai pu reconnaître entre
les tiges de Ch. coronata récolté par MM. Ed. Lamy et Ch. Le
Gendre dans les étangs de Cieux etde Riz-Chauveron, elle existe
certainement dans ces deux stations de la Haute-Vienne, qui
méritent d’être explorées avec soin, non seulement à cause des
Characées qu’elles renferment, mais encore pour d’autres espèces
intéressantes, telles, par exemple, que les Isoetes echinospora et
tenuissima qui y ont ôté récoltés par MM. Durieu de Maison
neuve et Ghaboisseau.
9. N. ornithopoda Al. Braun, conspectus syst, ch. Europ.
1867.
Plante monoïque, flexible, grêle, d’un vert sombre, plus ou moins ra-
21 —
meuse, de 5 à 13 centimètres, souvent plus ; verLicillcs distants , parfois
très rapprochés, composés de 6-7 rayons, 2-3 fois divisés, tantôt con
densés en têtes globuleuses, moniliformes comme dans le N. tenuissima,
tantôt étalés, diffus comme dans le N. gracilis-, divisions du premier
ordre à 5-6 phalanges ; celles du deuxième ordre à 2-4 ; celles du troi
sième à 1-3 ; phalanges terminales plus ou moins allongées à 2-4 articu
lations profondes, non compris celle du mucron qui est aigu, assez long ;
sporange à 9 stries. RH.
Charente : tourbière de Hurtebise, près Angoulême.
Le 22 janvier 1880, j’ai reçu de M. L. Duffort de beaux échan
tillons récollés par lui-même, et d’après lesquels j’ai fait ma
diagnose. Les échantillons de cet envoi offrent deux formes :
a evoluta et b condensata. La première est moins incrustée, ses
rayons plus écartés, plus développés, et se termine par des pha
langes relativement très longues, dépassant beaucoup les verticilles ; la forme b, fortement incrustée, a les verticillés plus con
densés, les rayons moins distincts et les phalanges terminales
très courtes, dépassant peu la masse des verticillés. — La diffé
rence entre ces deux formes doit être attribuée à l’incrustation
plus ou moins grande des sujets.
Le N. ornithopoda se trouve aussi dans la Haute-Vienne, comme
j’ai pu m’en convaincre par un très petit fragment trouvé entre
les tiges du N. mucronata récolté par Ed. Lamy, le 27 juin 1872,
dans une pièce d’eau, au Treuil, près Saint-Martial, environs de
Limoges.
Les quatre espèces, tenuissima, batrachosperma, hyalina et orni
thopoda forment un groupe naturel dont le N. tenuissima est le
type et sert de terme de comparaison. Le A. hyalina se distingue
des trois autres par ses rayons de deux sortes dans un même verti
cille, savoir : 8 principaux 3 fois divisés, et un nombre double de
plus petits, géminés, simples ou deux fois divisés.
Les trois autres espèces n’ont qu’une seule espèce de rayons. —
Le N. batrachosperma n’a aucune articulation, ni à sa pointe mucronée, ni au reste de la phalange terminale. — Le N. tenuissima
a une seule articulation, celle de la base du mucron. — Le N. orni
thopoda a une articulation à la base du mucron, comme le N. te
nuissima, mais sa phalange terminale en a 2-3 autres. De plus,
les articulations profondes du N. ornithopoda donnant à sa pha
lange terminale l’aspect d’un doigt de certains oiseaux, suffisent
seules pour distinguer cette espèce des trois autres.
10. N. gracilis Agardh, syst. alg. 125. Goss. et Germ. fl. •
Par. Kutz., sp. alg., 515. Schullz. 11. Gall, et Germ. Walltnan. •
- 22 monogr. ch. p. 28 (247). Al. Br., Rabenh. et Stiz. char, exsicn° 24. — Chara gracilis. Sm. engl. bot. t. 2140. Rchb., crit. vin,
t. 793, f. 1069. Al. Br. in aun., sec. nat., ser. 2, i, 351 et in flora
(1835) 53.
Plante monoïque, de 1-3 décimètres, grêle, flexible, en touffes d’un
vert gai ou foncé, parfois incolore, diaphane ; liges rameuses, à rameaux
capillaires; verlicilles formés de 5-7 rayons une ou deux fois divisés,
rarement simples par avortement ; les premières divisions à2-i phalanges,
qui elles-mêmes sont bi, tri ou quadrifurquées ; phalanges terminales une
ou deux fois articulées et pourvues d’une pointe (mucron) conique, assez
longue, articulée; sporanges ovales arrondis, à 5-6 stries fines, obtus,
solitaires ou géminés au-dessous de chaque anthéridie ; coronule très
petite. Ruisseaux, rigoles, mares, étangs. — Avril, mai, automne. C.
Haute-Vienne — Creuse — Corrèze — Charente — Dordogne.
Cette plante est très commune, très belle aux environs de
Piégut (Nontronnais). Sa taille yarie suivant la profondeur de
l'eau et n’acquiert son développement normal que lorsqu’elle est
entièrement submergée.
Dans les mares profondes, elle a ordinairement plusieurs déci
mètres de hauteur, tandis que dans les rigoles des prés et dans
’es minces filets d’eau, elle s’élève à peine à 5 ou 6 centimèl.; dans
ce dernier cas, elle est plus touffue, plus rameuse, moins flexible;
ses phalanges terminales sont alors courtes et parfois tronquées.
Sa couleur varie du beau vert brillant au vert clair ou. foncé,
suivant la pureté et la nature de l’eau.
Voici les formes les plus ordinaires des environs de Piégut :
A. Forma normalis. —Taille 2-3 décim., d’un beau vert pâle,
luisant; tiges élancées, flexibles,assez grosses ; verticilles lâches;
phalanges terminales de moyenne longueur. — Dans uue eau
d’un mètre de profondeur, derrière la chaussée de l’étang Groulier, environs de Piégut.
B. Forma gracilior Mihi. — 1° a evoluta Mihi. Comme la forme
normale, mais plus petite, plus grêle, avec les phalanges termi
nales très longues. — Dans unemareassez profonde, près Piégut.
— 2° b. intermedia Mihi. Intermédiaire entre Yevoluta et la forme
suivante. En touffes serrées, d’un vert foncé, 6-12 centimètres de
hauteur ; c’est une des plus jolies formes de l’espèce. — Même
station queï’evoluta. — 3°c. cotidensala Mihi. Très petite; Liges
nombreuses, gazonuanles; verticilles chargés d’anthéridies et
de sporanges rapprochés en têtes serrées. — Même station- que
Yevolula.
— 23 —
C. Forma minor Mihi. —6-10 centimètres ; rayons courts, très
grêles. Plante incolore ou d’un vert pâle. — Environs de Preureau, près Piégut.
D. Forma truncata Mihi. — Raide, fragile, vert foncé, de 5-12
ceutim., rayons courts, peu développés, souvent simples, tron
qués. — Dans une mare à moitié desséchée, près de la tour de
Piégut.
Le N, gracilis se distingue du N. tenuissima par sa taille plus
robuste, plus élancée, par ses tiges plus rameuses, par ses rayons
le plus ordinairement deux fois divisés, non réunis en verticilles
globuleux.
Au premier aspect, il ressemble au N. syncarpa ; mais ce der
nier est dioïque et a ses rayons simples, dans les pieds femelles
et seulement fourchus, dans les pieds mâles ; de plus, ses pha
langes terminales ne sont pas articulées. — Le N. gracilis a ses
phalanges terminales articulées, et un mucron articulé.
