FRB243226101_P2_611_009.pdf
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SOMMAIRE :
Satan. — Crachat d’Imperator, épopée dramatique
(suite). — La troisième Gifle, dix-septième siè
cle. — Chant bachique. — La Sténographie :
Utilité de la Sténographie dans l’armée. — Con
cours du Sphinx. —Jeux d’esprit.
Des draps bien blancs sur lesquels re
pose une tête blonde, pâle, bien pâle
avec des yeux éteints cernés de noir.
Dans un coin une bougie se consume
lentement et, appuyée sur la table, les
mains crispées autour de la tête, une
vieille sanglotte et souffre.....
Du silence partout, rien que la douce
respiration de la malade, rien que les
sanglots de la vieille...
Dehors, la pluie, le vent, l’orage...
Georgette délire.
Elle était allée trouver la mer pour la
supplier de la prendre avec elle : de
rouler son corps rigide près du corps
décharné de celui qu’elle avait tant
aimé et la mer toujours cruelle, toujours
barbare l’avait jetée dans les bras de sa
mère pour lui rappeler que quelqu’un
lui restait encore pour qui elle devait
consentir à vivre. Sa mère!... Oh! oui
maintenant elle ne voulait plus mourir !
Elle voulait vivre pour la pauvre vieille
qui n’avait plus de soutien!
Mais lorsqu’on la déposa sur son lit
elle n’eut pourtant pas un mot pour
celle qui venait de l’arracher à la mort;
elle se tordit un instant les bras et dans
une crise nerveuse, affreuse, elle ne
parla que de son Georges... que de son
Georges...
(1) Pour faire suite à l’Ange Gardien.
Avec un cri lugunre le veni se iaii entendre au-dehors et la malade, dans un
silence qui glace d’effroi ceux qui sont
là, écoute cette sinistre musique. Soudain sa respiration devient sifflante,
comprimée, sa bouche s’ouvre dans un
spasme, ses lèvres tremblantes, s’agitentet son bras, son faible bras se cramponne à celui de sa mère et le regard
tourné vers la fenêtre, les joues un instant colorées, les yeux animés par la
fièvre, elle murmure dans un dernier
effort ;
— Georges ! l’orage ! la nuit!
Puis elle retombe anéantie, plus pâle
et plus défaite.
Sa mère la regarde un instant, les
yeux secs, les lèvres contractées, sans
rien dire, puis range les couvertures et
revient pleurer près de la bougie. A son
tour, épuisée par plusieurs nuits sans
sommeil, la pauvre vieille tombe dans
un engourdissement complet.
La bougie s éteint et 1 appartement
reste plongé dans les ténèbres.
»
t avaiv
^vxxxx^,
c’était lui encore qui était venu, le premier, en aide à sa pauvre mère pour la
soigner et la veiller. Pierre était resté
près de cette jeune fille sans savoir
pourquoi, sans doute comme l’enfant
reste auprès de sa mère. A lui aussi on
lui avait proposé de bons partis, mais il
les avait toujours refusés. Les méchants
disaient qu’il était épris de Georgette.
Souvent, il est vrai, on pouvait les voir
assis l’un à côté de l’autre émus, troublés, presque tremblants, mais ils ne
parlaient pas d’amour, ils parlaient de
l’absent,
«
* *
Leg années g,en allaient. La beauté et
je courage de Georgette restaient avec
le dévouement de Pierre.
Pierre.... Maintenant ce nom lui était
devenu cher. La belle conduite d‘e son
voisin l’avait vivement frappée et elle
sentait bien qu’à côté du grand amour
qu’elle avait juré il y avait encore place,
dans son cœur, pour une grande affec
tion, affection de sœur mais qui n’en
L’heure de la mort n’avait pas encore serait pas moins vivace,
sonné... Georgette est maintenant hors
Seule, elle pensait toujours à Pierre,
de danger. Peu à peu la vie venait en Souvent sa mère, sa pauvre mère, voûelle. Bientôt elle sera la jolie fillette tée par l’âge, minée par la souffrance
d’autrefois, la Georgette de jadis avec lui parlait de lui avec des larmes dans
un peu plus de pâleur sur les joues, un les yeux et des sanglots dans la voix,
peu plus de mélancolie dans les yeux, Mais elle, irritée, tremblante, blême, lui
un peu moins de sourires sur les lèvres, imposait silence et lorsque la pauvre
Elle s’est remise bravement à la be- vieille s’était tue, lorsqu’elle avait séché
sogne, et son courage, sa bonté, sa gen- ses yeux, c’était elle qui pleurait, elle
tillesse, l’ont faite bientôt estimer de qui sanglotait, elle qui demandait grâce.
