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JOe Jeau Jeune forums
#
PREMIER TABLEAU. — La Bibliothèque de Savigny-sur-Saône.
„U
Vyll
Valentin Bridoux, brave garçon, est bibliothécaire de la petite ville de Savignysur-Saône, véritable sinécure, car, à part le Larousse, sans le supplément et quelques
volumes de moindre importance, la bibliothèque n’est pas riche et laisse des loisirs à
Valentin, qui, de plus,
est aidé dans ses fonc
tions par son ami Ansel
me, comme lui employé
municipal. Valentin
s’ennuie, il rêve une
autre existence plus agi
tée, il aspire à d’autres
destinées. Pour occuper
ses loisirs, il vient de
faire ses premières armes dans le journalisme,
et dans un article
dithyrambique, il
vient de poser car
rément, dans la ga
zette locale, la candi
dature deM.Jounel,
rentier du pays, au
fauteuil sénatorial
vacant.
La jeune institutrice de
Savigny, M11'Marthe Aubry,
aime Valentin et consentirait
volontiers à devenir sa fem
me; mais, malgré l’amour Jounel. — Je te présente M. Valentin Bridoux, mon nouveau secrétaire
très tendre qu’il éprouve, Clotilde. — Vous quittez votre pays sans regrets. Monsieur?...
Valentin ne veut l’épouser Valentin. —J'avais toujours rêvé de vivre à Paris! Je n'espérais pas trouver pourtant une aussi heureuse occasion.
que dans un an, pensant
faire rapidement fortune à Paris. —M. Jounel, accompagné de la jolie Mn’c Jounel, vient
remercier Valentin de l’article élogieux qu’il a fait paraître sur lui et lui offre de devenir
son secrétaire. Valentin accepte et malgré les supplications de Marthe envoie sa démission
de bibliothécaire.
II' TABLEAU. — A Paris : Le Salon des Jounel.
Valentin est installé chez les
taire ; il prépare les discours du
se sentant troublée, attirée par ce
ter, et demande à son mari de
ne veut pas se séparer de son
secrétaire, qui lui est devenu
indispensable, quand, dans une
scène d’une excellente in
vention comique, il décou
vre le secret de sa femme
et flanque aussitôt Valentin
à la porte.
Jounel, dont il est le secrécandidat sénateur. Mme Jounel
beau garçon, feint de le détesrenvoyer Valentin. Jounel
Marthe Aubry. — Je trouve qu’une femme ne
doit mal tourner que lorsqu’elle ne peut
plus faire autrement!... Epousez-moi.
je vous assure que vous ne vous en
repentirez pas !...
VITTEL
EAUX MINÉRALES
GRANDE SOURCE
SOURCE SALÉE
(Vosges)--Expéditions à domicile.
LiValentin Bridoux. — Mes chers concitoyens, en briguant vos suffrages, je connais'
les devoirs dont j’assume la responsabilité !...
IIIe TABLEAU. — L'Agence Bluche.
Valentin se trouvant alors sur le pavé, sans place,
s’adresse au placeur très renommé Bluche, qui se charge
de lui trouver une position : une place de secrétaire se
trouve disponible chez un personnage politique, et, mis
en présence de celui-ci, Valentin et Jounel se trouvent nez
à nez, au grand ahurissement de Bluche, qui se confond en
excuses.
La jeune institutrice a quitté Savigny et a voulu,
comme Valentin, venir se placer à Paris. Sa sœur Paulette,
cocotte des plus élégantes, vient la présenter à Bluche, qui lui
offre d’être caissière dans un petit restaurant. Faute de mieux,
Marthe accepte pendant que Valentin consent à prendre une
place de commis
emballeur.
B
IVe TABLEAU.
L’Hôtel meublé
de la rue Monsieur-le-Prince.