11. N. flabellata Kütz. Phyc. germ. p. 250 Wallm. monogr. char. p. 19. — N. exilis Al. Br., Schweizer, ch. — A. mu
cronata var. flabellata, Coss. et Germ. fl. Par. — Chara flabellala
Al. Br. ined. — Ch. exilis Amici.
Plante monoïque, d’un vert plus ou moins foncé ; liges grêles ou de
moyenne grosseur, allongées de 1-2 décim., parfois moins; verticilles infé
rieurs stériles, composés de 6-8 rayons plus ou moins développés, une ou
2 fois divisés ; verticilles supérieurs fertiles à 4-5 rayons, parfois 3 fois
divisés; divisions du premier ordre à 3-4 phalanges, les autres à 3;
phalanges terminales à une ou deux articulations et à une pointe très
line, également articulée ; sporanges solitaires sous chaque anthéridie.
petits, ovales, à 4-5 stries. — Août-septembre. R.
Haute-Vienne : dans une mare, près de La Meyze et dans la
rigole d’un pré, à Saint-Priest-sous-Aixe, 30 août 1861 (ex herb.
Ed. Lamy).
DordoGne, Nontronnais : dans la rigole d’un pré, à Preureau,
près Piégut, 10 novembre 1865 ; — à Bridarias, commune de
Saint-Estèphe, 7 septembre 1873.
Les échantillons récoltés à Preureau, en 1865, appartiennent
au type de l'espèce flabellata Wallman ; ceux de Bridarias (1873)
sont plus petits, d’un plus beau vert, mais ne sont pas encore
arrivés à leur état parfait ; ils se rattachent à la var. /3. nidifica
Wallman, monogr. ch. p. 19. (Cintra /lexilis nidifica Rchb.
iconogr.)
— 24 Les échantillons de La Meyze et ceux de Saint-Priest-sousAixe (Haute-Vienne), m’ont été envoyés le 17 janvier 1874, par
Ed. Lamy, et se rapportent à la var. nidifica Wall., variété p. nich/tcu Wallm. Rayons des verticillés primaires simplement four
chus, très allongés ; ceux des verticillés secondaires ou des
ramuscules 2-3 fois divisés, courts, agglomérés en capitules fruc
tifères; divisions du 1er ordre bifurquées, les terminales trifurquées; phalanges terminales une ou deux fois articulées.
La hauteur des pieds provenant de La Meyze (herb. Ed. Lamy)
est de 8 à 15 centimètres ; les tiges et les rayons sont dressés et
les phalanges terminales très longues : on reconnaît aisément
qu’ils se sont développés dans une eau tranquille et assez
profonde.
Les échantillons de Saint-Priest-sous-Àixe sont beaucoup plus
petits, plus denses que ceux de La Meyze; la couleur est noirâ
tre ; l'ensemble ne présente qu’une agglomération de capitules
très rapprochés,analogues à ceux de certaines Nitellæ tenuissimæ',
les phalanges terminales sont courtes. C’est la forme ordinaire et
naine des eaux basses, boueuses ou ferrugineuses.
Le N. flabellata se distingue du N. gracilis par sa taille plus
élancée, ses rayons moins diffus, sa pointe terminale plus fine,
non large et lancéolée comme celle du gracilis. Il diffère du
N. mucronata par la 2° division des rayons trifurqués; parses
phalanges terminales articulées ; par ses sporanges plus petits à
4-5 stries. — Dans le N. mucronata la 2e division des rayons est
seulement bifurquée, les phalanges terminales sont entières
(sans articulation au dessous de celles du mucron); enfin, ses
sporanges ont 7-8 stries.
2° section. - PSEUDOBRACTEATÆ Wallman
(fausses bractées)
Genre Tolypella
Rayons continus jusqu’à leur sommet et pourvus à leurs arti
culations de petits rayons secondaires ou fausses bractées arti
culées, donnant naissance à de fausses bractées secondaires; spo
ranges agrégés plusieurs ensemble en masses compactes, autour
de chaque anthéridie.
25 —
1. T. intricata. — Nitella intricata Agardh. syst. alg. 122.
Al. Braun, Rabenh. et Stiz. char, exsic. n°s 18 et 33.). — N.polys
perma Kutz? phyc. germ. 255. Wallman, monogr. char. p. 34.
Charles Desmoulins, cat. dord. — N. fasciculata Al. Br. Schw.
char. n. Kütz. sp. alg. 517. — Chara intricata Roth. Cat. i, 125.
— Ch. fasciculata Nmici.— Ch. polysperma Al. Br. in ann. sc.
nat., ser. 2, r, 125 et in dora (1835) 56.
Plante monoïque, de moyenne grandeur, raide, devenant fragile par
dessication, incrustée dans sa partie inférieure, verte, translucide ou
opaque; 8-12 rayons verticillés, articulés, acuminés; les stériles allongés,
divisés ; les fertiles pourvus aux 2-3 articulations inférieures de 3 à o
fausses bractées verticillécs, simples ou divisées ; sporanges subglobuleux
ou ovoïdes, enveloppés d’une membrane transparente qui laisse voir
10 12 stries assez distinctes, agglomérés au nombre de 2-8 aux articula
tions inférieures ou à la base du verticille et au-dessous des anthéridies
pédicellécs en nombre moindre.
Cette plante fructifie dans le mois de mars ; c’est une des plus
précoces de la famille des Characées; elles disparaît bientôt après
sa fructification et c’est probablement ce qui la fait considérer
comme très rare.
Dordogne: récoltée au bois de la Pause, en 1858, par Durieu
de Maisonneuve (Supplément au Catalogue de la Dordogne, par
Ch. Desmoulins).
2. T. glomerata. — Nitella glomerata Kütz. sp. alg. 517.
Wallm., monogr. char. p. 35. Al. Br., Rabenh. et Stiz. char,
exsic. n° 17. Coss. et Germ. fl. Par. et illust. fl. Par. f. 41, h. —
Ch. glomerata Desv. in Loisnot 135. Al. Br. in flora (lrt35)55.
— Ch. nidifica. Sm. engl. bot. t. 1703.
Plante monoïque, 1-4 décimètres, un peu raide, gazonnante, d’un beau
vert, transparente, incrustée d’une couche mince de calcaire crétacé 1
6—10 rayons primaires ordinairement simples, lâches, les fructifères for
mant des capitules denses au sommet des tiges et des ramuscules, plusieurs
fois articulés, obtus, pourvus aux articulations inférieures de 3-6 fausses
bractées presque égales, allongées, articulées, simples ou divisées aux
articulations inférieures ; anthéridies pédicellées ; sporanges presque sessiles, groupés par *2-8, très petits, à 3-6 stries peu sensibles. — Avriljuin. RR.
Charente : Dans une fontaine attenant au château de Touverac. (Catalogue de la Charente par MM. Alph. Tremeau de
Rochebrune et le docteur Al. Savatier).
Al. Braun ne serait pas éloigné de ne voir dans le T. intricata
i
— 26 —
qu’une var. du T. glomerata; les deux espèces sont, en effet, très
voisines et ne diffèrent entre elles que par des caractères secon
daires : l’époque de la fructification qui ne diffère que d’un mois ;
le nombre des rayons qui varie souvent dans une même espèce ;
la grosseur des sporanges et le nombre de leurs stries plus ou
moins-saillantes, etc.
Genre Nitellopsis (Nitella auct.).
