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Fait partie de Vermanty
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I
Que le jour monte ou la nuit tombe,
De l’aube éclose au soir naissant.
Que l’ombre rampe dans la combe,
Que midi plane éblouissant.
Descendant ou prenant la pente,
Vers l’orient, vers le midi.
Une file de chars serpente :
Voici le vin de Vermanty.
Vermanty ! Quel charmant village !
Le Lot l’admire de ses flots,
Un bois l’aime de son ombrage,
Un joli bois rempli d’échos.
C’est un gai village où tout chante,
Le paysan, le vent, le nid.
Et dans sa cuve bouillonnante
Un vin : Le vin de Vermanty.
Le voici ce breuvage unique.
Quel prodige sous le soleil
Que ce vin du Nord au Tropique
S’écoulant en fleuve vermeil !
Dans leurs coupes étincelantes
Parmi les roses paradis,
Quels nectars versent leurs amantes
Aux Dieux ? — Le vin de Vermanty.
ENVOI
Salut, roi dont la main puissante
Est favorable à ton ami
Grâce au cadeau qu’il te présente :
Un fût de vin de Vermanty.
II
Voici les jours courts de l'automne ;
L’hiver est proche et ses frimas.
Par le ciel froid et monotone
Les oiseaux changent de climats.
Les oiseaux cherchent la lumière ;
Ile veulent un nouveau midi.
Mes chers amis, encore un verre,
Un grand verre de Vermanty.
Des ailes, des ailes, des ailes,
Des ailes pour planer et fuir
Vers les demeures éternelles
Du soleil et de l’avenir !
Hélas ! Tout nous lie à la terre,
Au même champ, au même nid.
Mes chers amis, encore un verre,
Un grand verre de Vermanty.
Puisque l’été nous abandonne
Avec sa joie et ses bonheurs,
Et ses splendeurs et sa couronne
De chants, de rires et de chœurs ;
Qu’il ne nous reste sur la terre
Qu’un souvenir du paradis,
Mes chers amis, encore un verre,
Un grand verre de Vermanty.
ENVOI
Roi qu’on implore et qu’on révère,
Par qui le monde est rajeuni,
Permets-nous de t’oftrir un verre,
Un grand verre de Vermanty,
III
Prenez tout : sourire de femme,
Chevelure d’ébène ou d’or,
Encens des fleurs, parfum de l’âme.
L’or, que sais-je plus encor,
Et jetez-les dans la balance.
Dites, qu’est-ce en comparaison
D’un verre de ce vin de France ?
Auriez-vous perdu la raison ?
Le vin de Vermanty, ma chère,
N’est point le vin que vous pensez,
Le vin qui suit la bonne chère
Ou la précède. Non pas, c’est
Le nectar que dans l’Elysée
On sert aux grands amphictyons,
Et leur tête en est embrasée
Au point d’en perdre la raison.
Ce vin-là, c’est le vin suprême,
Celui qu’on doit à deux genoux
Adorer plus les dieux-mêmes.
Ce vin est le seul dieu pour nous.
Il égale l’eau de Jouvence :
En tout temps, en toute saison
Il nous rend la première enfance
Puisqu’il fait perdre la raison.
ENVOI
Grand prince, le vin qu’on t’apporte
Vient d’un village à l’horizon
Qui le donne à pleine comporte
Pour qu’on en perde la raison.
IV
Mes chers amis, j’ai dans mes caves
Loin des lumières, loin des yeux,
Hors des pièges, hors des entraves,
Un bien, certes, très précieux,
Plus précieux qu’au sombre avare
L’argent, la perle, le rubis ;
C’est un trésor et le plus rare :
Un fût de vin de Vermanty.
Vous doutez ? Prenez une lampe ;
Descendez l’étroit escalier ;
Suivez les courbes de la rampe :
Là bas, que voyez-vous briller ?
Comme un astre sur cette mare
De vieux flacons du temps jadis
Est mon trésor et le plus rare :
Un fût de vin de Vermanty.
Quel vin égale sur la terre.
Quel nectar au pays des cieux
Cette liqueur dorée et claire
Digne des reines et des dieux ?
Saluez ce roi dans sa gloire,
Et que vos cœurs lui soient soumis.
C’est un trésor et le plus rare
Qu’un fût de vin de Vermanty.
ENVOI
Chers amis, souhaitez qu’on vous donne
Comme aux princes du temps jadis,
— Ce présent vaut une couronne —
Un fût de vin de Vermanty.