Valentin a
tout préparé pour
recevoir la belle
Clotilde, qui a
Jounel. — Tu ne te doutes pas de ce que c’est que la femme
d’un homme politique en vue !... des honneurs de toutes
consenti à lui
sortes!... des fêtes!... des réceptions officielles!...
accorder un
premier ren
dez-vous. Mais Valentin s’aperçoit bien vite quec’est Marthe, elle seule, qu’il aime vraiment, et
que la coquette Mme Jounel ne lui avait inspiré qu’une simpl
toquade; il se fait enfin pardonner par Marthe, qu’il épousera
Jounel lui-même, nommé sénateur grâce à lui, vient le re
mercier
et lui,3fait annoncer
par1 •Bluche qu’il Valentin Bridoux.— le suis enchanté de m en aller, au moins
i
.
ne tardera pas a s acquitter envers lui.
je vais pouvoirJvous dire une chose queje ne vous au.
rais jamais dite si j’étais resté chez vous, parce que je
suis un honnête homme!... je vous aime... Madame!...
MODES
DE
M"E Renée VERT
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PARIS
Téléphoné 223-61
Clotilde. — Vous osez dire que je trompe mon mari ?...
Valentin. — Mais, j’en suis sûr!...
Clotilde. — Il faut que vous soyez stupide pour croire une chose
pareille!... Moi aussi je vous aime, Monsieur!...
Englisb Spoken. — Man spricht Deutsch.
/
S
Ve TABLEAU
La Sous-Préfecture de Savigny-sur-Saône
Tout est en fête à Savigny, on se
dispose à recevoir solennellement le nouveau Sous-Préfet, car Jounel a tenu
parole et sur ses instances, Valentin Bridoux a été nommé dans la petite
ville même où il a fait ses débuts comme bibliothécaire. —Valentin a réussi,
tout son rêve s’est réalisé, il a épousé la brave petite institutrice, et, le
journal politique, qu’il a fondé à Paris,
a valu la suprême récompense, la croix de la
Légion d’honneur ! Le moment de la céré
monie approche, les autorités s agitent, les
commissaires surveillent les derniers prépa
ratifs, les ouvriers placent les derniers écus
sons avec leurs drapeaux.
Enfin, des roulements de tambours,
lés aux sonneries des clairons et des
accords harmonieux de la fanfare de Savigny
se font entendre, le cortège s’avance et le
nouveau Sous-Préfet de Savigny, Valentin
Bridoux, le petit bibliothécaire d’autrefois,
s’avance, heureux et souriant, au milieu des
acclamations et des applaudissements de
ses concitoyens.
Le sénateur Jounel, le maire, les
adjoints, tous les conseillers, les receveurs,
'es commissaires, toutes les
autorités et notabilités du
pays l’entourent et c’est avec
émotion qu’il répond au ;
discours que le sénateur
lui adresse.
Il remercie Jounel
de l’intérêt qu’il lui porte
Valentin. — Clotilde !... je vous adore !...
et de son aide puissante.
Il se félicite de reve
nir dans son cher pays qu’il a quitté pour aller à la recherche
d’une situation qui lui permît d’épouser celle qu’il n’a jamais
cesser d’aimer, Marthe Aubry, et qui' est aujourd’hui sa
femme et Madame la Sous-Préfète.
/
■' /
Clotilde. — Savez-vous, mon ami, ce que vous feriez si vous étiez
intelligent, vous vous passeriez des services de M. Valentin
Bridoux.
Jounel. — Renvoyer un homme qui écrit pour moi nies discours
politiques !... jamais !...
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Bluche. — Je parie que vous avez mis votre
montre au clou ce matin!...
Valentin. — Non... hier!
Bluche. — Vous riez !
Valentin. — J'ai un excellent caractère.
Cl. Cautin et Berger.
CHEZ
M-
Capus
Auteur du
«
Jeau Jeune ){omme
Président de la Société des Auteurs
Nous avons rendu visite à
M. Alfred Capus, l’éminent Président
de la Société des Auteurs, car M. Capus
est encore une fois l’homme du jour,
puisque après de triomphants succès
>.. n(. sa jeune g]oire^ sa
dernière œuvre, Le Beau Jeune
Homme, vient encore de parer son front de
nouveaux lauriers.