Axe des rayons prolongé jusqu’au sommet du verticille, por
tant aux articulations des rayons secondaires — fausses bractées —
plus minces que l’axe; rayons continus au sommet; verticillés
inférieurs de la tige transformés en étoiles massives à 5-6 dents ;
anthéridies et sporanges naissant au niveau des fausses bractées;
coronule à dents simples, c’est-à-dire composées chacune d'une
seule cellule.
Nitellopsis stelligera. — Nifeito stelligera. Coss. et
Germ. fl. Par. et illust. fl. Par. t. 41, o. Kütz, phyc. germ. 255,
sp. alg. 518. Wallm. monogr. char. p. 33. — Chara stelligera
Bauer. Al. Br, in ann. et in flora. Al. Br. Rabenh. et Stiz. char,
qxsic. — Ch. obtusa. Desv. in Lois. not. 136. — Ch. translucens
var. stelligera. Rchb. et Bauer. — Ch. ulvoicles. Bert, in amici.
Plante dioïque, robuste, de 2-12 décimètres de hauteur, d’un vert glau
que, un peu transparente ou opaque, finement inscrustée, à articulations
inférieures ou souterraines munies de bulbilles épais, empâtés et formant
une sorte d’étoile à 5-7 lobes ou rayons rudimentaires; verlicilles à 4-8
rayons lâches 1-2 fois articulés, simples ou pourvus de 1-2 fausses bractées
à la 1re articulation, même, parfois à la 2e; ces fausses bractées sont ordi
nairement inégales, plus grêles que la partie du rayon sur laquelle elle
sont insérées, une seule fois articulées ; anthérides solitaires ou géminées
â l’insertion des fausses bractées; sporanges solitaires au niveau des in
volucres; coronule composée de dents simples, c’est-à-dire chacune d’une
seule cellule comme les espèces du genre chara. — Juin-septembre. RK.
Charente : Breuty, près La Couronne. — Récoltée et commu
niquée par M. Louis Duffort, botaniste zélé à Angoulême.
Cette espèce est intermédiaire entre les genres Nitella et Chara;
elle est composée d’une seule enveloppe corticale, ce qui la rap
proche du genre Nitella; mais sa coronule persistante à 5 dents
simples, c’est-à-dire composées chacune d’une cellule , la
rapproche du genre Chara; elle se distingue de toutes les autres
espèces des characées par ses verticelles inférieurs transformés
eu étoiles osseuses.
— 27 —
N.-B. — Je ne mentionnerai qu’à titre de curiosité un échan
tillon bizarre et incomplet qui, autrefois, m’a fort intéressé et
auquel j’avais provisoirement donné le nom de N. aculeolata.
Voir un extrait des notes prises sur cet échantillon :
« N. aculeolata. Mihi. — Plante de 10 à 15 centimètres, d’un
» vert luisant, en touffes serrées, gazonnantes, pourvue à la
» base d’un renflement qui donne naissance à un grand nombre
» de tiges rameuses, très épaisses, courtes, raides, parsemées de
» petits aiguillons élargis à la base, transparents, grêles, étalés
» à angle droit, fragiles, fugaces; entre-nœuds plus courts que
» les rayons ; verticillés à 6-7 rayons simples, une fois articulés,
» raides, obtus, arrondis, parfois renflés au sommet, nautiques
» ou mucronés;fausses bractées rares, simples, subaiguës; fruc» tification inconnue.....
), L’absence des anthéridies et des sporanges ne m’a pas permis
» d’assigner à cette plante une place certaine dans la série des
» espèces : par ses fausses bractées, on peut seulement la rap» portera la section des Pseudobracteatæ de Wallman. »
Le 25 août 1873, j’explorai avec soin le ruisseau de l’ancien
étang de Badex et n’y trouvai, en fait de Characées, que des pieds
de Chara fragilis, sous espèce capillacea, Wallm. ; un mois plus
tard, le 22 septembre, j’y récoltai de magnifiques échantillons de
Ch. Braunii, de Nitella syncarpa bien fructifiés et la plante en
question. — On voit, d’après céda, avec quelle rapidité ces plantes
se développent. — Il peut se faire que la dernière soit plus tar
dive et n’ait pu, dans l’espace d’un mois, atteindre sa perfection
et prendre tous ses caractères.
Il n’y avait dans le ruisseau que ce seul pied; je l’arrachai
avec précaution et en fis six échantillons, assez volumineux,
destinés à mes correspondants.
Depuis cette époque, je n’ai rencontré nulle part de plantes
présentant les mêmes caractères.
La présence des aiguillons sur une Characée monosiphone me
parut si anormale que je crus devoir lui donner le nom aculeo
lata.
Ces aiguillons sont très fugaces et il suffisait de tenir la plante
pendant dix minutes dans un air sec, pour les voir disparaître.
En se flétrissant, ils s’appliquaient si bien sur la tige, qu’on ne
pouvait plus les distinguer sans microscope. J’ai supposé depuis
qu’ils devaient être de petites algues parasites.
— 28 —
3e section. — BRACTEATÆ. Al. Braun.
(Plantes pourvues de stipules et de bractées.)
Genre Lamprothamnus.
(G.
Chara part).
Plante pourvue d’une seule écorce, de stipules allongées, réflé
chies à la base des verticilles; rayons 3-5 fois articulés, 3-5 ou 6
bractées à chaque articulation, terminés le plus souvent par de
petites pointes ou phalanges rudimentaires; anthéridies intrafoliacées, épigynes.
L.. alopecuroides. — Chara alopecuroides. Delile. — Chpapulosa Wallroth. — Ch. Pouzolzii, a. b. c. Al. Braun, schweiz.
char. — Ch. inlricata. Ag. herb. — Ch. barbata. Fries. — Ch. alo
pecuroides. Wallm. monogr. char. p. 45.
Plante monoïque, d’un vert luisant, raide, tenace, dépourvue d’écorce
périphérique, presque opaque d’abord, puis translucide ; verticilles compo
sés de 5-8 rayons, à 3-5 articulations bractéifères, terminés souvent par de
petites phalanges en forme de muerons; 8-13 stipules (papilles, épines
involucralcs), aciculaires, allongées, étalées-rèfléchies ; entre-nœuds infé
rieurs des rayons souvent renflés, égalant presque les suivants; spo
ranges d’abord arrondis, puis ovales, à 11 stries; coronule très petite. —
Eté. RR.
Haute-Vienne : forêt du Défaut, dans une mare, près de Bussière-Poitevine. (Ex herb. Ed. Lamy).
En ne tenant compte que de l’apparence, il serait facile de
confondre cette plante avec quelques-unes des formes du Nitella
flexilis. Le magnifique échantillon qui me fut communiqué
en 1874 par Ed. Lamy de Limoges, était accompagné de l’éti
quette suivante : « Nilella flexilis, var. sub capitata. Al. Braun. —
Rabenhorst a publié sous ce nom un échantillon pareil, fasc. I,
n° 23. — Forêt du Défaut, dans une mare près de Bussière-Poite
vine (H.-V.), 7 mai. — Ex herb. Ed. Lamy, N° 6 ».
Ma première impression fut celle du savant botaniste de la.HauteVienne; mais un coup d’œil attentif me fit aussitôt remarquer
les stipules et les bractées qui rangent cette plante parmi les
bracteatæ.
«........En général, le N. flexilis est souvent dans les systèmes
une espèce collective, sous laquelle ou comprend non seulement
29 —
le vrai N. flexilis et toute la série des syncarpœ, mais aussi les
N. mucronata et Stenhammariana. Le nom de flexilis a été même
appliqué à des espèces du genre Chara. «(Wallman, page 29).
Genre Chara. Linné ex parte. Agardh. Endlicher.