tous. On la plaint et on l’adore. On lui a
Un jour Pierre étant rentré pendant
offert de bons mariages qu’elle a tou- un de ces moments et voyant Georgette
jours refusés ne voulant vivre que pour en larmes s’était approché tout près
sa mère : Elle n’accepte que les assidui- d’elle pour lui demander la cause de sa
tés de Pierre, son voisin.
douleur; il était si près que ses lèvres
Pierre est un brave garçon qui l’a effleurèrent les cheveux de la jeune fllle,
connue lorsqu’elle était toute petite, mais Georgette le repoussa brutalement
C’était lui qui lui avait fait faire la con- et folle, éperdue, toute pâle, elle se leva
naissance de Georges et lorsque la fatale et lui montra la porte méchamment.
nuuvene
Il sait bien, disait-elle dans sa rage, il
sait bien que j’ai juré à l’autre.
Le vieillard sans soutien, l’aïeule sans espoir,
La Patrie est sans bras; Paris au désespoir!
Des hordes de Teutons ravagent la Champagne,
Tous les toits sont déserts, déserte est la campagne,
Tandis que dans le bois, et glacés par le froid,
Les francs-tireurs, muets, haletants, pleins d’effroi...
Car que sont devenus leurs vaillants frères d’armes,
Le sauront-ils jamais?
— Pourtant des cris d’alarmes
Retentissent bientôt et de vagues rumeurs
Ebranlent les échos en d’étranges clameurs!
Dans un sou fie d’airain s’exhale la mitraille!
«'
« *
Les nuits de Georgette sont troublées....
Elle voit Pierre, toujours Pierre, Pierre
est partout. Il lui a rendu de si grands
services, il a été si bon, si consolant,
qu’elle se demande comment elle a pu
le chasser. Oh! comme elle voudrait pou
voir lui tendre les mains et lui dire de
tout oublier... Lorsqu’elle passe près de
lui elle sent son cœur battre bien fort
presqu’aussi fort qu’autrefois, lorsqu’elle
apercevait Georges. Elle ne sait plus ce
qu’elle est, elle ne sait plus ce qu’elle
devient, ni ce qu’elle pense. Pierre
l’absorbe, Pierre la tue, Pierre la trou
ble. Elle sent bien que dans la grande
affection qu’elle lui avait vouée, il y a
autre chose que de la reconnaissance,
autre chose que de l’amitié, autre chose
que du dévouement, O ! si c’était de l’a
mour !...
Georgette se tord, Georgette pleure,
Georgette blasphème... L’amour! que
viendrait-il faire maintenant après l’a
voir aussi cruellement tourmentée?Non,
non, elle ne veut pas s’arrêter à cette
monstrueuse pensée, à ce sinistre pres
sentiment.
*
» •
Dans son délire sa mère a prononcé
le nom de Pierre.
Elle l’entendra donc toujours, et
partout, ce nom qui la trouble et lui fait
bondir le cœur.
Oh ! comme elle voudrait pouvoir se
jeter dans les bras de ce jeune homme
pour lui demander pardon, pour le sup
plier d’oublier tout le mal qu’elle lui a
fait, pour se mettre à ses genoux et lui
dire combien elle pense à lui, combien
elle.....
La malade a fait un mouvement,
Georgette revient vers elle et la trouve
plus blanche que tout à l’heure. Soudain
elle pousse un cri. Elle a vu sa mère se
tordre dans d’horribles convulsions. Un
frisson agite son corps, le frisson de la
peur. Elle va vers la fenêtre pour appe
ler du secours !
— Au secours ! Au secours ! ma mère
se meurt !...