V
Un souvenir à tout grand homme,
Une statue, un monument,
Qu’il ait fondé Lutèce ou Rome,
Dompté le Cimbre ou le Normand,
Nous le voulons, mais en revanche,
Qu’on élève au roi du Quercy,
De pierre brune ou grise ou blanche,
Une statue au Vermanty.
Nous ne pouvons voir une ville
Sans être à chaque instant heurtés
Par des sculptures de tout style
Chantant la gloire ou la beauté.
Tous les bardes ont des statues
Qu’ils soient géants, qu’ils soient petits,
Et rien ne porte vers les nues
Ce dieu des vins : le Vermanty !
Il faut que cesse l’injustice.
Il nous faut que soient exaltés
Avec le mage et l’aruspice
Le mérite et la vérité.
Nous voulons qu’à travers les âges
L’avenir adore ébloui,
Hautain, le front dans les nuages
Le monument du Vermanty.
ENVOI
Tu dois, prince, à ta renommée,
Tu dois à la France, au Quercy
De qui sa liqueur est formée
Un temple au vin de Vermanty.
VI
Vous avez suivi les méandres,
Les flots du Lot et du Célé ;
Vous avez vu naître des cendres
De l’été leur second été,
Suivi cette vallée exquise
Et la plus riche du Quercy
Où sur un lit de rocs assise
Est la cité de Vermanty.
Quel riant, quel charmant village,
Vieux comme Rome aux sept coteaux.
Sa gloire brille davantage
Puisqu’elle émane des tonneaux.
On peut vaincre toute la terre
Et régir l’univers conquis.
Mais cela ne vaut pas un verre,
Un seul verre de Vermanty.
Oui, par l’astuce ou par les armes,
On se fait, certes, un beau nom ;
Après l’orage et ses alarmes
On atteint le sommet du mont ;
On fonde Nice ou bien Marseille,
On devient chef d’un grand pays. . .
On ne fait pas une bouteille,
Une seule de Vermanty.
ENVOI
En passant devant ce village,
Tombe à genoux, qui que tu sois.
Sa gloire brille davantage
Que l'étoile des plus grands rois.
VII
Voici l’hiver et voici l'heure
Des tristesses, des longs ennuis ;
Seule l’image nous demeure
De nos bonheurs évanouis.
Bientôt les brumes et la neige
Vont redescendre d’un ciel gris
Sur des toits que la bise assiège.
Laure, un flacon de Vermanty.
Te souvient-il de la jeunesse
De l’année et de son printemps,
Lorsque sa robe enrubannée
Flottait jusqu’au soir dans les champs,
De ses nuits, de l’aube étoilée
Qui charmait nos yeux éblouis ?
Hélas ! cette rose est fanée.
Laure, un flacon de Vermanty.
Et l’été, ses moissons dorées,
Ses bois verts, ses jardins fleuris,
Ses branches lourdes et parées
De la promesse de leurs fruits !
La fleur de la plante est fauchée,
Les fruits de l’arbre sont cueillis.
Rien ne nous reste de l’année. . .
Laure, un flacon de Vermanty.
ENVOI
Prince, il suffit dans la tristesse
De l’hiver et son long ennui
De prendre pour que l’ombre cesse
Un seul flacon de Vermanty.
VIII
Autour des murs de la cité,
Aux flancs de nos vertes montagnes,
La brume d’hiver a jeté
Un long voile de deuil ;
Et ce voile vient sur nos seuils,
Sur nos cœurs que son ombre gagne,
Prenant aux champs, prenant aux cœurs
Leurs bonheurs, .
Leurs couleurs.
Donne ton suc divin,
Donne, grappe vermeille,
Ta liqueur sans pareille
Où le rêve sommeille.
Et que ce verre plein
De ta liqueur vermeille
Où le bonheur s’éveille
Change notre destin !
e roi des meilleurs vins du monde
st, vous ne devez en douter,
anté sur terre, aimé sur l’onde,
llustre comme un chevalier
on seulement par le mérite
u Quercy, notre cher pays,
st bien le vin que je vous cite.
ivre le vin de Vermanty !
t que les bardes, les poètes
éunis en des cours d’amour,
uses en flanc, muses en tête,
dorables sous leurs atours,
e fassent résonner leur lyre
out le jour que pour lui sourire.
loc ces neuf chants vient d’écrire.
FIGEAC
IMP. J. GOUTEL