Tiges à deux écorces, l'extérieure composée de tnbes périphéri
ques ; — ou à une seule écorce (monosiphone) dans l’espèce coronata {Ch. Braunii). — Des stipules à la base des verticilles,
étalées, longues ou rudimentaires; rayons simples, articulés,
munis de bractées aux articulations; anthéridies hypogynes, en
dehors des bractées ; sporanges ordinairement solitaires placés à
l’intérieur des bractées ; coronule persistante, composée de cinq
dents simples, formées chacune d’une seule cellule.
1. Ch. coronata. Ziz. Al. Br. Rabenh. Wallm, botan. notis.
Fig. VI Gauterer. — Ch. Braunii, Amlin, fl. Badens. Wallm. mo
nogr. char. p. 49. Hartman).
Plante monoïque, de 1-2 décimètres, souvent moins, touffue, d’un vert
foncé, assez flexible; tiges nombreuses, diffuses, plus ou moins rameuses,
à tube simple (monosiphone); verticilles composés de 8-10 rayons,
3-4 fois articulés, à entre-nœuds presque égaux, le terminal plus court,
obtus, parfois terminé par 2-3 petites phalanges bractéales, en forme de
muerons; stipules involucrales au nombre de vingt environ, unisériées,
subulées, dressées-étalées, non réfléchies, plus courtes que le diamètre de
la lige et presque aussi larges que les bractées ; bractées aiguës, presque
aussi longues que les sporanges; anthéridies petites, solitaires, placées audessous des nucules et en dehors des bractées ; sporanges solitaires ou
géminés, oblongs, à 8-9 stries, situés à l’intérieur des bractées, au-dessus
des anthéridies ; coronule tronquée, composée de cinq dents, assez courtes.
— Juillet-octobre. A. R.
Haute-Vienne : Etang de Gieux (Ed. Lamy). Etang de RizChauveron (l'abbé Ghaboissôau, Ed. Lamy, Gh. Le Gendre),
DORDOGNE : Dans la rigole de l’ancien étang de Badex, près
Piégut ( 1865 et 1873). C’est la seule station du département où elle
ait été constatée jusqu’à ce jour.
Cette plante se distingue du Lamprothamnus alopecuroides pai
sa fructilication hypogyne (le sporange est placé à l’intérieur des
bractées et l’anthéridie à l’extérieur).
Dans l'alopecuroides, l’anthéridie et le nucule sont l’un et l’autre
placés à l’intérieur des bractées. De plus, les stipules sont allon
gées, étalées-réfléchies et les entre-nœuds inférieurs des rayons
— 30 —
ordinairement renflés, tandis que les stipules sont courtes, non
réfléchies, les entre-nœuds inférieurs des rayons non renflés dans
le Ch. coronata.
2. Ch. imperfecta. Al. Braun.
Plante dioïque, à deux écorces, l’extérieure composée de 8-10 tubes
primaires, non accompagnés de tubes secondaires, sans papilles ni aiguil
lons; verticillés composés de 8 rayons pourvus aux articulations de 4-8
bractées allongées, presque égales dans les pieds mâles; '2-4, dans les
pieds femelles ; entre-nœuds inférieurs des rayons à 5 tubes périphériques ;
les supérieurs à 1-2 seulement, souvent même imparfaits (d’où le pom de
Ch. imperfecta donné à cette plante); sporanges réunis par 2-3, de même
que les anthéridies ; nucules (sporanges) enveloppés par les bractées, comme
dans les autres espèces du genre chara; anthéridies situées non au-dessus
ni au-dessous des bractées des pieds femelles, mais au niveau de ces brac
tées dans l’intervalle qui les sépare ; sporange à 12 stries, d’abord rou '
geâtre ; puis noirâtre à la maturité, oblong, 5-6 fois plus court que les
bractées; coronule à dents courtes, arrondies, conniventes.
Charente-Inférieure : récolté le 9 juin 1862, aux environs de
Saint-Jean d’Angély, par M. Trémeau de Rochebrune (d’après
un extrait du Bulletin de la Société botanique de France, séance du
27 juin 1862).
Cette espèce curieuse fut découverte pour la première fois, en
1842, dans les environs de Tlemcen (Algérie) par Durieu de
Maisonneuve, alors chargé par le gouvernement d’une mission
scientifique en Algérie (mission qui lui valut la croix de la lé
gion d’honneur).
Quoique cette intéressante plante n’ait pas été découverte dans
la Charente, j’ai cru devoir en donner la description détaillée,
afin qu’on pût facilement la reconnaître si, par hasard, on venait
à la rencontrer dans nos limites.
3. Ch. coarctata Wallman, monogr. char. p. 61. — Ch. vul
garis. Scopol. fl. earn. Lilj. Fl. ed. 3 in addendis. — Ch- fœlida
var. densa. Coss et Germ. tab. 37, fig. 8.
Plante monoïque, d’un vert cendré ou grisâtre, rameuse, procombantc,
robuste; tiges striées en spirale, granuleuses, inermes dans la partie in
férieure, pourvues de quelques papilles apprimées dans le haut, aplaties
et fragiles par dessication; verticillés distants, serrés, surtout les supé
rieurs, composés de 7-9 rayons 4-6 fois articulés, à derniers entre-nœuds
élargis, aplatis, le dernier court, obtus ; involucre slipulaire bisérié, pres
que nul, composé de petites stipules courtes, arrondies, manquant le plus
souvent; bractées extérieures très courtes, les intérieures assez longues,
— 31 —
dépassant les sporanges, aplaties, larges, obtuses ; anthéridies un peu
plus larges que les nucules; nucules à stries peu nombreuses; coronule
tronquée, de moyenne longueur. — Espèce cc. dans les terrains calcaires.
Cette plante, de même que les Ch. fœtida, longibracteala, hispitla et aspera, ne se trouve pas dans les terrains primitifs, mais
abonde dans les terrains secondaires oolitiques dn Nontronnais,
aux environs de Teyjat, de Varaignes et des autres communes
voisines.
Elle est aussi très commune dans la Charente : Grotet, com
mune d’Auge; ruisseau le long de la route de Sainte-Barbe;
fossés de Vesnat, près la Cagouillère; Saint-Marc; étang d’HurLebise... [Cat. cle la Charente, par MM. Alph. de Rochebrune et
Al. Savatier.)
Cette espèce est souvent confondue avec les Ch. fœtidæ dont
elle se distingue par ses tubes corticaux chargés d’une granula
tion blanchâtre; par ses verticillés plus distants; par ses rayons
normalement beaucoup plus courts que les entre-nœuds ; par ses
bractées moins longues.
4. Ch. fœtida Al. Braun, in ann. sc. nat. ser. 2, I, 354 et in
flora f 1835) 63. Coss. et Germ. fl. Par. et illust. tab. 37. Wallm.
mon. ch. 63. — Ch. vulgaris. Lin. sp. et auct. plur. ex parte. Sm.
fl. brit. I, 4. Wal. ann. bot. 179. Ag. syst. alg. 128. Kütz. sp.
alg. 523. — Ch. vulgaris et funicularis. Thuill. fl. Par. 471 et 473.
Vaill. in act. Acad. Par. f. 3, fl. 1.