Elle est revenue près du lit, épuisée,
presque sans force. Derrière elle, elle a
entendu des pas et une voix consolait la
mourante. Puis elle a sentit une main
brûlante, tremblante, lui prendre la
sienne et la mettre dans celLe de cet
étranger en murmurant tout bas, dans
un râle, dans un souffle :
— Georgette ! Pierre ! soyez heureux...
C’est la fin. Le corps se raidit et
meurt.
Garibaldi, debout, tel un Dieu de bataille,
S’écrie: « Enfants! il faut lutter jusqu’à la mort!
« A chacun son devoir comme à chacun son sort!»
Il
Paris déchaînait ses tempêtes !
La France, acculée aux abois,
Etait lasse de ses défaites,
De ses Césars et de ses Rois !
Sublime, et croyant à la gloire,
Aux cris de : — Vive l’Empereur! —
Rêvant conquêtes et victoire
Elle acclamait son Dictateur :
Ne songeant plus que l’Allemagne
Avait pour chef un fier guerrier
Aussi brave que Charlemagne
Etait habile chevalier!
Et Bismarck, guettant sa proie,
Fondit sur elle dans Sedan
Pour lui déchirer avec joie
Son vieux cadavre à pleine dent!
Puis, se dressant sur sa victime,
Il se dit : — « La Gaule est à moi !
Entassons et crime sur crime,
Soyons Prussien pour notre Roi! —
Non ! la Gaule est à Dieu seul. Reître
Allemand, hélas! non pour toi,
Elle ne veut plus d’aucun maître
Je te le jure sur ma foi!
Demain, elle attendra, stoïque,
Tes soldats et pour se venger,
Sur son socle la République,
Criera : — Russie à l’Etranger ! —
Et, ces Nations, sœurs tragiques,
Marcheront la main dans la main,
Toujours sublimes, héroïques,
A la conquête du Germain!
L’avenir s’assombrit, mon Prince,
Et ton Guillaume, deux du nom,
Dans sa colère un jour t’évince
Et te chasse à coups de canon!
Ainsi, Gloire et Grandeur, tout passe
Comme un rayon de pur soleil,
En ne laissant pour toute trace,
Qu’un nom perdu dans un sommeil;
Oublions nos deuils et nos larmes,
Veillons l’Aigle noir au repos,
Tachons d’être grands sous les armes;
Tout pour la France et son drapeau l
III
Demain, Sire, demain, le Lion populaire,
La crinière hérissée, aveugle de colère,
Après avoir tordu de ses longs crocs de fer,
La chaîne et les barreaux d’une cage sans air,
Au dehors bondira, majestueux de rage,
Tout, comme à la curée, avide de carnage.
Demain, Sire, Demain te clouera sur la croix!
Mais depuis quand l’esclave ordonne-t-il aux Rois?
Metz est rouge et blanchit sous la neige qui tombe,
La mère est sans enfant, le soldat est sans tombe,
(i) Voir le numéro d’août dernier.
IV
Le combat fut ardent et la lutte terrible.,
C’était un flot humain grimaçant, plus horrible,
Qui charriait, au lointain, des ombres de géants,
Tel un remous houleux de vagues d’Océans ;
On s’entre-dévorait les couteaux sur la gorge ;
On respirait, tel un bruyant soufflet de forge ;
On se broyait les reins, à coups de lourds estocs,
Et la nuit frissonnait de l’ardeur de vingt chocs!
Blanc d’écume, parfois, un grand cheval se cabre
Sous les heurts d’éperons et le pommeau de sabre
Du cavalier uhlan, sombre et silencieux
Qui jette des regards de désespoir aux cieux
Et, désarçonné, tombe,éclaboussé d’entrailles; [les.
Puis meurtle ventre ouvert, dans les rouges broussail-
Les Bavarois, bardés de cuirasses de fer,
Semblaient comme surgir des flammes de l’enfer,
Sur leurs chevaux cabrés et, dévorant l’espace,
Ils venaient pour jouter.
[place!»
« Francs-tireurs, faites .
« — Faire place, jamais ! Seriez-vous plus nombreux
« Que nous saurions périr ou vaincre glorieux !