Une œuvre nouvelle du jeune et brillant
dramaturge est un véritable événement artis
tique. "Ious ceux — et ils sont légion —,
qui s’intéressent aux choses du théâtre s’en
préoccupent.
M. Alfred capus
Car les questions se succédaient...
— Quel sujet, cette fois, l’auteur à a mode avait-il traité ?
— Dans quels milieux avait-il fait mouvoir ses personnages?
— Sa pièce était-elle observée comme La Veine ? ou joyeuse comme Les Deux Écoles ?
Chez JVL Alfred Capas
Nous nous présentons donc chez M. Capus : Il habite au n° i de la rue de Châteaudun, dans
cette partie paisible que la Providence semble avoir à dessein isolée,
en plein tumulte pour lui offrir un asile au milieu de Paris, fié
vreux.
Vous aimeriez son cabinet de travail.
Les meubles y sont doux et profonds; un chaud tapis étouffe
les pas ; les livres y abondent, cachant tout un mur de leurs reliures
variées; des portraits des créateurs de ses grands succès : Réjane, Granier, Lavallière, Guitry, et, sur la cheminée, un beau portrait de
Brasseur, le créateur de La Veine, des Deux Ecoles et du Beau Jeune
Homme.
Sur la table, nul bibelot qui attire l’attention et dis
trait le regard : un encrier, du papier, le manuscrit du
Beau Jeune Homme, un appareil téléphonique, et c’est
tout.
Une porte s’ouvre doucement, le monocle à l’œil,
vêtu d’une impeccable jaquette, dont un étroit ruban
rougit la boutonnière, M. Capus s’avance vers nous
la main tendue et, avec une bonne grâce charmante, le
Président des Auteurs dramatiques nous invite à
nous asseoir.
Marthe. — Ma sœur! ma petite Paulette! que je suis contente de te voir!.
Paulette. — Nous deux, vois-tu, c'est la famille !...
üe Beau Jeune Homme
a
■— Vous venez me demander, j’en suis
sûr, des détails sur ma pièce : Le Beau Jeune Homme !
Eh bien ! Le Beau Jeune Homme, après les brillantes repré
sentations de cet hiver aux Variétés, va être joué par traités, coup sur
coup, à Londres, à Berlin, en Amérique en septembre, en Espagne,
en Suisse et dans les grandes villes de France, par BRASSEUR,
qui m’a si admirablement créé Valentin Bridoux, et
qui est l’idéal du personnage, Le Beau Jeune
Homme.
Devant faire quelques modifications à ma pièce,
nécessitées par les traductions anglaise et allemande,
je me suis, peu à peu, entraîné par mon sujet, laissé
aller à écrire, non seulement de nouvelles scènes,
mais même de nouveaux tableaux.
De là, un développement considérable de la
mise en scène, qui comporte maintenant des défilés,
de la figuration, et même une fanfare, et de là aussi une grande variété de
milieux pittoresques. Le Beau Jeune Homme ne compte pas moins
de quatre actes et cinq tableaux.
C’est un spectacle important et, je vous le répète, extrêmement varié.
lia Vie d’un Jeune Hotnme
de Province
Le sujet même delà pièce est un de ceux qui m’ont le plus intéressé
à traiter, car c’est un sujet général, une action à laquelle dans la vie réelle
chacun de nous a pris part, puisque c’est la vie d’un jeune homme de
Jounel. — Valentin Bridoux ?...
province, instruit, bien élevé, intelligent, qui a
mon ancien secrétaire !...
Voilà une mauvaise plaisan
l’ambition (qui ne l’a pas?) de se faire une situa
terie !... Monsieur... je ne
vous
salue pas !...
tion, et qui part de sa province pour venir cher
cher fortune à Paris !