Plante monoïque de 1 à 5 décimètres, plus ou moins incrustée, à tubes
périphériques secondaires plus saillants que les primaires, d’un vert gai
ou grisâtre suivant la nature de l’incrustation ; tiges presque dépourvues
de papilles, de grosseur moyenne, à verticillés composés de 8-10 rayons
simples, sans écorce périphérique à leur sommet, grêles, allongés, obtus ;
6 bractées dont les deux extérieures très courtes, les 4 intérieures plus
longues, inégales, les deux latérales un peu plus courtes que le sporange,
les moyennes le dépassant plus ou moins; nucules oblong à 12-13 stries;
coronule à dents assez courtes, subaiguës. — Mai-août. — Ruisseaux peu
rapides, eaux dormantes. C. dans les terrains calcaires, manque dans les
terrains granitiques.
Varie beaucoup pour la taille ; à peine de quelques centimètres
dans les eaux basses, il s’élève à un certain nombre de décimè
tres dans les eaux profondes; alors ses rayons sont longs, étalés,
dans le premier cas, les verticillés sont compactes, à rayons
courts, connivents. — Charente. —.Dordogne.
. i BIBLIOTHEQUE '
I LE LA VILLE |
■ nE PÉRIGUEUX I
- 32
5. Gh. longibracteata Kützing in Rchb. fl. excnrs. 843.
Wallman, monogr. char. p. 65. — Ch. fœtida var. longibracteata.
Coss. et Germ. fl. Par. — Ch. vulgaris var. longibracteata. Külz.
sp. alg. 523 — Ch. fœtida, var. subinervis-longibracteata. Al. Braun,
Rabenh. et Stiz. char, exsic. N° 7, 39 et 40.
Plante monoïque, d’un gris obscur ou verdâtre, aplatie par dessication,
allongée, presque dépourvue de papilles, à tubes corticaux spiralés; 8-10
rayons étalés divariqués, à 3-6 articles dont le terminal élargi, presque
obtus, est souvent dépourvu d’écorce extérieure; bractées très inégales,
les extérieures courtes, les intérieures plus longues que les sporanges,
quelques-unes même très longues, aplaties, presque aiguës ; stipules
involucrales presque nulles; coronule large, plissée. — Mai-octobre. AG.
Charente ; fossés de Vesnat, près la Cagoullière; St-Marc,
Hurtehise. (Alp. de Rochebrnne et Al. Savatier, Cat. de la Cha
rente).
Quelques botanistes ne considèrent cette espèce que comme
une variété du Ch. fœtida, dont elle est très voisine et ne s’en
éloigne que par des caractères de second ordre, tels que la lon
gueur excessive des bractées, par exemple.
7 subhispida. Al. Br. Wallm. monogr. char. p. 65.— Ch. fœtida,
var. papillaris. Coss. et Germ. fl. Par. et illustr. t. 37, f. 6. —
Ch. fœtida, var. subhispida. Al. Br. in flora, 64 et Al. Br. Rabenh.
Stiz. ch. exsic. 41. — Ch. vulgaris, var. papillata. Wallr. ann.
bot. 183. — Ch. vulgaris, var. intermèdia. Ag. syst. alg. 129. —
Ch. vulgaris, var. subhispida. Kütz. phyc. germ. 258 et sp. alg. 523.
Tige garnie supérieurement de papilles denses et caduques.
(A constater dans nos limites).
6. Gh. contraria Al. Br. schw. char. 15 et in Al. Br.,
Rabenh et Stiz. char, exsic. n° 37. Kütz. phyc. germ. 258, sp.
alg. 523 et tab. phyc. vu, t. 61. Wallm. loc cit. 64. — Ch. fœtida,
var. hispidula Coss. et Germ. fl. Par. et illustr. t. 37, f. 5.
Plante monoïque, d’un blanc grisâtre, finement striée, à tubes corticaux
primaires plus saillants que les secondaires, garnie de papilles, plus rare
ment d’aiguillons assez longs et ténus; 6-9 rayons; 4 bractées un peu
plus longùesque le sporange qui est oblong. — Se trouve dans les mêmes
terrains que le fœtida, auquel qùelques botanistes le rapportent comme
variété.
Quoique cette espèce n’ait pas été encore signalée dans nos
limites, il est très probable qu’elle s'y trouve et qu’elle finira par
attirer l’attention de quelque observateur. Notre terrain calcaire
n’a pas été, jusqu’ici, suffisamment exploré.
— 33
7. Gh. Polyacantha Al. Braun, in Al. Br. Rabenh. et Stiz.,
char, exsic., n° 18. — Ch. hispida, var. pseudocrinita Al. Br. Ann.
sec. 2, i, 355. Fl. par. t. 36, fig. 3. Walmann, monogr. 69. —
Ch. hispida, var. dasyacantha, Al. Br. schw., char. 18. Kütz.
tah. vu, t. 66. — Ch. pedunculata Kütz. in flora (18341, 706. —
Ch. spondyphylla Kütz. germ. 259, alg. sp. 525 et tab. phyc. vii,
t. 68.
Cette plante, considérée par plusieurs botanistes comme une variété du
Ch. hispida, auquel elle ressemble beaucoup et dont elle a presque tous
les caractères, s’en distingue par sa taille moins robuste, par ses papilles
plus nombreuses, plus longues; par ses sporanges plus gros, et surtout,
par ses tubes périphériques primaires plus saillants que les secondaires,
ce qui est Vinoerse dans le Ch. hispida.
Charente : fossés de Vesnat. tout le cours de la Charente;
ruisseau des Eaux-Claires, près le Petit Rochefort; tourbières de
La Couronne; La Courade. (Ex herb. Alph. Trémeau de Rochebrune).
8. Gh. hispida Smith (non Lin. ex Wallm!) Coss. et Germ,
loc. cit. Wallm. loc. cit. 67. Wallr. Ann. bot. 187. Ag. syst. alg.
128. Al. Br. in ann. sc. nat. ser. 2, i, 355 et in flora (1835)
66 et schw. char. 17. Kütz sp. alg. 524 et tab. phyc. germ, vin,
t. 65. — Ch. spinosa. Rupr.
Plante monoïque, robuste, l’une des plus grandes du genre, 3-10 déci
mètres, plus ou moins incrustée, d’un gris blanchâtre ou cendré lors
qu’elle est desséchée, profondément sillonnée, tordue, à Lubes primaires
moins saillants que les secondaires; hérissée d’aiguillons déliés, aigus,
étalés, aciculaires, isolés ou plus souvent réunis en pinceaux, plus longs
que le diamètre de la tige ; verticilles dressés-étalés, composés de 8-10
rayons à b-6 articulations ; entre-nœud terminal court, aigu, monosiphone,
rubané par dessication; stipules involucrales aciculaires, bisériées, p.cu
développées; 8-10 bractées, les extérieures très courtes, les intérieures
dépassant le sporange ; nucules très grands, ovales à 10-13 stries; coronule
développée à dents ovales, élargies. — Été. — Eaux stagnantes. A. C.
dans les terrains calcaires de la Charente et de la Dordogne.
Charente: fossés de la prairie de Vesnat; I’Anguienne; l’Houme
et les marécages qui en dépendent. (Catalogue de la Charente de
Rochehrune et Savatier.) — Marais de Monlhiers. (Duffort,
pharmacien à Angoulême.)
Dordogne : Font-grand, près Mareuil, Jaure, etc.
p gymnoteles Al. Br. esquiss. monogr. du genre chara, in
Ann. sc. nat. 1834, 2° sér., t. 1, p. 355, n° 19. Wallm, monogr.
char. p. 68.
Moins incrustée que le type, presque inerme, 2-3 entre-nœuds;
les supérieurs très longs, sans écorce périphérique, bractéifères;
sporanges plus petits.
5
- 34 Dordogne : Dans une fontaine à Lafarge, comm, de Manzac.