« Car, quoique Italiens de race et de naissance,
« Du même amour aimons l’Italie et la France ! —»
Puis le combat reprit, hideux, mouvant et noir ;
Franc-tireur et Prussien hurlaient de désespoir,
S’étreignaient corps à corps, se crevaient les poitrines
A grands coups de poignard et, le sang aux narines,
La figure en lambeaux, le crâne sans cheveux,
L’injure dans la bouche et du feu dans les yeux,
Rugissant, tous les deux, de colère et de crainte,
Ils tombaient sur le sol sans pousser une plainte,
Tandis que, dans la plaine, aux horizons confus,
Mystiques s’égrenaient les sons de PAngélus.
Qui ne se souvient plus de cette nuit épique,
Rencontre de Titans dans un tournoi tragique ?
Il passa, dans les airs, comme un sourd grondementBonaparte, sorti de son tombeau de pierre,
Pour porter au Seigneur cette auguste prière':
« — O Dieu, toi Tout-Puissant, Être immatériel,
« Réserve à ces héros l’immensité du ciel ;
« Ils ont droit, à leur tour, à la vie immortelle I
« Tous ils sont morts, frappés par la main criminelle
« D’un Empereur! Mon fils!...
Et drapé d’un linceul,
Il murmura d’en Haut: « Pauvre France! prends
[deuil! »
Quand vint le jour naissant, chargé de lourds orages,
Il éclaira, livide, un champ gros de carnages,
Où mille Italiens reposaient triomphants ;
O citoyens, priez pour ces pieux enfants !
Alexis Patraud.
(La fin au prochain numéro)
4
gése-Lettres
(dix-septième siècle)
I-Iue donc ! Hue donc ! crie frère Jac
ques en poussant devant lui le vigoureux
bourriquet chargé des provisions du
couvent.
Frère Jacques s’essuie le front; il a
bien chaud ; il est bien fatigué aussi
frère Jacques, car depuis le lever du
soleil, il court partout à travers la cam
pagne pour quérir la sainte dime du
couvent. Pas une chaumière, pas un
castel dans la vallée qui n’aient reçu la
visite du brave moine et de son âne.
Aussi la collecte est-elle très satisfai
sante, et frère Jacques que nous rencon
trons sur la roule du monastère se hâtet-il d’aller rendre ses comptes au supé
rieur aussi vite que le permettent sa
fatigue, son obésité et ses petites jambes.
Tout en se dirigeant vers le monas
tère, le bon moine regarde avec com
plaisance la lourde charge artislement
équilibrée sur la croupe de sa bêle de
somme, ses yeux se reposent avec plai
sir sur des fruits magnifiques dont les
vives couleurs brillent à travers la ver
dure qui les recouvre ; mais ce qui
paraît attirer tout particulièrement son
attention c’est un petit panier d’osier soi
gneusement calé au milieu du bât de sa
bête. Le meilleur fruit de sa tournée
était pour frère Jacques dans ce petit
panier : C’était un don de la châtelaine
de Sainte-Anne-des-Prés qui avait fait
placer à l’intérieur, entre deux pots d’un
excellent vin du pays, un jambon, ô mais
un jambon comme on en voit peu, ten
dre, rose, et répandant un parfum capa
ble de faire venir à l’esprit de mauvaises
pensées de gourmandise.
Frère Jacques regardait donc le pa
nier, et, à force de l’examiner, il sentait
une lutte terrible se livrer dans sa pau
vre' tète. Le brave homme était très
fatigué ; il avait soif, il avait chaud,
il avait faim. Couper une tranche de
jambon ne lui semblait pas un crime,
mais cependant il savait qu’il devait por
ter intact au couvent tout ce qu’on lui
avait confié. « Abstiens-toi » lui disait sa
conscience, « mange-le » lui soufflait le
démon, « porte-le à ton supérieur » mur
murait la raison. Avec un gros soupir,
frère Jacques allait prendre ce dernier
parti lorsqu’une voix avinée retentit
derrière lui :
— Holà, bon père, criait-elle, mon
bissac est complètement vide depuis ce
matin ; ne pourrais-tu me donner quel
que aumône ?
Le moine se retourna et vit avec effroi
1325 Pèse-lettres avec poids, plateaux ronds, socle noir..............
1326
—
à plateaux cuivre et cadran, sans poids, pied
bronzé...........................................................
