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Médias

Fait partie de Rayons du prisme

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Le Rayon
Le bord de l'horizon s’allume.

L’aube se montre en voile blanc.
Ses beaux cheveux tout ruisselants

De brume.

Le soleil selon sa coutume
Gravit la colline à pas lents,

Puis sourit au hameau vaillant
Qui fume.

Celui-ci rend grâce au destin

De se trouver sur le chemin
De la lumière ;
Et les champs en toutes couleurs

Mettent des rires et des fleurs
A leur bannière.

Violet
Souk l’archet hâté naît au violon

Le cortège gai des notes ailées ;

L’air vif du soir porte au fond des allées
Leur frémissement caressant et long.
Les pas cadencés se pressent le long
Des feuillages lourds de fleurs étalées ;
Les danseuses vont aux roses mêlées

En costumes clairs, des roses au front.

Et vacille au ciel la lune pâlie.

Le bal est brillant, la valse jolie
Que conduit le maître Andrea Dati ;
Et me plaît glisser au bras de l’aimée
En son harmonie étrange, rythmée

Par les accords brefs des pizzicati.

Indigo
Les grands nuages assombris
Passent là-haut comme des rêves.
Et lentement
Avec le vent
Vont aborder aux sombres grèves.
Les sommets roses sont pâlis.
Leur long brouillard en nuit s’achève.
Au fond des brumes du lointain
La dernière lueur s’éteint.
Mais il est encor des reflets du jour ;
Aux voiles du soir naissent les étoiles ;
Et malgré la nuit, la nuit au front pâle.
Naissent dans les cœurs des rayons d’amour.
Les grands feuillages sont sans voix,
La brise quitte les ramures,
Et lentement
L’ombre s’étend
Sous le grand dôme des verdures.

I/ombre chemine dans les bois
Prenant la branche et le murmure,
Prenant le nid, prenant les voix,
L’ombre s’avance pas à pas.

Mais il est encor des reflets du jour ;
Aux voiles du soir naissent les étoiles ;
Et malgré la nuit, la nuit au front pâle.
Naissent dans les cœurs des rayons d’amour.

Bleu
Les jeunes cœurs vont où le vent les porte
Le vent de l’amour, le vent du désir ;

L’un d’eux est passé hier près de ma porte
D’un vol assez lent qui semblait finir.

En ce moment-là, la brise était forte
Et les cœurs fuyaient comme l’on voit fuir

L’aile effarouchée et la feuille morte,

Comme si leur vol ne devait finir.
Un seul est passé hier près de ma porte

D’un vol assez lent qui semblait finir,

Et je n’ai rien fait pour le retenir.
Les jeunes cœurs vont où le vent les porte

Le vent de l’amour, le vent du désir ;
Et les oubliés souffrent pour mourir.

Vert
Puisque la terre a sa parure.
Puisque les jardins ont repris
Et leurs guirlandes de verdure
Et leurs bourgeons épanouis ;
Puisque les bois ont leurs romances,
Celle du vent, celle des eaux,
Celle de l’arbre et les cadences
Des nids chantant dans les rameaux ;

Puisque tout naît et que tout passe,
Que l'aurore s'allume et fuit,
Que toute aile franchit l’espace
Et que tout penche vers la nuit ;
Puisque l’heure présente est douce,
Qu’il n’est pas d’éternel printemps,
Et que les frais tapis de mousse
Reverront les neiges d'antan ;

Et qu’aimer est la loi du monde,
La vie est faite pour cela.
Pour que l’âme à l’âme réponde.
Que la voix réponde à la voix ;

Pour que l'on s’aime et que je t’aime.
Que mon regard cherche tes yeux,
Que je préfère à tout diadème
La couronne de tes cheveux ;
Le long de la vie incertaine
Laisse mes pas suivre tes pas ;
Le printemps c’est toi. ma reine.
Sa lumière c’est toi ;

C’est toi sa brise qui soupire.
C’est toi ses fleurs et leur sourire ;
La chanson des choses expire
Où tu n'es pas.

Or
Un dernier souffle émeut les blés
Qu’une dernière lueur dure ;
Et dans les champs d’ombre voilés
Un faible jour se traîne encore :

La nuit prend les gerbes des blés,
Mais il est des moissons encore :
Les beaux épis s’en sont allés
Là-haut dans les champs étoilés.
Et bientôt sous les branches
Où sommeille le jour
Vont s’ouvrir toutes blanches
Les ailes de l’amour.

La brume couvre les lointains ;
Le nid se tait, l’arbre s’efface ;
Les buissons cachent les chemins ;
Une ombre immense emplit l’espace.

Les fleurs s’éteignent dans les prés ;
Mais il est des bouquets encore :
Les beaux jardins s’en sont allés
Là-haut dans les cieux étoilés.

Et bientôt sous les branches
Où sommeille le jour
Vont s’ouvrir toutes blanches
Les ailes de l'amour.

Orangé
Il est encore des chansons,
Il est de gais refrains encore ;
Dans les taillis et les buissons
Il est encore des chansons.

Il est encor des jours heureux
Avant les mois tristes et sombres,
Des Ilots dorés et des Ilots bleus.
Des jours sans ombres.
Et le soir aux longs voiles
Sème toujours des fleurs,
Dans le ciel les étoiles
Et l’amour dans les cœurs.

Il est de beaux midis dorés,
Il est des bois aux doux ombrages
Les ruisseaux brillent dans les prés
Il est de beaux midis dorés.
Il est des jours délicieux
Où la brise passe et soupire ;
Il est encor de jolis yeux
Et des sourires.
Et le soir aux longs voiles
Sème toujours des fleurs.
Dans le ciel les étoiles
Et l’amour dans les cœurs.

Rouge
Les filles brillaient un soir. J’en pris une,
Les traits réguliers, rose et dahlia.

Elle me sembla plus qu'une fortune.
Elle était si bien sous la gaze brune

De ses longs cheveux qu’elle dénoua.

Jolie ! et je l’aimais comme la lune.
Et je lui donnai dans l’ombre opportune

Toute la chanson dont un cœur vibra.
Elle m’oublia ; c’est peu de fortune.
J’appelai la Mort contre l’infidèle.

Elle vint et dit : on te vengera.
Et le lendemain la prit sous son aile.

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Les Trois Roses
Seul au pays d’or que le rêve pille,
Au fond d’un sentier perdu dans les bois

Je vis un bouquet de trois jeunes filles,
De trois.

Le lutin du lieu volait près de terre.

Voyageur, dit-il, tu peux faire un choix :

Nomme-moi la fleur que ton cœur préfère
Des trois.

C'étaient des cheveux épais comme l’herbe.

Les plus jolis yeux, les plus frais minois.
Oh ! vraiment c’étaient des roses superbes

Les trois !
Et je répondis : Roi de la Montagne.
Mille ans je vivrais sans faire mon choix ;

Si tu le permets, je prends pour compagnes

Les trois.

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| DE LA v:iA E |
• OE PERIGUEUX J

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Fhetotypie des Docks, Cahor»