(Catalogue de la Dordogne par Ch. Desmoulins.)
9. Ch. aspera Willd. Wallr. ann. bot. 185, t. 6, f. 3. Ag.
sp. alg. 130. Al. Br. in ann. sc. nat. ser. 2, i, 356 et in flora,
1835, 71. Wallm. 1. c. Coss et Germ. fl. par. et ill. 38, d. Kütz. loc.
cit. Al. Br. Rabenh. et Stiz. 1. c. nos 11, 12 et 50. — Ch. intertexta
et Ch. clelicatula Desv. apud Lois. not. 37 et 38.
Plante dioïque, 1-3 décimètres, touffue, dressée, très grêle, d’un vert
grisâtre, finement striée, pourvue à sa partie supérieure de pointes
(papilles) capillaires, serrées, mucronées, allongées; et à la partie infé
rieure, de papilles plus courtes; stipules involucrales bisériées, aciculaires; 6-8 rayons verticillés à entre-nœnds tous pourvus de deux écorces,
moins le dernier qui est monosiphone ; 6-8 bractées subverticillées, les
intérieures deux fois plus longues que les sporanges ; les extérieures plus
petites, deux opposées aciculaires, mucronées; celles des articulations
stériles toutes plus petites et moins nombreuses que les autres ; nucules
subglobuleux, jaunâtres à 10-1) stries; coronule assez longue. — Maiaoût. Eaux paisibles. R.
V. subinervis. — Ch. intertexta Desv. apud Lois. 1. c. 138. Brebisson, flor. de Normandie, 2e éd. p. 336 (1849).
Dordogne : Dans une petite fontaine, près du saut de Lagratuse (Ch. Desmoulin, Cat. de la Dordogne.)
10. Ch. fragilis Desv. in Lois. 1. c. 137. A. Br. in ann. sc.
nat. ser.2, i, 356 et in flora, 1835,68. Coss. et Germ. fl. par. et illust.
t. 38, c. Kutz. sp. alg. 521. Thuret in ann. sc. nat. ser. 3, 16, t. 8.
Wallm. 1. c. p. 84. Al. Br. Rabenh. Stiz. char, exsic. N° 18.
Ch. vulgaris Lin. sp. 1624. Thuill. fl. par. 472. Ch. globularis. —
Ch. pulchella Wallr. ann. bot. 184. t. 2. Ag. syst. alg. 129, —
Ch. vulgaris, var. viridior et var. pulchella Whal. fl. suce. 69t.
Plante ,monoïque, d’un vert plus au moins foncé ; tiges grêles, finement
striées, fragiles, dépourvues de papilles; stries presque droites; verticillés
composés de 7-8 rayons dressés, connivents, atténués, aigus, multiarticulés, le dernier et souvent l’avant-dernier article dépourvus d’écorce tubu
leuse, le terminal plus étroit que les autres, conique, aigu ; entre-nœuds des
rayons plus ou moins allongés,la plupart sans bradées; bradées variables
en nombre et en longueur : tantôt courtes ou presque nulles, tantôt éga
lant les nucules ou les dépassant plus ou moins; stipules bisériées, très
petites, apprimées, souvent imperceptibles; sporanges d’abord ovoïdes,
blanchâtres, puis oblongs noirâtres; 13-15 stries; coronule plus étroite à
la base qu’au sommet. — Juillet-septembre. Etangs, mares, etc., des ter
rains granitiques de la Haute-Vienne, de la Dordogne, de la Charente.
Ch. fragilis, var. major longifolia Al. Br. Rabenh. fasc. 1,
n° 13-14.
Vienne : Dans une mare de Lathus, près de nos limites, 12 juin
1869. (Ex herb. Ed. Lamy.)
— 35 —
Dordogne : étangs de Puycharnaud, près Piégut (Nontronnais).
Charente : la Tourette, l’Anguienne, la Boême. (Alph. de Ro
chebrune et Al. Savatier.)
11. Ch. capillacea Walin. 1. c. p. 85. Thuillier fl. Par. —
Ch. frag. var. tenuifolia Al. Br. Rab. et Stiz. 15 (delicatula Bruzel.
Rupr.)
Tige grêle, d'un vert obscur; entre-nœuds des rayons un peu
plus longs que leur diamètre ; 4 bractées intérieures dépassnat
plus ou moins le nucule. Mêmes terrains que le fragilis.
Haute-Vienne : mare du Déflaut, commune de BussièrePoitevine. (Ex herb. Ed. Lamy.)
Dordogne, Nontronnais : étangs de Badeix, de Piégut, etc.
Le Ch. fragilis, var. major longifolia, se distingue par son port
plus robuste, plus élancé, par ses entre-nœuds plus longs, par
ses bractées plus courtes, dépassant plus ou moins les nucules.
— Le Ch. capillacea Wallm. — clelicatula Bruz, est plus petit,
plus grêle, avec des entre-nœuds égalant ordinairement ou dépas
sant peu la longueur du diamètre des rayons; les bractées sont
toujours plus longues que les nucules.
Mes échantillons du Puycharnaud (Nontronnais) ont la taille
et le port du Ch. frugilis et les bractées du capillacea ; quant aux
formes de Badex et de Piégut (Nontronnais), elles se rapportent
au capillacea, par l’ensemble de leurs caractères, mais diffèrent
beaucoup des échantillons de La Roche-1 ’Abeille qui m'ont été
communiqués par Ed. Lamy de La Chapelle, ce qui m’a déter
miné à faire une espèce de cette dernière plante (C/t. Lamyana').
Il est bon de dire aussi que les caractères distinctifs des deux
groupes fragilis et capillacea ne sont pas invariables et qu’il existe
de nombreuses formes intermédiaires qu’il serait impossible de
rapporter, avec conviction, à l’une plulôt qu’à l’autre espèce.
12. Ch. Lamyana mihi. —Ch. fragilis, var. longibracteala.
Al. Braun.
Plante monoïque, gazonnante, en touffes naines de (0-12 centimètres,
d’un vert plus ou moins foncé ; tiges nombreuses, dressées, peu rameuses,
légèrement contractées au-dessous des verlicilles ; stipules bisériées, à
spinules arquées, apprimées, assez longues; verlicilles à 7-8 rayons multiarticulés, serrés, dressés, égalant ou dépassantles cnlre-nœuds, parfois un
peu plus courts, atténués, les deux derniers articles plus grêles, le terminal
aigu, monosiphone ; six bractées inégales, aiguës, les deux extérieures
rudimentaires ou nullcs, les intérieures plus longues que les nucules
(cinq ou six fois plus); anthéridies relativement petites; sporanges ovales,
sub-globuleux, assez gros, d’abord d’un vert pâle, puis noirâtres; coronule
allongée, tronquée.
Ruisseau de La Roche-1’Abeille, Haute-Vienne, parmi les ro
ches de serpentine. (Ex. herb. Ed. Lamy, de Limoges.)
— 36 Se distingue du Ch. fragilis par sa taille naine, ses verticilles
plus denses, plus rapprochés, son involucre composé de spinules
arquées, allongées; par ses bractées baucoup plus longues, par ses
nucules courts, ovales; enfin, par son aspect qui, à première vue,
le distingue des échantillons nains des deux groupes fragilis et
capillacea.
En dédiant cette plante à Ed. Lamy de La Chapelle, auteur du
Catalogue des plantes de la Haute-Vienne et de plusieurs ouvra
ges importants sur la végétation phanérogamique et cryptogami
que de nos contrées, je ne fais qu’acquitter une dette d’affectio.n,
de sympathie et de profonde estime.