1327
—
—
—
1328 Manomètre à cadran, pied bois............................................
1329 Pèse-lettres de pocbe...........................................................
12 J »
Le Bélianzin, papier à lettre blanc, premier choix, la boite de 25-25.
Le Dahomey, papier anglais blanc, premier
choix, enveloppes doublées, article de réclame, — de 50-50.
Le EO° d’infanterie, papier anglais blanc extra,
art. recommandé aux membres du 50» d’infant. — de 50-50.
Le Sans-Nom, papier anglais blanc qualité extra,
enveloppes doublées.............................................
— de 50-50.
Le Périgueux-Paper, papier fantaisie blanc,
mauve, muguet et assorti de couleurs. Spécialité
de la Maison.........................................................
•— de 50-50.
Le Daumesnil-Paper, papier de luxe bleu pâle,
gris argent, mauve clair, vert pâle, vert nil et
rose. Spécialité de la Maison...............................
— de 50-50.
Grand choix de papier en tous genres à » 50 ; » 75 ; 1 »» ; 2 »» ;
2 50 ; 3 ))» ; 4 »» ; 5 »» ; G »» ; et 10 »» la boite.
Assortiment de papier à lettres deuil.
» 50
2 »
3 »
6 »
1 50
» 65
» 75
1 50
2 75
Dépôt des Encres de la maison Adrien Maurin.
Sous-mains en tous genres. — Serviettes pour écoliers
Dépôt des Encres de la maison Dagron.
bureaux, avocats, etc.
Encres fixes et communicatives des marques Antoine, Mathieu-Plessis,
Gardot, Guyot, Devillers, etc.
Encra de toutes les couleurs.
<Çires à cacheter
Encre à marquer le linge, Encre d’or, d’argent et de bronze.
Encres
invisible,
sympathique,
’horticulture.
Rouge,
noire
et de couleurs,
0 fr.d10,
0 fr. 20, 0 fr. 30, 0 fr. 40, 0 fr. 50
Encres en poudre, violette,
noire,
0 fr. GO,
0 fr.rouge,
75, 1 etc.
fr., etc.
Pains à cacheter, blancs et de couleurs
Colle liquide, Colle à bouche parfumée, Colle céramique
Supplément
de
«LA
PLUME
DE
PÉRIGUEUX»
du
Ie
c p Un1fxc 4894
LA PLUME STÉNOGRAPHIQBE
LIMOGES - PÉRIGUEUX
RÉDACTION
DIRECTION
& ADMINISTRATION
96, Faubourg d’Angoulême
JOURNAL
LITTÉRAIRE
&
SCIENTIFIQUE
ORGANE des STÉNOGRAPHES du CENTRE de la FRANGE
2, Cours Montaigne
PÉRIGUEUX
LIMOGES
Les Manuscrits devant être insérés devront parvenir à la Rédaction le 20 de chaque mois au plus lard.
5
Couleurs fondamentales
(Articles de peinture des Maisons -Bourgeois aîné, de faris
Carte garnie des (i couleurs fon
damentales en tablettes fines, avec
instructions pour obtenir par les
mélanges 30 tons différents.
La carte.........................
» 60
avec un pinceau.
et Befranc et C°> de faris
La Boite d’amateur pour
peinture à l’huile
En noyer foncé, grandeur
0,1’'X 0,10, garniture ferblanc, 2 panneaux, palette,
10 tubes couleurs superfines
n° 2, 6 brosses. La pièce
garnie.......................
8 25
Vide.........................
6 »
2
1 loi Grattoirs manche
blanc, acier an
glais ...................
1 50
Ciseaux
1039 Ciseaux, grand ..
1040
—
moyen .
1031
—
petit...
2197
—
pliants,
pour mettre dans
la poche..............
2 50
2 25
1 15
2
La même en noyer
verni, pleine...........
Vide.........................
»
Canifs et (Couteaux (Anglais et fantaisie
1195 Canifs à l’usage des écoliers.....................................................
1196
—
.....................................................
1302 —
—
.....................................................
