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RACHILDE
SURVIE
PARIS
EDITIONS
ALBERT
MESSE1N
19, QUAI SAINT-MICHEL, 19
C0000210273
SURVIE
IL A ÉTÉ TIRÉ DE CE LIVRE :
20 exemplaires numérotés de 1 à 20,
300 exemplaires numérotés de 21 à 320
et 50 ex. de presse non numérotés
RACHILDE
SURVIE
BÏBSJKVrpEOUl
MUNICIPALE
PÊRiGUEUX
IN VbPZ 1
COTE l
V
PARIS
ÉDITIONS ALBERT
19,
QUAI
messein
SAINT-MICHEL,
1945
19
V*~
SURVIE
SUR
UN
1
La lune promène,
Masque indifférent,
Sa face inhumaine
Sans corps apparent.
AIR
ANCIEN
4
Pourquoi cette fille
Qui n’a plus de feu
Sait comment on brille
Et mène le jeu?...
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5
Roulant dans l’espace
Coureuse de nuit
Perdant cette face
Dès que le jour luit.
Elle tend à l’homme
De soif, enrageant,
Un quartier de pomme
En papier d’argent.
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En ouvrant sa porte
Par un soir d’éclairs
Sa chandelle est morte
Dans un courant d’airs.
Tantôt elle est rouge
De ce qu’elle a vu
Penchée sur un bouge
De nous inconnu.
SURVIE
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11
7.
Tantôt elle est pâle,
Front ennuagé,
Voilant, virginale,
Sa fleur d’oranger.
Dans la nuit des mondes,
Phare de la peur,
Dirigeant, des ondes,
L’heur et le malheur.
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Sa lumière est froide
Comme un mauvais sort
C’est le linceul roide
Blêmissant le mort.
Des très jeunes femmes
Elle aime le sang
Aspirant leurs âmes
Tout en le suçant...
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Dominant les cimes
Rien n’émeut son vol
Des cris des victimes
... ou du rossignol!
Ce n’est qu’une bouche,
Un vampire en rond,
Du songe, il les touche
Et il les corrompt...
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Diane chasseresse
Qui ne chasse rien
Mais dont la caresse
Fait hurler les chiens.
Montant bien la garde
Autour des trépas
Ce témoin regarde...
Mais ne parle pas!
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SURVIE
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C’est pourtant la cible
Du septième ciel.
Et l’âme sensible
La voit tout en miel.
On la croit très bonne
Parce qu’elle dort
Muette personne
Qui n’a jamais tort!
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Elle est inhumaine :
(Sans cœur, on est sourd!)
La lune promène
Un secret très lourd...
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SURVIE
LE VAGABOND
L’orgueil, tombé de moi, comme un manteau usé
Me laisse, tout tremblant, dans le vent de l’automne.
J’entends passer, au loin, en orage qui tonne
Le grand train de la vie que j’ai trop méprisé.
Oh! Ces trains du plaisir, ces cabanons de fous,
S’en allant, prisonniers, courir une aventure
Qu’ils auraient pu trouver dans la libre nature!
Amoureux ou banquiers, innocents ou filous.
Tous épris du danger, désireux de l’oubli,
Ils ont besoin du bruit et de se croire maître,
De leurs bonheurs payés par le grand malheur d’être
Esclaves de leur monde, intoxiqués par lui.
Je me suis égaré dans les sentiers des bois,
J’ai gravi des chemins côtoyant un abîme,
J’ai marché sans remord, n’ayant commis qu’un crime:
Rester indépendant en dehors de leurs lois.
SURVIE
J ai chanté le matin et j’ai rêvé le soir
Dans les fêtes du ciel mon visage eut sa place
Aux miroirs des étangs j’ai pu baigner ma face,
Contempler une étoile où brillait un espoir...
Je n’ai pas craint la nuit, fantôme de la mort,
Quand la lune voilant sa blafarde lumière
Comme une pâle fille et louche aventurière
Cherche l’obscurité pour y tenter le sort.