Intelligent et infatigable explorateur, Ed. Lamy a montré jus
qu’au dernier moment de sa vie l’ardeur de sa jeunesse et s’est
fait un nom dans la science; mais c’est surtout par ses études
cryptogamiques qu’il a pris rang parmi les botanistes distingués.
Duby, Montagne, Demazière, Schultz et plusieurs autres savants
contemporains ont donné son nom à plusieurs autres plantes.
13. Ch. fragifera Durieu de Maisonneuve.
Plante dioïque; d’un vert olivâtre, à racines produisant des tubercules
granuleux, semblables à de petites fraises blanchâtres ; tiges inermes,
grêles, rameuses, plus ou moins allongées suivant la profondeur de l’eau,
à stries fines, presque droites, trois fois aussi nombreuses que les rayons;
verticilles sans involucre de stipules, à 7-8 rayons allongés, atténués,
aigus; les inférieures étalés, souvent déjetés, les supérieurs connivenls,
à articulations plus ou moins distantes, plusieurs dépourvues de bractées,
le dernier article seul monosiphoné, lancéolé, aigu, les autres pourvus
d’une écorce tubuleuse; anthéridies d’abord blanchâtres, puis rouges;
sporanges ovoïdes, un peu plus gros que les anthéridies, à 10-12 stries et
à coronule conique ; bractées inégales, les unes très petites et presque
nulles, les plus longues atteignant à peine le milieu des anthéridies et des
nucules. — Mai-septembre. AC.
Haute-Vienne : étangs de Gieux, de Nexon, d'Ambazac, de
Bussière-Galant. (Ed. Lamy.) Etangde Riz-Chauveron, Charles
Le Gendre.
Dordogne : étangs Groulier, de St-Estèphe. (Nontronnais).
Charente : Mouthiers, canton de Blanzac. (Ex herb. L. Duffort,
pharmacien à Angoulême.)
C’est Durieu de Maisonneuve qui, le premier, a trouvé et
nommé cette belle et intéressante plante.
Dans une lettre du 17 septembre 1862, Charles Desmoulins,
président de la Société Linnéenne de Bordeaux, m’informait de
cette découverte et m’engageait à explorer les étangs du Nontron
nais où il supposait que cette plante pourrait se trouver; en
effet, je l’y rencontrai, mais elle n’avait pas de fructifications et
ressemblait tellement au Ch. fragilis qui est commun dans ce
- 37 —
pays, que je ne me donnai pas alors la "peine de l’examiner de
près.
G’est le 7 septembre 1863, que dans une course botanique
aulour de l’étang de St-Estèphe, peu éloigné de Piégut, Durieu
de Maisonneuve al Lira mon attention sur les tubercules fragiformes qui à eux seuls suffiraient pour caractériser cette plante. —
Dès lors, j’ai fréquemment rencontré cette excellente espèce sur
plusieurs points de la Dordogne et de la Haute-Vienne.
SUPPLEMENT
Espèces françaises qui n'ont pas encore été observées dans les
départements de la Haute-Vienne, de la Corrèze, de la Creuse, de la
Charente et de la Dordogne.
Genre Nitella
1. N. capitata Agardh, syst. alg. 125. Wallman, monog.
p. 32. Al. Braun, Rabenh. et Stiz. char, exsc n01 26 et 28. Nees
von Esembeck, Denkschr. der Regensb. bot. Gesellsch. 1818,
p. 80. Bruzel, char. Meyen, Linn. Rupr. s. 9. — Chara glomerata
Bisch. — Ch. syncarpa Al. Br. monog. — Ch. syncarpa, y capita
ta Gauler. — Ch. syncarpa oxygyra Al. Br. ined. Fig. Nees,
Tab, 6. Meyen, tab. 3.
Plante dioïque, grêle, diaphane, d’un vert pâle ; verticilles composés de
6-10 rayons simples, géniculés au point de division, ou bi-3-4 furqués, à
phalanges terminales allongées, sans articulations ; tiges souvent accom
pagnées, — surtout les supérieures — d’un certain nombre de petites
tiges collatérales courtes, à rayons condensés en capitules globuleux, lui
sants, prolifères, souvent recouverts de mucilage ; anthéridies d’abord
d’un blanc verdâtre, puis d’un rouge orangé, solitaires, pédicellées,
entourées de 2-3 petites phalanges bractéales microscopiques; sporanges
vert-jaunâtre puis noirâtres, assez gros, pédicellôs, par -2-3, à 6-7 stries
saillantes. —Mai-Juin. RR.
Environs de la forêt de Vouvent (Vendée) et de Murôn (Cha
rente-Inférieure) (ex herb. Julien Foucaud de Rochefort-surMer, co-auteur de la Flore de l'Ouest et d'une nouvelle flore
française en préparation).
Description faite d’après de beaux échantillons fournis par
M. J. Foucaud.
Ressemble à première vue au N. gracilis, mais s’en distingue
par sa fructification dioïque (le N. gracilis est monoïque); par ses
phalanges terminales qui n’ont, ni mucron ni articulations (les
phalanges terminales du N. gracilis ont 2-3 articulations, indé
pendamment du mucron articulé, lancéolé ou conique^.
- 38 2. N. flexilis var. nidifica.
Verticillés à 7 ou 8 rayons grêles, allongés, bi-lrifurqués, rarement
simples ou 4-furqués; phalanges terminales longues, aiguës, non articu
lées ; rayons des tiges collatérales très courts, condensés, formant des
agrégations nidificulcs.
Etang de Gazan (Gironde). — Plante communiquée par M. J.
Foucaud.
Genre Tolypella.
3. T. stenhammariana.— Nitella slenhammarianaNVailman,
char, monog. p. 37. — Chara translucens Walh. in flora ostrog.
manuscrit. — Cli. stenhammariana Wallman in add. ad Liljebl.
s. v. fl. ed. 3, 1816. — Ch. caulium articulis inermïbus, diaphanis,
superne latioribus Lin. inter Gothland, p. 215. — Ch. nidifica
Bruzel. — Ch. nidifica Rupr. — Ch flexilis, var /3 marina Wahlemb fl. suec. pro parte. — Ch. intricata Trentepohl. — Ch.
flexilis var. nidifica Fries, s. v. sc. — Nitella nidifica Agardh
syst. alg. et N. mtricala pro parte.
Plante marine, monoïque, de 15 à 35 centimètres, d’abord d’un vert
jaunâtre, puis devenant terne et opaque, vcrticillée presque dès la base,
souvent articulée entre les verticillés ; 6-8 rayons entremêlés de ramus
cules vcrlicilifères ; rayons stériles simples, les fertiles munis aux deux
orcmièrcs articulations de 2-4 fausses bradées simples, inégales, élargies
àu sommet, tronquées, souvent arquées et terminées par un mucron arti
culé; bractées et rayons plusieurs fois articulés; anthéridies petites,
moins nombreuses que les sporanges, ordinairement épigynes ; nucules
géminés ou multiples, d’un châtain foncé, à 7 ou 8 stries saillantes,
presque globuleux en dernier lieu. — Eté.
Ne se trouve que dans la mer et seulement dans les endroits
où elle est peu profonde.
Genre Lychnotamnus.
4. L. barbatus. — Chara barbota Meyen, Lion. 1827. Reichemb. fl. excurs. n° 909 Walh. Al. Braun, monogr. Fig. Meyen.
t. 3. fig. 7-8 Reich, iconogr. fig. 1080-1081.