9 »
6 75
La boîte d’amateur pour aquarelles
0 35
0 30
3 »
4521 Pochette mé
tal verni garnie de
couleurs moites su
perfines, 8 cases
dont Carmin et Co
balt..........
3 »
4522 12 cases dont
Carmin, Cobalt,
Cadmium et Jau
ne indien. 4 59
4523 18 cases dont
Carmin, Cobalt,
Cadmium et Jau
ne indien. 6 75
Celle boite de format
commode, se re
commande surtout
aux jeunes filles.
(Encres de (Chine
Encre de Chine liquide, flanjaeBOORGUHS
Flacons à pans, bouché
nouveau système..........
1310 Flacons à pans, plat inversable, bouché liège....
Dépôt des couleurs pour la peinture à l’huile et à l’aquarelle, des mai
sons LEFRANC & Cie, de Paris, et BOURGEOIS aîné, de Paris.
1307
1
(Boites dites « (Inépuisables »
»
» 45
pour timbres en cuivre ou en caoutchou
ne nécessitant jamais d’encre.
Encre de Chine liquide J. M.
1360 Petit flacon écolier carré,
bouché liège, inversable.
la boîte métallique.......................
Encre de Chine en bâtons
Le bâton.......................
1001
depuis.
Le Nettoyeur chimi
que, pour enlever les
taches d’encre des doigts.
1
»
» 35
(Encres à tampon
» 20
Avec huile extra fine bleue, noire, rouge ou violette, le flacon........
Sans huile............... —
—
—
—
—
........
» 50
» 50
» 15
(Boites à tampon pour timbres humides, bleu, noir, rouge
faille-crayon
1232 Le Taille-Crayon ja
ponais.......... l’nn...
» 05
finces franc lises
1279 Pinces Françaises........
—
— en bois, à
1280
ressort.............
» 05
» 10
N°s
—
—
—
—
—
-—
—
—
115-80 la pièee...
120-92
- ...
130-102
— ...
142-112
— ...
158-120
— ...
178-138
- ...
7 185-140
— ...
8 206-150
— ...
9 225-168
— ...
1
2
3
4
5
6
1 75
2 »
2 40
3 20
4 »
4 80
6 »
7 20
9 20
le tampon seul.................
—
—
—
—
—
—
—
» 50
» 65
» 75
1 »
1 50
1 75
2 »
3 05
3 20
6
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Par Jean DRAULT
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«ge Carnet d’un Réserviste
3 francs.
& Rèiale humanitaire
3 francs.
le vaurien du pays, la terreur des hon
nêtes gens, qui s’avançait vers lui à
grandes enjambées.
Néanmoins frère Jacques ne perdit pas
contenance et dit avec douceur :
— Je puis te donner ma bénédiction,
mon cher fils.
— Eh ! Je n’en ai que faire de ta béné
diction ; ce que je te demande c’est quel
que parcelle de ces jolis présents que
porte ton bourriquet. Et le vaurien
s’étant approché de l’âne remarqua'tout
de suite le petit panier d’osier : « Je me
contenterai de cela », dit-il.
— Cela, grand Dieu! mais mon fils
bien-aimé je ne puis le faire aucun don
sans prendre avis du supérieur. Viens
avec moi au couvent.....
— Tu n’es pas fin, gros moine ; l’air
du couvent m’est très nuisible, tu le sais
aussi bien que moi. Je ne te suivrai pas
et j’aurai ton jambon car j’ai l’odorat
assez exercé pour reconnaître dans le
contenu de ce panier un jambon et un
jambon fameux.
Ce disant, l’homme essaya de détacher
du bât de l’âne l’objet précieux. Mais le
frère s’était résolument jeté sur le bien
de la communauté et s’écriait avec indi
gnation : «Tu ne l’auras point, bandit! »
— Si!
— Non !
Pan ! le vaurien venait d’appliquer sur
la joue droite du moine une maîtresse
gifle.
Tout le sang de frère Jacques monta à
■aon visage. Frère Jacques était un
homme bien constitué et pas poltron du
tout. Il s’apprêtait à châtier l’insolent
quand il se souvint à propos de celte pa
role de l’Evangile :
» Si l’on vous frappe la joue droite,
tendez la joue gauche ».