Mais je n étais pas seul car l’amour me suivait :
Un beau chien à la fois caressant et féroce
Qui mordait les moutons, dispersait une noce.
... Sans choisir notre route, en errant, on vivait...
Il effarait les oies, hurlait aux violonneux
Et mettait le désordre, en entrant au village,
Lorsqu on félicitait, héros du mariage,
Un couple paysan qui paraissait très vieux.
Grand et souple il sautait sur le mur d’un verger,
Me rapportait des fruits, chassant aussi la louve,
Faisant luire des yeux où la passion qui couve
Vous avoue qu’on enrage... à n’être qu’un berger,
IbIBUOTHÊOI
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SURVIE
Quand on battait le blé on nous laissait dormir
Sous les midis brûlants, dans la paille odorante.
C’étaient les bons moments de notre vie errante :
Ayant gagné son pain, on pouvait repartir.
Ce chien-là m’a perdu! Un jour il m’a quitté,
Pour céder à l’instinct gouvernant tous les fauves
Dévorant le dompteur... à moins qu’ils ne se sauvent,
Préférant, avant tout, les bonds en liberté.
Il pleut et je frissonne à l’âpre vent d’hiver,
Tout mouillé, en haillons, je vois passer la vie
Allant vers le soleil. Or, celle que j’envie
N’est certes pas menée avec des freins de fer!
Je ne sais pas danser ni revêtir un frac,
Les femmes, m’approchant, n’ont jamais le sourire,
Je ne dois pas leur plaire et ne sais quoi leur dire,
Le manteau de l’orgueil n’est plus qu’un pauvre sac.
Ai-je froid? Ai-je faim? Je ne demande rien,
Je voudrais m’endormir, couché sur de la paille,
De mon dernier sommeil, puisqu’il faut qu’on s’en aille,
En rêvant que j’entends la plainte de mon chien.
SURVIE
LA ROSE ÉGARÉE
Cette gloire du jardin
Rose naît d’un beau matin
Est pourtant déjà fanée...
Par le vent mauvais d’un soir
Elle a jonché le sol noir
Effeuillant sa destinée.
Croyant tout amour défunt
Elle a perdu le parfum
De son cœur qui se dénoue.
Elle roule à l’inconnu,
S’offrant au premier venu
Dans la noirceur de la boue.
La trouve un vieux jardinier
Qui dit, sachant son métier :
< La rose est une étourdie.
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SURVIE
« La fleur joue avec le vent,
Il arrive, assez souvent,
Que l’emporte sa folie...
« Pour la mettre à la raison
Il lui faudrait un blason
Où s’épanouir entière.
« Fardons-la de notre mieux
Pour le seul plaisir des yeux
Afin de la rendre fière! »
Et sous un épais cristal,
Bien rivée par du métal,
Pieusement, il la dépose.
Pour garder à sa beauté
Un semblant d’éternité
Il met en prison la rose...
SURVIE
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LE « GRAND FLAMBÉ » (1)
Je suis taché de noir par les baisers du feu,
Avec un manteau d’or déchiré par la flamme
Je danse au grand soleil, montrant d’un corps sans âme
L’insolente beauté qui domine son jeu.
J’ai bu dans les jardins du paradis des fous
Le vin fort des oeillets, aussi le sang des roses,
J’ai connu tout l’amour et ses métamorphoses,
Ivre de liberté, me moquant des jaloux.
Je rêve d’une fleur au parfum me calmant
Devenant à la fois mon refuge et ma tombe,
Je voudrais — puisqu’il faut qu’à l’hiver on succombe,
M’endormir sur son coeur sans être son amant.
J’ai pris l’ardent reflet d’un calice lointain,
J’ai dansé devant lui en survolant le gouffre
Où le prêtre priant et souffrant ce qu’il souffre
Espère en un pardon tout à fait incertain.