— Oui, disons-nous, voilà le fond de votre pièce si brillante,
qui, tout en amusant le public, cache une morale plus profonde
qu’elle ne le laisse voir du premier coup, grâce à votre
dialogue étincelant et aux situations comiques et de fine
comédie dont elle est remplie.
— Et du reste, ajoute M. Alfred Capus, combien
sont arrivés à Paris en sabots et ne se doutant suère de la
fortune qui les y attendait !
_**-v
Venus à Paris. . . en sabots T
— Croyez-vous, par exemple, continue M. Capus, que
Napoléon Ier, qui, petit officier d’artillerie, souffrant de la gêne,
ne sachant à quoi aboutir, et songeant par instants à offrir son épée
au Grand Turc ou à l’Angleterre (simples velléités d’homme décou
ragé) était venu à Paris avec l’idée de conquérir le monde ?
Valentin. —vous vouliez retrou— Pensez-vous q u’en arrivant à Paris, M. Thiers sc doutait
ver Valentin Bridoux? vous .
.
,
. ,
1. . .
,
,
,
ravez retrouvé! je n’exige des hautes destinées qui lui étaient réservées,
pas ia prime....
— Gambetta prévoyait-il le grand rôle qui l’y attendait ? Il
y avait en lui l’étoffe d’un tribun, mais aurait-il pu prévoir qu’il serait un jour dictateur et que
sa parole remuerait la France ?
Les trois quarts de nos hommes politiques sont arrivés après mille déboires qu’eux seuls
pourraient raconter, débarquant à Paris à la conquête d’un portefeuille de ministre ?
Cependant, combien d’autres, rêvant la Présidence de la République ! sont morts ignorés.
Combien ont connu la misère ! Corneille, Balzac et Verlaine, toute leur vie ! Et Lulli et
Bernardin de Saint-Pierre ! Celui-ci était bien le type
du Beau Jeune Homme, il avait des goûts d’aven
ture et une audace que rien n’effrayait, et il trouva
la gloire... en écrivant un roman : Paul et Virginie !
Oui mais, ajoutons-nous, tant d’autres, partis
village sans un sou, sont arrivés à
Présidents de la
République ?...
Ce sont précisément, réplique M. Capus, ceux-là qui
attirent l’attention de la jeunesse, qui ne veut pas se
souvenir de celui qui, n’étant arrivé à rien, s’écriait avec
amertume :
— « Faire fortune à Paris ! oh ! rien n’est plus facile, avec un million et
cinquante ans de persévérance, on peut y arriver ! »
Ce sont donc les exemples heureux qui entraînent tant de jeunes gens de pr ovince vers
Paris. C’est une marée montante que favorise
l’instruction gratuite. Tous veulent conqué
rir la fortune ! T ous rêvent plus ou moins
de devenir Président de la République ! et
quatre-vingt-dix sur cent traînent indéfiniment
la misère.
Quand aux dix autres qui complètent le
cent, ceux-là sont l’exception ! ce sont ceux qui
arrivent, qui sont célèbres, ceux qui sont
comblés d’honneur ou d’argent ! quelquefois
des deux ! Ce sont les heureux de
vie !
Brasseur
Lie Beau Jeune Homme
N'oubliez pas que c'est à ce garçon que vous devez
d'avoir été élu sénateur!
Bri- JOL'NEI" — Et je viens pour acquitter envers lui ma dette de reconBLUCHE. —
Eh bien ! voilà pourquoi Valentin
doux, le héros de ma pièce, que Brasseur,
merveilleux dans ce rôle énorme qui compte plus de quinze cents lignes ! et qu’il joue en grand
comédien, est fait pour intéresser tous les publics, aussi bien à Londres qu’à Berlin, qu’en
Amérique et qu’en France, où Brasseur va le jouer, parce que le Beau Jeune Homme !
c’est le jeune homme d’aujourd’hui !
ÜE CHAPEAU, C’EST ù’HOMMEl
Alors! lcs Cartons
Chapcaux ?
CUIR MOBILE DELION
BREVETE S.
D. G.
\ERATION et SOUPLESSE au front
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