Le pauvre homme se contenta donc de
dévorer sa colère en silence. Mais l’ivro
gne n’était pas satisfait ; il faisait de
vains efforts pour enlever le panier so
lidement fixé au bât de l’âne.
— Détache-moi ce panier, cria-t-il au
moine.
— Jamais !
Pan, pan, frère Jacques reçut deux
nouvelles gifles aussi vigoureuses que la
précédente.
Frère Jacques se recueillit pendant
quelques secondes.... On lui avait frappé
la joue droite, et, obéissant à l’Evangile
il avait tendu la joue gauche, mais le
livre saint n’avait pas prévu le cas où il
y aurait excédent de gifles et c’est ce qui
venait d’avoir lieu.
Alors, tout content, frère Jacques re
trousse ses larges manches, rejette son
capuchon en arrière et s’élance sur le
fâcheux auquel il administre une correc
tion qui dut faire époque dans sa vie.
Après quoi, il lâcha l’individu qui s’en
fuit à toutes jambes, puis il s’écria : « Tu
peux t’en aller ; je ne te poursuivrai
pas, mais surtout ne viens plus te frot
ter à mes jambons ; cela te porterait
malheur. »
Revenu de son émotion, frère Jac
ques songea au danger qu’avait couru
son panier précieux. Il en frémit, et
cette crainte enleva tousses scrupules...
Quelques instants après, le bon père
était assis sur l’herbe, et, un pot de vin
débouché à sa droite, le fameux jambon
découpé à sa gauche, il faisait une ex
cellente collation qu’il avait bien gagnée.
àlbéric Premier.
XX)OOOOOOOOOOCX
CHANT
BACHIQUE^
Vive, vive le vin
Et vive la bouteille !
Que le jus de la treille
Efface le chagrin !
Que Bacchus nous éveille
Par son nectar divin ;
Amis jusqu’à demain
Que la raison sommeille.
Il faut noyer ici
Et tristesse et souci
Sans hésiter, de suite :
Faire la guerre à l’eau
Et remettre la cuite
Au prochain numéro !
A. Ellivedpac.
1
AGENCE AGRICOLE ET COMMERCIALE
7e ANNÉE
Ainsi que nous l’avons annoncé il y a quelque
temps nous commençons aujourd’hui la publica
tion de l’important travail de notre collègue,
M. Sgipn, qui a obtenu le
prix au concours
ouvert en 189i par la Ruche Slénographique
sur l’utilité de la sténographie dans l’armée.
Ce mémoire publié actuellement par la Ruche
a été gracieusement mis «à notre disposition par
le rédacteur en chef de cette charmante feuille,
notre excellent collègue et ami, M. Louis Feuil
let, sténographe du Conseil municipal de
Rouen.
Nous attirons tout particulièrement l’attention
de nos lecteurs sur cet ouvrage qui montre tou
tes les applications qu’on peut faire de la sténo
graphie dans l’Armée, et résume d’une façon
parlaite tout ce qui a été écrit et publié jusqu’à
ce jour sur ce sujet.
L. F. C.
«seoeoAe
Utilité de la Sténographie dans l’Armée
OPPORTUNITÉ D’UN
TRAVAIL SUR LE SUJET
A.-G. VERGNAUD
DIRECTEUR
8, rue du Pulais,
T'ERIGUKUX
Vente, Achat d’immeubles et de Fonds de Commerce
Recouvrements de toutes créances. — Prêts Hypothécaires
Renseignements commerciaux. Avances sur titre
Représentation à la Justice de Paix, Tribunal de Commerce
Assurances : Incendie, Vie, Accidents et Bris de glaces
L’Agence a beaucoup de Maisons à vendre à Périgueux dans tous les prix et
dans tous les quartiers. — Bons placements.
Elle a aussi à vendre beaucoup de grandes propriétés avec châteaux, parcs et
autres agréments, villas, maisons de campagne aux environs de Périgueux.