(1) Nom connu d’un des plus beaux papillons vivant en
Europe. Il est grand, jaune, rayé de noir et a l’extrémité
de ses ailes comme lacérée par le feu.
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SURVIE
Il est resté là-bas dans l’ombre de son deuil,
N’ayant jamais compris que la vie qu’on nous donne
Est faite pour créer cette joie qui rayonne
Du miracle d’amour exaltant notre orgueil.
Que m’importe la nuit où rôde i’Atropos (1),
Ce sombre compagnon hantant les cimetières!
Moi, j’ai brûlé mon aile à toutes les lumières
En bravant le danger de l’éternel repos.
Chair de fleurs qui flamba dans la chaude saison,
Esprit d’un feu-follet fuyant devant la brise,
Je cours après celui qui passe et qui méprise
Mon étrange plaisir à perdre la raison.
Les gestes trop osés ne sauraient me cueillir,
Aux présents des vaincus je ne suis pas sensible
Et je cherche partout un rival impossible,
Ma gloire est d’être seul... mais j’ai peur de vieillir!
Je danse exaspéré par l’implacable sort
De la beauté qui change ou lentement s’efface,
Je crains cette ennemie qu’on appelle : une glace,
Car cessant d’être beau je ne suis plus qu’un mort.
(1) Le Sphinx Atropos est le nom d’un gros papillon
nocturne dont les ailes sont timbrées d’une tête de mort.
SURVIE
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REGARDS
Le danger de la mer est caché dans vos yeux :
« Perfides comme l’onde! »
Car ils sont à la fois brillants et ténébreux,
Secret d’une eau profonde.
L eau n a ni corps ni âme, on ne peut la saisir,
Et qui trop la regarde
Pour sombrer jusqu à elle en suivant son désir
Est un mort qu’elle garde.
Il n’est pas de marin qui ne connut le viol
De sa bouche vorace,
Habile à capturer le malheureux, le fol,
Se mirant dans sa face.
Vos yeux ont de l’abîme un très beau reflet vert
(Où nagent des reptiles!)
Les battements d’un cœur, sous l’abîme entr’ouvert,
Seraient bien inutiles!
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SURVIE
La mer s’en va, revient, se révolte ou s’endort,
Avec les hommes joue,
Les conduit au plaisir ou les mène à la mort
Par ses dames de proue!...
Dans les yeux de sa reine, Antoine, le soldat,
Vit s’enfuir ses galères.
Dans vos regards de fauve un tigre se débat
A vos jours de colères.
La mer a ses fureurs... et elle en a beaucoup!
On voit monter l’orage
Dans votre œil doux et clair, assombri tout à coup,
Redevenu sauvage.
Pailletée de soleil ou d’étoiles, la nuit,
La vague n’est qu’un leurre,
Sous le vent qui la frappe elle imite le bruit
D’une femme qui pleure.
Vos yeux savent pleurer et pleurent sans chagrin,
Pour la beauté des larmes.
Le pilote, averti, déclare : « C’est un grain... »
L’ennemi change d’armes!
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Mais il manque à la mer, pour masquer ses périls,
La rendre plus odieuse,
Plus attirante encor : de l’ombre de vos cils
La frange très soyeuse.
Entre vos cils on voit un lac et ses roseaux,
Moiré de leurs verdures,
Ou deux œufs lumineux sous une aile d’oiseau
Couvant dans les ramures.
Je crains peu vos regards reflétant le danger
Des bas-fonds les plus sombres.
Les miens restent là-haut, refusant de plonger
Aux vertiges des ombres.
Mes yeux, à moi, sont bleus et calmes comme un ciel
Ignorant l’amertume
De l’ouragan féroce, aux morsures de sel
Aux flots salis d’écume.
Et je les fermerai sur le rêve anodin
D’avoir un coin de terre,
N aimant plus que les fleurs, les fleurs de mon jardin
Où je veux qu’on m’enterre!...