Plante monoïque, de t à 7 décimètres, robuste, rameuse, sans écorce
périphérique, flexible, glaucescente, pellucide ; environ 12 stipules involu
crales sur deux rangs, allongées, cuspidées, les supérieures étalées, les
inférieures réfléchies; 5-8 rayons 2-3 fois articulés, pourvus aux articulations
et à leur sommet de longues bractées ; l’entre-nœud basal trois fois plus
long que le suivant ; 6-7 bractées verticillées, allongées, cuspidées ; anlhéridies pleurogvnes (placées de chaque côté du nucule, à l’intérieur des
bractées); grosseur du sporange presque le double de la largeur du rayon,
à 10 stries ; coronulc aiguë.
Genre Chara.
5. Chara crinita Wallroth ann. bot. Wallman, in Lilj. fl.
éd. 3. Fries, nov. Bruzel, char. Ag. syst. alg. Fries, S-V. sec.
39 —
Hartm. Sk .fl.éd. 5. —Hippuris muscosa subaqua repens Plukemet,
phyt. t. 193. f. 6. — Ch. hispidavar. y crinita Wahl. fl. suec. —
Ch. crinita a teplosperma Al. Br., mouog. Fig. Wallr. t. 3.
Plante dioïque, de 0,6i> à 1 m, plus grosse au sommet qu’à la base, à
tubes périphériques égaux, dressés, couverte de papilles hérissées, fasciculées, grêles, étalées, divariquées; verlicilles distants, à 8-10 rayons
beaucoup plus courts que les entre-nœuds de la tige, dressés, étalés,
droits ou arqués, ordinairement pourvus d’une , écorce tubuleuse jusqu’au
sommet, à 6-7 articulations; rameaux solitaires, apprimés; stipules biseriées, nombreuses, aciculaires, dépassant en longueur le diamètre de la
tige ; environ 8 bractées très étroites, doni 6 égales, 2 fois aussi longues
que le nucule, les deux autres plus petites ; sporanges allongées, cvlindracées, noirâtres, à 13 stries ; coronule tronquée. — Juillet-Août.
Marais d’Availles, près Dolus, Ile d’Oléron (Charente-Infé
rieure. — (Ex herb. Julien Foucaud.)
6. Ch. ceratophylla Wallr, ann. bot. Al. Br. monogr
Bruzel. Ag. sysl. alg. Ganterer. Kütz. — Ch. lomentosa p Wahl,
fl. suec. Fries fl. Scan. n° 778. — Ch. tamentosd p ceratophylla
Wahlemb. et Sœve, synops. fl. Gothl. Fig. Wallr. t. 5, Ganterer,
fig. 10.
Plante dioïque, robuste, raide, d’un vert foncé à l’état frais, d’un gris
cendré lorsqu’elle est desséchée; tige tordue, profondément sillonnée;
tubes périphériques nombreux, inégaux; stipules bisériées, nombreuses,
ovales arondics, plus courtes que le diamètre de la tige ; rayons étalés ou
divariqués ; 5 bractées ovales, verticillées, égalant presque les anthé
ridies et les sporanges; nucules à 13-15 stries. —Juillet-Août — Fossés.
7. Ch. asperula Thuret.
Plante dioïque, 2-3 décimètres, dressée, touffue, d’un vert grisâtre ;
tiges plus minces à la base qu’.au sommet, peu rameuses, finement striées,
hérissées à leur partie supérieure d'aiguillons coniques, arqués, divari
qués ou défléchis, robustes, assez longs, les uns aigus, les autres obtus ;
5-10 rayons aigus, les inférieurs et les moyens étalés, divariqués, les
supérieurs dressés, à 6-8 articulations ; bractées inégales, les unes plus
courtes, les autres plus longues que le sporange ; nucules oblongs à coro
nule courte, tronquée.
Se distingue du Ch. aspera, dont il est voisin, par son port plus
robuste, sa couleur plus terne, plus foncée, ses aiguillons coni
ques, moins effilés.
Coup-de-Vague, près Marcilly (Charente-Inférieure). — Ex
herb. J. Foucaud.
8. Ch. curta.
Plante dioïque, fragile, rude ; rayons très courts; sporanges petits.
Renseignements incomplets. Espèce à revoir.
— 40 —
9. Gh. tenuispina Al. Braun, monogr. Rabenhorst,
Deutschl. kryptogamen. fl. n° 5920. Kützing, sp. alg.
Plantes monoïque, petite, grêle, presque simple ; tige pourvue de pa
pilles ténues, éparses, rares; verlicilles à 10 rayons; bractées verlicil
lées, sporanges petits à tt stries; coronule dressée. — RR. Bords du Rhin.
10. Gh. haltica Fries. Aspegren fl. Blek. p. 65. Bruzel,
char. Ag. syt. — Ch. hispida /3 et 5 Wahlemb. fl. suec. — Ch.
hispida balticaHartm Sk. fl. ed. 5; exsc. Fries Herb. norm. 9.100.
Plante monoïque, diplostiquée (2 fois autant de tubes périphériques que
de rayons) ; tubes primaires plus saillants que les secondaires ; entre
nœuds supérieurs des tiges hérissés de papilles (aiguillons) simples, ternés
ou fasciculés, enflés, denses, réfléchis, égalant ou dépassant le diamètre
de la tige ; stipules involucrales bisériées, acuminées, toutes homogènes,
égalant ou dépassant le diamètre des tiges; verlicilles distants, surtout
les inférieurs, plus ou moins serrés et composés de 7-9 rayons plusieurs
fois articulés, pourvus de tubes corticaux, moins le dernier article qui est
monosiphone ; bractées verticillécs, inégales, les deux latérales presque
égales, les internes deux fois plus longues, les externes très courtes ;
grosseur des anthéridies
de millimètre ; sporanges ovales ou ellipti
ques. noirs à la maturité, un peu plus grands que les anthéridies, lon
gueur
dumillim., largeur f^de millim., 12 à 13 stries; coronule étalée.
Cette espèce, essentiellement marine, ne se trouve jamais dans
les eaux douces.
En juin 1890, elle a été récoltée par MM. Foucaud et Jousset
dans le marais d’Availles, près Dolus, Ile d’Oléron (CharenteInférieure).
11. Gh. connivens Salzman. Al. Braun, monogr.
Plante dioïque, diffuse, grêle, dépourvue de papilles ou d’épines;
rayons presque sans bractées, les fructifères connivenls ; sporange à
coronule aiguë. — RR.
Environs de Nantes-Lloyd. — Etang d’Aureilhau, Landes. —
J. Foucaud.
Gh. galioides Salzman. de Candolle. — Ch. aspera (3 macrosphœra Al. Braun. — Ch. macrosphœra Al. Br. inédit.
Plante dioïque, robuste ; tige presque nue dans le bas, pourvue à sa
partie supérieure de papilles éparses, rares, très ténues, plus longues que
le diamètre de la tige ; 8-10 rayons 10 fois articulés environ, monosipbones
à leur sommet qui est simplement mucroné ; bractées verlicillées, grêles,
beaucoup plus longues que le nucule, les supérieures sensiblement plus
petiies; anthéridies très grosses, sporanges très petite.
Midi de la France ; Montpellier, Toulon, Corse, etc.
Deux espèces nouvelles de Nilella ont été crées par l’éminent
spécialiste, l’abbé Hy d’Angers : N. arvernica et N. Lamyana. Je
m’abstiens d’en donner la description à défaut des éléments né
cessaires.
f BIBLIOTHEQUE '
|
■
'
LA VILLE
"h - 'GUEUX -
i.
i
J»
Fait partie de Famille des characées