(grand choix de (gonds de Commerce
Les applications militaires de la Sté
nographie ont déjà fait l’objet d’un cer
tain nombre de travaux. Il semblerait
DIFFICULTÉ DU SUJET
tout d’abord qu’y revenir soit inutile,
qu’il suffise de dresser la bibliographie
Présenter en bon point les avantages
des documents relatifs à la question, et de la sténographie dans l’armée n’est
d’y renvoyer le lecteur. En effet, il doit pas sans difficulté. Ces avantages ne
rester bien peu de chose à ajouter à ce sont pas tout à fait de même sorte à tous
qu’on dit des avantages de la Sténo le degrés de la hiérarchie. Dans plus
graphie dans l’Armée, MM. Vachier, d’un cas, pourtant, ils seront également
E. Potin, A. R.ey, Roussel, H. Godet, de appréciables pour le troupier, pour l’of
Fraxola, G. Pottier, H. Ileyn, Lorrain, ficier, pour le général. Pour en bien
E. Maillet, P. Guénin, Zurfluli et autres. parler, il faudrait savoir se placer au
Mais les raisons, les renseignements, point de vue d’un être qui ne fût ni gé
ainsi accumulés par différentes person néral, ni officier subalterne, ni simple
nes à des époques diverses, sont épars soldat, et cependant tout cela à la fois.
en des recueils, brochures, manuscrits,
Il n’est pas non plus facile de classer
où les adversaires de la Sténographie, convenablement lés diverses occurences
qu’ils pourraient éclairer et convertir, à envisager. Certaines situations se pré
ne les recherchent pas.
sentent aussi bien en campagne que dans
Chaque fois qu’à tort ou à raison s’est la vie de garnison, puisque les travaux
répandu le bruit d’un essai d’introduc du temps de paix, régime habituel heu
tion de la sténographie dans l’armée, reusement, ne sont que la préparation
des journalistes, des politiciens, des mi au régime exceptionnel qu’on appelle la
litaires ont protesté. Il importe qu’ils guerre.
n’aient pas le dernier mot. Or, de même
Enfin, aborder ce sujet, c’est s’exposer
que c’est à force de lancer des projec à une tentation dont j’ai souvent été vic
tiles aux remparts d’une place assiégée time — comme beaucoup d’amateurs de
qu’on y fait brèche, on ne détruira les sténographie sans doute — mais tou
routinières préventions qui s’opposent jours, je dois le reconnaître, avec une
à l’acceptation de la sténographie qu’à certaine volupté. En rêvant sténogra
force de montrer son utilité.
phie, on se laisse facilement entraîner
Il n’est donc peut-être pas tout à fait à des considérations d’une variété exces
superflu de répéter combien sont nom sive. Partant de nos pattes de mouche,
breuses les circonstances de la vie mili on y revient parfois après avoir fait dans
taire dans lesquelles l’écriture abrévia la mesure de son savoir, bien entendu,
tive pourrait être employée.
le tour des connaissances humaines ; et
*
ce n’est pas tout à fait sortir du sujet :
♦ »
le circuit opéré prouve simplement que
la sténographie est dans le cercle des
choses utiles et agréables ; ce n’est pas
là un mince mérite.
Je tâcherai donc d’en dire assez pour
résumer la question de la sténographie
militaire ; assez peu pour mériter l’in
dulgence du lecteur en ne l’ennuyant
pas.
(A stiivre.)
Sglpn.
« Ruche », 15 août 1894.
âooaooooooooocoaooooaaaooaoc
LA XXIe fête fédérale
A
PÉRIGUEUX
(2 el 3 Juin i895J
Les deux premières livraisons des
Annales des Enfants de la Dordogne,
organe officiel du Comité d’organisation
de la XXIe fête fédérale de gymnastique,
qui aura lieu l’au prochain, à Périgueux j
sous le patronage de la municipalité,
viennent de paraître.
Les personnes du département qui
désirent prendre un abonnement aux
Annales des Enfants de la Dordogne et
s’assurer l’envoi régulier de cette inté
ressante publication durant un an, de
vront adresser un mandat poste de cinq
francs à M. Paradol, secrétaire-général
du Comité d’organisation de la Fête
fédérale, place Francheville, 40, à Péri
gueux.
Les abonnements disponibles sont
très limités, et il ne sera fait de vente
au numéro que pour compléter les col
lections dépareillées.
Fait partie de La Plume de Périgueux