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SURVIE
NOCTURNE
Un oiseau chante dans la nuit
Accompagné par le doux bruit
Du vent caressant les grands arbres.
Au fond du parc on voit des marbres
Fantômes gris, fantômes blancs,
Qui d’écouter feront semblant.
Ma demeure est de tout repos,
Bordé de fer, c’est un enclos
Où l’on plaça un banc de mousse,
Autour de lui un rosier pousse
Pleurant sur moi ses larmes d’or,
Il sent très bon et il m’endort.
Je n’ai pas demandé sa fleur,
Elle est fort belle et j’en ai peur :
Le jaune est teint de jalousie,
Cette couleur fut mal choisie
survie
Car, sans passions, de mon vivant,
Je vivais surtout en rêvant.
« Le rose est bon pour les petits,
Le rouge pour les appétits,
De grands honneurs après la gloire,
Laissons la pourpre à la victoire!
Quant au blanc pur, c’est par trop neuf
Et ne convient pas pour un veuf!... »
Ainsi ont parlé mes parents.
(Aussi beaucoup d’indifférents.)
Je me disais : Si je proteste
Je perds la force qui me reste!
Et puis, d’effroi, ils vont crier...
Soyons sérieux : on va prier.
Quand, un beau soir, vous serez las,
Seul, vous asseoir, allez là-bas,
Pour écouter la voix démente
Du rossignol qu’amour tourmente
(... Bien des danseurs sont fatigués
Et quelque fois, ne sont pas gais...)
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SURVIE
Mais, prenez garde, cher ami,
A ce rosier qui là fut mis,
Sans intention préméditée,
Fleur de poison tout infectée
Ayant des dents, la tige en long
Pouvant vous mordre le talon...
SURVIE
DERNIÈRE IDYLLE
Or, il advint qu’un soir la Sombre Aventurière
S’entendit appeler.
Un beau garçon errant dans un bal de barrière
Désirait lui parler.
Il ne lui restait rien, rien que la cigarette
S’éteignant à sa main.
Et ce jour de répit, dans la pauvre guinguette,
Serait sans lendemain.
Il a fui la cité, n’y pouvant plus attendre
Que les poings d’un agent.
Pour échapper aux lois, ne pas se laisser prendre,
Il lui faut de l’argent.
Encor les femmes, oui! Mais ce n’est pas le rêve!
Il est trop fatigué
Pour donner en soutien aux rudes filles d’Eve
Un mâle distingué.
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SURVIE
On danse autour de lui, s’effondrant sur sa chaise,
De braves citoyens,
Ne pensant qu’à manger, boire et se mettre à l’aise,
En ayant les moyens.
Sous des lampions fumeux un orgue mécanique
Rugit un chant vainqueur,
Et 1 on sentait partout, d’un peuple en République
L’insupportable odeur.
Des parfums de bazars, des relents de vaisselles,
Mouchoirs en éventails
Diluant, dans les airs, la moiteur des aisselles
Avec des pointes d’ail!
On avait l’esprit lourd car on dansait sur l’herbe,
On piétinait son foin.
Tous -ces gens du dimanche haussaient beaucoup le verbe
Mais ne se battraient point.
« Voici que j’ai trente ans! Faut-il donc disparaître?
La tombe... ou la prison!
Vivre sans liberté... il vaut mieux ne pas être...
La mort donne raison. »
SURVIE
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Comme il disait ces mots, d’un ton d’enfant malade,
Il vit, là-bas, surgir
La îôdeuse éternelle en louche promenade,
Servante du désir.
Il la voyait lointaine... et pourtant toute proche
Elle était, à la fois,
La quêteuse d amour et le sombre fantoche
D’un loup sortant du bois.
Ce fut plus fort que lui. Du dangereux dressage
Il retrouva le goût.
« Le manteau, à lui seul, vaudrait bien le voyage »,
Gronda-t-il, mis debout.
Elle avait, en effet, une cape étonnante,
Un manteau noir, brodé,
Qui balayait le sol d’une frange brillante,
Domino démodé
Evoquant un grand bal n’ayant rien de rustique,
Un bal de l’Opéra.
Il sourit en pensant : « Ce qu’il sera comique,
Celui qui valsera! »
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SURVIE
En se glissant près d’elle, il fit la découverte
D’un visage blafard.
Ses yeux, très enfoncés, ont la prunelle verte,
Le nez, un peu camard,
Lui donnait l’air moqueur sous des dentelles floues
Nouées artistement,
Ou tirées à la main pour se cacher les joues
Mystérieusement.
Tendant le beau manteau, des épaules rigides,
Des griffes en acier
Maintenaient tous les plis qui comblaient tous les vides
Du gant jusqu’au soulier.
« Madame attend quelqu’un? », dit-il par politesse.
Elle ne répond pas.
Son regard est distant, ne fait pas de promesse
Il demeure... là-bas.
Mais le temps a changé, car le vent en rafale,
Va crever le plafond.
Ce n’est pas le moment dans la champêtre salle
De s’alanguir en rond!
SURVIE
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Les lampions sont éteints. L’orgue cède au tonnerre,
Les buveurs avertis
Qu’ils auront beaucoup d’eau vont prendre encor un verre,
Les danseurs sont partis.
On rentre dans l’auberge, un caveau plein de fanges
Et de flaques de vin.
Un ivrogne endormi, sur un banc, ronfle aux anges,
Fait un songe divin.
Le beau garçon pressant sa muette voisine
Dit, d’un ton protecteur :
« Je vous reconduirai, vous tremblez, j’imagine,
N’ayez donc pas si peur! »
Elle est vraiment pour lui l’image du silence,
Mais cela vaut bien mieux!
Les filles inconnues vous font des confidences
Et c’est toujours odieux...
Cette femme est du monde (oh ! d’un tout autre monde!)
Puisqu’admis à son jour
Il ne faut pas troubler une paix très profonde
,
En lui parlant d’amour.
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SURVIE
A SB montrer correct en vain il s’évertue.
Connaît-on son passé?
« Pour vous entendre rire est-ce qu’il faut qu’on tue? »
Raille-t-il, angoissé.
Alors, un éclair fut, illuminant l’espace,
La femme et ses paillons
Il vit, avec effroi, qu’elle portait sur la face
Le plus noir des baillons.
Où, sans lèvres, ni dents, pour se cacher la bouche,
Mutilée par un coup,
Elle a baissé dessus ce masque très farouche
Que l’on appelle : un loup.
Elle étendit le bras, eut un geste terrible,
Lui désignant le seuil.
Il fallait s’en aller et par ce temps horrible
A vous déteindre un deuil
Se traîner dans la boue. Passant aussi la porte
En marchant près de lui,
Cette étrange mondaine exige que l’on sorte
Sans voiture, la nuit!
SURVIE
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Son manteau, sous le vent, s’enflait comme une voile,
Un triomphant drapeau,
La géante araignée l’enlevait dans sa toile,
Avait enfin sa peau!...
Et semblant protéger un pauvre gars très ivre
Contre ce vent mauvais,
En l’entraînant de force, elle a l’air de le suivre.
... Il ne revint jamais!...
FIN
Par U, 20 juillet 1943.
P
DE LA VExE |
<y
TABLE DES MATIÈRES
SUR UN AIR ANCIEN .
le vagabond
............
LA ROSE ÉGARÉE ... .
7
10
13
LE « GRAND-FLAMBÉ >
15
REGARDS
.......................
17
NOCTURNE
......................
20
.
23
DERNIÈRE IDYLLE
IMPRIMÉ
SUR
LES
PRESSES
DE
MARC
TEXIER
A POITIERS
LE 28 FÉVRIER 1945
Fait partie de Survie
